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Full text of "Le Moyen âge"

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(\ù^ 



t- 
RPR 17 1970 
LE 
3YEN AGE 



TOME 7 

{1ère Série— Tome 7) 
1894 



LE MOYEN AGE 



CHAL0N-SUR-8AÔNB, IMP. FRANÇAISE ET ORIENTALE DE L. MARCEAU. 



MOYEN AGE 



BULLETIN MENSUEL 



D'HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE 



DIRECTION : 



MM. MARIGNAN, PROU ET WILMOTTE 



7"" ANNÉE - 1894 



PARIS 

LIBRAIRIE EMILE BOUILLON, ÉDITEUR 

67, RUB DE RICHELIEU, 67 

1894 

(Tous droits résereés) 

Reprinted wilh the permission of Librairie Hoivoté Ç.\va.vïvçS!c«v 'Ç.^Nevsx 

JOHNSON REPEINT COflPORATION JOHNSON KEPÏ^^T CO>.VeKX5X ^SJ^'SXt 

111 Fifth Avenue, New York, N.Y. 10003 Berkeley Scv^ate \^o\xsçi, \j3ïvetfs^. 



Kirst reprintin^, 1^)66, Johnson Rcprint (Corporation 
Printcd in tlu* l^nitrd Statrs of Anu'rica 



LE MOYEN AGE 

BULLETIN MENSUEL D'HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE 

i>irb:oi*ioiv : 

MM. MARIGNAN, PROU ET WILMOTTE 



JANVIER 1894 



ZiMMER (Heinrich). — Neiniiiis vindicatus. Ueber Entstehung, Ge- 
schichte und Quellen der Historia Brittonum. — Berlin, Weidmann, 
1893, in-8o, viii-342 p. 

On peut résumer l'opinion des critiques qui ont étudié V Historia 
Brittonum^ M. Scholl, de la Borderie, HeegeretG. Paris, en disant qu'à 
leur sens des 8 parties qu'on peut distinguer dans cet ouvrage (!<> Pro- 
logus major; 2^ Prolog as minor; 3<> Capitula ; 4® C alcali; 5® Historia 
Brittonum proprementdite; 6° Genealogiœ regum Saxonum;!^ Cicitates; 
8<* Mirabilia Britanniœ) deux seulement, V Historia et les Cicitates, sont 
primitives. Le reste n'est qu'additions et interpolations qui se seraient 
produites au xi« siècle. La date de l'œuvre originale se placerait au 
IX* siècle, en 822 selon Schœll et M. de la Borderie, en 878 selon 
M. G. Paris. Quant à l'attribution de l'ouvrage à un certain Nennius 
elle ne serait pas antérieure au xii° siècle. Enfin le plus ancien et le 
meilleur des 28 manuscrits serait le 1964 du Vatican. 

Pour M. H. Zimmer : 1° l'œuvre est tout entière dumêraeauteur (sauf 
quelques interpolations qu'il signale); 2° elle est bien de Nennius ; 3<>elle 
a été composée par lui en 796 et dans le centre du pays deGalles(Powys); 
40 le manuscrit du Vatican est complètement dénué de valeur. On voit 
que l'opposition de M. Zimmer est catégorique. Je la crois fondée 
et, quelques réserves qu'on puisse faire sur bien des points de détails, son 
livre est une œuvre d'une érudition pénétrante. 

En étudiant la traduction irlandaise de l'œuvre de Nennius (exécutée 
au xi« siècle, avant 1071, par GillaCoemgin), M. Zimmer a pu établir 
que le texte latin qu'avait sous les yeux le traducteur irlandais, sans être 
absolument identique à aucune des trois classes de manuscrits qui nous 
ont été conservées, se rapprochait infiniment plus des deux premières 



(Hartey-Cainbridge) que de la troisième (représentée par le manuscrit du 
V'aticaii). Il apparteDait sans doute au groupe de Cambridge'. 

Quand à la preuve que VIHstoria Brillonum est antérieure au début 
du ix-" siècle, M. Zîmmer la tire des deux passages suivants écrits en 
marge des manuscrits de la recenaion do Cambridge (désignés par G. K. 
dans l'édition Stevenson, reproduit? par San-Marte): à la fin du § 63, au 
lieu d'énumtrer, comme dans les autres recensions, les Généalogies 
Saxonneu, l'auteur sj,ute immédiatement aux Cicilates et aux Mirabilia 
en donnant la raison 'îUivante '( Sed cum inutiles magistro meo, id est 
» BeuJano piesbytero, vihte suntGenealogiœ Saxouura et aiiarum genea- 
)) logiie gentLum, nolui eas scribere; sed de civitalibus et mirahilibus 
» Bi'iltaniœ insulœ, ut alîi scriptores aute me scripsere, scripsî. » La fiu 
deee § 63 se termine ainsi dans les aulres rédactions : « Si quis scire 
» voluerit quis eos baptizavit, Rum map Urbgen baptizavit eos. » 
Noire rédacteur interpole : ii Si quis scire voluerit qui baptizavit eos, 
» SIC mihi Renchidus episcopus et Elbodeus episcoporum sanctissimus 
» tradidei'unt, Runmab Urbeghen, ideai Paulinus Eboracensis archie- 
» piscopus eos baptizavit. u 

Ainsi notre recenseur tenait des évêques Renchidus et Elbodeus que 
Paulin, archevêque d'York, étaitcelui qui avait baptisé les Northombriens. 
On n'a pas de renseignements sur Renchidus, mais Elbodeus est bien 
connu pour avoir introduit la Pâque romaine chez les Gallois. 11 était 
évéqiie de Gwynedd (Nord-Galies) et mourut en l'an 809. L'épithète de 
sanctixsimus que lui décerne notre recenseur porte à croire qu'il écrivait 
ces lignes quelque temps après la mort de cet évêque, c'est-à-dire 
vers 810. D'autre part il nous atteste avoir sous les yeux un lexie où se 
trouvent non seulement les Mirabilia et les Civitates, mais encore les 
Généalogies Saxonnes. 

La conséquence, on la voit tout de suite : 

L'Historia Brit/onum est aniérieure à l'an 810. Peut-on serrer la date 
de plus près et pi-éciser la patrie de l'auteurV M. Z. l'a cherché et y est, 
je crois, parvenu. Sans rappeler les arguments par lesquels il établit 
(p. 66-74) que la date de composition se place entre 785 et 808, nous 
dirons qu'il la fixe (p. 81) à l'an 796 parce qu'une généalogie des rois de 
Mercie est prolongée {au § 60) jusqu'au règne d'Egtrid, fils d'Offa- Or, 
Egtrid n'a régné que 141 jours. L'ouvrage a donc été composé de son 
vivant, pendant son règne, c'est-à-dire en 796. Bien des allusions per- 
mettent de localiser la patrie de l'auteur dans le Powys, centre du pays 
de Galles, sans doute dans le canton de Buellt (p. 71-74). 

Ceci posé, qui est Neunius ? Est-ce l'auteur de 796, ou le recenseurde 810? 
Pour M. Z-, la chose n'est pas douteuse: Nennius est l'auteur de 796, et il 
faut avouerque le classement et l'i^tudedu U'xte exigent cette conclusion. 
Cependant il est impossible de n'être pas frappé de la coïncidence du 



- 3- 

début (éd. Stevenson San-Marte, § 3) : « Ego Nennîus sancti Blbodugî 
discipulus...» avec le passage où nous venons de voirie recenseur de 810 
invoquer rautorité d*Elbodeus. Je sais bien que M. Z. (p. 52-53) établit 
une différence : Nennius appelle Elbodeus son « maître », Tinterpolateur 
du 810 ne dit pas qu'il le fut. Mais c*est trop de subtilité, et j*avoue qu*il 
me reste à ce sujet une certaine inquiétude. 

Il n-ous est impossible d'entrer à la suite de Tauteur dans le détail du 
rapport entre les diverses recensions de Vllintoria Brittonum, et de passe;* 
en revue les questions très intéressantes et très difficiles qm soulève 
l'étude des sources. Mentionnons cependant la manière très ingénieuse 
dont M. Z. parvieat à rétablir la physionomie et même la pagination du 
manuscrit original. M. Heeger avait déjà montré que le § 17 (éd. 
Stevenson San-Marte) depuis Tresfilii Noe jusqu'à la fin, était déplacée 
dans les manuscrits et faisait en réalité suite aux mots bifarie inceni 
du § 10. Nous sommes visiblement en présence d'un feuillet détaché du 
manuscrit replacé ensuite maladroitement. Les scribes ont recopié ensuite 
tel quel le manuscrit sans se préoccuper de 'la suite des idées. En 
comptant les lettres de ce paragraphe déplacé nous pouvons nous faire une 
idée approximative de la grandeur d'un feuillet du manuscrit primitif. En 
procédant de la sorte M. Z. trouve que c'était un in^8^ moyen, d^une 
grosse écriture de 18 lignes en moyenne au feuillet (un manuscrit du 
format sans doute du Black Book of Carmarthen), Admettons que dans 
ce cahier de 16 feuilles, la feuille numérotée se détache; elle entraînera 
tout naturellement la feuille 14, sa correspondante. Toutes deux auront 
été ensuite maladroitement remises dans le manuscrit, la feuille 3 entre 
les feuilles 8 et 9 et la feuille 14 entre 12 et 13. Le § 17 nous donne la 
dimension d'un feuillet du manuscrit primitif. En nous en servant comme 
base on vériBe immédiatement la justesse de ce raisonnement^ On peut 
faire la contre-épreuve : les §§ 27 (à partir de In veteri traditione) et 
28 ne sont pas à leur place logique (après le § 29),. c'est qu'ils ont été 
déplacés, c'est donc qu'ils constituaient la quatorzième feuille. Toute cette 
démonstration de M. Z. est très ingénieuse et, à mon avis, absolument 
probante. 

En résumé, voici de quoi se composait l'ouvrage primitif de 796 
(en prenant pour point de comparaison l'éd. Stevenson San-Marte) : 
§ 3 (Pré!'ace de Aennius) ; §§ 4-6 (Sex œtaies mundi) ; §7-9 {Description 
de la Bretagne)', § 10 (les deux premières lignes jusqu'à bifarie inveni) 
que suivait le § 17 (depuis Très filii Noe jusqu'à la fin). Reprenait 
ensuite le § 10 (depuis in annalibus autem Romanorum jusqu'à la fin), 
et les §§ 11-25 {Histoire des Troyens, des Romains, des Iles-Britan- 
niques) suivis immédiatement du §19; puis §§20-27 (Histoire de la Bre- 
tagne sous les Romains. Ce dernier à partir des mots Beus dederit illis 

1. Il faut prendre garde seulement que le texte de ^etiXivvx^ t^^ ç,oxîï«i^tiÇ.^ Qji'^^ 
§ 3 de réd. Stevenson et que les §§ 16 et 18 ne complets, ^3cs>» ^\a.\i\» \^Q.^\i'a»s. ^«^ 
tout Je monde comme des interpolations. 



élail suivi du § 29 (depuis Gratianus cum fratre Valentiniano jusqu'à 
la fin). Le récit reprenait au §27, aux mots In veteri Iradilione aeniorum 
jusqu'à la fin du § 28. Puis venait le § 30 et, sans interruption jusqu'à la 
fin du § 56, l'Histoire de la Bretagne depuis la chute de la domination 
romaine jusqu'aux exploits d'Arthur. Les §§ 57-65 sont formés par les 
généalogies dites saxonnes. Venaient ensuite la liste des 28 Civitates de 
Bretagne (éd. San-Marte, p. 86). Enfin, les Mirabilia Britanniœ 

(§§ e?-73). 

L'ouvrage commençait donc par ces mots ; Ego Nennius sancti Elbodagi 
ViscipMux, et se terminait par ceux-ci : Et ego aolus probaci. Les §§ 1 
et 2 (le soi-disant Prologue), 16et63 (calculs chronologiques), 18 (Brutus, 
ancêtre des Bretons); 74-75 (merveilles de l'ile d'Anglesey) sont des 
additions et interpolations de date et de provenance diverses. 

Comme dans tous ses ouvrages M. Zimmer soulève en passant bien 
de petits problèmes intéressants pour l'histoire et la philologie, je citerai 
quelques-unes de ses solutions qui me paraissent heureuses: 

P. 122-123 : le problématique Amatheam regem du § 51 n'est dû qu'à 
une erreur de lecture. 11 y avait dans la source Amatorem. Cet Amaior 
était un évêqueenterré dans une église d'unfaubourgd'AuxerreàlaqucUe 
il donna son nom ( Saint- Amatre). Tel est le point de départ d'une méprise 
du plus ancien biographe de saint Patrick, Maccu Maccumachteni. 
Celui-ci s'est imaginé que Patrick consacré dans la basilique de Sainl- 
Amator avait été consacré par saint Amator lui-même. La méprise a 
naturellement été reproduite par Nennius, qui a, de plus, défiguré le nom 
d' Amator. De là cet inextricable § 51. 

P. 92-93. L'auteur met très bien en lumière la contradiction qui existe 
entre le § 14 qui installe les fils de Cunedda dans le Dyfed (sud-ouest 
de Galles), et le § 62 qui leur tait occuper le Gwynedd (Nord-Galles), Il 
montre que cette dernière tradition est la seule originale. La première a 
été amenée sous l'influence d'une source irlandaise mentionnant l'établis- 
sement des Scots dans le sud de Galles. Ces Irlandais ont été assimilés 
inconsciemment à ceux qui furent chassés par les fils de Cunedda. De 
là la fausse localisation de ces derniers. 

L'étude accessoire de l'origine iroyenne des Bretons est traitée avec 
beaucoup'de finesse. L'auteur montre bien, je crois, que cette légende 
est de fabrication irlandaise. Brutus, fils de Silvius, l'ancêtre prétendu 
des Bretons, est censé coiiter la vie à sa mère lors de sa naissance (§ 10). 
Cette légende est tout simplement provoquée par un jeu de mot. RrittoeX 
Brutus ontété rapprochés du mot irlandais brith « naissance » (p. 246). 
M. Z. va du reste trop loin en soutenant que pour Nennius Bratua et 
Brîtus {Briio] se prononçaient de'méme. Il est vrai que a et f sont con- 
fondus par les Gallois du Sud, mais ce phénomène n'est pas ancien et, 
au reste, les Gallois du Nord distinguent encore parfaiiemcnt ces deux 
^'ojyJJes; jJs ont troDslormé seaieva^alVu en un i vélaire très caraeté- 
nst/gue. 
^^^^Biein ce Brutus ou Brîto a-t-il pu 6lre mis cti Taçço'rt. a-vwi m.^ 



— 5 — 

Silrius, fils d'Ascagne et petit-fils d'Énée? M. Z. a fait une très jolie 
découverte à ce sujet. Il montre (p. 249) que le point de départ doit être 
cherché dans une épigramme d'Âusone mal comprise (éd. Schenkl, 
p. 225) : 

Silvius ille Bonus, qui carmina noatra lacessit, 

Nosira magis meruit disticha, Brito bonus. 
Silvius hic Bonus est. « Qui Silvius^ » Iste Britannus, 

^ Aut Brito hic non est Silmus aut malus est )), etc. 

Ce Silvius a été confondu avec le Silvius Posthumus de V Enéide, dont 
on a fait un fils d'Âscagne. Le reste de la fabrication inexpliqué de même 
par des souvenirs de V Enéide. Signalons en passant une autre trace de 
l'influence de Virgile dans toutes ces fabrications généalogiques et 
étymologiques : dans ce même § 10, le nom de la ville de Tours est rap- 
proché de Turnus, l'adversaire d'Enée. 

P. 269-270L Explication du terme Eubonia pour désigner l'île de Man. 
Le nom primitif est Manapia, changé de bonne heure en Manahia, sans 
doute sous l'influence du mot ahona (fleuve). Dans Bède on trouve 
Meuaniœ insulœ, dans les mss. d'Orose Meuania^ Euania, Euonia; d'où 
la forme absurde Eubonia, qui est ainsi amenée par une série de mé- 
prises graphiques. C'est à la même cause que le roi Bellinus, fils de 
Minnocannus, doit son existence (§ 19). Le passage en question est 
emprunté à Orose (Histor, adversus paganos, vu, 5) : « Hic siquidem 
)) magno et incredibili apparatuprofectusquaerere hostem viribus otiosis, 
)) Germaniam Galliamque percurrens, in ora Oceani circa prospectum 
» Britanniae restitit; cumque ibi Minocynohellinum, Britannorum régis 
» filium, qui a pâtre pulsus cum paucis oberrabat, in deditionem rece- 
» pisset, déficiente belli materia, Romam rediit. » Ce passage d'Orose 
est inspiré à son tour de la Vie de Catilina, par Suétone (§ 43) : « Nihil 
)) autem amplius quam Adminio Cynobellini, Brittannorum régis filio, 
» qui pulsus a pâtre cum exigua manu transfugerat, in deditionem 
)) recepto quasi uni versa tradita insula, magnificas Romam litteras 
» misit. » Adminius et Cunobellinos sont des personnages bien connus 
par Dion Cassius et des monnaies à leur nom. On voit par quelle suite 
de contresens ont été créés les noms de Bellinus et de Minnocannus. 
Leur rôle comme adversaires de César au § 19 s'explique par la confusion 
entre Caius Caesar (Caligula) et Julius Caesar. Et comme ces noms 
forgés se retrouvent dans les soi-disant poésies de Taliesin et dans cer- 
taines triades, on voit quelle confiance elles méritent au point de vue de 
leur transmission populaire (!). 

(A suivre.) F. Lot. 



J.'bÈYHE^.~'LeaTab\i&n'i, Études de Littérature populaire et d'Histoire 
littéfairedu moyen âge. — Paris, Bouillon, 1893, in- 8", xxvi(-485p. 

La jeune érudition fran^.ilise a tx)utC3 les inirépidités. Elle ne se borne 
plus à rendre les services qu'attendait d'elle son aînée, l'érudition des 
Guérard et des Paulin Paris ; elle se fraye des voies notivelles. elle im- 
pose à des domaines ignorés sa méthode supérieure et cet esprit critique 
qu'elle doit à l'éducalion privilégiée, dont les maîtres d'aujourd'hui, les 
Paris, les Meyer surtout, l'ont si généreusement dotée. 

S'il est une discipline mal disciplinée, semble-t-il, c'est l'étude du 
Èolk-Lore ; chacun ose s'y essayer sans préparation bien définie ; chacun 
s'y proclame ou s'y (ait proclamer maître; le dernier amateur provincial 
y disserte en toute sérénité d'ignorance sur les plus graves sujets. On 
n'exige de ses fervents ni méthode, ni connaissances préalables ; on lenr 
dit simplement de se courber et de ramasser, à même leur corbeille, ta 
moisson des traditions orales ou coutumières. C'est une consigne qu'ils 
exécutent ponctuellement; ii suffit de parcourir un des innombrables 
bulletins, consacrés à ce genre de curiosités, pour s'en apercevoir. 

M. Bédier n'a pas été rebuté, lorsqu'il a parcourn, pour la première 
ïûis, les allées de ce jardin inculte ; il s'est prorais d'y revenir, d'apporter 
les instruments nécessaires pour émonder, pour ratisser, de semer la 
bonne graine où l'ivraie grandissait follement. Il l'a fait, et son livre 
S'adresse aax folk-loristes avec autant d'à-propos qu'aux philologues, 
s'occupant de notre moyen âge. C'est peut-ôlre son plus gros mérite et son 
seul défaut; car si, d'un cûté, il rend un double service à la science, do 
l'autre, il exige une double initiation de la part de ses lecteurs. Il est 
Wai que les folk-lorisles, qui n'ont pas l'embarras facile, feindront de ne 
pas s'apercevoir delà position désavantageuse où les met le plan adopté 
par M. Bédier, Il n'y a que nous, pauvres médiévistes, qui ayons le 
courage de notre insuffisance. 

L'étude sur les Fabliatix, a la prétention justifiée de donner à l'étade 
des contes populaires la méthode qui lui a manqué jusqu'ici; M. Jeanroy 
s'est signalé aux tradilionnistes par un service analogue qu'il leur a rendu 
dans le domaine de la chanson populaire. Comme M. Jeanroy, M. Bédier 
étudie les théories émises sur les documents du miyen âge et ces docu- 
ments considérés en eux-mêmes. De là deux parties bien distinctes : la 
première est consacrée principalement àlalhèscdeBenteyct de ses élèves 
de tous pays, et accessoirement aux autres thèses sur l'origine des contes. 
M. B. établit le mal fondé de l'argumentation, à l'aide de laquelle les par- 
tisans de Benfey veulent tout ramener à l'Inde, en se basant sur un petit 
nombre de contes, toujours les mômes, et en faisant abstraction pour la 
filiation Avi fabliaux : 1" des versions des mêmes contes dont l'antiquité 
noua a transmis le souvenir; 2" des versions médiévales qui sont anté- 
rieures à la première croisade, c'est-à-dire à des rapports suivis avec 
l'Orient. Sur le second point, M. B. m'aurait convaincu plus elRcace- 
JO^t, SI, au lieu de tirer en tout et pour tout argument de Romxdus dont 



sMnspira Marie de France, il avait mis à contribution les textes histo- 
riques des vr-x« siècles, qui lui auraient certainement fourni des témoi- 
gnages plus nombreux et plus décisifs. 

La conclusion de cette première partie du livre est celle-ci : les fabliaux 
qui se retrouvent dans l'Inde ne sont qu'en petit nombre (11) et l'analyse 
minutieuse des versions françaises prouve qu'elles sont indépendantes du 
texte sanscrit et qu'elles lui sont parfois supérieures. 

Par une transition assez naturelle, M. Bédier est alors amené à se 
demander d'où procèdent les récits que nous ont conservés les fabliaux. 
L'examen plein de verve qu'il fait des opinions émises avant lui le con- 
duit à penser qu'il faut renoncera « rechercher l'origine et la propagation 
des contes populaires européens » (p. 241). Mais il ne s'attarde pas à cette 
constatation peu consolante, dont il défend et atténue à la fois le caractère 
négatif; il distingue soigneusement entre contes et contes; il en est parmi 
eux « dont on ne peut déterminer la date et la patrie »; mais ce sont les 
moins nombreux, et quant aux autres «il se pose des questions autrement 
intéressantes» à leur sujet; ce sont ces questions que M. B. entend 
résoudre dans la seconde moitié de son livre en cequiconcerneles fabliaux. 

Partant de ce principe que « chaque version d'un conte révèle un esprit 
distinct», M. B. étudie les 147 fabliaux en eux-mêmes et pour eux- 
mêmes. Il se demande quels en sont les sujets; il les classe, il en détache 
les traits caractéristiques, et, à l'aide de subtiles analyses, il en déduit 
toute une philosophie sociale du xiii® siècle et des débuts du xiv®. Les 
150 page? consacrées à cet objet sont les plus attrayantes et aussi les plus 
originales du livre ; on peut douter que la question soulevée par M. B. dans 
la première moitié de celui-ci, exigeât, eu égard surtout aux résultats plutôt 
négatifs que nous apporte l'auieur, Je développement avec lequel il a cru 
devoir la traiter; on peut se demander si M. B. ne s'est pas trop aban- 
donné, dans cette partie de son ouvrage, à sa verve ingénieuse, à son 
goût des polémiques et à sa merveilleuse aisance de diction et de ratio- 
cination. En revanche, on éprouve presqu'un regret d'être au bout de la 
seconde moitié de son étude; on voudrait en savoir encore plus long sur 
un sujet nettement délimité, qui est étudié ici avec tant de charme et des 
soins si minutieux. 

Sans doute sur certains points je ne suis pas d'accord avec M. Bédier. 
Ainsi je crois qu'il exagère à plaisir l'opposition qu'il nous montre entre 
deux classes d'hommes, l'une vivant d'idéal et l'autre se nourrissant de 
réel, et qu'il a bien de la peine (p. 334 sq.) de nous ramener ensuite à un 
juste milieu d'opinion, qui est en meilleure conformité avec la vérité his- 
torique. Je ne comprends pas très bien non plus ce qui lui permet (p. 386 
et sq.), tout en corrigeant une affirmation trop absolue de M. Petit de 
Julleville, d'assigner à la farce une date de naissance coïncidant avec le 
début du xv« siècle (il suffit de se rappeler que la farce du Garçon et de 
V Aveugle date du xiii® siècle et qu'il est dans l'œuvre d'Adam de 
la Halle et de Jehan Bodel des parties où la gaieté apparaît aussi dtv 
matique qu'elle le sera deux siècles plus tard). 



Mais ce sont là en somme des querelles à la marge d'un livre, qui 
mérite tous les éloges par ses qualités de plan et de composition et par son 
excellent style. Je citais tantôt des pages écrites avec une verve amusante; 
mais à ce point de vue il faudrait tout citer; aucune polémique n'est 
aride, aucune analyse n'est languissante, grâce à ce sentiment trop rare 
du plaisir du lecteur que M, Bédier possède à si haut degré. L'ceuvre se 
termine par quatre appendices, dont le premier nous donne la liste alpha- 
bétique des fabliaux, le second, des notes comparatives sur ceux-ci, le 
troisième, des recherches sur leurs auteurs elle quatrième, des corrections 
à leur texte. Encore ici il y aurait quelques réserves à faire ; mais elles 
ne réduiraient en rien le prix de l'ensemble et allongeraient démesu- 
rément le compte rendu. M. Wilmotte. 

H. AcHELiB. — Aota SS. Nerei et AchiUei. Text imd Untersu- 
chung, von Lie. Dr- Hans Achelis. — Leipzig, J,-C. Heinrichs, 1893, 
in-8", 70 p. 

Bien que ces Acia ne se rattachent guère que par la date de leur com- 
position à l'histoire du moyen âge, nous en signalons volontiers cette 
édition nouvelle. Elle tait partie de la collection des Text und Unierau- 
chungen lur Geschichle der altchris (lichen Literatur, que dirigent, 
depuis 1882, MM. 0. von Gebhardt et A. Harnack ; c'est dire qu'elle est 
sérieuse et d'une érudition solide. — Quel est l'intérêt particulier des 
Actes de Nérée et Achillée, qui devraient bien plutôt s'appeler, ainsi que 
M. A. le fait remarquer (p. 64), les Actes de Domililief D'abord, ils 
racontent les épreuves de Flavia Domitilla et de ses eunuques, Nérée et 
Achillée, qui, exilés par Domitien dans l'île de Pontîa, périrent pour la 
foi sousTrajan et étaient en grande vénération à Rome, à l'époque de 
Grégoire le Grand'. En second lieu, ils contiennent une série de rensei- 
gnements sur les cimetières de Rome et sur la commémoration de plusieurs 
saints de Rome et de l'Italie centrale; ils sont donc source précieuse 
pour toutes recherches sur les catacombes et le martyrologe. Enfin, ayant 
fait de notables emprunts à la littérature apocryphe de Pierre et de Paul, 
ils ont leur, importun ce pour l'étude de cette littérature. — Le texte latin 
de ces Acia était connu depuis longtemps; c'est le texte grec original 
(p. 30) que nous donne M. A. ; M. Alb, Wirth l'a retrouvé dans deux 
manuscrits de la Vaticane et l'a publié à Leipzig, en 1890; c'est parce que 
M. A. a jugé cette édition imparfaite à tous égards, qu'il a cru à 
propos den donner une autre. Son texte est établi avec soin et accom- 
pagné de perpétuelles références marginales à la pagination des manus- 
crits et même à celle de l'édition Wirth ; il est éclairé dans les notes par 
toutes les variantes importantes, au besoin par des citations du texte 
latin des Bollandistcs. Il est suivi d'une élude substantielle qui porte : 
sur lei; manuscrits; l'un [le n" 866 de la Vaticane] serait du xii" siëcttt, 

^^Orpgoire Je Grand, Homilia. x.xvni. Mtgiie. P. L.. l. LXXVI, col. 1210 el suiv. 



— 9 - 

l'autre (le n^ 1286) serait du commencement du xvi* siècle ; — sur les 
divers textes latins que nous avons de ces Acia; l'auteur donne la préfé- 
rence à celui des BoUandistes* ; — sur le fond et l'autorité de ces Actes; 
— sur les noms des martyrs qu'on y trouve ; sur les martyrologes qui 
peuvent en éclairer l'étude ; — sur les sources auxquelles leur auteur a 
puisé; — sur cet auteur lui-même; enfin sur la date de leur composition ; 
M. A., comme d'ailleurs M.deRossi, se prononce pour le v« ouïe vi* siècle. 
Celte étude se lit avec intérêt ; nous regrettons seulement qu'elle ne 
soit suivie que d'un Index nominum, ne se rapportant qu'au texte grec 
et tout à fait insuffisant pour se rendre compte du contenu de l'ouvrage 
entier ; il n'eût guère coûté de peine à M. A. de mettre, çàet là, quelques 
sous-titres et de les réunir en une table; ceux des travailleurs qui con- 
sultent et n'ont pas toujours le temps de lire^ lui en auraient su gré. 

C. GUIGNEBERT. 



Alfred Nordfelt. — Les Couplets similaires dans la vieille épopée 
française. — Stockholm, Norstedt, 1893, in-4o, 18 p. 

Les savants qui ont étudié les chansons de geste ne s'accordent pas 
sur l'origine de ces laisses à peu près identiques par le sens, mais diffé- 
rentes par l'assonance, qu'on est convenu d'appeler couplets similaires. 
Les uns y voient l'effet d'un procédé artistique ; les autres en font 
Tœuvre de copistes inintelligents. M. Nordfelt, un jeune savant suédois 
qui s'est déjà fait connaître avantageusement par ses Études sur la 
chanson des Enfances Vivien, nous apporte de ce phénomène une 
explication nouvelle, extrêmement ingénieuse et des plus séduisantes.. 
Après avoir proposé une définition plus exacte et plus précise des cou- 
plets similaires (p. 2), il marque la différence qui existe entre eux et les 
recommencements, et c'est précisément dans ceux-ci qu'il prétend trouver 
le point de départ et l'explication de ceux-là! A l'origine, le recommen- 
cement paraît n'être qu'une simple répétition du ou des derniers vers de 
la strophe précédente, court résumé d'événements déjà racontés. M. N. 
ajoute (p. 7, fin) que ces répétitions devinrent plus nombreuses et plus 
étendues quand on commença à chanter l'épopée. Mais ne perd-il pas de 
vue que les primitives chansons de geste étaient chantées en môme temps 
que composées, que la mélopée y était intimement unie à la composition ? 
Il n'en est pas moins vrai que ces répétitions, nécessitées par les repos 
irrégulièrement espacés du chanteur, ont existé, sans doute moins nom- 
breuses et moins considérables , chez les auteurs eux-mêmes, avant 
d'être multipliées et développées par les jongleurs. 

Après un arrêt un peu prolongé, pour remettre un auditoire inculte au 
courant des événements, il fallait une récapitulation, un recommencement 
souvent assez circonstancié. Les remanieurs et les copistes de la déca- 

1. Acta Sanctortim, à la date du 12 mai, t. 111, 6 el svxvv. 



-10- 

dence, avec leur rage d'amplifier et de délayer, firent de ce procédé si 
naturel un usage tout à fait immodéré. M. N. nous, le fait toucher dti 
doigt, pour ainsi dire, par des exemples enapi-untés à l'excellente édition 
(de tous les manuscrits) des Enfances Vivien par MM. Wahlund et 
Feilitzen. Ainsi prirent naissance les couplets similaires. 

Si les répétitions constituent l'un des traits les plus caractéristiques et 
les plus naturels de la vieille poésie de tous les pays, on peut en dire 
autant des anticipations, vers d'une fin de laisse contenant un résumé du 
début de la laisse suivante, manière excellente d'exciter la curiosité de 
son auditoire et son désir d'en entendre davantage. Le jongleur habile, 
en attardant ainsi ta marche du récit, faisait croître l'inLérèt du public ; 
tel un romancier moderne écrivant le feuilleton d'un journal. Ce procédé, 
mis en évidence par des exemples tirés encore des Enfances Vioien, et qui 
était pour les remanieurs et les copistes une nouvelle et forte tentation de 
développer, mais celte fois la fin des laisset, tut une autre source de 
couplets similaires. Donc ceux-ci doivent leur origine à un développement 
successif du début et de la fin des laisses. 

L'auteur revient ensuite à l'examen rapide des autres opinions professées 
sur l'origine des passages similaires ; et ici il a le tort, selon nous, de 
nuire à sa séduisante théorie en admettant qu'ils peuvent provenir de 
deux versions juxtaposées par un copiste. 

Dans la seconde partie de son étude, M. N. se dcmandi! si les couplets 
ont jamais eu une valeur poétique? Loin d'y trouver un procédé artis- 
tique en usage dès le commencement, il n'y voit que des traits d'une 
décadence déplorable. Il montre qu'on a vu des passages similaires dans 
des laisses qui n'en contiennent pas du tout, et que d'autres sont tellement 
simples et naturels qu'il n'y a pas à discuter sur leur nature : là il y a 
beauté poétique ; tels sont les adieux trois fois répétés de Rolaud à sa 
Durandal. Peut-être a-t-on fait parfois à dessein des couplets similaires, 
mais comme on fait des acrostiches, symptômes de l'affaiblissement du 
vrai sentiment poétique. Ce ne sont plus que des formules techniques. 

Tels sont les deux points développés par M. Nordtelt en un travail 
court, mais substantiel, à l'exposition lumineuse, au style clair et, à part 
quelques faiblesses, remarquablement français. 

A, DOUTREPONT. 



Thompson (Edward Madnde). — Handbook of g^reek and latin 
Palaeography. — Londres, Kcf,'au Paul, Tronuli otTriibiu-r, 1893. 
in-12, xii-343 p. 

M. Thompson déclare n'avoir prétendu qu'i tracer une esquisse de la 
paléographie ga-cque cl latine; en réalilé, il a fait plus, et sou livre dépas- 
sera lo cercle des It-c leurs qu'il s'était assigné. 11 ne pouvait pas se laire 
qu'un savant aussi versé dans l'élude des manuscrits n'introduisit dans 
jf.n maaut'J une foule de remarques originales et intéressantes et ne donnât 



- 11 - 

sur les points qui lui étaient le plus familiers des études approfondies. Le 
volume s'ouvre par un chapitre sur Torigine de Talphabet phénicien. Les 
chapitres ii et m sont consacrés aux matières employées pour recevoir 
récriture. On se permettra de douter que les écorces y aient jamais servi 
autrement que d'une façon exceptionnelle. Quant au livre composé de 
tablettes de plomb reproduit par Montfaucon, son authenticité est douteuse. 
Le chapitre IV est consacré aux instruments de l'écriture; le chapitre v à 
la forme des livres. Dans le chapitre vi, stichométrie et tachygraphie, il 
n'est pas fait mention du système de tachygraphie employé par Gerbert. 
et dont notre regretté confrère Julien Havet a posé les lois. A la page 83, je 
signalerai à l'auteur une faute d'impression : yp^^?^ pour yP*?'! ; ^t encore 
à la p. 93 ne convient-il pas d'écrire 'rcâ<Tav et non iraaav? Pour en finir avec 
les fautes d'impression, dans la note 4 de la p. 81 il faut corriger scri- 
huniur en scribaniur. Le chapitre vu comprend tout ensemble les abré- 
viations et les chiffres. A propos de l'origine de l'abréviation de Jésus 
Christus, M. Thompson reproduit l'opinion commune. Il prétend donc 
que les manuscrits latins les plus anciens portent IHC XPC en lettres 
grecques, abréviations où les scribes d'une époque postérieure n'ont pas 
reconnu des lettres grecques et qu'ils ont rendues par ihcxpc, dans l'écri- 
ture minuscule, d'où l'idée que Ihesus était la forme correcte^ et l'intro- 
duction de l'A dans Iherusalem, Iheronimus, etc. Telle n'est pas l'opinion 
que M. Omont a exprimée dans une des séances de la Société des Anti- 
quaires de France (Bulletin, 1892, p. 123) et que nous croyons utile de 
reproduire. Pour XPC, et plutôt XPS, il est évident que cette abréviation 
est sortie du monogramme du Christ composé de X et P, usité à Rome 
dès l'origine de l'art chrétien, et auquel on a ajouté la lettre finale de la 
terminaison. Quant à IHC, peut-être serait-il difficile de rencontrer cette 
abréviation dans les manuscrits latins; c'est ordinairement IHS. Cette 
abrévation ne peut avoir u ne origine grecque, car les manuscrits grecs 
donnent IC, comme' aussi XC; comparez 6C, KG, YC, Oeô;, Kuptoç, ri6ç, 
e tc. Le mot ïêsus comptait primitivement trois syllabes; l'abréviation 
IHS « permet de supposer l'orthographe Ihesus, conjecture confirmée 
par la forme Ihesorolimis qu'on rencontre dans de très anciens manus- 
crits, où l'emploi de la lettre H est fréquent pour noter la diérèse ». 

Les chapitres viii à xii sont consacrés à la paléographie grecque. Nous 
signalerons particulièrement les pages très intéressantes relatives aux 
papyrus. Dans le chapitre xi (écriture onciale) il est regrettable que 
l'auteur se soit servi d'anciens fac-similés antérieurs à la découverte de 
la photographie. Le psautier dont quelques lignes sont données à la p. 156 
ne peut être daté en toute certitude de 862 ; il eût été prudent de faire 
suivre la date d'un?; car les deux éléments, l'année du monde et l'indiction, 
ne concordent pas. 

Parmi les chapitres xiii à xix, qui traitent de la paléographie latine, on 
lira surtout ceux où est retracée l'histoire de l'écriture en Grande-Bretagne. 
Les exemples d'écritures insérés dans le texte sont bien choisis ; mais le 
procédé de la zincographie photographique aMÇ\v!L^\ ot^ ^. ^xx \^ç.qmt^ ^^" 



- 12 - 



nécessairement imparfait; quelques planches phototypiques auraient 

mieux donné aux lecteurs, surtout aux étudiants, une idée exacte de 

l'aspect des manuscrits. 

M. Prou. 



CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE 



Le titre que l'abbé Fouéré-Macé a donaé à son ouvrage : Le Prieuré royal de 
Saint- Magloire de Lehon, Rennes (CaUlière, in-8°), n*en indique que très incomplè- 
tement le contenu. On 7 trouve, en effet, non seulement l'histoire du prieuré, mais 
comme l'auteur le déclare dans sa préface, « toute Thistoire religieuse et militaire 
de Lebon », et ce que le sujet perd ainsi de son unité, il le gagne en intérêt, car 
le cbàteau aussi bien que le prieuré de Lebon ont joué cbacun dans Tbistoire de 
Bretagne un rôle qui n'a pas toujours été sans importance. Construite vers 850 sur 
les bords de la Rance, à la suite d'une concession du roi Nomônoé, par des moines 
qui avaient emporté de l'ile de Serk, où elles étaient conservées, les reliques de 
saint Magloire, l'abbaye de Lebon prospéra jusqu'au jour où les ravages des 
Normands obligèrent les religieux à s'enfuir. Les reliques de saint Magloire furent 
transportées à Paris, et l'église de Saint-Barthélémy, agrandie et restaurée en leur 
honneur, donna naissance à la célèbre abbaye de Saint-Magloire. Lebon, recons- 
truit par des moines venus de Paris, ne tarda pas à vouloir reprendre son ancienne 
indépendance; à la suite de longues luttes soutenues à ce sujet contre Saint- 
Magloire, il fut rattaché, à la fin du xii« siècle, en qualité de simple prieuré, à 
l'abbaye de Marmoutier. C'est là que prit naissance, au commencement du 
XVII* siècle, la Société de Bretagne^ fondée comme on sait pour introduire la réforme 
dans les abbayes bénédictines de cette région. 

L'auteur a joint à son ouvrage une longue série de pièces justificatives dont 
certaines sont réellement intéressantes. Il en est quelques-unes, au contraire, déjà 
publiées, qu'il était peu utile de reproduire ici. De même, si le travail et le soin 
que l'auteur a apportés à cette étude permettent en général d'ajouter foi à ses 
conclusions, ses citations et ses renvois ont souvent le tort d'être trop vagues pour 
rendre possible aucune référence. De nombreux dessins, témoignant de préoccu- 
pations historiques et archéologiques parfois heureuses, servent à illustrer les 
principaux épisodes du récit. J. L. 

La Bihliotheca Scriptorum medii œci Teubneriana nous donne une nouvelle 
édition critique, due à la plume de M. Lohmeyer : c'est une comédie de Guillaume 
de Blois, VAlda. L'introduction, qui comprend plus de la moitié du volume, est 
divisée en chapitres. Le premier est consacré à l'auteur ; le second, aux sources de 
la comédie ; le quatrième, aux manuscrits et aux éditions. Cette introduction, fort 
importante, épuise la question. Le troisième chapitre pourrait, à notre avis, être 
sensjbJameDi moins long, sans que le volume y perdit en intérêt. Quant au texte 
aiàiae de Ja comédie, il est fort correctement établi. F. C. 



13 - 



PÉRIODIQUES 



ITALIE. — Philologie Romane (1892). 

AUghieri (L'.)— A. III, fasc. 8-9, 1892.-P. 273-286. G. B. Zoppi, Gli animali 
nella D, Commedia. [Coat. ; v. a. III, p. 169-185.) — P. 287-300. G. G. Curcio. 
Studi sulla « Vita Noca » dl Dante. [Cont. ; v. a. III, p. 229-246.] — P. 301-324. 
D' Prompt, / codici Parigini délia Commedia, [Description « fantaisiste » des mss. 
de la Bibliothèque Nationale étudiés avec tant de soin par M . Auvray ; cf. Moyen 
Age, V, 199.] -^ P. 324-349. A. de Vit, Cunlzza da Romano. [C'est la reproduction 
d'un travail déjà publié à part, Padoue, 1892.]— P. 351-357. Commento del re Gioo, 
di Sasaonia alla D. C. [Cont. ; cf. III. p. 186, etc.] —P. 358-368. Comptes rendus. 

— P. 369-376. Notices, dépouillements, etc. 

Fasc. 10-11-12. — P. 377-400. G. Agnelll, La Lombardia e i suoi dialetti nella 
D. C. [Travail pitoyable, car Tauteur n'a aucune connaissance philologique; à suivre. 
Cf. IV, p. 1-22 ; 99-114.] — P. 401-409. G. Spera, Dante preoiene la critica e 
restetica. — P. 410-417. L. C. Passerini, Il casato de Dante. [Cont.; cf. III, p. 213- 
223.] — P. 418-437. S. de Chiata, La Pletra dl Dante e la Donna Gentùle. La 
« donna gentile » est, selon M. de C, une femme réelle, la même qui a été 
chantée par le poète dans les chansons qu'on appelle « pietrose » ; ces chansons 
sont probablement tombées du cadre de la V. N. , lorsque Dante voulut effacer les 
traces d'un amour autre que celui de Béatrice de son livre ; en même temps dans 
le Çoncloio la femme réelle se transforma en symbole.] — P. 438-455. G.Trenta, 
« Giusti son duo, ma non oi sono intesi ». [M/., VI, 73]. — P. 456-461. A. Agresti, 
Dante e Vanni Fucci. — P. 46:^-465. A. de Vit, lUustrazione del verso dantesco 
a Vewilla Régis prodeunt In/ernl. » [Il constate dans cette parodie du chant sacré 
en pareil lieu une intention satirique.] — P. 474-477. D' Prompt, Il cod. Greno- 
bliano del libro ff De eulgari eloquio ». — P. 478-491. I)' Prompt, Uepoca délia 
olsione di Dante. — P. 492-493. Comptes rendus. — P. 494-504. Notices, etc. 

A. iV, fasc. 1-2. — P. 23-31. P***, Il sole che schcrsa [Purg., XV, 1.] — P. 32- 
41. Commento del re Gioo. di Sassonia alla D. C. [A suivre, fasc. 3-4, p. 138- 
146.] — P. 42-60. L. G. Passerini, Di alcuni notecoli contributi alla storia délia 
cita e deUafortuna di Dante. [Rend compte des livres de MM. Barbi, Ricci, Del 
Balzo, Franciosi.] — P. 61-63. F. Ronchetti, Moronto ed Eliseo. [Par., XV, 136,] 

— P. 62-73. Comptes rendus. — P. 73-86. Notices, etc. 

Fasc. 3-4. — P. 87-98. F. Pasqualigo, Pensiori sulV allegoria délia « Vita 
Nooa ». [A suivre] — P. 115-120. C. Gioia, Il dubbio de* suffragi ncl canto VI 
delPurg. di Dante. --P. 121-137. D»" Prompt, / dottori del sole. [C'est-à-dire les 
douze docteurs de l'Eglise, que Dante trouve dans le soleil ; Par., XII, 137.\ — 
P. 147-150. Fr. Ronchetti, Ancora sulla corrcaioae vv ianegçj'iar^^ oX 'X.\\^ \Aa^ 
Paradlso.[Ct.rarticledeP*'*;Y.\l\, p. 223.^ — P. IbVX»^. Com^v.^^ x^x^^vis., 
— P. 160-168. Notices, etc. 



Ai'cadia (L',) - A. IV, n. 3, mare 1 
quilie Dantesche : Il tacere onesto. [Se 
du Paradis ne voulant pas mériter les 
qui sout orgueilleux de leur noblesse, '■ 



- 14 

i92. — P. 1Ô3-178. F. Ferri-Mancioi, Quis- 

on ravis de M. F.-M., Dante dans le ch. XV 

reproclies adressés par saint Paul à ceux 

famille du reste 



papyrus renferme u 
Nobulo 4, quali&Ë ci 



; Cacciaguida lui-mêrae.] — P. 179-194. G. Coïza-Luzi, Il 
Breeiarîo di Fr. Petrarca custodito neila bibliotcca Vatiea/ta. [Description 
minutieuse de ce prëcieui volume, qui de la bibliothèque du chapitre de la calbé- 
dralo de Padoue, à laquelle Pétrarque l'aTait lëgué en mourant et où il se trouvait 
encore en 1374, passa quelques années plus tard dans la librairie Borgbese et a ëtâ 
dernièrement acheta par le pape pour la Vatic;ine.) 

N. 4, avril. — P, 341-256. I. Carini, L'Ocaidcnte nei secoU VllI e IX.— N' 6, juin, 
P. 401-417, G. Eroli, Il gran rifiiito, [Le personnage que Dante a rélégué parmi 
ceuï u cbe non fur mai vivi », n'est pas Céleslin V. Qui est-il donc alors I M. E. 
ne se préoccupe pas de le chercher.— N" 7, juillet. — P. 481-503. G. Cozza-Luzi, Un 
nella bibUoteca Vaticana. [Acquisition Boi^hese. Le 
de de 854, par lequel « Johanues de Nobula » ou a de 
□e olr illufitria el consul, fait donaTiou de certains biens 
à Jean, archevêque de Ravenne.]— N' 9, septembre. — P. 641-661. F. Bartolini, / 
Frali Gaudenti nella D. Commedia. [Contin. ; v. Moyen Age, V, 184. M. B. 
s'occupe ici en particulier de Guittone. A suivre ; n' 12, p. 902-923.] — N- 10, oc- 
tobre.— P. 721-741. C. Gîoia, L Antlpurgatorlo di Dante. [A suivre; n' 11, p. 846- 
855 ; 13, p. 9a8-949,] 

Archivio Glottolagioo Italiano, v. XII, 1891, livr. 3. — P. 137-140. G. 

Meyer. Alcune a'j'jiuiitn ail' artia, del Morosi suU' eienienta yrseo nei dialelli 
dflV llaliamcridionarr. [Ci. Areh., Xll,7Gsgg.]- P. Ul-im. S. Pieri. Fone- 
tica del dialetto pinano, — P. 161-180. S. Pieri, Appunti mor/ologici roncernenti 
il dialetto lucvkese e il pisano. — P. 131-136. G. Grion, Farmacopea e lingua 
franca del dugento. [D'après le ms- I-aur. PI. XLII, 38, M. G, publie ici une pièce 
très curieuse, dans laquelle on conseille â une jeune femme ti au clair visage* 
de se débairasser de son miri, eu l'abreuva 
énuméraiion. Suit une auice petite pièce, qi 
lies Gerbes |ii zerbilana i 
comme toujours d'éioiii 
injlusso deir -i o del -J ponlonico 



de poisons dont on fait une longue 

est un débat entre une vieille des 

9 sa fille. M. G. ajoute à tout cela 

P. 187-196. C. de Ullis. Dell; 

ualche dialetto abrai- 



ee. [Cent, et fin ; c(, Xll, p. 1-33.]- P. 197-33S. M. Gastcr, La n 
del Vangelo di Mattea tratla dal Telraeeangelion del 1574. [D'après le ras. Harlëj. 
6311 b du Musée Britannique. A suivre.; livr. 3, p. 233-254.] 

Livr., 3. — P. 254. G. J. Ascoli. Ano; Anio [Ano répond au type latin Anio, 
Anionem. que les écrivains préEéraienl au cas sujet, tandis que le r^ime était 
donné selon le lype sabin ; Aniert. Anienem.] ~~ P. 255-374. J. Cavali, Reliquie 
ladine ra'iaolie in Muggia il'lslria. [Avee un appendice sur le dialecte de Trieste. ] 
— P. 375-440. C. Salvjoni, Annotaxioni sistematic/ie aW uAntica Parafraai bom- 
barda dal Nemlncin lasdi niai a se Ipso di S. Oioc. Criiostomo a e aile a Antiche 
Scritture Lombarde. > [Cf. Areli.. VII, 1-130 ; IX. 3-22, i suivre.]-?. 441-460. F. 
Saasi,fwla atoria deUa Jllotogia nrolalina in Italia: I, Claudio Tolonaie Celso 
Cittai^i'/ii. [M. S. dënjoatte ici que les ouvrages de Citiadlni sur l'origine de la 



- 15 - 

langue italienne sont en partie les résultats des plagiats effrontés autant que mala- 
droits, dont C. Tolomeli, qui avait laissé inédits de précieux matériaux, a été la 
victime.] — P. 461-466. M. Gaster, Arcalsml lesslcall che s'incontrano nella cer- 
sLone Rumena ciel Vangolo di S. Matteo. [Cf. p. 254 de ce vol.]— P. 467. C. Salvioni, 
Giunte aile « Annotaslont Lombarde ».— P. 468-486. C. Salvioni, Tables du volume. 
Vol. XIII, livr. I. — P. 1-124. P. E. Guarnerio, GU statutl délia repuhblica 
Sassarese, testo Logudorcsc del sec. XIV. [Réimprime diaprés un ms. du xiv» s. 
conservé à Sassari. ce document.]— P. 125-140. P. E. Guarnerio, I dialettl odlerni 
di Sassari. délia Gallura e délia Corsica. 

Archivio délia R. Società Romana di Storia Patria. — Vol. XV, 1892. 
Faso. i-ii, p. 251-273. M. Pelaez, Visioni di S. Francesca Romana, testo 
romanesco del sec. XV. [Cont. et fin ; cf. vol. XV, p. 365 suiv.; Moyen Age, V, 
184. Suivent, p. 264 suiv., des notes grammaticales et le glossaire.] 

Archivio Storico italiano, V" série, t. XI, 1892, disp. 2. — P. 284-296. P. 
Rajna, Gaia da Camino. [Gaia, fille de Gérard de Camino, est célèbre par le 
souvenir que Dante {Purg., XVI) lui a dédié. M. R. recueille des renseignements 
sur elle et cherche à établir quelle relation a existé entre elle et une autre 
femme de la même famille, dont Jean de Non, dans son livre sur les familles de 
Padoue, nous a laissé un portrait peu flatteur.] — P. 297-317. G. O. Corazzini, La 
madré di F. Petrarca. [Cherche à prouver que la mère du poète s'appelait 
Niccolosa di Vanni Sigoli et que M. Fracassetti s'est trompé lorsqu'il a voulu faire 
de Pétrarque le fils d'Elettra Canigiani.] —Disp. 3. —P. 88-96. A. Virgili, Dei 
Battezsatoi o Battessatorii negli antichi fonti battesimali. [Intéressant article qui 
sert de commentaire aux vers 16-21 du XIX» chant de VEn/er.] 

Archivio Storico per le Provincie Napoletane. — A. XVII, 1892, fasc. i. 
P. 71-102. G. de Blasiis, La dimora di Giooannl Boccacclo a Napoli. [A suivre, 
cf. fasc. II,. p. 485-515. Intéressant; on y trouve beaucoup de notices sur les Floren- 
tins qui étaient établis dans le royaume de Naples entre 1266 et 1309, et sur les condi- 
tions politiques et autres du pays, lorsque Boccace de Chellino de Certaldo y vint 
demeurer avec son fils.] 

Archivio Storico Siciliano. — N. S., A. XVII, fasc. m, 1892.— P. 326-344. G. 
Salvo-Cozzo, Di Gioo. Aurispa e délia cronologia di alcune sue lettere. [M. S. C. 
combat tour à tour MM. Sabbadini et Cesareo, qui ont critiqué ses études sur 
Aurispa.] 

L'Ateneo Veneto, XVP série, vol. I, fasc. 1-3, janvier-mars 1892. — P. 3-19. F. 
Gabotto, Unpoeta beatijlcato. [Battista Spagnoli, humaniste mautouan du xv* siècle.] 
— P. 91-118. A. Gemma, Il sentimento délia natura da Lucrezio a Galileo, [A 
suivre ; fasc. 4-6, p. 197-250.] 

Vol. II, fasc. 1-4, juillet- octobre. — P. 175-199. E. La.mm2^f Intor no ad alcune 
rime di Lionardo Giustiniani. [I. D'après le ms. de l'Université de Bologne 1749, 
qui contient plusieurs pièces de cet auteur, M . L. fait la critique de l'édiiion des 
poésies de Giustiniani publiée par M. Wiese, et imprime les pièces .suivantes : 
S*io conoscesbe acer fallo commesso — lo co piangendo el mio tempo féline — 
Quai nympha in fonte o quale in ciel mai ciea. — 11» SuUa lauOua*. <k ^arV», 



- 16 - 

iergine bella, » M. L. reproduit celte pièce, qn'il croit de Giustiniani, d*après le 
même ms. Elle y est suivie par une version en distiques latins attribuée à Baptiste 
Pallavicini (je ne comprends pas pourquoi M. L. écrit avec le copiste Paolacclni)^ 
qui fut évèque de Reggio Ëmilia de 1444 à 1466.] 

Atti délia R. Accadexnia dei Lincei. — Comptes rendus 1892. Classe des 
sciences morales, historiques et philologiques, V« série, vol. I, fasc. 1, 17 janvier.— 
P. 3-18. E. Monaci, Le « cantigas» di Al/onso el Sabio. — [Compte rendu de 
l'édition de ces cantigas publiée sous le patronat de l'Académie espagnole par le 
marquis de Valmar (Madrid, 1889). Après une exposition sommaire, mais fort 
intéressante des bienfaits qu'Alphonse répandit sur TEspagne, M. M. analyse ses 
cantigas, qui sont toutes pieuses et peuvent être distribuées en deux catégories : 
les lyriques et les narratives. Il expliqué ensuite les causes qui décidèrent Alphonse 
à composer ses pièces en « gallego » au lieu d'employer le castillan qui était son 
langage maternel.] — P. 19-26. E. Le Blant, Les songes et les visions des martyrs 
[Quelques témoignages très intéressants sur les visions qui précédèrent les persécu- 
tions, selon les écrivains chrétiens, ou hantèrent les martyrs au milieu des sup- 
plices.] — P. 49-67. F. Novati, Il « De malo senectutis et senii » de Boncompagno 
da Signa. [Curieuse pièce du célèbre grammairien du xiii' siècle tirée du ms. 
Marcien, cl. vi, 67.] 

Fasc. 2, 21 février. — P. 73-102. E. Monaci, Aneddoti per la storia letteraria 
dei Laudesif dei Disciplinati e dei Bianchi nel mcdio eco. [M. M. publie d'après des 
mss. nouveaux plusieurs pièces qui sont écrites en « romanesco » et ont pour cette 
raison un intérêt tout particulier pour l'histoire de ce dialecte très imparfaitement 
connu jusqu'ici.] 

Fasc. 3, 20 mars. — P. 190-198. E. Monaci, Di Guido délia Colonna, troeadore, e 
délia sua patria. [M. M. démontre que cet ancien poète de l'école sicilienne n'est 
pas né aux pieds du Mongibel, mais appartenait à la famille romaine des Colonna 
et passa à Messine pour y exercer les fonctions de juge. Dans les quelques pièces 
de lui qui sont arrivées jusqu'à nous, M. M. démêle quelques traces de son dialecte 
natif.] 

Fasc. 5, 15 mai. — P. 331*343. E. Monaci, Sull' antichissima cantilena giulla- 
resca dei cod, Laurenziano S. Croce XV^ 6. [Cherche à reconstituer le texte de ce 
document fort précieux en raison de sa date (xii' siècle), et à porter quelque 
lumière dans les allusions historiques qu'on y trouve.]— P. 371-387. G. Zannoni, 
Strambotti ineditidel sec. XV. [D'après le ms. Vat. Urb. 729 dédié par le Milanais 
Ph. Schiafflnati, à Elisabeth Gonzague, femme de Guidobaldo d'Urbin.] 

Fasc. 6, 19 juin.— P. 432-434. E. Narducci, H trattato di mascalcia di Lorenzo 
Rusio scritto nel sec. XIII in cernacolo romanesco, [M. N. a découvert à la Valli- 
cellana de Rome un ms. signé 1507, qui contient ce traité, dédié par l'auteur à 
Napoléon Orsiui, cardinal de Saint- Adrien (-{- 1342). Le ms. étant du xiir siècle, 
M. N. est d'avis que Lorenzo a écrit dans son dialecte ce livre, qui quelque 
temps après fut traduit en latin et de nouveau en italien dans le xv* siècle.] 

Fasc. 7, juillet. — P. 475-487. E. Monaci, SulV Alba bilingue dei cod. Vat. Reg. 

1462. [Propose une nouvelle et très ingénieuse interprétation des vers provençaux 

qui jusqu'ici ontdéûé la sagacité de tant de romanistes. Selon M. M., l'Alba aurait 

^/é écrite en territoire iadiii.] — P. 539-555. Gh. Gherardini, Donna Chinaica, 



- 17 - 

[Étude sur la célèbre légende pisane de 1004, que M. Gh. ne croit pas antérieure à 
la seconde moitié du xvi" siècle.] 

Fasc. 8, août. — P. 626-642. G. Zannoni, Gli strambotti inediti del cod, Vat. 
Urb. 729. [Suite.] 

Fasc. 9, septembre. — P. 667-681. E. Monaci, Apologhi œrseggiati in antico 
Dolgare reatino traite da un cod. délia Vaticana. [Ces apologues, qui viennent 
combler une lacune dans notre ancienne littérature, si pauvre, des fables, ne sont 
que vingt-trois (car le ms. est malheureusement mutilé). Ils sont écrit en distiques 
d*onze syllabes.) 

Fasc. 10-11, octobre-novembre. — P. 768-782. V. de Bartbolomaeis, Una rappre- 
sentazlone inedlta delP appdrizione ad Emmaus. [Petit drame dont Tâge n'est pas 
bien fixé, tiré de deux mss. : Tunde la Vallicellana de Rome, Tautre de la bibl. 
communale de Sienne, où probablement il a été composé.] 

Fasc. 12, décembre. — P. 785-789. E. Monaci, Ancora delV Alba bilingue. 
[Quelques notes complémentaires à son écrit déjà analysé.]. 

Atti del R. Istituto Veneto di scienze, lettere ed arti, VII sér., t. III, 
livr. 1-2 (29 novembre 1891, 24 janvier 1892). — P. 12-47. A. Favaro, Di alcuni 
recenti lacori su Leonardo da Vinci, 

Livr. 3 (21 février). — P. 323-368. F, Zambaldi, Délie teorie ortografiche in 
Italia. 

Livr. 6-7 (28 mai). — P. 807-830. G. Marinelli, Il nome rf' « Italia » attracerso 
i secoli. 

La Biblioteca délie Soucie Italiane, v. III, n* 7, 16 janvier. — P. 100-103. 
F. Gabotto, Alcune idée di Flaoio Biondo sulla storioqrafta. — P. 103-104. P. 
Antolini, Una canzone popolare del sec. XVI. [Petite pièce musicale tirée des 
actes d'un notaire écrits dans les premières années du xvi* siècle. La pièce, qui 
commence : Donzelina che cien cien dal balo. est sans doute plus ancienne.] — 
P. 105. G. Finzi, La nonella boccaccefica di ser Ciappelletfo. — N. 9, 16 février. — 
P. 137-138. C. CipoUa, Parisio da Cerea e Parisio da MonseUcc. [M. Gittermann 
daus un ouvrage récent (cf. Moyen Age, V, 188) nie que Parisio da Cerea soit 
l'auteur du Chronicon Veronense (Pertz. Mon. Germ. Hist., XIX) et prétend du 
même coup identifier celui-ci avec un « Parisius de Monselice », dont on trouve 
mention dans un document padouan du temps. M.C. conteste ces affirmations qu'il 
démontre dénuées de fondement.] — N« 10. — P. 155-157. L. Filomusi-Guelfi. Il 
contesto e la grammatica nel o. 63 del c. X delV Inferno di Dante. — N« 11. — 
P. 161-165. S. CipoUa, Ilpassodello Stige. [Étude sur le ch. IX de Vln/erno ;à 
suivre ; cf. n» 12, p. 177-181 ; 13, p. 201-203.] 

N. 13, 16 avril. — P. 196-198. F. Gabotto, Appunti sulla fortuna di alcuni 
autori romani ncl medio cco. [Salluste, Pline ; à suivre ; n» 14, p. 209-212 ; n* 15, 
p. 233-235 ; n» 16, p. 243-245, Lucrèce, Martial ; n« 17, p. 260-64, Juvénal ; n» 19, 
p. 296-301. Térence, Plante.] 

N. 15. 16 mai. — P. 225-229. I: Délia Giovanna, lUi Pecorone » di Ser Giooanni 
Fiorentino. [Quelques remarques sur la nature de ce livre et particulièrement sur 
les pièces de vers qu'on y lit.]— P. 229-233. G. Volpi, Il bel giooaac nclla letUratuxa 
oolgare delsec. XV. [M. V. recueille des témoignages s\m Y\^'b^ ^«^ \a* \i«wA 



- 18 - 

virile an xy" siècle ; mais il ne fait aucune comparaison , quoique cela eût été 
pourtant nécessaire, avec les descriptions de beaux jeunes hommes qui foisonnent 
dans la littérature latine et française du moyen âge et sont sans doute les sources 
des pièces analysées par lui.] 

N. 19, 16 juillet. — P. 290-293. P. Rajna, La pronumia delV 6 e delV é latino 
neUe nostre scuole. [L'explication que M. Rajna juge la plus probable, c'est qu'on 
est en face d'une réaction des grammairiens et maîtres d'école contre la pronon- 
ciation populaire qui mettait â à la place d'ô.] 

A. IV, V. IV, n» 2, 16 octobre. — P. 18-20. F. d'Ovidio, La pronunzla dl due 
oocali latine nelle snuole italiane. [Quelques remarques sur l'article de M. Rajna. 
— P. 24-26. L. Pieretti, Sopra due luoghi délia canzone : « Chiare, /esche e dolci 
acque. » — N* 3, 1«' novembre. — P. 36-40. G. Volpi, Poésie popolari italiane 
del sec. XV. [Deux séries de rispetti, que M. V. croit inédites, dont l'une de deux 
ottace^ l'autre de treize, réunies de façon à. former une sérénade, que suivent 
trois chansons, la première napolitaine, la seconde sicilienne, la troisième 
calabraise, déjà imprimées par MM. Ive et Novati. M. V. se sert pour cela d'un 
ms. Venturi, qui a été écrit entre 1470-1480 par le Florentin Philippe Scarlatti, 
mauvais rimailleur, s'il en fut.] 

N. 10, 16 février 1892. — P. 145-149. F. d'Ovidio, v II tacere è bello, » « Lingua 
che chlami mamma e babbo. » [Observations sur les tercets 35 du ch. IV et 3 du 
ch. XXXII de Vln/erno.] 

N. 13, 1" avril.— P. 193-196. R. Sabbadini, L'Angclinetutn di Gioeanni Marrasio. 
[Recueil de poésies latines d'un humaniste sicilien, écrites vers 1426 pour 
une jeune fille, Angelina Piccolomini.] — N« 16, 16 mai —P. 248-249. G. Valeggia, 
Nota dantesca. [Sur l'interprétation des quatre premiers tercets du ch. IV du 
Purgatorio et tout particulièrement du quatrième.] — P. 249-250. A. Solerti, 
Noterella dantesca, [Sur le v. 108 du ch. X. de Yln/erno.] — N» 18, 16 juin. — 
P. 274-276. V. A. Arullani, La donna nella letteratura del quattrocento. [A suivre ; 
cf. n* 19-20, 16 juillet, p. 293-295. Fort mauvais.] 

N» 19-20, 16 juillet. -- P. 290-292. R. Sabbadini, Sulla di£usione del commenta 
di Donato a Terenzio. 

Vol. V, a. V. n« 2, 16 octobre. — P. 25-27. F. Gabotto, Altri documenti sui 
Tommaso Morroni da RietL [On trouve ici publiées : I, l'Apologie de Th. Morroni 
contre le Pogge ; II, n« 3, p. 38-40, une lettre jusqu'ici inédite de Pier Candido 
Decembri au Pogge, qui est un véritable réquisitoire contre Morroni.] 

P. 27-29. G. Tambara, Le ténèbre nel secondo cerchio delV Inferno. [Note dan- 
tesque, à suivre; fasc. 3, p. 42-45.) 

N» 5. 1" décembre. ~ P. 68-69. L. Filomusi-Guelfi, Perché o f>er che f (Dante ; 
Par., XXIII, lOS.] — P. 73-74. A. Ghignoni, Per una variante nel c. XXIII del 
Paradifio. [V. 79-81 doit-on lire coperto ou coperti f] 

N« 6, 16 décembre. — P. 85-89. G. Jachino, Le contese letterarle di Giorgio 
Merula. [A suivre.] 

BulletUno délia Società Dantesca. — N"» 5-6, septembre 1891. — P. 14-21. 
y//i^s^jra^/o/ie ^ra^a dalla D. C. [Catalogue des photographies et dessins qui se 
rapportent aux villes, édiûces, etc., mentionnées dans la Comédie, recueillis par le 
i^jujstére de rinsirtHstioD publique et dont celui-ci a lail cadeau ^ \a S>oc\fe\À^ - 



— 19 — 

P. 23-38. Bartoli, lyAncona, Del Lungo, Per Vedixione critica délia D. C. [Choix des 
passages les plus caractôristk|iies en raison des variantes lexicales de sens qu*i\s 
présentent, dépouillés de toute ambiguité proveosnt de )a graphie.} — P. 39-45. L. 
Oeortile, Di un documento per Vanno délia nascita di Dante. [Le contrat par leqnel 
Dante en 1283 vendit à Tedaldo d'Orlando Rustichelli an crédit qui faisait partie de 
son béritage paternel n'existe malheureusement plus } mais on possède un dépouille- 
ment du document fait par Charles Strozzi au xvii* siècle, qui esi meilleur quecelni 
qu'on a publié dans les Delizle degll eruditi Toscan i, XVI, 397, et permet d'établir 
que Dante est réellement né en 1265.] — P. 4^52. C. Ricci, Di alcunl codici 
sconosciuU del commenta di Pietro Alighieri alla D, C. [Après avoir mentionné le 
ms. Egerton 833 du Musée Britannique, M. R. décrit un ms. de la bibliothèque de 
l'Université de Bologne (1638) et quelques fragments d'un troisième ms. quiappotr- 
tient à un particulier.] — P. 53. M. Barbt, BibUograJia dantesc.a deU* anno 1890. 
[159 numéro^, dont trois sont analysés minutieusement : no20, Barbi, Délia fortuna 
di Dante nel sec, XVI ; n» 90, Del Lungo, Béatrice nella oita e nella storia del 
sec. XIII ; n" 140, Imbriani, Studi dantesehi.] 

N. 7, décembre.— P. 11-15. F. Novati, Nuooi documenti sopra/rate Gioeanni da 
Serracalle. [Relatifs aux séjours faits à Florence en 1395, 1404. 1406 par ce 
commentateur du Dante.]— P. 16-42. M. Barbi, Bihliogrqfta dantesca. [N« 160-276 ; 
analysés : n* 168, Moore, Dante and his early bioyraphers ; n* 172, Negroni, Sul 
testa délia D. C. ; n. 222, Scarlazzini, Protegameni délia D. C. ; n. 225, Scherillo, 
La morte di Béatrice.] 

. N. 8, février 1892. — P. 7-28. M. Barbi, Contribua alla biag rafla di Dante. 
[Dans les années 1297-1301, Dante et son frère François furent obligés à s'endetter, 
car leur héritage était très endommagé. Les documents relatifs à ces tracas finan- 
ciers du poète sont étudiés de nouveau par M. B., qui discute aussi en reproduisant 
les passages de F. Biondo relatifs au séjour de Dante chez Scarpetta Ordélaffi. 
seigneur de Forli, cet épisode très obscur de la biographie du poète.] — P. 29-39. 
L. Rorca, Le chiose latine del cod. Ambrosiano C. 198 Inf. [Les gloses de ce 
ms., qui après la mort de Thomas Seggett, passa dans les mains de Pinelli, sont 
sans doute de la première moitié du xiv* siècle ; mais dans le ms. Ambrosien 
elles ont été reproduites d'après un ms. plus ancien.] 

N. 10-11, juillet. — P. 7-24. I. Del Lungo, Alla cita cicile di Dante in Firenze 
due documenti inediti. [Le premier est du 6 juillet 1296 ; le second du 11 décembre 
de la même année.] — P. 25-102. M. Barbi, Bibliografia dantesca. [Analysés; 
n* 29, Cipolla, Il trattata « de Monarchia » ; n« 53, Fenaroli. Il celtro allegorico 
nella D. C. ; n' 69, Johannis a Serravalle, Commentum; n* 108, Ricci* Uultimo 
rifugio diD, A.\ n» 112, Rocca, Di alcuni commenti délia D. C. ; n» 113, 
Rœdiger, Di un récente studio sopra i più antichi commenti délia D. C] 

lia Gultura. — N. S., A. III, n« 2, 10 janvier 1892. — P, 25-27. F. Tocco, Un' 
opéra inedita di Abelardo. [Sur la publication faite par M. Stôlzle du traité 
d'Ahélard, De Unitate et Trinitate dioina.]^P. 31-37. D. Carraroli, Aristotele e 
Alessandro Magno. [Quelques remarques sur le Uvte dô MV. ^^\Vl, M"Vsv.ole\jfc% Vk 
den Alexanderdichtungen des Mlttelalters.] — N" ^. — P. ^VVl.Ç*. CtnsXsAOcccS.^ 
Notadaniesca. [Eacore sur Pape Satan, etc. : ia\xl-\\ à.w co\a^<bK\ — '^'^ '^^ "" 



p. 187-188. L. Momrésor. « Pénétra e riaplende. a [Observations sut le passage 
dantesque étudia par M. Ricci dans la^ Caltara ; cf. Moyen Age, V, IS6.] 

N . 13. — P. 26a-27<. A. Chiappelli, Dante e Plstoia. 

N. 16. — P. 367-370. R. Délia Torre, Cangrande e la Pro/eiia di Cacciagaida. 
[Polëmiqae avec an critique de ta N. Antologia.] 

N. 20. — P. 429-43.'.. E. Zama. Orosîo e Dante. [Cherche à établir les passages 
de l'historten latin que Dante a udlisës.] 

N. 25. — P. 570-574. C. Cpislofoliai, Ancora una parola sul « Veltro • 
annumiato da Virgilio e sul DXV promesso da Béatrice. 

N. B7. — P. 10-11. - Comptes rendus. - [R. Délia Torre sur le livre de M. N. 
de Claricini Dornpacher, Quando narque Cangrande I delta Scala.] 

N. 34.- P. 151-153. A, Profesaione. Curiajwïà storleo-tetterarie. [Sur la signifi- 
cation dn mot « CalefFo n dans le langage ofBciel à. Sienne.] 

N, 41.— P. 269-271, A. S. Marlorelli, Per Vanni Fuixi.[A propos d'un Uvfoda 
M, P. Bacci, Dante e Vanni Fuirei seconda una tradâione ignota.] 

N. 46.— P. 371-376. C. Cristofolini. La cordae la lonia in Dante. [Cf. //i/:, XVI, 
106-108.] 

aiomale liguatioo dl Archaalagla, Storia è I^tteratnra. — A. XIX, 

faso. 1-2, janvier- février 1892. — P. 56-60. G. Ferraro, Donna Bisodia o la 
Madré di S. Pietro. [DeuK versions recueillies en Sardaîgne de ce petitconte popu- 
laire.) — Fasc. 3-4, mars-avril.— P. 149-153 G. Ferraro, Una Irggenda bacc/dca.— 
Fasc. 7-8, juillst-aûùl. - P. 241-298. R, Badini-Confalonieri et F. Gabotto. Notiiie 
biograjiche di Demetrio Cahondila. \A suivre; cf. lasc. 9-10, p. 321-335.] — 
P. 393-300.G. FMT3.T0, La nor^ella CCXIl del Saehetti e unaa paristoria sarda. 
— P. 300-303. G. Ferraro, / Pigmei. — P. 317-3H0. Bulletin bibliographique. [P. 
E. G, rend compte les deui travaux de M Restori sur Patays et Guilhem de la 
Tor.l - Fasc. 11-12. novembre -décembre. - F- 401-423. F. Savio, La Uggenda di 
S. Siro primo mccooo di Paria. [M. Prelini, auteur d'un livre sur r-e saint évêquo, 
est d'avis que sa biographie a été Écrite avant le ix' siècle et la considère 
comme u.ie source historique assez autorisée. M. S. au contraire juge celte pièce 
plus récente et dënuée de valeur historique ; il croit encore que la vie do S. 
Syre n'a pas été écrite avant la fin du m- siècle.] —P. 423-439. G. Brognoligo, La 
leggenda di Gifilietta e Bomeo. [Cetle tradition est d'origine savante et pas anté- 
rieure à la seconde moitié du xvi* siècle.) — P. 439-458. G. Ferraro, / colorl nelte 
tradiiioni popolari. 

Oiornale storico della Lettoratura ItaUana. - Vol. XIX. I" sem. 1892. 
(asc. 55. — V.iriétés. — P. 33-54. W. Fœrster, Per la critîca del lesto dei CapitoU, 
dei diseiplinali di S. Nicolô in Palermo. [Analyse fort miiiulieuse et fort sévère 
aussi de l'èdiiion des CapUoli faite par M. de Gregorio.] — P. 55-79. F, Novali, 
Le poésie aulla natara délie /rutla ei canterini del comune di Firenie nel 
trecento. [Sont publiées ici deux pièces écrites par despoËtestoscans du xiv siècle, 
dont un. Pietro Vivian! de Sienne. éUit aui gages de sa patrie comme poète ; ce 
qui donne occasion à l'A, de recueillir quelques témoignages sur l'usage des villes 
libres de l'Italie centrale, et de Florence en particulier, d'avoir des a canterini ■ à 
Aam gagea-) — P. 80-158, — Comp'uos rendus . — A . Solerti rend compte de Ricci, 



-21 - 

VuUimo ri/ugio rft D. A. — P. 159-184. — BulletiQ bibliographique. [On y analyse 
Agnelli, Topo^ronog rafla del oiaggiadantesco ; Braschi, Ser Pietro Bonaccors e 
il 8U0 « Cammino di Dante » ; Restori, Palais,— P. S03-228.— Chroniques, Pério- 
diques, Annonces analytiques. 

Fasc. 56-57. — P. 229-303. G. A. Cesareo, Su Vordinamento délie poésie oolgari 
di F, Petrarca. [Examen très soigné des mss. autographes du poète conservés à la 
Vaticane. A suivre; cf. fasc. 58-59, p. 91-124,] — Variétés. — P. 335-347. G. 
Yûlpi, Ser Giooanni Fiorentino e alcuni sonetti antichi, [Personne n'a remarqué 
qu*un. ms. de la Nationale de Florence contient des sonnets distribués en trois 
groupes, qu'on peut avec beaucoup de vraisemblance croire écrits par Fauteur du 
Pecorone,] — P. 348-356. F. Novaii, Ser Giooanni del Pecorono, [Le but de cet 
article est de démontrer que Del Pecorone était très probablement le nom de 
famille de Giovanni ; que celui-ci est bien Tami de François de CoUegrano, dont 
toutefois le sonnet ne renferme aucune allusion à son ouvrage ; que le sonnet qu'on 
lit à la tète des Nooellc n'a jamais été écrit par Ser Giovanni.] — P. 357-367. R. 
Sabbadini, A ncora VAurispa, [Réponse aux critiques de M. Salvo-Cozzo; cf. 
Giorn., XVIII, 303-312.]— P. 368-372. 0. Bacci, Noiizie biogr. di rimatori italiani 
dei sec. XIII e XIV. [Nouveaux documents sur la famille de Cino de Pistoia et 
précisément sur ses deux filles, Lombarduccia Panciatichi et Giovanna Astesi.] — 
P. 397-421. — Comptes rendus. — [F. Flamini analyse Medin, / Visconti nella 
poesia contemporanea; R. Sabbadini, Mancini, Viia di L. Valla; F. Flamini, 
Cloetta, Die An/ànge der Renaissancetragôdie,] — P. 422-445. — Bulletin biblio- 
graphique. [V. Cr. rend compte de Restori, Per un sercentese di Guilhem de la Tor. 
R. de A. Borgognoni, Studi di letteratura storica ; G. R dAndrews, Contes 
Ligures,] — P. 446-456. Communications. [M. Grion, Il libro delV arte notoria. 
Quelques remarques sur les contes Indiens qui parlent de ce livre merveilleux. — 
R. Sabbadini, F. N., Indooinelli amorosi.— P, 457-482 Chronique, Périodiques, 
Annonces analytiques. 

Vol. XX, 2« sem. 1892. Fasc. 58-59. — P. 1-90. F. Flamini, F, Galeota, genti- 
luomo napolitano del quattrocento e il suo inedito Canzoniere, — P. 125-150. A. 
Luzio, R. Renier, Il prohabile falsijicatore délia hl Quœstio de aquà et terra ». 
[Renseignements fort curieux sur Benoit Moncetti, moine et littérateur du 
XVI» siècle.] — P. 151-185. E Lamma, Il codice di rime antiche di G. G, Amadei. 
(Description de plusieurs mss. de la bibliothèque universitaire de Bologne, qui 
anciennement formaient un seul corps. En appendice M. Lamma publie plusieurs 
pièces inédites et donne la table du ms.] — P. 236-271. Comptes rendus. 
[Sabbadini : Gabotto, Un nuooo contributo alla stor^ia delV umanesimo Ligure, 
Rossi: Frati. Le oite d'uomini illustri per Vesp. da Bistlcci.] — P. 272-300. 
Bulletin bibliographique. [On analyse Cipolla, // trattato « de Monarchla » di 
D, A. Siragusa, Uingegno^ il sapere, ecc.^di Roberto d'Angiô. Wiese, Eine altlomb. 
Margaretken-Legende, Biadego, Catalogo descritt, dei mss. délia bibU com. di 
Verona.] - P. 320-348. Chronique, Périodiques. 

Fasc. 60-61.— P. 349-378. P. Bologna, La stamperia Jiorentina del monastère 
di S. Jacopo di Ripoli e le sue edizioni, [A suivre ] — P. 379-394. E. Percopo, 
Laudi edeoozioni délia clttàd'Aquila. [Cont. et fin ; cfr. G/orn., XVIII, 186 sv. 
Ici on donne un lexique des mots les plus remarquables, suivi par ua a.i^i^^<^<iis>^ 



sur UBins. de htudi d'A.qufia. 4jui«Et passé & la Bibliothèque Victor-Emmanuel à 
Rome.]— i^- Jii5-<61. Comptes rendus.— [F. Flamini : Barozzi-Sabbadini, Studi sui 
Panormila e sul VaCta. F, FoUaiio : Marebesaii. L'unlcereità dî Treciso nei 
sec. XIU'XIV.] — P. 4G^-480. Chronique. Périodiques, Ole. 

R. Isti'^LLto IionLbardo di scienze « letter«. — Comples rendus. — II* aér., 
vol. XXV, lasc. V, 22 février 1892. — P. 305-319. A. Restori, Per un atroenteae dî 
Gailhem de la Tor, [Le sirveaies de Guilhem. qui commence: Un sireentea /hrai 
d'una trista persona, est dirigé contre uD personnage appelé par le poêle << Porc 
Armai de Crcmooa. a C'est donc probablement d'un Crëmouais qu'il s'agit : or 
M. R. croit pouvoir r identifier avec o Pouce Amatn, citoyen assez e.slimé dans sa 
ville, dont il fui eu 120j nu des consuls et qui occupa plusieurs fois la cbarge de 
podestat en L^mbardie et ailleurs Selou M. R. le sirventes serait eu ce cas aul^- 
rieur à 1224.] 

Miacellanea Fruicescana «Uetoria, di lettere, tU arti. — A. V, fasc. iv, 
juillet-aoùl layo, — f. 97-Hil. F. Novati, L'Anticerberas di fi-a Bongiosanni da 
Cacriuna. tCom., ■.:[. p. 73-83. A. suivre, cf. laso. v, p, 145-149-] - P- 110-120. L. 
FtAli, Iicentarùi delta biblioteca /rancescaii.a di Bolagna 142h [Piâce intéressante; 
la librairie élail fiirm :e de 539 vt>lumes, dont une ^''^"''^ partie conteoaii des 
ouvrages écrits par des franciscains.]— P. 123-126. P. Couard d'Alençoa. Sul piû 
anlico /loema duila eita di S. Fittncearo. [Conl.]— P. 137-143. E. Filïppiui, Muccio 
daParugia e la sua Pr-q/l'3i'a.{RâimpressioM d'une pièce prophétique fort obscure, 
que M. d'Aocona avaii déjà fait connaître d'aprOs un ins. de la Vaticane. Beau- 
coup d'b.vpoth<;ses, mais rien de sur ni sur l'auteur ni sur le temps auquel la 
pièc~ appartient.] 

Nuova Antulogia. A. XX VU, troisième série, v. XXX VH. fasr. 2, ]6 janvier 1892. 
— P. 26J-28a. T. Casiïii. L'uUimo rijugio di D. Alighieii . [Sur le livre ainsi 
intitulé de M. Ricci.]— Fasc. 3.1" février.- P. 483-50^. A. Chiappelli.La^i'ii antica 
apologia del L'rialianeaimo racentemenle acoperla. [L'apologie que Aristide, philo- 
sophe ulbénien, avait dirigée A l'empereur Adrien et dont M. J. Reudel Harris a 
dernièrement découvert et publié une traduction syriaque,] 

Fasc. â, (" mars. — P. 88-108. P. D'Ovidio, Delerminiamo e tinguittica. [Écrit 
remarquable sur les relations entre la linguistique et la philosophie, émaillë de 
rédeiions ingénieuses et profondes; il suivre ; cl, [asc.,6. 16 mars, p. 238-285.] 

Fasi'. 7, 1" avril. — P. 397-431. G. Chiarini, Le due teijgende del « Mercanto di 
Vcnciia 1. [Élude sur les sources orientales et autres des deu.T cornes dont 
Shakespeare a extrait son drame; M. C. exprime l'opinion que c'est surtout le 
conte du Perarone, qui d'une façon plus ou moins directe a ê.té utilisé par le poêle 
anglais.] — P. 496-517. G. Mesiica, Il bacio a madonna Lauia. [Ingénieui 
commenlaire du sonnet Real natura. angelico i/Uelletlo, au cours duquel M. M. 
demoutre que Pétrarque a conservé dans sa pièce le souvenir du baiser donné i 
Laure par Charles de Luxembourg dans une grande fête tenue a Avignon l'an 
1346,1 

Fasc, il. !•' mai. — P. 39-50. A. Veoiuri. La primaœra nirlle arti ra/ipresen- 
: (Bien des remarques juléressanles sur les représentations du printemps au 
^^^^ooue de Is RenaissaDoe.l 



- 23 - 

Fasc. 10, 16 mai. — P. «1(W843. F. dOvidio, Guido du Montefdtro nella D, 
Commedia. [illuslration de l'épisode du ch. XXVll de l'Enfer. M. d'O. donne une 
inlerprétatiou nouvelle des mots « l'alto seggio », dans lesquels il voit une allusion 
non pas au Saint-Siège, mais à Palestrina que Boniface assiégeait; il croit enfin 
que le conseil que Ouido aurait donné au pontife, selon Dante, est une invention 
poétique de ce dernier.] 

Fasc. 13, 1" juillet. — P. €2-88. G. Chiarini, Ilgiudeo nell'antlco teatro inglese : 
Barahba e Shylock. 

Fasc. 15, 1" août. — P. 440-459.. A. Venturi, Natura del Rinascimento. 

Fasc. 19, 1«' octobre. — P. 401-431. G. Cantaiamessa, Artisticenetl nelle Marche. 
[Intéressant à cause des nombreuses citations d'œuvres d'art du moyen âge.] 

Fasc. 21, 1" novembre.—- P. 135-140 C. Ricci, NoUzia lettcrarla : Giocannan- 
tonio Campano. [A propos du livre de M. Lesca sur cet humaniste.] 

Il Propugnatore. Nouvelle série, vol. V, I" partie, fasc. 25-26, janvier-avril 1892. 
— P. 5-85. A. Lubin, Il cerchlo chCt seconda Dante^fa parère Venere serotina e 
mattutina seconda i due dicersi tempi e dedusioni che se netraggono. — P. 86-129. 
A. Gaudenti, Guldonis Fabe dictamlna rhetorica. [Cont.; cf. Moyen Age^ V, 213; 
à suivre.] — P. 207-278. — C. et L. ¥t2X\, Indice délie carte dl P. Bllancloni., 
[Lettres J-N; à suivre.] — P. 279-314. F. FJamini, Un codice del Collegio di S. 
Carlo e le raccolte a penna di rime adespote. [Donne la table d'un manuscrit de 
poésies italiennes écrit en 1455 par un Giacomo di Paolo di Valente, qui était peut- 
être Ferrarais, et publie d'après ce recueil une pièce de Giovanni Pellegrini de 
Ferrare, composée en 1436, qui est d'un certain intérêt à cause de sa forme de 
frottoUx.^ 

Fasc. 27, mai-juin. — P. 446-468. G. Cogo, Francesco Bu&zacarino, poeta latino 
del sec, XV. 

IP partie, fasc. 28-29, juillet-octobre. — P. 5-57. E. Cais di Pierlas, Giacobina 
di Ventimiglia e le sue attinenze /amigliari in un nuoco frammento di canzone 
di Rambaldo di Vaqueïras. [Après avoir communiqué le texte de l'épître envoyée 
par Rambaut au marquis de Saluces, d'après le ms. 856 de la B. Nationale de Paris, 
M. C. di P. soutient qu'il «faut y lire ab Veysst et non ab Noyssi^ et identifie ce 
Veyssi avec Vezzi, petit village près de Finale. 11 passe ensuite à donner des 
renseignements sur la famille des comtes de Vintimille et prouve que la jeune fille 
mentionnée dans l'épître était l'enfant de Guido Guerra et de Ferraria, sa femme, 
fille du marquis Guelfo d'Albissole. M. C. voit encore dans^ le château de Montant, 
où se trouvait alors Boniface, Montaldo Scarampi ou Montaldo de Spigno ; dans 
Puegclar, Montechiaro de Spigno près d'Arqui. Même sur les amours de Rambaut, 
M. C. croit pouvoir nous donner des renseignements nouveaux; selon lui, le poète 
aima deux femmes, qui s'appelaient toutes les deux Béatrix; mais Tune était la 
sœur^ l'autre la fille du marquis, dont l'aventure avec Jacobine devrait se placer 
vers 1185.] — P. 58-109. A. Gaudenzi, Guid. Fabe Dictamina rhetorica. [A suivre.] 

— P. 196-233. Bibliographie : S Morpurgo, Supplemento aile Opère ooJgari a 
stampa dei sec. XIII e XIV. [Ce catalogue comprend les ouvrages parus en 1891.] 

— P 234-302. C. et L. Frati, Indice délie carte dl P. BllancloTvl . NJ.^XVt'ws. ^-^. K 
suivre./ 



- 24 - 

Fasc. 30, novembre-décembre.— P. 303-345. A. Saviotti, Rime inédite del sec, XV, 
[D'après le ms. Olivieriano 54; dont M. S. donne la table; en appendice nn sir- 
ventes de S. Serdini, quelques Barzellette et 45 Strambotti]. Mélanges. — P. 458- 
461. V. Crescini^ A propoaito dell'articolo det sig. Cais diPierlas sopra Giacobina 
di Ventimiglia, [M C. démontre Timpossibilité de lire a6 Ve^ssi dans le ms. de 
Paris, dont le texte donne ab Naiù; il n'est pas question d'un château, mais d'un 
homme (N*Aisi). Il repousse aussi la date de 1185 proposée par M. Cais et promet 
de revenir sur la question.] 

RasBogna Nazionale, A. XIV, vol. LXVi;, 16 juillet 1892. — P. 209-228. 
G. Salvadori, Guida Guinizelli, [Quelques pages d'agréable lecture sur la poésie 
antérieure à Dante et les origines du « dolce stil novo ».] 

Vol. LXVllI, 1" décembre. — P. 600-626. A. Conti, Rileggendo il Petrarca. 

Rivista deUe BibUoteche, a. III, vol. III, n«> 31-32. —P. 100-106. C. Mazzi. 
Alcune reliquie délia Biblcoteca di Celso Cittadini. [Donne des notices sur certains 
mss. qui étaient en 1640 dans les mains de Jules Piccolomini et furent donnés 
par lui au cardinal François Barberini, qui les déposa dans sa bibliothèque, où on 
en trouve encore quelques-uns. Luc Holstein, en 1641, acheta aussi pour Barberini, 
à Sienne, des mss. qui avaient appartenu à Cittadini.] — N"" 33-36. — P. 153-161. 
G. Maruffl, La poesiapopolare italiana, |Cont.; cf. Moyen Age, IV, 215; à suivre.] 

A. IV, vol. IV, n" 37-88. —P. 7-16. L. Frati, Délia Biblioteca Coroina. [Publie 
une lettre du comte Marsigli, qui fut présent en 1686 à la prise de Bude et recueillit 
ce qui restait encore de la célèbre bibliothèque du roi Mathias.] — P. 28-31. 
L. Randi, Il marito e i flgliuoli di Béatrice Poriinari. [D'après des livres de 
raison de la famille Bardi, M. R. se croit autorisé à signaler l'existence au xiir siècle 
de deux personnages de cette maison qui portaient le nom de tiimon; celui qui fut 
le mari de Béatrix Portinari était Simon de Julien, qui eut de sa femme plusieurs 
enfants.] 

F. NOVATI. 



Le Gérant : E. Bouillon. 



CHALON-8UII-8a6nK, I.MP. FRANÇA18B KT OHIENTALE DE L. MARCEAU. — 17048 



Nous avons la douleur d'apprendre aux lecteurs du Moyen 
Age la mort prématurée de notre éditeur. A peine âgé de qua- 
rante-six ans, M. Emile Bouillon a été enlevé le 1*' janvier de 
cette année, après de longues souffrances, à Taffection de sa 
famille et de ses amis. Descendant d'une de ces familles protes- 
tantes qui avaient quitté la France à la suite de la révocation de 
rÉditde Nantes, M. Bouillon avait tenu à reprendre, en 1887, 
sa qualité de Français. Nous n'avons pas à faire l'éloge de cet 
homme si loyal et si scrupuleux, que les soucis des affaires 

n'empêchaient pas de consacrer une partie de ses loisirs à des 
recherches et à des collections scientifiques, et que l'on trouvait 
toujours disposé à prêter aux publications nouvelles son concours 
désintéressé. Mais il était de notre devoir de déposer, sur la 
tombe de celui qui a tant fait pour le développement et la pro- 
pagation de notre Revue, l'hommage de notre reconnaissance et 
de nos regrets. 



La Direction. 



LE MOYEN AGE 

BULLETIN MENSUEL D'HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE 

OIRB20TI0IV : 

MM. MARIGNAN, PROU ET WILMOTTE 



FÉVRIER 1894 



ZiMMER (Heinrich). — Nennius vindicatus. Ueber Entstehung, Ge- 

schichte und Quellen der Historia Brittonum. — Berlin, Weidmann, 

1893, in-8^ viii-342 p. 

(Suite). 

Nous croyons avoir rendu suffisamment justice au livre de M. Z., 
pour nous permettre maintenant un certain nombre de réserves. Et tout 
d^abord, cet ouvrage renferme des digressions interminables. L'auteur 
met dix pages là où une note de dix lignes serait suffisante. Ainsi les 
p. 69-70, les notes de la p. 89 (amusantes au reste) ; les p. 146-150, 210- 
215, 254-259, etc., n'ont qu'un rapport bien éloigné avec le sujet. De 
même Tinterminable appendice « sur la Hisperica famina, et autres 
monuments bretons du Sud-Ouest, au vi* siècle » fp. 291-336], et ja 
réimpression de la Lorica dite de Gildas [p. 337-340]. Ces digressions 
sont d'autant plus fatigantes, qu'elles sont presque toujours inutiles et 
qu'un renvoi à une publication antérieure suffirait parfaitement. Il est 
vrai que M. Z. n'aime pas beaucoup citer les travaux de ses contempo- 
rains et, faute de mémoire, on risque de prendre pour du Zimmer ce qui 
est dû à la plume indigne de quelque autre érudit. Ainsi, p. 47-48, M. Z. 
démontre très bien que le faussaire qui a fabriqué le Prologue major a 
pris la date de 858 dans le chapitre (interpolé) n» 16. Il aurait été meilleur 
encore d'ajouter que tout ce raisonnement se trouve dans le livre, si mal- 
mené par M. Z., de M. de la Borderie, p. 21. 

La persistance du royaume breton d'Elmet (Ouest du Yorkshire) 

signalée p. 62, a été déjà mise en lumière par M. John Rhys dans son 

livre, au reste fort aventureux, Celtic Britain. De même, p. 85-86, à 

propos des éléments irlandais dans la Bretagne du Sud-Ouest, pourquoi 

ne pas citer les travaux de Rhys et de Stokes ? — P. 92, Bernicia (un 

àes deux royaumes des Northurabriens). Ce mot vieiiX^vxYitçiXûtv Brigati- 



— 27 — 

ticia; c'est Tancien territoire des Brigantes . Cette étymologie a été déjà 
donnée parRhys (ouo. cité). — P. 112, la rivière Trent est Je Tpiaàvuwv 
TToxajjLoç de Ptolémée. Cette étymologie est due à M. Henry Bradley 
(voy. VAcademy du 2 avril 1892). — P. 224, note ; la tradition qui fait venir 
les Irlandais deScythie repose sur une assimilation inepte entre Scotia et 
Scythia. Il y a beau temps que cette explication a été donnée par 
M. d'Arbois de Jubainville dans son Cycle mythologique irlandais. 
Trois pages d.e digressions [p. 257-360], alors qu'il suffisait d'un renvoi à 
V Emigration bretonne en Armorique, de M. J. Loth. — P. 284, étymo- 
logie d'Arthur. C'est le nom propre latin Artorius (comme le prouve du 
reste la forme irlandaise de ce nom au génitif Artuir; voy. la généalogie 
irlandaise reproduite par Z., p. 87). L'idée- de ce rapprochement est due à 
M. Coote (voy. J. Rhys, Celtic Britain, p. 237). Les raisonnements de 
M. Z. sur la date de la naissance de Gildas et la bataille de Mont-Badon 
(p. KX), 286) montrent qu'il a ignoré l'article de M. delaBorderie [Revue 
celtique^ vi, 1-13) qui donne une solution plus précise. 

Mais laissons ces vétilles pour signaler quelques points sur lesquels 
il m'est impossible d'admettre l'opinion de l'auteur. M. Z. s'acharne à 
soutenir que les §§ 57-65 ne constituent pas des généalogies saxonnes, 
mais (( une histoire de la Bretagne septentrionale et centrale, jusqu'à la 
» mort d'Egfrid de Northumberland, qui fut tué en 685, dans une bataille 
» contre les Pietés. Nous avons devant nous une courte histoire résumée 
» des Bretons et des Angles, de 547 à 685. Ladate de composition ne peut 
)) être quel'année 685 ou 686. » (P. 78, cf. p. 105). Il suffit à n'importe 
quel esprit non prévenu de lire les §§ en question, pour se rendre compte 
que cette théorie est absolument insoutenable. Nennius ne fait visible- 
ment que copier des généalogies des rois anglais ; çà et là, quand l'occa- 
sion s'offrait, il a ajouté un maigre renseignement sur un personnage 
breton, tiré d'une chronique ou d'une tradition aujourd'hui perdue; mais 
personne, après avoir lu ces passages, n'admettra qu'on est en présence 
d'une histoire des Bretons et des Anglais, aussi abrégée qu'on la suppose. 
M. Z. fait observer que ce terme Généalogies Saxonnes est erroné 
puisqu'il s'agit seulement des rois de Deira,de Mercie, d'Est-Anglie et de 
Kent, qui sont des Angles et des Jutes et non des Saxons. Soit! mais ce 
n'est là qu'une querelle de mots sans intérêt. Au reste, les Gallois et les 
Irlandais ont toujours appelé Saxons tous leurs ennemis Germains, 
sans faire tant de distinctions. 

Le § 22 de Nennius donne le renseignement suivant sur l'introduction 
du christianisme en Bretagne : « Postcentum et sexaginta septem annos 
» post adventum Christi, Lucius Brittannicus rex, cum omnibus regulis 
)) totius Brittannicae gentis baptismum suscepit, missa legatione ab impe- 
» ratoribus Romanorum et a papa romano Euaristo. » Que ce roi Lucius 
doive l'existence à quelque méprise absurde, le fait n'est pas douteux. 
Mais l'explication de M. Z. est bien aventurée. Il rappelle (p. 144-145\ 
que le seul texte historique que nous ayons sutla cow\ç^^\o\v ^^\^^^^- 
tsigne est un court passage de TertuUien ^Adcersus Judœo^, ç."3i;jè-^vC\^ 



— 28 - 

« Galliarum divers^e nationes et Brittannorum iuaccessa Romanis ioca 
Christo vero subdita. » La date de naissance de TertuUien est inconnue, 
mais il est mort en 230. On peut donc placer sa naissance vers 160 [?]. 
Or, en 161-162, Marcus Aurelius Antoninus Verus fet Lucius AureUus 
Commodus étaient empereurs. M. Z. suppose qu^un Breton du xii« siècle 
aura rédigé une notice disant que le christianisme fut introduit en Bretagne 
au temps de TertuUien qui a vécu sous Marc-Aurèle et Lucius Verus. Là 
serait le point de départ d'une méprise qui aurait transformé ce dernieren 
un roi des Bretons (p. 144-145). Nous ne croyons pas que cette accumu- 
lation d'hypothèses en l'air puisse convaincre personne en dehors deM.Z. 
Au reste ce passage de Nennius est déjà dans le Liber Pontificalis (éd. 
Duchesne, i, p. 58^ 136) ; et la série de raisonnements par lesquels M. Z. 
entend (p. 142-154) que ce passage y ait été inséré non vers 530, conmie 
le croit l'abbé Duchesne, mais entre 681 et 686, répose visiblement sur 
une opinion préconçue ^ 

P. 171-178 et 341-342, l'auteur déploie une subtilité extraordinaire 
pour prouver que les personnages appelés G/opï, Bonus, Paul et Mou- 
ron^ dans une généalogie du § 49, sont des êtres réels ayant vécu an 
VIII' siècle. Par reconnaissance (?) Nennius aurait fait d'eux des ancêtres 
du roi Fernmail. Je ne crois pas que personne soit convaincu par la lec- 
ture de ce chapitre. On y trouve au reste des remarques excellentes (sur 
l'étymologie de Gloucester, etc.), mais noyées dans des hypothèses sans 
la moindre consistance. Naturellement plus la thèse est aventurée plus 
l'auteur s'acharne à la présenter comme une vérité incontesta.ble. 

M. Z. est possédé, comme on sait, de la manie de voir des Vikings 
partout. Sous l'empire de cette obsession, il lui est arrivé de f^ire des dé- 
couvertes intéressantes. Mais à côté, que de chutes! Le fait de folklore 
le plus banal devient à ses yeux une preuve de l'influence des Scandi- 
naves sur les Irlandais. Cette idée fixe a encore trouvé occasion de se 
produire ici, au § 13, qui raconte, d'après une source irlandaise, l'arrivée 
mythique des diverses races qui ont peuplé l'Irlande. On voit les fils de 
Mile arriver par mer devant une tour merveilleuse: (( Conspiciunt turrim 
» vitream in medio mari et homines conspiciebant super turrim ; quœre- 
» bant loqui adillos, et nunquam respondebant. )) Ils assiègent un an la 
tour et sont engloutis à l'exception d'une barque. Il n'est pas besoin d'être 
grand clerc en mjrthologie comparée pour voir du premier coup que la 
tour de verre symbolise le pays d'outre-tombe et que ses habitants qui ne 
peuvent parler, sont les morts. Cela est élémentaire. 

Eh bien, croira-t-on que M. Z. a encore introduit là les Vikings? Il a 
cherché à ce récit un fondement historique, et naturellement il l'a 

1. Un article tout récent de M. Mommsen, Die Historia Brittonum und Kônig 
Lucius oon Britannien (Neues Archio,, ld93, Heft ii,p. 285-293), signale un manus- 
crit du ix-x* siècle de V Historia Brittonum qui se trouve à Chartres et ne renferme 
pas Je passage sur le roi Lucius. L'hypothèse de M. Z. bien loin de trouver une 
oonârmation dans ce Mémoàre en reçoit au conimre \xïieç»Ne^>XfcV[i\fe. 



- 29 - 

trouvé (on trouve toujours ces choses-là) : « C'est une réminiscence de 
la flotte des Vikings à l'île de Tory, en 617-620. » [P. 223.] On a peine 
à garder son sérieux devant un évhémérisme aussi intrépide. 

P. 198 et suiv., étude approfondie des dates données pour l'arrivée des 
Saxons en Bretagne. M. Z. ignore l'article de M. de la Borderie, La date 
de la naissance de Gildas, qui démontre que Bède.a cru à la date de 449. 
(Voy. Revue celtique^ t. vi, p. 1-13.) Au reste, ces discussions importent 
peu. Il est inutile de chercher la date unique de l'arrivée des Saxons, 
attendu qu'elle n'existe pas. Les pirates du Nord n'ont cessé d'infester la 
Bretagne depuis le iv® siècle, et les prétendus renseignements sur ces 
invasions, aussi bien du côté saxon que du côté breton, n'ont aucune 
valeur. Les noms des rois envahisseurs ne sont même souvent que des 
fabrications étymologiques. D'un nom de ville on a tiré le nom du soi- 
disant fondateur : Cerdic, qui est censé débarquer en 495 et fonder le 
Wessex, doit son nom au nom du lieu indigène Cerdices-Ora (rivage de 
Caradoc?). De même, Popt qui vient sur deux vaisseaux fonder Ports- 
mouth, a été inventé pour expliquer l'origine de cette ville, qui naturel- 
lement dérive du latin portus. De même Kymen et Cissa, fils d'iEUa, le 
soi-disant créateur du Sussex, sont pour expliquer Kymenes ora et 
Cisseanceaster (Chichester). Il y a mieux : Wihtgar, le conquérant de 
l'île de Wight, enseveli à Wihtgarashyrig (Caiisbrooke), doit son exis- 
tence à un contresens. Le fabricateur inintelligent n'a pas compris que 
ce dernier mot signifiait « bourg (hyrig) des hommes (gara) de Wight 
(Wiht) » et a traduit « tombeau de Wihtgar », ce qui Ta amené à inven- 
ter cet envahisseur imaginaire. (Voyez le livre si solide et si suggestif, 
sous une forme modeste, de M. Grant- Allen, Anglo- Saxon Britain, 
London, 1891, p. 27etss.) On comprendra donc qu'il importe peu de 
discuter les dates et les généalogies de Bède et de la Chronique Anglo- 
Saxonne. La conséquence c'est que l'émigration bretonne en Armorique 
doit être plus ancienne qu'on ne l'imagine et que la date fatidique de 449 
ne fournit pas de point de repère assuré. L'émigration a sans doute com- 
mencé au lendemain du retrait des légions. Cela explique, soit dit en 
passant, la présence d'un évoque des Bretons du continent au concile de 
Tours dès l'année 461. 

M. Z. en veut mortellement à saint Patrick, dont il a juré la destruction. 
Que les moines d'Armagh aient exagéré son rôle, et même fabriqué des 
pièces pour établir la primatie de cet archevêché, c'est possible et même 
probable, mais nous dire (p. 150), que le nom de Patrice a été fabriqué et 
qu'il n'a pu exister en irlandais avant le vu® siècle, c^est soutenir une 
thèse absolument inadmissible. La seule raison donnée par M. Z., c'est 
que si le Breton Sucat avait déjà porté au v® siècle, le surnom de Patrice, 
ce mot latin aurait été Pathraich, selon une loi de la phonétique irlan- 
daise. Donc, le nom de Patrice est une fabrication savante. Voilà une 
affirmation bien audacieuse. D'abord la forme Patraicc se rencontre dans 
les textes moyens irlandais, à partir du xi« sifecVe, ?)'\ o^ Xtqxxn^ Palrx^iti 
en vieil irlandais, rest que la loi d'harraonisalÀow \oe^\c\w^ ^^ci^]t^^w^^ 



^^B qui a. changé 
^^^ première syll 



■ ^0 - 



I qui a. changé en ai l'i de la deuiiième syllabe (sous l'influence de l'a de la 
première syllabe) et transformé, par exemple, maihir a naère », en ma- 
ihair, n'existait pas encore. Cette transformation eut lieu, semble-t-il, au 
cours du x" siècle, peut être du ix*. Rien absolument, n'autorise M. Z, à 
la faire remonter au v* siècle. Il invoque un exemple, un seul. Auxiliux, 
compagnon de Suçai, est devenu Aussaile. M. Z. n'a pas vu qu'il y 
avait là un de ces faits d'étymologie populaire sur lesquels M. H. Gaidoz 
a récemment appelé l'attenlion en ce qui concerne l'irlandais [voy, Zeii- 
achrijï /ûr oergleichende Sprach/orschung, de E. Kuhn et J. Schmidt, 
t. xxxn, p. 310-319). Auxilius est devenu Aussaile sous l'influence ana- 
logique de l'irlandais aile « autre m. — Si M. Z. n'a pas d'autre argument 
contre Patrick je crois que les Irlandais n'ont point à trembler pour l'exis- 
tence de leur saint national. 

Nous nous sommes laissé entraîner un peu loin dans toutes ces cri- 
tiques. L'ouvrage en appellerait bien d'autres, — en raison môme de son 
intérêt, — il est temps de conclure en examinant la valeur de l'œuvre de 
Nennius. Au point de vue purement historique, elle est des plus minces 
et la partie formant ce qu'on appelle particulièrement VHisioria Britlo- 
num [§ 7-56) n'en a absolument aucune. Au point de vue de l'histoire 
littéraire gallois et français et du cycle arthurien en particulier, l'reuvre 
est au contraire très précieuse. Le § 56 est le plus ancien texte qui nous 
renseigne sur Arthur combattant les Saxons «cum regibus Brittonum,sed 
ipse dux erat bellorum ». Dans la section intitulée De mirabiUbus Bri- 
ianniœ [§ 73) on parle d'une fontaine merveilleuse appelée Licat Anir du 
nom d'un fils du chevalier (sic militis) Arthur, et on fait allusion à ses 
chasses quando venatus est porcum Troynt. On se rappelle aussitôt la 
chasse du porc Trwyth, qui occupe tant de place dans le Mabinogi de 
Kulkwck et Olwen (voy. trad. J. Loth, i, p. 252-380). 

La langue des Mabinogion nous reporte à la fin du xii* siècle. Le grand 
intérêt du livre de M. Z. est de nous montrer l'existence des traditions 
arthuriennes en Galles dès le vin' siècle (puisque l'œuvre de Nennius 
est de 796). M. Z. nous prouve en outre que ce nom d'Arthur était connu 
dans le toute la Grande-Bretagne au vu' siècle depuis la Cornouailles 
jusqu'à l'Ecosse (p. 283-385). Il montre de plus avec beaucoup de finesse 
(p. 285-286) que le silence deOildas exploité contre l'existence d'An hur, 
ne signifie rien ; l'œuvrede Gildas est une mercurialeà ses contemporains 
et non une chronique. Il nomme les rois qu'il poursuit plus parliculièro- 
menl de sa haine. Il n'avait nulle raison de mentionner Arthur, qui ii'éuit 
pas roi, et que les plusanciens textes (Nennius, §§56-73} désignentcomme 

^ dux bellorum ou même simple chevalier (mt/es). Il est tout à fait vraisem- 
blable qu'Arthur a existé et qu'il a été undes successeurs du conip«/i(on> 
êoxonici de l'organisation romaine. M. Z. ne fait pas difficulté d'admettre 
(p. 284-289) que les sources de Nennius sur Arthur sont des traditions 
galloises'. Eh bien, parune inconséquenccdesplus bizarres, le mi}meérudit 



- 31 - 

qui vient de faire un gros livre pour mettre ce fait en lumière, car c'est 
l'unique intérêt du livre, en conclut que Geoffroy de Monmouth a composé 
son Historia regum Brittanniœ d'après les fables des Bretons armori- 
cains, recueillies pendant son séjour en Normandie (jusqu'en 1128). Il 
n'y a pas une preuve sérieuse à l'appui. Grvffuddab Arthur, plus connu 
sous le nom de Geoffroy de Monmouth, est Gallois, il a utilisé l'œuvre 
de Nennius, comme le démontre M. Z. lui-même, enfin il existe des 
traditions galloises sur Arthur, toujours de l'aveu du même savant. La 
conclusion c'est que Geoffroy a utilisé des matériaux fournis par les 
Bretons armoricains. Tout cela n'est pas sérieux. M. Z. ne serait pas 
arrivé à ce résultat paradoxal s'il ne s'était entiché de l'idée que l'origine 
des fables arthuriennes de la littérature française est exclusivement 
armoricaine et nullement galloise. Poussée ainsi à l'extrême cette thèse 
ne tient pas debout, et M. J. Loth a réfuté un à un les arguments, ou 
soi-disant tels, de M. Z. (voy. Revue celtique, 1892, p. 475-503), mais 
le savant professeur de Greifswald semble avoir emprunté à nos Bretons 
un de leurs défauts nationaux. Décidément pour étudier ces délicats 
problèmes d'histoire littéraire l'érudition ne suffit pas à elle seule, il faut 
encore quelque autre chose. 

Répétons que le livre de M. Z. est, comme toutes les publications de ce 
savant, une étude fouillée, consciencieuse^ paradoxale souvent, mais 
avant tout suggestive. Je n'en saurais faire de plus bel éloge. 

Ferdinand Lot. 

P.- S. — Dans un article récent, Ein weiteres irisches Zeugniss fur 
Nennius als autor der Historia Brittonum (Neues Archiv fur altère 
deutsche Geschichtskunde, t. xix, 1893, p. 436-443), M. Z. s'efforce de 
montrer que l'œuvre de Nennius a été connue et utilisée par l'évêque roi 
irlandais de Munster, Cormac (mort en 903). 

Le raisonnement de M. Z. peut se résumer ainsi : Keating, historien 
irlandais du xvii® siècle, qui s'est servi de sources anciennes en grande 
partie perdues aujourd'hui, cite deux passages de Nennius qu'il prétend 
avoir été insérés dans le Saltair CatsiZ (Psautier de Cashel). De l'ouvrage 
on n'a conservé qu'un débris, mais on peut établir qu'il a été composé 
entre 1002 et 1014. D'après certaines allusions on peut croire que ce 
Saltair Caisil a utilisé une histoire de l'Irlande composée par Cormac et 
aujourd'hui perdue. Nennius seraitune des sources de ce dernier ouvrage. 
Tout cela est très hypothétique et l'auteur ne donne cette série de rai- 
sonnements que comme vraisemblable. F. L. 

avant le xi* siècle. M. Zimmer apprécie justement cette thèse en disant (p. 285) 
qu'elle prouve que « l'auteur n'a aucune idée des choses dont il parie ». Mais 
M. Pûtz a eu le mérite de discuter Tauthenticité des chartes de Tabbaye de 
Landaff où figure le nom d'Arthur; et c'est un travail que M. Z. a eu le tort de 
négliger. 



- 32 - 

Enrico Mestica. — La Psicologia nella Divina Commedia. — 

Firenze, R. Bemporad e figlio, 1893, in-S®, xlvi-147 p. 

On ne trouvera pas dans ce petit livre, comme le titre pourrait peut- 
être le laisser supposer, une étude sur la peinture des passions et l'analyse 
des caractères chez Dante, mais bien Texamen des théories du grand 
poète sur Thomme et la nature humaine, sur Tâme, son essence et 
ses diverses facultés, telles qu'elles sont exprimées en termes tantôt 
explicites, tantôt plus ou moins voilés, dans la. Divine Comédie. M. Mes- 
tica a groupé habilement et relié par un commentaire assez substantiel 
les divers passages du Purgatoire et du Paradis, — dans V Enfer ces 
grands problèmes sont à peine touchés, — d'où se dégagent ces doctrines ; 
souvent Tauteur a dû recourir au Conoioio^ où la philosophie dantesque 
a reçu une expression plus précise et plus complète sur certains points 
que dans la Comédie. Les chapitres consacrés au sens commun et à 
l'imagination, à Tintellect, à la volonté et à la libert(S d'après Dante, 
nous ont paru les plus intéressants. La conclusion qui ressort presque 
de chaque page du volume, c'est la conformité presque constante des 
doctrines dantesques et des doctrines thomistes. 

Assurément, ce n'est pas aujourd'hui que l'on a remaniué pour la pre- 
mière fois les étroits rapports qui existent entre Dante et saint Thomas 
d'Aquin, et Ton sait que, depuis cinquante ans, la philosophie de Dante 
a été l'objet d'études approfondies et nombreuses ; il suffira de citer les 
noms d'Ozanam,de Simonetti, d'Asson.de Conti, auxquels M. M. rend 
d'ailleurs pleine justice. Mais si, en certaines parties, l'étude de M. M. 
n'est pas tout à fait neuve, elle a du moins le mérite de la clarté et est 
d'une bonne ordonnance. C'est là sans doute ce qui a valu à l'auteur la 
distinction dont il a été honoré par l'Académie de la Crusca ; son travail 
a été couronné dans le concours Rezzi. 

M. M. a fait précéder son étude d'une introduction bibliographiciuc ; 
il y passe en revue les différents commentaires composés sur la Divine 
Comédie depuis le XIV" siècle, et les examine principalement au point 
de vue de l'interprétation des doctrines philosophiques de Dante. Les 
observations judicieuses ne manquent pas dans ces quelques pages ; 
mais on pourra s'étonner de voir que certains textes, comme les Capitoli 
de Bosone da Gubbio, ne soient pas cités d'après des éditions plus ré- 
centes et plus scientifiques ; on regrettera aussi de ne trouver, à propos 
de Graziolo de Bambaglioli, aucune mention de l'importante publication 
de M. Fiammazzo. // commenta più antico e la pin antica versione, 
etc., delta Divina Commedia (1892). 

L. AUVRAY. 

L. SuDRE. — Les Sources du Roman de Renart. — Paris, Bouillon, 

1893, in-8^ viii-356 p. 

Après M. Jeanroy et ses Origines de la Poésie lyrique, voici M. Sudre 
avec les Sources du Roman de Renart. Presque au même moment 



- 33 - 

paraissaient Les Fabliaux de M. Bédier. Il semble qu'une tradition est 
en train de s'établir pour le doctorat parmi les élèves de M. Gaston Paris. 
Chacun prend à tâche de traiter à nouveau, en un livre à la fois savant 
et écrit, tout un chapitre de l'histoire littéraire française du moyen âge. 
On se rappelle avec quel retentissant succès M. Jeanroy a commencé la 
série. L'histoire de la poésie lyrique, si longtemps négligée, s'est trouvée 
du coup complètement renouvelée. Aujourd'hui M. Sudre vient prendre 
dignement rang à côté de lui. Son livre n'aura pas une moindre portée. 
On sait quels étaient sur cette question les deux^ grands systèmes en 
présence jusqu'à aujourd'hui. Les uns y voyaient à la suite de J. Grimm 
la manifestation la plus importante de ce fameux « Thierepos germanique » 
qui semble bien aujourd'hui complètement discrédité. C'est là un de ces 
clichés d'histoire littéraire dont la clarté et la précision apparentes, 
s'ajoutant en Allemagne à des préoccupations patriotiques, ont fait le 
succès encore tenace dans les manuels d'Outre-Rhin. Paulin Paris contribua 
puissamment à ruiner cette théorie. Il vit l'origine première de ce groupe 
de récits dans la transmission monacale des fables ésopiques. Il y avait 
là un facteur très réel dont il lui fut facile de démontrer l'existence. 
C'était un point désormais acquis, mais qui malheureusement ne pouvait 
arriver à tout expliquer. Entre temps, toute une branche d'études nouvelles 
avait été créée par l'exploration méthodique des traditions populaires. Le 
folklore, cette sorte d'archéologie intellectuelle, était appelé à renouveler 
cette question comme tant d'autres en histoire littéraire et en mythologie, 
de même que sa congénère, l'archéologie proprement dite, avait trans- 
formé entre autres l'histoire de l'art. Avec le livre de M. Sudre il a 
conquis droit de bourgeoisie en Sorbonne. A ce point de vue également 
on peut dire qu'il constitue une date. Là se trouve donc le point de 
départ de M. Sudre. Pour lui, l'ensemble de récits qui forme le Renart 
n'est pas l'apanage d'un peuple unique, ce n'est pas non plus exclusi- 
vement le résultat d'une transmission savante popularisée : « l'épopée 
du goupil et du loup est sortie de la foule et non des livres (p. vu.). » 
Cette idée avait déjà été exposée par M. Gaston Paris. M. Sudre la 
reprend, la développe, l'applique d'une façon critique à tous les thèmes 
de contes renfermés dans le Roman de Renari et conclut dans ce sens 
d'une façon plus absolue encore que l'éminent maître auquel son livre 
est dédié. Les recueils d'apologues indiens, grecs et latins, au lieu 
d'apparaître comme des sources, ne sont plus que des débris sous forme 
littéraire de l'immense amas de contes populaires d animaux existant à 
ces époques reculées. Il en est de même pour le Roman de Renart en ce 
qui concerne le moyen âge. M. S. ne nie pas cependant absolument l'in- 
flnence des récits ésopiques. Son livre a pour but de faire le départ entre 
l'apport écrit et la transmission purement orale dans la constitution de la 
grande épopée animale. Dans cette tradition populaire elle-même il arrive 
à distinguer plusieurs courants. Si certains contes semblent bien autoch- 
tonesou arrivés de l'Orient, d'autres sont incontestablementvenusdunord 
de l'Europe (voir, par exemple, cette jolie dissertatioïv c\vx\ ^ ^wix n\\x^\^ 



— 34 — 

Pèche à la queue). Ces sources multiples se sont mélangées, les dispa- 
rates ont été plos on moins adroitement écartés, des thèmes se sont 
fusionnés, des personnages ont été substitués à d'autres moins connus. 
Un ensemble nouveau s'est trouvé constitué; des chaînes de contes se 
sont formées et ont été répétées d'une manière invariable. La forme des 
récits elle-même a été appropriée à l'époque pour arriver enfin à l'état 
littéraire. D'une main adroite et sûre, M. S. fait sauter toute cette gangue 
qui enveloppe le fonds primitif. S'armant de tel détail ancien conservé 
atrophié dans Tun ou l'autre récit et s'aidant de la comparaison avec 
tous les recueils actuels de contes, M. S. remonte jusqu'au ûième primitif 
et populaire qui a donné naissance à chaque branche du poème et le 
plus souvent peut nous en indiquer l'exacte provenance. 

Une des premières et évidentes conséquences de ce système est 
d'aboutir à la négation de toute intention satirique dans la partie ancienne 
de Tceuvre. Ainsi se trouve ruinée une des opinions les plus chères à la 
critique littéraire pure. Parallèle à cette autre idée littéraire qui voit 
dans le théâtre une école des mœurs, elle n'est vraie comme elle, et en 
partie seulement, qu'appliquée aune phase postérieure du développement 
du genre. Ici on se contente du plaisir de conter pour conter, là on veut 
simplement voir des événements dont on connaît d'ailleurs fort bien le 
récit. 

La thèse de M. S. ne rencontrera pas, croyons-nous, de bien vives 
contradictions. On ne pourra qu'applaudir également à cette série de 
petites dissertations si lumineusement conduites. On pourra peut-être 
parfois discuter sur une question de plus ou de moins. Tel conte donné, 
le Renard dans le Puits, par exemple, ne paraîtra pas à tout le monde 
aussi sûrement affranchi de tout souvenir ésopique. La publication de 
versions nouvelles viendra peut-être déplacer l'aire d'orientation de tel 
autre. Mais dans-ses lignes générales la thèse fondamentale est démontrée 
point par point et désormais acquise à la science. 

J. Simon. 

SuDRB (Léopold). — Publii Ovidii Nasonis Metamorphoseon libres 
quomodo nostrates medii eevi poêtœ imitati interpretatique 
sint. - Paris, Bouillon, MDCCCXClll, in-8^ 117 p. 

On sait de quelle admiration, de quelle vénération même et de quel 
culte Virgile a été l'objet pendanttoute la durée dumoyen âge; Ovide n'a 
pas été moins connu, ni moins imité, surtout l'Ovide de VArt d'Aimer, 
du Remède d* Amour, des Heroïdes et des Métamorphoses. Celte 
influence d'Ovide sur la poésie du moyen âge avait déjà été étudiée, en 
particulier par M. Gaston Paris {Histoire littéraire de la France, t. xxix, 
p. 455-5*^5) ; M. Sudre a repris le sujet, mais en s'occupant uniquement 
des Métamorphoses, et ious adonné ainsi un livre fort intéressant, tout 
plein d'idées générales excellentes, très habilement mises en lumière, et 
/i 'éludes de détail finement conduites. 



— SS- 
II a expliqué, on ne peut mieux, ce me semble, la cause pour laquelle 
nos vieux poètes se sont attachés au poète des Métamorphoses: entre eux 
et lui, il y a une réelle parenté; ce sont vraiment des esprits d'une 
même nature. Virgile était trop éloigné d'eux par la sublimité des 
pensées et du style; ils le regardaient comme un Dieu, ils ne pouvaient 
songer à devenir ses disciples ; il en allait toui autrement d'Ovide ; ses 
développements abondants, la simplicité des sujets qu'il traite, le rendaient 
plus apte à être compris de nos écrivains ; les réflexions dont il aime à 
semer ses écrits, et qui le plus souvent sont tout à fait étrangères au sujet 
et même déplacées, n'était pas pour leur déplaire, à eux dont le plus grand 
défaut a certainement été la prolixité. Sa dialectique fine et subtile, sa 
langue plus appropriée aux discussions philosophiques qu'à la poésie, 
devaient également plaire à ces écrivains qui dès leur enfance avaient été 
habitués aux exercices de la scolastique. 

Il est à noter également, remarque M. Sudre, que c'est surtout à partir 
du XII* siècle que se multiplient les imitateurs d'Ovide ; à dater de cette 
époque en effet, sous l'influence de Chrétien de Troyes, apparaît une 
littérature plus élégante, plus raffinée même ; à la poésie de l'âge précé- 
dent, grossière, dépourvue d'ornements et de recherche, en succède une 
autre, moins rude, travaillée avec un soin extrême, que seules des oreilles 
fines et exercées pouvaient comprendre et goûter, et dans laquelle les 
poètes cherchaient bien moins à émouvoir leurs auditeurs qu'à les 
charmer ; ils recherchent avant tout les peintures brillantes, les pensées 
délicates et fines : aussi leur modèle favori a-t-il été Ovide. 

Du reste, leur imitation a souvent été une véritable transformation ; ils 
n'ont point cherché à conserver la « couleur locale » que le poète latin 
avait pu mettre dans ses vers. C'est u^e règle en effet adoptée par nos 
vieux poètes, qu'en imitant les anciens, ils les adaptent pour ainsi dire aux 
mœurs et aux idées de leur temps. C'est ce que fait par exemple Benoît de 
Sainte-More, non seulement quand il s'inspire d'Ovide, mais encore lors- 
qu'il suit Virgile dans son roman d^Énée, ou Stace dans son roman dé 
Thèbes : ces héros de l'antiquité qu'il met en scène nous apparaissent 
absolument semblables aux compagnons du noble roi Arthur. 

Ce que les poètes du moyen âge ont surtout imité dans les Métamor- 
phoses, ce sont les histoires d'amour. M. Sudre passe en revue plusieurs 
thèmes empruntés par eux à Ovide, et les compare minutieusement à 
l'original. C'est d'abord l'histoire de Jason et de Médée dans le roman 
de Troie de Benoît de Sainte-More, où non seulement l'auteur suit 
de très près le récit des Métamorphoses, mais oii souvent même il le 
traduit mot à mot ; puis le poème de Chrétien de Troyes, (( la romance de 
la huppe et de l'aronde et du rossignol ». Guillaume de Lorris et Jean de 
Meun, eux aussi, empruntent beaucoup diux Métamorphoses ; de même 
Robert.de Blois, qui emprunta à Ovide son récit des aventures de 
Narcisse et de Pygmalion, et Jean Malkaramme, poète lorrain^ qui 
composa au xiii* siècle une histoire de Pr/rameetlà plaça dans sa traduc- 
tion de la Bible, Guillaume de Machaut, qui inséTaY\\\ç»\Qvt^ ^Ç^\^\\^fc. 



- 36- 

dans son Confort éCami. L'influence d'Ovide enGn se fait sentir à chaque 
instant dans les lais et les romans de cette époque ; M. Sudre cite à ce 
propos un exemple curieux de lai Orphée écrit en anglais, mais imité d'un 
modèle français aujourd'hui perdu ; il termine son livre par un chapitre 
sur l'Ooi^e moralisé^ immense poème composé au xrv^ siècle, comprenant 
près de 70,000 vers, écrit à à la demande de la reine Jeanne de France, 
femme de Philippe le Bel. Non seulement le poète traduit Ovide, mais 
il voit dans les légendes des Métamorphoses des allégories dont il donne 
l'interprétation au triple point de vue historique, moral et tbéologique. 
M. Sudre attribue le poème en question à Chrétien Legouais sur lequel, 
ajoute-t-il, nous n'avons que fort peu de renseignements. Il est à regretter, 
à ce propos, qu'il n^ait pas connu plus tôt un texte d'après lequel M. Antoine 
Thomas (Romaniay t. xxii, p. 271), a été amené à rayer ce nom de notre 
histoire littéraire. 

Le travail de M. Sudre est, je l'ai dit déjà, fort soigné, mais il n'est 
en somme qu'une partie d'un livre plus étendu, où il faudrait étudier 
l'influence d'Ovide tout entier et non plus seulement de l'Ovide des 
Métamorphoses sur la littérature du moyen âge. Le sujet est fort vaste 
sans doute ; je ne désespère pas cependant que, continuant des recherches 
que jusqu'ici il a si bien menées, M. Sudre ne se décide à nous le donner 
quelque jour. 

Gaston Rousselle. 

Giuseppe Paolucci. — L'Origine dei comuni di Milano edi Roma 
(SecoloXIeXn). — Palermo-Torino, C. Clausen, in-8^ vi-201 p. 

Les origines des deux communes de Milan et de Rome ont déjà fait 
l'objet d'un certain nombre d'études ; c'est un des grands sujets qu'il 
importe le plus de connaître pour pénétrer la vie intime des républiques 
italiennes au moyen âge. Et pourtant, selon la remarque même de 
M. Paolucci, tous ces travaux ne sont guère satisfaisants, parce que les 
auteurs se sont laissé guider par des idées préconçues et parce qu'ils 
ont considéré la question à un point de vue trop général pour Tembrasser 
dans les détails les plus divers. Aussi le présent ouvrage n*a pas eu pour 
but de s'occuper, comme les précédents, des théories d'ensemble sur 
l'origine des communes ; il s'est borné à déterminer le caractère et le 
développement des institutions des deux principales ciiés de la Lom- 
bardie et du Latium, où des faits peu connus avaient contribué à les 
obscurcir. Sans aller plus loin, on peut affirmer que M. Paolucci a 
réussi dans son projet et que son étude consciencieusement faite contri- 
buera beaucoup à élucider ces questions si complexes de Torigine des 
communes italiennes. 

Jusqu'à l'avènement d'Aribert d'intimiano (1018), les archevêques 

avaient entre leurs mains le gouvernement de la ville de Milan ; mais 

J'excés de leur puissance devint la cause de leur affaiblissement. Aribert, 

^ran^ entré en lutte avec ses arrière-vassauy , k c\u\ \\ ^^ii\a\X\^ ^^\\.^^ 



— 37 — 

transmettre leurs fiefs par héritage, se vît chasser de la ville. Les nobles, 
vainqueurs, exercèrent de leur côté un pouvoir tyrannique sur les 
bourgeois et les artisans, qui, à leur tour, se soulevèrent et entre- 
prirent une guerre de trois années contre leurs oppresseurs (1042-1045). Il 
ne fallut rien moins que la menace de l'intervention d'Henri III pour 
amener une trêve qui ne fut pas toute favorable aux nobles. Je n'ai pas 
à suivre M. Paolucci dans le récit des émeutes successives de ce que 
l'on peut appeler le Tiers-État milanais, contre l'archevêque et ses vas- 
saux directs, d'une part, contre les autres nobles d'une condition in- 
férieure, arrière-vassaux de l'archevêque, d'autre part. Il a sufB d'in- 
diquer l'état des partis au commencement d'une guerre qui dura plus de 
soixante ans. 

La querelle des Investitures, si terrible en Italie, la formation des 
partis guelfe et gibelin, ne contribuèrent pas dans une médiocre mesure 
à attiser les rivalités et les dissensions intestines ; cependant, il arriva 
que le Tiers-État milanais, ayant réussi à s'adjoindre le peuple des cam- 
pagnes voisines, finit par triompher et par prendre une part tout à fait 
prépondérante dans le gouvernement des affaires. Mais il fut encore 
longtemps à avoir d'une façon stable des représentants légaux et à se 
constituer en commune proprement dite. La première fois que ces repré- 
sentants apparaissent avec un caractère bien déterminé, c'est lorsque 
l'archevêque Grossolano se vit accusé de simonie et demanda le juge- 
ment de Dieu : ici l'on vit agir les viri in concione electi, autrement dits 
reipuhlicœ ministri (1103). L'archevêque ayant été obligé de fuir et de 
soutenir la lutte contre un compétiteur, le gouvernement de la commune 
ne fit que s'aflSrmer de plus en plus. En 1117, les consuls n'étaient plus 
seulement chargés d'une mission particulière comme en 1103 ; ils avaient 
à administrer, à rendre justice et à veiller aux intérêts de tous. L'arche- 
vêque se vit dans un état d'infériorité et dut jurer en 1128 de ne jamais 
chercher à diminuer les privilèges de la ville. En même temps, la com- 
mune à elle seule reconnaissait comme roi d'Italie Conrad de Souabe, 
révolté contre l'empereur Lothaire IL Quelle différence avec l'époque où 
Aribert prenait sur lui de remettre la ville entre les mains de Conrad le 
Salique ! 

Les origines de la commune de Rome sont exposées d'une façon aussi 
nette et aussi intéressante que celles de la commune de Milan. On 
pourrait peut-être trouver quelques longueurs et quelques hors-d'œuvre 
dans les pages où l'auteur raconte la vie et la doctrine d'Abeilard et 
la vie de son fameux disciple Arnaud de Brescia. Le rôle joué par 
Arnaud de Brescia est aussi le côté le plus caractéristique des révo-^ 
lutions qui ont donné des institutions municipales à la Ville éternelle. 
Rome était la victime des nobles qui s'en disputaient la possession ; les 
papes, qui soulevaient l'Occident pour jeter des millions d'hommes contre 
l'Arabe de l'Orient, étaient réduits ou à menet \xw^ V\è ^^^-îîcc^fc '^xi.V^'îsJ^- 
puyer sur une faction pour rentrer danslevit ^a\3À'à.'S>\x:tV\^\i\. Kx.w?ccà.^^ 
Brescia, dont raustévité do vie et l'éloquence âi^ \^wç,^%<i^N^^e^^•^^^^ 



peuple, et qui proclame les principes de la séparation du temporel et du 
spirituel, de l'Eglise et de l'Étal, eomine on dirait aujourd'hui. A l'em- 
pereur, dit-il, de décider tout ce qui touche à dos intérêts temporels ; mais 
en même temps c'est au Sénat romain qu'il appartient de nommer 
l'empereur. Il y a là des concepts absolus qui ne réussissent pas à s'im- 
poser alors, mais qui firent leur chemin et dont on retrouvera la trace 
plus tard en bien des circonstances. 

Il n'est pas besoin d'entrer dans le détail des luttes intermin.ibles sou- 
tenues par le Sénat romain reconstitué par Arnaud de Brescia contre les 
papes et les empereurs ; il est seulement essentiel d'indiquer ici le trait le 
plus saillant de ces révolutions: cet essai, sur des données fausses, de 
rétablissement de l'ancien Sénat romain, maître absolu du monde, su* 
périeur en particulier aux empereurs. Seulement ces sénateurs, au lieu 
d'être les représentants du peuple, se recrutaient en réalité dans la petite 
noblesse (nobillà minore), par opposition à la grande noblesse, dont les 
chefs, amis ou ennemis du pape, étaient en guerre perpétuelle. 

Les quelques détails donnés ici indiquent assez le puissant attrait 
du livre de M. Paolucci: j'ai déjà dit qu'il avait étudié sérieusement 
les faits et qu'il avait été assez heureux pour en dégager les grandes 
lignes et en déduire toute la philosophie. J'ajouterai encore qu'il fait en 
plusieurs endroits preuve d'une critique exercée et qu'il a bien souvent 
raison contre des devanciers qui se sont mépris sur les origiaes. Cepen- 
dant il est incomplet, en ce sens qu'il ne détermine pas d'une façon bien 
précise l'organisation des difiérents pouvoirs ; son récit ne comprend 
guère que l'énumération des faits et ne laisse pas assez de place aux ins- 
titutions : c'est là un défaut assez grave, étant donné le plan de l'ouvrage. 
L.-H. Labande. 



CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE 



La soutenance des tbâses de l'École des Cbari«s a ei 
parmi ces thèses, nous sigaalerons à nos lecteurs le; 
moyen âge : 

J. ChavanoQ. Renaud VI. sire de Pons, lieutenant rlti roi en Poitou, Saintonge 
et Angoumois. confcrcaleur des Tréces de Guyenne 11348 r-14S?) ; A. DMOOjer, 
Un conseiller de Charles vni, Guillaume Briçonnel (1445-1514]: O. Join-l^m- 
berl, Élude sur Varchitenture religieuse aux XI' et XII' sièrles dans l'ancien 
iliorége de Meauie ; i, Lemoine, Les préliminaires du règne de Jean IV, iluc de 
Bretagne [1338-1362] ; L. Mirol, Essai' sur la crise ^Kanciére de 1380-1383: 
M. Prinel, Étude historique sur l'industrie du sel en Franche-Comti : H. Vaulier, 
lîïavï M /i'f/j/ du tacltiags de Caen aoua la domination anglaise (14t7'1450) : 
. :^?*«'* VWepelet, ffiatùire do Perigaeaai ot de ses instttultou nunnioipalM iu*- 



- 39 - 

Le Moyen Age publiera prochainement un article où M. Marignan fera ressortir 
rimportance des travaux du baron de Baye relatifs à Torfèvrerie barbare. Signalons 
de suite à nos lecteurs le Mémoire que M. de Baye vient de consacrer à une châsse 
de la àathédrale d'Astorga, province de Léon (Paris, Nilsson, 1894, in-4o). Il s'agit 
d'un monument d'orfèvrerie daté, car il porte le nom d'Alphonse III, roi des Astu- 
ries, qui régna de 866 à 910. Ce qui rend ce monument particulièrement remar- 
quable, c^est son ornementation en verroteries cloisonnées. Ce Mémoire est 
accompagné de trois planches en phototypie. 



PÉRIODIQUES 



AUTRICHE. — Histoire et Archéologie (1892). 

ArchiT lûr ôsterreichische Geschichte, vol. LXXVIII (1892), fasc. 1. — 
P. 41-97. J. Loserth, Das Granum catalogi prœsulum Moraoiœ. Description du 
manuscrit du chapitre d'Olmûtz et édition de cette chronique, compilation écrite 
dans les premiers temps des guerres des Hussites (cca. 1421). 

Berichte und Mittheilungen des Alterthuxn-Vereines zu Wien, 
vol. XXVIII (1892). — P. 15-26. W. Bœheim, Die Kriegsausrûstung in den 
Stâdten und festen Plàtzen in Niederôsterreich und im westlichen Ungarn unter 
Kaiser Maximilian I.MsL^similien V exigeait des arsenaux dans les villes considé- 
rables de ses pays et équipait aussi les municipes et les châteaux. Le matériel 
prêté était consigné dans des inventaires nommés Zeughûcher. Publication d'un 
de ces inventaires commencé vers Tan 1500 (ms. de la Bibliothèque impériale de 
Vienne), la partie relative à la Basse-Au triche et à la Hongrie occidentale.— P. 27-48. 
K. Uhlirz, Der Wiener Bûrger Wehr und Waff'en (1426-1618). Suite. Extraits des 
anciens comptes de la ville de Vienne sur l'armement. — P. 49-77. W. Bœheim, 
Scheuchenstein Hisiorisch u. archeologisch geschildert, mit Zeichnungen oon 
RicJiaM Jordan, Histoire du château Scheuchenstein, maintenant ruiné, et des 
familles qui Tout possédé ; description de l'église encore existante, édifiée du 
xiii« au xv« siècle, originairement de style roman, mais qui a été modifiée à quatre 
époques différentes. Vignettes. — P. 78-89. W. Bœheim, Der Coroinusbecher in 
Wiener-Neustadt. Ce gobelet d'argent n'est pas, comme le veut la tradition, un 
présent du roi Mathias Corvinus à la ville. C'est une œuvre de Wolfgang Zulinger 
de Wiener-Neustadt, neveu et disciple du maître Sigmund Langenauer de Transyl- 
vanie. Le gobelet fut probablement commandé à Wiener-Neustadt par l'empereur 
Frédéric 111, puis donné en gage k la ville avec d'autres objets précieux ; il ne fut 
pas dégagé. Dessin. — P. 102-111. A. Ilg und C. List, Aus Baden und Ungebung. 
Rapport sur les monuments d'architecture et d'art existant à Baden (près Vienne) 
et aux environs ; quelques-uns du moyen âge. — P. 114-115. Notices, Die P/arr^ 
kirchesu Klein-Pôchlarn. Description de l'église gothique. Deu«K dessins. — P. 130- 
144. K. Lind, Ueber alie Grabdenkmale. Anciens monuments sépulcraux. Descrip- 
tion. Entre auties, le tombeau de l'historiographe Jean Cuspinianus dans l'église 
de Saint-Étieune à Vienne (1529) et plusieurs monuments du xv« siècle dans 
Téglise paroissiale de Korneuburg. 

Blâtter des Vereins tûr JLandeskunde von IS V^«ôBX«tT«?is5to.,--^^^^^^^^ 



— 40 - 

série, XXVI» année (1892). fasc. 1-4.— P. 5-50. J. Lampel. Walthcrs Heimat, Est-il 
possible que la Basse-Autriche soit la patrie du poète Waltbervon der Vogeiweide? 
Discussion sur Tapparition du terme : « Vogeiweide » et du nom Waither dans ce 
pays. Examen de toutes les hypothèses sur cette question. — P. 51-68. P. F. Ëndl, 
Die Rosenburg {bei Horn). On croit que le château fut bâti par la famille autri- 
chienne des Rosenberger (éteinte au xiv« siècle), au xvi« siècle, il fut rebâti; le 
propriétaire moderne l'a restauré entièrement. Description du château au point de 
vue de l'histoire de l'art. — P. 69-75. M. Kronfeld, Vergangenheit und Gegenwurt 
des niederôsterreichischen Sa/roLnbaues. Suivant la tradition, le safran a été 
importé dans la Basse-Autriche en l'année 1198 à la suite des Croisades; les chartes 
en font mention depuis 1409. Au milieu du xvi® siècle la culture du safran était une 
spécialité du pays. — P. 83-114. R Mûller, Vorarbeiten sur altôsterrelchischen 
Namenkunde. (Suite.) — P. 136-151. P. F. Endl, Zur Geschichte der ehemaligen 
Veste Grub bei Horn. Histoire du château vraisemblablement bâti par la famille 
des Grueber(dans les chartes depuis 1276) et description des ruines.— M ittheilungen. 

— P. 175-179. Ein Zehentbuch der Domprobstei SanctStephan in Wien aus den 
Jahren 1391 bis 1403. Édition par K. Sohalk. (Suite.) -Fasc. 5-10.— P. 191-243. P. 
F. Endl, Das eliemalige Cistercienserinnen Klosterzu Sanct Bernhard bei Horn. Ce 
couvent de filles fondé en 1263 à Meilan fut transféré à Saint- Bernard en 1277. Son 
histoire jusqu'à Tannée 1576, basée sur une chronique rimée, un livre de fondation 
et sur des chartes (sera continué).— P. 244-297. Lampel, Walthers Heimat. (Suite.) 

— P. 298-339. A. Nagel, Der Kremser Gulden/und und die Anfànge der Goldwàh- 
rung in Œsterreich. Description des monnaies d'or trouvées en 1878 à Krems, sur 
l'emplacement de l'ancien cimetière des juifs. Étude sur la position de l'Autriche 
dans les affaires d'argent internationales au xiv* siècle. Sans doute la circulation de 
monnaies d'or était rare et exceptionnelle ; à Krems nous les trouvons entre les 
mains des juifs. — P. 340-360. Mùller, Vorarbeiten z. altôsterr. Namenkunde. 
(Suite.) Notices. — P. 362-365. R. Mùller, Wie ait sind Wiens Strassennament 
Réfutation des arguments invoqués pour démontrer que les noms des rues de 
Vienne datent du xii* siècle. Les plus anciens de ces noms sont un produit du 
développement de la ville sous le duc Henri VI (1198-1230). — P. 366-381. P. A. 
Zak und S. Wick, Zur Geschichte der abgekommenen Ortschaften in Niederôs- 
tcrreich. — P. 382-401. A. Starzer, Regesten zur Geschichte der P/arran Niedcrôs- 
terreichs. m. Extraits de chartes des registres du Vatican. — P. 401-408. Eïn 
Zehentbuch, etc. (Suite.)— Fasc. 11-12.— P. 432-446. G. Winter, Beitràge zur nieder- 
ôsterreichischen Rechts und Verwaltungsgeschichte. x. Étude relative à la topo- 
graphie juridique et à l'histoire économique.— P. 447-480. W. Haas, Bibliograpfiie 
zur Landeskundc con Nicderôsterreich im Jahre 1892. 

Jahrbuch der k. k. Heraldischen Gesellschalt Adler.— Nouvelle série. 
Vol. II (1892)— P. 115-15S. Th.v. Liebenau, Die Freiherrn oon Sax zu Hohcnsax. 
Histoire de la famille suisse des seigneurs de Sax, que les chartes mentionnent 
depuis 1139, éteinte en 1633. Description de ses armes et sceaux. Dessins, planches 
d'armoiries, tableau généalogique. — P. 159-174. F C. Carreri, Die Familien con 
Spilimbergo. Matériaux pour servir à l'histoire de la famille de Spilimberg et de 
ses différentes branches qui figurent dans les documents depuis 1213, et liste de 
/oi/s Jes J/eux où la famille avait des possessions el des dto\\& \^^^v[i% ^X 4<^>rL 



- 41 - 

planches.— P. 175-198. E. Graf von Mirbach-Harff, Beitràge mr Personalgeschichte 
des deutschen Ordens. (Suite et fin.) Histoire des maisons de Tordre Teutonique 
rangées alphabétiquement (M-T). 

Jahrbuch der kunsthistorischen Saxnmlungen des allerhôchsten 
Kaiserhauses.— Vol. XIII (1892). — P. 1-36. J. v. Schlosser, ^me Fulder Minia' 
turhanclschrift der k, k. HofblhUothek. Iconographie du ms. Liber de laudibus 
sanctœ cruels par Hrabanus Maurus à Vienne. Cette œuvre, écrite en 806, est une 
glorification symbolique et mystique de la croix ; une page contient une figure 
formée par les hexamètres d'un poème, l'autre l'explication en prose ; quelques- 
unes des figures sont de parfaites miniatures. Le collaborateur de Hrabanus fut 
son condisciple Hatto, appelé Benosus, qui est évidemment le peintre des minia- 
tures. On a fait plusieurs copies de cet ouvrage; le ms. de Vienne a été exécuté 
entre 831 et 840. Comparaison avec l'exemplaire du Vatican. M. S. y joint un essai 
sur l'école des miniatures à Fulda. avec des illustrations. — P. 37-54. J. v. Schlosser, 
Typare und BuUen in dar MUnt-Mtdalllen und AnUkensammlung des aller- 
Iwchsten Kaiserhauses. Description des sceaux les plus importants et des matrices 
de sceaux de la collection de Vienne, avec des dessins.— P. 94-201. W. Boeheim, 
Die Zeugbiicher des Kaisers Maximtlian I. Description et explication de ces 
Inventaires institués par Maximilien I*"' et qui fournissent comme le tableau illustré 
de tous les armements de ses pays. Ces ouvrages comme leur modèle, les inven- 
taires illustrés du maître d'armes Barthélemi Freysleben.dont la plupart des dessins 
ont été faits par le peintre Jôrg Kôlderer et ses disciples, donnent des contributions 
importantes à l'histoire du costume et des armes ; avec plusieurs illustrations. (A 
suivre.) — P. 226-266. E. Chmelarz, Le songe du pastourely oon Jean du Prier, 
BiUlerhandschrift in der k. k. Ho/bibliothck, Publication de ce poème français 
écrit vers l'année 1500, accompagnée d'une exposition des conditions historiques du 
poème et de quelques notices sur l'auteur et les ms., avec reproductions de toutes 
les images du ms.— II* partie, sources. ~P. 1-XXV, Rechnungsauszûrie, Urkunden 
und Urkundcnregesten aus dem A ugsburger Stadtarchic. Herausgegeben von A.. 
Bufif.i" partie (1442-1519). P. XXVI-CLXXIV, Urkunden-Rogesten aus dem k. u. k, 
Haus-Hof- a. Staatsarchic, herausgegeben von H. v. Voltelini. Suite (1363-1590.) 
—P. CLXXV-CCLXXXIII. Die Italie nischen Handzeichnungen der Albertina von 
F. Wickhoff. II. L'école romaine, avec des dessins. 

Mittheilungen der k. k. Gentral-GommisBion zur Erlorschung und 
Erhaltung der Kunst und historischen Denkmale. — Nouvelle série, 
vol. XVIII (1892). — 1.— P. 3-6. V. Berger, P/arrkirche in Ani/ bei Sahburg. — 
P. 17-22. R. Stiassny, Hanns Schnatterpeck und das Altarœerk in Nicderlana. 
Étude sur les sculptures en bois de l'autel de Téglise paroissiale de Niederlana en 
Tyroletson auteur Hanns Schnatterpeck, qu'on a trouvé nouvellement mentionné 
dans une charte de l'année 1503. M. St. croit que les peintures au revers des 
battants de l'autel proviennent de l'école de Haus Schàufelein, sinon de lui-même. 
— P. 27-32. F.-V. Hzilia, Bôkmiscke Zinnfjc/dsse. Histoire succincte du métier 
des potiers d'élain. Ce n'est qu'au xiv« siècle que l'usage des vases d'étain se 
généralise. Observations sur leurs caractères, leur techuvc\>ie e,\. \fôvx\^ 'siv^x:^^^ ^^^- 
ciâux (sera coatinué). — P. 32-34 . E. Fiala, Die Klrclicsu A^raostoclc. Wl Nav.VQ.v.xv 
Bô/imen. Édiffée au commencemeni du xv* siècle, Aesci\vV'vo\\. — V .'vA-*c»^. "^^ "^ 



- 42 — 

Graf Waldstein, Die Bilderreste des Wigaloia Cyclus lu Runkelslein. Accompagné 
do dis planches. Les peintures à fresque d'après le poème Wigalois de Wirnt von 
Gravenberg au cbâteau de Runkslstein prés Bozen en Tyrol dalenlde la fin du 
XIV siècle. Elles lurent restaurées entre les années 1504 et 1508. L'auteur publ[e 
un extrait de ce poème, et le compare avec les peintures (sera continué).— P. 53-56. 
C. Sitte, Ueber die Erhattung tfes Gurker Dômes und dessert Malereien. Principes 
à observer dans les restaurations d'anciens édifices, et surtout dans la restauration 
du dôme de Gurk avec des dessins (sera continué). — P. 56-72. Notices. — 
B.— P. 75-80. C. Sitte, Uber die Erhattung. etc. (Suite.) il. Les aucieones peintures 
ï fresque. Outre les lableaui déjà renommés, on trouve partout des traces des pein- 
tures sous Venduil de chauï.— P. 80-83. Rziha, Bôhm. Zinngs/âsse. (Suite.) Avec 
deuï tables, n. Les vaisselles des corporations des métiers àBrannau. — P. 83-89. 
Waldstein, Die Bilderreste des Wigalois-Ci/clua,elc. <Suile.) - P. lOË-103. H. 
Schmôlzer, Ueber alte Fresken an der Kirche lu Fiitms bei Brixen, Rapport sur 
les peintures il fresque des deux câtés de la porte principale de l'ancienne Église à 
Fiums. — P. 103-104. Atz. Romanische Wandmakreien in Sanct-Margareth lu 
Lana bei Meran. Celte église au xiii' siècle appartenant à l'ordre Teutonique, 
aujourd'hui de nouveau en sa possession, contient des peintures à fresque du style 
roman, pour ta plupart encore cachées sous l'enduit, qui remontent à la Qn 
du xiL" ou au coramencemeut du xiii" siècle. — P. 106-108. C. Cermàk, Neu 
entdeckte Fresken im Kirchiein Sanct-Markus lu Markooic bei Zleb. Peintures à 
fresque uouvellemeat retrouvées en cette église fondée 982. et dont des parties 
bdties auxiii* siècle existent encore. — P. lOS-113. L. v. Beckli-Widmanstetter. 
/Eilere Grabdenkmate in K&rnten,. Avec trois planches et quelques dessins, i. 
Woltsberg : Description des monuments sépulcraux en Carinthie, parmi lesquels 
plusieurs du xv* siècle (sera continué). — P. 113-115. A. Prokop, Die Tempelkircke 
m Resnooic in Màhren.. Description de cette église bâtie par l'ordre des Templiers, 
qui était établi en Moravie déjà avant 1243. Le plan du bitinient était originaire- 
ment circulaire, de style roman modifié plus lard; avec une planche. — P. 115-138. 
Notices parmi lesquelles : Nachriolxt ûber die Fortschrilte der Restaarirung an der 
Burg Karlstcin ; Die Burgcapelle au/Sc/iloss Loinnlc bei Tifnoeic. (Belles pein- 
tures des voûtes du xv siècle.)— 3.— P. 129-132. Waldstein, Wigalois, etc. (Suite et 
fin.) - P. 132-137, Rziha. Bôhnx. Zinnge/ûsse. |Suite et Un.) — P. 137-138. A. 
Wiehl. Ein Waarenhaus aua dem Miitclaller in Prag. Le Kolzengebinde à 
Prague bâti vers l'année 1362, démoli nouvellement, a servi pendant le moyeu 
&ge de magasin de marchandises pour plusieurs marchands. — P. 150-16S. 
Beukh-WidmanstBtter, GraMenJcmale in Kârnten. ii. (Suite.) — P. 1G3-163. P. F. 
Eadl, Beitrôijt tu einer BauQCSckiohte der Veste Wildber'j bei Horn in Niedcr- 
Œaterreich. Avec des dessins. Notices tirées de cbartessur les familles qui possé- 
daient ce châieauet description ducbiteau.— P. 168-194. Notices parmi lesquelles.* D(> 
Pfarrkirehe lu Hônigatcin bei Rud/orst in Unterkrain, On croit que celte église 
existait diSjil au xm* siècle ; style roman avec altérations gothiques.— Die Rcstaa- 
rirungen am Karlstein im Jahre 1890 u, lS9I. — i. — P. 197-SOl. J. Branis. Die 
Kirehen ton Cernic uTut Slrobnie. Histoire el description do ces deux églises, 
origJagjrenwBt àe sljl6 roman. - P. 206-308. i. Brauis. Der Wàtache H(jf in 
ATaUffftAefff. Histoire ot descnplioo rte cet Milice Aonl U\ çïsmitiïft ' 



- 43 - 

à l'année 1300, époque à laquelle le roi Wenceslas II appella à son service des 
monnayeurs italiens auxquels il donna ce local. — P. 209-212. A. Prokop, Burg 
Buchlau in Mâhren. Histoire et description. — P. 234-238. Sanct-Martins-Capelle 
bel Ludesch, I^ chapelle gothique était bâtie au xv siècle . Description des pein- 
tures (1487 et 1488). — P. 250-253. Notices. 

Mittheilungen des Instituts fur œsterreichische Geschichtsiorschung. 
Vol. XIII (1892).— 1.— P. 1-106. M. Tangl, Das Taxvoesen der pàpstlichen Kamlei 
oom Xlll bis zur Mitte des XV Jahrhunderts, Contributions à l'histoire des finances 
et de l'administration de la papauté au inoyen âge. Les taxes levées pour l'expé- 
dition des bulles sont mentionnées pour la première fois au temps d'Innocent III. 
M. T. produit une liste de taxes du xiii* siècle (Alexandre IV). La monnaie dont on 
se servait pour évaluer les taxes était le solldus prooisinus. Élévation énorme des 
taxes au temps des papes d'Avignon ; nouveau tarif établi sous Jean XXII ; irrégu- 
larités et hésitations au temps du schisme (le comble sous Boniface IX) ; réorgani- 
sation sous Eugène IV, vers 1450, à celle-ci répond le Llorede ^aayçs imprimé en 1479, 
Suivent des observations sur l'estimation des taxes et sur le personnel de la chan- 
cellerie. Appendice : édition de documents tirés de mss. à Rome relatifs aux affaires 
des taxes, parmi lesquels « Liber taxarum cancellariae apostolicae paparum Avenio- 
nensium temporibus «.— P. 107-156. P. Scheffer-Boichorst, Kleinere Forschungen 
sur Geschichte des Mlttelalters XVIl-XX. xvii. L'origine de la lutte de Henri IV 
avec l'Église. Discussion de la charte prétendue de Charlemagne pour Aix-la- 
Chapelle contre Grauert, qui met la falsification au temps de la minorité de Henri IV, 
et discussion du décret de l'élection papale de Tannée 1059, qui provoqua la lutte. 
Critique de la nouvelle édition de la <» Disceptatio synodalis » de Petrus Damiani, 
dans les Monumenta Germaniœ. xviii. Complète une charte jusqu'ici inintelligible 
de l'empereur Frédéric 1" de l'année 1174, arbitrage en faveur de l'abbaye de Beau- 
pré, à l'aide de deux autres chartes (l'une inédite), xix. M. S. publie des regestes 
relatifs à la querelle de succession après la mort du dernier duc de Meran (1248). Le 
seigneur de Osterhofen cité dans un recueil de lettres à Bamberg est probablement 
Frédéric III de Zollern-Nûrnberg. xx. L'auteur des Annales de Mayence jusqu'à 
l'année 1402 est, d'après les conjectures de M. S., le vicaireJeanKungstein.— Notices. 
— p. 157-160. S. Herzbergfrànkel, Ein chroriologischcs Curlosum aus dcrn XIV 
Jahrhundert. Publie une table chronologique du xiv*^ siècle servant au calcul des 
nombres hebdomadaires de Noël jusqu'au Carême, trouvée dans la reliure d'un 
ms. de Vorau. — P. 160-164. O. Redlich, Zur Frage tiach der Hoimat Walthers 
oon der Vogelœcide . Publie une charte des archives gouvernementales d'Innsbruck 
qui donne les premières mentions d'un possesseur du Vogelweiderhof près Klausen 
et qui amène à la conclusion qu'il était d'une famille de chevaliers. — Comptes 
rendus.— P. 169-207. J. Ficker, Untersuchungen sur RechtsgeschlchtcJBd. Untersu- 
c/iungen sur Erben/olgc der ostger/nanlschea Rcchtc. (O. V. Zallinger. Recherches 
profondes pour l'histoire du droit avec des résultats surprenants et inattendus.) — 
P. 208-210. F. Ehrle, Hlstoria blbliothecœ Romanorum Pontijicuni tum Bonifa- 
tiance tum Acenionensls enarrata et antiquls earum Indicibus aliisquc documentis 
illustrata. (Ottenthal. Ouvrage très diligent et savant, a.N^c\ie.^\x^wï^^^\^Q>NiN^'i»rfw 
docume72/5.; — P. 211-212. C. Cipolla, DL Rosoae ccscoco di AsU c dl aVutvV d.oc\x.- 
nientlinediti chc h riguardano me/noria. (Erbvitv. Vu\iV\c•^l^^ci\\ ^^ N*e\^\v:^.^^^'^^ 



- 44 ~ 

pour rhistoire générale.) —2.— P. 225-238. M. Manitins, Zuden Annales Lauris- 
sensés und Elnharti. Étude sur la langue et Tépoque de composition de la partie 
plus ancienne des A nnales Laurlssenses majores. Leur style et conception sont 
égaux jusqu*à Tannée 795. Plusieurs sources y ont été utilisées, et spécialement des 
documents officiels. Les Annales Einhartl sont une rédaction retouchée des Annales 
Laurlssenses, ayant surtout en vue le poli et l'élégance du style ; une partie de 
leurs additions remonte à des sources détériorées et légendaires. -—P. 239-254. L. M. 
Hartmann, Die Entstehungszeit des Liber diurnus. Réfute les objections de 
Duchesoe contre la tentative de Sickel pour dater le Liber diurnus. — P. 255-310. 
P. Richter, Beitràge zur Historiographie in den Kreuz/ahrcrstaaten, eornehmlieh 
fâr die Geschichte Kaiser Fricdrichs IL L'œuvre de Philippe de Novaire sur la 
guerre entre Tempereur Frédéric II et Jean d*Ibelin, seigneur de Baruth, est 
contenue dans les Gestes des Chiprois. Étude sur la vie de Philippe, Torigine de son 
ouvrage et la relation de celui-ci avec les Annales de terre sainte et YEstoire 
d'Eracles. La première partie fut écrite avant Tannée 1226, la seconde, qui est plus 
longue, peut-être entre 1254 et 1256, vraisemblablement après 1258. Malgré Tutilisa- 
tion des sources ci-dessus mentionnées, il y a de Toriginalité, une conception indé- 
pendante et des observations personnelles. L'ouvrage a le caractère de mémoires. 
— Notices. — P. 327-329. R. Sternfeld, Eine Urkunde Karl I oon Sicilien fur ein 
polnisches Kloster. Publication et interprétation d'une charte de Charles I«' de 
Sicile, du 22 juillet 1278, tirée des registres des archives de Naples. — P. 329-330. 
K. Uhlirz. Zur Kalenderre/orm au/ dem Lateranensischen Concil 1516. Publie 
une lettre de Tempereur Maximilien l^' du 13 septembre 1516, qui demande Topi- 
nion de l'Université de Vienne sur la réforme du calendrier relativement à laquelle 
le Pape Léon X lui avait adressé un bref. — Comptes rendus. — P. 334-341. L. 
Goldschmidt, Unicersalgeschichte des Handelsrechts, L Liefcrung. C. Schaube. Le 
premier volume contenant l'introduction historique et les principes, traite du droit 
de commerce dans Tantiquité et au moyen âge chez les peuples romans. Notices 
nouvelles sur les unions des marchands italiens de différentes villes à Tétranger. 
Matériaux très riches et de valeur.—P. 341-349. P. Joachimsohn, GrcgorHeimburg. 
Historische Abhandlung aus dem Mûnchener Seminar. Herausgegben con D" Th, 
Helgclu. D'. H. Grauert. (Bachmann. Du mérite comme étude préparatoire à une 
biographie de G. H.) — P. 349-352. H. Ulmann, Kaiser Maximillan /. 2 Band. 
(Huber. Recherches soigneuses. L'idée de Tempereur et de sa politique n'est pas 
changée essentiellement par cet ouvrage.) — P. 352-353. J. Dicrauer, Geschichte 
der schweiscrischen Eidgenossenschaft. 2 Band. (Huber. Histoire de Tannée 1415 
jusque vers 1516. Bon.) — P. 355-356. F. Zimmermann, Ueber Archice in Ungarn. 
Ein Fdhrer durch ungarlàndische und siebenbûrgische Archice. (Redlich. 
Ouvrage de grand mérite, parce qu'il nous révèle des sources historiques peu 
connues.) — P. 357-367. Die hisiorischen Programme der ôsterr. Miltelschulen 
fur 1891. (S. M. Prem.) Sommaire. —3.— P. 377-434. Th. Lindner, Zur dcutschen 
Geschichte im funfsehnten Jahrhundert. i. I^ bataille de Brescia, octobre 1401. 
On ne peut pas maintenir la relation de Andréa Gataro sur cette affaire dans son 
Histoire Padouane. D'un examen critique de tous les rapports il résulte qu'on ne 
doit pas parler d'une bataille rangée; mais seulement d'une rencontre qui eutjiou 
/e S4 octobre et doq le 21. n. L'union électorale de Bmg^n, \\ >: -^ ^^mx documents 



— 4'. - 

différents de cette union, datés Tun et Tautre du 17 janvier 14£4. La première 
charte, originairement destinée à la guerre de Bohème, surtout récapitulation de 
la convention de Boppard de Tannée 1399, fut composée sous Tinfluence du comte 
palatin Louis et du margrave Frédéric de Brandebourg, qui n'étaient pas en bons 
termes avec Sigismond, et ainsi avaient contre le roi une certaine animosité. La 
seconde fut faite ensuite, après la réconciliation çlu roi avec Frédéric et après 
raccommodement de ses différends avec les électeurs, mais on la plaça sous la 
même date que la première; tous les articles y étaient rédigés de manière à satis- 
faire le roi. L'interprétation qui cherche, surtout dans la première charte, des ten- 
dances révolutionnaires n'est pas fondée, m. Documents servant à l'histoire des 
années 1435-1443. Publie seize chartes inédites. — P. 435-469. Th. Schôn, Eine 
Pilgerfahrt in daa heilige Land im Jahre 1494, Publie et décrit un récit ms. 
d*un pèlerinage en Terre-Sainte. C'est un fragment sans date, mais qui appartient 
évidemment à Tannée 1494. Conjectures sur Tauteur.— Notices.— P. 521-523. A. 
Busson, Friedrich^ Man/reds Sohn^ in TiroL Publie un compte d'un ms. de 
Munich, d'où il résulte que Frédéric, fils naturel de Manfred de Hohenstaufen, 
échappé de la prison des Anjou, demeura vers 1307 en Tyrol à la cour, vraisem- 
blablement quand il se rendait en Angleterre.— Comptes rendus.— P. 525-528. Ilie 
Ghergel, Zur Geschichte Siebenbûrcjens. (Jung. Bon.) — P. 528-532.0. Seeliger, 
Erskansler und Reichskansler. Ein Beitrag zur Geschichte des deutschen Reiches, 
(Kehr. Très bon et consciencieux travail.)— P. 532-534. J. Strnad, Listdr kràloos- 
kcho mèfsta Plznë a druhdy poddanychosad. (Mares, Recueil de chartes de la 
ville de Pilsen. !'• partie, 1301-1450. Bon.) — P. 534. E. Brandenburg, Kôniy 
Sigmund und Karfàst Friedrich I con Brandenburg. (Bachmann. Plein de 
connaissances.) —4. — P. 537-586. W. Erben, Eœcurse tu den Diplomen Otto III, 
Travail accompagné de deux facsimile. Étude sur la chancellerie d'Otto 111 
toujours se rapportant au livre de M. Kehr sur les diplômes de cet empereur et à 
leur édition dans les Monumenta Germaniœ, — P. 517-618. W. Lippert, Zur 
Geschichte Kaiser Ludvcig des Baiern. i. Le projet d'abdication de l'empereur 
Louis était convenu dans Thiver 1333-1334 ; attitude des parties et des princes 
allemands relativement à ce projet, ii. Une visite du margrave Frédéric de Meissen 
chez Tempereur, qni ensuite voyagea avec le margrave de Munich à Innsbruck et 
revint. Contributions à l'itinéraire de Tenipereur de Tannée 1330 par les mentions 
du voyage du margrave, m. Observations relatives aux chartes de Louis, basées 
sur des documents des archives de Dresde, dont quatre sont publiés à l'appendice. 
—Notices.— P. 626-633. P. Kehr, Die Urkunden Konrad III JUrCorceicom J. 1147. 
Contre Ilgen ; -rejette ses arguments contre Tauthenticitô de Tune de ces deux 
chartes. — P. 633-634. E. Heyck, jEltere Urkunden ôsterreichischer Herzoge aus 
dem Archic der Uniccrsitût zu Freiburg i. Br, Publie extraits de chartes des 
années 1343-1368.— Comptes rendus.— P. 635-638. W. Altmann und E. Bernheim, 
Ausgeωhlte Urkunden -sur Erlauterung der Ver/assungsgeschichteDeutschlands 
im Mittelalter. (Below. Essai qui mérite notre reconnaissance ; le choix n'est pas 
irréprochable, des documents importants sont omis ; pas de table.) — P. 638-640. 
Acta pontiflcum Helcetica. Quellen schœeizerischer Geschichte aus dem catika- 
nischen Archic m Rom. i Band. 1193*1268. Heta\x^^fe%'b>ù^\xNQ\i^, '^^'wiwjk^^. 
(Taagl. Ce n'est pas un recueil de tous les documfciilsâLfe^V«LV^'s»x^\^>^^-'^'^'^'^'^'^^^^ 




— 4B — 

; det registres du Vatican. Bonne L'dition.) — P. 640-646. 
A. Zisterer, Gregor X and Rudolf non Habsburg in ihren beiderseitigen Beiiehun- 
gm. (Redlich. Il y ades défauts, la narration est trop prolLTo.) — P- 646-649. 
Antic/ie Cronache VeroncsL Torao I, C. CippoUa, Fostilie al l colume délie 
anticheCronache Veronesi. (Voltelini. Iji partie principale de l'édition est l'ouvrage 
de Marzagaia : De modernis Gestis. Les chroniques mineures ont plus de valeur 
bislorique. Les notes de M. Cipolla sont riches et diligemment ipavailléos. — F, 
Sleîn. Die akademische GerichtsbarkciC in Deatscbland. (Thommen. Bon.] 

Hittheilungen des Vereines lûr Ceschichte der Deutscben in 
B6hmon, XX.V année, 1892. - 1.— P. 1-33. J. Loserth, Die WicUfscJ,e Abend- 
mahlslehre und ihre Aafnahine m Bohmen I ettel du livre de Wiclef : Do Eucha- 
nstia qui mait la Iraussubstantialion eu Boh(,me vers 1400, spécialement sur 
Hues plus tard il réprouva celle doctrine Elle était acceptée par les Taborites. 
la partie radicale des Hu5sites Ce livre fit uditre une riche littérature de polé- 
mique — P 52 "3 J M Klimesch Die altesten Sîtte der Harnacher. (Suite.) 
Étude sur la famille des comtes de Harracb aiec un tableau généalogique et des 
chartes. — P. 74-89, H. Gradl, Au» dem Egerer Areldce, Beitrûge lui- Gescliichte 
Bûliinene unddes Reic/ies. unter Karl, WenselundSiegmund, m. Publie chartes 
des années 1395-1416. - 2 u. 3, W. Lippert. Markgr^f Wilhelm con Meii-sen and 
Elisabeth ron Mûhren. Les relations amicales des maisons de Luxembourg et 
Weitin au temps de l'empereur Charles IV, se manilestiïrenl par une alliauce et 
par le mariage du duc Guillaume avec Elisabeth de Meissen, nièce de l'empereur. 
Accompagné de chartes. — P. 12S-154. J , Grunzel, Ueber die ileutachpn Stadt- 
rerlite Bôhmens und MûJirens. lAis Allemanils êniigrants en Bohême recevaient 
depuis le xi' siècle plusieurs privilèges. Sous les rois Wenccslas I et Ottokar II. 
ils apportaient les constitutions libres des villes de leur putrie. Deux groupes de 
droiM municipaux en Bohiîme ; l'un saxon, dont le modèle était Magdebourg; 
l'autre bavarois, modèle : Ralisbonne ou Nuremberg. Outre cela, traits de forma- 
tions indépeiidauies en relation avec des droits municipau:; de Flandre et de 
Hollande. — P. 155-169. R. MûUer, Die Grujtkapelle der Salhausen iu Bensen. 
Notices sur la famille. Monuments sépulcraux du xvi= siècle, avec une planche. — 
4. P. 389-4U3. W. Toisoter, Zar GeadiicMc der deultchen. Sprache und Literatur 
i>i âd/imen. {Suiie.) IV. Protecteurs de la poésie allemande en BobËnie. Notices 
sur Marie de Neuhaus, Jean de Gernin (xm' siècle) et Jean de Klingenberg 
(xiv' siècle), loué par uu poème inédit ci-devant à Wirl^bourg, maintenant à 
Miinicb, Citation de ce poème, v. Les traductions allemandes de la Bible en 
Bohème, au .\iv' Méc'.e. DilTèrents mss,, le plus célèbre est celui surnommé Bible 
de Wenceslas (Bibliothèque impériale de Vienne), copie d'un ms. plus ancien. La 
traduction fut faite, suivant la préface, pour faciliter la lecture de l'Écriture sainte 
Cl aux frais de Martin Rotlûw. citoyen riche de Prague. Une copie fut [aile pour 
le roi Wenceslas, et dans ce but le copiste a inlercali' quelques litcnes riiiiécs, 

Hlttheilungen des hUtorischen Vereinoa fur Steeinnarlc, \l' (asc. 

(189B). — P, 3-57, P.-J. Wichner, Zur Mu.Bihijeachichle AdmonU. Élude sur t'e.^er- 

çàcB Je la musique au couvent de Admont {ad monte!-), depuis le moyen Sgc jusqu'à 

atn Jours. — P. l;5-225. A. Metl. Bcitriige lar Geschichte des Unterthai 

^^^S)»/iv^ar-A: t. La corvée, en Sljrie nommée Ro^ 




— 47 — 

que les sujets étaient obligés à rendre au seigneur foncier avec leur travail etïec- 
til ou leur assistance. Cette organisation était déjà fixe, quand elle fut importée au 
temps de l'occupation du pays. Mesure et distribution de la corvée; ses différentes 
espèces suivant les besoins du seigneur. L'auteur ajoute des tables sur la division 
des services en certains districts, disposées d'après les lieux, le nombre des sujets 
et la quantité des services; tables des dédommagements que le seigneur en 
plusieurs cas donnait (depuis le xv« siècle) et de l'équivalence en argent. Avec des 
chartes depuis 1500. — P . 231-270. F.-V. Krones, Zur Geschichte cler naclibar- 
lichen Beziehungen Steiermarks uncl Ungarns bis zum Auagangeder Traungauer. 
M. K. recherche les relations de la Styrie avec ses voisins les Hongrois, dès les 
temps les plus anciens jusqu'à Tannée 1192, où après l'extinction de la famille des 
Traungauer le pays fut uni avec TAutriche. 

Sitzungsberichte der philos. -hist. Classe der kaiser lichen Akadexnie 
der Wissenschaften, 1892. Vol. XXV. •— i. R. Béer, Handschri/ïcnschàtze 
Spaniens, Berichtilber eine im Auftrage derkais. Akademie der Wissenschaften 
in den Jahren 1886-1888 durchgefûhrte Forschungsreise. Revue des mss. dans les 
bibliothèques espagnoles. (Continuation : art. vu). — vi. S. Brandt, Ueber die 
Entstehungscerhàltnisse der Prosaschriften des Lactantius und des Bûches De 
mortibus persecutorum. Examen des ouvrages en prose de I^ctance et de leur 
origine. On ne doit pas mettre en doute Tauthenticité de VEpitome institutionum, 
mais Lactance ne peut pas être Tauteur du livre : Do Mortibus persecutorum, 
qui est probablement le libelle partial d'un avocat. — viii. E. Ott., Die Rhetorica 
ecclcsiastica. Ein Beitrag sur canonischen Literaturgcschichte des XI l Jahrhun- 
derts. Étude sur Tétat de la rhétorique et de la jurisprudence aux premiers temps 
du moyen âge. Les mss. de la Rhetorica ecclesiastica, son origine en France 
entre 1159 et 1179, sa teneur, qui témoigne de l'influence de la France sur le déve- 
loppement du droit. — ix. H. Siegel, Dits pjlichtmâssige Rûgen au/ den Jahrdin- 
gen und sein Ver/ahren, Travail relatif à l'histoire du droit germanique. L'ancienne 
institution de blâmer aux diètes annuelles les ^injures notoires ou ébruitées sans 
qu'une plainte ait eu lieu. — Vol. CXXVI. i. R. Heinzel, Ueber das Gedicht corn 
Kônig Orendel. Narration du contenu de ce poème, dont le sujet est l'histoire de 
l'habit gris du Christ; comparaison avec d'autres poèmes du moyen âge; essai sur 
la formation de cette légende. — ii. Béer, Handschriftenschutze Spaniens (suite). 

— m. S. Adler, Ueber die Schônkirchner Handschrift des ôsterreichischen Lan- 
desrechts. Description détaillée et discussion d'un ms. jusqu'à présent négligé du 
droit provincial de la Basse-Autriche, comparaison du texte avec les mss. connus. 

— VI. H. Scheukl, Bibliotheca Patrum latinorum Britannica IV, La bibliothèque 
du feu Sir Thomas Philipps àCheltenham. — x. A. Busson. Beiirûge zur Kritik 
der steyerischen Reimchronik und sur Reichsgeschichte im XI II u. XIV Jahrhun- 
dert. IV. Erreurs de cette chronique riraée. Souvent l'historien cède le pas au poète, 
mais les matériaux sont compilés avec grand soin. L'auteur. Ottokar, a utilisé des 
traditions orales et des sources écrites, aussi des sources italiennes. On doit sup- 
poser, que d'autres ont fait ces notices et extraits pour Ottokar. — xi. O. Gùnther, 
Bcitrdge zur Chronologie der Briefe des Papstes Horm.isda. 0\^ç\x.'s&\Wi ^'«s. \^N5a^^ 
du pape Hormisdas et de leur connexité historique ^omt tec\\^^t \^\ït %\»^fc* Vc^^^ï. 
une table cbronologique de ces lettres. — Vol. CXXVW. \. ^. ^^V0«.^^ \%\A.ot^ 



— 18 -- 

Synonyme (IJ, 50- 103) im Papyrus n» 226, der StifUbibliothek con Sanct-Gallen . 
(Avec un facsimile.) Édition d*un fragment des Synonyma trouvé à la bibliothèque 
de Saint-Gall. Observations sur le ms. (du vii« siècle). Les variantes de la partie y 
publiée. — H. A. Luschin von Ebengreuth, Vorlàufige Mittheilungen ûber die 
Geschichte dcustcher Rechtshôrer in Italien. M. L. publie le résultat provisoire de 
ses travaux pour un recueil des noms de tous les étudiants allemands dont on 
constate la présence aux Universités d'Italie, au temps de Tintroduction du droit 
romain. Sommaire des sources et programme de l'ouvrage projeté. — vi. R. Schus- 
ter, Zappert's attester Plan con Wien. M. S. prouve que le plan de Vienne, que 
Zappert a publié, et qui serait le plus ancien de cette ville (Z. a fixé sa date entre 
les années 1043 et 1147), est une falsification faite par l'éditeur. Avec un facsimile 
de ce plan. 

Zeitschrilt des Ferdinandeums fur Tirol und Vorarlberg. (1892). 3* série, 
fasc. XXXVI. — P. 1-223. T. v. Sartori, Die Thaï- und Gerichtsgemeindc Flcima 
und ihr Statutenrccht. La communauté du val et de la juridiction de Fleims dans 
Tancienne principauté de Trente, exemple rare d'une compagnie de finage qui 
embrasse une vallée entière, ayant jusqu'à notre siècle une autonomie complète, 
basée sur les traités de 1111 et 1112, faits avec l'évêque Gebhard se rapportant cl 
la juridiction et aux impôts, aussi basée sur la déclaration des habitants, en 1^0, 
que les forets de Fleims étaient des biens communs. Ces privilèges leur furent 
souvent confirmés. La première rédaction du statut eut lieu en l'année 1480; 
l'original latin est perdu, mais son contenu est conservé traduit en italien dans le 
Quadernollo délia communità di Fiem/nc de 1553, qui contient aussi d'autres pri- 
vilèges et documents. La rédaction finale avec annotation du droit coutumier. les 
consuetudini, fut écrite en 1613. M. S. donne une histoire delà communauté de 
Fleims jusqu'à son abolissement (1807), et discute ses institutions en utilisant les 
sources du droit susdites. Deux appendices : 1"> édition du Quadernollo; 2" Con- 
tributions à une bibliographie des statuts italiens du Tyrol. — P. 225-332. V. Schal- 
1er. Ulrich II Putsch, Bischof con Drixen und sein Tagcbuch, 1427-1137. Édition 
du journal de l'évoque de Brixen Ulric H, confident et conseiller du duc 
Frédéric IV de Tyrol, avec une préface sur le ms. (archives gouvernementales 
d'Innsbruck) et sur la biographie de l'évoque. — P. .323-338. P. -M. Kiem , Blu- 
menlese aus deux Klostcrarchic Grics bci Botzcn, Notices sur plusieurs chartes 
du couvent Gries (depuis 1300), dont l'auteur publie quelques-unes. — Nolices. — 
P. 535-543. H. Semper, Apliorismcn ûber Durer s Einjluss au/' die Malerei iri 
Tirol. Une gravure d'Albrecht Durer, de l'année 1504 ou 1508, a été imitée par 
deux peintres du Tyrol : Mathias Stôberl (peinture à l'autel de Ridnaun, fait 
en 1509), et Andréas Haller (tableau au musée Ferdinand à Innsbruck, peint 
en 1522). .Vvec trois tables.— P. 543-546. Semper, Neues aber Mirhael Pacher. Rap- 
port sur une série d'œuvres du peintre tyrolien du \iv* siècle. Michaël Pacher et 
de son école. \V. E.Nr.LMANN. 



La Gérant : E. Bouillon. 



cri/ALO.\'8Vn-8AÔXE, LMP. PHASt^AlSS ET ORIKXT.VLF. ViE \-. M.k^CV.Wi. — Yl\î;6 



LE MOYEN AGE 

BULLETIN MENSUEL D'HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE 

MM. MARIGNAN, PROU ET WILMOTTE 



MARS 1894 



Paul Sabatier. — Vie de saint François d'Assise. — Paris, 

Fischbacher, 1894, in-S®, cxxi-418 p. 

Ce serait aujourd'hui presqu'une grosse, affaire que de dresser la 
bibliographie complète des ouvrages ou articles parus sur saint François. 
Sa haute figure n'a point seulement arrêté les croyants qui ont vu en 
lui, justement, la plus parfaite image du Christ sur la terre ; elle a de 
même attiré tous ceux qui, épris d'idéal mystique ou curieux d'analyse 
psychologique, ont trouvé dans cet homme surhumain un « sujet » 
unique. Il se dégage de lui, et pour tous, un charme si puissant que 
ceux qui en ont parlé n'ont pu l'exprimer qu'avec des paroles d'amour. — 
Sans remonter plus haut que le milieu de notre siècle, nous avions déjà 
le livre de Fr. Morin (1853), celui de K. Hase (1856), le trop court ar- 
ticle de E. Renan, dans ses Nouvelles Études d'histoire religieuse; mais 
les dix dernières années nous ont apporté un tel nombre d'études nou- 
velles, qu'on se demande s'il ne faudrait point voir, en ce renouveau, un 
des plus curieux indices de « l'état d'âme » de notre temps. En 1885, 
l'éditeur Pion a pu publier, sur saint François, un grand livre de luxe par 
souscriptions, ce qui est, pour un sujet, comme le critérium de l'actualité. 
MM. de.Chérancé (1882),' Magliano (1883), Bonghi (1884), Thode (1885), 
Le Monnier (1889), en d'importants ouvrages; M. E. Gebhart, en 
quelques pages charmantes de son /^a/ie mystique (1890), nous ont dit 
successivement ce qu'ils savaient de saint François. Cependant M. S. a 
estimé qu'il y avait encore quelque chose à en dire. Quiconque lira son 
livre sera de son avis, car si Ton peut ne pas penser comme lui sur cer- 
tains points, au moins doit-on s'incliner devant la sincérité de son œuvre, 
rélévation et quelquefois la profondeur de sa pensée, le labeur considé- 
rable qu'il a entrepris et accompli pour renouveler son sujet. 

Dès ses premières pages M. S. prend ses çtéçi^.wX\oxi'&\ *>\x^wis.^\\.^^^î^- 
ment il entend rhistoire et ce qu'il prétend taue, Ôl^ X*^^ ^çst\fc o^f^s^Na. 



'-50 — 

plupart des critiques que soulève la suite de l'ouvrage se ramènent, 
en dernière analyse, & la discussion de ces déclarations prélimi- 
naires. Comme elles ne vont à rien moins qu'à poser implicitement et â 
résoudre les problèmes les plus ardus que comportent la connaissance de 
l'histoire et la méthode historique, nous ne pouvons ici que les analyser 
brièvement. « L'histoire, dit M. S., n'embrasse jamais qu'une bien faible 
part de la réalité. » (P.xvn.) « Pour écrire l'histoire, il faut la penser, et 
la penser, c'est la transformer... C^eal donc une utopie que l'histoire 
objectice, » Il s'ensuit qu'il ne faut point que l'histoire prétende porter 
desjagemenls sans appel; c'est pourquoi M. S., lui, ne se donne point 
comme un juge ; il n'est qu'un H simple spectateur » dans l'aréopage; 
« entré là par hasard, il a rassemblé un dossier et voudrait dire simple- 
ment son opinion à ses voisins.» (P. xxv etsq.) Pourquoi a-t-il eu l'idée 
de rassembler un dossier? Parce qu'il a aimé saint François, tout 
comme il aime sa ville de Strasbourg, à laquelle il a dédié son livre en 
quelques lignes touchantes ; et parce qu'il est convaincu que par l'amour 
on comprend tout, on explique tout. » /.'amour, dit-il, «si la véritable clef 
de l'histoire, u (P. xxviii.} 11 n'a pas prétendu écrire ad prohandum ; il a 
voulu, en dépeignant un des a grands spectacles de l'histoire ii, offrir à 
ses lecteurs comme un exemple et un encouragement, les rendre plus 
parfaits dans l'amour des autres hommes, leur donner Pexacie sensation 
de leur place, — qui est petite, — en ce monde. C'est donc, en somme, 
autant une œuvre morale qu'une œuvre historique que M. S. a eu l'in- 
tention de faire et qu'il a faite. Les historiens de profession le lui repro- 
cheront ; ils admettront mal qu'on proclame si délibérément le droit à la 
subjectivité en histoire ; ils considéreront que si l'amour peut faire com- 
prendre bien des délicatesses du cœur, il est difficile de l'élever à la 
hauteur d'un principe de critique, et que ce n'est point un moyen de 
diminuer la relativité de la connaissance historique que de fausser ses 
procédés d'investigation par l'emploi constant du moins impersonnel et 
du moins contrôlable des sentiments. Us diront sans doute d'autres 
choses encore, mais le débat a vraiment un caractère trop général pour 
que nous nous y arrêtions davantage ici. — M. S. a appliqué ses prin- 
cipes avec beaucoup de sincérité ; il nous a donné de la vie de François, 
un récit tout imprégné de tendresse, où la narration proprement dite 
domine, où les véritables idées générales du sujet, celles qui prouvent, 
viennent incidemment et comme par hasard. Il est clair que M. S. était 
libre de choisir son point de vue et sa méthode, mais, ne considérant 
que le résultat, les hommes du métier trouveront fort à critiquer 
dans ce livre; ils regretteront, qu'ayant au fond toute la valeur d'un 
ouvrage scientifique, c'est-à-dire démonstratif, il l'ait presque malgré lui 
et n'en ait pas un peu plus les apparences. Ils remarqueront d'abord 
l'absence d'un index et d'une table analytique, négligence que les 
auteurs devraient si rigoureusement s'interdire dans leur propre intérêt. 
^'ous ne pouvons énamérer les critiques de déiail cju'ils pourront faire à 
^^^mpositioa, aoas voulons seulement signaler \es çimciçaNe*. "V.\. %,, 



— 51 — 

dans ce qu'il intitule Note préliminaire {p. xlv et sq.)» esquisse l'histoire 
de la transformation nécessaire des idées de François après lui ; il nous 
dit tout Tessentiel, mais il le découpe en fragments, car il né veut 
qu'expliquer et commenter les divers écrits dont il étudie la valeur com- 
parée. Pourtant il est peut-être persuadé que beaucoup de ses lecteurs 
n'iront (Wnt chercher là ces remarques capitales ; un chapitre où il est 
question de la critique des sources ne les attirera guère. Combien 
n'aurait-il pas mieux valu reprendre ces idées en quelques pages de con- 
clusion ; pour être peut-être moins pittoresques que les huit lignes par 
lesquelles se termine le livre, elles auraient laissé le lecteur sur une im- 
pression autrement forte I — Je m'attendais et tout le monde s'attendra, 
à trouver un portrait de François, au physique, d'autant que sa figure a 
été souvent altérée par la légende. Or, à part quelques traits dispersés 
de ci et de là, il faut aller pour rencontrer ce qu'on cherche à la 
p. 207, à la fin d'un chapitre, où cinq lignes (et une note bibliogra- 
phique) qui sont mises là, on ne voit franchement guère pourquoi, pa- 
raîtront peut-être insuffisantes.- Ailleurs (p. 232), M. S. commence à 
nous parler du chapitre de 1217, qui (( fut marqué par l'organisation 
définitive des missions franciscaines » ; à ce propos, le nom de Frère 
Élie vient sous sa plume ; il laisse là le chapitre, pour nous donner une 
petite biographie de ce frère; or, parmi les adhérents qu'il amène à 
l'ordre se trouve Césaire de Spire; M. S., rencontrant ce nom nouveau; 
abandonne à son tour Élie, pour nous parler de Césaire et rentrer enfin, 
croit-on, dans son sujet véritable par ces mots dépourvus d'artifice: (( Mais 
il est temps de revenir au chapitre de 1217. » Ce qu'il y a de plus curieux, 
c'est qu'il n'y revient même pas, car, tout après cette petite phrase, il 
s'étend sur le sort des diverses missions provinciales. Un dernier trait : 
dès qu'on a lu les premiers chapitres, on se demande ce qu'a voulu faire 
au juste François; sans doute, on le devine à peu près aux allusions 
qu'on rencontre chemin faisant, mais il faut attendre jusqu'à la p. 305, - 
pour que M. S. l'explique avec une netteté qui vient seulement un peu 
tard. — Nous pourrions prolonger ces chicanes ; ceux qui ne lisent que 
pour leur plaisir, trouveront qu'elles sentent leur pédant, mais peut-être 
auront-ils tort, car l'enchaînement logique des idées, la netteté des déve- 
loppements et même des divisions, le souci des transitions, la précision 
des titres, n'ont jamais 'diminué l'intérêt ni le mérite d'aucun livre. Je 
sais bien, encore une fois, que M. S. a voulu faire tout ce qu'il a fait; je 
persisté à regretter qu'il l'ait fait, parce que ce laisser aller de la compo- 
sition donne à son ouvrage un aspect fâcheux de livre d'amateur. On 
dira sans doute, pour justifier l'ouvrage de M. S., qu'il ressemble à ceux 
de Renan ; quiconque a lu V Histoire des Origines du Christianisme, 
sera en effet frappé de cette ressemblance, mais si flatteuse qu'elle soit, 
elle n'est pas une excuse. Renan n'avait pas toujours un souci suffisant 
des transitions; il laissait aller devant elles sa plume et sa i^ewç»^^'^, Çcc^x^- 
sant tout de même par avoir dit ce qu'il vo\i\a\\. âàïfe, '&^\v^ ^N<ji\t ^x^. X^îca 
de lé cataloguer; le style enchanteur d\ss\mu\a\\. Y^'s» ÔL^VaxxV^.y \s\scss. ^^ 



— 52 — 

restaient des défauts. M. S. fait comme Renan ; le mot k cepen- 
dant H lui suffit pour passer d'un développement à un autre (p. 146). 
Le ton, jusqu'à l'aspect extérieur de son livre, la disposition typo- 
graphique des citations et des notes, lui donnent un air de famille 
avec la Vie de Jésus ou Saini Paul. Comme Renan, M. S. aime à 
replacer ses personnages dans leur milieu et dans le cadre naturel qui les 
enferma, il va niûme jusqu'à essayer de retrouver l'impression que les 
paysages durent faire sur les hommes. Quelques-unes de ses descriptions 
des sites ombriens sont d'ailleurs très pénétrantes et rappellent ces 
délicieux paysages de la Galilée, qui demeurent parmi les pages les plus 
exquises écrites en notre langue. (Voy. pp. 1 et sq., 118, 123, 330, etc.) 
Comme Renan, M, S. ne fuit pas les hors-d'œuvre littéraires; il en est 
dans le nombre de vraiment inutiles, mais il en est aussi de fort agréables ; 
l'un d'eux est peut-fitre la plus jolie page du livre (p. 81). Comme Renan 
encore, M. S. s'abandonne volontiers aux digressions spéculatives et 
morales ; epmme lui, il se préoccupe de l'heure présente et môme de 
l'heure future. Seulement la ressemblance n'est ici que superficielle. 
Renan, ne s'exagéra jamais les ressources en bons sentiments que peut 
renfermer l'âme des hommes. M. S., lui, croit que l'espèce humaine 
cache des trésors de bonté (pp. 145, 170), car « l'instinct. de l'amour et 
du divin ne fait que sommeiller » (p. 82) ; il a une foi complète dans la 
puissance de l'amour et du sacrifice. (P. 121.) Renan pensait que 
i( l'homme qui, de nos jours, voudrait faire une partie de ce que fit Fran- 
çois d'Assise serait bien vite souillé. » [NoueelleB Études, p. 326.) M. S. 
affirme le contraire : « Si aujourd'hui même, dans ses journées mou- 
vantes du XIX" siècle, des prédicateurs s'en allaient, ivres d'amour, 
s'inimolant pour tous et pour chacun, comme jadis le Maître, le miracle 
se renouvellerait, » (P. 320.) Ce n'est point, selon M. S., vers le règne de 
la brutalité arméede scienceque va l'humanité, car la régénération est 
proche et il la prédit en ces termes, qui ne sont peut-être pas aussi clairs 
qu'on le souhaiterait ; « Oui le Messie viendra. Celui qui a été annoncé 
par Joachiin de Flore et qui doit inaugurer un nouveau cycle del'hisloire 
de l'humanité paraîtra. » (P. 212.) De tels aperçus, quoique un peu en 
dehors du sujet et fort discutables, ou plutôt pas assez discutables, méri- 
teraient cependant qu'on y insistât, parce qu'en eux réside une part du 
haut intérêt du livre et parce que derrière l'auteur ils nous montrent 
l'homme. Ces rapprochements avec Renan, suffisent pour établir que 
M. S. a sans doute raison de croire que le grand maître disparu aimerait 
son livre ; ils ne prétendent point insinuer qu'il y ait, entre l'ouvrage de 
M. S. et ceux de Reuan, autre chose qu'une ressemblance fortuite et 
comme imposée par la ressemblance des sujets. 

Bien que M. S. n'ait point voulu écrire ad probandum, il se trouve 
qu'il a tout de même beaucoup prouvé et il s'est efforcé de rendre les 
preuves autant que possible inattaquables. C'est pourquoi il a mis en tète 
ife son ouvrage une loagae et minutieuse étude des sources de la vie de 
■"■"' François, qui contient beaucoup de choses uevises e\ mvèïesp^^VKi. 



«^. 



— SS- 
II est impossible d'analyser en quelques mots des raisonnements de détail. 
Disons seulement que M. S. s'est efforcé de rechercher les documents, de 
remettre chacun d'eux dans son cadre, en déterminant dans quelles con- 
ditions et dans quel but il a été rédigé ; il a fort bien montré pourquoi le 
ton et le fond même des diverses Vies du saint qui nous ont été conservées, 
varient; comment l'idée qu'on a voulu se faire et donner du fondateur a 
changé avec les destinées de l'ordre et l'esprit de ses chefs. Il s'est, en 
second lieu, attaché à relever quelques textes, à son sens trop négligés, 
par exemple le livre des Conformités de Barthélémy de Pise. Il a essayé 
enfin, de découvrir dans les compilations postérieures, des fragments 
éparsdes documents primitifs perdus ; c'est ainsi que, fort ingénieusement 
et par des arguments très spécieux, il croit avoir retrouvé des débris de la 
Légende des trois Compagnons, telle qu'elle était lors de la rédaction, 
dans le Spéculum vitœ Sancti Francisci et Sociorum ejus, imprimé à . 
Venise en 1504; c'est ainsi encore que croyant à l'existence d'une Â/irtçoa 
Legenda autre que la première Vie de Gelano, il en a suivi les traces dans 
les Conformités : Conrad d'Offîda serait l'auteur de cette légende, parce 
que B. de Pise, citant deux fois le même fragment, le dit, la première, 
tiré de VAntiqua Legenda y et, la seconde, l'attribue à Conrad. M. S. ne 
donne pas cet argument comme sans réplique, mais il croit l'hypothèse 
plausible, et nous aussi. — Ce que M. S. dégagé de cette étude des 
sources, « c'est qu'il est peu de vies dans l'histoire aussi bien documentées que 
que celle de saint François. » (P. xxxiii.) Tel était aussi l'avi^ de Renan. 
(Nouvelles Études, p. 325.) Mais M. S. avoue qu'il (( est admis dans les 
milieux savants que les éléments essentiels de cette biographie ont dis- 
paru ou ont été complètement altérés. » Or, c'est cette opinion qui, selon 
nous, trouve sa confirmation dans l'ouvrage de M. S. Pour Renan qui, 
peut-être, n'avait pas vu les textes de trop près, la Première Vie de 
Celano, la I^égende des trois Compagnons Qi la Vie de saint Bonaventure 
étaient des « chefs-d'œuvre de rédaction naïve, où l'on voit clairement la 
part qui doit être faite à l'imagination et à la réalité historique ». Mais 
M. S. a fort bien montré que ces récits diffèrent les uns des autres, et que 
leur naïveté, ne cache pas toujours assez les idées préconçues de leurs 
auteurs. Devant les faits qu'ils nous fournissent, la critique objective est 
à peu près désarmée et le départ qu'il faut faire entre le vrai et le faux pré- 
sumés, est presque complètement subjectif. On réplique : si le détail est 
douteux, l'impression que donne l'ensemble est nette et juste ; cela est 
possible, encore qu'on fasse de cette théorie un abus singulier et que la 
prétendue vérité supérieure à la réalité ne soit souvent qu'erreur ; mais, 
de toute évidence, cette impression est insuffisante pour nous renseigner 
sur la vie même de François et la faire complètement sortir de la légende. 
Qu'on lise les deux premiers chapitres de M. S. (pp. 1 et sq.), et l'on 
verra quelle place y tient l'hypothèse ; dans presque tous les épisodes 
décisifs de la Vie, les faits réels et bien établis nous manquent. Voyez, 
par exemple, le récit du débat de Fran(50\s av^ci «^ow ^^t^^ ^xi^ ^^j^csix-^x 
joue un rôle si ridicule ou si odieux. ^Pp. 06 ÇiX. ^o^^ VS^^ùfi^ <^<^s^vs^^sst^ 



importante se pose là : Dans quelle mesure François était-il alors attaché 
officiellement à l'Église? M, S., et ce n'est pas sa taut«, ne peut que nous 
dire dans une note {p. 68, n. 2) : il est possible qu'il eût reçu les ordres 
mineurs. Voyez encore le voyage de François en Orient, qui reste si 
vague (p. 263}; l'entrevue de François et du pape, dont nous ignorons les 
résultats (p. 243), eto- Le mot peiU-étre est un de ceux qui reviennent le 
plus souvent sous la plume de M. S. Mais, peut-on dire, ce qui nous 
intéresse surtout chez François, c'est le développement de sa personne 
morale, ce sont les crises inléricurefe qu'il traverse. 11 faut avouer que, 
même en nous plaçant à ce point de vue, nos renseignements sont encore 
insuffisants. D'abord, comment se tait-il que François, après une vie 
dissipée, se soit converti au point de recréer l'idéal apostolique de la vie 
religieuse? Qu'on relise les pp. 21 et suiv., et on verra, combien ce que 
nous savons est vague ; un homme, un ami, semble avoir joué un grand 
rôle dans cette crise première : nous ignorons jusqu'à son nom, 
M, S. suppose que c'est le futur frère Élie {p. 22 et n. 1); c'est seulement 
possible. Un autre exemple : Voici un des épisodes essentiela, déter- 
minants, de la vie de François ; le cardinal Hugolin, désirant dévier au 
gré de ses désirs le mouvement franciscain, obtient de'son chef une 
modification capitale de la règle, l'abandon du principe :-JV'empoWeï rien 
avec cous. M. S. nous dit : « De quelle manière s'y prit-on pour obtenir 
de François cette concession ?...C'esifeseerei de l'histoire, mais on peut 
penser qu'il y eut alors dans sa vie une de ces tempêtes morales qui 
enlèvent aux plus forts toutes leurs facultés. u(P. 282 et sq.) Et c'est tout. 
Nous ne sommes d'ailleurs pas surpris que des documents légendaires 
restent vagues, que des écrits destinés uniquement à. l'édification de- 
ineurent incomplets; nous ne les avons pas même tous, puisque après la 
rédaction de la Légende de Bonareniure, un grand nombre de récits qui 
l'avaient précédée furent détruits par ordre du chapitre général (p. lxxxv, 
n. 1). Nous admettons donc aisément avec M. S. que la vie de François 
est très documentée, mais nous maintenons qu'elle est mal documentée. 
De ces documents imparfaits, M. S, a tiré un bon parti; ils les a fort 
habilement comparés et rapprochés et il semble en avoir extrait toute la 
substance; même presque un peu plus, car trop souvent, après avoir 
lu un développement intéressant, si on regarde au bas la page, on est 
tout surpris de trouver une référence insignifiante ou pas de réfé- 
rence. (Voy. p. 5, p. 73, sur l'ami que François va retrouver à Gubbio ; 
p. 92-93, sur l'impression que produisent les Franciscains sur la société 
d'alors ; p. J21, sur la prédication des Franciscains ; etc.) Je sais bien que 
M- S. dit (p. 51} : « La vérité n'a pas besoin d'être prouvée, elle s'im- 
pose, H maison peutne pas être decetavis; en outre, la vérité ne s'impose 
pas à tout le monde avec une égale évidence; c'est un peu une question de 
tempérament, et M. S. nous eût personnellement évité bien des doutes si, 
ayant des textes, il les avait indiqués. S'il n'en avait pas. nous n'avons 
/M# besoin de dire ce qu"û aurait du faire. Fort heureusement ces petits 
défauts de méthode sc/enlj/îque n'ont point \c\ le* ftw» "\ttwiïii^^\eTvts 



— 55 — 

qu'ils auraient dans Tétude d'une question politique ou sociale. Il est 
incontestable que si le saint François de M. S. peut ne point paraître 
toujours très fortement étayé, par la faute même des documents, il se 
tient tout de même debout; selon une expression de M. S., il est psycho- 
logiquement vrai; ou du moins, c'est tel que M. S. le représente qu'on le 
comprend le mieux, qu'on se le figure le plus volontiers. C'est par la con- 
ception qu'il a de son héros, que M. S. se met un peu à part de ses 
devanciers. Nul plus que lui pourtant n'a aimé François, car lorsqu'il 
arrive que sa critique faiblisse et laisse place à l'hypothèse, c'est que la 
voix du cœur parle au-dessus du texte et plus fort que lui ; il se laisse 
quelquefois emporter si bien par l'amour, qu'il ne peut se résoudre à ne 
pas savoir, il ne « peut s'empêcher de croire », ou de a penser » ceol ou cela ; 
mais enfin il a ramené saint François sur la terre; il en a refait un 
homme et il a déblayé sa vie d'une foule de légendes qui lui donnaient cette 
teinte grise et uniforme de sainteté merveilleuse, béate et un peu niaise^ 
qui rend tant de Vies de saints si incolores. Celui-ci du moins vit et peut 
souffrir, il nous intéresse. Après nous avoir dit excellemment ce que 
c'était qu'un saint au xiii« siècle (p. vu), M. S. nous fait bien comprendre 
que François n'est pas un phénomène isolé, que son état d'âme, né de 
certaines conditions de la vie morale et religieuse d'alors, ne fut que la 
perfection dans un idéal que d'autres déjà avaient désiré et entrevu 
(p. 42); il nous définit sa foi qui resta toujours en dehors et au-dessus des 
questions de doctrine et fut pour lui, «non pas du domaine intellectuel, 
mais du domaine moral )) ; il nous montre bien que François n'a pas voulu 
fonder un ordre mendiant, mais qu'il a imposé letravail (pp..l38, 179, 
190) à une association de laïques (p. 159 et n. 1) actifs (pp. xïi, 166), gais 
et pleins d'entrain, pour leur permettre de pratiquer la vie apostolique^ 
pendant qu'ils prêcheraient la vie évangélique aux autres hommes 
(p. 300). Aussi François n'a-t-il pas voulu fonder à côté de son ordre, un 
ordre de femmes et un tiers ordre. Clarisses et Franciscains de toute 
origine n'ont formé au début et dans sa pensée qu'un seul et même 
ordre ; ce sont des volontés étrangères à la sienne qui l'ont divisé (pp. 177 
181, 182, 185). Cela nous paraît la vérité même. Vraie aussi et toute char- 
mante est la peinture du mystique amour de François et de Claire 
(p. 168). Vraie encore çst l'histoire des angoisses du petit pauvre qui se 
sent trahi par ses frères, qui est, à la lettre, escamoté par l'Église, qui 
doute de lui, qui pleure et qui regrette presque sa vie; puis celle de son 
relèvement par la gaieté et celle de sa fin en plein triomphe intérieur, en 
telle extase que la mort n'a pour ainsi dire plus de sens pour lui, qu'il la 
personnifie et qu'il la chante, comme une sœur, à l'égal des autres créa- 
tures de Dieu : (( Soyez loué, Seigneur, pour notre sœur la mort corpo- 
relle à laquelle aucun homme ne peut échapper. » Nous regrettons de ne 
pouvoir éclairer de citations cette énumération si sèche et si incomplète, 
mais il nous reste encore quelques remarques à faire. 

Sur le contenu même de l'ouvrage, noxis iC^noiv^ ^^\^ o^xisv^^'set^'^ 
formuler: nous aurions voulu que M, S, \u^\^\âA.dL^N^\i\SbJSK^'s»^^ 



- 56 - 

tère social du mouvement franciscain. Nos autres critiques ne portent que 
sur des détails. Assurément, M. S. a courageusement élagué la partie mer- 
veilleuse de la vie du Père séraphique, il lui a pourtant laissé son auréole 
de thaumaturge et de voyant, et il ne semble pas qu'il ait essayé une expli- 
cation scientifique des phénomènes choisis qu'il relate, 11 serait exagéré 
d'accuser François de folie pure et simple; ce serait à la fois le mal com- 
prendre et ignorer son temps, cependant n'attendait- on pas que M. S,, 
qui parait écrire en toute indépendance de jugement, nous donnât son 
avis sur ce tempérament extraordinaire ; il le pouvait faire sans manquer 
de respect à son héros. Nous ne serions point fâché non plus qu'il nous 
dit plus nettement ce qu'il pense du merveilleux qu'il a cru devoir laisser 
dans celte vie éti'ange. Quand on lit le récit du miracle du crucifix 
(p. 63), celui de la vision du 24 février 1209 (pp. 78 et sq.), celui de 
l'impression des stigmates (pp. 330 et sq.), on demeure assez perplexe, si 
on n'a point préalablement une opinion faite. A peine quelques lignes 
ambiguës, lai s sent- el les entrevoir, ce que peut penser M. S. {p. xxiii, 
ligne 30). 11 parait hors de doute que M. S. croitaux stigmates, puisqu'il a 
écrit un appendice pour réfuter les objections qu'on a faites contre eux. 
Il a raison de dire que ces objections ne valent guère. On ne se figure 
véritablement pas Élie mutilant le cadavre de François durant la veillée 
funèbre, ainsi que le supposent Renan et Hase; car il est évident qu'Élie 
ne resta pas seul près du cadavre, et il est impossible d'admettre une 
complicité qu'il faudrait supposer trop nombreuse pour qu'elle soit pro- 
bable. Malheureusement, les arguments de M. S. ne sont pas meilleurs; 
entre les divers témoignages qu'il cite, les conttadi étions demeurent assez 
fortes pour éveiller des doutes. Dans l'état actuel de la science, tout ce 
qu'on peut dire, c'est que le phénomène n'est pas absolument impossible, 
mais aucun cas analogue à celui de François n'a encore été scientifi- 
quement observé'. On croira donc ou non ans stigmates, mais on ne fera 
point sureux la certitude historique. Au reste, si la question a pour les 
théologiens et les physiologistes une importance capitale, il faut recon- 
naître qu'elle ne présente pour les historiens qu'un intérêt do curiosité, 
car l'impression des stigmates, si elle eut lieu, ne put avoir une.influence 
considérable sur le caractère de François; il était arrivé à un tel degré 
dans la vie contemplative qu'il ne pouvait monter plus haut, — M. S- 
nous pardonnera d'avoir insisté surtout sur les défauts de son ouvrage; 
c'est lo devoir souvent pénible du critique. On lui a répété en trop 
d'endroits et sur trop de tons qu'il a écrit un chef-d'œuvre; nous nous 
contenterons de dire qu'il a tait, en somme, un fort bon livre, d'un bout 
à l'autre intéressant pour tout le monde, ou ne manquent ni les pages 
aimables ni les pages vigoureuses, et qui pouvait sans inconvénient se 
passer de la réclame excessive qu'on a menée autour de lui. Le style, 
qu'on trouvera quelquefois trop cherché, est du moins très soigné, et si, 

'. des se, médicales de Decbambre et la 



— 57 — 

lorsqu'on ferme le volume, on n*est peut-être pas devenu meilleur, on a 
du moins beaucoup appris, avec beaucoup de plaisir^ 

Ch. GUIGNEBERT. 



A. Perrault-Dabot. — L'Art en Bourgogne. — Paris, Laurens, 1894, 
in-8«, illustré de 32 pi. 

C'est un beau et bon livre que vient de nous donner M. Perrault-Dabot. 
L'aspect en est agréable; la lecture en est facile; le contenu en est ins- 
tructif. 

Le sujet était bien fait pour tenter la plume d'un érudit et d'un cri- 
tique d'art tel que M. Perrault Dabot. Nulle province n'a une histoire 
artistique plus glorieuse et plus ininterrompue que la Bourgogne. Depuis 
avant la construction de l'abbaye de Cluny jusqu'à Rude, le tempérament 
artistique bourguignonne cesse de s'affirmer par des créations originales, 
nombreuses et variées. 

Pour traiter dignement son magnifique sujet, une seule chose a manqué 
à M. Pe»Trault-Dabot : c'est le loisir; son œuvre trahit la précipitation 
d'un homme justement désireux do voir paraître l'œuvre intéressante 
qu'il avait produite, mais trop pressé, ou plutôt trop occupé d'autres Ira 
vaux pour pouvoir mettre au point certains chapitres, môme certaines 
phrases, compléter ou vérifier certaines assertions. 

De là, divers défauts dans le plan, dans l'exactitude des renseignements, 
dans la forme, et un certain nombre d'omissions. 

L'auteur a par exemple reconnu avec beaucoup de justesse au début de 
son livre qu'il ne convient pas de (( tenir un compte trop rigoureux des 
limites imposées par la politique, qui n'a rien de commun avec les beaux- 
arts ». Cependant, il étudie l'art dans le département de l'Ain, -tout en lui 
niant le caractère absolument bourguignon, et il néglige d'autre part 
la Nièvre, où les monuments de Nevers, Clamecy, Varzy,Tannay offrent 
des types d'architecture et de sculpture tout à fait propres à l'art de Bour 
gogne. Je me hâte de dire que la carte comparée des limites politiques et 

1. Nous voulons niettre h part de notre compte rendu quelques remarqires de 
détail, qui ont pourtant une certaine iniporlance. M. S. n'a pas cru à propos de 
nous donner une bibliographie de ses devanciers ; on peut le regretter. Au moins 
eût-il dû citer avec plus d'exactitude les ouvrages qu'il nientiouue dans ses notes. 
Par exemple, renvoyant à l'ouvrage de Thode (p. l, n. ii), il n'indiciuc ni le titre 
coiuplet, ni le lieu, ni la date de publication. De même pour d'autres livres 
(p. Lxxix, n. 1). Il attribue toujours le format in-4'' au Saint François publié chez 
f'ion par collaboration eu 188.'); en réalité, il est in-f". ~ M. S., quand il cite des 
textes de TJ^criture, n'en indique pas la provenance exacte. On ne voit pas pourquoi, 
car il y a lieu de craindre que tous ceux qui liront son livre ne possèdent i»as la 
Hible à fond. — Signalons enfin «me phrase qu<î M. S. fera bien de faire dispa. 
raîlre de la seconde édition. 11 s'agit d'nii manuscv\\. d' Awsv»\st •. wVivi vvja.vî^'^ ^^vijifc 
est ce manuscrit ? Il /'uiuirait Hre /Kilèographa pour le dèlcrnxuvev . %^ vy . ^va-N^-^^ 
aveu pourra faire sourire. — Ch. G. 



artistiques de la Bourgogne qui est jointe au volume est exempte de sem- 
blables erreurs. 

On ne saurait exiger une forme rigoureusement scientifique d'un livre 
que Taulcur déclare ne pas adresser aux érudits; cependant, dans l'in- 
térêt môme de la vulgarisation, on regrette de ne pas y trouver plus de 
précision. Des listes où ne seraient pas confondus des monuments de 
dates très diverses; l'indication non pas aride, mais claire et nette des 
principaux caractères propres à l'art bourguignon de diverses époques ; 
enfin une distribution plus méthodique des matières ne rendraient pas le 
livre moins intéressant à lire, mais pourraient le rendre plus facile à con- 
sulter et plus instructif pour le grand public auquel il s'adresse. Les con- 
fusions vont du reste très loin : la description de l'église haute de Saint- 
Bénigne de Dijon (1282) se trouve parmi les édifices romans; c'est aussi à 
l'époque romane que l'auteur rapporte les maisons à tourelles d'esca- 
liers en saillie, fréquentes depuis le xiv« siècle, mais inconnues dans l'ar- 
ehilecture civile romane de Cluny, Vézelay, etc. 

11 est regrettable que l'auteur n'ait pas mieux vérifié les faits avant de 
se taire une opinion sur certains points. 11 admet, parexemple, bien légè- 
rement la théorie souvent et très sérieusement attaquée qui attribue à 
l'ordre de Cluny une école d'art spéciale : (i 11 est certain, dit-il, que 
cette congrégation fameuse avait des architectes attitrés qu'elle envoyait 
au loin..., elle devait donc leur imposer une règle et un modèle uni- 
forme. 1) On avouera qu'une telle déduction est hasardée; quant aux 
exemples qui peuvent l'appuyer, ils prouvent simplement qu'au xi« et 
dans la première moitié du xii« siècle, l'ordre de Cluny, riche, prospère, 
et aussi très cultivé, a favorisé le développement des arts et aimé le luxe 
des constructions. L'ordre de Cluny a donc pu aller jusqu'à diriger le 
goût; quant à donner à ses constructions un plan ou un style uniforme, 
il en a été très loin. 

C'est ce que M. Anthyme Saint Paul, dont le nom fait autorité en 
matière d'archéologie monumentale, a magistralement démontré dans 
une réponse éloquente adressée à M. Perrault- Da bot'. Je ne saurais 
ajouter à ses observations que des exemples qui les corroborent. Ce n'est 
jamais par les moines de Cluny que l'art bourguignon a pénétré dans 
d'autres provinces de France; aux prieurés clunisiens cités par M. A. 
Saint-Paul, on peut ajouter pour le nord de la France : Le Wast, près 
Boulogne, Eondéde 1090 i 1110; Airaines, près Amiens, tondéenlll?; 
Saint-Taurin, du milieu du xii« siècle. Tous trois appartiennent à l'art ro- 
man de ri le- de -France avec quelques influences normandes, et res- 
semblent autant aux autres monuments riches du pays qu'ils diffèrent de 
ceux de Bourgogne. Par contre, dans la même région, les Prémontrés 
imporutieni un plan germanique à Dommartin, et tes chanoines réguliers 
un plan bourguignon à Saint-Étienne-au-Mont. Tous les ordres religieux 



— 59 - 

ont en tous pays amené des architectes et des styles étrangers, mais les 
moines de Cluny semblent en avoir moins importé que tous les autres. 
M. A. Saint- Paul a toutefois raison de faire une exceptioa pour l'Es- 
pagne; les Clunisiens ont sans doute fourni les plans français de Saint- 
Jacques de Compostelle et de Saint- Vincent d'Avila ; mais le premier, 
le chœur et le transept du second imitent le plan de Conques, dont 
l'origine est auvergnate. La nef de Saint- Vincent d'Avila est bourgui- 
gnonne et rappelle les églises de Vézelay et d'A vallon. Les cathé- 
drales de Siguenza et de Lugo, œuvres des moines de Cluny, ont un style 
analogue, mais leur église de Saint-Isidore à Léon appartient à l'art du 
Languedoc. Si les influences françaises sont multiples en Espagne, il est 
à remarquer qu'elles y appartiennent à toutes les écoles et n'ont pas même 
de caractère fixe et unique chez les Cisterciens si attachés partout ailleurs 
à reproduire le style de leur province, mais si négligé pourtant par 
M. Perrault-Dabot. L'auteur (p. 46) s'étonne que l'arc aigu apparaisse en 
Bourgogne dès le xii« siècle, et que le plein-cintfe persiste dans les arca- 
tures jusqu'à la fin du xiii«; mais ce sont là des phénomènes communs à 
tous les pays, et spécialement en Bourgogne on peut trouver l'arc brisé 
dès le XI* et le plein-cintre même au xiv« et au xv* siècle. 

L'originalité et l'expansion de l'école bourguignonne de la fin du xn' 
au XIV® siècle ne sont peut-être pas assez bien montrées ; en revanche, 
l'auteur s'est peut-être laissé aller à quelque exagération lorsqu'il parle 
de l'art de sa province au xiv* et au xv* siècles ; renchérissant presque 
sur une manière de voir que M. le chanoine Dehaisnes a victorieuse- 
ment réfutée, il appelle Jean de Marville et Claus Sluter de « pures 
gloires bourguignonnes » (préface, p. 9). Certes, l'opulence des ducs 
de Bourgogne, leur faste, leur goût pour les arts ont attiré de toutes parts 
d'éminents artistes, et l'on peut dire qu'il y eut une école de Dijon 
comme plus tard une école de Fontainebleau; on peut même croire que 
l'influence du milieu a eu une action très notable sur les artistes de toute 
nationalité qui la formèrent ; cependant l'absence de noms bourguignons 
parmi eux est si remarquable qu'on ne saurait en bonne critique appeler 
bourguignonne cette troisième école de la Bourgogne, moins origi- 
nale, du reste, que les précédentes. 

A cet examen trop léger des questions qu'il traite, s'ajoute chez 
M. P.-D. un examen insuffisant des œuvres qu'il cite. C'est ainsi que 
voulant réfuter M. Anthyme Saint-Paul, il lui prête des opinions qui 
appartiennent à d'autres, ou des emprunts à des théories émises après les 
siennes; M. Anthyme Saint-Paul s'est défendu avec grande raison et avec 
beaucoup de justesse, et l'on ne peut faire mieux que de renvoyer ici 
à sa réponse. Pour ma part, j'ai l'honneur d'être cité dans L'Art en Bour- 
gogne, à propos de travaux intéressant l'influence de l'art bourguignon 
sur l'Italie, mais j'avoue regretter d'être cité avec si peu de précision, 
et peut-être l'autour (si je ne me trompe) eût trouvé (|uek\ue <^ïo&\.*kV\\fc 
le compte rendu que j'ai consacré dans le Bulletin crilxqae ^\ KvcAvvX.^c- 
ture gothique de M. Corroyer. 



— 60 — 

Les omissions de monuments sont parfois très importantes; ainsi, un 
des plus curieux et d^s plus pittoresques des châteaux bourguignons du 
xii* siècle, Druyes, est oublié ; un maigre chapitre sur les vitraux ne men- 
tionne pas ceux de Semur-en-Auxois, ornés de si curieux tableaux des 
corporations au xiv*siècle, ni les beaux vitraux de Saint- Florentin (xvies.) ; 
réglise de Toucy, la nef de l'église de Chatel-Censoir, etc., sont oubliées 
dans Tarchitecture de la Renaissance. 

Lorsque l'auteur aflSrme (p. 73) que les maisons de Cluny sont uni- 
formes, et cela à cause du caractère monastique de la ville, lorsqu'il 
définitjp. 74 note) la voûte en berceau « voûtede peu de largeur»; lorsque, à 
la p. 82 le mot ogioe, pris jusque-là à contresens pour désigner l'arc 
aigu, est tout à coup employé dans son sens véritable au centre et au bas 
de la page et reprend entre deux son sens fautif, lorsque Philippe le Bon 
est appelé Jean le Bon (p. 107) et qu'une même statue (p. 116 et 117) est 
tour à tour saint Jean ou saint Antoine, ou bien lorsqu'on lit (p. 66) dans 
la description de la cathédrale d'Aulun : « Les bas côtés pourtournent le 
chœur... Le chœur sans collatéral...;» dans celle de l'église de Saint- 
Florentin (p. 155), (( elle ne possède comme toute nef que le pourtour du 
chœur», et ailleurs abside pour des chevets rectangulaires; réfutation 
d'une église, etc., ce sont autant de bévues dues à de pures distractions, 
mais le nombre de ces étourderies est considérable. 

La plupart de ces reproches, je suis heureux de le dire en terminant, 
ne peuvent s'adresser qu'à la première moitié du livre. A la fin de son 
œuvre, abordant un terrain qui lui est familier, M. Pcrrault-Dabot se 
montre éininent érudit et fin critique d'art. Les temps modernes sont 
traités de main de maître. L'histoire de la peinture y est surtout remar- 
quable. Si j'ai signalé sans détour les défauts d'un livre qui a beaucoup 
de bonnes qualités, c'est que ce livre, par le sujet qu'il traite et par le 
talent de son auteur, mérite d'être lu de tous; il y a donc lieu d'espérer 
qu'il aura une seconde édition, que diverses retouches de fond et surtout 

de forme rendront aisément meilleure. 

C. Enlart. 



RôiiRicHT. — Regesta regni hierosolymitani (mxcvii-mccxci).. — 

Innsbruck, Wagner, 1893, in-8*>, 521 p. 

L'utilité des Regesta ou catalogues d'actes n'est plus à établir. Les 
livres de ce genre sont la base de Thistoire. On peut même dire qu'ils 
sont l'histoire dépouillée de son vôtt^ment pittoresque. Ce que Bôhmer a 
fait pour l'Empire d'Allemagne, M. Rôhricht Ta fait pour le royaume de 
Jérusalem. L'autorité que M. Rôhricht s'est acquise dans les études 
relatives à l'Orient latin suffît à recommander ce livre, que M. de Mas 
Latrie, dont on connaît la haute compélence dans ces matières, a déclaré 
i/n ff modrle do concision, d'exactitude et de critique ». L'auteur a dressé 
y^f catalogue da tous les actes, lettres et clrarles, te\vv\\\^ îi VVû^loire du 



- 61 - 

royaume de Jérusalem, de 1097 à 1291, c'est-à-dire de son origine jusqu'à 
la prise de Saint-Jean-d'Acre, dernière capitale du royaume. 

Toutefois, Tauteur a éliminé les documents qui ne contiennent que de 
simples mentions de localités ou de personnages du royaume de Jéru- 
salem ; autrement, les seules lettres pontificales eussent occupé un volume 
aussi gros que celui qu'il nous donne. On n'y trouvera pas non plus 
toutes les lettres où des Francs racontent les faits de guerre auxquels 
ils ont assisté. Ont été aussi éliminés les documents relatifs à Chypre, à 
l'Arménie et aux Ordres de chevalerie. Tel qu'il est, le catalogue com- 
prend 1,519 numéros. La langue dont M. Rôhricht a fait choix pour 
l'analyse des documents est le latin, non seulement, dit-il, parce que la 
plupart des chartes et lettres ont été écrites dans cette langue, mais parce 
que celle-ci se prête mieux que toute autre à une analyse exacte des 
documents ; elle ne laisse pas place en effet à l'interprétation personnelle 
de l'auteur. Le volume se termine par des tables alphabétiques indispen- 
sables dans un répertoire de ce genre : index onomastique, index topo- 
graphique, glossaire des termes spéciaux, index bibliographique. Dans 
ce dernier je relève une tache et une erreur. L'auteur de VIliatoria 
diplomatica Friderici secundi s'appelle Huillard-BréhoUes et non 
Bréholles (H.); et l'éditeur des Begisires de Nicolas IV n'est pas 
Ch.-V. Langlois, mais Ernest Langlois. 

M. Prou. 



BÉDiER (Joseph).— De NicolaoMuseto ((/aZZice; Colin Muset).— Paris, 
Bouillon, 1893, in-8<>, 133 p. 

M. Bédier, nous donne une étude sur la vie ot les œuvres du chan- 
sonnier français, Colin Muset, suivie d'une édition critique de ses 
œuvres. 

Sur sa vie, M. Bédier n'ajoute et ne pouvait pas ajouter grand 'chose 
à ce qu'avait dit ayant lui Paulin Paris (Cf. Histoire littéraire de la 
France, t. XXIII, pp. 547-553). Il s'est formé sur Muset toute une 
légende, qu'avait déjà complètement détruite le savant romaniste ; je n'en 
veux citer ici qu'un seul trait, plus particulièrement curieux et inté- 
ressant au point de vue de l'histoire de notre littérature. Paul de Musset, 
écrivant la vie du poète son frère, plaçait au nombre de leurs ancêtres, 
Colin de Musset : « Tous les nobiliaires de France, écrit-il, font mention 
de la famille de Musset, ce qui me dispense de reproduire ici la généa- 
logie du poète qui a illustré ce nom. Cependant je remarque sur la liste 
de ses ancêtres un personnage assez curieux; c'est un certain Colin de 
Musset, qui était poète, musicien, joueur de viole très habile et ami du 
célèbre Thibaut, comte de Champagne et roi de Navarre. Colin de Musset 
composait de la musique sur les poésies de ce prince et sur les siennes...» 
Je ne crois pas devoir pousser plus loin la c\Ut\oiv. ôÀtç^ C3^^>^^ x^eç^sswxsfc 
2Mtant d'erreurs que de mots, ce serait pcuX-feltÇi efxau^fet^^'» V^sX ^^nv, 



cependant. Tout ce que nous pouvons savoir d'à peu près certain, — et 

encore j peut-on faire des réserves, je le difai plus loin. — le voici : il 
était ménestrel dans les marches de Lorraine et de Champagne; dans une 
de ses pièces en eSet, VII, 42, 49, 50 (je cite naturellement d'après l'édi- 
tion de M. Bédier), il parle des seigneurs de VVaignonrut et de Wide- 
mont. Or Geolïroi de Waîgnonrut, ou de Vignori, est l'un des héros 
de la croisade de Constantinople, en 12Ù0; quant au comte de Wîde- 
mont ou Vaudemont, il est connu pour avoir dès J187 pris part au com- 
bat de Tibériade; il hérita de la terre de Vaudemont en 1190 et mourut 
en 1235. Dans une autre de ses pièces, le Descort (VIII, 62-63), Muset 
écrit : 

Mon descort ma dame aport 
La bone duchesse, por chanter; 

Cette duchesse, c'était très probablement Agnès de E(ar. mariée en 
1181 au duc de Lorraine Ferri II, et morte en 1226, elle était la fille de 
Thibaut l". comte de Bar, et la soeur de Thibaut II, 

Quant au genre de vie que menait Colin Muset, il nous est (acile de 
nous en faire une idée d'après ses vers. Il allait de château en château, 
chantant tantôt les chansons d'autres poètes, tantôt celles qu'il avait com- 
posées lui-même; il s'accompagnait de la viole, instrument qui n'était sans 
doutcpassans analogie avec notre violon, puisqu'on en jouait à l'aide d'un 
archet {Cf. I, 21). Après s'être fait entendre, il ne craignait pas de récla- 
mer le prix de son labeur, qu'on lui donnait tantôt en argent, tantôt en 
vêlements ou autres objets. Sa tournée faite, il rentrait chez lui, où l'ac- 
cueil qu'il recevait était bien différent suivant qu'il revenait la bourse 
garnie ou la bourse vide. Il ne parait pas avoir été fort pauvre ; il avait 
en sa maison et valet et servante; il y avait aussi une basse-cour bien 
fournie oii l'on allait puiser pour téter son retour, lorsqu'il revenait avec 
sa malle pleine ; sa femme n'éuit point obligée de se livrer à de durs 
travaux ; pendant l'absence de son mari, elle prenait sa quenouille et 
Riait. Muset était d'humeur gaie, aimait la bonne chère, les jolies filles ; 
pendant le printemps ou la chaleur de l'été, il sereposait volontiers à 
l'ombre de quelque arbre touffu, auprès d'une source à l'eau claire et 
vive, et là, il se réjouissait de contempler les jeunes gens et les jeunes 
filles, qui couronnés de fleurs, se livraient aux plaisirs de la danse et du 
chant; plus d'une fois, en lisant ses vers, nous pensons à ceux d'Horace; 
non seulement les idées, mais quelquefois même la manière dont elles 
sont exprimées sont les mêmes chez les deux écrivains; et il est bien peu 
probable cependant que Muset ait jamais lu le poète latin. 

La question à laque! le M. Bédier s'est surtout attaché dans son livre, — 
et il y a tout lieu de l'en louer, — c'est de savoir quelle est la valeur 
propre de Colin Muset, de déterminer le rang qu'il occupe parmi les 
poètes ses contemporains, de voir dans quelle mesure il a été original. 
C'est ea e'/K'( w/ie opj/iion généralement adoptée aujourd'hui, que tous nos 
neax chansonaieea ne diffèrent guère entre êutl, n\ çai \ea \ft.fees 1» cm 



-Ô3 - 

le style: telle chanson de Colin Muset, croit-on, pourrait aussi bien 
avoir été écrite par un autre ; elle ne porte point en elle-même le cachet, 
la marque indéniable de son auteur. « Le style, a dit Buffon, c'est 
rhomme même. Prenez dix trouvères lyriques, vous ne trouverez pas 
dix hommes, mais un seul trouvère. » (L. Passy, Biblioth. de V École des 
Chartes, t. XX, p. 1.) C'est là, suivant M. Bédier, une opinion, sinon 
fausse, du moins singulièrement exagérée, et qui vient uniquement de 
ce qu'en réalité nos chansonniers du moyen âge n'ont pas été jusqu^ici 
assez soigneusement étudiés ; c'est ainsi que sur une multitude d'œuvres 
qui nous restent d'eux, fort peu ont été publiées ; parmi les édi- 
tions ayant une valeur scientifique, on ne peut guère citer que celles de 
Moniot de Paris, par M. Raynaud ; du Châtelain de Coucy, par M. Fath ; 
de Conon de Béthune, par M. Wallemskjôld ; il est vrai que de divers 
côtés l'on en annonce d'autres qui ne seront pas moins bonnes. 

Il importe de remarquer tout d'abord que nos anciens poètes lyriques 
étaient en même temps des musiciens, et par ce côté, il nous est aujour- 
d'hui absolument impossible de les juger ; c'est donc uniquement leurs 
vers qu'il nous faut examiner. Sans doute, ils nous paraîtront au premier 
abord fort semblables les uns aux autres ; mais il en est de même, nous 
dit M. Bédier, des lyriques de n'importe quelle époque, de n'importe 
quelle langue, qui appartiennent à une même école ; cet air de ressem- 
blance qu'ils ont entre eux vient de ce qu'ils ont traité les mêmes sujets, 
exprimé les mêmes sentiments. Cette remarque contient sans doute une 
part de vérité, mais il ne faudrait pas, je crois, en pousser trop loin l'ap- 
plication : serait-il en efïet si difficile de reconnaître un poème de Ron- 
sard d'un autre de du Bellay : l'observation de M. Bédier n'est, je 
crois, absolument vraie que lorsqu^il s'agit d'écrivains qui n'ont été en 
somme que de second ordre. 

Parmi les idées qui formaient le fonds de la poésie lyrique au moyen 
âge, M. Bédier cite en première ligne la conception que nos chansonniers 
se faisaient de l'amour : c'était avant tout l'amour courtois, une distraction 
agréable, que l'on recherche volontairement, où l'on se complaît, mais qui 
jamais ne vous domine et qui est bien différent par conséquent de cette 
passion ardente et farouche, brisant tous les obstacles ou plutôt ne les 
voyant même pas, qui précipitait un Tristan et une Iseult, un Roméo et 
une Juliette dans les bras l'un de l'autre. Toutes les pages où M. Bédier 
nous parle de cette conception de l'amour sont charmantes : je ne puis 
qu'y renvoyer le lecteur. Aux observations qu'il a faites j'en ajouterai 
une autre: tous les poètes ont tellement alors une conception identique 
des choses de l'amour, que toutes les femmes dont ils nous parlent sont 
toujours, ou presque toujours blondes ; s'ils nous parlent d'une brune, ils 
croient presque devoir s'en excuser : témoin ce refrain d'une pastourelle 
dont l'auteur et la date précises sont du reste également inconnus : 

En mon Deu, j'ai bel ami, 

Ceinte et îo\\, 

Tant soie je brunète. 



- 64 — 

Comment Colin Muset, tout en se servant de ce fonds commun a trans- 
formé tout ce qu'il en prenait, Ta rendu sien, Ta marqué d'une note ori- 
ginale, c'est ce que M. Bédier établit on ne peut mieux. Il complète 
sa démonstration par une fort intéressante comparaison entre Muset et 
Conon de Béthune, et il montre que Ton trouve en eux, non seulement 
deux auteurs, mais deux hommes. 

M. Bédier nous présente ensuite de très utiles remarques sur la langue, 
puis sur la métrique de Colin Muset, enfin sur la manière dont le texte 
de ses œuvres doit être constitué. Le livre se termine par une édition des 
poésies de Muset, édition excellente, pourvue d'un abondant appareil cri- 
tique et d'un commentaire explicatif que j'aurais désiré cependant un peu 
plus développé; M. Bédier nous le donnera certainement un jour, car il 
est tout à fait à désirer qu'il publie à part son édition en en faisant un 
livre indépendant ; elle le mérite tout à fait. Personne, avant lui, n'avait 
publié Colin Muset en entier, si ce n'est P. Tarbé, dans les Chansonniers 
de Champagne ; mais le manque de critique et de méthode, les erreurs 
grossières y apparaissent à chaque instant. 

Toutes les pièces publiées par M. Bédier sont-elles authentiques, et 
d'autre part n'y a-t-il pas des poèmes de lui qui, bien que ne lui étant pas 
généralement attribués, devraient, après une étude plus attentive, être 
replacés parmi ses œuvres ? M. Jeanroy signalait jadis (Les Origines de 
la poésie lyrique en France au moyen âge, p. 505), un poème qui ne se 
trouve que dans un seul manuscrit et qui devait, suivant lui, être attribué 
à Colin Muset : M. Bédier n'a pas cru devoir se ranger entièrement à cet 
avis, d'autre part M. Gaston Paris (Romania, t. XXII, p. 287) conteste 
avec assez de raison, ce me semble, Tauthenticité de trois des poèmes 
donnés par M. Bédier, II, V, VII. « La pièce II, àmonsens, n'a aucune 
chance d'être de lui, dit-il; elle est dans un rythme qui ne ressemble à 
aucun des siens, et elle repose en bonne partie sur la banale plainte 
contre les mesdisanz, qui ne se trouve dans aucune de ses pièces authen- 
tiques. J'en dirai autant de V, qui roule sur les lieux communs de l'amour 
courtois, et surtout de VIÏ, consacrée à blâmer ce siècle et sa compagnie 
de mauvaise geni, où Ton ne reconnaît rien de l'esprit ni du style de 
notre poète. » Comme c'est dans cette pièce que se trouvent les allusions 
aux seigneurs de Waignonrut et de Widemont, dont nous avons parlé 
plus haut, et qui sont les seules que nous ayons sur la patrie et l'époque 
du poète, nous supprimerions donc, en enlevant cette pièce de ses œu- 
vres, le peu de renseignements que nous avons sur lui. Mais c'est là une 
raison qui ne nous permet pas de déclarer authentique le poème en ques- 
tion, et les doutes que M. Gaston Paris émet sur son authenticité nous 
semblent assez fondés. 

En somme, le livre de M. Bédier est une des monographies les plus 

importantes, les plus intéressantes aussi, que l'on nous ait données sur 

yhJsîoÎTC de notre ancienne poésie lyrique. Il est écrit dans un latin 

d'une correction, voire même d'une élégance auxquelles nous ne sommes 

/^/i/s habitués aujourd'hui, M. Bédier, i'en suis sût, îi ^xx, e.Tv\(tç.TVN^àsv\, 



— .65 — 

éprouver un très vif plaisir; ce plaisir, ses lecteurs le partagent, et le 
remercient de le leur avoir procuré. 

Gaston Rousselle. 



Amicie de Villaret. — Campagnes des Anglais dans l'Orléanais, 
la Beauce chartraine et le Gâtinais (1421 1428), et Campagnes 
de Jeanne d'Arc sur la Loire postérieures au siège d'Orléans. 

— Orléans, Herluison, 1893, in-8o, 165 p. 

Cet ouvrage se recommande à nous parla méthode et le soin minutieux 
que son auteur a apportés à sa rédaction. M^i® de V., comme elle le dit 
elle-même, n'a pas eu la prétention de refaire les travaux de MM. Longnon, 
Siméon Luce et Vallet de Viriville ; mais elle les a fort heureusement 
complétés; se servant de documents inédits, tirés des archives commu- 
nales d'Orléans, elle nous fait assister à ces campagnes d'escarmouches 
et de sièges, presque sans résultats, qui durèrent jusqu'en 1427, au grand 
effort tenté par l'Angleterre au début de 1428, à la marche lente, mais 
progressive et sans arrêt, qui, après la prise de Janville, de Meung, de 
Beaugency et de Jargeau, amena l'armée de Salisbury sous les murs 
d'Orléans. 

Dans la seconde partie, M^i^ de V. a relaté, d'après les diverses 
chroniques, en en faisant ressortir parfois les contradictions et en dis- 
cutant fort savamment leurs assertions, les faits qui suivirent la délivrance 
d'Orléans, jusqu'à la victoire de Patay. — A signaler, parmi les pièces justi- 
ficatives, de nombreux extraits tant des comptes d'Esparnon, trésorier des 
guerres pour les Anglais, que des comptes de la ville d'Orléans, à l'aide 
desquels M^^® de V. arrive à déterminer avec beaucoup de précision le 
nombre des combattants, et établit très sûrement la faiblesse numérique 
des effectifs alors en présence. — Une observation typographique en 
passant : pourquoi le nom de Viriville, souvent cité dans les notes, est-il 
écrit le plus fréquemment Vallet (de Viriville), ou Vallet, de Viriville? 

G. 



CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE 



Nous avons annoncé l'année dernière (numéro d'août-septembre, p. 200), la pu- 
blication d'un nouveau Giornale Dantesco ; depuis, nous avons reçu les deux 
premières livraisons de la Rassegna critlca dcgli stucU danteschi; que l'on 
se rassure : il ne s'agit pas ici d'une nouvelle revue dantesque venant s'ajouter à 
celles qui existent déjà, mais seulement d'une transformation du Bulletlno délia 
Socletà dantesca itallana ; c'est toujours là le vrai titre, le Bulletlno^ dlci<^^ 
par M. Barbi, devient péviodiquQ et mensuel, à. \ïêu ^t^ç» ^\xt \^ \ï\si^s\^ ^^X'îk. 
Rassegna bibliograjica délia letteratura italiana de ^ . >>.. ^'K\iÇ.wsa.> Navxs.^^ 



- 66 — 

qu'une série parallèle de travaux originaux plus développés paraîtra, à intervalles 
irréguliers, sous le titre de Studi danteschi. La Société dantesca souhaiterait de 
grouper et « de faire converger vers un but utile les forces si nombreuses qui se 
consument en vain, et de délivrer la littérature dantesque de ces centaines délivres, 
opuscules et articles inutiles, sinon même dangereux, dont nous sommes accablés 
chaque année • et qui sont le fléau de l'érudition. Certes, nous nous associons à ce 
vœu. 

Dans le premier fascicule (octobre 1893), nous remarquons un article de 
M. F.-X. Kraus sur les derniers travaux relatifs au traité De Monarchia, dont 
M. A. Maas et M. le D' Prompt ont nié récemment l'authenticité ; M. Kraus est 
loin de se ranger à leur opinion ; mais ce qui reste toujours discuté et discutable, 
c'est la date de la composition de cette œuvre par certains côtés si obscure. Bien 
des questions seront prochainement éclaircies, espérons-le, par M. Grauert, qui a 
eu la bonne fortune de rencontrer dans un de nos manuscrits (latin 4683, fol. 27) un 
exemplaire du De Monarchia qui n'avait nulle part été signalé, pas plus dans le 
catalogue imprimé de 1744 qu'ailleurs. Ce qui donne une valeur exceptionnelle à 
ce nouvel exemplaire, c'est qu'il est, dans le manuscrit, précédé d'un Tractaius de 
Jurisdùctione Imperatorls et Imper Li^ qui en serait c^mme la contre-partie et la ré- 
futation, et composé, d'après le savant professeur de Munich, par ordre de 
Jean XXII. L'étude comparée de ces deux traités opposés, copiés à dessein dans 
un même volume, ne manquera pas de jeter la lumière sur chacun d'eux, et de 
donner au De Monarchia une importance encore plus grande. L. A. 

L'année 1894 a vu naître plusieurs Revues nouvelles, parmi lesquelles nous 
croyons intéressant de signaler aux médiévistes, en France, deux revues men- 
suelles : 

Le Manuscrit, « revue spéciale de documents manuscrits, livres, chartes, auto- 
graphes, etc., concernant leur curiosité historique, artistique, bibliographique, et 
contenant la description et la représentation de ces documents ». — Le nom seul 
du directeur, M. Alphonse Labitte, est un sûr garant de la compétence et du soin 
qui seront apportés dans Tétude et la reproduction des miniatures qui sera l'un 
des principaux attraits de cette publication. 

La Correspondance historique et archéologique^ dirigée par MM. F. Bournon et 
F. Mazerolle, fondée dans le but de créer un centre d'informations où les historiens 
et les archéologues pourront proposer et résoudre les desiderata de l'érudition, se 
renseigner mutuellement sur les ouvrages en préparation ou en cours de publi- 
cation, ou même sur des recherches et des travaux particulier! qui n'ont pas pour 
objet une mise au jour immédiate. 

En Belgique : La Reçue néo-srolastique^ trimestrielle, dirigée par M. D. Mercier, 
destinée à servir d'organe à VÉcole de Philosophie récemment fondée à l'Univer- 
sité de Louvain sur la demande de Léon XIII, et placée sous le vocable de saint 
Thomas d'Aquin. A signaler, dans le premier numéro, l'article intitulé : La Philo- 
sophie néo-scolastiqup^ où M. D. Mercier fait de façon magistrale l'exposé de la 
renaissance des études scolastiques dans ces dernières années, et aussi l'article 
de Ai. de Wu}f : Une théorie philosophique de Henri de Gand. 



PÉRIODIQUES 



Philologie romane. 

Archiv fur lateinische Lexikographie und Grammatik, 8* année, 
Heft I. — Comptes rendus. —P. 146-9. Karl Sittl, Jahresbericht ûber Vulgâr- und 
Spàtlatein 1884 bis 1890. Jahresb. ûber die Forschritte der klass. Attertumswissen- 
schaft, Lxviii. S. 226-286. — Paul Monceaux, Le latin culgaire d'après les 
dernières publications. Reoue des Deux-Mondes, 15 juillet 1391, 429-18. Le 
premier nie l'existence du latin vulgaire. Éloges pour l'exposé du second (A. 
Miodonski). — P. 157-8. Paulus Geyer, Kritisehe und sprachliche Erlâuterungen 
zu Antonini Placentini Itinerarium. Augsburg, 1892. Faible. — P. 158. Karl 
Kôberlin, Eine Wûrnburger Eoangelienhandschrift. Augsburg, 1891 . Publication 
utile. 

Archiv fur das Studiuxn der neueren Sprachen und Litteraturen, 

LXXXVIII. — Fasc. 1. — P. 81-85. Hartmann von Aue, Iwein, der Ritter mit 
dem Lôwe. Hrgg. v. E. Henrici. 1 Teil. Text. Favorable. (M. Roediger.)— Fasc. 2. 

— P. 157-180. M. K onrath, Zar Laa^ und Flexionslehre des mittelkentischen. 
Kleine Mitteilungen. — P. 181-189. A. Napier, Eine mittelenglische Compassio 
Marias. Texte et notes. — P. 189-192. W. Mangold, Aufder Grenze von de und^ 
beim Injinitio. — Comptes rendus. — P. 214-5. Gustav Steffler, The Sege of Jéru- 
salem. Nach dem Bodl. Ms. Laud. Fasc. 22. (656). Édité sans le soin désirable. 
(J. Z.) —P. 223-8. Karl Vollmôller, Laberinto amoroso. Ein altspanisches Lieder- 
buch. Très favorable. (H. Bucbholtz.) 

Gôttingische gelehrte Anzeigen, 1892, 1. — P. 121-145. Fustel de Coulanges, 
Histoire des institutions politiques de Vancienne France. « Nie sind in einem 
Historiker die sammtlicben Eigenschaften vereinigt gewesen, welche.wûnschens- 
werth sind, um « die grôsste aller Verànderungen, die das Abendland erfabren bat, 
das Werk des f ùnften Jahrhunderts » zu beschreiben »> . Résumé et rectifications. 
(Sickel.) — P. 157-160. Risop, Studien sur Geschichte der fransôsischen Konju- 
gation auf-ir. Très élogieux. (E Gœrlich.) — P. 161-164. Sander, Harbardssângen 
jàmte Grundtexten till Vôluspd. L'auteur est seul à défendre pareille théorie. (A. 
Hendler.) — P. 164-174. Meyer, Die eddische Kosmogonie. Vues de l'auteur 
complètement dififérentes de celles du critique. (B. Kahle.)— P. 175-184. v. Heyt, 
Die Handschri/ten des kônigl. ôff. Bibliothek zu Stuttgart^ i. ii. Plein de promesses. 
(Stàlin.) — P. 185-196. Losche, A natecto Lutherana et Melanchthoniana. Éloges, 
nombreuses corrections de détail. (G. Kawerau.)— P. 196-200. Bess, Zur Ge- 
schichtedes Konstanzer Konzils. Méritoire, mais faible sur certains points. (Loserth.) 

— P. 280-296. Bernbeim, Lehrbuch der historischen Méthode. Gotbein, Die 
Aufgaben der Culturgeschichte. Scbâfer, Geschichte und Culturgeschichte. Le 
premier ouvrage atteindra le but pratique qu'il se propose. Éloges pour les deux 
derniers qui sont supérieurs par les questions qu'ils discutent. (G. v. Below.) — 
P. 406-23. Hegel, Stâdte und Gilden der germanischen Vôlker im MittelaliAr. Xa 
critique est généralement d'accord avec Tauleut. OviiNt^%<fe^ xiw\ M>jX\ste5^% \^.^. 
Below. J-^P, 686-90. Dierauer, Geschichte der Sch,u?ci»erl8ckeaEid^eT\.o^^etx,%tWvjx. 



- 68- 

Bd II. Très soigné. (G. Meyer von Knomau.) — P. 709-23. Detter, Zwei ForrvaU 
rfarsôpar. L'historien supérieur à l'éditeur. (G. Cederschiôld.)— P.723-8. Hartmann, 
Urkundc einer rômlschen Gàrtner-Gesellschaft oom Jahre 1030. Peu favorable. 
(Bremer.) — P. 729-33. Môller, Lehrbach der Klrchengeschichte, ii Band. Das 
Mittelalter. Élogieux. (Ad. Jûlicher.) — P. 756-63. Ein tosco-oenezianischer Bes- 
tiarius. Herausgegeben und erlâutert von M. Goldstaubund R. Wendriner. Rec- 
tifications. (F. Lauchert.) — P. 817-22. J. Bernouilli, Acta PorUificum Heloetica, i,. 
Travail excellent. (\^inkelmanu.) — P. 835-49. Remer, Hessisches Urkundenbuch. 
II, 1. Hanau. Éloges et corrections. (A. Wyss.) — P- 867-89. Wirth, Danaê in 
christlichen Legenden. N'est pas un travail complètement critique. (C. Schmidt.) 

— P. 889-96. Lund, Tolo fragmenter om hedenskabct med saerligt hensyn til 
forholdene i Nord-og Mellem-Europa. Bd i.— Hef 1 1. Résultats uniquement remar- 
quables par leur étrangeté. (Kahle.) — P. 928-36. Burckhardt, Albrecht Ddrers 
Aufenthalt in Basel 1492-1494. Contredit plus l'auteur qu'il ne s'accorde avec lui. 
(Dehio.) — P. 950-65. Von Schulte, Die Summa magistri Rujini zum Decretwn 
Gratiani. Le critique est moins satisfait du texte que de l'introduction. (F. Thaner.) 

— P. 965-8. P. Correns, Beitràge zur Geschichte der Philosophie des MilttelaUers. 
Bd I. Heft I. Publication très sérieuse. (R. Eucken.) 

Iiiteraturblatt iiir gennanische und roxnanische Philologie, xiii (1882). 
Janvier. — C. 1-3. Kauffmann, Deutsc/ie Mythologie. (Schullerns. Excellent 
livre classique.) — C. 3-4. Helmqvist, Naturskildringarna in den ' norrôna 
diktoringen. (Kahle. Très élogieux.) — C. 5-7. Th. Hampe, Die Quellen der 
Strassburger Fortsetzung con Lamprechts Aleojanderlied und deren Benutsung. 
(Ausfeld. Satisfaisant.) — C. 7-9. Andréas Heusler, Zur Geschichte der aUdeut- 
schen Verskunst. (Hirt. Bonne contribution à l'étude d'un problème difficile.) — 
P. 9-10. O. Brenner, Mundarten iind Schrijïsprache in Bayern. (Binz. Exposé 
général digne d'éloges.) — C. 11-12. E. Jeep, Hans Friedrich con Schônberg, der 
Ver/asser des Schildbtirgerbuches und des Grillencertreibers , (Frânkel. Travail 
excellent.)— C. 12-|4. Painter, T/ie Palace qfPleasureyed, by Jacobs. (Kerrnhagen. 
Laisse beaucoup à désirer.) — C. 17-18. J. Zimmerli, Die deutsch.-franzôsische 
Sprachgrenze in der Schweiz. i. Jura. (Gauchat. Étude intéressante, accordant une 
large place aux patois romans.) — C. 19-22. E. Stengel, Chronologisches Ver- 
zeichniss franzôsischer Grammatiken oom Ende des XIV bis zum Ausgange des 
XVIII Jahrh, (Stùrzinger. Très complet; quelques additions et corrections.) — 
G. 23-5. Lammens, Remarques sur les mots français dérioés de Varabe. (Baist. 
Parties utiles.) — Dante- Literatur. C. 25-8. J. Del Lungo, Béatrice. G. Agnelli, 
Topo-cronog raphia del Viaggio Dantesco. Ricci Conrado, Uultimo rifugio di 
Dante Alighicri. (Kraus. Excellents ouvrages de la collection Hœpli. Mention 
spéciale pour le troisième.) — C. 29-30. Goldschmidt, Die Doctrin der Liebe bel 
den italienischen Lyrikern des XUlJahrh. (Appel. Idées justes.)— C. 30-1. Mazzoni, 
Le rime proJane d'un manuscritto del secolo XV. Wiese. Préparation complète A 
une édition critique des poésies de Guistiniani et des « Ode Justiniane ».) — C. 31. 
Revues, etc. 
Février. — C. 41-4. Paul, Grundriss der germanischen Philologie, i. 5-^. 
TobJer : Oescbicbte der engiischen Sprache, die lebcnden Mundarten. Mythologie. 
{Travaux approfondis), — C. 44-7. Meyer, Eiard Hugo, GcrmaTiwcKe M\jtKoU>q(«. 



- 69 - 

(Schallenis. Supérieur.) — C. 49. Raché, Die deutsche Schulkomôdie und die 
Dramen com Schul- und Knabenspiegel. (LeitzmauQ. Énumération complète, mais 
sèche.) — C. 50-3. R. Heinzel, Ueber die franzôsischen Gralromane. (W. Golther. 
Travail excellent, qui cherche dans la légende chrétienne Torigine des romans 
du GraaI. — Revues, etc.) 

Mars. — C. 73-5. H. Lichten berger. Le poème et la légende des Nibelungen, 
(Fischer. Initiera les Français à Tétude des N. et instruira les Allemands.) — 
C. 80-1. G. Morgenstern, Oddr Fagrskinna Snorrc. (Golther. Débrouille la question 
difficile des manuscrits.) — C. 85-92. Eneas, texte critique publié par J. Salverda 
de Grave. (Tobler. Fait honneur au jeune auteur. Corrections nombreuses et 
importantes.) — C. 97-8. M . Kleinert, Vier bieher ungedruckte Pastorelen des 
Troubadours Seroeri von Gerona, (Levy. Observations.) — C. 99-100. Jacques de 
Vitry, The Eœempla or illustratioe Stories from the Ser mânes Vulgares. Ed. by 
Th. Fr. Crâne. (Varnhagen. Édition soignée; à noter surtout Analysis and Notes.) 
— C. 100. Revues, etc. 

Avril. — C. 118-21. Deering, The Anglosaxon Poets on the Judgment Day. 
(Glôde. Très soigné.) -— C. 121-2. Georges Doutrepont, Étude linguistique sur 
Jacques de Hemricourt et son époque . ( Wilmotte.)— Dante- Literatur. Dante A lighieri ^ 
The Commedia and Canzoniere. A neu transi, with notes, essays and a bibliogr. 
introd. by E. H. Plumptre; Lane, W.Cool,r/ie Dante Collections in the Harusard 
Collage and Boston Public Libraries; Dante*s Eleoen Letters, A transi, o/, with 
explanatory notes and historical comments, by Ch. St. Lathan. (Kraus. Traductions 
très estimables. Le second travail est indispensable pour les dantophiles.) — 
C. 128-32. Gaster, Chrestomathie roumaine. (Philippide. Critique très sévèrement 
le roumain et le français de l'introduction.) — C. 133. Revues, etc. 

Mai. — C. 145-7. C. Kraus, « Vom Rechte » und « Die Hochseii ». (Vogt. Louable 
contribution à l'histoire littéraire du xii* siècle.) — C. 147-52. Bruinier, Kritische 
Studien zu Wernhers Marienliedern. (J. Meier. Travail de début honorable et 
utile.) ~ C. 154-6. Risop, Studien sur Geschichte der franzôsischen Conjugation 
aa/-iR, (Meyer-Lûbke. Très élogieux.) — C. 156-60. Bùttner, Studien zu dem 
Roman de Renart und dem Beinhart Fuchs. i. Die Ueberlieferung des R. de R. und 
die Hs. O. ii. Der Reinhart Fuchs und seine franzôsische Quelle. (Voretsch. 
Résultat général du premier travail admissible. Pour le second, la question reste 
pendante. — C. 160-1. Reinhardstœttner A historia dos caoalleiros da mesa 
redonda e da demanda do Santo Graal. i. (Baist. Publication très soignée d'un 
des textes portugais les plus importants.) — C. 168. Revues, etc. 

Juin.— P. 185-90. Lier, Studien zur Geschichte des Nârnberger Fastnachtspiels. 
Thon, Das Verhâltniss des H. Sachs zuderantiken und humanistischen Komôdie. 
Drescher. Studien zu Hans Sachs. (Stiefel. Nous sommes redevables à ces trois 
écrits, surtout au dernier, d'un progrès dans l'étude de H. Sachs.) — C. 193. 
Storm, Eiriks saga rauda. (Morgenstern. Édition qui ne laisse rien à désirer.) — 
C. 206. Revues, etc. 

Juillet. — C. 217-20. Rosenhagen, Ueber Daniel com Bliihenden Tal oom 
Stricker. (J. Meier. Connaissances littéraires et linguistiques de premier ordre.) — 
C. 221-4. Nebert, Zur Geschichte der Speyrer KaaalelspracUe. ^vûl ^^>Nxrîv% 'c^:t 
Lôsung der Trage nacb dem Bestehen einer m\UeVYioe\i^^MLVàcXi^\i. '$iOQ.\>SN3.\f^^'^'^ 



-70 — 

(Scholte. Théorie reposant sur des arguments très faibles.) — C. 228. Cloetta, 
Beitrâge 2ur Literaturgeschichte des Mittetalters undder Renaissance. (Wendriner 
résume les principaux chapitres de cet ouvrage très louable dans son ensemble.) — 
C. 233. A. Rauschmaier, Ueber denfigûr lichen Gebrauch der Zahlen im Alt/ranzô- 
sischen. (Suchier. L'auteur aurait dû étendre ses recherches au latin et au celte.) — 
C. 246. Revues, etc. 

Août. " C. 260. Mûllenhoff. Deutsche Alterthumskunde. Bd. 1. N. verm. 
Abdruck bes. v. Rôdiger. (Behaghel. Réédition digne d*éloges.) — C. 261-3. 
Hammershaimb, v. u. Facrôsk antologi B. i, ii. (Golther. Œuvre excellente, com- 
plète et unique en son genre.) — C. 263-6. Bright, An Anglo-Saxon Reader. 
(Holthausen. Favorable. Corrections.)— C. 266. Wenzel, Die Fassungen der Sage 
con Florence de Rome und ihr gegenseitiges Verhâltniss. (Freymond. Il existe 
deux rédactions différentes de ce texte.) — C. 276. Revues, etc. 

Septembre. — C. 296-3U3. Malory, Sir Thomas, Le Morte Darthur reprinted 
from the orig. édition of. W. Caxton, ed, by H. ,0. Sommer. (Bûlbring. Repro- 
duction fidèle et complète de l'édition originale.) — C. 318. Revues, etc. 

Octobre.— C. 329-30. Lichtenberger. De oerbis quœ in œtustissima Germanorum 
lingua redupl. prœt. exhibebant. (Sûtterlin. Fait la lumière sur une question jus- 
qu'ici obscure encore sur certains points.) — C. 330. Mûllenhoff u. Scherer, Denk- 
màler deutscher Poésie u. Prosa aus dem VIII-XII Jahrhundert. 3 A. v. E. 
Steinmeyer. (Behaghel. Très méritoire.) — C. 333-4. Herrmanowski, Die deutsche 
Gôtterlehre und ihre Verwertung in Kunst und Dichtung, (Schullerus. « Wûste 
Compilation », où la première partie du deuxième livre n'est pas sans valeur.) — 
C. 335-6. Ares Islânderbuch. Hrsg. v. Golther. (Kahle. Atteindra le but que se 
propose « l'AUnordische Sagabibliothek. ») — C. 336. Sweet, A New EngUsh 
Grammar Logical and Historical. i. (Bûlbring. Au-dessus de toute critique, sauf 
peut-être quant â sa destination.)—- C. 346. Luca Signorellis Illustrationen zu 
Dantes Dicina Commedia. Hrsg. v. F. C. Kraus. (Bassermann. Fait avancer la 
question de « Dante et l'art »). — C. 350. Revues, etc. 

Novembre. — C, 369-74. Keinz, Helmbrecht u. seine Heimath. 2 A. Meier 
Helmbrecht con Wernherdem Gartner, ûbers. v. Fulda. Der arme Heinrich oon 
Hartmann oon Aue u. Meier Helmbrecht oon Wernher dem Gartner ^ ûbers. v. 
Bôtticher. (Lambel. Edition nouvelle et traductions également réussies.)— C. 381. 
Dammann, Die allegorische Canzonc des Guiraut de Calanso « A leis cui am de 
core de saber y* und ihre Deutung, (O. Schultz. Ce travail rejette dans l'ombre 
l'interprétation de Guiraut Riquier.) — Dante- Literatur. — Kraus. — C. 383-5. 
Scartazzini, Dante- Handbuch. (« Vorschule zum Dante-Studium » : im Grossen 
und Ganzen wird das Dante-Bild, wie es hier gezeicbnet ist, bleiben.)— C. 385-7. 
Délia Torre, Poeta-Weltro, Scopo delPoema Dantesco, Sistema deW Arte allegorica 
nel Pocma Dantesco, La quarta Elegia di Virgilio commentata secondo T Arte 
Gramm/itica, ira Feltro e Feltro ; Cassel, H Weltro, der Retter und Richter in 
Dante's Hôlle. (Travaux de D. T., méritoires, bien que la thèse principale soit très 
contestable. Cassel : le Veltro est la figure allégorique du Saint-Esprit! Ses idées 
ne méritent aucune considération.) — C. 387-8. Schuler, Dante' s GàttUche Komôdie 
M /£i5 Bilt/e/'/i. (L'édition illustrée de la D. C. la plus belle et la plus digne d'être 
connue.)^ C. 388. Ninni, Giunte e Correiioni al DUioaariodeldialeUoiden«iiaivo^ 



- 71 - 

Voci bambinesche délia lingua oernacola oeneziana, Ribruscolando^ Nozioni del 
popoUno oeneziano suUa Somatomanzia^ Araldica pescatoria, Superstizioni e 
Credenze, Projerbi, Indooinelli, ecc. , del contado di Treoiso, Materiali per un 
Vocabolarlo délia Ungua rustlcana dei contado di Treoiso. (Gartner souhaite la 
continuation de ces recherches d'un zoologiste sur la langue et les idées du 
peuplé.) — C. 389. Revues, etc. 

Décembre. — C. 401-2. Burghauser, Die neuhochdeutsche Dehnung des mlttel- 
hochdeutschen kurzen Stammoocals in offener Silbe, oornehmlich unter phone- 
tischem Gesichtspunkte. (KamSmdLnn. L'auteur a fait fausse route.) — C. 402-5. 
Leviticus, De Klank en Vormleer oan het middelnederlandsch Dialect der S. 
SeroatiuS'legende can Heynrijck oan Veldeken. (Kern. Louable, mais aurait gagné 
par une étude des écrits anciens et des patois modernes du Limbourg.) — C. 405-7. 
Buitenrust Hettena, Bijdrangen tôt het Oud/riesch Woordenboek, (Bremer. 
Excellent. Additions.) — C. 407-9. Waldstein, Fornnorska Homiliebokens LJudlàra. 
(Hensler. Contribution de haute valeur à l'étude de Tancien nordique. Passages 
remarquables.)— C. 415-7. Paget Toynbee, Spécimens ofold F rench. (ix-xv centuries.) 
(Suchier. Chrestomathie bien faite à l'usage des Anglais. Part considérable accordée 
à l'anglo-normand ; corrections à ce sujet.) — C. 417-8. Loseth, Le roman en prose 
de Tristan, le rom^n de Palamède et la compilation de Rusticien dePise. (Suchier. 
Monographie précieuse.)— C. 418-21. Warnke, Marie de France und die anonymen 
Lais. (Zinker. Aucun des lais anonymes ne peut avoir été composé par M. de F.) 

— C. 422-5. Stiefel, Unbekannte italienische Queïlen Jean Rotrou's. (Wendriner. 
Atteste une connaissance approfondie des littératures romanes. Remarques. Fautes 
d'impression.)— C. 426-30. Délie relazioni tra il basco e Vanticoegizio. (Schuchardt. 
Ce que Tauteur constate d'analogie entre eux est trop général ou trop accessoire.) 

— C. 430. Revues, etc. 

Roxnania, 1892. Janvier. — P. 7-17. A. Thomas, La loi de Darmesteter en 

procençaL L'auteur admet que les formés provençales issues de mots latins qui 

présentent, après une voyelle autre qu'un a, les suffixes-meutum, -torem, -tura, 

-ticius, etc., et où la protoniqueest maintenue, contrairement à la loi de Darmesteter, 

s'expliquent par l'influence des mots simples sur leurs dérivés : avenir, aoenimen. 

— P. 18-38. H. Morf, Notes pour sercir à l'histoire de la légende de Troie en 
Italie et en Espagne, i. Guido délié Colonne n'aurait pas connu VHistoria de 
eœcidio Troiœ du Pseudo-Darès. ii. Une nouvelle version italienne. (F), ms. 
44-D-24 de la bibliothèque Corsini, faite sur une compilation française, présente un 
mélange compliqué et artificiel du récit de Guido et de détails inventés ou empruntés 
au roman de Troie en prose, m. Le roman de Landomata, dans le récit du 
rétablissement de la dynastie troyenne, n'est pas identique à la version esquissée 
dans les vers 29597-624 du roman de Troie ; mais cette divergence s'explique par 
un malentendu. Le roman de Landomata a été composé originairement en vers, 
sous l'inspiration probable de Benoît de Sainte-More, et réduit en prose française 
indépendamment par deux remauieurs. (A suivre.) — P. 39-49. P. Meyer, Maître 
Pierre Cudrifm, horloger, et la ville de Romans (1422-1431). Ce bourgeois de 
Fribourg avait été chargé de construire à Romans une horloge, à çrix tait.., ^ 
terminer en un an. Des documents français ici p\x\)\\^^, \\ \:^'svî\\ft y^'fe \^^vîîs& ^^xiX 
demander un délai et eut beaucoup de peine ^l se la-Vcev^^^^ VQXte^-aSsASwwsN.^ 



- 72 -^ 

Entre temps, il était devenu premier canonnier ou bombardier du roi de Fraoce. 
La lettre de Cndrifin et celle de Ta voué de Fribourg ne représentent pas exacte- 
ment l'idiome fribourgeois : ils visent â écrire en français ; mais l'horloger était 
moins lettré que l'avoué. — F. 50-2. P. Meyer, BaUctde contre les Anglais (1429). 
contemporaine des succès de Jeanne d'Arc, animée d'un sentiment patriotique 
digne d'éloges, mais dépourvue de style et de poésie. — Mélanges. — P. 53-fô. P. 
Rajna, A cosa ai deçà la conseroaiione testuale dei giuramenti di Strasburgo, 
C'est que l'histoire de Nithard est un exposé contemporain et inspiré par des 
mobiles particuliers ; c'est que la partie de la narration dans laquelle figurent les 
serments a été écrite aussitôt l'événement accompli, et que, an moment de la 
rédiger, l'auteur s'est trouvé avoir beaucoup de temps. — P. 62-7. F. Lot, Le mythe 
des enfants cygnes. L'auteur rapproche de ce conte une légende irlandaise analogue, 
mais extrêmement défigurée par des préoccupations chrétiennes récentes, et qui ne 
confirme pas toujours toutes les conclusions que M. Paris a tirées de son étude des 
quatre versions françaises. — P. 67-71. F. Lot, Le ChecaUer au lion, comparaison 
aoec une légende irlandaise. Celle-ci, absolument différente parle fond, renferme 
un épisode (poursuite de Gilla Daker), qui présente les plus fréquentes analogies 
avec celui de la fontaine merveilleuse dans Chrétien de Troyes. — P. 71-8. E. 
Gorra, La noœlla délia dama e dei tre papagalli, version tirée du Chevalier 
errant, roman de Tommaso III de Saluzzo, d'après le manuscrit L. Y. 6 de la 
Nationale de Turio et le manuscrit français 12559 de celle de Paris. L'auteur recherche 
ensuite dans quelle relation elle se trouve avec les autres versions déjà connues. 

— P. 78-81. F. Novati. Un* acentura diPeire Vû/a/, chasse donnée au troubadour 
toulousain par des hommes et des chiens sur la montagne de Cabaret. I^ récit du 
biographe n'est qu'une fable, résultant d'une fausse interprétation de quelques vers 
du poète. — P. 81-3. P. Meyer, Le conte des Petits Couteaux diaprés Jacques de 
Vitri, tiré d'un excellent manuscrit des Sermones oulgares de la bibliothèque de 
Cambrai. — P. 84-3. P. Meyer, Coussin, prooençal et français anciens^ coissin : 
vient, non de *culcitinum, dérivé de culcita, mais de coxënum^ dérivé de coxa, 
cuisse, le coussin étant, par destination, placé sous les cuisses. — P. 85. L. Havet, 
confirmé et compléléd ans une note par G. P., montre que peaigne = marche-pied, 
YenaLni de pedanea, féminin de V aidiectii pedaneus ; c'est un doublet de pedagne^ 
forme méridionale. — P. 86-7. A. DelbouUe, Perpetuon = acte ou testament par 
lequel le testateur fait un legs à perpétuité, in perpetuum. — P. 87. D' A. Bos, 
Porpos y propos est le substantif verbal de proposer. Aisil (vinaigre) = *acetulum. 

— Comptes rendus. — P. 88-107. E. Gorra, TesU inediti di storia trojana, prece- 
dutida uno studio sulla leggenda trojana in Italia. Livre mal composé, mal 
proportionné, mal disposé, qui trahit la hâte et une certaine inexpérience, mais 
utile pour nos études. (H. Morf.) — P. 107-9. L. Constans, Le roman de Thèbes. 
« Il est douteux que les résultais obtenus soient en proportion du travail si pénible 
que s'est imposé l'éditeur. » (P. M.)- P. 109-11. D' W.v. Zingerle, Ftons c< L(Wo/)«. 
Préface, texte et accessoires laissent à désirer. (P. M.) — P. 111-2. K. Vollmôller, 
Laberinto amoroso, Ein altspanisches Liederbuch. Réimpression très exacte, 
mais l'annotation est parfois trop abondante, parfois insufiSsante. (A. Morel-Fatio.) 

— /'. 113-9. M. Gaster, Chrestomathie roumaine. Éloges accompagnés de quelques 
^rvaUons. (E. Picot.) —■ P. 120-5. Périodiques. — P. \^^44. Chronique et 
maoacés sommairement. 



— 73 - 

Avril. — P. 145-93. G. Raynaud, Jjx Chastelaine de Vergi. L'édition critique de 
ce poème charmant et délicat, basée sur les huit manuscrits des xiii* et xiv* siècles 
(l'éditeur a cru pouvoir négliger les sept rédactions postérieures), est précédée 
d'une analyse littéraire. On admire Tintrigue simple, le style sobre, la langue 
facile, les caractères bien nuancés, les diverses passions excellemment exprimées 
dans ce délicieux récit. En outre, c'est un roman à clef ; les personnages et les 
détails biographiques que nous connaissons sur eux, concordent généralement avec 
la narration du poète : c'est le récit dramatisé d'un gros scandale arrivé à la cour de 
Bourgogne entre 1267 et 1272 et où jouèrent certainement un rôle Hugues IV, 
Béatrice de Champagne et Laure de Lorraine. Le poème fut rimé entre 1282 et 1286, 
par un Bourguignon, dont la langue était fortement imprégnée de français propre- 
ment dit. La vogue du roman fut grande et persistante, du xiir au xvi* siècle: il fut 
reproduit, remanié, modifié ; les écrivains y font de fréquentes allusions, en France 
et à l'étranger ; au xviii* siècle, il fut souvent et diversement imité, sous forme de 
nouvelle, roman, romance, tragédie, etc. — P. 194-227. Le roman provençal 
(TEsther par Crescas du Caylar, médecin juif du XIV' siècle. C'est un fragment 
de 448 vers provençaux en caractères hébreux qui se trouve dans le manuscrit n* 28 
de la collection des manuscrits hébreux appartenarit au D' Hermann Adler, grand 
rabbin de Londres. Caslari, qui paraît être aussi le traducteur hébreu du Hcgimen 
sanitatis d'Arnaud'de Villeneuve, composa ce poème en provençal pour l'usage des 
femmes et des enfants, puis en h(^breu pour les lettrés. Le manuscrit provençal est 
incorrect. A ces observations de A. Neubauer, Paul M eyer ajoute quelques indica- 
tions sur la manière dont les éditeurs ont dccbififré le manuscrit, sur le système (très 
défectueux) de notation et la relation des lettres hébraïques avec les sons proven- 
çaux. Il est impossible de restituer exactement, à l'aide de la notation hébraïque, les 
formes linguistiques usitées par Crescas, c'est-à-dire la langue usuelle de son temps. 
Le texte hébreu et la traduction provençale sont suivis de notes et d'un glossaire 
alphabétique. — P. 229-39. P. Toynbee, Christine de Pisanand sir John Maun- 
deoillo.— P. 240-56. (>. Weigand, Noucelles recherches sur le roumain de VIstrie, 
L'auteur veut perfectionner et compléter autant que possible les données qu'on a 
tirées des matériaux de M. Gartner. Comme lui, il parle successivement des sons, du 
pronom et du verbe, en y ajoutant le substantif, les prépositions, les conjonctions, 
les adverbes et quelques textes. — Mélanges. — P. 257-60. L. Mirot, Valbetondans 
« Girart de Roussillon » peut être identifié avec Vaubouton^ près Vézelay, que des 
traditions locales, la présence de nombreux sarcophages désignent comme un des 
champs de bataille où se rencontrèrent Girart et Charles le Chauve. — P. 260-3. G. 
P(aris), La chanson à boire anglo- normande parodiée du « Letabundus ». L'auteur 
réimprime ce texte en regard de la séquence latine, dont elle reproduit fidèlement 
le rythme et textuellement les deux petits vers latins qui servent de clausule à la 
première et à la seconde partie de chaque strophe. — P. 263-.4. G. P(aris), La 
traduction de la légende latine du coyagede Charlemagne à Constantinopla par 
Pierre de Beauoais a été exécutée « pour l'amour son bon segnour Williaume 
Caieu, qui volontiers ot vérité ». — P. 265-70. A. Longnon, Noucelles recherches sur 
Villon. « La condamnation à mort prononcée contre Villon, l'appel qu'il fit de cette 
sentence au Parlement et son bannissement doivent élïô îcU.\:YViw^"s» ^xx\si'çi\'î»^'^Y»x5L«5isi. 
juillet 1455 et furent la conséquence du meurtre dftPYv\\v^^^^'b\\xiQ\^^* >%«4.\a^^'^»^ 



- 74 -«- 

Testament n'aurait pas été écrit à Paris. »— P. 271-4. A. Thomas, Jean Castel, de 
l'ordre de Saint-Benoit, poète et chroniqueur de France depuis Tavènement de 
Louis XI, mourut abbé de Saint-M au r-des- Fossés, en février 1476. Il était aussi 
greffier du conseil, notaire et secrétaire du roi. C'était le petit-fils de Christine de 
Pisan. — Comptes rendus. — P. 275-81. W. Fœrster, Ftomanlsche Blbliothek. Parmi 
les nombreux Volumes publiés ou annoncés, on remarque l'énorme prédominance 
de la littérature française. Les 8 volumes parus se recommandent tous par leur 
prix modique, leur format agréable, leur exécution élégante et la qualité de leur 
contenu. (G. P.) — P. 281-94. Salverda de Grave, Eneas, L'introduction, inté- 
ressante et judicieuse, est parfois incomplète. Le texte est très satisfaisant dans son 
ensemble. Les 'remarques sur la langue ne sont pas complètes ni assez rigoureuses» 
La recherche des sources est trop écourtée. On pourrait modifier quelques leçons ; 
on relève un certain nombre d'inconséquences dans la graphie, des hésitations ou 
des distractions. Un bon glossaire termine le volume. Publication remarquable par 
rintérét du poème, par la qualité de l'édition et du commentaire. (G. P.)— P. 295-6. 
G. Rauschen, Die Légende Karls des Grossen im 11 und 12 Jahrhundert , 
Volume très digne d'éloges ; contribution des plus importantes à l'histoire politique, 
^re1igieuse et littéraire. (G. P.) — P. 296-8. E. T. Kuiper, Karl ende Elegast. 
Édition très soignée, introduction intéressante. (P. M.) — P. 298-303. Notices et 
extraits des manuscrits de la Bibliothèque Nationale et autres bibliothèques, 
t. XXXIV, 1" partie. Dix notices d'inégale étendue. (P. M.) — P. 304-6. E. Forestié. 
P. de Lunel,dit CaealierLunel de Montech, troubadour du XJV* siècle^ mainteneur 
des Jeuwjtorauo! de Toulouse. Mémoire toTUntéressani et nonyesLU, La 2* partie 
(poésies de Lunel) est beaucoup moins originale et moins complète, il y manque 
des recherches linguistiques et un glossaire. (P. M.)— P. 303-9. Pichon et Vicaire, 
Le ciandier de Guillaume Tirel dit Tailhcent, enfant de cuisine de la reine 
Jehanne d*Ecreux, queu du roi Philippe de Valois et du duc de Normandie, 
dauphin de Viennois, premier queu et sergent d'armes de Charles V, maistre de 
garnisons de cuisine de Charles VI (1326-95), Publication très utile pour l'histoire 
littéraire et pour la philologie française. (S. Luce.) •— P. 310-20. Périodiques. — 
P. 321-36. Chronique et livres annoncés sommairement. 

Juillet. — P. 337-60. W. Meyer-Lùbke et G. Paris, La première personne du 

pluriel en français . Insuccès de MM. Suchier, Bréal et Vising dans leurs essais 

d'explication. M. M.-L. montre que sumus, sons, la seule forme régulièrement 

terminée en ons a produit estons de très bonne heure. Créé d'après ces formes, 

azons (venons, alons) a été le point de départ pour les verbes autres que ceux de 

la première conjugaison terminés en -ons. Stmus == a dans plusieurs parlers 

romans, ii. M. G. P. esquisse l'histoire de la propagation de ûmus. — P. 361-99. 

G. Huet, Les fragments de la traduction néerlandaise des Lorrains, i. Après nous 

en avoir donné l'analyse, ii, l'auteur trace le plan du poème néerlandais; c'était 

une' sorte de poôme cyclique, dans lequel l'auteur, après avoir remplacé Pépin par 

Charlema.!^ne, avait fait figurer des personnages de l'histoire poétique de Charlemagne 

et de l'histoire réelle en en modifiant le caractère et la biographie, m. Comparaison 

avec les versions françaises, iv. Sources et caractère de l'original français perdu. 

— Mélanges. — P. 40-6, G, P. Bascanda celtique = grand vase où on lavait les 

coupes pendant ou après le repas. En français 6a«cliœ,\oTt«:YW bacKouc, \femvci.. 



— 75 — 

français, moderne bachou (Académie), bachon masculin, bachoue féminin. 
(Littré), gascon bascojo, L*auteur suppose en roman bascduda (bâche français. 
casca italien?) et bdscauda.—P. 406-7, Longaigne = latrines. Aux ix* et x« siècles, 
longanea ou longania de longum traduction du grec Màxpa)v, nom d*un célèbre 
portique à Constantinople. Les latrines, dans les couvents peuplés, occupaient de 
véritable^ galeries. — F. 407-13. Bouto-en-courrole.^En ancien français deux sens ; 
jeu (espèce de bonneteau antérieur à l'invention des cartes) et celui qui pratique ce 
jeu.— P. 414-8. P. M., Fragment de la Vengeance de Raguidel H^Yers). Apportera 
quelques ^variantes utiles au manuscrit de Chantilly. En note, quelques rapproche- 
ments avec Méraugis. — P. 418-24. Jeanroy, Sur deux chansons de Conon de 
Béthune. L'auteur publie quelques fragments de C. appartenant à deux do ses pièces 
les plus obscures et fournissant aux conjectures une base plus solide. — P. 425-7. 
A. Thomas, Le Mystère de la Passion à Saint-Flour en 1425. Texte fournissant 
quelques détails sur la représentation de ce mystère. — P. 427-31. A. Piaget, 
Remarques sur Villon à propos de Tédition de M. A. Longnon. Pièces qu'il aurait 
adoptées ou rejetées. — P. 431-3. La Quistione d'Amore de Carlo del Ncro, 
L'original français est un poème d'Alain Chartier, Le Débat, Réceille-matin. — 
Comptes rendus. — P. 434-7. E. Langlois, Origines et sources du Roman de la 
Rose. (Ch. Joret. E. L. a su, grâce à sa grande connaissance du moyen âge, mener 
à bonne fin une étude difiicile. — P. 437-44. Rousselot, Les modifications phoné- 
tiques de langage étudiées dans le patois d'une famille de Cellefrouln [Charente), 
De cocabulorum congruentia in rustico Cellœ-Fruini scrmone, A. Thomas. 
Menues critiques sur la première partie de la thèse française (méthode graphique 
appliquée à la phonétique) dont il relève la haute valeur, tout en signalant un 
manque d'ordre dans la dispotition générale. 11 trouve un défaut de même espèce 
dans la partie consacrée au patois de Cellefrouin sur laquelle il fait surtout des 
remarques de détail (étymologies). Même finesse d'observation dans la thèse latine 
que dans la thèse française. Rectifications. — P. 444-451. The Song of Dermot and 
the Earl, an old French Poem edited by G. H. Orpen.(P. M.) « La meilleure publi- 
cation d'ancien français qui ait été faite jusqu'à présent par un Anglais. » Trar 
duction très exacte, copieux commentaire historique et géographique. Après avoir 
discuté la question historique, P. M. fait des remarques sur le texte et la traduction, 
P. 451-4. Frère Philippe, Lns Merooillcs de V Irlande. Texte provençal publié par 
J. Utrich. (P. M. Texte, tables, glossaire, tout laisse à désirer.) — P. 454-70. 
Périodiques. — P. 471-80. Chronique et livres annoncés sommairement. 

Octobre. — P. 481-505. P. Meyer, L'Image du monde ^ rédaction du manuscrit 
Harley 4333. Du prologue de ce manuscrit on peut conclure que la première 
rédaction a été présentée à Robert d'Artois, frère de Saint-Louis, et la seconde à 
révêque de Metz, Jacques, de même que ces deux rédactions sont d'un se\il auteur. 
Le manuscrit ici publié offre une combinaison de la première avec la seconde, 
augmentée d'un prologue en grande partie nouveau. — P. 506-27. A. Thomas, 
Aise, essai étymologique. Aise =■ aicis, t. grographique. Forme primitive aiace 
d'où aiece^ aiice, aice. Aiace = 1. adiacens. Aise anciennement = proximité, état, 
situation de ce qui est adjacent. Aisance i= adiacentia. Cette explication s'applique 
au provençal. — P. 528-56. F. Novati, Le Ltc;*e de ralsoTv.% de B. Bo\^?»%<il^^'a:^^^'^ 
le fnaauscrit des Triaitaires d'Arles, actueUemewl co\i^fttN^ ^ Çj^was». ^ws^ô^^v^» ^^^ 



- 76 — 

extraits dês Mémoires de Boysset, faits par Bonemant en 1778. L'aoteor dresse la 
table de oe maïuisorit et essaye d'établir les rapports existant entre le texte do 
Oénes celui de Paris et la copie de Bonemant. — P. 557-80. P. Meyer, Les 
MatnuscritB de Bertran Boys^et. Écrits de Boysset conservés: Chronique, 
Recueil de morceaux très variés en vers ou en prose. Traité de Tarpentage. P. M. 
«ktAmine le contenu (événements historiques) des divers manascrits du premier. 
V suivre.) — P- 981-90. Â. Piaget, Une édition gothique de Charles cTOrleans. 
\)^% MY)tes de Taùteur sont ainsi désignées parce qu'elles renferment la liste des 
v'W^^V^^ts fiiits aux poésies de Charles d'Orléans par des rimeurs peu scrupuleux ou 
w^Wksi^A^^i**** d*ttntbologics (xv*-xvi« siècles), principalement par Octavien de Saint- 
V^y'Wi^ — MèlttHl^e*' — P. 596. G. P., Mastin = dérivé de mansuetum^ mansûë- 
M/jLy,'^ _- [^. Wfl-8. 0» P.f Antenois (v. Littré) = annôtinum^ d'où arUtnam et un 
ôrMV^ HH^fHf^'*^''^' "" '^' ^dd-^OG. P. de Nolhac, Le Gallus Calumniator de 
^V^VAHiHV»; ^^^ ^^'''^^^ ^^^'^ ^^ Hesdin. — P. 606- It. A. Thomas, Le Théâtre d 
Aii^/|<^ V4 HH^ pniHronê à lajln du XIV siècle. D'une lettre de rémission (1380), 
Liu^^v^V^ hilt* l'ftMteur, il résulte qu'il faut faire remonter les origines du théâtre 
t>>'M^MV^H HM HMHrtfi au temps de Charles V. — P. 612-5. Jean de Sy et Jean de 
Ç^*k t ulmi M ft<*Mion du premier, auteur d'une traduction de la Bible, avec le 
H'M''/MVtt ^fHdlIf^l^ur de Boéce, est impossible. — P. 616-7. A. Piaget. Michaut /mur 
^luv^^^^ M Mi<;baut cité par le marquis de Santillane écrivant au connétable du 
^g^AmjHl — Ouillaume de Machaut. — P. 617. P. Toynbee, Estaler (= uriner). 
l*<,i M*^M«M «««rce que cstalon, anglais stallionei estaler,— P. 618-21. Périodiques. 
1^ (iU|l m, Chronique et livres annoncés sommairement. —P. 635-40. Table des 

HMmi|ili«Cb« Forschungen, VII, 2.— P. 145-226. K.Ullmann, Die Apprendiw 
l'/filji. A |irÀs avoir énuméré les ouvrages qu'il a le plus utilisés, apr.^s quelques 
lii<itç:4iiMM(i générales sur ce texte si précieux pour les romanistes, M. U. étudie en 
h) 4 ^Iiii)iitr6s le rapport de i'Appendix avec la grammaire nationale, son caractère 
|ii'i|ir»:i Htm ordonnance, sa patrie et la date de sa composition, l'état dans lequel il 
hiiiu vM parvenu, sa langue (vocalisme, consonnantisme, coup d'oeil sur la flexion, 
t)ur l4 formation des mots, syntaxe). L'auteur considère l'A. P. comme un monu- 
iiiuiU rorimin de la langue de la capitale ou de la campagne environnante, datant 
<iu ar*nim«ncement du m* siècle. —P. 226-30. W. Fœrster, Bcltrag zur Textkritik 
Utir Afi/mndiw Probi, Possesseur d'une photographie de VA. P., l'auteur donne 
t(Uul(iiM{« éclaircissements sur les mots qui restent douteux après le travail attentif du 
D' liilMiaiiii.-P. 231-92. D' R. J . AlbrechU Die Dresde ne r Handschrift der Erotica 
tlitë Tito Vesftasiano Strozm, Les poésies latines du vieil homme d'État ferrarais 
«uMt r.onnues par trois rédactions différentes ; l'édition d'Aide Manuce (1515), un 
lliHliuitcrit de Venise (xv siècle), un autre de Dresde, que M. A. décrit avec soin 
lit driiit il fait ressortir la valeur. Après avoir, en un long tableau, mis eu lumière les 
rai'ports des manuscrits de Venise et de Dresde avec l'édition d*Alde, l'auteur 
publit neuf lettres en prose et sept poésies inédites de Strozza. 

8. • P. 293-330. D' A. Barth, Latit- und Formenlchre dcr Waldcn»ischcn 
iituUntiie, Après avoir indiqué les textes qui font l'objet de ses recherches, M. B. 
'00 loin des finalen, les voyelles toniques, les alowes.les voyelles en hiatus, les 
iê dàcUuaîHou et la conjugaison . — P . B31-40^. ? . VAwxiYv^xN., La wtono. dçV 



— 77 - 

reyAnemur edeJosaphat ede Barlaam, Cette traduction espagnole de la légende 
de Barlaam et Josaphat se trouve dans un manuscrit de Strasbourg, d\\ xv* siècle, 
décrit par l'éditeur. C'est une traduction fidèle du livre xv, c. 1-64, de Vincent de 
Beauvais. Le texte, divisé en 64 chapitres, est précédé d'une table et suivi d'un 
glossaire des mots rares ou vieillis.— P. 403-6. A. Kirpitschnikow,^me unbekannte 
latelniache Prosadlchtung. Ce texte, ici publié pour la première fois, se trouve dans 
un manuscrit de Munich et a pour titre : Depugna Jérusalem et Babilonis exer- 
cltuum, — F. 407-14. G. Baist, Bigot und bigote : mot anglais = bi goth (par 
Dieu). — Bigre = primitivement garde-forêt. — Fazilado = fachilator, fascinator. 

— Casamatta s= j^àdfjLaxa. — P. 415-26. A. Schœffer, Ein unbckannter Altspa- 
nischer Romancero. C'est un recueil imprimé, comprenant 119 romances classées 
alphabétiquement, dont M. S. donne les titres et la première ligne. La plupart se 
trouvent déjà dans d*autres livres de chansons du milieu du xvi* siècle. Ce Can- 
cionero serait, d'après les conclusions de M. S., la première et la seule impression 
originale d'un chansonnier très estimé. Il donne, en terminant, une ballade qui 
parait, sous cette forme, propre à son romancero. 

Zeitschrilt fur IransBœsische Sprache und Litteratur, T. XIV, fasc. 2 et 
4 (1892).— P. 1-2. Th. Eicke, Zur neueren Litteraturgeschichte der Roîandsage in 
Deutschland und Frankreich, (W. Golther. Utile.) — P. 2-7. P. Genelin, Unsere 
hôftschen Epen und ihre Quellen. (W. Golther. L'auteur examine les rapports des 
épopées allemandes avec leurs sources françaises; insuffisant.) — P. 23. Ch. Toubin, 
Essai d'étymologie historique et géographique. (V. Bradke. En dehors dç la science.) 

— P. 72-5. A. Haase, Syntaktische Arbeiten. — P. 122-34. Koschwitz, La Phonétique 
ewpérimentale et la philologie franco-prooençale.a L'étude des patois est l'A et 1*12 
de toute grammaire historique.» Comme, pour étudier les premiers, il faut être un 
véritable phonéticien, toute la philologie moderne prendra le caractère d'une science 
naturelle. — P. 135-48. Novitâtenverzeichniss. 

T. XIV, fasc. 6 et 8.— P. 165-70. G. Naetebus, Die nicht lyrischen Strophenformen 
des Alt/ransôsischen. (E. Stengel. Très favorable. Additions et rectifications.) — 
P. 170-2. H. Biuét, Le style de la lyrique courtoise en France aux XII* et XIII^ siè- 
cles. (J. Vising. L'auteur fait clairement ressortir l'impersonnalité du style dans la 
lyrique courtoise du Nord.)— P. 177-9. E. Henninger, Sitten und Gobrâuche bel 
der Taure und Namengebung in der altjraraôsischen Dichtung. (Kattenbusch. 
Conception très heureuse, travail soigneux et approfondi.)— P. 179-80. A. Mussafià, 
Studicn zu den mittelalterlichen Marienlegcnden. iv. (R. Zenker. Dissertation 
instructive.) — P. 180-2. Lenient, La Poésie patriotique au moyen âge, (E. Dan- 
niieisser. Travail trop étendu, très inégal et peu original, mais écrit en un 
style éblouissant.) — P. 184-6. M. d'HusiVi, Le Théâtre des Jésuites, !'• pair- 
tie. (R. Mahrenholtz apprécie favorablement la grande science et la péné- 
tration critique de l'auteur.) — P. 186-7. D' N. Bûttner, Studien su dem Roman 
de Rcnart und dem Reinhart Fuchs. 2. Heft : Der Reinhart Fuchs und 
seine franxôsische Quelle. (A. Leitzmann préfère l'opinion de Vorctzsch sur 
l'origine allemande du Renart français.)— P. 187-8. E. Strauch, Vergleichung eon 
Siboté's Trouwensuht mit den andernmittclhochdeutschen Darstellu.n.<i'^,tK. d^v^M^^ts. 
Gcschichtâf aoioie clam Fabliau de la malc Danic uad dem M\XrcK<ii\. d<t* Wo-Vv^tvav^ 
Straparola. (A. Leitzmann. Rien de nouveau u\ de ^cveviW^^xxfcA — V . X^-'^V.'^^ 



- 78 - 



0(U, AttlothringUche geistliche Lieder. {W. CloetU. Édilioa très dâfecltieuse d' 
Ini» mauvais inanusorit. ) — P. I9J-3. H. Wailz, O i Fortsetiungen i!on Chrestiens 
Ptrpooal le Gallois nar.li den Pariaer Handschri/ten. ( W. Cloella. Ce livre promet 
plui que son litre ; travail remarquable, mais d'exécution défectueuse.) — f. 193-4. 



n 



einsr Pariaer Handscliri/t 
soignée. 1 — P. 194-a. F. 
Bon Piëan. (G. Doutreponl, 
ens Textes, 1^1}. — P. 195. 
■es. [G. Doutrepont prépare 



— H. Anilresen, Elu aUfraniôaiselies Marientob, a 
iltê dreiidinten Jahrliunderls. (R. Zeiiker. Éditi' 
Heuchenitamp, Le DU de la R'ne con. Clvistir 
PublicatioQ utile it cûté ite celle de la Société des ai 
i, Slecbar, Jean Leiaairc de Belges, sa aie, ses cet 
une étude sur J. L. de B. histonen|. 

Z«itschrUt lîlr remaniBche Philologie. T. XVI. fasc. 1 et 2 (1S92). 

— I>. 1-39. G. Voretzsch, Dec Reinhari Fucha Heinricka dcf Gltcheidrc und 
dcr Roman de Renart. Suite et fin. Continue ses recherches sur la source 
des 24 récits du R. F. et en fait conuailre les résultats. Examine ensuite la 
disposition des aventures dans l'original de H, de G. et le rapport du traducteur 
avec t'origiual. — F. 40-89. C. Michaelis de Vasconcellos, Romantensiudien. A. 
Hela helo por do ciene et moro par la caUada. Parmi les romances du Cid 
appartient à la classe des primiticos tradicionales. L'auteur en montre l'ancienneté 
pur l'eiamen des trois scènes. /, Rainanœ del Rey Moro que perdià a Valettcia, II, 
dut Moro atraicionado, III, de la huida del Rey Buear. (A suivre.) — P. 91-127. 
E, Freyniand. Zunt Licre d'Artus. (Bibliothèque Nationale, f. f. 337.) L'auteur 
do la première et celui de la seconde partie de cette version connaissaient les prin- 
cipales parties du Lancelot en prose, une Queste du Graal et la Mort d'Artus, 
Ces deux partiel ont un seul auteur. Le récit en prose interrompu par des passages 
en vers aleiandrins et décasyllabîijues, métré inconnu à la légende d'Artus. — 
P. lii-6t. H. Caviezel, RâCo-romanisc/ie Kalcndur-LitCeratur. Revue des calen- 
driers r. r. (xviii" et ki\' siècles) avec extraits de différents patois, présentant de» 
graphies anciennes et moJernes. — P. 165-73. A. Keller, Einjlusa des Spanisclieit 
au/ die Spraeliç dcr in Spanien lebenden Zigauner. Il s'agit de l'idiome asiatique 
apporté en Espagne au w siècle, identique à celui de Bohème. Influence phooé- 
llque et morphologique exercée sur lui par l'espagnol. — P. 174-33. Tb. Gartner, lo 
ans Uoin VeneUcn. Phénomène linguistique dont on peut suivre quelques repré- 
sentants seulement dans le domaine vénitien. — I'. 183-309, Tb. Gartner. Dia 
Mundart oon Eilo. Mélange de formes tirolo-rhétlques, vénitiennes, frioulanes, 
Phonétique el fleiion. (A suivre.) — P, 310-6. A. Becker. BeHc aus grans pies ron 
Adenat le roi urul der bertiner Proaaroman. Le poème d'Adonet, qui est un 
remaniement libre de la légende de Berte, a servi pour le miracle français du 
XV' siècle, le roman en prose en question el le poème néeilandaîs doni on n'a plus 
que quelques fragments. — P. 217-22. H. lï. Lang, Teaitoerbesserungen ium De- 
manda do Sanlo Craall«. Apporte des corrections à environ 300 passages (autKs 
ou obscurs du premier volume de Reinbardsiâttncr.— P. 333-6. Hugo Andresen. Zu 
Amia et Amitee uiui Jourdain de Blaires, Iteotili cal ions de texte. — Verroischles. 
I. Zur Litteraturgescliiélite. — P. 226-8. Fœrster. Zu Walter's llle und Galeron. 
■ Die Qctreia lione ■ de Herrant de Wildonîe. a pour source, un épisode d'I. — 

ti A-javtetiac/<es.~P. 23S-S. O. ScbuUz. Zu Bartrande Born. v.21-3, (Ed. Slimming 
J ifag Tabler. Zu Zta., xv. 514. Somenttrc dfeA a mp\o'ife yiM ^raw\to. — 



— 79 - 

P. 229-30. Baist, Zu Zts. xv, 517. Berichtigung zu Morel^Fatio Mâgico 12B2 sqq, — 
m. Handschri/ïUches.—P. 230-240. B. Wiese. Die triouhianiache Hantischri/t der 
Margarethen-Legende. Ordre des vers dans T. et leçons. — P. 240-2. 0.Schultz, Zur 
Stockholmer HandschriJÏ des Foulques de Candie. Note sur la disposition du récit. 
III. Grammatisckes, — P. 242-3. Horning, Die Proparoxytona im Ost/ranzôaischen, 
Complètement aux exemples donnés Zeitschri/t^ xv,493 sqq. iv.ZurWortgeschichte, 
P. ^43-5. A. Zimmermann, Zu lat. donique dune ital. dunque, etc, Dône, dôneque^ 
dônec + cum. De dônecum=:dunc. — P. 2't4-55. Fœrster, Romanische Etymologien, 
7. français neufr. de franeiscutn, féminin franceache = trancisca. 7. reoêche, 
reçois Mnd recercher franz. Altfranz. receeche = reb-esticu, cf. rubeste^ rubesche 
Reçois n'existe pas. Recerchier = recersicare, 8. andare it. uud aller franz. 
amnarcy ambulare d'où ambler et aller, amnare et andare. 9. tota piemontesisc. 
matçt, féminin, matçta d'où tçta, 10. pucelle franz,, pûlicella dimin. de pUlice, 
pucette, d'abord terme de caresse, puis généralisé. — Besprecbungen. — P. 256-62. 
Joh. Urb. Jarnik. Grammatik der Romanischen Sprachen von Meyer-Lùbke i. 
Rectifications portant sur le roumain. — P. 262-5. E. Merrimée, Première partie 
des Mocedades del Cid de Don Guillén de Castro. (Stiefel. Introduction étendue 
et texte. Excellent.)— P. 263.-9. Binet, Le style de la Lyrique courtoise en France 
aux XII* et XIII* siècles. (Settegast.) Honorable contribution à l'étude du style en 
ancien français.— P. 269-74. Rich.Heinzel, Ueber die Fransôsischen Gralromane. i. 
(Sucbier.) L*auteur a montré les rapports de ses anciens textes en des points nom- 
breux et importants.)— P. 274-7. Romania, n""76, 77, 78. (Meyer-Lùbke.)— P. 277-8. 
Arcicd Sficictâtiï stiintiâco ai literare din Jassi. i. 1889-90. (Meyer-Lùbke.)' 

— P. 278-82. Giornale storico délia letteratura italiana. Vol. XVII. Fasc. 2-3. 
(Wendrioer.)— P. 282-6. Il P/q/)a<7/ia^ore. Vol. III. Fasc. 15-18. (Wendriner.) 

— P. 286-8. Hrsg. Zusats zu Zscb. xvi, 244 fi. français neufr. 

T. XVI, fasc. 3 et 4 (1892).— P. 289-307. Thurneysen, Zur Stcllung des Verbums im 
Altfransôsischen. En s'appuyant sur « Aucassin et Nicolete », l'auteur montre la fixité 
du cerbum finitum en anc. fr. — P. 308-71 . Th. Gartner, Die Mundart con Erto (Suite 
m Wôrtersammlung. Environ 1500 mots. Flexion des uns (environ 1000 apparte- 
nant à l'ancien fonds roman) et origine des autres, iv. Texte Erto et Gredner.v. De 
Stellung der M. von E. — P. 380-7. Marchot, Etymologies dialectales et vieux 
françaises, etc. 1. Fr. aoeindre=iLiiiré lat. adcenire. — P. 388-96. Sestegast. Afrz. 
feslou, etc.« .'neufrz/reton,etc. Fe8lsn=« der oberste Tsil des Pferdefusses. » ail. 
viszeloch cilock=z Fesseihour, sens le plus ancien, Fesselgelenk. On fr. substitué à 
oc/i' kok. FeUon = sassim. a l,fellon = Il z= l.feillon = b. ail. fitlock, filon, filon, 
faloneprot.=o ou infl. de fanon, Jfelon, deferlon r5=/-;.— P. 397-421. C. Michselis 
de Vasconcellos. (Suite.) ii. Quem morre de mal de amores Nâo se enterra em 
sagrado. Montre par une série d'exemples comifient les motifs poétiques voyagent 
et se transforment. — P. 422-6. H.-R. Lang, Tradicôes populares açorianas. i. 
Cantigas populares. ii, etc. Divers. — P. 437-51. R. Zenker, Zu Peire d'Alcernhé 
Satire und nochmals aCar cei fenir a tôt dia». Réponse aux critiques d'Appel, Zt^. 
XIV, 160, et de Jeanrqy, liomania, xix, 394.— P. 452-7. Baist, Jofreiz d'Anjou, Les 
traditions qui lui sont relatives étant arrivées à Paris, l'insertion de son nom dans la 
chanson de Roi. s'explique dans un remaniement angevin.— P.4îd-^%.^^^'^^. 
VillaneUeaUa napolitana. (A suivre.)— Vermischles.i. Zur LlUerat,ur^e*Oi>.V.c\vX^ .- 



- 80 - 

P. 504-8. O. Schultz. Urkundliches zu Hugues de Berge, 3. Hugues de Berzé à « 
distinguer, ii. Exegeiisches, — P. 503-10. Baist. i. Der Zvoeikampf im Rolandlied, 
Conteste l'explication de M. G. Paris, Extraits, xxi. — P. 510>1. Adœa Seint Père 
encunquiat le barnage. Précise rindication de M. G. P. {Litt./r,. 57.) — P. 513-7. 
0. Schultz, Vnoermitteltes Zusammentreton con stvcien Adjektèœn der Participien 
im Prooenzalisc/ien, « F&Uen wo zwei Adjektiva oder Part, oder ein Adj. mit 
einem Part, eine unmittelbare Verbiodung elngehen, die man fast ein Zusammen- 
wacbsen nennen kônnte. » iv. Zur WortgeschichU}, i. Etymologien . — P. 517-21. 
Cornu, Franz, prosne prone = prôthyrum ou pràthyra^ i, pop. protulum d'où 
^protunum*proUnum prosne, ^ Proy. -eire = ïtor seulement. — Warum franz. 
pourceau und nicht /)o/*c6aafPoarceaa sous Tinfluence d'une forme hypothétique 
pgrci ou purei pour pgrci, — Noir corne choe = fr. choucas^ chouquart ou freux — 
Span. und port, alarido = ululatus devenu *ululttus. — Prov. ceiaire oegaire ^ 
oideatur. — P. 521. Ulrich. Adesso = ad e(um)p8(um)t — P. 521-3. Schuchardt, 
archiater = basq. acheter, médecin. — Fr. oriflamme, labari Jlamma. — Altpr. 
sais, gris (cheveux) = a.-celt. sasia^ scr. sasya, zend hahya kymr. haiddt 

— Fr. ribon-ribaine : arricc ce qui arrice, arribe ço que arribo. — P. 523-7. G. 
Meyer, Andar al Potamà {yen. mourrir) = iro6afjL(5< = àTroBafxoc. — Sic. us/aru 
(saflor,carthamus tinctorius) = arabe 'as/ar. Zanca it. et form. rom. apparentées = 
mot pers. (avest. Zanga-, Beiu = pehl. Zan^ venu aux Grecs et aux soldats rom. 
se trouvant en Orient par l'intermédiaire du syriaque. -— P. 527-32. Borning, frz. 
Hameçon^ sp. anzuelo. Hameçon = *hamic(a) -f- ionemanzin^ namur =-f- inum^ prov. 
anquetz=-\-anke-\-iUum yii\hainche=-hamica. Sp. anzuelOy j^ori, anzol=:-\- colus 
Fr. gace = gabata (d*oiiJoue et Jatte), — P. 532. Baist, Soy sp. en rapport avec 
fr. *afc. — Besprechungen. — P. 541-7. G. Weigand, Vlacho-Wcglen, (J , U. 
Jarnik. Intéressant pour les romanistes. 2* partie qui traite des rapports du wegien 
avec le daco-roumain, le macédo-r. et Tistro-r., les textes aveo traduction de la 
troisième.)— P. 554. Ludw. Huberti, Studien zur Rechtsgeschichte der Gottesfrelden 
und Land/rieden, i. (Schwab. Digne de l'attention des lecteurs de la Reçue,) — 
P. 554-7. Giornale storino délia Letteratura italiana. Vol. XVIII, fasc. 1-2. 
(Wendriner.)— P. 557-61. Archicio glottologico Italiano, xii, 1 et 2. (Meyer-Lûbke.) 

— P. 561-5. Romania. N"79, 80, 81.(Tobler, Meyer-Lûbke.) — P. 565. Nachtrag 
zu den « Tcxtcerbcsserungen zur Demanda di Santo Graall ». — P. 566-71 . 
Sachregister. —P. 571-3. Stellen-Register. — P. 673-7. Wort-Register. 

A. et G. DOUTRKPONT. 



Le Gérant : E. Bouillon. 



"^-^UR-SAÔNB, IMP. FHANÇAI8B BT ORIENTALE DE \*. MKKCENM. — YltH^ 



LE MOYEN AGE 

BULLETIN BfENSUEL D'HISTOIRE ET DE PHILOLOOIE 

DIRBSOT'ION : 

MM. MARIGNAN, PROU ET WILMOTTE 

AVRIt. 1894 



LA PANIQUE ANGLAISE 

EN MAI 1429 



La sensation dé contagieuse terreur et de confuse épouvante qu'exerça 
sur le moral aguerri des troupes anglaises, jusqu'à la dernière scène du 
drame de Rouen, l'action bouleversante et irrésistible de Jeanne d*Arc, est 
un de ces faits sur lesquels historiens et philosophes pourraient discuter 
longuement. Chroniques, lettres, dépositions recueillies aux Procès, tant 
de condamnation que de réhabilitation, ont fourni sur ce point quelques 
impressions personnelles, émanées des témoins de cet indéniable phé- 
nomène qui vient si rudement renverser, chez les conquérants du sol 
national, toutes les notions établies, toute Texpérience acquise par dix ans 
de défaites françaises. Quant aux actes contemporains susceptibles de 
traduire, sans contestation possible, cet état de stupeur et de vertige, et 
ayant conservé trace des mesures nécessitées par ce nouvel et surprenant 
élément de calcul, le nombre en est singulièrement restreint et la consta- 
tation plus rare. La production de Tun d'eux, dans sa sécheresse appa- 
rente, semblera donc justifiée par l'extrême intérêt des moindres témoi- 
gnages de cet ordre. 

Les documents de ce genre se réduisaient, naguère encore, aux deux 
groupes de mandements émanés du gouvernement anglais, dans lé cours 
de Tannée 1430, et dirigés contre les officiers et 3oldats, qui, par crainte 
des « enchantements de la Pucelle », refusaient de passer ea France à la 
suite de leurs corps ou désertaient en masse pour se rapatrier d'eux 
mêmes en Angleterre. Publiés par Rymer dans son célèbre recueil*, 

1. Rymer, Fœdera, éd. de 1739-1745, t. IV, pan, \V , p^V^ ^\»\^^, 



reproduits dans la collection des pièces annexées au texte des Procès', 
ils ont été signalés el mentionnés plus d'une fois. 

Ce qu'il faut cependant remarquer, c'est que ces deux séries d'actes se 
rapportent à une époque oij l'effort prodigieux du soulèvement national, 
manifesté l'an précédent par les coups de théâtre d'Orléans et de Reiras, 
avait depuis quelques mois déjà rencontré le point mort de sa course, au 
delàduquel son élan se trouvait, momentanément du moins, stationnaîre 
ou contrarié. Ces mandements, aux titres expressifs', expédiés par 
Humphrey, due de Gloucester, régent d'Angleterre pour son neveu 
Henry VI, sont en efïetdatés, l'un du 3 mai, l'autre du 12 décembre 1430. 
Ils se rapportent l'un et l'autre aux circonstances qui marquèrent, 
d'avril 1430 à février 1432, le passage et l'unique séjour du jeune roi 
Henry VI en France, voyage préparé un an déjà auparavant, au cours du 
siège d'Orléans', annoncé bruyamment depuis, à diverses reprises*, puis 
finalement différé de mois en mois '. 

Le faible héritier des deux couronnes des Valois et des Lancaslre 
venait de s'embarquer à Douvres, le 23 avril 1430, et de prendre terre à 
Calais', où son séjour se prolonge jusque dans le courant de juillet, 
époque vers laquelle il prononce enfin sa marche vers la direction de 
Rouen'. Dix jours après son départ d'Angleterre, l'armée de secours qu'il 
devait amener avec lui, et dont les divers actes d'engagements commen- 
çaient à couriran 1" mai, refusait de prendre la mer et se trouvait en 
pleine dissolution. Officiers comme soldats, émus à l'idée du péril sur- 
humain qu'ils allaient avoir à braver sur la terre française, le cœur 
troublé, l'imagination vacillante, débandés et pour mieux se dérober au 
service, s'étaient dispersés dans les dépendances de Londres et dans les 
faubourgs des ports échelonnés vers le bas de la Tamise, Ordre est expé- 
dié, le 3 mai ', de Canterbury', aux vicomtes de Londres et aux autorités 
de Roehester"',de faire proclamer àcri public que tous retardataires, sous 

1. Quicberal, Procès, t. V, p. 162-lM el p. 192-194. 

Z. Le preiuier, da 3 mai, est iiiiiiulé : a De proclamationibus contra capilaneos el 
soldarios lei^iversantes incBalaliouibus Puellse lerriflcatos. n Lp second, du 
IS décembre : a De fugitivis ab exercitu quos lerncu lame nia Paellœ exaDirnaverant 
arestandis. a 

3. Lettre du duc de Bedford au ConsEJl priva d'Angleterre, lue & la sëaDce du 
15 avril 14Ï9. (Vallel da Viriville, Histoire de Charles VU et de son époque, t. II. p. 77.) 

4. InslrucUon du duc de Bedford au roi d'armes Jarretière, pour le sacre de 
Henry VI, dai£e de Paris, le 16 jnillel 1489, jour même de lenlrée de Charles VU 
â Reims. (Rymer, Fcedera, t. IV. part. IV, p. 150.) 

5. Nombreux actes d'octobre 14S9 à avril H30. |lbid., id., p. I3I-I6O.) 

6. Cb. de Beaurepaire, Recherches sur le procès de rondamnathn de Jeanne 
d'Arc, p. 12-13. \Pi'éeis analytique des tracaux fie l'Académie des sciences, 
beliea-Uttre» et arts de Rouen, année 1867-1868.) 

7. Ibid., û/., p. 12-15. 

8. Voir le texte de l'aete. 

9. Canterbury, .^ur la Stour, dont le déboucbâ dans la mer était alors a 

10. Roctesler. sur la Medway, priis de sou emlwuchure dans la Tamise, 1 
jrea aa-diissas de Cbathua gui a absorbé son ïacteaœ UayotUnce a 



- ^83 — 

peine d'emprisonnement sans distinction de grade ou de condition, aient 
à se rendre sur Theure dans les ports de Sandwich ^ et de Douvres *. — Or, 
à ce moments Jeanne d'Arc,inactive et sans armée depuis l'échec subi de- 
vant Paris, le 8 septembre précédent, lassée,découragéepar tout un hiver 
d'abandon, vient de s'évader de la cour dans les trois derniers jours de 
mars ^ Elle tient maintenant la campagne, dans quelle tristesse et quelles 
angoisses I au milieu de compagnies quelconques, entre Marne et Oise, 
à Lagny d'abord, où elle a couru tout d'une traite*, devant Melun ensuite, 
pendant la semaine de Pâques, du 17 au 22 avril •, à Compiègne enfin, où 
elle fait sa première apparition le 13 mai^, où' dix jours après va 
s'accomplir son destin. 

Sept mois plus tard, alors que vendue depuis quelques semaines à ses 
mortels ennemis, elle ne dispose plus depuis longtemps d'aucun ins- 
trument humain de succès, on ne sait quels pressentiments d'un danger 
inconnu, d'espèce effrayante et invisible, continue encore à hanter le 
soldat anglais. Henry VI est toujours à Rouen, où il attend l'occasion de 
se mettre en route vers Paris % vers ce Sacre à Notre-Dame, objet de sa 
traversée, remis de jour en jour, qui ne se réalisera que dans un 
an, et après lequel il disparaîtra du sol de France •. Le 12 'décembre 

« 

1. Sandwich, aujourd'hui sur un des bras de la Stour, à près d'une lieue dans 
les terres, comme tant d'anciens ports de cette côte. Une curieuse tradition se 
rattache à la décroissance de ce havre. (Amiral Dumas- Vence, Notice sur les 
côtes de la Manche et de la mer du Nord — Dépôt des cartes et plans de la 
marine — p. 11 et 116.) 

2. Douvres, demeuré presque le seul survivant parmi les anciens abris de cette 
section de côte, mais dont le port était alors considérablement plus en dedans des 
terres que de nos jours. (Amiral Dumas-Vence, l, c, p. 10, 97 et 109-112.) 

3. Sur la coïncidence de cet acte du 3 mai avec la rentrée en campagne de 
Jeanne d'Arc, voir Wallon, Jeanne d* Arc, t. I, p. 324-325, et Vallet de Viriville, 
HLst. de Charles Vil et de son époque, t. II, p. 149. 

4. Lettre de Jeanne d'Arc à la ville de Reims, en date de Sully-sur- Loire encore, 
le 28 mars (Procès, t. V, p. 101-162), et Chronique de Parceval de Cagny, fixant 
son départ du même lieu (Chronique de Parceval de Cagny, ad ann. 1430, 
fragment dans Procès, t. IV, p. 32.) 

.5. *( Et sans retourner s'en ala à la ville de Laingni sur Marne.» (Chronique de 
Parceval de Cagny, l. c.) 

6 « lu septimana Paschali novissime preterita, ipsa existente supra fossata villse 
Meleduni. » — « Septimana , Paschaî ultima lapsa, ipsa existente supra fossata 
Meleduni-. » (Interrogatoire du 10 mars 1431, dans Procès, t. l", p. 114-115 et 253.) 
Ceci établit suffisamment qu'il s'agit de la semaine de Pâques (17-22 avril — Pâques 
en 1430 tombant le 16 avril), et non de la Semaine- Sainte (10-15 avril), comme 
il est généralement répété. (Voir Vallet de Viriville, Hist. de Charles VU et de 
son époque, t. II, p. 141; Procès, t. V, p. 381.) 

7. Vallet de Viriville, Hist. de Charles VII et de son époque, t. II, p. 143, et 
Wallon, Jeanne d'Arc, t. I, p. 327-329. 

8. Henry VI est alors à Rouen, du 29 juillet 1430 au 20 novembre 1431. (Ch. de 
Beau repaire, Recherches sur le procès, p. 14.) 

9. Henry VI, revenu de Paris où il s'est fait couronner à Notre-Dame, le 
dimanche 16 décembre 1431, est de retour à Rouen le 8 ianvier liSZ, {^\s.. ^a 
Beaurepaire, l. c, p, 44.) On Je revoit en Aïig\e\.eTîe, ^\»î^'sXmYûs»\ft.\A'^'^^^^'^^^^^^ 
suivant. (Rymer, Fœdera, t. IV, part. IV, p. 170-^^.^ 



- 84 - 

donc^ , lancé de Wye^, nouveau mandement du duc de Gloucester, cette fois 
adressé à tous les fonctionnaires de la côte anglaise, de la baie du Wash 
à rentrée du Soient, aux vicomtes de Norfolk^ de Suffolk, d'Essèx, de 
Londres, de Surrey, de Kent, de Sussex et de Hauts, au garde des Cinq- 
Ports, commandant du château de Douvres\ Injonction d'arrêter sur-le- 
champ et d'envoyer devant le Conseil d'Angleterre tous les sujets du roi 
qui ont quitté l'armée et menacent de déserter chaque jour. — Or la captive 
de Jean de Luxembourg, en cet instant, se trouve en dépôt aux mains 
de ses juges *, gardée au Crotoy % peut-être déjà en route pour le lieu de 
son martyre*, ou même parvenue dans sa prison % encàjgée dans cette 
cage de fer préparée d'avance pour elle ■, et qui peut lui avoir servi de 
cellule pendant les premiers jours de sa détention dans le château de 
Rouen. Une terreur inexplicable pèse malgré tout sur ces troupes endur- 
cies à tous les risques, fortes contre toute surprise, et que le supplice 
prochain de leur inquiétante ennemie devait, semble-t il, libérer désor- 
mais de toute fièvre de peur. Quelques mois plus tard encore, les capi- 
taines anglais n*oseront faire entreprendre le siège de Louviers *, où s'est 

1. Voir le texte de l'acte. 

2. Wye plutôt que Wyx {Procès, t. V, p. 193), localité du comté de Kent, située 
sur la Stour, au-dessus de Canterbury. 

3. Les Cinq- Ports comprenaient primitivement Sandwich. Douvres, Hytbe, 
Romney et Hastings, auxquels furent adjoints VVincbelsea et Rye. De chacun de 
ces ports dépendaient d'autres havres secondaires, connus sous le nom de membres, 
disposition qui étendait la juridiction de cette charge, le long de la côte, du chenal 
de l'île de Thanet jusqu'au delà de Beachy-Head, de Recul ver à Seaford. La 
plupart de ces abris sont aujourd'hui engagés dans les terres, éloignés des cours 
d'eau qui leur servaient de chenaux, ou entièrement ensablés. 

4. 1^ 21 novembre, et même nécessairement quelques jours auparavant, Jeanne 
d'Arc e^'t aux mains du gouvernement anglais. (Lettre de l'Université de Paris à 
Henry VI, en date de Paris, le 21 novembre, dans Procès, t. 1, p. 17-18.) 

5. Le séjour au Crotoy étant établi, entre la sortie des châteaux de Jean de 
Luxembourg, d'une part, etlo transfert à Rouen, d'autre part, c'est vraisemblable- 
ment au Crotoy même que s'opère la transmission au gouvernement anglais, qu*on 
vient de voir déjà exécutée à la date du 21 novembre. 

6. Par terre, de Saint- Valery-sur-Somme à Eu, puis à Dieppe, puis enf^.n à 
Rouen, comme Ta démontré M. Wallon. {Jeanne d'Arc, t. II. p. 23, et app. vin.) 

7. Quelques jours avant le 23 décembre, Jeanne d'Arc est arrivée à Rouen. 
(Lettres de territorialité concédée par le chapitre de Rouen à Pierre Caucbon, en 
date de Rouen, le 28 décembre, dans Procès, t. I, p. 20-23.) 

8. Dire d'Etienne Castille, serrurier, qui fabriqua la cage, rapporté, lors de l'en- 
quête de réhabilitation, dans la déposition de Jean Massieu, curé de Saint-Caiidé- 
le- Vieux, ex-huissier au procès {Procès, t. III, p. 155). — Même dire dans celle de 
Thomas Marie, prieur de Sain t-Michel-du-Mont près Rouen {Ibid., t. II, p. 371)* 
— Déposition de Pierre Cusquel, bourgeois de Rouen, chez qui la cage fut pesée 
(Ibid,, t. II, p. 306 et 346; t. III, p. 180). — Sur ce point, voir Bouquet, Jeanne 
d'Arc au château de Rouen, au chap. Jeanne dans sa prison, p. 18-19. [Reoue de 
Normandie, années 1865 et 1866.) 

9. Dépositions à l'enquête de réhabilitation : — de Guillaume Manchon, curé de 
Saint- Nicolas-le-Painteor, ex notaire au procès {Procès, t. II, p. 344); —de frère 

Jsambard de Ja Pierre, des Frères Prêcheurs, l'un des juges au procès {Ibid,, 
i. II, p. 348); — de Jean Riqnier, curéd'Heudicoutl, ^tfesfciiV ^Ve\feç;\itvoQ [ibid., 
t. II, p. 373), rapportant le» dires de Pierre Maurice, de VViviVv^tïÀxfe ^^ V^x», ^\ 



- 85 — 

jeté La Hire avec un parti français, tant que respire toujours, même déjà 
marquée pour le bûcher, leur mystérieuse et surnaturelle adversaire. 

Une plus récente découverte,- due à M. Siméon Luce, a permis de 
reconnaître avec certitude, au fort même du grai\d bouleversenient de 
1429, la violence de cette émotion démoralisante qui faisait défaillir les 
cœurs les plus solides. De l'une des pièces publiées en 1878 dans l'étude 
quia pour titre: Le Trésor anglais à Paris et le procès de Jeanne d* Arc ^^ 
il résulte en effet qu'au milieu d'août 1429, entre le sacre de Reims et 
l'attaque de Paris, des bandes de déserteurs parcourent le Cotentin, 
cherchant, entre autres ports, à regagner Cherbourg, pour s'y embarquer 
et fuir la terre de France*. Le 18 août®, le lieutenant général du bailliage 
de Cotentin, se trouvant à Valognes, reçoit deux mandements du Conseil 
royal de Normandie, datés de Rouen, et rendus évidemment au moins 
quatre ou cinq jours plus tôt, sur des nouvelles survenues le 14 ou le 13. 
L'un a trait au contingent demandé pour la tenue de la (( journée » 
d'Evreux ; l'autre ordonne d'ei^ipêcher tous Anglais, Gallois ou autres 
gens d'armes de s'embarquer pour repasser la Manche. Défense qui, 
bien que le nom n'en soit pas prononcé, s'applique certainement au 
port de Cherbourg, situé dans le ressort de la vicomte de Valognes *. 

Il convient d'ajouter que vers ces parages de l'été de 1429, les faits et 
les jours sont à serrer de près. L'armée royale française, qui a mené 
Charles VII au sacre de Reims, le 17 juillet, qui depuis a piétiné 
pendant deux semaines, vient d'arrêter le 5 août sa déplorable retraite 
un instant prononcée vers les ponts de la Seine, et ayant repris sa route 
naturelle vers le Valois et la Picardie, vient de prononcer définitivement 
sa marche vers les approches du Nord de Paris *. Le 10, elle est à la 
Ferté-Milon, du 11 au 18 à Crépy-en-Valois ou dans les plaines 
d'alentour, cherchant sans résultat, du 13 au matin du 16% la rencontre 
décisive à laquelle le commandement anglais se refuse, et dont les poli- 
tiques et les diplomates qui entourent Charles VII ne semblent guère se 



de Nicolas Loyseleur. chanoine de Rouen, tous deux juges au procès [Ibid. , 
t. III, p. 189); — de frère Jean Toutmouillé, des Frères Prêcheurs, présent dans la 
prison le matin de l'exécution {Ihid., t. II, p. 3). 

1. Siméon Luce, Le Trésor anglais d Paris et le procès de Jeanne d^Arc, 
{Mémoires de la Société de V histoire de Paris et de V Ile-de-France , t. V, 
année 1878. p. 290-307.) 

2. Ibid.^ id.. Pièces just., n" 3. Cette pièce est exactement un mandement de 
taxation émané de Pierre de la Roque, lieutenant général du bailliage de Cotentin, 
en date de Valognes. le 18 août 1429, et adressé- au vicomte de Valognes, pour 
mettre à la charge du budget de la vicomte le salaire des messagers qui ont 
apporté de Saint- Lô à Valognes les deux mandements en question. 

3. Voir le texte de l'acte. 

4. Le genre de pièces auquel appartient ce document a paru assez important à 
M. Siméon Luce, selon sa propre expression, pour en motiver une seconde repro- 
duction dans les pièces justificatives de la Chronique du Mont-Saint-Michel. 
{Chronique du Mont-Saint Michel, Pièces just., n* 110, t. I, ç. 291.\ 

5. De Beaucourt, Histoire de Charles VU, l. 11, p.^^^. 

6. Cbroiu de Parceval de Caguy, ad ann. 1429, datais Procfea, VAN >^. '^VKî»^ 



— 86 - 

soucier davantage. Ce jour même du 18 août, à Theure où Ton vient de 
voiries ordres du Conseil royal atteindre le fond de la Normandie, le roi 
français entre à Compiègne \ où il va recevoir, e^n dix jours de halte •, les 
clefs de Beauvais ' et de Senlis *, de Creil et de Pont- Sainte- Maxence *, 
qui assurent la traversée de TOise ; le 28, il gagnera Senlis *, où il trouve 
la soumission de Lagny % le point de passage précieux et convoité de la 
Marne : il s'attarde encore dix jours avant d'entrer à Saint- Denis, le 
mercredi 7 septembre, veille de l'assaut de Paris •. Le jour même du 
18 août, on est au lendemain de cette capitulation conditionnelle d'Evreux, 
révélée si récemment seulement, qui tient en réalité le sort de la cam- 
pagne en suspens, et autour de laquelle gravite, bien plus qu'on ne saurait 
le croire, toute la destinée de la cause nationale. • 

Evreux vient de se rendre à terme, d'après l'un des usages du droit 
militaire d'alors, peut-être dès le 12, puisque le 18 on vient d'en voir la 
nouvelle parvenue au fond du Cotentin, jusqu'à Valognes, ayant passé 
par Rouen et par Saint- Lô *. La « journée » convenue, qui selon la force 
des troupes en présence, doit décider de la reddition définitive de la place, 
est fixée au 27 août^®. Le duc de Bedford, régent de France, qui défend 
pied à pied l'héritage de son neveu Henry VI, a quitté Paris en toute 
hâte, le jour même ou le lendemain de la soumission de Senlis, pour se 
donner tout entier au salut de la Normandie ^\ Ramassant tous les 

1. Chronique de Parceval de Cagny, p. 23. 

2. De Beaucourt, Hist. de Charles VII, t. H, p. 238. Cf. VaUet de VirivUle, 
Hist, de Charles VII et de son époque, t. II, p. 112-113. 

3. La soumission de Beauvais parvient au roi à Compiègne. {Chronique de la 
Pucelle, chap. lxi, éd. V. de Viriville, p. 331 ; cf. p. 327.) 

4. La soumission de SenUs a lieu le 22 août; au moins est-ce de ce jour que sont 
datées les lettres d'abolition définitive délivrées par le roi. (Flammermont, Senlis 
pendant la seconde période de la guerre de Cent-Ans — Mémoires de la Société de 
l'Histoire de Paris, t. V, année 1878 — p. 180-198, p. 241.) 

5. La soumission de Creil et de Pont-Sainte-Maxence, avec celle de Beauvais, 
Senlis et d'autres, sans date bien précise. [Monstrelet, 1. II, chap. lxx, éd. 
Douët d'Arcq. t. IV, p. 304.) 

6. De Beaucourt, Hist, de Charles VII, t. II, p. 238. Cf. Vallet de ViriviUe, 
Hist. de Charles VII et de son époque, t. Il, p. 112-113. 

7. La soumission de Lagny parvient au roi le 29 août. {Chronique de la 
Pucelle, chap. ucii, éd. V. de VirivUle, p. 335.) 

8. Chron. de Parceval de Cagny, ad ann, 1429, dans Procès, t. IV, p. 25-26. 

9. 11 semble qu'on ne pouvait mettre moins de quatre jours entre Rouen et 
Pontorson. distance à peu près équivalente, et pareiUe sur la plus f2:rande partie 
du parcours, à celle qui sépare Rouen de Valognes. En mars 1427, dans une cir- 
constance exactement analogue, lors de la « journée » de Pontorson, le message 
désespéré du comte de Warwick, demandant un renfort immédiat au baiUi de 
Rouen, et daté du camp devant Pontorson, le 19 mars, parvient à Rouen le 22, 
(Stevenson, Letters and Papers illustratite of the wars of the English in France 
during the reigns qf Henry V and Henry V7, t. II. p. 68-71.) 

10. Cette date et l'issue de l'événement ont été déterminés pour la première fois 
/»r M. de Beaucourt {Hist, de Charles VII, p. 34 et n. 4.) 

'kiie de la reddition de Senlis, le 22 août (ci-dessus, u. 4). Epoque du 
' BedHard de Paris pour la Normandie* dès \a T^ce^xiou ^^ <^vutTtf3Kn^VL&. 
dû Parceval de Ca^ay, ad ann, 1429, dans Procès, v. \N , v.'K^A 



- 87 — 

détachements disponibles, jusqu'aux plus minimes et aux plus dispa- 
rates *, allant jusqu'à mettre à terre une compagnie de débarquement, 
improvisée avec l'équipage du baleinier de guerre de sa maison militaire, 
qui le suit sur la Seine % aidé surtout par l'incroyable inertie qui pèse 
sur le camp français, Bedford, par un prodige d'énergie personnelle et 
de possession de soi-même, parvint à figurer en nombre devant la place, 
au jour dit*, et à sauver avec elle * tout l'Ouest déjà plus qu'à demi 
soulevé contre l'occupation étrangère. Mais jusqu'à la minute où 
s'ébauche ce premier symptôme de retour de fortune, que vont bientôt 
progressivement accentuer l'échec du 8 septembre sous les murs de 
Paris et la retraite de Charles VII en deçà de la Loire, le gouvernement 
anglais est en droit de tout craindre, enlèvement de la capitale dans un 
coup d'enthousiasme, entrée victorieuse des Français en Normandie, dé- 
route jusqu'à la côte. Le témoignage dont on vient de reconnaître ainsi le 
cadre en fournit une preuve aussi expressive qu'impérieuse. 

Or le document qu'il y a lieu de croire encore inédit, et qu'on va trouver 
analysé et publié plus loin, démontre que cette panique dissolvante était 
loin d'avoir attendu, pour se manifester dans toute son affolante oppres- 
sion*, la suite d'événements extraordinaires qui avait conduit le dauphin 
de France des bords de la Loire jusqu'au portail de Reims. Avec ce nou- 
veau témoignage, l'observateur quitte l'heure de la marche triomphale, 
de la campagne du sacre. Il se trouve reporté tout au début de cette 
étonnante série de surprises, , bien avant le jour de Patay, presque à la 
limite exigée par le temps et la distance pour que la nouvelle fou- 
droyante de la délivrance d'Orléans ait pu atteindre ces régions éloignées 
du théâtre de la lutte, où Ton s'aperçoit que son effet produisait déjà 
d'incroyables résultats. 

Une huitaine à peine après la levée du siège d'Orléans, effectuée 
comme on sait le dimanche 8 mai, le duc de Bedford, alors à Pacis ou 
au moins tout auprès, au reçu des nouvelles qu'il apprend de l'armée, de 
son esprit, de sa démoralisation, est obligé d'expédier des lettres closes 
aux capitaines de tous les ports de la côte normande, de la Somme à la 

1. Voir le contenu du premier mandement cité, relatif au secours d'Evreux. 

2. Fait résultant d'un article de compte cité par M. Ch. de Beaurepaire. {De 
l'Administration de la Normandie sous la domination anglaise^ auœ années 1424, 
1425, 1429, p. 62 — Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, t. XXIV, 
année 1859.) 

3. De Beaucourt, Hist. de Charles VII, II. ce. 

4. D'après un passage assez vague de Monstrelet (1. II, chap. lxx, éd. Douêt 
d^Arcq, t IV, p. 353), c'est au connétable de Richemont, lequel aurait été alors en 
campagne sur les frontières de Normandie, qu'il faudrait attribuer l'honneur de la 
reddition conditionnelle d'Evreux. Mais cette assertion est purement inadmissible. 
Richemont, depuis la résolution de la marche vers Reims, c'est-à-dire depuis la fin 
de juin, était relégué à Parthenay, où il demeure jusqu'à l'hiver. {Richemont, 
chap. L, éd. Achille Le Vavasseur, p. 74-75.) 

5. Cet effet a été heureusement traduit par M, )\)\e^ YioVei^, ^"m^^ ^wi. ^n».^^*. 
Jeanne d'Arc telle qu'elle est. (Jules Doinel, Jcanned'Arc teOequ'eXU ^*^>'^*'^^^^ 
Mémoires de la Société archéologique çt /liatortquc cluGdtinaia> V^î«^^î?^^ ^^\^\ife.OSa^-\ 



— 88 — 

Seine, à Ea, Dieppe, Fécamp, Harfleur, tous un à un spécifiés, pour leur 
défendre de laisser aucun déserteur se rembarquer pour l'Angleterre. 

L'acte édité ci-dessous révèle en effet que le 25 mai, l'un des messa- 
gers à cheval du bailliage de Rouen était de retour d'une tournée exé- 
cutée, en ce présent mois, de Rouen, à Eu, Dieppe, Fécamp et Harfleur, 
ayant porté dans ces places les lettres closes du Régent, adressées aux 
capitaines de ces ports ou à leurs lieutenants, et contenant les prescrip- 
tions qui viennent d'être indiquées. Le messager, Guillaume Polain\ 
reconnaît à cette date, avoir reçu de Pierre Surreau, receveur général de 
Normandie *, par-devant Michel Durant, vicomte de Rouen ', la sonmie 
de trois livres dix sous tournois, prix du forfait conclu pour l'entreprise 
de ce voyage *. 

En admettant que cinq jours aient été nécessaires pour celte mission 
coupée d'étapes indispensables ' et qu'il en ait fallu trois pour apporter 
de Paris à Rouen le courrier du Régent comprenant ce groupe de missi- 
ves •, on voit que ces ordres inouïs du duc de Bedford ont dû de toute 
nécessité se trouver expédiés vers une date qui ne peut excéder le 
15 mai, ou tout au plus le 17, si Ton admet que leurs transmissions suc- 
cessives aient immédiatement suivi leur rédaction, puis leur transmis- 
sion. Or la nouvelle de la levée du siège d'Orléans parvient à Paris le 
mardi 10 \ dépêchée par le comte de Suffolk *, replié sur Jargeau depuis 
l'avant-veille, tandis que Talbot et Scales se sont cantonnés vers Meung 
et Beaugency •. Il n'avait donc pu s'écouler que bien peu de jours, une 

!• Son nom se retronve au cours de cette année, comme messager ordinaire du 
baiUiage. (Septième compte de Pierre Surreau, Bibl. Nat., ms. fr. 44S8, fol. 687-778.) 

2. Pierre Surreau, receveur général des finances de Normandie, de li23 à 1434. 

3. Michel Durant, institué vicomte de Rouen par lettres de Henri V, en date du 
23 juiUet 1421. {Rôles normands et français et autres pièces tirées des archices de 
Londrçs par Bréquigny, en 1764, f765 et 1766 — Mémoires de la Société des Anti- 
quaires de Normandie, t. XXIII, année 1838 — p. 1-307, n* 1305, p. 4.) On le trouve 
encore dans ces fonctions au 5 février 1433 ; à la date du 11 août 1434, il avait 
quitté cette charge pour celle de receveur général des finances de Normandie 
(Bibl. Nat., Cab. des titres, P. or., Durant, n" 14-16), qu'il exerce jusque dans 
l'hiver de 1435-1436. 

Le bailli de Rouen est alors John Salvayn. dont il va être parlé à l'occasion de 
sa charge de capitaine de Dieppe. — Le lieutenant-général du bailliage est Pierre 
Poolin qui sera mentionné en même temps que son chef ■ 

4. Enregistrement sommaire de ce payement se rencontre, de façon régulière, 
dans le compte correspondant du receveur général des finances de Normandie, qui 
a été trouvé conservé. (Septième compte de Pierre Surreau, Bibl. Nat., ms. fr. 4488, 
^ 719.) 

5. Délai qui semble commandé par la distance et les quatre arrêts à observer. 

6. En avril 1428, un autre messager à cheval du bailliage de Rouen. Perrin 
Aubry, met huit jours pour aller et revenir de Rouen à Paris, séjour à Pans com- 
pris. (Bibl. Nat., ms. fr. 26050, n-870.) 

7. Journal de Clément de Fauquembergues, greffier du Parlement de Paris, 
ad ann. 1429, dans Procès, t. IV, p. 451. 

S. Monstreletf \. JI, chap. lx, éd. Douët d'Arcq, t. IV, p. 324. 
9, CAroniçue de la Pucelle, chap. xlix, éd. V . de V\tVN\VVe, ^- 297. Berry, ad 
ann. 1429, daas Godefroy, p. 378. 



- 89 — 

semaine bien juste, entre la première impression produite par Tévéne- 
ment d'Orléans et la nécessité où le gouvernement anglais se trouvait déjà 
réduit, de couper court, par les moyens les plus expéditifs et les plus 
vigoureux, à cette déroute morale, aussi imprévue qu'humiliante, qui 
désagrégeait sans remède les vieilles bandes de la journée de Verneuil,de 
la conquête du Maine et de la campagne de la Loire. 

La vision nette de cette décomposition spontanée est d'autant plus 
frappante qu'elle coïncide avec la bizarre période d'inaction, qui, dans le 
camp français, suspend durant trois longues semaines tout effort offensif, 
toute reprise de cette tactique d'attaque qui venait de s'affirmer sous les 
murs d'Orléans, en secouant si violemment, de part et d'autre, les ima- 
ginations ébranlées. Le 10 mai en effet, le surlendemain du départ de 
l'armée anglaise, Jeanne d'Arc quitte Orléans \ pour aller trouver le 
triste et déprimant entourage de la cour française, pour errer de Tours à 
Loches *, impatiente d'action, d'action prompte surtout. Le 2 juin seule- 
ment, à Chinon, la marche en avant s'organise % et le 9, Orléans voit 
rentrer sa libératrice *. 

En dix jours alors, il est vrai, une campagne est achevée, Jargeau, 
Meung et Beaugency nettoyés, et la journée de Patay fait reculer l'inva- 
sion hors de la vue de la Loire. Les faits qui résultent du témoignage 
nouveau dont l'interprétation vient d'être donnée dévoilent avec une 
évidence suffisante que ce résultat, par le simple jeu des choses et des 
forces en action, aurait pu se trouver avancé d'un mois, dans le coup 
d'abandon général dont on tient désormais la preuve. 

Le Régent anglais, au moment où il reçoit ces nouvelles conster- 
nantes, se trouve posté à Paris, dans l'apparence d'une sécurité qui 
depuis de longues années ne connaît plus les alertes. 11 y est rentré vers 
la fin de l'hiver, revenant de Chartres, d'où il a dirigé de loin, à contre- 
cœur, les opérations du siège d'Orléans, entrepris depuis le mois d'oc- 
tobre précédent, contre sa prévoyante répugnance et ses conseils répétés *. 
Il ne paraît pas s'en être éloigné depuis, puisque, vers un moment qui 
demeure assez vague, mais qui semble néanmoins se placer dans le cou- 
rant d'avril, le chroniqueur soldat Jean de Wavrin l'y rejoint au retour 

1. Chronique de la Pucelle^ cbap. l, p. 298. 

2. De Beaucourt, Hist. do Charles VII, t. II, p. 214-216. 

3. IOid.,p. 217-218. 

4. Wallon, Jeanne d'Arc, t. I, p. 188-189. 

5. Le duc (le BedTord avait quitlé Paris le 10 novembre 1428, un mois après 
l'ouverture du siège d'Orléans, se dirigeant sur Chartres par Mantes. {Journal d'un 
bourgeois de Paris, ad. ann. 1428, éd. Tuetey, p. 230.) Sa présence à Chartres est 
constatée par des revues d'effectif, au 15 décembre 1428 et encore au 19 janvier 1429. 
(Boucher de Molandon et Adalbert de Beaucorps, L'Armée anglaise caincue par 
Jeanne d'Arc, sous les murs d'Orléans, chap. iv, par. i, p. 99-110, et pièces just., 
n*** 44, 50, 46 et 42; L. Jarry, Le Compte de Varméa anglaise au siège d'Orléans, 
art. 39, 43, 6-7, et 38, 43, 5 — Mémoires de la Société archéologique et historique de 
l'Orléanais, t. XXIII, année 1892.) 11 y est certainement encore le 1" février. (a.ccIi, 
Nat., JJ 174, n" 263, cf. ii"" 2Q':t et 267.) On \o\V. v^^'^^^^^'t?. o'Svviv^^^ $i.^ 'sa. xî^îiv^^'^ 

urticulière passer des revues à Corbeil, au moms etvVTe, \fe 1 ^v\^^^\^NXVb^.^^ 



P 



— 90- 

d'une expédition en Beauce.el vient y compter danssa maison militaire'. 
Eo tout cas, c'est à Paria qu'il apprend, le 10 mai, le désastre d'Orléans. 
Au reçu du message, redoutant un soulèvement populaire, il va s'enter- 
mer, non pas même à la Bastille, maisâ Viocennes', d'où, le cas échéant, 
la reiraîle en rase campagne présenterait moins de périls. Il devait 
quitter cet abri, quelques semaines plus lard, pour aller attendre à Cor- 
beil * les nouvelles de la rencontre qui se prépare dans la plaine de Beauce 
entre l'armée nationale et les forces anglaises, et qui fut, le 18 juin, la 
journée de Patay '. 

C'est donc à Vincennes, sans dout*, que le duc de Bedford, informé 
de la levée du siège, de la mort de Glasdall et du pernicieux affolement 
produit sur ses compatriotes par cet inexplicable retour de fortune, dut 
presque immédiatement édicter,vers le 15 ou le 17mai, les ordres carac- 
téristiques qui viennent d'être résumés, et qui attestent l'accablante dé- 
pression d'une armée renommée depuis quinze ans pour son sang-froid, 
son invincible discipline et sa cohésion légendaire. 

Désordre moral que le tout-puissant duc de Bedford était personnelle- 
ment en situation de comprendre. Lui-même, en effet, ne paraît pas avoir 
été exempt d'un trouble vague, éprouvé devant ce péril d'ordre anormal 
et supérieur. Soldat tout autant que politique, le frère de Henry V savait 
payer de sa personne : il allait le montrer devant Evreux ; il le prouvait 
à Verneuil, où il se battait en simple homme d'armes, cavalier volon- 
lairement démonté, et taillant de sa bâche à deux mains dans le plus 
épais de la mêlée. La lettre sauvent citée, qu'il écrivait dans sa langue 
natale au jeune roi son neveu', à uneépoque qu'il est difficile de préciser, 
mais qui peut se placer entre l'événement d'Orléans et le fort des succès 
Irançais, entre le milieu de mai et la Hn d'aoiit', révèle néanmoins à 

Malaiidon elde Beaucorps, l,c,, n" 4S, 42; L. Jarry, l. c, art. 43. 5.) Lui-même 
y signale s:i prëseace le ï'i Février. (Arcli. Nat., JJ 174. n' 260.) Cette place de 
Corbeil parait d'ailleurs avoir élé ua des points d'observation préférés du Kâgent : 
ainsi c'e>it à Corbeil qu'il retourne pour se poster, au moment de Patay (Journal de 
Clément de Fauquembergues, ad. ann. 14S9, dans Procès, t. IV, p. 4b'i, voir ci- 
dessous), ei plus tard encore, au moment de la retraite de Charles Vil sur le pont 
de Bray-snr-Seine(Jourual du siitge d'Orléans, dans Procès, l. IV. p. 187-188). 
l'aufours esl-il qu'il se retrouve à Paris le 14 mars (de Molaodon et de Beaucorps, 
L !■. , a' 54), où le duc de Bourgogne vient lui-même sËjourner du 4 au Z2 avril 
[Journal d'un boargeois de Paris, ad. ann. 1429, éd. Tuetey, p. 233-234). 

1. Wacrin, part. V, I. IV, chap. x. Éd. de Mlle Dupont, l. I. p. 880-Ï81. 

8. Chronique de la Fupelle, chap. xlix, éd. V. de Viriville, p. 297. 

3. Journal de Clément de F'auquembergues. ad. ann. 1429, dans Procès, t. IV, 
p, 453. 

4. Le récit le plus sur de l'aRaire de Patay, comme de celle de Verneuil. est 
celui de Jean de Wavrin, qui dans les deux journées combattait à son rang, et a 
Partaitement su racoulerce qu'il a vu. (Waocifi, pari. V, 1, IV, ibap. xui. éd. de 
Mlle Dupont, t. I, p. 287-295.) 

5. Fragment d'une lettre du duc de Bedford fi Henry VI, dans Ryraer, Fcedera, 
t. IV, part. IV, p. m, et dans Procis. t. V, p. 136-137. 

â. Dani le fragmeol publié, il est que.sliou du désaswe d'Orléans (8 mai), et d'une 
»atu iointerrompue de revers. 



— 91 — 

quel point il se sentait frappé d'un sourd effroi, qu'il s'avouait dans le 
secret de son être, en le subissant fatalement. Les prodiges opérés par la 
paysanne de Domremy, par ce « disciple et fauteur de Tennemi, qui a 
usé de faux enchantements et de sorcellerie », et dont il dénonce Tincom- 
préhensible et diabolique influence, semblent avoir remué en lui tout un 
fonds d'émotion inquiète et d'obsédante anxiété, dont il a peine à défendre 
son courage et sa raison \ 

Quant aux commandants de place auxquels étaient expédiés ces 
ordres impérieux, les documents contemporains permettent de recon- 
naître avec sûreté deux d'entre eux, ceux de Dieppe et de Harfieur*. Les 
garnisons d'Eu et de Fécamp, beaucoup moins importantes, ne figurant 
pas sur les comptes de Normandie', et se trouvant payées sans doute sur 
quelques budgets spéciaux ou locaux dont les épaves mêmes semblent 
disparues, il ne faudrait compter que sur quelque heureux hasard pour 
dévoiler la personnalité de leurs capitaines*. 

Le commandant en titre de Dieppe est alors John Salvayn, chevalier, 
bailli de Rouen. Il y a lieu de croire qu'il occupait simultanément les 
deux postes depuis l'entrée en fonctions du Régent, à l'avènement du 
jeune Henry VI, vers la fin de 1422, genre de cumul si fréquent dans l'or- 
ganisation de l'administration anglaise. Il garde le titre de bailli de Rouen 
jusqu'en la dernière année de l'occupation, sauf l'interruption qui lui fut 
imposée pendant le séjour de Henry VI à Rouen et la durée du procès de 
Jeanne d'Arc. Quant au service de capitaine de Dieppe, l'enlèvement de 

1. Sur cette lettre, voir : Ch, de Beaurepaire, Recherches sur le Procès^ p. 3; 
Vallet de Viriville, Hist. de Charles VII et do son époque, t. II, p. 78 ; de 
Molandon et de Beaucorps, L'Armée anglaise, p. 61. 

2. Ch . de Beaurepaire, De VAdm. de la Normandie (p. 31-39). Sur l'identité 
{Ibid., p. 62) de Honfleur et Harfleur, voir ci-dessous, p. 93, n. 2. 

3. Ibid., id. , 

4. Le commandant de la place d*Eu dont on rencontre le nom pour l'époque la 
plus rapprochée de 1*429 est l'Anglais John Stanlawe, qu'on voit occupant ce poste 
en mai 1430, et peut-être dès le début de décembre précédent. (Bibl. Nat., Cab. 
des titres, P. or., Stanlaœe, nM.) 

John Stanlawe, écuyer, parait avoir cumulé singulièrement des fonctions d'ordre 
militaire et financier. En 1426, comme on vient de le voir, il était lieutenant à 
Dieppe. (Arch. Nat., K 61, n" 25 » et 25 <«.) Au 1" octobre 1428, et au moins jus- 
qu'au milieu de décembre 1429, il est trésorier de l'hôtel du Régent. (Bibl*. Nat., 
ms. fr. 4488, !•• 20, 22, 28 à 43 ; P. or., Stanlaœc, n»» 2 et 3.) Il devient ensuite 
trésorier général de Normandie, de 1435 à 1448, charge qu'il exerce concurremment 
avec celles de commissaire spécial en diverses parties et de capitaine de plusieurs 
places. (Bibl. Nat., P. or, y Stanlaœe, passim; coll . Clairambault, vol. 201, p. 8413 
et 8415, n«»* 10 et 12.) 

Fécamp, quoique classé comme place munie d*un commandant, en oc- 
tobre 1419 {Rôles norm. et franc,, u" 675), ne figure pas sur la liste, très fournie 
cependant, des forteresses et châteaux conquis par Henry V et garnis par lui 
de capitaines [Ibid., n* 1359). En avril 1419, le donjon ruiné de Fécamp avait 
été donné {Ibid., n* 476) à Hugh Spencer, écuyer, qui fut plus tard bailli de Caux 
en 1429 et 1430, puis bailli de Cotentin (Léopold Delisle, Mémoire sur les baillis 
de Cotentin — Mém. de la Société des Ant, de Normandie^ K.. KIK, "^'ocûfefe'Vife?^>i, 
depuis 1432 jusqu'à l'évacuation de 1450. 



- 92 - 

la ville par le hardi partisan français, Charles Desmarets, dans l'au- 
tomne de 1435, dut y mettre naturellement un terme\ A l'heure actuelle, 
en tout cas, John Salvàyn n'exerce en personne ni l'une ni l'autre de ces 
charges. Il est, depuis le 15 décembre 1428 au moins, engagé dans 
l'armée d'Orléans, et le renouvellement de ses contrats, prolongés de 
terme en terme, le montre encore présent sur lès bords de la Loire à 
la date du 20 avril'. Il n*a guère pu regagner son poste, puisque vers 
la fin de juin, au moment où l'armée royale prononce enfin sa marche 
sur Reims, on le retrouve chargé de la garde des passages de la Marne et 
de la Seine, en résidence dans cette place de Lagny ' qui allait devenir 
une des positions avancées les plus solides et les plus menaçantes des 
lignes françaises*. Ses doubles fonctions devaient donc alors être remplies, 
à Rouen par le lieutenant général du bailliage, le Français Pierre Poolin*, 

1. John Salvayn, chevalier, d'une race anglaise. (Rôles norm. et franc, n. 90.) 
On le trouve biiilli de Rouen dans le cours d'octobre 1122 (Bibl. Nat., ms. 

fr. 2G046, n" 4), et certainement pas avant le 8 octobre 1421, où son prédécesseur 
est encore en fonction. {Rôles norm. et franc ., n" 1039). Il mourut en charge au 
début de 1449, quelques mois avant le retour de Rouen à la cause nationale. 
(Documents cités par Cheruel, Histoire de Rouen sotcs la domination anf/laiscau 
XV* siècle, p. 141.) Au cours de son admini.stration. eu 1439, il résigne» ses fonctions 
aux mains de Raoul Boulciller, ancien bailli de Caux de 1422 à 1423, résiliation 
provisoire qui a lieu entre le terme du 28 septembre 1430 (Bibl. Nat., coll. Clai- 
rambault, vol. 108, p. 8151, n» 15), et le 7 octobre suivant (Ch. do Beaurepaire, 
Recherches sur le procès, p. 22) : il les reprend à la fin de 1431, entre le 25 octobre 
1431 et le 17 décembre suivant [Ihid.. id.). 

On le trouve capitaine^ de Dieppe au moins îi partir du terme du 28 sep- 
tembre 1423. (Bibl. Nat.,'ms. fr. 4185, f" 244, où il est marriué en fonctions le 
2 octobre) : on le voit en charge de 1423 à 1429 (Ch. de Beaurepaire, De VAdm. de 
la Normandie, p. 31-39), encore au 28 septembre 1429 {Ibid.. id.). Il continue ces 
dernières fonctions après les événements de 1429 (Bibl. Nat.,ms. fr. 25769, n» 478; 
coll. Clairambault. vol. 108, p. 8151. n" 17). pendant son intérim de bailli (Bibl. 
Nat., coll. Clairambault. /. c., et Cab. des titres, P. or., Salcain, i\* 19), et après 
sa rentrée en charge (Bibl. Nat., ms. fr. 25771, n»897). On l'y rencontre encore au 
17 mars et au 14 juillet I4:)5 (Bibl. Nat., coll. Clairambault, vol. 198, p. 8155, n»21, 
et ms. fr. 25772, n» %2). 

La place de Dieppe, qui resta française depuis, fut enlevée par Charles Des- 
marets, dans la nuit du 28 au 29 octobre 1435. [Monstrelet, 1. H, chap. xcviii, 
éd. Douct d*.\rcq, t. V, p. 200, et Hellot, notes des Chron. de Normandie, 
p. 262, n« 258.) 

2. De Molandon et de Beaucorps, L'Armée anglaise, p. 123-124, et Pièces Just., 
n«* 75, 7G. 77. 

3. Ch. de Beaurepaire, De l'Adm. de la Normandie, p. 60. 

4. Lagny redevient français le 29 août [Chronique de la Pwellc, chap. lxii, éd. 
V. de Viriville, p. 335). Voir ci-dessus, p. 86, n. 7. 

5. Pierre Poolin, ancien procureur général de la ville de Rouen en 1414 (Cheruel, 
lïist. de Rouen, Pièces just., p. 35-38, et 38, u. 3), passé ensuite au service du 
gouvernement anglais. On le trouve lieutenant général du bailliage, au moins au 
7 juillet 1421 (Bibl. Nat., ms. fr. 26044, n» 5G4U), et certainement pas avant le 
27 décembre 1420, où son prédécesseur est encore eu charge (Bibl. Nat., Cab. 
des titres, P. or., Hcaucham/i, n" 23) ',11 y est encore au 5 janvier 1430 (P. or., 
Poolin, n* 9). 11 fut remplacé comme son chef Salvayn (sans doute en même 
temps que lui), mais ne fut pas repris par ce dernier lors de sa propre réintégration 

^^^ de Beaurepaire, iiedtcrcUcs sur le procès, p. 23\. 



— 93 - 

à Dieppe,par un lieutenant de place qu'il est difficile de déterminer^. 
La ville de llarfleur, qui tenait en ce temps la place du grand port qui 
Ta peu à peu supplantée, a pour capitaine un personnage moins connu, 
mais qui marque néanmoins de son nom chaque année du régime de la 
domination étrangère. William Myners, éxîuyer, gouverne llarfleur au 
moins depuis les premiers temps de la régence de Bedford, et demeure 
dans le même poste jusqu'à la surprise de la place par la grande insur- 
rection cauchoise, dans rhiver de 1435'. A l'heure qui vient d'être fixée, 
en mai 1429, il est également absent de son poste et sert à l'armée 
d'Orléans. On le rencontre en efïet auprès du Régent, à Chartres, le 
8 janvier' . Dans les derniers jours d'avril il est encore présent au siège*. 
Une mésaventure attend William Myners avant la fin de la campagne. 
Tout comme Talbot et Scales *, en compagnie de Tliomas Gérard, capitaine 
de Montereau % de Thomas Rampston, capitaine d'Argentan, de Walter 

1. En août 1426, les fonctions de lieutenant à Dieppe étaient remplies parl'écuyer 
John Stanlawe, dont il a été parlé à l'occasion de la place d'Eu. (Arch. Nat., 
K52, n»» 25»el25 <«.) 

2. WiUiam Myners, écu ver, de race anglaise. {Rôles norm. et franc., n* 123.) On 
le trouve capitaine de Harfleur, au moins à partir du SO novembre 1422, ordonné pour 
cinq ans entiers (Bibl. Nat., ms. fr. 4485, f"» 21H) ; on le voit en fonctions de 1423 à 
1429 (Ch. de Beau repaire, Z)c i^Adin. delà Norinandic^ p. 31-31)); au terniedu28 sep- 
tembre 1428, il est encore retenu pour un an (Bibl. Nat., ms. fr. 4488, f° 272-275), délai 
qu'il ne devait pas remplir entièrement, comme on va s'en rendre compte. 11 ne faut 
attribuer qu'à quelque inexactitude typographique le passage (quelquefois répété 
depuis), où il est signaln, en 14v9, comme capitaine de Honficur [De l'Adin. de la 
Nornuind/'ey p. 62); voir par contre, sur ce point, les autres passa^'j:es du même 
ouvrage, aux articles Harfleur et Honlleur (//>/>/., p. 31-39), et le texte même du 
compte analysé (Bibl. Nat., ms. fr. 44S8, f" 272-;;i75). On le retrouve en charge 
après les événements de 1429(Bibl. Nat.. coll. Clairambault, vol. 179, p. 6347, n"89). 
On l'y voit encore au 29 avril 14 55 (coll. Clairambault. id., vol. 179, p. 6337, 
n" 79), où VIncentaire des yccau^ (t. I, p. 644, n"» 6118) le distingue sans motif sous 
le nom de Jrhaa Myners. Monstrelet l'indique formellement comme capitaine de 
la place, ayant capitulé dc\ant les insurgés cauchois, à la fin de décembre 1435 
{Monstrelet, 1. II, chap. xcvni, éd. Douct d'Arc(i, t. V, p. 202). 11 ne revient pas à 
Harfleur ai)rés que les Anglais en eurent repris possession, en 1440. 11 commanda, 
dans cet intervalle, 'l'ancarville et la Carrière- Sain t-Vigor, puis plus tard, 
jusciu'on 1444, le port de Ké!.rnéville. le havre de Coutances. l'un des points de 
tran.sit les plus fréquentés du Cotentin. (SinK on Liice, Chroa. du Mont-Saint- 
Michel, t. H, p. 191, n. 1.) — Harfleur fut enlevé par les insurgés cauchois dans 
le temps qui s'écoule entre le 26 décembre 1435 (Monstrelet, II. rc.) et les premiers 
jours de janvier. (Doc. cités par Vallet de Viri ville, ///.s/, f/e (//larles VU et de son 
c/iogue, t. H, p. 341. et id., n. 2.) La ville «levait retomber au pouvoir dos Anglais 
dans l'été de 1440. (De Beauconrt, Hist. de Charles VII, t. 111. p. 20-21) 

3. De Molandon et de Boaucorps, L'/\/v/*('Crt/?^7/a/sc. p. 107, et Pièces just.,n''53. 

4. L. Jarry, Le Coni/tte de Cariaùc anfjlaise, art. 56. Retenu pour quinze jours 
encore, au moins, du 9 au 23 avril. 

5. Mentionnés par toutes les rlironiques contemporaines. 

6. Lettre de Jacques de Bourbon, comte de la Marche, à Gnillaume de 
Champeaux, cvèque de Laon, en date du 21 juillet 1429. (îS. Bougcnot, Notice.-i et 
E^vt rails def* manusrrits intéressant Vhistnire de France cotiscrcrs à la Hihlin- 
t/iCf/uc Impériale de Vienne^ p. 6;i — Comité des Tiacaii» Kv?>tor\t\i.w.*.»\^vv.W«.\À.vv. 
Iiistoriguc et phlloloQÎquc, année 1892.) 



- 94 — 

Hungerford, capitaine de Cherbourg*, venus comme lui du fond de la 
Normandie% il est fait prisonnier, en juin, à la journée de Patay. En 
novembre, on le retrouve libre et de retour à Harfleur^ Mais sa commis- 
sion, dans le cours de mai, à l'heure de la panique où la domination 
ennemie semblait se dissoudre d'elle-même, devait être exercée, comme 
à Dieppe, par quelque suppléant sédentaire. Quelque lieutenant de 
forteresse se trouvait chargé en son nom de garder soigneusement ce 
précieux atterrage, conquis au prix de tant de sang, qui assurait à 
Toccupation étrangère le commandement de rentrée de la Seine et de la 
route naturelle de Paris, et par lequel le flot de l'invasion, après avoir 
pénétré sans arrêt durant quinze années, menaçait à présent de précipiter 
une brusque et surprenante retraite, en repartant tumultueusement vers 
sa source. 

Sans attacher à ce curieux document une importance dispropor- 
tionnée qui risquerait d'en dénaturer le sens et la portée, il convient 
donc de porter en compte les phénomènes qu'il révèle, et de leur attri- 
buer le rang qu'ils méritent parmi les témoignages épars produits en 
ces dernières années sur le retentissement populaire et insondable du 
fait de Jeanne d'Arc*. L'insaisissable péril, le risque mystérieux qu'une 

1. Chronique de la Purcllc, chap. lxii, éd. V. de ViriviUe, p. 307. 

2. Sur leurs postes à ce moment, voir Derry, ad ann. 1429, dans Godefroy, 
p. 377 ; Ch. de Beaurepaire, De l'Adni. de la Normandie, p. 31-39 ; Siméon Luce, 
Philippe Le Cat, Pièces just., n"»" 1 et 2 {Mémoires de l'Académie nationale des 
Sciences^ Arts et Belles-Lettres de Caen, années 1887-1888). 

3. On le constate prisonnier à la date du 23 juin (Septième compte de Pierre 
Surreau. Bibl. Nat., ms. fr. 448S, f" 500-504) : il parait de retour à Harfleur au 
5 novembre (Bibl. Nat., Cab. des titres, P. or., Miners, n" 5; et coll. Clairambault, 
vol. 179, p. 6347, n* 89). 

Dans l'intervalle, le commandement de Harfleur est confié à Jean de Kobersart, 
chevalier, déjà capitaine de Caudcbec, seigneur de Saint- Sauveur- le- Vicomte 
(Lèopold Dq[\s\g, FJiii foire du château et des sires de Saint-Sauccur-le- Vicomte ^ 
p. 251 et ss.), qu'on trouve en fonctions au 23 juin « pour l'absence et emprison- 
nement de Guillaume Mineurs, capitaine dudit lieu » (Ms. fr. 4488, f** 5()0-504). 
Jean de Robersart est retenu régulièrement par lettres de garant du 21 juillet, pour 
un mois, à compter du 25 juin, jour de ses revues. On le trouve cependant rem- 
placé, le 11 août, par Richard Lowyk, chevali(;r, seigneur de Criquetot {Rôles 
norm. et franr.^ n"* 457), naguère engagé dans rarnièe d'Orléans. (L. Jarry, Le 
Comjite de l'armée anf/laisr, art. 24.) Ce dernier est retenu successivement pour 
un mois, à compter du même jour, puis pour trois autres mois, qu'il ne semble 
pas avoir terminés (Ms. fr. 4488, f»" 500-504). 

4. Dans cet ordre d'idées, outre les Suppléments aux témoitpiafjes contemporai ns 
sur Jeanne d'Arc, ajoutés par M. Quichcrat en 1877 et 1882 à l'œuvre du Procès 
(Reçue historique, juillet-août 1877 et mai-juin 1882), on peut noter entre autres, 
en ces dernières années, les études ou communications suivantes : 

Note de Guillaume Girauf, notaire au Chntclet d'Orléans, sur la lecée du 
sii'fjc de /'/?9, publiée par M. Boucher de Molandon {Mémoires dvla Soriété histo- 
rique et arrhcolof/iquc <h* l'Orléanais, t. IV. 1858, p. .382-389.) — Oraisons latines 
ftour la délirranf'e de Jranno d'Arc (Cf. Messes et oraisons jtour Jeanne d'Arr, 
dans Prof'ès. t. V, p. 104-104). trouvées par M. Edmond Maignien dans les Archives 
rfe riscre. et tninsmi'^cs par M. Antonin Mncc au Comité des Travaux historiques : 
rapport do M. HippcHU (Rconc (fcs Sociétés saranXd^ cfcs' déiiartcmcnts, 4* série. 



— 95 — 

armée ^ entraînée à tous les courages et à tous les dangers, solidtement 
encadrée, supérieurement commandée, sentait flotter autour d'elle comme 
une menace immatérielle et d'autant plus terrifiante, comme le génie 
mouvant et ailé de la Peur, s'y laisse surprendre sur le vif et s'y grave 
tout entier. L'âme docile aux impulsions, remuée d'images, simple et 
mobile du soldat, en tous les temps, sous tous les uniformes, est par 
destination sujette à toutes les secousses, pour tous les assauts comme 
pour toutes les débâcles. Sous ce rapport, les faits résultant de l'acte 
qui vient d'être ainsi commenté se trouveront peut-être instructifs, et 
pourront servir à jeter un jour plus net sur l'état moral de l'homme 
de guerre d'alors, au fort de ce saisissant et merveilleux mois de mai 
de l'an 1429. 

Germain Lefèvre-Pontalis. 



t. VI, 1867, 2' semestre, p. 412-414). — Ballade contre les Anglais, découverte 
par M. Paul Meyer aux Archives de la Drôme, dans des liasses provenant des 
Archives de Romans (Romania, t. XXI» 1892, p. 50-52). — Le Trésor anglais d 
Paris et le procès de Jeanne d'Arc, de M. Simeon Luce {Mémoires de la Société 
de V Histoire de Paris et de Vile de-France, t. V, 1878, p. 299-307). — Huitains 
inédits de Martin Le Franc sur Jeanne d'Arc, tirés d'un manuscrit de Bruxelles 
par M. Arthur Fiaget, et publiés récemment ici même [Le Moyen Age, mai 1893, 
p. 105-1U7). 

Voir également la publication, par M. Léopold Delisle, i\ la suite d'un Rapport 
sur une communication relatice à l'histoire de Jeanne d'Arc, de l'acte du 11 avril 
1433, concernant divers travaux e.\écutcs au château de Rouen {Reo. des Soc. sac, 
4« série, t. V, 1867, 1" semestre, p. 438-441). Ce texte a tranché en dernier ressort 
la question de la situation exacte de la prison de Jeanne d'Arc, — Voir le résumé 
de tous les débats successifs soulevés par cette discussion dans la note définitive 
de M. Bouquet. (Un dernier mot sur l'emplacement de la jtrison de Jeanne d'Arc 
— Reçue de la Normandie, t. VI, 1867, p. 873-883.) 

1. A noter la déposition au procès de réhabilitation de Thomas Marie, prieur de 
Saint-Michel-du-Mont près Rouen. « Dicit quod... quia ipsi Anglici sunt commu- 
iiiter superstitiosi, existimabant de ea aliquid fatale esse. »— u Interrogatusquomodo 
scit quod Anglici sunt superstitiosi, dicit quod communis fama est, et est vulgare 
proverbium. » {Procès, t. Il, p. 370.) 



- 96 - 



1429, 25 mai, Rouen. 

Quittance de Guillaume Polain, messager à cheval, délivrée par devant 
Michel Durant, vicomte de Rouen, à Pierre Surreau, receveur général 
de Normandie, de soixante-dix sous tournois, salaire convenu d*un 
voyage exécuté par lui en toute hâte, en ce présent mois de mai, de Rouen 
à Eu, Dieppe, Fécamp et Harfleur, pour porter aux capitaines de ces 
places ou a leurs lieutenants des lettres closes du duc de Bedford, 
régent de France, à eux adressées, et défendant de laisser aucuns gens 
de guerre déserteurs se rembarquer pour l^ Angleterre, 

(Bibl. Nat, Cab. des Titres, Pièces originales, Durant ^ n* 9.) 



L'an mil quatre cens et vint neuf, le XXV« jour de may, par devant 
nous Michiel Durant, viconte de Rouen, fut présent en sa personne 
Guillaume Polain, messagier à cheval, demeurant à Rouen, lequel 
cognent et confessa avoir eu et receu de Pierre Surreau, receveur général 
de Normandie, la somme de soixante dix sols tournois qui deue lui estoit 
pour ses pêne, salaire et despens d'avoir hastivement esté à cheval, en ce 
présent mois de may, de Rouen es lieux de Dieppe, Eu, Fescamp et 
Harfleu porter lettres closes de par monseigneur le Régent le royaume 
de France, duc de Bedfort, adreçans aux cappitaines d'iceux lieux ou 
leurs lieutenans, contenans entre autres choses qu'ils ne laissassent 
passer pour aller en Angleterre aucunes gens de guerre anglois estaus 
pardeça la mer, dont il devoit avoir, par marchié à lui fait, ladicte 
somme de LXX solz tournois, de laquelle il s'est tenu et tient pour 
content et bien paie et en a quitté le Roy nostre sire, ledit receveur général 
et tous autres. Donné l'an et jour dessusdiz. 

Signé : Petit. 

Reglstratum, 

Original parchemin. Scellé sur simple queue : le sceau manque. 



- 97 — 

A. GiRY. — Mantiel de diplomatique.— Paris, Hachette, 1894, in-8<>, 

VII- 944 p. 

Les historiens ont de tout temps puisé des renseignements dans les 
actes publics et privés, en d'autres termes dans les documents diploma- 
tiques. Les chroniqueurs du moyen âge n'en ont pas ignoré l'usage. Aux 
xvii" et XVIII® siècles, les chartes parurent de telle importance pour 
l'histoire qu'on songea à centraliser à Paris, sous forme de copies, tous 
les documents de ce genre relatifs au moyen âge et dispersés dans les 
divers monastères de la France. C'est de nos jours seulement, et spéciale- 
ment sous l'influence de l'École des Chartes, qu'on a compris toute la 
valeur des actes de toute espèce comme sources historiques. Jusque-là 
les érudits les invoquaient, surtout quand il s'agissait de fixer une date et 
de dresser des généalogies. Si quelques feudistes y ont eu recours, si 
Du Gange et les Bénédictins, ses continuateurs, y ont cherché et trouvé les 
matériaux de leur glossaire, la plupart des savants qui, avant Guérard, 
se sont attachés à l'étude de nos institutions ont trouvé plus facile de s'en 
tenir aux compilations juridiques du moyen âge. Leschartesont véritable- 
ment fourni à nos contemporains de. quoi renouveler l'histoire du droit. 
Les chartes encore ont livré aux philologues de précieux jalons leur per- 
mettant de rétablir dans leur pureté primitive les textes littéraires, de 
marquer les limites des divers dialectes, de retrouver les véritables étymo- 
logies des noms de lieux et par là même de plonger au plus profond de 
notre passé historique. Personne ne songerait à contester la variété ni la 
valeur des renseignements que les historiens peuvent tirer des actes. 
Mais il ne suffit pas de connaître l'existence de ces sortes de documents, 
encore faut-il savoir les trouver, et quand on les a découverts, les criti- 
quer et les utiliser. 

Critiquer les documents d'archives, désignés sous le nom général de 
diplômes, constitue à proprement parler la diplomatique, science, non 
pas auxiliaire, mais fondamentale de l'histoire. Nous devons nous 
féliciter que M. Giry ait étendu quelque peu le domaine de la science 
dont il voulait exposer les lois, et nous ait appris non seulement comment 
on devait appliquer la critique aux documents diplomatiques, mais aussi 
et tout d'abord où et comment il convenait de les rechercher et ensuite 
de quelle ressource ils pouvaient être pour l'histoire. En parlant du livre 
de M. Giry ce n'est pas une banalité de dire qu'il était attendu. Car le 
dernier ouvrage d'ensemble sur la diplomatique était celui de Natalis de 
Wailly, les Eléments de Paléographie, paru en 1838. Or c'est précisé- 
ment depuis cette époque que l'étude et la publication des chartes ont pris 
un nouvel essor. De nombreuses dissertations sur des points de diploma- 
tique ont été publiées en France et en Allemagne, complétant et rectifiant 
les règles posées par Mabillon et les Bénédictins . Il était temps qu'un 
savant coordonnât les résultats acquis et nous exposât TétaX ^çAnv^V^^N^ 
diplomatique. C'est ce qu'a fait M . Giry *, ma\s \\ ^lI^aX ^\w^. W -îv. Nss^sv-?^ 
à ce que son livre fût bien ordonné, à ce que louVie^ \e^ ^^ixxSfô^ ^eç^Vxiss.'eç^. 



— 98 - 

également pondérées. Or c'est à quoi il n'eût pu aboutir s'il s'était 
contenté de recourir aux travaux de ses devanciers. 

S'il est, on diplomatique, des questions qui ont été à plusieurs reprises 
l'objet d'études approfondies, il en est d'autres que personne n'a exami- 
nées. Comme il arrive quand une science ne donne lieu qu'à des mono- 
graphies, c'est le hasard des rencontres qui provoque les monogra 
phies ; une dissertation en appelant une autre, confirmation ou réfu- 
tation, il se produit sur un même sujet une foule de mémoires, tandis que 
tel autre problème, qui serait peut-être plus important, reste inabordé. 
M. Giry, et ce n'est pas là une des moindres qualités de son livre, a su 
mettre chaque chose en sa place ; il a mesuré à chaque question son déve- 
loppement, non en raison du nombre de dissertations qu'elle a provo- 
quées, mais en raison de son importance propre et relative. Les pro- 
blèmes dont personne n'avait cherché la solution, il les a le premier 
examinés, parce qu'il importait que dans un traité général tous les 
problèmes fussent indiqués, sinon résolus. Le livre de M. Giry n'est pas 
une compilation. Il est le fruit de recherches minutieuses, variées, 
longuement poursuivies dans les archives de la France et même de 
l'Étranger. 'Aussi voyons-nous que M. Giry, même quand il rapporte 
des conclusions auxquelles d'autres sont arrivés, aurait pu souvent les 
prendre lui-même, ayant contrôlé les documents sur lesquels elles 
reposent et ajouté ceux qu'il a recueillis. Une autre qualité du Manuel 
de diplomatique^ c'est d'être un livre tout aussi pratique que théorique. 
L'exemple est toujours à côté du précepte. On sent que l'auteur professe 
depuis plusieurs années la diplomatique. 11 connaît l'esprit des étudiants ; 
il sait comment parler à ceux qu'on veut initier à une science, comment 
les retenir. On peut, entre autres moyens, montrer les résultats auxquels 
cette science aboutit. Et c'est ce que M. Giry pouvait faire mieux que 
personne, lui qui par les études des chartes a renouvelé l'histoire muni- 
cipale du nord de la P>ance. 

Mais pour montrer toute l'ampleur du nouveau Manuel et les services 
considérables qu'il est appelé à rendre aux historiens, pour lesquels il 
sera un guide indispensable et sûr, nous ne pouvons mieux faire 
qu'indiquer les chapitres dont il se compose. Après avoir précisé l'objet 
de la diplomatique, énuméré et défini les principaux termes employés 
pour désigner les documents, indiqué les procédés de recherche de ces 
documents, dressé la bibliographie du sujet, l'auteur retrace l'histoire 
de la diplomatique. Voilà qui constitue le premier livre. Avant de faire 
usage d'un document, l'historien doit tout d'abord en fixer la idate. Il 
importe donc qu'il possède la connaissance des divers systèmes chrono- 
logicjues employés en 0(îcideut depuis le commencement du moyen âge. 
M. Giry expose avec clarté les théories des ères et des périodes ; il insiste 
sur l(»s dates pris(»s pour point de départ de l'année dans les divers pays. 
// expJiffuc h nianienicni des divers calendriers. A cette partie de son 
traité se rattachent une Uible chronologique àounauX. Vîv. eowç,ox^^\iç,^ das 
inécs de rèvc cJircticane avec toutes les noXaûoivs e\iTOTio\o^\^xi^'s»^^Mîk& 



- 99 - 

suite de sept calendriers dont la réunion forme un calendrier solaire et 
liturgique perpétuel, un glossaire des dates et une liste des saints, qui 
permettent de ramem^r au nouveau style tous les éléments chronologiques 
qui se rencontrent dans les textes anciens. Cette partie dé Ton vrage dis- 
pensera donc de recourir aux calendriers de VA ré de vérifier les dates. 
Dans le livre lil sont réunis les éléments de la teneur des chartes qui en 
permettent la critique : et tout d'abord les titres et qualit^»s ajoutés aux 
noms de personnes, puis les noms de personnes, les noms de lieu, les 
désignations géographiques et topographiques, les mesures et poids, les 
monnaies. « Les noms propres forment un des éléments constitutifs de la 
teneur des actes. Le plus souvent ces noms s'y présentent sous une forme 
latine. Il faut savoir commimt les traduire en français. De plus, s'il s'agit 
de noms d'hommes, il faut rechercher s'ils appartiennent à des per- 
sonnages que d'autres documents font connaître ; s'il s'agit de noms de 
lieu, il faut déterminer à quelles localités modernes ils doivent s'appliquer 
ou, en d'autres termes, les identifier avec ceux des localités modernes 
auxquels ils correspondent. Enfin, comme les noms propres ont affecté, 
suivant les âges et suivant les pays, des formes différentes, ils peuvent 
fournir de précieux éléments de critique. Pour les utiliser à ce point de 
vue, il faut savoir reconnaître si dans une charte les noms propres ont 
bien la physionomie de l'époque et du lieu oii le document doit avoir été 
rédigé. » Mais (( parmi les éléments qui doivent servir à la critique 
diplomatique, il n'en est pas qui aient plus d'importance que la langue 
même dans laquelle les actes ont été rédigés. Que cette langue, en effet, 
soit le latin ou bien une langue vulgaire, on peut y trouver les indices les 
plus sûrs pour fixer la date et la provenance des documents, ainsi que pour 
en discuter l'authenticité, les secours les plus efficaces pour en établir le 
texte )). Les faussaires ont été rarement assez instruits, pour ne pas se 
trahir par l'emploi de mots inconnus ou inusités dans le temps auquel ils 
voulaient reporter les actes qu'ils avaient fabriqués. Il y a nombre de 
chartes qui à la première lecture, par leur style même, apparaissent 
comme des faux. Il faut prendre garde d'autre part que les copistes de 
cartulaires ont souvent rajeuni la langue des actes originaux. Mais la 
connaissance même des formes employées aux diverses époques nous 
permet de rendre à ces actes leur physionomie primitive. Les cliapitres 
consacrés aux noms propres comme à la langue des chartes constituent 
la partie la plus originale et la plus nouvelle du livre de M. Giry. 
Quoique Quicherat exposât jadis dans sou cours de l'Ecole des Chartes 
l'histoire^ des noms propres, spécialement des noms de lieux, les auteurs 
demanuelsde diplomatique, manuels d'ailleurs Irèsélémentaires, n'avaient 
pas aperçu toutes les ressources que peut fournir à la criti([ue des actes 
l'étude de la langue. 

Le livre IV traite au contraire des matières (|u'ou est lïabitué à consi- 
déiej- connue étant Tesscnce même de la diplomatic^^ue : [(uuvvvV^w.^ v-\. 
manuels, caractères oxt("Heurs des chavles, lovYWVvV^s Oiw >^vv^^\v>v!,<Avj \\n\\\v\ 
et BnuJ, texte, .ligues de vdliâ'diion, A la suvVe v.V eviVVv^ vAvv'Xv^ ^v^w^w^^Vi 



— 100 - 

vient une série d'études particulières s'appliquant aux actes émanés des 
diverses chancelleries des souverains de TEurope: papes, rois de France, 
empereurs, rois d'Angleterre. Un chapitre spécial est consacré aux 
chartes ecclésiastiques, un autre aux cliartes seigneuriales : voilà qui pour 
la France est entièrement nouveau. Il importe également de faire remar- 
quer que M. Giry n'a pas tenu son sujet dans les limites du moyen âge ; 
il ne s'est pas borné à étudier les documents antérieurs au xvi* siècle ; il a, 
par exemple, consacré plusieurs paragraphes aux actes royaux français 
de la période moderne : lettres missives, de cachet, de sceau plaqué, 
ordres du roi, brevets, toutes matières jusqu'ici négligées par les diplo- 
matistes. 

En résumé, le Manuel de diplomatique de M. Giry est tout à la fois un 
livre d'érudition et d'enseignement. Nous ne doutons pas qu'il n'ait sur 
les études historiques une influence considérable et que tout spécialement 
il ne donne à la diplomatique un nouvel essor et ne provoque on France 
la publication d'une série de catalop;ues d'actes et de textes diplomatiques 
édités suivant les règles de la plus rigoureuse critique. 

M. Prou. 



Samuel Berger. — Quam notitiam linguae hebraicœ habuerint 
Christiani medii aevi temporibus in Gallia. — Paris, Hachette, 
1893, in -8% ix-61 p. 

Le nouveau travail do M. Berger intéresse à la fois les linguistes et 
les théologiens de tout ordre, aussi bien les orientalistes en général que 
les hébraïsants en particulier, on mémo temps que les médiévistes. 

Sans nous arrôtoi* à la première partie, qui, sous le titre de a Analecla 
vetera », est une sorte d'historique de la question, il faut dire cependant 
combien cette introduction, cette sorte de préambule est indispensable 
pour apprécier le point de départ concernant la connaissance de l'hébreu 
par les non-juifs; car on ne sait pris assez, — ou du moins on ne savait 
pas assez jusqu'à ce jour, — coinbion dVcolésiastiquos francjais ont cul- 
tivé la science do la Bil)Io. La deuxiônie partie, relative à l'interprétation 
des noms hébraïques, entre au v.œuv du sujot, en nous exposant quelles 
furent les interprétations (( parisiennes », et ce, grâce à des témoignages 
encore vivants pour ainsi din», savoir los manuscrits de la Bibliothèque 
Nationale. La troisième partie nous fait connaître IVcolede Roger Bacon, 
elle nous montre couinient h» i(\\te latin de rKcrituro-Sainieaété corrigé 
sous Louis IX, par Guillaume de Mara et par d'autres. Enfin, la 
quatrième partie analyse la nouvelle version latine de la Bible faite au 
xiii« siècle. 

Avant rjue l'auteur nous eût donné la Bible française au moyen âge, 

presque personne n'avait encore traité ce sujet ex- professe. On ne peut 

^^uën^ «'njupter à ce titre ni M. Soury pour une position de thèse à l'Ecole 

drs Chartes, ni avant lui M. Charles Jourdam au Cow^tês dcî^ Sociétés 



- 101 - 

savantes. Ce dernier pourtant s'est mis à l'œuvre par deux fois, en 1861 
et en 1863. Nous devons insister; car, dans la liste bibliographique mise 
en tête du travail qui est sous nos yeux, le premier article de M. Jour- 
dain, relatif au xni« siècle, est dûment enregistré, comme on dirait au 
Palais. Pourquoi notre auteur n'a-t-il pas cru devoir citer aussi le second 
article, qui s'étend, iJ est vrai, jusqu'au xv® siècle? 

Voici ce titre : De renseignement de r hébreu dans VUnioersité de 
Paris ^ au XV"^ siècle. (Paris, 1863, in-8<>. Extrait de la Revue des Socié- 
tés savantes,) Une découverte faite à Besançon par Auguste Castan\ 
montre qu'au mois de mars 1421, un certain Paul de Bonnefoy était à 
l'Université de Paris « maistre en ébrieu et en caldée ». Ce professeur 
était fort mal payé, puisqu'une lettre de recommandation dont il avait 
été porteur le constate. De même plus tard, dans un registre des 
comptes de la Faculté de théologie, conservé à la Bibliothèque Nationale 
(ms. latin n» 5657^, f<^ 24), la dépense figure seulement pour 48 sols parisis, 
payés au maître d'hébreu, le 8 mai 1455, parle bedeau de la Faculté, en 
vertu d'une déliln^ration de celle-ci. C'est là le dernier indice de l'exis- 
tence d'une chaire d'hébreu à Paris avant la Renaissance et la fondation 
du Collège de France. 

La liste bibliographique déjà en cause nous a tellement mis en goût, 
que notre gourmandise augmente et se retranche derrière le proverbe : 
(( L'appétit vient en mangeant. » Or, puisque nous avons ouvert un 
chapitre des revendications, disons qu'il nous eût également paru juste 
d'accorder au moins une mention à deux documents de grande importance 
dans ce domaine. Ce sont:l<^ un texte hébreu-français du xiii«- siècle, 
publié d'après le ms. n^ 135 de la Bibliothèque bodléienne à Oxford, par 
M. AdolpJie Neubauer, suivi d'une dissertation latine par J. Bœhmer 
dans les Romanische Sludien (t. i**^, p. 163-196) ; 2^ W ms. hébreu de la 
Bibliothèque Nationale, n*^ 1243, qui contient un lexique hébreu-français 
du XI v* siècle (non du xv" siècle, comme le catalogue l'indique à tort) ; le 
titre de ce lexique, Macjré dardeqé, se trouve à Vexplicit du ms., avec le 
nom du possesseur pour qui (te manuscrit a été écrit. 

Ce ne sont pas là de menus détails : ils peuvent paraître insignifiants 
aux yeux d'un grand nombre de gens ; ils ne le sont pas pour les spécia- 
listes, et h's deux documents précités sont visés dans une suite d'articles 
de lexicographie hébraïque» et romane parus dans la Reçue des études 
juives en 1888. En mentionnant ici cette revue, nous en appelons à la 
mémoire d'érudits tels que les Arsène Darmesteter et les Isidore Lœb, 
dont la science française déplore la perte prématurée. Nous nous asso- 
cions à l'éloge si cordial de ces deux savants, prononcé par M. Berger, 
dans l'avant-propos de son beau livre. 

Moïse Schwab. 

1. Cf. Arcldces israélites, 1863. t. xxiv, p. 838-842. 



- 102 - 

Abbé Devaux. — Essaisur la langue vulgaire du Dauphiné septen- 
trional au moyen âge, Paris, Welter. Lyon, A. Coste, 1892, xxii- 
520 p. 

L'ouvrage de M. l'abbé Devaux s'annonce comme une des publications 
les plus distinguées qui aient paru pendant ces dernières années dans le 
domaine de la dialectologie gallo-romane. L'auteur avait voulu d'abord 
étudier simplement les patois actuels d'une partie restreinte duDauphiné^ 
la région dite des Terres- Froides. Mais bientôt, dans le cours même de ses 
études, il acquit la conviction de plus en plus profonde qu'une étude 
sérieuse des documents anciens devait venir éclairer les constatations 
actuelles. L'idée, toute simple et évidente qu'elle soit par elle-même, 
doit être cependant remarquée. Beaucoup de nos patoisants en effet, 
sautent volontiers de parti pris à pieds joints par-dessus les formes inter- 
médiaires pour s'adresser directement au latin. Il y a là cependant des 
chaînons qu'il est de toute importance de réunir. C'est à cette préoccu- 
pation de l'auteur que nous devons cet exposé vivant, ou la clarté le 
dispute à l'érudition et à la minutie des détails. Nous possédons donc ici 
du premier coup, grâce à M. Devaux, une esquisse historique d'ensemble 
du parler d'une région déterminée. Et notre reconnaissance envers 
l'auteur doit être d'autant plus vive qu'avant lui, rien, pour ainsi dire, 
n'avait été tenté de ce côté. Il ne s'est pas borné à fouiller les chartes 
franco-dauphinoises : en présence de la rareté de ces documents, il s'est 
astreint à explorer, avec beaucoup de bonheur d'ailleurs, un champ d'in- 
formations plus nouveau, l'étude des documents latins, surtout de la 
période féodale. En tête de son livre M. D. a eu rexcellenti^ idée de 
N^produire intégralement tous les textes anciens d'uni» certaine étendue, 
malheureusement peu nombreux, qui présentent un intérêt dialectologique 
marc^ué. Vient ensuite l'étude des sons et des formes dans l'ordre habituel. 
Chacun d'eux est étudié avec la série eoniplèttî de ses développements 
historiques juscjues et y compris l'état actuel (|uiest c^xposéd'une manière 
(comparée pour tout le Dauphiné septentrional. Dans sa conclusion M. D. 
apph'<iue! les résultats obtenus par ses recherches à la localisation de 
cerUiiîis t(v\tes franco-proveiK^aux. Il confirme ainsi, sauf quel(jU(»s 
rectifications iUy détails, les indications données par M. P. Meycr au sujet 
du frar/ment (V Alexandre. CoutraircMuent aux idét^s exprimées d'ailleui*s 
d'uiK^ uianière assez vague par M. Andersoun, il assigne la version di» la 
Légende de Théophile publiée pai* Hartsc-h et llorning (col. 401 et 
suiv.) à la région dauphinoise et plus parliculièrcnicnt aux environs de 
Hourgoin. I^e volumes se termine par un glossaire des anciens textes dau- 
phinois, un reh^vé des formes pm-cnuMit p.iloisi's ri un index gé()gra]»hi(|ue. 
Mnlin une cMrle linguisti(|nc du Dauphiné s(«p1rntrional nous dninic U's 
liniih's des phénnniêncs suivants: l" palal. -[- a > //e; 2" pr > rr : 
*i" e^'-o > de. l*oniles ])ersonn(*s qui \\r poni laitMil s(î prorurrr Tonvrag»» 
vy////'/'; /v//j/fr/o//s (fii'il II irabuiil j)aru dans\cs /^dletinx iiv. C Académie 



103 — 



CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE 



Oskar Bôhmb. — Zur Kenntniss des oberfrsenkischen ixn 13, 14 und 

15 Jahrhundert, mit Berûcksichtigung der œltesten oberfrsenkischen 

Sprachdenkmœler. Leipzig, Gustav Fock, 1893, 83 p. in-8". 

Cette thèse de doctorat est un recueil de matériaux, généralement bien classés, 

pour l'histoire du vieux haut franciijue, tirés des chartes du xiii* au xv siècle. 

M. Bohme prend pour point de d('^part de son travail la question controversée de 

la division du haut franci(iue en liois (Mùllenhoff) ou deux (Braune) dialectes 

principaux. C'est là une discussion assez oiseuse : la seule chose importante est de 

localiser les changements phoniques dans l'espace et dans le temps. Les tableaux 

statisti<iues qui se trouvent presque à cha(|ue page de cette brochure permettent de 

suivre pas à pas, aux deux points de vue chronologique et géographique, l'histoire 

des principales modifications subies par le haut francique. C'est là le véritable 

intérêt de cet utile travail. 

Adolphe ScHiuER. — Die frsenkischen und alemannischen Siedlungen in 
Gallien, besonders in Elsass und Lothringen. Ein Beitrag zur Ur- 
geschichte des deutschen und des franzœsischen Volksthums. Stras- 
bourg, Trùbner, 1894, in-8" ix-109 p. et 2 cartes. 

Ce travail fait, en général, de seconde main, mais qui ne manque pas d'intérêt, 
repose principalement sur l'étude statistique des nomS de lieux en -lieim, -inyen, 
-iceiler et de leurs équivalents romans (traductions comme -cille^ -courte substituts 
phonétiques comme -ange ou prototypes comme -olUare). C'est le développement 
d'une conférence : on s'en apen^oit trop souvent ; quelques phrases aussi sentent 
trop l'immigré et sembleront à beaucoup déplacées dans un ouvrage scientifique, 
en somme recommaudable. 

L. DuvAU. 

D*^ A. Rauschmaier. — Ueber den figuerlichen Gebrauch der Zahlen im 
Altfranzœsischen (Mùnchener Beitrœge zur roman, u. engl. Philo- 
logie, hrsgg. von H. Brkvmann, 111 Hcft), Erlangen et Leii)zig, A. Deichert 
1892, broch., in-8% viii-118 p. 

Conmie le sujet le commandait d'ailleurs, ce travail est en réalité restreint à la 
poésie épi(|ue. La poésie lyrique se trouve pres(iuo cntiprement dépourvue d'exem- 
ples. Les constatations i\ glaner de ce côté n'auraient guère récompensé M. K. de 
ses recherches. M. H. Binet nous a du reste donné quelques indications à ce sujet 
dans son travail sur le Style de la Itfriguc i-otirtoi.^e, p. 52 et 08. M. R. s'est attaché 
à déterminer pour chacun des nombres employés daiis rancienne poésie épique les 
cas où ils peuvent être regardés comme systématiquement choisis par le poêle <*t 
ceux où il ne faut voir (|u'un simple caprice de sa part ou un sacrilice à la rime. 
Les pages 112 à 118 résument bien ce(|ui ressort du livre à cet égard. Le plus liant 
chiffre ren<-ontré est 7(X),000 (dans h; Hoinan de Troie 5,700 et la Cheoaleriv Oijier 
10,783). Le travail de M. K. n'apporte ni laits bien nouveaux vvv cvixvv^VNx^N^^^fvVcv-s^.- 
teudues. Cesl un copieux recueil de textes v^w^vi Vow v\w\\\. ^X-^^^^^^ '^ '^^'^^'^'^'^^ ^^v\^\n^ 



- 104 — 

main & l'occasioa. Les Ubleaax-résamès de la fin de la brochare sont assez inté- 
ressants et pourront être utiles à celui qui aura à s'occuper de ce point spécial de 
la syntaxe de l'ancienne langue française. 

J. Simon. 

La librairie Ernest Leroux publiera prochainement une réimpression, en- deux 
volumes in-8*, des œuvres de Julien Havet. Prix de souscription : 20 francs. 

Le tome I comprendra les six Questions méroeingiennes qui ont paru du vivant 
de l'auteur, avec la septième Question, étude posthume sur les actes des évéqnes 
du Mans (Gesta Aldrici et Actus Pontiftcum); le tome II comprendra les Opus- 
cules dicers sur des sujets de paléographie et d'histoire : les notes tironiennes, 
récriture secrète de Gerbert, le. droit germanique, la frontière d'Empire dans 
TArgonne, les îles normandes, l'hérésie et le bras séculier, etc. 

L'éloge des éditions de chroniques publiées par la Société des Monumenta Ger^ 
maniœ, à l'usage des Écoles, n'est plus à faire. Contentons-nous de signaler les deux 
derniers volumes parus dans cette utile collection, les Annales Fuldenses et les 
Annales Altahenses majores (Hannovre, Hahn, 1891, in-8*). L'édition des Annales 
Fuldenses, remaniement* de celle de Pertz, est due à M. Fr. Kurze. Jusqu'ici on 
divisait les annales en cinq parties. Le nouvel éditeur ne reconnaît que quatre au- 
teurs. La première partie qui s'étend de 714 à 838 est l'œuvre d'Éginhard ; elle se 
compose presque entièrement d'extraits d'annales antérieures. Là seconde partie, 
œuvre de Rodolfe, moine de Fulda, comprend les années 838 à 863. La troisième 
partie comprend les années 864 à 887 ; elle est l'œuvre du moine Meginhard, mort 
en 883. Quant à la quatrième partie qui reprend les événements depuis 88S et se 
termine en 897, M. K. la désigne sous le nom de Continuatio Ratisbonensis. Aux 
annales de Fulda se rattachent quelques notes relatives aux années 897 à 901, con- 
nues sous le nom de Continuaiiones Altahenses. Enfin M. K. a imprimé en appen- 
dice les Annales Fuldenses antiquissimi, notes aunalistiques relatives aux viii" et 
ix« siècles (742-822). 

L'édition àe^^Antuxlcs Altahenses majores est due à M. Edmond L.-B. von 
Œfele. C'est une révision de l'édition donnée par lui et Giesebrecht en 1841. Ces 
annales dont la première partie, de 708 à 1032, est presque entièrement basée 
sur des annales plus anciennes composées à Hersfeld et à Hildesheim, finissent 
avec l'année 1073. L'éditeur y a joint un fragment des Annales Ratisbonenses 
majores (1084-1086), découvert jadis par Willhelm Meyer et publié par G. Waitz. 



Le Gérant : E. Bouillon. 



CHALON'BUH'BAÔNB, tJdP. FAANÇA18B BT ORIENT \LE 1>E l*. MK^CEJOi. — Yl^AÀ 



LE MOYEN AGE 

BULLETIN MENSUEL D'HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE 

OIR.1C0TI01V : 

MM. MARIGNAN, PROU ET WILMOTTE 



MAI 1894 



Félix RocQUAiN, membre de Tlnstitut : La Cour de Rome et Tesprit 
de réforme avant Luther. I. La théocratie, apogée du pouvoir 
pontifical. — Paris, Thorin, 1893, in-S», 428 pages. 

L'œuvre que M. Rocquain a publiée Tannée dernière n'est pas inédite 
en son entier. Le lecteur retrouvera dans plusieurs chapitres quelques- 
unes des études précédemment réunies dans le volume bien connu du 
même auteur, La Papauté au moyen âge. Les études sur Grégoire VII et 
sur Innocent III ont été reliées par d'autres monographies des pontificats 
intermédiaires ; ainsi a été formé le premier volume d'un véritable manuel 
d'histoire pontificale au XI I® siècle. Le terme de manuel appliqué depuis 
peu en France et en Allemagne à des livres d'une grande valeur scien- 
tifique ne paraîtra sans doute pas déplacé en parlant du nouvel ouvrage 
de M. R. qui joint l'utilité pratique à l'autorité de l'érudition. Le récit 
des événements qui dépendent de la politique pontificale est détaillé, en 
beaucoup de points nouveau : il s'appuie exclusivement sur les témoi- 
gnages des contemporains et' s'enrichit de toutes les découvertes faites 
par les élèves de l'Ecole de Rome au cours de leurs investigations dans 
les registres des archives Vaticanes. 

Parmi les nouveaux chapitres, les plus instructifs à notre avis sont les 
II* et III® du liv. III, correspondant aux pontificats d'Innocent II, Céles- 
tin II, Lucius II, Eugène III et à la période où saint Bernard gouverna 
l'Eglise par son éloquence, enfin le chap. ii du liv. IV qui métaux 
prises le pape Alexandre III et Barberousse. En même temps, ce sont 
peut-être les passages dont la lecture suggère le plus d*objections sur la 
méthode et sur la portée de l'œuvre entreprise par M. Rocquain. 

Le récit de la querelle du Sacerdoce et de l'Empire nous permettra 
d'abord de nous rendre compte des dispo^Vûoxi^ «^^ \^\y\ss^^ 'ïi;5$^^'^\\fc 
à soD travail, et M. R. a pris soin de nous donxiet ^ c^ ^\ç»>^q>'^ n^^ ^^^'^ 



- 106 - 

intéressant dans sa préface. Dominé par la préoccupation de lunité 
du sujet, victime d'une logique rigoureuse, Thistorien de la Cour 
de Rome en montrera surtout les abus. « Si h* lecteur jugeait qu'une trop 
grande» place a été donnée aux abus et une trop petite au bien qui en 
tempérait les elftîts, on serait en droit de répondre qu'il est des nécessités 
qui naissent du sujet même abordé par riiistorien. m Dans cette doctrine 
austère M. R. a puisé une impartialité voisine de la froideur. Cette froi- 
deur ne souffre d'exception pour aucun dos partis ou des hommes en pré- 
sence, pas même pour le personnage de Frédéric Barberousse, qui incarne 
pourtant avec une grandeur épique le pi'incipe de la souveraineté tem- 
porelle, évidemment sympathique à l'historien. 11 est vrai que les recher- 
ches critiques de M. R. Font amené à surprendre Frédéric W en flagrant 
délit de mensonge, et à grandir singuliérenu^nt dans le dénouement de la 
querelle entre le Sacerdoce etl'Kmpire, le rôle de Henri II roi d'Angh»- 
terre, un de ces régents de proDÎnces, que traitait avec tant de morgue 
le César allemand. Du moins aurait-on pu souhaiter que le pape 
Alexandre III bénéficiât de la décliéance subie par son ttii-rible adver- 
Hjaire. Mais M. R. ne semble pas se souveni;* que ci» pape a été proclamé 
par Voltaire «l'homme qui... au moyen âge mérita le plusdugeni'c 
humain... et qui abolit autant qu'il put lîi. servitude )). Nous aurions 
aimé à voir Fauteur si sévère pour Adrien IV, ce parv(am de la papautt) 
qu'il représente comme un transfuge de la cause populaire parce qu'il a 
condamné quehjues eoinnuines, rendre justice au noble Alexandre III et 
aux décrets libéraux du troisième eoneih» de Latran. 

La méthode adoptée par M. \l. Ta eonchiit <Micon' à s'attacher à Tordre 
«chronologique connne à une nécessité. Néeessilé gênanh» si nous en 
jugeons en particulier par l'exposé du pontificat (Flnnoeent II, ou les 
renseignenH^nts sur Torganisation du gouvernement pontifical alterm^nl 
avec les récits militaires, ou la philosophie d'Abélard est mentionnéti 
immédiatement après la lutte de Roger de Sieih^ pour l'obtention delà 
couronne royale. L(*s faits ainsi dispersés ne courent-ils i)as le risqui» de 
perdre un peu de leur signification? \e la retrouveraient-ils pas au con- 
traire, si pour chaque période, ils étaient distribués en diverses catégories, 
visant rnn(; les progrès de la Curie romaine et S(»s empiétements sur les 
souverainetéîs tempondles, Tautre la résist^nne des prinres à ces mêmes 
eujpiétements, unc^ troisième enfin la. |)roiesiation des simples fidèles et 
des ascètes contN» les abus, les défaillanctes d«î la papautr»? Les lecteurs 
pressés regn^tteront probablement avec- nous (pie raut(UU' n'ait pas pro- 
cédé lui même à la séparation des divers éléments diî son livre, d'au- 
tant plus (|ue cr r.lassiMuent n'est ]>as fa<-ilité par la tjd)l(Mles matières. 
Seule, r\\ ellet, la tabh» (hvs matières protest<î par sa déplorabhr brièveté 
contre le caractère pratique que Jions reconnaissons au ri^ste de r()!ivr;ig<». 

D'aillrurs M. IL ïi'aurait pas adopté la divisioïi que nous prenons la 

liberté (rin«li<|ucr ici pour notre commoditt*' particulière. Latroisièmci 

.9/'/'/o f}V')/})rij}ri}ls serait resté<î vide ou peu s'en faut. L(»s X'audois, 1rs 

AJ/figrois /irimcni hirii /mm? de place tlans V\\\sU>\Ye Av^ Va Cowy vV^ Wvwwv»^ 



— 107 - 

pour laquelle ils n'étaient pas cependant au XI P siècle des adversaires 
méprisables. La réforme chrétienne était à l'origine une idée morale et 
sociale tirant ses forces principales de la conscience populaire, et le 
peuple est à pou près absent d'un ouvrage oii les papes et les rois jouent 
les premiers rôles. Loin de nous la pensée de contester à un auteur le 
droit de choisir tel titre qui lui convient, mais l'ouvrage de M. R. serait 
plus exactement intitulé, croyons-nous : Histoire de la suprématie tem- 
porelle des Papes au mot/en âge. Sa portée est exclusivement politique, 
tcindis que la réforme est un fait d'ordre essentiellement religieux. 
Parmi les précurseurs de Luther, la première place appartient non pas 
aux brillants empereurs, ou à leurs légistes avisés, ijiais aux évangélistes 
agitateurs des foules, aux lointains et obscurs prédicateurs des premières 
communautés vaudoises, puis après Jean Huss, à Tauler, à Staupitz, à 
tous les mystiques des cloîtres d'Allemagne. 

n. Gaillard.' 



Lavisse et Rambaud. — Histoire générale : L'Europe féodale, 

les Croisades. — T. II (1095-1270). 

Ce livre est un nouvel exemple d(^ ce que les œuvres faites en colla 
boration peuvent perdre en unité sous prétexte de gagner en spécialité. 
On a voulu imiter les œuvres sorties des séminaires allemands, mais on 
voit bien que les historiens français n'ont pas l'habitude de Tassociation 
en vue d'une leuvre commune. De là, ce livre inégal, excellent dans 
quehjues parties, faible dans d'autres. Le lecteur qui le ferme n'aura pas, 
jt^ le crains, bien saisi « ce passage de l'universel à l'individualisme 
national, qu'il faut démontrer ». On y voit bien « l'Église et le Saint- 
Elmpire, les Croisades, la, chc^valerie, la communauté de la vie intellec- 
tuelh» ». A la un apparaissent les Etats modej*nes dans cet Occident lassé 
d<» j)()ursuivre la chimère de l'unité universelle. On sent bien à la lecture 
qu'il s'agit d'une épocfue diverse (ît désordonnée; mais le processus vers 
l'organisation sociale se per(;oit moins, parce qui» chacun des collabo- 
rati'urs a traité la parties qu'il avait choisie, sans trop se préoccuper de 
l'ensemble. De là, des longueurs et de la sécheresses tout à la fois, des 
répétitions et des lacuniîs dajis cet ouvrage fait cependant avec compé- 
lenci^ et avec conscience. 

Le volume s'ouvre par un exposé du régime» féodal dû à M. Seignol)Os. 
C'est une (esquisse plus pittoresque que; juridi([ue, encore qu'on y relève 
cetle observation qui devrait [)rendre place dans tous les maïuiels d'insti 
tutions : « Il y eut trois modes de» possession : l'alleu, h; fief, la. tenure en 
censive... Les droits de possession peuvent coexister en se superp()sa,nt... 
Kii i'v sens, il est inexact de parler d'alleux, dis liefs, do cesusives. \ vV. 
fauilrait (lin* ))<>sses,sioiî {?n alleu, en l\cL en eeA^W\vvi,^^ >^.^>w^\v\^^vè^ ^'^'^ 
7 nmniô 1rs dociinirnls du inoyem ;\}ie iA i\u\ a eo\\svvv\>tv^ a Vv\A^v^'^:'3^^\'^^" ^"^^ 



- 108 - 

Bourgogne une étude approfondie sait toute la complication du système 
féodal et combien il est difficile ou plutôt « impossible de le résumer en un 
tableau parfaitement exact ». Aussi n'a-t-il pas abusé des affirmations et 
a-t-il su montrer les desiderata de la science actuelle. Et c'est chose esti- 
mable dans un livre qui s'adresse au grand public. Trop souvent les 
auteurs d'histoires générales simplifient ce qui est compliqué, tranchent 
d'un mot les questions les plus débattues et donnent ainsi une idée fausse 
du passé. — La bibliographie a des lacunes singulières : l'ouvrage si 
remarquable par son exposé d'ensemble de M. Esmein parait inconnu. 
L'auteur est aussi fort injuste à l'égard de Championnière. Il lui re- 
proche de brouiller toutes les époques, alors que son livre a pour but d'éta- 
blir la distinction entre les deux choses que M. Seignobos l'accuse de 
môler. On doit enfin à M. Seignobos un récit des Croisades clair et précis; 
il a cherché avec raison les causes des Croisades dans le monde chrétien 
plutôt qu'en Orient; avec lui disparaît le côté légendaire, mystique, attribué 
en bloc aux Croisades, et que presque seuls, les petites gens ont connu, 
tandis que le côté aventurier et mercantile a été mis en relief. Peut-être 
M. Seignobos diminue-t-il trop, par réaction contre l'exagération de 
Heeren, l'influence des Croisades. 

La grande lutte du Sacerêloce et de l'Empire et l'organisation de l'Église 
du moyen âge ont été partagées entre MM. Bayet et Chénon. L'étude de 
M. Bayet est une des meilleures du volume; elle est bieii documentc»e et 
écrite avec chaleur; les portraits sont pleins de relief comme la vie de ce 
temps, et l'on se sent entraîné, passionné par ce drame où les acteurs sont 
des papes et des empereurs, dont l'issue laisse les deux adversaires 
invaincus, les peuples ruinés, mais les organisations locales (féodalittj, 
républiques italiennes, cités allemandes) singulièrement vivaces et indé- 
pendantes. 

M. Cliénon nous fait pénétrer dans les coulisses de l'Église. Le cha- 
pitre sur la juridiction ecclésiastique, assez nouveau, est un peu chargé de 
mots techniques qui lassent l'attention au lieu do la fixer. Les remarques 
curieuses, intéressantes, abondent; on aurait aimé à comprendre ce 
travail de centralisation de la part des papes, cette prétention des 
vicaires du Christ à dominer le monde. L'explication n*cst elle pas dans la 
doctrine relif^ieusecjui déclare la chair faible, et qui entraîne par là lathéo 
cratie à assumer le gouvernement des iiommes et des âmes ? L'article 
n'aurait rien perdu à ce que son auteur fût « quelque peu philosophe ». 

L'histoire du royaume de Franccîde Louis Vl à Saint-Louis (»st due à 
M. Luchaire. C'est dire (ju'on y trouve les mêmes (jualités de précision 
un peu sèche, de (îl.-irlé froide, de science bien informécî (|ui ont f;iit le 
légitime succès de Tauteurdes Coinnunies, des Institutions monarchiques 
sous les premiers Capétiens. 

Après la facadiî solcMinc^lh» et cérêmoni(»use où Irênnient tout à l'heure 

les «grands personnages t.ip.igenrs et souxcnl égoïstes, voici venir la hour- 

A^ro/.s/r /;/horn'iist% :unhit\o[\Hi\ le peuple n\\sèvv\VAft,v^\\\UûU'Miussi terrible 

y/// f/rscsftnir ffuo /i.ihent d.iiis s(»s sovxrtvanws. \ Vy-anv^ys V^^ vVvww- 



- 109 - 

mcnts, les textes que MM. (îiry et HévilJc reproduisent ou interprètent, 
on voit les véritables ueteurs, ceux qui travaillent, qui s'organisent en 
communes, en sociétés eoninierciales, en métiers pour résister aux tyrans 
locaux, aux expioitati<uis seign(»uriales. 

M. Langlois, malgré une activité intatigabU.', a trouvé le temps de 
nous donner un tableau de la civilisation chrétienne, de la comnmnauté 
de la vie intellectuelle. Son information est, connue toujours, précise et 
abondante, trop touffue parfois. Le récit aurait aussi gagné en clarté 
par la suppression d'une nomenclature inutile (»t de phrases tellement 
synthétiques qu'elles restent obscures connue celle ci entre autres : « Une 
nouvelle méthode, la méthode dialectique, fut pour ainsi dire, inaugurée 
par le Sic et Non d*Abélard, qui est une collection d'autorités discor- 
dantes! » 

Alors commencent à paraître les l<]tiits modernes; voici rAngleterre, 
présentée par M. Bémont. Le tableau qu'il nous en donne est très docu- 
menté, comme il convient à un historien qui s'est fait une spécialité 
des sources anglaises. Il est regrettable qu'il n'ait pas jugé à propos 
de citer dans sa bibliographie si (tonsciencieuse l'étude remarquable de 
M. Boutmy sur la constitution anglaise. Pour l'histoire littéraire, il fau- 
drait ajouter les études de M. Jusserand publiées dans la Reçue des 
Deux-Mondes, fragments d une histoire de la littérature anglaise qui va 
paraître. 

L'Espagne est due à M. Mariéjol; cette histoire si dramatique nous 
semble quelque peu confuse, dispersée, conune elle devait l'être à cette 
époque, pleine d'agitation, de conflits qui entravent la croisade; son 
succès apparaît néanmoins comme devant être bientôt définitif. Il faut 
rendre hommage à M. Mariéjol, qui a su débrouiller cette hisloire peu 
connue. 

Les essais confus du Nord, de l'Est et du Sud-Est de l'Europe pour 
sortir du chaos des origines, les luttes des diverses nationalités pour 
s'affirmer ont été retracés par trois historiens, dont les noms sont un 
gage de compéUmce et de science, puissamment aidés par la connaissance 
des langues de ces peuples et par la sympathie que ([uelques-uns leur 
ont inspirée. MM. llaumant, Denis et Uambaud ont prouvé que le pré- 
cepte de Fénelon sur l'impartialité absolue de l'historien n'est qu'une 
demi-vérité. 

Enfin, M. Léon Cahun clôt le volume par un rapide et intéressant 
coup d'(eil sur les révolutions de l'Asie, sur les Turcs, la Chine, l'Iran, 
l'Asie-CcMilrale, Unissant ainsi par riîvenir à ce berceau des peuples 
errants, (îonquérants des mondes, qui a fourni à la terre des religions 
et des dvnasties. 

Souhaitons aux auteurs du troisième volume une connaissance aussi 
profonde des text<»s, un talent aussi grand d'exposition, un art de syn- 
thétiser les faits plus i)uissant pinit être, et un souci ^)lus couslikca d«. I-îw 
cohésion et do Vuiïiiè qui convienneul à uvve \V\'s\vi\Yv^ \^v^\vi.v\\S.v.. 



- 110 - 



Baron J. de Baye. — Le Cimetière -wisigothique d'Herpès (Cha- 
iv!il(»). An^'oiilomo, 1802, in fol. — Souvenirs du Congrès 
international d'anthropologie et d'archéologie préhistorique. 

Xl^ si^ssioii. Moscou, 181)2. Paris, Wilsson, 1893, i a- 8". — L'Art 
barbare en Hongrie. Bruxelles, 1892. 

L'art niéroviup;ieri est encore un des (chapitres de riiistoire les plus 
diflicilcs à écrire. Les études faites depuis une dizaine d'années ont 
montré (|ue rélémont romain n'était pas, comme on Ta dit et comme on 
le croit encore, la seule base principale de cet art. L'analyse minutieuse 
des motifs décoratifs atteste au contraire des sources nombreuses et des 
tempcjanu»nls artistiques très divers et prouve que son origine est tivs 
complexe et (jue ses racines plongent dans les profondeurs du passé. 
C'est donc à l'archéologie à extraire ces apports si différents et à nous 
dire si cette épo([ue a été féconde, originale, et si elle a pu produire par 
kl fusion de ces éléments un art nouveau. 

J^our étudier Tart mérovingien, il est nécessaire de savoir ce qu'est 
devenue l'industrie ariisti(|U{^ de la Gaule à l'arrivée des Barbares. 11 est 
utile de connaître l'art de By/ance et enfin les formes et les motifs décora 
tifs apportés par les peuples germaniques. On ne saurait expliquer cet 
art par la simple continuation de ce qui s'était fait en Gaule aux époques 
antérieures. Si la tecîhnique reste la ménK», si les ouvriers mac^'ons 
changent didicilement de procédés, si enfin la méthode se perpétue d'âge 
en âge sans qu'on puisse découvrir de h'wn grandes modilications, les 
éléments (jui servent à la décoration des édifices sont d'une grande i m 
poriance pouj* l'historiiui de l'art et accusent le plus sou\ ent l'originalité 
des races, comme aussi l'origine lointaine et quelquefois problémati(|ue 
de ces éléments. Dans ces surfaces égayées par des motifs décoratifs, 
Timagination, la fantaisie se fait jour et rien n'est plus intéressant et à 
la fois plus instructif ([uc» l'analyse détaillée et parfois fort longue de l'ori- 
gine et de la création de cette décoration (|ui s'étend sur tous les objets 
aussi bien sur les murs d'une église ([ue sur les fibules ou les boucles des 
guerriers germains. Une autre méthode d'investigations ne saurait con- 
venir à Tétude des périodes ([ui n'ont pas un art particulier, ([ui sont au 
contraire h» rellet de la population ([ui Ta fail naître, mélange encore 
mal combiné des races diverses, installées soit par la force soit par le 
consentenieni du pouvoir central. La décoration peut seule nous donner 
raj)porl des dillerents peuples. 

Cette étude patiente, souvciit laboriiHise, nous montre ce qu'est Tari 
mérovingien, un composé des arts gallo-romain, l)arbare et byzantin. 
Mais cette analyse ne saurait sullire. CVst à Thisiorien de l'art de dire 
alors /io///vy//(>/ et co/u/)ie/</ rélémenl classic^ue ou gréco-romain semble 
vaincu à cette épo(iue, pounpioi les artistes (M)nlemporains ont préféré 
^/npj't/ntcj' /oui' (Irconitionii Byzance, aux moivvvmeuU syriens, ([uel(|uefoi.s 
fjjowc ,'i Jbj'jiemcnL'ition ^^^'nuaniiiue. 



- 111 - 

M. de Baye a éludiédepuis longtemps un des facteurs qui forment 
Tart mérovingien, les objets barbares. Nous dînons (encore prcV'.iser d'une 
manière plus minutieuse les reclierehes archéologiques de M. de Baye. 
L'étude de VAré barbare se divise en effet en deux paJties : la première 
comprend la décoration encore toute primitive que les Germains j)ossé 
daient connue tous les peuples ([ui ne sont pas arrivés à un degié de 
civilisation liés déveloj)pée. Celte grammaire décorativ(^ fort simple se 
bornait seulement à des motifs linéain»s : point, lignes brisées, courbes, 
entrelacs variés, zig/ags souvent fort comph^iués, enroulements de toutes 
sortes. M. de Baye n'a pas étudié celte orncunentation. 

Le sujet des recherches de Tauteur est Toriginc de Torfèvrerie cloi- 
sonnée ; dans des pul)lications importantes, il a suivi un plan rigoureux, 
p(Hit-étrc un peu étroit, et a fait l'analyse des différents dmetièrcs (lissé 
minés en France, en Italie, en Allemagne, en Hongrie, etc. Nous 
connaissons depuis longtemps les eimelières francs; les objets précieux 
(ju'on iivait trouvés dans ces nécropoles avaient fait le sujet de discussions 
fort longues. Les archéologues de tous les pays de TlMirope ont 
analysé les différents toml)eaux qui se trouvaient chez eux et ainsi faci 
lité la tâ(*he de M. de B. A côté de simples inventaires, description som- 
maire d{^s objets, des monograj)hies fort intéressantes avaient indi(|ué 
l(*s origines probables de ces bijoux. M. llampel, dans une inij)ort;inte> 
publication nous avait reproduit le beau trésor apj)elé Der Gold/'iuid non 
Naf/u-Szcnt-MUdoa (18«Sf)), et |)ar rétiule minutieuse iW cha([ue objet, 
cet auiiHir avait prouvé Torigine persane (jue certains trahissaient. 

MM. Kondakoff et le comli' .1. Tolstoï faisaient paraître pi-es(ju(.' à la 
même é|)o(|ue une élude sur les anliijuités de la Ivussie m(''ridionîile (pie 
M. S. Heinach vient de traduire (l^lVi). Il nous paraît ijiutihî de citer 
tous les noms des érudits (pii ont tra\aillé à faire «•oiiiialtre VAridea 
/jdrbarcs ; Ws sont trop nombreux et nous iTaxons à jappeler ici (pie les 
travaux les plus importants et (pii permellent de se rendre compte de 
Torigineetdu dé\('lop|)ement de rorfèvrerie cl()isomi(''e objet principal 
des étu(l(»s de W, de Baye. 

Si nous avions de nombreux cimetières francs, si nous connaissions 
les riches fouilh^sdes tr<''sors lroii\<''sen Hongrie, en lilspagne, les objets 
donnes par les cimeli(MCs w isigolhi(pies en I^'iaiice étaient relativement 
rares. ( 'e n'est pas à dije<pie rétablissement des W'isigoths sur les plaines 
de la (iaronne n'ait laissé (U^s traces durables et relativement noml»reuses. 
Les \illagesqui Ijahissenl une origine geiinani(pie en Languedoc sont 
assez fi(M|uents; ils deviennent plus nombreux dans la Haute Garonne, 
dans le'rarn, dans le 'rarn-et (baronne, dans le (iers, l'Ari(''ge, (;tc. Les 
ciuKMières mérovingiens (pron a trouvés sont au contraire nombreux 
dans le Bas Languedoc, dans \r département (h; rilérault et de TAude et 
sont au noml)re (le trrnie |)our toute la légion occupée par les Barbares. 
Ajoutez à cela (pie rétablissement (les AVisigollis nr fut |)as semblable à 
celui des Francs. Ils habitèrent le sol ^aWu-wmuvwv vvm\\\\v> \^v\\\\\v-\\v\\\\V 
les lignons roniiiincs : jjs se trouvtîreiil auvsx v\\\\s(^s. yv.aA\\\\\ v^x \\v xsxss- 



— 112 - 

partie des qualités particulières à la race germanique. Ils purent être 
plus facilement absorbés par la population indigène. 

M. de B. a été plus heureux que ses prédécesseurs. Il nous donne au- 
jourd'hui les différents objets trouvés dans le cimetière wisigothique 
d'Herpès (Charente). L'ensemble des bijoux qui sont reproduits dans sa 
belle publication sont semblables à ceux qu'on possède des nécropoles 
franques ou burgondes. 

Ils nous prouvent la persistance de l'art de l'orfèvrerie cloisonnée dans 
les pays wisigothiques. M. de B. ne s'est pas contenté de cette simple 
analyse, mais poui*suivant ses recherches, il a comparé tous ces bijoux 
à ceux qui proviennent de la Russie méridionale. Ce savant archéologue . 
a montré que la nécropole d'IIerpes contient des boucles d'oreilles dont 
la forme spéciale ne se rencontre que chez les Goths, et qui est même 
inconnue aux Germains du Nord et aux Burgondes. L'auteur a suivi 
pas à pas la trace de ces objets et après en avoir trouvé à Tertona, nécro- 
pole longobarde, à Porta Nuova, près de Trente, à Igels, près d'Ins- 
pruck, est arrivé enfin en Hongrie où les mêmes formes abondent. 

Comme les archéologues précédemment cités, M. de B. a trouvé le 
point de naissance de l'orfèvrerie cloisonnée non plus en Germanie, 
comme on l'avait cru jadis, mais bien sur les bords du Pont-Euxin, dans 
les vastes territoires qu'avaient conquis les Goths avant l'arrivée des sol- 
dats d'Attila. Maîtresses d'un grand Empire, en contact au nord avec les 
races germaniques, qui joueront un rôle très important dans l'histoire de 
notre pays, ces peuplades étaient les plus civilisées des peuples teuto- 
niques et les chroniqueurs ne craignent pas de les comparer même aux 
Grecs. Ils avaient conquis sur les bords du Pont-Euxin les anciennes 
colonies grecques, autrefois si riches et si prospères, en relation cons- 
tante avec l'Asie. Jordanès nous dit que les produits de la Perse étaient 
vendus dans ces villes. Les Goths dont le destin fut si malheureux, eux 
qui ne purent fonder aucun royaume durable, ont eu pourtant une très 
grande influence sur l'histoire de l'art aux époques des invasions. C'est 
par eux que Torfèvrerie cloisonnée s'est propagée en Europe et c'est 
aussi par eux que la décoration orientale a pu pénétrer en Gaule. Leur 
long séjour sur le Pont-Euxin, Tinfluence éphémère qu'ils ont fait subir 
aux Francs au moment de l'apogée de leur puissance, le royaume qu'ils 
fondèrent sur les rives de l'Adriatique dont le centre était Ravenno, leur 
domination en Provence, leur étroite amitié avec les Wisigoths établis 
dans les riches plaines de la Garonne, peuvent nous permettre d'expli- 
quer Torigine des différents monuments qu'on trouve encore dans nos 
nmsées. Ils furent les intermédiaires entre l'Orient et l'Occident. 

Si nous avions à décrire les monuments qui indiquent l'influence 

orientale, nous montrerions aussi le commerce qui existait entre l'Afrique 

et l'Asie-Mineure et les villes situées sur les bords de la Méditerranée. 

L'insécuritc^ des côtes et de la mer avait certainement ralenti le négoce, 

y/M/s on ne peut mettre en doute l'activité continue des cités comme Mar- 

sej'JJe et Narbonae. Comme i'étude de M. deB. se V^oTiie; ^\m^\^TcvKûX^ 



- 118 - 

rechercher l'origine de la bijouterie cloisonnée, nous n'avons pas à 
poursuivre ici l'analyse des différents facteurs de l'art mérovingien. 

En terminant ce compte rendu trop sommaire, nous remercions 
M. de Baye de nous avoir donné dans un style clair le résumé de ses 
patientes recherches, si nécessaires à tous ceux qui veulent connaître 
l'art du moyen âge. 

A. Mârignan. 



Adrien Thibault. — Glossaire uu pays blaisois. — Blois, tous les 
libraires; Orléans, Herluison; et chez l'auteur, à la Chaussée-Saint- 
Victor, près Blois, 1893, in-8o, xxvi-356 p. 

Il a paru l'an dernier deux Glossaires des patois locaux de l'Orléanais, 
et, plus spécialement, du département de Loir-et-Cher : Martellière, 
Glossaire du Vendômois (Orléans, Herluison), et A. Thibault, Glossaire 
du pays blaisois. C'est ce dernier que nous voulons aujourd'hui signaler 
à l'attention de nos lecteurs. 

Certes, il serait à souhaiter que de pareils travaux fussent entrepris par 
des philologues préparés par de solides études antérieures, au courant 
des résultats si précis obtenus par l'érudition moderne, et en même temps 
connaissant bien le pays dont ils s'occupent. M. A. Thibault n'est pas un 
philologue ; il se montre même un peu sceptique à l'égard de la sûreté des 
conclusions auxquelles est arrivée la science philologique, et il le dit 
franchement dans sa préface : (( Les étymologistes modernes ont établi 
des règles de permutation ingénieuses, mais qui ont le tort, à mon sens, 
d'être données comme absolues. » Mais il connaît à fond le pays blaisois, 
qu'il a toujours habité et parcouru Sans tous les sens, questionnant les 
vieillards, les instituteurs et les curés, et fouillant les archives commu- 
nales, si rarement mises en valeur. Il a vécu aussi dans l'intimité des 
vieux auteurs. Et c'est après de longues et patientes recherches qu'il a 
mis au jour ce Glossaire. 

L'introduction comprend une étude géographique des limites aux- 
quelles s'arrête le parler blaisois, limites que l'auteur, avec juste raison, 
laisse assez flottantes, et des observations intéressantes sur la grammaire 
et la prononciation actuelles du pays. Dans le corps même du livre, après 
les définitions, confirmées le plus souvent par des citations d'auteurs ou 
de proverbes locaux, figurent les étymologies, souvent douteuses, parfois 
fantaisistes. Nous reprocherons aussi à M. A. Thibault d'avoir placé dans 
son Glossaire un grand nombre de mots qui sont usités, dans l'acception 
qu'il leur donne, non seulement dans le pays blaisois, mais encore dans 
tout le Centre, et même dans toute la France (par exemple : ânétte, ani- 
mal, berlu, besson, bêtot, crier, foire, poulette, etc). Pour tecmiçLfôt^ 
comme appendice, deux pièces de vers en pat;o\^. 

Sans s'attarder plus longtemps à une CTiliqyxe ixiVû\3L\\fe\vs»^ ^^ ^^Vî^^*^^ 



- 114 - 

peut dire toutefois que ce livre, avec ses erreurs ou ses imperfections, 
présente une grande utilité pour ceux qui, étrangers au Blaisois, ont à se 
servir de chartes ou de documents écrits en ce pays : il peut leur éviter 
des fautes de copie, ou des erreurs d'interprétation assez graves. Enfin, 
pour les philologues eux-mêmes, à un moment où la facilité des commu- 
nications et la diffusion de l'instruction primaire tendent de plus en plus 
à faire disparaître Les derniers vestig(^s de nos anciens patois, il serait à 
souhaiter que Texemple de M. A. Thibault fût suivi un peu partout, et 
que Ton eût, pour chaque province, un certain nombre de pareils 
recueils. 

G. COLLON. 



CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE 



Joseph Jacors, The Jev^a of Angevin England, Londres, David NuTT,1893,in-8^ 

L'auteur s'était d'abord proposé de reproduire, dans une sorte d'édition populaire, 
tous les textes imprimés relatifs à l'histoire des Juifs en Angleterre depuis les ori- 
gines jusqu'au moment de leur expulsion en 1230. Depuis, frappé de l'importance 
et dans une certaine mesure de la nouveauté du sujet, il a préféré s'arrêter en 1206 
et joindre à ces pièces déjà connues un nombre assez considérable de documents 
inédits, la plupart tirés des rôles de l'Échiquier au Record Oliice, qui font de son 
ouvrage un livre utile à consulter, môme après les publications récemment parues 
sur cette matière. Les documents, classés suivant un ordre rigoureusement chrono- 
logique, composent la plus grande partie du volume. Quelques dissertations réunies 
à la fin dans un appendice, sont destinées î\ éclairer les questions les plus impor- 
tantes. J. Lemoinb. 

Federigo Nrumann. — La Filologia romanza, traduz. del dott. Stefano Lallici. 
Città di Castello, S. Lapi, 1893 (1. 111). 1 vol. broch., iv-224 p. 

Nous nous faisons un plaisir de signaler cette traduction italienne de l'excellent 
opuscule de M. le professeur Neumann, d'Heidclbcrg. On sait le brillant succès de 
ce petit livre. Paru d'abord dans {'Encyclopédie /iêilaQotjique de Schmidt, il s'en fit 
bientôt une édition c\ part. Elle est maintenant épuisée et M. Neumann se prépare 
à en faire une seconde édition mise i\ jour. C'est que ce petit livre répond à un 
réel besoin de l'enseignement de la philologie romane. Le grand ouvrage de (i. Kôr- 
ting (3 forts vol. gr. in-8"). bien qu'écrit comme tout ce <|ui sort de la plume de ce 
savant dans une langue cxtrumement claire et limpide, écrase tout d'abord le com- 
mençant par l'abondance même de ses explications et de sa bibliographie ; de 
plus son prix élevé (une (luarantaine de francs) w'en permet pas l'acquisition aux 
étudiants. Il y avait donc place à côté de lui pour un petit résume rapide et précis 
où se trouve cj/)osu tout i'cMisenible do notions philologiques, historiques et biblio- 
g^rapbiques nécessaire à une première orieu talion. V^e v\us, \vo\\\v wwvvjvVawv. y^mx \^ 



- 115 - 

débutant, la bibliographie de chaque sujet est exposée d'une manière critique et se 
borne aux ouvrages réellement employés couramment. Cette traduction pourra 
donc être d'un réel secours aux étudiants en philologie romane qui ne se seraient 
pas encore sufiSsamment rendus maîtres de la langue allemande pour recourir à 
l'original quand il aura paru en réédition. Déplorons seulement que le traducteur 
italien ait laissé passer d'innombrables fautes d'impression, surtout dans la trans- 
cription des titres français. 

M. Frédéric Alvin a publié une intéressante Étude de numismatique luxem- 
bourgeoise (Bruxelles, 1893, in-8"), où il a examiné les diverses attributions pro- 
posées pour les petits deniers anonymes du Luxembourg du xiii*" siècle. 11 reporte 
à la fin du règne du comte Henri l'Aveugle et au règne d'Ermesinde les petits 
deniers aux types du lion et de la tour ; il donne à Ermesinde, tutrice de son 
fils Henri (1226-1246) les deniers et oboles avec la figure d'une femme tenant un 
sceptre ; et enfin à Henri V le Blondel (1246-1281), les deniers au type du cavalier 
et ceux au type du lion rampant. 



PÉRIODIQUES 



BELGIQUE. — Histoire et Archéolo^e (1892). 

REVUES GÉNÉRALES 

Analectespour servir à l'histoire ecclésiastique de la Belgique, 2* série, 
t. VII. — P. 13-19. Fondation de la c/iapellenio de Notre-Dame dans Vcglise 
paroissiale de Wcsterloo (22 février 1420). — P. 61-112. Edm. van Wintershoven, 
Notes et documents concernant V ancien béguinage de Saint-Christophe à Liège. 
Cet établissement, le premier des béguinages, aurait été 'fondé par Lambert le 
Bègue eu 1179. Du moins il a reçu de Lambert le Bègue un règlement et d'impor- 
tantes donations. Il était dirigé par le curé de la paroisse, dont la nomination 
appartenait d'abord aux Frères Coquins (supprimés en 1652) puis aux Sépulchrines 
anglaises. Liste de ces curés ou vestis dont les noms se rencontrent dans les 
archives de la paroisse et du béguinage, depuis 1313 ; complète depuis 1636. Avec 
huit pièces justificatives, de 1283 à 1555. —P. 113-114. Accord conclu entre l'abbaye 
de Flône et celle du Val-Notre-Danie près de Huy . Au sujet de redevances dues 
par l'abbesse du Val-Notre-Dame à l'abbaye de Flône. Du 26 mars 1231. (Original 
aux archives de l'État à Liège.) — P. 114-115. Fondation faite par Martin Buys 
d'une messe hebdomadaire à célébrer en rêglisc de Capellen-Saint- Jacques, lieu 
appelé autrefois Hogheschot ou Hoogschooten (près Anvers). Du 22 avril 1494. 
(Archives de Notre-Dame à Anvers.) — P. 116-244. E. lieusena y Docwnents 
relatifs à l'histoire de V Unicen^itè de Loucain. Suite, période moderne (J 525-1797), 
à part quelques notes complémentaires à des articles sur le couvent des Chartreux 
parus dans la première série des Analectes (t. XIV et XVI), sur le \\\:\a\3X^ <ls^.'$. Ooa.- 
noincs réguliers de Saint-Augustin dit Val-Saml-Manu\ V^^^^'^^'^^'^r^^^'»^^^^^^^^^^^ 
et des notes sur le prieuré de Bethléem à HéreaV, ^''^viç, Vjc^mnvvvcl v^.^^'^N^ ^'^ '^xis.NR. 



- 114 - 

peut dire toutefois que ce livre, avec ses erreurs ou ses imperfections, 
présente une grande utilité pour ceux qui, étrangers au Blaisois, ont à se 
servir de chartes ou de documents écrits en ce pays : il peut leur éviter 
des fautes de copie, ou des erreurs d'interprétation assez graves. Enfin, 
pour les philologues eux-mêmes, à un moment où la facilité des commu- 
nications et la diffusion de l'instruction primaire tendent de plus en plus 
à faire disparaître les derniers vestig(*s do nos anciens patois, il serait à 
souhaiter que l'exemple de M. A. Thibault fût suivi un peux partout, et 
que l'on eût, pour chaque province, un certain nombre de pareils 
recueils. 

G. COLLON. 



CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE 



Joseph JACons, The Jews of Angevin England, Londres, David Nutt, 1893,10-8*. 

L'auteur s'était d*abord proposé de reproduire, dans une sorte d'édition populaire, 
tous les textes imprimés relatifs à l'histoire des Juifs ou Angleterre depuis les ori- 
gines jusqu'au moment de leur expulsion en 1230. Depuis, frappé de l'importance 
et dans une certaine mesure de la nouveauté du sujet, il a préféré s'arrêter en 1206 
et joindre à ces pièces déjà connues un nombre assez considérable de documents 
inédits, la plupart tirés des lôles de l'Échiquier au Record OUlce, qui font de son 
ouvrage un livre utile à consulter, mùme aprôs les publications récemment parues 
sur cette matière. Les documents, classés suivant un ordre rigoureusement chrono- 
logique, composent la plus grande partie du volume. Quelques dissertations réunies 
à la fin dans un appendice, sont destinées «\ éclairer les questions les plus impor- 
tantes. J. Lemoinb. 

Federigo Neumann. — La Filologla romanza, traduz. deldott. Stefano I^Aixia. 
Città di Castello, S. Lapi, 1893 (1. 111). 1 vol. broch., iv-224 p. 

Nous nous faisons un plaisir de signaler cette traduction italienne de l'excellent 

opuscule de M. le professeur Neumann, d'Heidcl))erg. On sait le brillant succëi de 

ce petit livre. Paru d'abord dans VEncyclopêdéc iK'datjoyiquc de Scbmidt, il s'en fit 

bientôt une édition i\ part. Elle est maintenant épuisée et M. Neumann se prèpMI 

à en faire une seconde édition mise i\ jour. C'est que ce petit livre répoi 

réel besoin de renseignement de la philologie romane. Le grand ouTrage 

ting (3 forts vol. gr. in-8"). bien qu'écrit comme tout ce (|ui sort de 

savant dans une langue cxtrùmement claire et limpide, écrase topti 

mençant par l'abondance même de ses explications et do \ 

plus son prix élevé (une ([uarantainc de francs) n'en permet 

étudiants. Il y avait donc place à côté de lui pour un petit 

où se trouve ox/)0.sé tout reusemblc do uoUous \)\iv\o\\»iP 

graphiques nécessaire ù une prennère oneuVaiVvow. V>« 




- 115 - 

débutant, la bibliographie de chaque sujet est exposée d'une manière critique et se 
borne aux ouvrages réellement employés couramment. Cette traduction pourra 
donc être d'un réel secours aux étudiants en philologie romane qui ne se seraient 
pas encore suflQsamment rendus maîtres de la langue allemande pour recourir à 
l'original quand il aura paru en réédition. Déplorons seulement que le traducteur 
italien ait laissé passer d'innombrables fautes d'impression, surtout dans la trans- 
cription des titres français. 

M. Frédéric Alvin a publié une intéressante Étude cle numismatique luxem- 
bourgeoise (Bruxelles, 1893, in-8*), où il a examiné les diverses attributions pro- 
posées pour les petits deniers anonymes du Luxembourg du xiii° siècle. 11 reporte 
à la fin du règne du comte Henri l'Aveugle et au règne d'Ërmesinde les petits 
deniers aux types du lion et de la tour ; il donne à Ermesinde, tutrice de son 
fils Henri (1226-1246) les deniers et oboles avec la figure d'une femme tenant un 
sceptre ; et enfin à Henri V le Blondel (1246-1281), les deniers au type du cavalier 
et ceux au type du lion rampant. 



PÉRIODIQUES 



BELGIQUE. — Histoire et Archéologie (1892). 

REVUES GÉNÉRALES 

Analectespour servir à rhistoire ecclésiastique de la Belgique, 2* série, 
t. VIL — P. 13-19. Fondation de la c/iapellenie de Notre-Dame dans V église 
paroissiale de Westerloo (22 février 1420). — P. 61-112. Edm. van Wintershoven, 
Notes et documents concernant l'ancien béguinage de Saint-Christophe à Liège. 
Cet établissement, le premier des béguinages, aurait été 'fondé par Lambert le 
Bègue eu 1179. Du moins il a reçu de Lambert le Bègue un règlement et d'impor- 
tantes donations. Il était dirigé par le curé de la paroisse, dont la nomination 
appartenait d'abord aux Frères Coquins (supprimés en 1652) puis aux Sépulchrines 
anglaises. Liste de ces curés ou vestis dont les noms se rencontrent dans les 
archives de la paroisse et du béguinage, depuis 1313 ; complète depuis 1636. Avec 
huit pièces justificatives, de 1283 à 1555. —P. 113-114. Accord conclu entre l'abbaye 
de Flône et celle du Val-Notre-Danie près de Huy . Au sujet de redevances dues 
par l'abbesse du Val-Notre-Dame à l'abbaye de Flône. Du 26 mars 1231. (Original 
aux archives de l'État à Liège.) — P. 114-115. Fondation faite par Martin Buys 

•1 l'église de Capellen-Saint- Jacques, lieu 

•oten (près Anvers). Du 22 avril 1494. 

P. 116-244. E. Reusens, Documents 

rin. Suite, période moderne (J 525-1797), 

'ir le couvent des Chartreux 

1), sur le prieuré dos cha.- 




- 114 - 

peut dire toutefois que ce livre, avec ses erreurs ou ses imperfections, 
présente une grande utilité pour ceux qui, étrangers au Blaisois, ont à se 
servir de chartes ou de documents écrits en ce pays : il peut leur éviter 
des fautes de copie, ou des erreurs d'interprétation assez graves. Enfin, 
pour les philologues eux-mêmes, à un moment où la facilité des commu- 
nications et la diffusion de l'instruction primaire tendent de plus en plus 
à faire disparaître Les derniers vestig(»s de nos anciens patois, il serait à 
souhaiter que l'exemple de M. A. Thibault fût suivi un peu partout, et 
que l'on eût, pour chaque province, un certain nombre de pareils 
recueils. 

G. COLLON. 



CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE 



Joseph Jacobs, The Jev^a of Angevin England, Londres, David NuTT,1893,in-8«. 

L'auteur s'était d'abord proposé de reproduire, dans une sorte d'édition populaire, 
tous les textes imprimés relatifs à l'bistoire des Juifs en Angleterre depuis les ori- 
gines jusqu'au moment de leur expulsion en 1230. Depuis, frappé de l'importance 
et dans une certaine mesure de la nouveauté du sujet, il a préféré s'arrêter eu 1206 
et joindre à ces pièces déjà connues un nombre assez considérable de documents 
inédits, la plupart tirés des lôles de l'Échiquier au Record Oliice, qui font de son 
ouvrage un livre utile à consulter, même après les publications récemment parues 
sur cette matière. Les documents, classés suivant un ordre rigoureusement chrono- 
logique, composent la plus grande partie du volume. Quelques dissertations réunies 
à la fin dans un appendice, sont destinées h éclairer les questions les plus impor- 
tantes. J. Lemoinb. 

Federigo Neumann. — La Filologla romanza, traduz. deldott. Stefano Lallici. 
Città di Castello, S. Lapi, 1893 (1. 111). 1 vol. broch., iv-224 p. 

Nous nous faisons un plaisir de signaler cette traduction italienne de l'excellent 
opuscule de M. le professeur Neumann, d'Heidelberg. On sait le brillant succès de 
ce petit livre. Paru d'abord dans V Encyclopédie /K'ciafjoyiquc de Schmidt, il s'en fit 
bientôt une édition à part. Elle est maintenant épuisée et M. Neumann se prépare 
à en faire une seconde édition mise îi jour. C'est que ce petit livre ré))ond à un 
réel besoin de l'enseignement de la philologie ronume. Le grand ouvrage de (i. Kôr- 
ting (3 forts vol. gr. in-8"). bien qu'écrit comme tout ce <jui sort de la plume de ce 
savant dans une langue cxtrùmement claire et limpide, écrase tout d'abord le com- 
mençant par l'abondance même de ses explications et de sa bibliographie : de 
plus son prix élevé (une ([uarantainc de francs) n'en permet pas l'acciuisition aux 
étudiants. Il y avait donc i) lace à côté de lui pour un petit résumé rapide et précis 
où se trouve exposé tout /'ensemble do notions philo lo\;i(\ucs, historiques et biblio- 
e^rapbiques nécessaire à une première orieulaliou. V^e v\us, vouw \w\vv)Y\iv\\\. ^\s,x \^ 



— 115 - 

débutant, la bibliographie de chaque sujet est exposée d'une manière critique et se 
borne aux ouvrages réellement employés couramment. Cette traduction pourra 
donc être d'un réel secours aux étudiants en philologie romane qui ne se seraient 
pas encore suflûsamment rendus maîtres de la langue allemande pour recourir à 
l'original quand il aura paru en réédition. Déplorons seulement que le traducteur 
italien ait laissé passer d'innombrables fautes d'impression, surtout dans la trans- 
cription des titres français. 

M. Frédéric Alvin a publié une intéressante Étude de numismatique luxem- 
bourgeoise (Bruxelles, 1893, in-S'), où il a examiné les diverses attributions pro- 
posées pour les petits deniers anonymes du Luxembourg du xiii« siècle. 11 reporte 
à la fin du règne du comte Henri l'Aveugle et au règne d'Ermesinde les petits 
deniers aux types du lion et de la tour ; il donne à Ermesinde, tutrice de son 
fils Henri (1226-1246) les deniers et oboles avec la figure d'une femme tenant un 
sceptre ; et enfin à Henri V le Blondel (1246-1281), les deniers au type du cavalier 
et ceux au type du lion rampant. 



PÉRIODIQUES 



BELGIQUE. — Histoire et Archéologie (1892). 

REVUES GÉNÉRALES 

Analectespour servir à l'histoire ecclésiastique de la Belgique, 2* série, 
t. VIL — P. 13-19. Fondation de la chapellenic de Notre-Dame dans Véglise 
paroissiale de Westerloo (22 février 1420). — P. 61-112. Edm. van Wintershoven, 
Notes et documents concernant l'ancien béguinage de Saint-Christophe à Liège. 
Cet établissement, le premier des béguinages, aurait été 'fondé par Lambert le 
Bègue eu 1179. Du moins il a reçu de Lambert le Bègue un règlement et d'impor- 
tantes donations. Il était dirigé par le curé de la paroisse, dont la nomination 
appartenait d'abord aux Frères Coquins (supprimés en 1652) puis aux Sépulchrines 
anglaises. Liste de ces curés ou vestis dont les noms se rencontrent dans les 
archives de la paroisse et du béguinage, depuis 1313 ; complète depuis 1636. Avec 
huit pièces justificatives, de 1283 à 1555. —P. 113-114. Accord conclu entre l'abbaye 
de Flône et celle du Val-Notre-Dame près de Huy . Au sujet de redevances dues 
par l'abbesse du Val-Notre-Dame à l'abbaye de Flône. Du 26 mars 1231. (Original 
aux archives de l'État à, Liège.) — P. 114-115. Fondation faite par Martin Buys 
d'une messe hebdomadaire à célébrer eu rôglisc de Capelleu-Saint- Jacques, lieu 
appelé autrefois Hogheschot ou Hoogschooten (près Anvers), Du 22 avril 1494. 
(Archives de Notre-Dame â Anvers.) — P. 116-244. E. Heusena, Documents 
relatifs à l'histoire de l' Unicemitê de Loucain. Suite, période moderne (J 525-1797), 
à part quelques notes complémeutaires à des articles sur le couvent des Chartreux 
parus dans la première série des Analectes (t. XIV et XVI), sur le prieuré dos cha- 
noines réguliers de Saint- Augustin dit Val-Saml->.\a.nu\ VMi^'CiV!X^^.N^\.,''S:^\x"^ 
et des notes sur le prieuré de Bethléem à Hcreul ^td^ VsixxN-^wi v^.^S:^^^ ^^^ '^nx 



- 116- 

coUège des Croisiers (1493). — P. 273-454. Evrard, Documents relatifs d l'abbaye 
de Flône. Donne, en texte saivi : une dissertation sur les domaines de Sainte-Ode, 
(début du VIP siècle) ; une notice sur ce qui reste des archives de l'abbaye, con- 
servées en partie au dépôt de l'État à Liège, en partie dans une famille particulière; 
la liste des abbés de Flône depuis 1140. Publie ensuite 132 documents, depuis 1091, 
quelques-uns émanant des papes et de l'empereur Frédéric Barberousse, et plusieurs 
apportant des corrections à Murtcue et Durand, Mirœus, etc. A continuer.— 
P. 455-491. Ed. Poncelet, Répertoire chronoUxjiqtie des conclusions capitulaires 
du chapitre catliédral de Saint-Lambert à Liège. Supplément à Tanalyse des 
conclusions capitulaires de Saint-Lambert à Liège publiées par M. S. Bormans 
dans les Analectes (VI et XII), dont il comble les lacunes pour le xv" siècle au 
moyen de deux volumes récemment découverts aux archives de l'Éiat à IJèg^ 
(1442-1147 et 1455-1459). Le secrétaire du chapitre d'alors, Jean de Broeohusen, 
mêle aux actes du chapitre des actes de particuliers et des faits le concernant per- 
sonnellement. 

Annales de l'Académie d'Archéologie de Belgique, XLVI, 4« série, t VI, 
1890. Suite. (Cf. M. A., 1802.) — P. 238 sqq., 438 sqq. A. Dejardin. Suppléments 
(2* et 3") d la description des cartes de la prooince d'A nocrs et des plans rfc la 
cille. Suite d'articles donnés par le même, depuis de longues années, à cette 
publication, t. XIX, XX, XLII. L'auteur passe en revue ici (p. 458-464) notamment 
les plans et vues gravés, depuis la fondation du bourg ou château fort d*Anvers 
jusqu'au cinquième agrandissement de la ville (1543) et depuis (sept vues et plans 
du x« siècle à la fin du xv« siècle). Il donne (p. 504-557) d'excellentes tables per- 
mettant de se retrouver sans effort dans un travail aussi méticuleux que vaste, et 
résumant tous les renseignements de dates et de bibliographie acquis par son texte. 

Bulletin de l'Académie d'Archéologie de Belgique, 4< série des Annales, 
2" partie, suite. 1802. — P. 231-236. Wauwernians, Les ruines de la cille romaine 
de Jemelle : du iv* siècle ? 

Bulletin de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux- 
Arts de Belgique, 3« série, t. XXlll et XXIV, 1892. —T. XXIIl. P. 200-203. 
M . P. Frédéricq présente le 3" fascicule des travaux do son Cours pratique d'his- 
toire nationale à l'Universilé de Gand, et donne un aper(;u rapide de la question de 
la répression religieuse aux Pays-Bas.— P. 277-279. M. Wagener présente Elcker- 
lycU ou Ecerymany de H. Logeman, moralité en néerlandais et en anglais, com- 
posée vers 1477, par le chanreux i^ierre Dorland, de Diest, montrant les rela- 
tions littéraires entre l'Angleterre et les Pays-Bas, du xv« au xvir siècle, et 
prouvant que l'influence néerlandaise sur la littérature anglaise a été grande. — 
P. 279-285. M. P. Frédéricq présente J. Frôdcrichs, Robert le Bourre, premier 
inquisiteur général eu France (cf. M. A., 1892); et J. Kcilsma, Geschiedenis can de 
Hercorniincf en Hercormdc Kcrk der Nederlanden. Guide d'une compétence et 
d'une sûreté peu communes sur l'histoire des prccursjcurs de la réforme aux Pays- 
Bas. — P. 412. M. Alph. Wautcrs présente le t. V du Cartulaire des comtes de 
Hainaut de Lcop. Devillers.— P. 415-416. llapports très favorables de MM. Alph. 
Wauters, Bormans et Heurard. sur Renard do Schônau, sire de Schooncorst, un 
/f/ia/ic/'er //c/tm/iomme du A7V' siècle, du baron Ae C\\e?i\.te\. ^^ W^.vvçi^<i. v?»^^^ 



- 117 - 

publié dans les Mémoires in-8*). — P. 417-440. A. Wagener, Notô bibliographique 
complémentaire sur Védition de Galbcrt publiée par M. Pircnne. (Cf. Bulletin de 
l'Académie, 1891, t. XXII, p. 259-263.) Maintient, contre les Bollandistes, que 
Henschen et Papebrocb ont sciemment supprimé dans leur édition do Galbert 
certains passages contraires à la doctrine de l'Église, et repousse d'autres critiques 
de ses contradicteurs. ~ P. 550-552. P. Frédûricii présente H. Van der Linden, 
Histoire de la constitution de la oille de Loncain. — P. 552-566. Rapports de 
MM. Alph. Wauters, Vauderkindere et Piost, sur deux mémoires présentés en 
réponse à la question : Ex/tctser^ d'après Vcnscmble des textes, quelle était la 
position des comtes dans le royaume franc depuis Clocis Jusqu'au traité de 
Verdun, établir leurs rapports acec le roi, le clerqè, et accc la population 
germanique et gallo-romaine. (Le Mémoire de M. Tiereiilyn, est couronné, et 
sera imprimé dans les Mémoires de l'Académie).— P. 668-684. G. Kurtb, Maurice 
de Neufmoustier. C'est lui qui a interpolé Albéric de Troisfontaines et Gilles 
d'Orval, pour l'histoire du prieuré, puis abbaye de Neufmoustier, près de Huy. 
fondé i^ar Pierre l'Ermite, en 1101. Maurice y fut moine vers 12.^0-1251. et y remit 
en honneur la mémoire de Pierre l'Ermite, dont le souvenir, là même, était alors 
presque perdu. 11 est très au courant de l'archéologie locale, et il a un grand souci 
de l'exactitude, même dans ses descriptions. — P. 848-849. P. Frédéricq présente 
avec éloge P.-J. Block, Gcschicdcnis can liet Ncderlandsche colk, t. 1. — P. 852- 
890. Dehaisnes, Lart Jlamand en France depuis la fin du XIV* Jusqu'au 
commencement du XVI* siècle. Du milieu du xiv* au commencement du xvi" siè- 
cle l'art brilla d'un grand éclat dans les riches villes flamandes et wallonnes des 
Pays-Bas, et de là rayonna sur l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, sur la France 
surtout. Là, l'art flamand l'emporte complètement, dans le Nord, jusqu'à Amiens. 
I^s artistes flamands exercent une action prépondérante à Paris, sous Charles V ; à 
Bourges et Angers, sous Charles VI ; sont deux fois plus nombreux à Lyon, que les 
artistes italiens, et ont une influence, moindre cependant, jusqu'en Piovence, en 
Languedoc, en Normandie, et même à Tours, dont l'école artistique est la plus 
essentiellement française. En Bourgogne, ils dominent complètement, si bien qu'à 
proprement parler il n'y a pas d'art bourguignon, d'école bourguignonne. M. D. 
s'élève en passant contre l'usage du nom de Renaissance appliqué au mouvement 
naturaliste des arts du xiv^ au xvi* siècle. 

T. XXIV. — P. 60. M. Piot présente Ed. Poucelet, La seigneurie de Saioe. — 
P. 60-62. M. I^my présente Auger, Ilay.<brooU et les My.-^tiques aux Pays-Bas^ 
dissertation latine très complète ; et Chabot, La vie, les èrrits et la doctrine de 
saint Isaacde Ninicc, (8orte de précurseur des Mystiques du moyen âge, vivait 
au v« siècle.) — P. 62-64. M. L. de Mouge présente A. Grandmont, traduction du 
Parsical de Wolfram von Eschenbaoh. - P. 360-374. Goblet a'Alviella, Note 
complémentaire sur le thème symbolique de l'arbre sacré entre deux créatures 
affrontées. Complément à son Essai sur les antécédents Jîgurés f/w Perro ai, Bulle- 
tin de l'Académie royale, 3^ série, t. XXI (1891), p. 239-272.— P. 356-359. Rapport 
de M. Wagener, sur une communication de M. J.-P. Waltzing. insérée ibidem, 
p. 375-398, Découverte archéologique faite à Foy (près de Bastogne, province de 
Luxembourg) : une inscription latine inédite, qui doit être du r' siècle, qui fait 
connaître un nouveau dieu gaulois (Entarabuii ou luiîtt^.W^^,<iVç.<^vv'èvx\!CL'^\^T:^\w5^'y^ 



— 118 — 

d'an double coite militaire, ceiid de rarmêe même et celai des soldais. — P. 519- 
530. M. Alph. WsLUU^TS prépaie soa i. VIII delà Tabie ehromoloQiqme des chartes 
et diplômée inkftrîmèi frjncemata thUuÂre de Belgique lannées ISOl-lSOl. 

Bnlletin des Commlssiaiis royales d'Art et fArdiéologie, I89S. — 
P. 27-33. H. Roa«seau. \otef j^aw ^reir à VhiMoirede la sculfitare en Brique, 
La /onté IxjLftiiëmckUJc de Sai/it-Sërerin en Co/u'ro:. f^escnftàon ei photogravure 
de ces foau, malheoreosement iri> dégradés, qui doivent être do 3U* siéde, et qoe 
l'aoteor dit on Dioeoment « oniqoe en Bclgiqoe et peut-être en Eorope ». — P. 34- 
146. H. Scboennans. Verrez façon de Venîée fabriquée aMuc Pags-Bas. Prouve, 
contre Gamier, HUtoire de la cerrcrie et €le rêmaillerie, que la fibrication du 
verre à l'italienne a été très importante en France, qu'elle v a débuté ao moins au 
xiv* «iôcle, que les familles de verriers italo-franrais se sont essaimées au milieu 
du XVI* siècle. Donne une liste des verriers italiens qui ont travaillé en France 
depuis 1526 (Muranistes} et 1583 îAltaristes , et recherche province par province les 
œuvres des verriers italiens. — P. 186-231. J. Désirée, Recherches sur les enlumi- 
neurs flamands . Suite. (Cf. Bulletin delà commission d'art et d'archéologie, t. XXX. 
1891, p. 263). Décrit les enluminures des heures de Notre-Dame ; le Gebctbuch de 
Charles-Quint, qu'il attribue aussi à Simon Bening ; un livre d'heures toumaisieo 
(Bibliothcqoe de Bourg«^ne, à Bruxelles, n* 8810) qui serait de la fin du x\-« siècle 
ou plutôt du début du xvi* siècle ; une miniature représentant la Vierge assistant à 
un coucert donné par les anges ; et le manuscrit 24098 du British Muséum, qu'il 
place pour la date entre le Gebetbuch de Charles-Quint et les heures de Notre-Dame, 
et qu'il attribue également à Simon Bening. — P. 232-248. D. A. van Bastelaer, 
Marckicnne-au-Pont et la Sambreà V époque romaine. Décrit un cimetière belgo- 
romain de cette commune et donne quelques renseignements sur la navigabilité de 
la Sambre à l'époque romaine et au moyen âge. — P. 249-254. L* ancien phare ou 
tour à feu de la cille de Nieuport. Des deux phares construits, dit-on, par Gui de 
Dampierre en 1284, un seul restait debout en 1388-1389 et fut rebâti en pierre en 
1414. On y brûlait des joncs et de la paille. D'après les comptes de la ville. Avec 
deux phototypies. —P. 259-290. Ed. Vau der Saetcn, Épisodes de l'histoire de 
la sculpture en Flandre. Décrit et étudie, d'après les documents inédits, diverses 
œuvres sculpturales d'Audenarde et d'Ypres, depuis le xiii* siècle, fournit quelques 
indications nouvelles sur les sculpteurs audenardais, Paul Vanderscheldcn et Jean 
Spicrinck, et sur le sculpteur Yprois Nicolas de Jonghe, qu'il tâche de prouver avoir 
été le père de Tillustre sculpteur Jean deJoughe, dit Jung, qui fut élève de Michel- 
Ange. — P. 291-318. H. Schuemians, É pi q rapide romaine de la Belgique. (Suite, 
cf. Bulletin de la commission royale d'art et d'archéologie. XXIX, p. 227). Attribue 
au II* sii-cle la même pierre avec inscription trouvée à Foy, près Bastogne, que 

Walt/ing (cf. supra, Bulletin de la commission royale des sciences, lettres et beaux- 
arts) dit être du i" siôcle. — P. 319-325. H. Rousseau, Dcu.t vylises romanes aux 
cncirons de Licfjc. (Avec deux planches), l'une Saint-Nicolas-en-Glain. du .\ii* s., 
aujourd'hui disparue, l'autre, Saint-Séveriu-eu-Condroz. bâtie vers l'an lUOO, déjà 

en partie restau r<;e. 

Bulletin de la Société Royale Belge de Géographie, 16» année, 1892. — 
/^. 27-5B, 306-333, 336-423. A. D'Herbomez, Gèourapiàe historique du Tournaisis, 



— 119 - 

Étude vraiment remarquable et approfondie, faite d'après les traités, les chartes, 
les diplômes et les chroniques. Après avoir recherché l'origine de Tournai (iv« s., 
gallo-romaine), l'auteur précise ce qu'il faut entendre par Tournaisis, détermine 
dans Tordre chrouologique les localités qui, d'après les monuments écrits, en ont 
fait partie, en fixe les limites à la fin du xn« siècle (Escaut, Scarpe, Elnon, 
Marcque, Espierre), et prouve ensuite qu'au delà de ces rivières il n'y a pas de 
localité à placer en Tournaisis. Il rencontre en passant, et non parfois sans succès, 
des idées de Longnon, Piot, De Vlaminck, etc. Il recherche la date d'apparition 
des villages évidemment tournaisiens qu'il n*a pas encore cités. Enfin, dans une 
seconde partie, voulant préciser la géographie politique du Tournaisis, après nous 
avoir parlé de sa situation dans le haut moyen âge, il nous le montre soumis plus 
ou moins directement à la Flandre jusqu'au xiii« siècle, mais dès la fin du xii% 
à la faveur de la lutte entre la commune et l'évêque, passant dans le domaine 
direct de la couronne de France, à la réserve de quelques droits laissés au comte 
et à l'évêque. Cette étude de géographie et d'histoire, excellemment faite, et 
continuée jusqu'à l'époque contemporaine, intéresse non moins la France que la 
Belgique. — P. 118-166. A. Harou, La commune de la Louctère. — P. 250-287. A. 
Harou, La commune de FamlUeureux. Avec quelques notes sur Seneffe, Chapelle- 
lez-Herlaimont, Trazegnies, Morlauwelz-Mariemont, les Estinnes. — P. 453-485, 
588-611. Van Werveke, Le cours de l'Escaut et de la Lys-Dur me au moyen drje. 
Etude très importante, très documentée et très bien conduite, pour la détermi- 
nation de la limite entre l'Empire et la France dans le haut moyen âge, et pour 
l'hydrographie d'une partie de la Flandre, spécialement de la ville de Gand . 
Jusqu'au xiii» siècle environ, TEscaut et la Lys étaient deux fleuves absolument 
distincts, reliés à Gand, par des bras d'une importance tout à fait secondaire. L'un 
arrivait à la mer par une embouchure qu'on appelle depuis la fin du xiii® siècle 
l'Escaut oriental, aujourd'hui barrée. L'autre, sous le nom de Durme formait un 
delta, dont l'une des branches subsiste aujourd'hui sous les noms successifs de canal 
de Terneuzen, Moervart et Durme, allant à l'Escaut. Une autre branche, la plus 
importante du delta, appelée anciennement Othene, Otinghe, Ottingam, aboutissait 
à l'estuaire jadis appelé Hontce, qui est actuellement le Hont ou Escaut occidental. 
C'est par une série d'interprétations exagérées d'un texte hasardeux du xiir siècle 
relatif à la contrée de l'Othcne, qu'on en est arrivé à dire que c'est Othon le Grand 
qui a creusé le fossé d'Othon (ou Othene) pour servir de ce côté de limite à l'Em- 
pire et â la France. — P. 486-503. Alb. du Bois, Aperçu relatif à l'institution des 
postes, — P. 504-515. Fern. Levieux. Considérations géographiques sur les 
centres de cirilisation . Etablit trois groupes de civilisations : primitives, progressives, 
dérivées, qui sont en mcrae temps respectivement fluviales, maritimes, continen- 
tales. — P. 516-544, 612-642. A. Haron, Une excursion en Campine : Hoogstraeten 
(ville dès le xir siôclc, seigneurie au début du xiii" siècle). — - P. 553-587. J. du 
Fief, Christophe Colomb et la décourerte de l'Amérique, simple conférence de 
vulgarisation des connaissances usuelles sur ce sujet. 

Compte rendu des séances de la Commission royale d'histoire, 5* série, 
1892. T. I, 5" bulletin. -- P. 282-284. .Stanislas Bormans, QaelqiLC^ pavti,<rulcvx-v.\.t% v». 
propos de Jean d'Outremcusc. Fixe la date de \vv twotV. ^ci cfeV. ^cxxN'dAW V^^ w^h^^^^'^^ 
1400), Ja nom do sa femme, indique la maison qvCW ooe\x\»^\V çA.\vi\vi^^^ oji'A'^'î^^'^îCs.^ 



- 120 — 

et fait quelques correctioos à rintiodoction qo*il a mise à l'édition publiée par lui 
de ce chroniqueur.— P. 283-29:i. H. Pirenae, Note sur un polyptyque de l'abbaye 
de Saint-Trond dressé par Vabbé Guillaume I (124&-1272). Ms. n» 268 de la biblio- 
thèque de rUaiversité de Liège, écrit en partie par Tabbé Guillaume lui-même dans 
une période de crise ; il tient à la fois d'un livre de comptes, d'un terrier et d'un- 
polyptyque ; il est hautement intéressant aussi bien pour l'histoire économique que 
pour l'histoire des institutions. — P. 296-298. C. de Borman, Lettre concernant le 
premier registre des fiefs tenus des èoêques de Liège, Le livre féodal d'Adolphe de 
la Marck, aux archives de l'État à Liège, contenant environ 2835 actes de relief, de 
1314 à 1344. 

T. II, 1«' bulletin. — P. 5-9. M. Dehaisnes propose la publication des nombreux 
documents qu'il a tirés des comptes des ducs de Bourgogne à Lille, Dijon et 
Bruxelles pour la période de 1401 à 1530, pour faire suite à ses Documents concer- 
nant r histoire de Vart dans la Flandre^ V Artois et le Hainaut acant le XV* siècle. 
— P. 18-19. Ch. Piot, Notes sur des publications historiques qui intéressent la 
Belgique. Mentionne avec éloges S. Muller, Het oudste cartularium oan het sticht 
Utrecht. La Haye, 1892, in-8". — P. 39-67. C. Kurth. Documents historiques sur 
Vabbaye de Neu/moustier, près de Huy. D'abord prieuré, fondé par Pierre l'Ermite 
au retour de la croisade, cette abbaye n'a jamais eu de cartulaire. Les documents 
qui en restent dérivent d'un vieux manuscrit, qui doit être du xiv" siècle, où les 
molDCSont écrit l'histoire de leur maison en transcrivant simplement les passages 
de Gilles d'Orval et d'Albéric de Troisfontaines relatifs à Neufmoustier, et' les 
annotations à ces deux auteurs dues à un interpolateur hutois contemporain ; celui- 
ci est le chanoine de Neufmoustier Maurice. Cf. le même, Bulletin de l'Académie 
royale, t. XXIII, p. 668-684. — P. 85-123. H. Pirenne, La version flamande et la 
oersion française de la bataille de Courtrai. Maintient contre F. Funck-Brentano 
l'existence, de très bonne heure, d'une version française et d'une version flamande 
de cette bataille, et s'attache à la suite et à rencontre du savant français, à déter- 
n^iner la valeur respective de toutes les pièces apportées à ce procès historique. — 
P. 124-128. Jules Frédérichs, Seconde suite à ma notice sur le grand conseil des 
ducs de Bourgogne. En réponse au Père F. Brabant (Bulletin de la commission 
R. d'H., 1894), modifie certaines de ses affirmations antérieures, mais maintient 
que l'ordonnance de 1454 a réorganisé le grand conseil en en faisant, de simple 
corps administratif, une cour de justice ; et que Charles le Téméraire modifia son 
caractère ambulatoire. — P. 129-138. J. Kuntziger, Notice sur trois manuscrits 
liégeois conseroés aux archives de la cathédrale de Trèces. Deux viennent de 
l'abbaye de Saint-Jacques à Liège, et le n» 78 donne des copies d'actes de location 
de terres de 1459. Le n" 80 est le cartulaire des Chartreux de Liège, dont la plupart 
des chartes ont disparu ; donne des copies importantes de chartes inédites du 
XIV* et du XV' siècle. — - P. 185-192. A. Gauchie, Mission aux archioes oaticanes. 
Traite entre autres, des relations de Martin V avec les Pays-Bas, à propos du 
mariage de Jacqueline de Bavière.— 2« bulletin.— P. 310-312. P. Genard. Note sur 
Corneille Sanders, seigneur dans Hemixem. Exécuté sous Philippe le Bon, proba- 
blement pour crime politique. — P. 313-483. A. Gauchie, Mission auw archioes 
oaticanes (suite). Traite notamment de Thérésiarque de Tournai NicoUe Serrurier, 
condawaé par une huile de Martin V en 1420, elde XeUx^^ ^' ^A«lL^Ti^T^ VI, ^our 



- 121 - 

défendre les immunités ecclésiastiques dans le duché de Brabant. Demande la 
création d'une école belge à Rome, dont il remontre les avantages. Publie en appen- 
dice, entre autres; 4 pièces de Martin V, et 10 lettres d'Alexandre VI (149;?). 

Messager des sciences historiques de Belgique, 1892. — P. 1-16, 129-145, 
261-273. Baron J. Béthune de Villers, Musée lapidaire des ruines de Saint-Bacon. 
Suite. Cf. Messayer des sciences historiques ^ 1^91, p. 385. Dalles funéraires des xiP 
xiu' et XIV* siècles, retrouvées dans le pavement d'une écluse : description et notes 
généalogiques, avec gravures. — P. 37-60. Prosper Cbaoys, Le bourreau de Gand. 
(Suite). Avantages et faveurs à lui accordés. — P. 115-116. E. L., A propos du bejjroi 
de Gand, Rapporte une indication des comptes de Gand relative au beffroi plus 
ancienne qu'aucune connue jusqu'ici (1321). —Chronique.— P. 118-119. Ch. H. 
Compte rendu très flatteur du De racupjratcona Terne Sanctœ de Ch. V. Langlois, 
soutient cependant que Dubois a pu inspirer plus d'une fois Philippe le Bel. — 
Chronique des découvertes: mentionne notamment des cimetières saxons découverts 
à Lewes(Sussex).— P. 210-224. 300-310. A. d'Herbomez, L'cctWec de Tournai-Noyon 
(532-1146). Excellente étude dont voici les conclusions : « C'est à l'instigation du roi 
de Soissons, Clotaire I^, que les diocèses de Noyon et de Tournai ont été unis en 
532 par saint Médard, l'intérêt politique et l'intcrùt religieux se trouvant d'accord 
pour cette union. Mais dès le vii« siècle, l'intérêt religieux militait en faveur de la 
séparation, de sorte que pendant six cents ans l'union do ces deux diocèses n'a été 
maintenue que dans l'intérêt politique. 11 y a lieu de supposer que tous les rois, 
depuis Clotaire 1", ont été hostiles à la séparation des deux églises, et sans l'empire 
que saint Bernard exerçait sur l'esprit du faible Louis VU, il est probable que cette 
séparation n'aurait pas encore été réalisée en 1146. » — P. 225-229. H. Delehaye, 
S. J., Le bullaire et Vliistoire du pape Calixlc IL Analyse ces œuvres de U. Robert 
en insistant sur leur importance pour l'histoire de Bolgique.— P. 255-2r)6. Chronique. 
B. d. V., Troucaille de Deceren (6000 deniers du xir siècle). — D. annonce avec 
éloge Goudens Het hoofdanibacht der Meerseniers (le grand métier des- merciers 
d'Anvers), et Corroyer. L'Architer.ture got/utjuc, — P. 323-343. Werner de Haerne, 
Rcérection de la paroisse de WatercUct, en Flandre. Fin du xv* siècle et début du 
xvi*" siècle. Avec généalogie de la famille des Lnurin (depuis 1299). qui a surtout 
contribué à regagner sur la mer ces terres inondées un siècle plus tôt ; et autres 
pièces justificatives. — P. 369-372. Chronique. D. rend compte avec éloges de L. 
Gilliodls van Severen, Coutumes du quartier de Hrugeti. T. V. et Eugène Soil, 
Les tapisseries de Tournai. -P. 381-107 Piosper Claeys et J. Gecrts, Loti anciennes 
fortifications de la cille de Gand. Suite. (Cf. Mcs.*tafjor des sciences historiques^ 
1887, p. 152.) Deux anciennes portes, construites de 1253 à 1328. Avec gravures et 
plans. Surtout d'après les comptes et des pièces des archives communales. — ^ 
P. 455-463. J.-Th. de Raadt, Glanures nuniisniatiqucs. "Soles 'd propos d'émissions 
de fausses monnaies ou de monnaies prohibées en 1392 et en 1459-1460, et d'évalua- 
tions de monnaies anciennes ou étrangères faites au xvi« siècle. — P. 484-489. Chro- 
nique. Note de M. V. Vanderbaeghen sur La ccr.nion flamande et la cersion 
française de la bataille de Courtrai^ où il prend parti pour M. Pirenne contre 
M. F. Funck-Brcntano, et explique un terme vieux flamand que philologues et 
historiens voulaient cori'if;er comme faute de cop\î5\,e. — \3 . \o\iv^. k K^^-t^^ VIw\\<x- 
nisat/on judiciaire, la compétence et la p/'ocodurc ca nvatlcre vè\^r<is*v^«. ^^tw 



— 122 - 

t ancien nr. rommunr. lie Tournai ; et dcclarc œuvre de la plus saine érudition cl du 
])lus haut inicfctrétudc de L. Scbuermaus aur Lit jirag mat iquc sanction de saint 
Lonij*. 

Le Moseon. t. XL 1802. — F. 61-67. 110 115. H. r^chils, I^.s Orr/rcs monas- 
fitjftr.'t ilf CIMamisuiP. Donne la li<lc de ces ordres, avec le nom de leur fondateur, 
la dat«* el li* lieu de leur fondaiion (le premier daie ilr l'an 110 de l'hégire ci est né 
sons rinllncncc |?ersane), leurs canicirres, leurs œuvres, traduit mrme certaines de 
leurs jMKTsics. v\ décrit Icui-s rites, leurs danses el leurs su|>crsiilions. — I*. 2715-288. 
K. Wcauvoi>. Ui Ih'rnarrrte du G/ttcnlunil /mr lv.< Sritntfinurc.-< au X" ttii'cle. Ia' 
noui de Groenl:ind lui a élé donne par l'.'S Irlandais, qui ont les premiers connu ce 
pays, d'apn'îs leur propre palri»", el ce nom lui a été conserve par les explorati'urs 
>cnn<linavcs qui l'ont retrouvé plus tard (083 â 0S5i, cl qui. apparentés à «les 
familles irlandaises, ont probalilemenl rcru d'elie^ les renseignements qui ont 
provo«iué celle redécouverte. 

Revue de Belgique, 180;:;. 2' mmu-. i. IV et V. — P. 122 l^.'i. C. .\. K. Notice 
bildiogrnphitpie résumant la monographie i« complélo, allaclianie, étudiée » de 
J. l-'rederich.s : De sri-ic ihr Lui sien n/ .\nifre//t.<r/ie Lihcrtijncfi (la sci*te héréli«|ue 
des l^)ïsies ou Libertins d'Anvers). — 1*. 120-426. Jules K. (|u:ilific d' « œuvre 
preiicuse, lant au point de vue de Ihistoire de l'art «|u'à celui «le Thisloire en gé- 
néral », la Sffjillofjra/t/iic de Vurdrc des Clmrlrvu.v et liuinismatiqae de Saiiit- 
/iruno de G. Vallier. — 1*. 234-232. Maurice lleins. iUind contre Terinonde, 
e/nsnr/c de Clnstuiie industrielle des l-Handres au .\7\- sierle. Ui'cit, «l'aprés les 
compl<'s«le Gand, dune sanglante <|iierelle entre ces ch'ux villes, à l'époî^ue de 
Jacques van .\rievcldc (l:»ll), au suj«*i du nionojioh,' «le la faluicaiion de certaines 
espèces de <irap>, «|iie rétlamaieul le> Ganioi." ; avfc curieux reii>ei.un«'nienls sur 
les opéiaiiniis iinanciéres faites jiar la ville de (iand, au prix de eoiidilions in- 
«loyablemeni onéreuses, pour >e procurer «le l'aigenl iuinu-diaiemenl. — 1*. 73-05. 
l'ÀIward Lawrence, Le M ij stère de C/irisiti/i/te CuUmib : Mxiraii diuur revue améri- 
caine, le //«/y/c/ic .V«//»rA //y, t|ui railaclie Clir. C. à la famille «lu pirate Colomb, la 
terreur des Véniiiens, cl rapproclie la «lécon\erie de r.\niéri<iue d«' l'expétlition 
arabe des .Mmagrurins, i»artis «le Lisbonne* avant lir»0. - - V. 315 sqq. 11. Scbuer- 
ii\M\>, L'/i (inrlc de Uranf'tiiie. I.f cardinal llélie «le IJouriUille (+1481). arebc- 
vé«|ue «le Tours et evé«|Ue de l'erigueux, qui soutint foricnienl, mais sans succès, 
ranloi'ité ponlilicale «lans ses cdiillits a\ec la cour «le Krau«e s«»us Louis XL On se 
basait, «bîpuis «leu.\ sirilos. sur son an'.«»rii«'*, pour conicsier la I*r.«gniaii(|nc «le 
•Saint-Louis : M. Scli. |)rou\e«|U«» la Piagnialique a élé en ])leiue possession de 
force obli;.:aioire cl «rauilieuiicite «lu xiv au xvii >i«*cle. 

Revue de l'Instruction publique en Belgique, 1802, t. XXW. — 1\ 50. 

A. l)ouire]iout rend compte avi;«- éloges «.le 11. liiuel. Le Sti/lede la If/ritjiic cour- 
toise en France au.e XtL et Xll h sii'ri-s. — W 56-50. J.-li. Kunl/.e, hie iJeut- 
schen Sfadt'/nindtutfien nder lininer Sltidtf nnd Ih'iifse/ie Sftidtc in Miltelalter^ 
«•«>inpt<» r«'ndu par H. Vander Limleu. «[ui loue surioui la partie criii«iue «lirigëe 
contre l<*s théories de Solnn. -- l*. 78-84. Paul Mergmaiis, Cannn de /ief/mne, 
d'n/iri's une fiuhUeatinn récente. Derlare «léfiiiiiive la piiblicalion «le M. Abel Wal- 
)o))s\^o\i\ sur le fam«nix trouvère aitcsieu. — l*. 102-112. Thil-Lorrain, L<.\'î O/vV/m.vç 



- 123 — 

de l'imprimerie en France. Public avec traduction et remarques les docunieiits 
.jis au jour sur ce sujet par l'abbé Requin, et constate (|ue si Waldfojrel et (osier 
peuvent être considérés connue des précurseurs, GutcnlicrjLMren est pas moins le 
véritable inventeur de riniprimeric, par l'invenlion de Ja lonle des canuléres, et 
de la presse à copier. — V. 123-124. Ci. Doutrepont fait un .mand éio,t;e de P. Cjioa- 
cliimo Berihier. La diiina Coincdia can l'Oinmenli srrtj/n/o In i^<'lnila.<tira. l*'ri- 
bonrg en Snisse, 181)2, vol. 1. —P. :;i05-2U8. II. Piienne dit excellent comme 
exactitude, mais manijuant d'originalité et de vie, M. Maniiius, (!r.<r/ifr/itr dvr 
Chrititliclt-Latcinibrhoa Poésie bis ;;ur Mittc des \'lll .hdirhundrrts. — P. 2UU-:.'lO. 
H. Pirenne fait l'élotre de M. Prou, Rerueil de lar-similés d'èrritares du MIT au 
Xllh siècle. - P. 260-273. A. Bley émcl l'avis (|ue i)ie Ynlsimt/nsaf/a de \V. lia- 
nisch, faite pour servir de premier ma miel pour l'élude du norrois, csi conçue sur 
un plan ciui « ne j)ouvait al»outir nia un travail scienii/ique. ni à un travail d'nti- 
lilé pratique ». — P. 275 278. J. Krederichs, à i)art (|iiel(|ues criti(|ncs ;iu sujr't de 
la bibliographie et sur le fend, déclare cxcelbMil l«' manncd du P.-J. Hralunit, 
Histoire fioUtifjue interne de la lîefifitjue. — P. lîO.î-llO."». J. Simon, conq^lc, rendu 
de G. Doutrepont, Etude linf/uisti(jfU' sur Jar(jurs de Jlmirimurt rt son r/ioi/ur. 
Soignée et complète. — P. 306-312. Ed. M. fait d'importantes réserves sur K. Cor- 
royer. L'Are/dterture f/ot/tifjuc. — P. 411-411. M. Van<ler LindcMi, conjple rendu 
de G. Von Below. Der Ursjtrunfi der tleutsrhen Stadtrrr/iissuntf. — P. 421-123. 
J. Frederichs, compte rendu deJ. Hrabant, Histoire du moijen df/r. Mon manuel. 

Revue générale. 28* année {181)2), t. LV. — P. j-23. A. Nyssens, Tlunussen. 
Juriste, profes.seur et ministre, dont l'une des principales «euvres est <« I /organisa- 
tion judiciaire, le droit i)énal et la proct'dure i>énal(* delà loi Sali(|U(' » — P. iîll- 
315. Un Hullandisie-, Une leron d'/fntnn'tclr sriruti/hjue donner ((u./' Ilitlhtndi.<ii:<. 
Essaye de venger llenselier el Paj)el)rocli de limpuiation d'a\oir voloMiairenjcnt 
omis des passages d(Ma chroni([ue de Gall»'i'i. «h* Bruges conlciinni d(!s aiuuiuo.-^ vin- 
lenies contre le clergé; contre Pirenne et \Vagenei(ci. Bulleiin de l'Academi»^ royale 
de Belgique. 3"= série, t. \XI1I, p. 117-4 M)). — P. 52U :»:M. A. de Kidder. Monsriffnrur 
Janssrn historien. — P. .')21-52(). II. Piremie. Ite/>i>nscnu /yf///r//////>7r'. auteurde l'art. 
publié p. 311-345 de la fi''( w ;/énè/-n(e, n'admet pas rini«MiK)laiion. supposée i>ro- 
babbî [)ar son atlversaire. des textes manquaui dans l'édliiDu des Bollandisie,> d(î 
GalIxTt, entre autres parce que cette interp<dation aurait du eue faite a\ant même 
que ("îalbiTt ail fini son ouvrage ; il expli<|Ue la sui»pi'ession probabh* par 11. «M P. 
«les t<\\ tes visés parce; (|u'au w ir siècle on n'avait pas au >uj(îi <l<' la publication 
des «ruvres anciennes el de l'Iionnéteié scieiiiirMiUe U's mêmes id<'"es cpTanjour- 
d'hui. - T. LV.I.— P.< 121J-l;)0. A. I)el\igne. Conq»te rendu insigniliani «le l*i<l. Pnul- 
Ici père el Mis, Histoire /iniitiijnc fodionole. — P. ()21-()23. A. Dehigne. Com|)le. 
rendu très llaileur et lésumé sonnuaire «le la tiailuciion fran«;aise des t. 111 et IV 
de L. Paslor, Histoire des i'a/ies t/c/tuis la lin du nioi/en to/e. 

Het Belfort, 181)2, t. Vil, P^ v.d. - P. 11-11). 111)126. P. Gisselaire, De Oors- 
/n'o/tfi der \' lanfnschr tnal. hnttr inrioedoft het .<rhoonhritl.<-:('drlfjl,- m tfodsdicns- 
tif/ 'fcrocl rtiu dm statu. L'origine «le la langu»; llamaiHle. ^on iulbuMice >ur le sen- 
timent e<tb<''ti«|ue, moral «'t religieux «lu la ra^'e : le v\«'UK \\v''v»\Vi\\\v\\\\s vi'tsX wv ^^ V^w 
fusion du franc et du <a\on au .x'' si«'«le ; b: m«)ye\\ \\èeT\^\\v\"A\> vis\ vL«ok\\^\\V>xv- nî^x- 



- 124 — 

le XII* siècle, et la langue suit dès lors sa voie propre, n'étant pas même supplantée 
coinnie laiij;iie otllciello sous les ducs de Bourgogne ni depuis. — P. 73. Biblio- 
irraphics. P. Kr. lldefons Vcrkiudere. O. S. Vï.^ChristoJJ'cl Colomb, zijiie bettrek- 
liiiificn mot de Franriscanen. Jahcfjaar 1492-1892. Chr. C, ses rapports avec les 
Francisi;ains, \A\)'Z-W3'â : « Sans les Franciscains ses amis, Colomb n'aurait jamais 
atteint son but. » — P. 2ii5-237. G. Vandcn Olicin, De Hoql'dkcrk van aint liaafs. 
\ji cathédrale de .Saini-liavon, à Gand ; avec plan, vue du clocher (1461) et plan de 
la crvptc : ccllc-i*i remonte à Ull. — Chronique et bibliographie. — P. 358-359. 
A. Janssens. Compte rendu de Amaat Joos W'aasck hlioticon. Idioticou du pays de 
Waes : « prouve (jue la langue du peuple ne repose pas sur le caprice, mais sur des 
règles fermes. » — 1*. 35l)-360. P. D. Compte rendu de P. Gènanl, Anccrs à tra- 
ccrs tes (Ujcs. Ouvrage magistral. — P. 360-3G1. D. Compte rendu de Th. Ign. 
Wtdvnarls, Gesr/iicdkamfitjc bijdnujcn occr de roo(/diJ can Moll, Contributions à 
riiisloire de l'avouerie de Moll. Un trésor de remarques sur les vieilles lois, les 
vieux usages, les vieilles insliluiions de cette localité campinoiso. — I*. 309-368, et 
t. II, p. 65-87. D. Th. Stille, Historischc inlctdinfj tôt de Gcrmaan^chc en Neilc/'' 
landt*c/ie Taalicetcnschap. Introduction historique à la philologie germanique et 
néerlandaise, avec annexe bibliographique et criiique. — P. 401-405. H. De Mai*ez, 
De Kerli can Lisaeœetjke. L église de ce village, prés de Bruges, est du xiii' siècle 
et de style ogival; il reste là aussi un gros nmr de l'ancienne abbaye de Ter-Docst, 
bâtie au xui« siècle et dévastée au xvr. — P. 427. Bibliographie. FI. Vau 
Duyse, Zes oiule ncderlandsckc Ucderen. Six vieux lieders néerlandais du xiv« au 
xviir siècle.— -2« vol.— P.236-ii39. Bibliographie.— L. M. Compte rendu de O. Keyu- 
liens, De gemeentc Moorset by AalM en karc gesckicdenis. Contribution neuve et 
intéressante à l'histoire du pays; la commune de Moorsel près d'Alost est la patrie 
du P. Corneil de Smet, dont l'auteur donne la biographie. — P. 245-257. K. L. van 
Vooixlenhove, Vlaamsckc ta/ujtcn en GobcUn:*. Tapis des Flandres et Gobelins. 
L'industrie des tapis, importée d'Orient en Flandre aux croisades, y est déjà pros- 
père au XII' siècle, et à son apogée au xv* siècle; à Audenarde seul, 14,000 ouvriers 
en vivaient. C'est d'.Vudenarde que viennent, vers 1650, les ouvriers qui donnent 
sa célébrité à la manufacture établie à Paris par Gilles Gobeliu sous le règne de 
François 1".— P. 278-286. F. W. Dry ver, MiddclncderlamUcke Diektkunst. Poésies 
en moyen néerlandais : le Die Doue ran Scdcn, œuvre d'un moraliste inconnu 
du XIV* ou même du xiir siècle, de 1118 lignes, ayant pour but d'indiquer com- 
ment il faut faire pour avoir du savoir-vivre, et dont les sources sont les Écritures 
et divers poèmes moraux en vogue au M. A. Et le Douukin can Zcden^ de 528 vers, 
auteur et date inconnus, donnant aux vieux et aux jennes des préceptes pour 
assurer le bonheur de la vie. Donne traductions de quelques vers et de certains 
mots. — Bibliographie. — P. 309-:UI. L. Sperwcr, liibUotkcquc de la Com/tagnie 
do JrsHx. Biblioijrajthio, t. III. Bruxelles, 18'X'; véritable œuvre nouvelle par les 
très nombreuses additions et corrections apportées à l'oeuvre des PP. de Backer 
et Carayon. — P. 314-315. L. S. C<»nipte rendu de F.-\V. Dryver, Mosaïck Tegcls. 
Bon livre de folklore flamand et néerlandais. — P. 316-o:)8. P.-J. Gœlschalekx, 
Uit'/arcn dcr KonimjlijLc Commissîc coui' (tcsc/iiedcni.t can ïiekjie. Enumération 
âes t'JJ}Jons fournies par les principaux membres de la Commission royale d'his- 
toire de Bcl^kiue. — P. :iiij-:i62. F. <le Potier, Middcliiedcrlaïu/sc/tc Uym-Snip/)€r8: 



- 125 - 

quelques vers ou sentences morales tirés de divers manuscrits et registres de 
Flandre et de Umbourg du XIV» et du xv« siècle. -P. 363-367. F.-W. Dryver, 
Karel ende Elegast, Traduit et explique quelques vers de ce poème d'origine 
française, dont Tadaptation néerlandaise ne doit pas être antérieure à 1250. 

Dietsche IVarande, 1892. - P. 5-28,162-168, 237-246. V. Becker, S. J., 7/to- 
mas Van Kempen. Jongste ontdekkingen. Thomas à Kempis. Découvertes ré- 
centes. D'après l'âge des mss. et la patrie de la plupart d'entre eux, établit que 
V Imitation a dû être faite dans un pays du Bas-Khin ; puis, au moyen de faits tirés 
de Thistoire de la congrégation de Windesheim, et de passages des écrivains de 
cette maison repris dans iVmtïa^êoAi, prouve que c'est laque ce livre a dû être fait. 
Il a dû être écrit un certain temps avant 1441, probablement vers 1420. Les cor- 
rections faites dans l'autographe de la Bibliothèque royale de Bruxelles sont 
évidemment dues à l'auteur même de l'ouvrage. Cet auteur doit être Thomas 
à Kempis, d'api:ès des témoignages contemporains assez nombreux et précis. 
Dissertation très bien conduite et très convaincante. — P. 29-47« 247-263. Constan- 
tius Buter, De Tiandel^ oooral in de Nederlanden, tydens Karel den Grooten, Le 
commerce, principalement dans les Pays-Bas, au temps de Charlemagne. (Suite, 
cf. Dietsche Warande, 1889, p. 63sqq.; 1891, p. 437 sqq.) Indique les principales 
places du commerce aux Pays-Bas à cette époque, les marchandises échangées, 
les règlements relatifs aux foires et marchés, la valeur des monnaies et des poids 
et mesures ; puis étudie la situation des esclaves ou serfs, et celle des hommes 
libres qui se livraient à l'industrie, au commerce, aux arts, à la médecine, notant 
particulièrement l'importance qu'avait déjà dans nos contrées l'industrie lainière. 

— P. 60-76. J. Te Winkel, Middelsewsche Zedespreuken. Die Bouc oanSeden en 
der Lekenspiegel, (Sentences morales du moyen âge. Le Bouc van Seden et le 
Lekenspiegel.) Fait un historique rapide de la littérature « morale» dans l'antiquité 
et au moyen âge, recherche les sources du Bouc can Seden (cf. Belfort, 1892, 
2* vol., p. 278-286), et y compare les sentences du Lekenspiegel de Bœndale. — 
Bibliographie. — P. 113-115. Alb. Th., Heliand. A propos d'un article de Nordhoff 
dans les Jahrb. der Gôrres Gesellschaft, contre H. Jellinghaus, sur l'origine du 
Heliand, la place du vii« au viii» siècle, non à l'est de Deventer, mais au sud du 
lac Flevo. — P. 117-118. Psalmboek can Guy can Dampierre graaf can Vlaande- 
ren, d'après la notice de J. Destrée, Le Psautier de G. de D., dans le Messager des 
sciences historiques, 1890-91. — P. 120. J. Quetsch, Geschichte des Verkehrsœe- 
sens am Mittelrhein. Mine de choses précieuses sur toutes sortes de particularités. 

— P. 135-145. Ed. Vander Straeten, Dœars door de geschiedenis der nederland- 
sche toonkunst can oroegcrdagen. (A travers l'histoire de la musique- néerlandaise 
du temps passé. Suite, cf. Dietsche Warande, 1890, p. 352 sqq., 1891, p. 86 sqq.) 
Liste de musiciens, facteurs d'instruments, compositeurs, chanteurs, maîtres de 
chapelles, par ordre de localités et avec indication de ses sources; depuis Damien 
deZwalm (xiii" siècle).— P. 154-161. A.-J. Biegelaar, De Boekdrukkunst te Aoi- 
gnon. L'imprimerie â Avignon ; d'après l'abbé Requin, Les Origines de l'imprimerie 
en France. — P. 169-178. Alex. Kaufmann, Ocer de behandeling der zinrieloosen 
in de middeleeuwen. La manière dont on traitait les fous au moyen ^s^\ <y\ \sft, 
cherchait généralement pas à Jes guérir, on se botwaÂl ^ ^TfeN^\\Yt \^\«^ ^\^^\sr,^'5,. 

— P. 184-186. W, Bâumker, Bybelcertallng der XV ccuw. ^.VtovxNfe ^"a»^ ^^ ^^^^^ 



— 126 - 

de Berlin du xv« siècle des traductions de quelques passages du Vieux Testament 
qu'il croit inédites, en donne des extraits, et demande si l'on pourrait prouver que 
cette traduction n'est pas originale. — Bibliographie.— P. 201-205, Alb. Th., Wat is- 
ware Renaissance; à propos de Pastor, Geschùbhte der Pàpste selt dem Ausgang 
des Mittelalters. — P. 206-207. Noordbrabantsche Almanak 1892, Âlmanacb du 
Brabant septentrional donnant la valeur des monnaies en 1474, des inscriptions de 
cloches, des épitaphes, et des notes de folklore. — P. 207-208. Ed. Geudes, Het 
hoo/dambacht der Meersenlers, (Le grand métier des merciers d'An Vers.) Très 
bon.— P. 208-210. DeGroot, O. P., De Pausen en de chrlstelijke hescliaoing. (Les 
papes et la civilisation chrétienne.) — P. 210-211. VaqrEven, Compte rendu de 
Aug. Mertens, Étude sur l'église de Tercueren au point de eue historique et archéo- 
logique. Impartie : bon. — P. 271-273. Alberdingk Thym, Het aloude Waulsort, 
(Le vieux Waulsort). A propos des études de L. LahayeetdeE. Sackur sur cette 
abbaye. — Bibliographie. — P. 309-310. Kerkelijke Kunst. (Art religieux), à propos 
d'une querelle sur la Renaissance,. l'architecture ogivale, etc.; dans le Oen Katho* 
lick, entre J.-J. Graaf^etJoh. Grans. — P. 314-318, K. de Flou. Compte rendu 
très élogieux du baron J. Béthune, Méreaux des familles brugeoises, — 
P. 345-367. J.-F. Kieckens, S. J., Gesprek can eene geestelijke zuster can XI II 
jaren wet eene andere die aider was^ uit de cijftiende eeuw. Dialogue entre une 
sœur de treize ans et une plus âgée : fragment de sermon de frère Jean Brugman, 
né à Kempen à la fin du xiv" siècle, mon à Cologne en 1473; comparez le dialogue 
entre un maître et ses écoliers, Dietsche Warande, 1891.— Bibliographie. — P. 406. 
Ign. Wclvaarts, Geschiedkundige bijdragen ooerde ooogdy can Molle. — P. 406- 
407. Edm. et P. Poullet, Histoire politique nationale. — P. 407. C. van Cauwen- 
berg. Notice historiques les peintres verriers d'Anoers^du JVV* au XV Ub siècle. — 
P. 407. D"^ Th. Frimmel, Kleine Galeriestudien. Précieux, nombreuses photogra- 
phies, bonnes notes et excellent registre. — P. 408. D' R. Graul, Beitràge zur 
Geschichte der dekoraticen Skulptur in den Nederlanden. Très important, prouve 
Finfluence de la Renaissance italienne sur les Pays-Bas. — P. 408. A. Techner, 
Mittelaltcrliche Kirchcnfestc und Kalendarien in Bayern. Important pour l'histoire 
delà civilisation. — P. 409. J.-F. Kieckens, S. J., Saint Boni/ace de Bruxelles 
[1181-1260), Fut doyen du chapitre de Sainte-Gudule et évêque de Lausanne. — 
P. 571-587. Ch. C. V. Verreyt, Het wapen can' s Hertogenbosche en zijne geschie- 
denis. Les armoiries de Boisïe-Duc et leur histoire de 1273 à nos jours.- Biblio- 
graphie. — P. 619. Nap. de Pauw et Ed. Gaillard, Dit is die istory can Troyen de 
J. van Maerlant, 3° partie : transcription pure et simple du manuscrit. — P. 623. 
H. Van Duyse, Zesoude ncderlandsche liederen. Remarquable. — P. 627-628. J.- 
Th. de Raadt. Compte rendu de De Seyn-Verhoughstraeten, Généalogie de la 
famille de Beaucourt de Noortcelde. Insuffisant. 

Verslagen en Mededeelingen der Koninglijke Vlaamsche Académie 
voor taal en letterkunde 1892. — P. 201-212. Edw. Gaillard, Oœr het ontwcrp 
can uitgace der keurc can Hasebrook. Notes et explications sur la keure de Haze- 
brouk de 13.S6, dont l'édition a été commencée par ign. de Coussemaker et que G. 
a conlinuée.— P. 305-306. P. Génard présente P.-P. Génard, De Belgische Wa- 
yOff/z/â'/i/i^/', recueil d'armoiries, d'après les vievUes bawmvitÇi?», deis^ tjemçs les plus 
a/jcjensà nos jours. — P. 332-333. P. Génard prèsenlçi dewx vio\xN^^\xx \x^Jigai^\iN& 



-127 - 

t 

de 400 vers environ, qui doivent être du Troyen de Van Maerlant. — P. 352-353. 
P. Willems, présente A. Augef, De Doctrina et meritis Joannia oan Ruysbrceck, 

— P. 359-363. P. Alberdingk Thym, Oœr eenige kalenders ait de XIII, XIV en 
XV eeuœ^ lecture sur quelques calendriers anciens. 

Revues de Province. 

Annales de la Société d'émulation pour l'étude de l'histoire et des 
antiquités de la Flandre, 5« série, t. III. XL« volume de la collection, année 
1S90, livraison 4. — P. 239-472. Notice biographique de M. le chanoine Andries 
(1796-1886), politicien, agronome, hydrographe, mais aussi auteur de quelques 
monographies sur des localités de la Flandre. 

Annales du Cercle archéologique du pa3rs de Waas, T. XIII, suite. 
1898. — P. 353-378. Joseph Geerts, Yernieuvoinge oan cborgeboden det\Keuren oan 
het land oan Waaa, Beoeren, Dendermonde, enz. Transcrit, d'après les textes des 
archives de TÉtat àGand, des actes du pays de Waas, Beveren, Tèrmonde; etc., 
notamment trois inventaires du xvi" siècle. 

Annales du Cercle archéologique de MonSy t. XXIII, 1890-92. — P. v-xvit. 
A. d*Auxy de Launois, Compte rendu du Congrès archéologique de Charleroi 
(1888). — P. 1-5. E. de la Roche de Marchienncs, Découoertes d'antiquités à 
Nouœlles et Asquillies. Fouilles de 1890, une ville belgo-romaine avec aqueduc— 
P. 6-14. A. d'Auxy de Launois. Notes sur le sixième Congrès d'histoire et d'archéo- 
logie de liège (1890). — P. 15-24. Félix Hachez, Armoiries de familles alliées 
aua Cray copiées au XVIII* siècle à VHÔtel-de- Ville de Mons, Très nombreuses, 
avec quelques noms du xv* siècle et même antérieurs. — P. 35-37. Théodore 
Bernier, Notice sur un tombeau de Véglise de Sebourg (près Valenciennes). Est 
celui non de Henri de Hainaut et de Jeanne de Cysoing, mais de Baudoin 11, de 
Hennin, sire de Sebourg, et de sa femme Elisabeth de Hainaut. — P. 38-87. Jules 
Monoyer, Notice sur le oillage de Saint-Vaast. Église en partie du xii* siècle, 
seigneurie de la même époque, échevinage mèniionné dès 1108, histoire religieuse 
depuis 1153, etc. — P. 91-104. Félix Hachez, Un manuscrit de renseignement de la 
oraie noblesse y provenant de la bibliothèque de Charles de Croy, comte de Chimay : 
n"* 10314 de la bibliothèque de Bourgogne à Bruxelles, désigné dans l'inventaire 
comme Pèlerinage à N.-D. de Hal. C'est un traité philosophique écrit dans le but 
de corriger les abus de la société d'alors. L'auteur, si ce n'est Ghillebert de Lannoy 
lui-même, devait être son contemporain et originaire du même pays de France. — 
P. 105-123. Gonzalès Decamps, Fories et Bolania. Noms de lieux cités dans la 
polyptyque de Vabbaye de Lob bes, 868-869, Fories pour Forcies, est non Faurœulx, 
mais Forchies, qui devait à Lobbes, au xii« siècle, le pèlerinage de la bancroix. 
Bolania, c*est Piéton, qui était appelé Forchies-Boulaingnes jusqu'au xir siècle, et 
qui resta dépendant de la paroisse de Forchies -la- M arche jusqu'au début de notre 
siècle. — P. 172-176. D. U. Berlière, L'ancienne bibliothèque de Lobbes, Prouve 
contre Gotlieb, l'existence d'un catalogue de cette bibliothèque, subsistant encore 
au British Muséum, et qui a été publié par Omoul,daxvs\^ Reçue des bV\A\cA^v^çvV^'^. 

— P. 177181^. D. U. Berlière, Un projet de monastère à Merbea-U-Ç.Vxô-\fta\x. ^>>. 



- 128 - 

Xlb siècle. Devait être constitué en vertu de deux donations faites en 1132, 1133 
et 1134, mais ne futqu*une villa de l'abbaye de Saint -Martin de Tournai.-— P. 183- 
188. Em. fen den Bussche, Jean Préoost, peintre du XV" siècle^ né à Mons, Fixé 
à Bruges en 1492, y travailla aussi comme architecte, et y mourut en 1529. — 
P. 189-211. Félix Hachez, Épitaphes et armoiries recueillies dans les églises du 
Hainaut. — P. 218-227. A. de Loë, Notes sur la terre et seigneurie de Beugnies. 
Mentionnée dès 965, donnée à Tabbaye de Saiut-Gbislain, eut une administration 
communale dès le xiii'^ siècle ; quelques notes généalogiques sur ses seigneurs au 
XIV* siècle. — P. 228-232. Em. Mathieu, Sur la date de l'érection en paroisse de 
la aille du Roeulœ, en 1181 ou 1182. — P. 233-281. Gonzalès Decamps, La celle de 
la Sainte-Trinité ou la chapelle entre les deux Haines à Pommerœul, Domaine de 
Tabbaye de Crespin, en indique de nombreux prix de baux de 1393 à la fin du 
xv!!!** siècle, fournit nombre de renseignements topographiques et généalogiques; 
avec carte et cinq pièces justificatives, de 1082 à 1523.-— P. 282-287. A. de Behault 
de Dornon, Étude sur les sépultures franques de Varrondissement de Mons. Croit 
qu'il y ei^ a de Francs Ripuaires aussi bien que de Saliens.— P. 288-289. Em. de 
la Roche de Marchiennes, La cilla helgo- romaine de Noucelles. Fouilles de 1891. 
— P. 290-295. A. d'Auxy de Launois et E. de la Roche de Marchiennes, Une 
/ouille de tombes antiques à Haroengt. Cimetière franc. — P. 296-312. Theod. 
Dernier, Excursion archéologique à Frasnes-les-Buissenal^ à A udenarde et à 
Renaic — P. 313-367. Ernest Mathieu, Histoire religieuse de Mons. L'ancien 
doyenué de chrétienté. Avec liste des doyens, des paroisses et de leur plus 
ancien curé. —P. 369-388. P. A.Wins, Les curés de la paroisse de Saint-Nicolas 
en Hacré à Mons. Liste presque complète, depuis 1224. — P. 397-444. Armand 
d'Herbomez, Comment la commune de Tournai s'agrandit aux dépens du comté 
de Hainaut à Itjin du XI H^ siècle. Étude très remarquable, avec carte, et vingt- 
six pièces justificatives de 1236 à 1317. Cet agrandissement, obtenu à prix d'argent, a 
pourbut d'assurer mieux la répression des crimesà Tournai, et constitue une véritable 
usurpation sur le territoire de l'Empire. Épisode vraiment curieux et d*un grand 
intérêt, pour l'histoire des relations territoriales aux frontières entre la France et 
le Saint-Empire. — P. 445-455. Léopold Devillers. L'ancien sceau de Flobccq. 
Extrait du cartulaire de la Cour féodale de Hainaut de 1410, avec nombreux ren- 
seignements sur Flobecq et les terres de débat.— Variétés.— P. 457 sqq. E., ChaHt 
de Guillaume l*^ ^ comte de Hainaut (1315). E. Mathieu, Sceau du bailliage de 
Hainaut. De 1402 ou 1403. Le même. Le char de la comtesse de Hainaut. 1390-1391. 
avec comptes, et comparaison avec le prix d'un autre char livré en 1332. Le même, 
Colard de Hourdaing, sculoteur montois. D'après un compte de 1440. 

G. Crutzbn. 



Le Gérant : V^e e. Bouillon. 



CHALON-SUn-SAÔNK, IMV. FRANÇAISE RT OUIENTALE DE L. MARCEAU. — 17346 



LE MOYEN AGE 

BULLETIN MENSUEL D'HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE 

DIRBCriOM : 

MM. MARIGNAN, PROU ET WILMOTTE 

JUIN 1894 



LE TITRE DE KHÀLIL ÉMIR EL MOUMENIN 

DONNÉ A EL MALEK EL ADEL 



Lors du débat célèbre qui s'est élevé, il y a quelques années, sur le 
changement de direction de la quatrième croisade et le rôle des Vénitiens, 
M. Streit a, le premier, signalé ce qui lui paraissait une anomalie dans 
les traités des Vénitiens avec le sultan d'Egypte el Malek el Adel, je 
veux dire le titre de khalil émir el moumenin (ami fidèle du chef des 
croyants), qui, d'après Aboulféda, ne lui aurait été donné qu'en 604 de 
l'hégire (12S}7-1208) ^ . Les traités que M. Streit, pour d'autres raisons 
que je n'ai pas à examiner, considère comme antérieurs à cette date, 
portent ce titre. M. Streit en conclut ou bien qu' Aboulféda s'est trompé, 
ou bien que le sultan s'était attribué ce titre bien avant. M. Hanotaux', 
et après lui M. Riant^, voient au contraire, dans cette circonstance, un 
argument des plus sérieux, pour assigner aux traités une date postérieure 
à 1207-1208. 

Or, j'ai relevé, sur les murs de la Citadelle du Caire, une inscription, 
datée de 579 de l'hégire*, où il est dit que cette citadelle fut élevée sur 
l'ordre de Saladin, sous l'inspection de son frère et héritier présomptif 
el Malek el Adel, Sèif eddîn abou' Bekr, khalil émir el moumenin. C'est 

1. Streit (Ludwig), Beitrâge zur Geschichte des fV Kreuzzuges. /. Venedig und 
die Wendung des IV Kreuzzuges, p. 49. 

2. Reoue historique, IV, p. 101. 

3. Reoue des Questions historiques, XXIII, p. 98. 

4. Je donnerai in-extenso le texte de cette inscription dans un mémoire sur la 
Citadelle du Caire, actuellement à Timpression, t. VL de% Ménvo\r<i% d«. Va ^V^^Ànts. 
archéologique /rançaise du Caire, 



- 130 - 

bien le même qui régna en]Egypte de 596 à 615 (hégire). Sur cette même 
inscription, Saladin porte le titre de mohii daulat émir el moumenin 
(ceJui qui fait revivre la dynastie du chef des croyants). Des titres sem- 
blables furent portés par beaucoup de princes^ plus ou moins dévoués 
aux khalifes abbassides. Ils se les attribuaient probablement d'eux- 
mêmes^ sans consulter les khalifes. Le texte d'Aboulféda ^ dit qu'en 604 le 
khalife donna à el Adel un diplôme où le titre en question se trouvait 
mentionné. Il ne dit pas expressément qu'il lui fut conféré à cette occa- 
sion, et ce que je viens de dire coupe court à toute discussion. 

J'ajouterai comme renseignement supplémentaire que M: Benjamin 
loannidès a relevé au mont Tabor une autre inscription où se trouve le 
nom d'el Malek el Adel avec le jnême titre. L'ouvrage de M. loannidès 
a paru à Jérusalem en 1867, sous le titre de to OABûp 7^x01 icepiYpafii 
xoiroYpoccpix'V) xai loxoptxT} xou Oa6a)piou opouc . Il est cité par M. Stickel dans 
son Manuel de numismatique orientale*. Mais je n'ai pu trouver cet 
ouvrage, et savoir si l'auteur donne une date à l'inscription, et si cette 
date est antérieure à 604. 

P. Casanova. 



A. Lbcoy de la Marche. — La Fondation de la France du IV» au 
VI« siècle. — Lille, Desclée, 1893^ in-8«, 294 p. 

L'état d'esprit idéal pour un historien serait de s'isoler du milieu où il 
vit et de dépouiller toute passion. C'est là un idéal, et, par cela môme, 
personne ne peut espérer y atteindre. Mais s'il faut renoncer à s'élever 
jusqu'à cette scientifique indifférence, du moins est-il possible d'y viser. 
Or, il ne paraît pas que tel ait été le but de M. Lecoy de la Marche. Sa 
conception de l'histoire est tout autre. La lecture du livre que nous signa- 
lons à l'attention du public suffirait à le prouver, à défaut de la décla- 
ration par la quelle l'auteur termine sa préface. Il ne prétend pas à d'autre 
mérite que « d'avoir toujours poursuivi dans le cours d'une carrière 
littéraire déjà longue... le triomphe de la vérité catholique par la démons- 
tration de la vérité historique ». Si M. L. s'est conquis une place parmi 
les historiens les plus distingués de notre temps, c'est bien moins par le 
caractère apologétique de ses écrits que par leur caractère scientifique. 
Dans le livre que M. L. a consacré à la formation de la France, il a donné 
libre carrière à son ardeur d'apologiste et de polémiste. Il pose en prin- 
cipe que l'établissement de « la nationalité française est dû à une double 
lignée de fondateurs », les évoques d'une part, les chefs politiques cl 
militaires d'autre part. Mais les seconds n'ont été que les serviteurs des 
premiers. De plus, il ne veut voir dans l'Église que ses qualités, laissant 

/. Historiens des Croisades. Orientaux y \, v- ^^^ 

-?. //andùuch sur morfjcnlàndisckcn Maaskuaclc, \\H^V\.^Vft\VI^\^,^3K^^^\, IflS. 
- Le titre en question se trouverait à la p. V7 ^\vx Wnt^ ^^ ^. \QiMWi\^\i'à. 



-131 - 

dans Tombre ses défauts. Et quand même on reconnaîtrait que le chris« 
tianisme a puissamment contribué à former Tunité de la France et à jeter 
les premiers fondements de sa grandeur, quand môme on saluerait son 
avènement comme la marque d'un progrès de Tesprit humain, ce n'est 
pas une raison pour représenter le paganisme comme une école d'immo- 
ralité, pour en parler à la façon d'un Père de l'Église, et pour prétendre 
que le christianisme a changé du premier coup l'esprit et les mœurs des 
Barbares. Si d'ailleurs l'histoire doit aboutir à la glorification du catho- 
licisme, il faut que ce soit le résultat d'un simple exposé des faits. 
M. L. s'est montré polémiste. Car à tout propos il rompt des lances 
contre ceux qu'il croit être les ennemis de ses croyances; ou, pour mieux 
dire, il les frappe d'anathème ; c'est se battre souvent contre des fantômes, 
car combien sont oubliés aujourd'hui de ces écrivains qu'il attaque si 
vigoureusement! En lisant M. L., je retrouve sans cesse l'homme 
moderne, et je le regrette. S'il eût voulu s'abstenir de rapprochements 
inopportuns entre le passé et le présent, son livre y eût gagné. Car, à 
tout prendre, si on laisse de côté les tendances de l'auteur pour s'en 
tenir à l'exposé des faits, c'est une esquis3e assez exacte d'une des 
périodes les plus intéressantes de notre histoire. Nul n'était mieux pré- 
paré que M. L., par l'étude des documents, à tracer le tableau de la 
société gallo-franque comme personne n'y était plus apte par les qualités 
de style, clarté et vivacité. Mais on ne lira jamais qu avec défiance un 
historien qui se montre sans cesse préoccupé de chercher dans le passé la 
justification ou la condamnation du présent. Ces comparaisons entre une 
société disparue et la nôtre ne peuvent que fausser les jugements. Un 
exemple : A la page 114, parlant du rôle bienfaisant des moines à l'égard 
du peuple, M. L. rappelle l'intervention de l'abbé Aredius auprès du roi 
Chilpéric pour obtenir la suppression des impôts. Le roi livre les rôles 
des contributions à Tabbé qui les jette au feu : « Où est le moine, s'écrie 
M. L., qui oserait demander cela à notre gouvernement? Où est surtout 
celui qui l'obtiendrait?)) Voilà une phrase qui donnerait à penser 
qu'on se fait une idée singulière et du caractère de l'impôt et du rôle des 
religieux aussi bien au VI® qu'au XIX« siècle. L'allure du livre de 
M. L. s'explique dans une certaine mesure par l'occasion qui l'a fait 
naître. 

C'est une sorte de monument commémoratif élevé en l'honneur du 
baptôme de Clovis dont la France catholique s'apprête à célébrer le qua- 
torzième centenaire. Ce n'est donc pas une œuvre scientifique proprement 
dite. M. L. ne m'en voudra pas de la franchise avec laquelle j'exprime 
mon opinion sur le caractère général de son travail, lui qui confesse sa 
foi sans réticence et qui juge si sévèrement et si sommairement les his- 
toriens qui professent d'autres doctrines scientifiques que lui. Je songe 
surtout à l'exécution qu'il a faite en quelques lignes dans une simple 
note (p. 14), du « système imaginé tout récemment par M. l'abhé 
Duchosne, membre de l'Institut, d'aprëa \iic\wç\ Xc^xxXfôà Vïîs. ^^'sfô^ ^^ 
France, sauf tout au plus celle de Lyon, a\iiîx\^x\X. fex^ Vovâtte^ 'SK^iSKŒ^s25^. 



— 132 - 

au IV" siècle w. Snr cette question M. L. ne se prononce ni pour l'école 
dite historique, ni pour l'école dite légendaire. Il garde le milieu. Plus 
d'un historien pensera que le système critique de M. l'abbé Duchesne, 
dont les conclusions reposent sur une étude d'ensemble de tous les 
documents et sur l'étude spéciale de chacun d'eus, a pour le moins plus 
de rigueur scientifique que le système conciliateur de M. L. Quant aux 
erreurs de détail commises par M. L., elles sont inhérentes aux ouvrages 
de vulgarisation, même quand ils sont rédigés par des érudits. Ou ne 
saurait d'ailleurs en relever qu'un petit nombre dans le livre de M. L. La 
plupart des questions que soulèvent les institutions si obscures de la 
période gallo-franque sont controversées. M. L. n'avait ni à les exposer 
ni à les examiner toutes. Il serait injuste de lui reprocher d'avoir sur 
bien des points adopté telle solution plutôt que telle autre, ou d'avoir 
négligé de nous dire les motifs de son choix. Je lui signalerai toutefois 
comme très douteuse l'interprétation qu'il donne d'un passage de Grégoire 
de Tours relatif à deux évéques du royaume de Contran déposés par un 
synode : ti At illi, cum adhuc propitium sibi regem esse nossent, ad eum 
accedunt implorantes se injuste remotos sibique tribui licentiam ui ad 
papam urbis Romœ accedere debeant. » Il traduit : n Mais ces deui 
évoques, sachant que le roi leur était encore favorable, s'approchent de 
lui, disent en pleurant qu'ils ont été injustement condamnés et demandent 
qu'il leur soit permis d'aller, comme ils le doioent, vêts le pape de 
Rome, 1) Je ne pense pas qu'on puisse traduire debeant par comme ils le 
doioent ; debeant est ici un auxiliaire qui marque simplement le futur. Je 
reconnais que la phrase suivante indique bien que le pape exerçait sur 
l'Église de Gaule une autorité disciplinaire. Il y en a beaucoup d'autres 
preuves pour le VI« siècle, par exemple un passage de la lettre d'Avit, 
évêque de Vienne, convoquant les évéques de sa province au concile 
d'Epône. 

En résumé, la seule critique sérieuse que l'on puisse, je crois, adresser 
au livre de M. L. , c'est d'avoir été écrit sous l'influence de préoccupations 
étrangères à la science historique. Ce n'est pas à dire qu'il n'y ait dans cet 
ouvrage, d'une lecture agréable, d'excellentes pages. Je signalerai parti- 
culièrement les p. 180 à 182, où M. L. fait ressortir le danger qu'il y a à 
ne faire usage, pour peindre une époque, que des chroniques, qui ne s'at- 
tachent qu'aux accidents et aux exceptions ; les p. 195 à 198 sur l'époque 
de la rédaction de la loi Salique, et enfin le chapitre VII consacré à la 
langue, aux lettres et aux arts. Enfin, dans deux appendices relatifs l'un 
à la lettre de saint Rémi à Clovis, l'autre aux meurtres politiques de 
Clovis, reparaît l'érudit, et ces deux dissertations, dont la lecture sera 
profitable même à ceux qui n'en admettront pas les conclusions, font que 
le livre de M. Lecoy de la Marche ne s'adresse pas seulement au grand 
public. 

M. Prou. 



Btnim I 



Monumenta GermanÎEB historioa. Gregorii papsB registnim 
epistolarum. T. II, Pars 1; Libri VllI-IX. Edidit Lud. M. Hart- 
mann. — Berlin, Weidmana, 1893, 10-4", 235 p. 

M. H. nousdonne aujourd'hui la suite attendue des lettres de Grégoire 
le Grand, dont il a repris la publication après la mort de M. Ewald. Le 
second fascicule avait paru en 1891, terminant le tomo I ; celui-ci, qui 
commence le tome 11, contient, en tout, deux cent quarante lettres; elles 
vont du mois de septembre 597 au mois d'août 599 inclusivement. Sans 
doute ces textes n'étaient pas inédits, ni inconnus, mais le soin avec 
lequel cette édition a été préparée leur donne comme une sortfi de nou- 
veauté; elle a une valeur scientifique et critique très supérieure au texte 
de la Patrologie de Migne ; c'est elle qui fera désormais autorité. Comme 
dans le tome 1, chaque lettre est précédée de sa notice analytique et de 
références aux publications antérieures ; elle est accompagnée de variantes 
et de notes qui, pour être très sommaires, n'en sont pas moins d'une 
utile précision ; les nombreux rapprochements qu'elles font avec d'autres 
lettres de Grégoire nous permettent d'attendre les Indices avec un peu 
moins d'impatience. 11 est peu de lectures aussi instructives que celle de 
cette correspondance, parce qu'elle nous met en présence de véritables 
lettres d'affaires, nettes, sans grandes phrases, quelquefois de simples 
billets faits à la hâte et extrêmement courts; l'un d'eus n'a que deux 
lignes (IX, 210), un très grand nombre n'excèdent pas dix ligues; 
une dizaine de lettres, à peine, atteignent ou dépassent deux pages. Indice 
bien caractéristique : les citations sont relativement très rares et toujours 
très courtes, alors qu'elles encombrent tant certaines lettres ecclésiastiques 
même de^ plus vivantes, celles de saint Cyprien, par exemple. C'est bien 
un homme qui surgit derrière ces vieux textes, un homme d'une activité 
extraordinaire, toujours pressé, bousculé par les tracas de toutes sortes et 
qui le dit tout ingénument quand une de ses réponses est écourtée ou 
s'est trop tait attendre. Si l'on met à part ce qui domine dans ce recueil, 
c'est-à-dire les lettres de recommandation et celles qui donnent des 
instructions pour la dédicace d'églises ou de chapelles, il reste une variété 
d'objets considérable, et pourtant les lettres les plus importantes de 
Grégoire ne sont point de ce temps. Tout le préoccupe : les graves intérêts 
de l'Église, l'extension et le maintien de la Foi (VIII, 1 ; VIII, 19), le 
souci des privilèges et des droits du clergé, tout autant que celui de ses 
intérêts matériels (IX, 239). A côté de lettres sur les élections épiscopales, 
sur le dogme et les hérésies, on en voit jusqu'à trois de suite, qui n'ont d'autre 
but que de faire venir à Rome des madriers destinés à la réparation d'églises 
(IX, 124, 125, 126), En face de prescriptions qui renouvellent avec moins 
de minutie, mais tout autant de fermeté, les précautions contre les 
femmes que les Constitutions apostoliques imposaient aux clercs (IX, 
110), il autorise bénévolement à rentrer dans IcsiitV*;. vi&ft fe-îiMfift. «af».-»!. 
cru trop tôt soa mari infidèle, a pris Ve ■HoAe cV ^'^i^ x«^ti.\ Vyiw,'S\. 



- 134- 

Jamais d'excès dans sod zèle ; il n'aime pas non plus qu'on en montre, il 
défend de molester les juifs (VIII, 35) ; il interdit de briser les images 
qu'il ne faut certes pas adorer, mais qui sont le livre de ceux qui ne 
savent pas lire (IX, 208), etc., etc. Ce qui rend tout cela si intéressant, 
c'est la vie qui y court ; nous ne sommes pas en face de déclarations 
théoriques et générales, mais toujours d'instructions pratiques motivées 
par un fait particulier, ce qui ne leur enlève rien d'ailleurs de leur force 
et de leur portée; on sent l'homme conciliant et simple, qui ne se donne 
point comme d'une antre nature que ses frfrea et qui ne cache ni les 
souffrances que lui cause la goutte, ni les soucis que lui donne l'épée des 
barbares (IX, 173, 175). Il écrit sur le même ton bienveillant à la reine 
Brunehaut, aux rois des Francs, au roi des Lombards, au roi des Wisi- 
goths, aux grands du siècle et de l'Église et à de simples laïques, car il 
s'intéresse à tous. Il envoie au roi des Wisigoths de bien précieuses 
reliques (IX, 228), mais il en fait remettre de bien belles aussi à une 
femme pieuse (IX, 181). 

Ce sont donc des documents de premier ordre que nous donne là la 
Société des Monumenta sous son format commode et avec sa grande clarté 
typographique ; il s'en faut pourtant que nous fermions ce fascicule sans 
regrets et sans désirs. L'ingénieuse restitution, que MM. Ewald et 
Hartmann ont faite des registres de Grégoire', présente malheureusement 
des lacunes qui ne seront peut-être jamais comblées. C'est surtout pour 
les années 597 et 598 qu'elles sont graves. Si les trois derniers mois de 
598 semblent assez complets, en revanche nous n'avons pas une seule 
lettre pour janvier de cette même année; nous n'en avons qu'une pour 
mars comme pour octobre et décembre 597; deux pour août, trois pour 
mai, quatre pour février, juin, juillet, etc. Malgré tout, cette publication, 
dès maintenant une des plus intéressantes de la collection des Monumenta, 
en sera une des plus utiles quand M, H. l'aura achevée et nous aura 
donné les Tables et Indices indispensables. Nous reviendrons alors sur 
son ouvrage pris dans son ensemble. 

Ch, GUIGNEBERT. 



Johann-Jàcob Merlo; Edouard FiBMENicH-RicHARTzetHermann Keus- 
^EN- — Kœlnische Kiinstler in aller und aeuer Zeit, livraisons 
3 à 6. — Dùsseldorf. L. Schwaun, 1894, in-4o. 

Nous avons déjà annoncé l'an dernier l'apparition des deux premières 
livraisons de ce dictionnaire raisonné et illustré des artistes de Cologne, 
en noua proposant de parler plus au long des livraisons suivantes. L'ou- 
vrage a atteint aujourd'hui lap. 479 (lettre K), et l'on peut apprécier cette 
réédition considérablement revue et augmentée des notices du savant 
J, J. Merlo, que M. Ed. Fîrmenich Richartz a entreprise avec l'aide de 

r AugQabe des fieûistcrs Gi-egom I. Neuag Arckio., 



— 135 - 

M. Henâann Keussen ; cette publication sera un instrument sûr et pré- 
cieux pour les historiens de l'art di; moyen Age et des temps modernes. 
Aux renseignements si curieux que leur prédécesseur avait tirés des ar* 
chives de Cologne sur l'histoire des nombreux artistes nés ou appelés par 
leurs travaux dans cette illustre ville, les éditeurs ont ajouté un travail 
personnel du plus haut intérêt. Profitant d'abord des critiques et des dé- 
couvertes faites depuis les publications de M. Merlo (1850-1852), ils ont 
soigneusement revisé les notices de cet éminent érudit, en élaguant les 
erreurs inévitables d'un premier travail, en complétant les renseigne- 
ments et en ajoutant surtout à ces notices presque exclusivement biogra- 
phiques des renseignements sur les œuvres des personnages. Les fac- 
similé d'un certain nombre de monogrammes, et des planches phototy- 
piques des œuvres capitales accompagnent très utilement ces renseigne- 
ments, donnés avec ime critique sûre et impartiale, sans hypothèses et 
sans appréciations personnelles. 

Outre les artistes colonais qu'annonce le titre, ce précieux répertoire 
contient les notices des artistes sur lesquels les archives de Cologne, 
donnent des renseignements. On y trouve même une série de noms de 
personnages qui n'ont pas été des artistes, mais auxquels on a fausse- 
ment attribué des œuvres d'art. Ces notices rentrent dans le travail cri- 
tique des auteurs et n'en sont pas la partie la moins utile : des notices 
documentées sur Albert le Grand, sur Gérard de Saint-Trond, sur le 
clerc Gérard fils de Godescalk de Rile, et sur Gérard de Ketwich dé- 
montrent que, contrairement à ce qu'ont avancé divers auteurs, ces per- 
sonnages n'ont jamais été architectes. C'est ainsi que dans la 4^ livrai^ 
son, la personnalité de Maître Gérard, le premier architecte de la cathé- 
drale de Cologne, apparaît dégagée d'une foule de détails biographiques 
contradictoires qui se rapportent à ses nombreux contemporains et homo- 
nymes. Ce départ était d'autant plus malaisé à faire que parmi ceux-ci 
se trouve un autre Gerardus lapicida, collaborateur du maître. 

On voit par cet exemple combien utile est une telle publication. 

Parmi les planches de la 5® livraison figure tme vue des parties hautes 
de la cathédrale de Burgos, terminée par Jean de Cologne. On peut re- 
gretter que, contrairement au système adopté ailleurs, la vue ait été faite 
d*après une ancienne et médiocre gravure, donnant, il est vrai, quelques 
détails secondaires aujourd'hui modifiés et un coup d'œil d'ensemble que 
la photographie n'obtiendrait pas, mais ne rendant pas complètement, 
d'autre part, le style et les détails de l'œuvre de Jean de Cologne. 

Ce compte rendu sera continué pour les autres livraisons. 

C. Enlart. 

Siméon Luge. — La France pendant la guerre de Cent Ans. — 

Épisodes historiques et vie privée aux XIV© et XV® siècles (seconde 
série). — Paris, Hachette, 1893, in-8<>, xv-279 ^, 

La mort qui l'enlevai prématurémeTil k \^. ^c\^Xifife\vfe ^çscascsX^'^kS.^jff^ 
regretté Siméon Luce de publier lui-même \Çi^ feXxx^^^ o^^ ç,csa^^^'sfô^\ 



seconde série de La France pendant ta guerre de Cent Ans. M. Léon 
Gautier les a assemblées avec un soin pieux, elles a fait précéder d'une 
lettre émue de François Coppée, qui fut un des meilleurs amis de 
Siméon Luce, et d'une préface magistrale, où il retrace brièvement la vie 
et les travaux de l'éminent érudit. Nous trouvons dans ce second volume 
la série épis odi que suivante : 

I. Le Soufflet de l'Écluse et la chanson des Pastoureaux normands. — 
II. Les origines militaires de Jacques Bonhomme. — III. La mort de 
Charles V. — IV. Jeanne Paynel à Chantilly. — V. Perrette de la 
Rivière, dame de la Roche-Guyon. — VI. Deux documents inédits 
relatifs à frère Richard et à Jeanne d'Arc. — Vil, Une pièce de vers sur 
le siège d'Orléans. — VIII. Louis d'Estouteville et la défense du Mont- 
Saint-Michel. 

Ces études, ou M. Luce, l'homme qui connaissait le mieux cette période 
de notre histoire, avait apporté cette recherche des détails et cette éru- 
dition minutieuse qui donnent à tous ses travaux tant de couleur et de 
précision, nous fournissent des renseignements précieux sur les mœurs 
et la vie privée des diverses classes sociales, et spécialement sur la con- 
dition morale et matérielle des populations rurales, jusqu'ici si souvent 
laissées dans l'ombre. Nous signalerons surtout les pages d une lecture 
attachante qu'il consacre à deux épisodes relativement peu connus r à 
Jeanne Paynel et à Louis d'Estouteville. 

R, VlLLEPELET. 

F. LiEBETîMANN. — CoDsiliatio Cnutl, eine Uebertragung angel- 
seechsischer Gesetze, aus dem Ewœlften Jahrhundert, zum ors- 
tera Maie hcrausgcgcbon. Halle, Niemeyer, 1893, in-i", kv et 29 p. 
— Ueber die Leges Anglorum saeculo XIII ineunte Londonils 
collectœ. Halle, Niemeyer, 1894, iu-8°, v[ii et 105 p. — Literatur 
Ton etwa 1890-1892, zur Geschichte Englands, 1272-1485. 
(tirage à part). 

M. Lie bermann publie, sous le litre deConsiliatio CnM(t, une traduction 
latine encore inédite des lois deCnut, Ces lois forment aussi la substance 
du premier livre du Quadripartitus, édité par M. Liebermann en 1891. 
çl la partie principale des Insiiiuta Cnutî, édités par Kolderup-Rosen- 
vinge en 1826; si l'on songe qu'elles étaient considérées, sous les premiers 
successeurs de Guillaume le Conquérant, comme l'expression la plus 
remarquable du droit anglo-saxon, on ne s'étonnera point qu'elles aient 
suscité ces trois ouvrages, écrits auXIi" siècle, à peu d'années de distance. 
La Conailiatio Cnuti a été composée sans doute dans le sud de l'Angle- 
terre. Le manuscrit le plus ancien, qui date de 1150 environ, est à la 
Bib. Nat., n" 4771 du fonds latin. 
La même savant, en étudiant divers manuscrits de Londres, d'Oxford 
et de Cambridge, a été a,meuè à reconstituer un iec\jc\\ ies \o\s a,ngtaises 
selon lui. entre 1206 et 1239 au \)\us vatA. cm uu \ioi\«ï,*iCi\% ia 



M^^ 



- 137 - 

• 

Londres. Cette suite de fragments n'est pas d'une valeur historique 
absolue, car Tauteur est parfois un impudent faussaire, et attribue à 
Alfred et à Edouard le Confesseur des lois purement imaginaires. C'est 
du moins un document curieux sur les idées qui agitaient la bourgeoisie 
de Londres à l'époque de la Grande-Charte. M. Liebermann suit dans 
sa reconstitution et son examen Tordre présumé de l'ouvrage; il aurait 
bien fait d'ajouter une table des noms. 

Rappelons aussi que M. F. Liebermann continue dans la Deutsche 
Zeitschrift fur Geschichtswissensckaft la revue des publications de 
toutes sortes parues dans ces dernières années sur l'histoire de l'Angle- 
terre de 1272 à 1485. Les ouvrages y sont classés suivant un ordre 
méthodique et l'auteur n'a laissé passer, sans la signaler, aucune publi- 
cation, si peu importante qu'elle soit. Son travail constitue donc un 
répertoire indispensable et de nature à rendre les plus importants services 
à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire des rapports de. la France et de 
l'Angleterre pendant la guerre de Cent Ans. 

X • La» 



L'abbé Paul Guillaume. — Chartes de Durbon^ quatrième monas- 
tère de l'ordre des Chartreux, diocèse de Gap, publiées sous 
les auspices de la Société d'études des Hautes-Alpes. — Paris, 
A. Picard, 1893, xxi-904 p. 

Le monastère de Durbon, dont. M. l'abbé Guillaume a entrepris de 
publier les chartes, a été fondé en 1116 par un disciple de Saint- Bruno, 
sur le territoire de la commune actuelle de Saint- Julien-en-Bochaine. Le 
recueil formé par le savant archiviste des Hautes- Alpes comprend les do- 
cuments transcrits dans le Cartulaire de Durbon et ceux qui, omis dans ce 
cartulaire, existent aux Archives départementales des Hautes-Alpes, en 
tout 774 chartes. Pour les actes du Cartulaire, l'éditeur s'est reporté aux 
originaux, toutes les fois qu'il a pu les retrouver. Malheureusement, 
M. l'abbé G. n'a pas eu le cartulaire lui-même entre les mains; il a 
dû se contenter de copies faites par deux de ses prédécesseurs aux Ar- 
chives des Hautes-Alpes. Cependant sa publication ne paraît pas en avoir 
souffert. Au reste, nous donnerons une idée du soin extrême qui y a pré- 
sidé en indiquant la méthode de M. l'abbé G. Les documents sont rangés 
dans l'ordre chronologique (le plus ancien, de 1116; le plus récent, 
de 1452), chacun d'eux est précédé de la date topographique et chrono- 
logique, et d'un sommaire dans la langue du document. Chaque pièce est 
suivie d'une description très précise, indiquant si c'est un original ou 
une copie, si elle est sur papier ou sur parchemin, munie de sceau ou non; 
les analyses et mentions au dos de l'acte, les cotes anciennes ont été 
également relevées. L'éditeur a ajouté à la suite des textes publiés in- 
extenso un tableau chronologique des chartes connues seulement par 
divers anciens inventaires. Une table alçha.bfe\\c\vi^ ^'è'à ^wss.^ $i.^ >^<!sqciw 
{identiRés), de personnes et des choses remarcvi^^XAfe^ \fôtxD^\îkft\<^ NOs^iss^^. 



1 



- 138 - 

Les renseignements tournis par ce Cartulaire sont de la nature de ceux 
que l'on trouve d'ordinaire dans ces sortes de recueils ; il serait superflu 
d'insister. Il est plus utile d'indiquer les régions auxquelles ils se rap- 
portent : Diois, Trièves, Dévoluy, Champsaur, Gapençais, Graisivaudan 
Viennois, Valentinois, comtés de Forcalquier et Provence, 

M. Prou. 



CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE 



Il fascicule des Monamenta itu D' Dœberl (Honumenta Germanise 
Belecta, ab anno 768 uaque ad annum 12B0, edid. M. D<Bberl. 5' Bd. : 
Zeit Hsinrichs VI. Phillpp V Sckicaben. Ottos IV ûnd Friedriclis 11, Mûnchen, 
1894, 100 pp.), n'est pas moins imponanl pour Tbistoire d'AllcmaigQe que les pré- 
cËdents : il reolcrme, de plus, quelques documents intéressant la France, tels que 
lo traité de Philippe do Souabe avec Philippe- Auguste, 89 juin 1198 |p. 9), la 
lettre du chaocelier Konrad au môme roi sur l'élection ;da Frédéric II, 1212 
(p. 23|. Nous signalons particulièrement le g XVI \Zur Kreuiiug». /rage, qui 
contieul (pp. 45-68) las dnrumeQts relatifs à la querelle entre Frôdério II et 
Grégoire IX (1227-12301, et le 5 XXII [Zur LombardUeben Frage). L'on peut dire 
en toute sincérité de ce fascicule ce que le Lilerarischc» Centrallblatt disait en 1892 
du précédent : « Der vorliegende Band ist alleu Lobes wertbr. 

F. Ch. 

L'ouvrage, ou plutôt l'opuscule de M. Gerson, Easal sur les jnite delà 
Bourgogne au Mc;eii Age, principalement aax XII ■, XIII< et 
XIV" eièclea jusqu'à ce jour (Dijon, imp. du Commeri'e et de l'Industrie. 1393, 
1 vol. in-8', 63 p), ri'osi point une étude embrassant la condition des jaiJs en Bour- 
gogne, taut au point do vue historique que juridique. L'auteur s'est limité ft 
quelques villes ; il a négligé le cAté moral et juridique, el traité super S ciel le ment 
le câté historique, s'inspiranl beaucoup de ses devanciers qu'il cite presque à 
cbaque page, et n'apportant par lui-même que peu de faits nouveaux. Lors mfmo 
qu'il aborde des points particuliers, tels que les rapports des juifs de Bourgogne et 
de Champagne, il ne présente que des ape^;us insuffisants. Il parait ignorer entiè- 
rement certains grands faits, par eiemple la politique de tolérance de CbarlesV i 
l'Égard des juifs. En résumé, cet opuscule n'est que la réunion de notes formant 
un récit agréable i lire et répondant au but que s'est proposé l'auteur d'en (aire un 
discours d'inauguration. 

M. Paul QuQsvers, qui a (ait de l'histoire de Montereau (Seiae-et-Marne) et de 
ses environs l'objet particulier de ses rechorcbcs, vient de publier un mémoire 
intitulé Note^ tar les Cornu, seigneurs de Villeneucc-la-Cornu, La Chapelle- 
Rablaia et Fontonailics-en- Brie (Montereau el Sons, 1393, io-8*). On sait que la 
famille des Cornu a joué un rôle important sous le régne de saint Louis et que 
in//s do aes membres oot étâ revêtus de hautes dignités ecclésiastiques ; Gautier 
S en 033, Giion. en 1244. Gilonll, eii IWi-.^uxa'roCOTtw.. 



- 139 - 

Aubri, fut évéque de Chartres en 1E36 ; un autre encore, Robert, occupa le siège 
de Nevers en 1241. La généalogie de cette famille présentait de nombreuses obscu- 
rités que M. Quesvers a fait disparaître grâce à une étude approfondie et critique 
des documents d'archives. 11 a publié un état des flefs et censives de la terre de 
La Chapelle-Rablais en 1292, conservé dans le volume 207 de la collection Jour- 
sanvault à la Bibliothèque Nationale. C'est là un document de premier ordre 
pour la géographie féodale. M. Quesvers Ta annoté sobrement et avec soin. Nous 
lui proposons toutefois une petite correction à la note 1 de la p. 37. La monnaie 
appelée pougeoise valait non pas un demi-denier, mais un quart de denier. Voyez 
à ce sujet le mémoire de notre collaborateur, M. Adrien Blanchet, intitulé : La Pite 
ou Pougeoise dans Études de numismatique, p. 309. 

Souhaitons la bienvenue à deux nouvelles revues : La Revue d'histoire 
littéraire, organe de la Société d'histoire littéraire^ qui vient de se fonder, sous 
la présidence de MM. Boissier, Dezeimeris et Petit de Julleville. La liste des 
collaborateurs de cette publication nous permet d'assurer que le Moyen Age y sera 
brUlamment représenté, bien que sa part ait été jusqu'ici fort restreinte. 

La Revue hispanique (Paris, Picard) consacrée à l'étude des langues, des 
littératures et de Thistoire des pays castillans, catalans et portugais, fondée par 
M. Foulché-OelbOsc dans le but de donner aux hispanisants un recueil qui leur 
soit spécial et qui soit à la fois philologique, littéraire et historique. 



PÉRIODIQUES 



ALLEMAGNE. — Revues historiques générales '. 

ArchivfûrLiteratur-u. Kirchengesohichte d. Mittelalters. T. VII (1893). 
Fasc. 1, 2. — P. 1-310. Fr. Ehrle, Neue Materialicn zur Geschichtc Peters oon 
Luna (Benedicts XIII). Suite. Lettres et instructions de 1397 à 1405. — P. 311-420. 
Fr. Ehrle, Die Chronik des Garoscus de hlmoisca Vcteri und Bertrand Boyssct 
(1365-1415). Parties suivantes : 1) Die handschriftliche Ueberlieferung. 2) Der 
Inhalt des Pariser Autographs-Inhaltsverzeichniss. 3) Das gegenseitige Verhàltniss 
der Handschriften. 4) Garoscus de Ulmoisca und Bertrand Boysset. 5) Bertrand 
Boyssets LebensverhâUnisse. 6) Form und Inhalt der Chronik. 

Deutsche Zeitschrilt liir Geschichtsivissenschalt. T. IX (1893 i). — 
Fasc. 1. — P. 1-27. Ed. Heydenreich, Constantin der Grosse in den Sagen des 
Mittelalters. — P. 28-61. Em. Krùger, Ueberdie A bstammung Hcinrichs I oon den 

1. Siège social, 23, rue Madame, Paris. 

2. Les Forschungen sur deutschcn Landes-und Volkskunde, T, VU. F^s^ç.. 4., ^, 
et T. VIII. Fasc. 1, ne coulicnueiit rien. Le ZeitscKrîrt jUr d\c Ov?»c\\ve\\X.^ ^<î\* 
Jufle/i in DeutscAland a uni de paraître avec le vol. V . 



— 140 — 

Karûlingern. L'aateiir ne réuMil pas à rendre probable sa thèse, bien qo'iL l'appuie 
sur des documenls. — Kleiae Mitleilungea.— P. lOO-tOS-K. M3,axet,Zuden An/ângen 
der Norieegiachen Kirche. Traite surtout d'un ouvrage de Taraoger sur l'iafluence 
de l'Église d'Angleterre sur celle de Norwége. — P. 103-111. R. F. Kaindl, 
Bemerliungen lur ii Passio s. Adalperli martirïs ». i. In der b Passio s baben wir den 
flûcbtigen Ausïug eioer wePtvoUeu Arbeii. ii. Das Klosier, welcbes Adalbert uach 
der Nacbncbtder Passio kiirz vnr seiueni Mârtyrertode grûndete, biesszzMestris- 
Meseritz. m. Die BchaupLung, dass die Passio in der vorliegenden Gestalt in das 
Ënde d. 10 Jbi'b. -ia setzeu sei. mussaU viillig unhaltbar bezeichnet werden. iv. 
Verzeichniss d. mittelalt. AdalbeHslegenden. - P. 119-123. Tb. Lîndner, Zum 
Blnger Kurecrein. Erwiderung '. 0. Mener. Replik. — P. 1S4-153. W. Micbael. 
Neuere Literatar zar Geschichte Englanda eeit 14H5. 

Fasc. 2. — P. BÏ3-2S8. Ad. Schaube, Neue Aafachlanse aber die Arrange des 
Consulats dea Meere^. i , Das Byzantirtiscbe Meerescoosulal, ïugleicli ein Vorlaùler 
des Consulats des Comuue. ii. Die Pisauiscbe Decatia uod die Anfânge des Con- 
sulats des Meeres. Dans uu post-scriptum, critiiiue d'un travail insutHsant de 
M. de Valroger, Étude sur l'instiSulion des consuls de la mer au moyen âge, 
Paris. 1891. - P. 259-287. H. Karge, Kaiser Friedrich's III & Maximlliam I 
Ungarische Politik & i/ire Deiieliungenm Moskau 1486-1506. Ad. 239 sqq. {Starge): 
Bebaodelt nacb eioleilendeu Bemcrkungeu ûber die Lage & Ziele Friedrichs 111 
gegenùber Ungam & Polen in deii 70ger * Anfaug der aOger Jahre des 15 Jahrh. 
die Sendungen des Ritters Nicolaus Popplau nacb Moskau, sowie die des Rates 
KÔnig Maïimiliaas, Georg v. ThuPD, 1490, welcb' Ictzterc zu dem BiiDdniss v. 16, 
August fûbrle. ïu welcbem sichdie bei den Contrabentengegenseitige Unterstûtzung 
wider aile Feinde. vor allem wechselseitige Hilfsleistuiig gegen Polen zusaglen, 
VVeiter werden Maximiliaus Plan (14911 eiuer grossen Coalition-Scbweden-Deutscb- 
Orden-Russlaud-Œsieireicb-Woiwode der Walachei gegeu Poien-Dàuematk- & seine 
Potitik gegenùber dem deiilscben Oi'deo bcbaudelt, sowie die 2. Setiduug Tburns 
naoh Russland. l-cl^iere wunle durcb die Ereigoissc gegenatandslos gemacht, 
iosotern als eîu triedlicher Ausglcich zwiscbeu Wladislaw v. Ungarii S dcu Habs- 
borgern 7,\i Staiide kam, wuraui Maiimilian sieb •ga.nz den Diiigen im Wesieu 
(den ilalien Angelegenbeiten ft denlrruugeu mit Frankreich) zuwendele. « Die Ros- 
sische AUianï batte fur ibn Zweok & Hedeuiuug verloreu. « Den (Jefahren gegen- 
ùber, welcbe das Jagiellouiscb-FraniiOsiscbe Bûnduiss vom Juli 1500 eutbielt em- 
scbloss sich Maximilian zur Nacbgiebigi^eit gegeu Frankreich {Belcbuug mil Mai- 
land, Verirag zuTrieni, Oci. 1501), gegeu die J agio lion eu (Polen & Ungarn) iiabm er 
d.KampI dagcgen au(. Abermaliger Versucb, de ndeutscbea Ordenzu oQner Feindse- 
ligkeii gegeu Polen zu dr&ngeii. neue Anoàbcrungau Russland (Soadungv. 1502), 
Der Grosslûrst geht au( die AntrSge eîn 11504). Eingreilen Maximilians iu die Uiiga- 
rifiCben Wirron (1505). Verstâiidigung * Friede mit Wladislaw friedlî^e LÔsung 
der uiigariscben Throiilolgefrage. — P- 290-295. W. Orùckiiig. Zar l'raniôsisrhen 
l'olitik Paii*l LeO" IX. — ]. Hat l^o IX. îu Reims ein VorboL der Prioslercbe 
crlBssea ? Tritl Igegeii Briicker, l'Alsace et l'Église au temps du papa saiiii Léon IXi 
dalûr wiedcrbolt ein, daas Léo IX in Reijn^ Ihatsaclilich von eineni VerboL der 

J. V. SêuUeAe Ztitfchr. /. Cwc/i.- Wos.. VlU.ZQfl SW. 



- 141 - 

Priesterche gânzlich Abstand genommeD bat. ii. Die Erbebuog Airards auf den 
biscbôflicben Stubl Von Nantes. Gegen Imbart de la Tour, les élections épiscopales 
dans rÉglise de France du ix* au xi* siècle : Airard ist nicbt scbon in Reims, 
nicbt durch die Biscbôfe des Concils & ûberbaupt nicbt auf kanoniscbem Wege zum 
Biscbof von Nantes erboben worden, sondern ist vielmebr frûbestens am 2. 
Mai 1050 gegen Wissen & Willen dér recbtmâssigen Wâbler, des Klerus & des 
Volkes von Nantes, von Léo iX zum Biscbof emannt worden. — P. 295-303. 
H. Herre, Ueber Hermann Korners Herkunft ^ Unicersisâtsjahre. Korners Lûbecker 
Herkunft zu bezweifeln liegt kein zwingender Grund ver, die Famille lâsst sicb, 
abgeseben von anderen, mebrfacb im Mecklenburgischen & Holsteinscben nacb 
weisen, wofûr die Beweise erbracht werden. Eine Notiz der Leipziger Matrikel, 
(gegeu Voigt und Lorenz) lâsst sicb mit den urkundlicben Angaben ùber K. in 
keiner Weise vereinigen, dagegen war er in Erfurt immatriculiert (W. Sem. 1431) 

— P. 319-322. E. Oùmmler, Zur Abstammung Heinrichs i oon den Karolingern. 
Eine Kritik. (Voy. p. 2^). E. Krùger, Erwiderung*. - P. •9-*51. Bibliographe zur 
deutscben Gescbicbte (pour le moyen âge), avril 1892, jusqu'à la fin de février 1893. 

T. 10 (1893, 11). Fasc. 1. — P. 14-70. Frz. Gôrres, Kirchc und Staat im Vanda 
lenreich, 429-534. Parties : i. Der religiôs-politiscbe Dualismus in den Arianiscben 
Germanenreicben. ii. Orieniirende Bemerkungen ûber die Quellen, zumal ùber 
Victor von Vita. m. Motive und allgemeiner Cbarakter der Katholikenverfolgungen 
im Vandalenreicb. iv. Wechselnde Scbicksale der Katholiken unter der Herrschaft 
Geiserichs, 429-477. v. Die Religion spolitik des Konigs Hunericb, 477-484. vi. 
Katbolikenfreundliches Verbalten des Konigs Guntamund, 484-496. vu. Religions- 
politik. des Konigs Thrasamund, 496-523. viii. Friedenszeit unter Kônig Hildericb, 
523-530. IX. Kônig Gelimer und die Katastrophe des Vandalenreiches, 530-534. — 
P. 71-96. J. Jastrow, Die Welfenprocesse und diecrsten Regierungsjahre Friedrich 
Bar6aro5sa5 (1138-1156). i.Die Aechtung Heinriclis des Stolzen 1138 (Sententia nulla 
im Deutschen Rechtc). ii. DasVermàcbtniss Konrads III. — Kleine Mitteilungen. — 
P.106-111. C.Koehne, Die Krônung Rudolf s, des Gegen konigs HeinrichslV. — P. 120- 
127. H. Simonsfeld, Bemerkungen zu der Weltchronik des Frater Paulinus oon 
Venedig, Bischofs oon Pozsuoli. — P. 1^-128. Ad. Scbanbe, Zum Byzantinischen 
Meeresconsulat. Erœiderung . — Berichte und Besprechungen. — P. 129-165. A. 
Molinier,Neaere Literatur zur Geschichte Frankreiclis im Af/iteZa/ter. (Pour 1892.) 

— P. •139-*176. Bibliographie zur Deutschen Geschichte mit Einschluss der allgem. 
Geschichte des Mittelalters . ii, Mittelalter. (Février 1893 à la fin de juillet 1893) 

Fasc. 2. — P. 269-322. J. Jastrow, Diè Welfenprocesse und die ersten Régie- 
rungsjahre Friedrich Barbarossas (1138-1156). (Fin), m. Process Heinrichs des 
Lôwen um Baiern (1147-1154). iv. Der Ausgleicb Heinricbs des Lôwen mit 
Albrecbt von Brandenburg (1152). v. Friedrich I und die Parteien. (Um 1152.) 
Ergebuiss. — Kleine Mitteilungen.— P. 323-331. I. v. Pflugk-Harttung, Drei Breoen 
pàpstlicher Machtfâlle im XI und XII Jahrhundert. Les trois bulles de Grégoire VI, 
d'Adrien IV et d'Alexandre III pour l'Irlande sout toutes fausses. — P. 339-341. 
C. Koebne, Zum Hansgra/enamt. Entgegnung §- Beschwerde. — P 341. Zur 
Lossagung des Bischofs Eusebius con Angers oon Berengar oon Tours. Notice. 

— Nachricbten & Notizen — P. 367 ff. Literatur zur au&»crdcuUc^Ajfctv (ae.*cK\.çK\.v- 
Polen & Russland. 



- 142 - 

Historisches Jahrbuch der Gœrres-Gesellschaft. T. XIV (1893). - 
F^c. 1. — P. 39-66. A. Gottlob, Aus den Rechnungsbûchern Eugens IV sur 
Geachichte des Florentlnner, — Kleinere Beitrâge. — P. 67-68. K. Hœber , Zur 
deutschen Kaisersage. — P. 68-69. H. J. Wurm, Zu Marsilias oon Padua. — 
Recensionen und Referate. — P. 107-109. B. Duhr, Berlchtigung in hetreff der 
Lehre des hl. Thomas ûber die Erlaubtheit des TyrAnnenmordes. — P. 109-113. 
Jos. Schlecht, Ervoiderung auf die Berichtigung P. Duhrs. 

Fasc. 2. — P. 241-301, Suitb. Bàumer, Uber das sogenannte Sacramentarium 
Gelasianum. ~ Divisions suivantes : i. Die Aussagen derQuellen. ii. Ueberar- 
beitung des Gregorianum zur Zeit Karls des Grossen. Der Verfasser der Praefa- 
tiuncula « Hucusque ». m. Wbrin bestand des Kompilators Arbeitf iv. Das 
altère rômische Missale, aus welchem der Kompilator (Alkuin) schôpfte. v. Das 
Gregorianum. vi. Rômischer Ritus in Gallien oder dem Westfrankenreiche vor 
Karl dem Grossen und Pipin deip Kleinen. vu. Ergebniss. — Kleinere Beitrâge. — 
P. 302-319. H. Grauert, Zu den NachricMen ûber die Bestattung Karls des 
Grossen, Bringt neue Beispiele dafûr, dass im Mittelalter Leichen in sitsender 
Stellung begraben worden sind u. hait die Frage der Bestattung Karls d. Gr. noch 
fur eine offne (gegen Lindner). — P. 320-330. Al. Meister, ÏJber das Concil xu 
Cioidale im Jahre 1409. Publie une relation jusqu'ici inconnue sur la troisième 
séance de ce concile du 28 juin 1409. — Rezensionen und Referate. —P. 332-353. 1. 
Cam. Henner, Beitrâge zur Organisation und Competenz der pâpstlichen Ketzer- 
gerichte. Leipzig. 1890, 2. Frdr. Thudichum, Das heilige Femgericht. (= Hist. 
Zeitschr. 68 (N. F. 32), 1-57.) (Heinr. Finke: 1. L'auteur est juriste, clair et précis, 
la forme en est trop négligée, composé avec beaucoup d'application, souvent des 
résultats concluants, offre beaucoup à notre connaissance. 2. Faible, des erreurs.)— 
P. 353-355. Die Matrikel der Uniocrsitât Kôln 1389-1559, bearb. v. Herm. 
Keussen. I Bd. 1389-1466. Bonn, 1892. (H. Denifle : excellent.) 

Fasc. 3. — Kleinere Beitrâge. — P. 549-561. Joh. Uebinger, Zur Lebensgeschichte 
des Nikolaus Cusanus. Publie deux documents : i. Une petite biographie du 
cardinal, ii. Son testament. P. 562-582. Sâgmûller, Der Verfasser des Traktates 
« De modis uniendi ac reformandi ecclesiam in concilie universali » oom Jahre 1410. 
Le « Tractât » est de l'Espagnol André d'Escobar. — P. 582-603. J. P . Kirsch, 
Andréas Sapiti, englischer Prokurator an der Kurie im XIV Jahrhundert. — 
Quatre documents inédits dans l'appendice. — P. 603-608. Konr. Eubel, Hand- 
schriftliches zur Chronik des sogen. Jordanus. 

Fasc. 4. — Kleinere Beitrâge. — P. 814-820. J. P. Kirsch, Formelbuch der 
pâpstlichen Kanzlei aus der Mitte des 14. Jahrhunderts. — P. 820-832. H. V. 
Sauerland, Aktenstûcke zur Geschichte des Papstes Urban II. — 1S6^, ùnde 
janvier, Febr. 24, mars 8 et 16, 25; 1386, août 8, 16. — P. 837-853. 1. P. Fabre, 
De patrimoniis Romance Ecclesiœ usque ad *etatem Carolinorum. Thesis, Paris- 
Lille, 1892. 2. P. Fabre, Étude sur le Liber Censuum de V Eglise romaine. Paris, 1892. 
3. Ad. Gotllieb, Die pâpstlichen Kreuzzugssteucrn des 13. Jahrhunderts. Heili- 
genstadt, 1892. (J. P. Kirsch : 1. Travail très appliqué et soigneux. 2. Traite la 
matière à fond, clair. 3. De grande importance.) — P. 854-857. Quellen und For» 
jfirAu/i^e/i jur Geschichte der Abtci Reichenau. Bd. l. Die Reichenauer Urkunden- 
éUscbuDgea (1890). Bd. U. Die Chronik des GaUus Oe\iem V^^'^^. ^«^^^ ^ • ^. 



- 143 - 

Brandi. (J. Joachimsohn : excellent.) —P. 857-863. Ang. Kneer, Die Entstehung 
der konxiliaren Théorie. Zur Geschichte des Schismaa und der kirchenpoli- 
tiechen Schriftsieller Konrad oon Gelnhausen und Heinrich oon Langenstein. 
(Snppl. Heftz. Rôm. Quartalschr.) 1893. (H.V. Sauerland: de valeur dans quelques 
parties). — P. 165-220, 420-476, 662-727, 895-950. Revue où beaucoup de publications 
relatives au moyen âge sont traitées ou annoncées. 

Historische Zeitschrilt T. LXX (N. F. 34) (1893), fasc. 1. — Uteraturbericht. 

— P. 99-100. Chr. Tischhauser, Drei Tabellen zur Kirchengeachichte, Basel, 1892. 
(W. Walther : bien amélioré.) — P. 100. Fel. Wissowa, Politische Beziehungen 
zœischen England und Deutschland bis zum Untorgange der Staufcr, (Inaug- 
Diss.) Breslau, 1889. (Ludw. Riess : peu de nouveau.) — P. 100-107. Alb. Dresde- 
ner, Kultur und Sittengeschichte der italienischen Geistlichkeit im 10 und tt 
Jahrhundert, Breslau, 1890. — E. Sackur, D^e Cluniacenscr in ihrer kirchlichen 
und allgemeingeschichtlichen Wirksamkeit bis zur Mittc des 11 Jahrhunderts. 
I. Halle a/S., 1892. (G. Buchholz : i. Le livre manque d'une bonne disposition; 
quant à la preuve de sa thèse, il n*a pas réussi, mais offre dans le détail des choses 
nouvelles et bonnes, ii. De grande valeur pour les origines de Tordre de Cluny.) 

— P. 107-109. K. Lehmann, Die Entstehung der Libri feudorum. Rostock, 1891 
(Artb. Schmidt: travail consciencieux, des résultats sûrs.) — P. 109-110. M. v. 
Domarus, Die Betiehungen der deutsclien Kônige con Rudolf eon Habsburg bis 
Ludœig dem Baiern zu Danemark, Halle, 1891. (D. Schâfer : Rien de nouveau, 
ne profite pas assez de la littérature sur ce sujet. ) — P. 115-116. Eduard Dullers, 
Geschichte des deutschen Volkes. Bearbcitet und fortgosetzt oon William Pier- 
son. 7. verm. und verb. Aufl. i. ii. Berlin, 1891. (E. Bernheim : populaire, bon 
quelques erreurs.) — P. 116-117. W. v. Giesebrecht. Geschichte der deutschen 
Kaiserzeit, lU. 5. Aufl. Leipzig, 1890. (E. Bernheim : œuvre classique.) —P. 117- 
ll8. Die Annalencon St. Bertin und St.Vaast. NachderAusgabeder Mon. Gcrm. 
ûbs. V. I. V. Jasmund. 2. Aufl. Neu bearbeitet v. W. Wattenbach, Leipzig, 1890. 
Leben des Abtes Eigil con Fulda und der Âbtissin Hathumoda con Gantcrs- 
heim nebst der Ubertragung des hL Liborius und des hl. Vitus, Ubersetzt v. 
G. Grandauer, Leipzig, 1890.— A. u. d. Tm Die Geschichtschreibcr der deutschen 
Vorzeit. 2. Gesammtausg. 9. Jahrh. ix. x. (Bd. 24 und 25 d. 2. Gesammtausg.) Ferncr 
noch erschienen : Bd. 26 (Mônch v. St. Gallen, ûbs. v. Wattenbach), 27 (Regino» 
ûbs. V. Dûmmler), 28 (Fortselzung des Regino, ùbs. v. Bùdiuger, neub. v. Wat- 
enbach), 29 (Helmold, ùbs. v. Laurent, neub. v. Wattenbach). (G. Buchholz : 
excellent) — P. 119-120. Frz. Kummer, Die Bischofsœahlen in Deutschland zur 
Zeit des grossen Schismas 1378 bis 1418 cornehmlich in den Ersdiôoesen Kôln^ 
Trier und Mainz. Ein Béitrag zur Gescùichle des grossen Schismas. Leipzig, 1892. 
'v. Domeier : travail soigneux.) — P. 120-122. G. v. Buchwald, Deutsches Gesell- 
schc^ftsleben im endenden Mittclalter, II. Zur deutschen Wirtschqftsgeschichte. 
(E. Liesegang : intéressant.) — P. 122-123. H. Ulmann, Kaiser Maximilian II 
Auf urkundlicher Grundlage dargesicllt, II. Stuttgart, 1891. (Mkgf. : offre beau, 
coup de choses à notre connaissance.) — P. 123-125. K. Gillert, Der Brie/wechsc- 
des Conradus Mutianus, i, ii. Halle, 1890. (A. u. d. T.: Geschichtsquellen d. Pro- 
vinzSachsen, elc. xviii.) (K. Hartfelder ; bon, p^.?^ ^^.tv^ \^\i\Si.v\ — ^«VA, ^oua^- 
recease con 1431-1476. Bearb. v. Goswin FreiYi. n. ^. ^qvV- '^'^* Vfc\\îùv%>>S^^> 



— 144 - 

(Mkgl : excellent.)— F. 157-160. Fr. Geerïag, Handel und Industrie der Stadt 
Basel bis jum Ende des 17. Jahrhundcrls . Basel, 1386- [E. Liesegang : bon, mal- 
gré des taules.) — P. 160. R. Spilzer, Franxdsische Kultursiudien. l. BeitrSge 
tur Geschichte des Spielea in All-Frankreicli. Heideibeiç, 1891. (HoUaender ; 
très intéressant.]— P. 160-162, Ed. BonvaJol, Le tiers état d'après la charte de 
Beaumont et ses AUalea. Ouvrage couronné. Paris-Metï- Nancy, 1884. (E. Liese- 
gang : travail de grand mërite.) -~ P. 16S. P. Martin, LaMiisiondc Jeanne (ï Arc. 
ConJSrnnce, elc, Gênes, 1891. |Mkg( : sans valeur.) — P. 163-164. Ferd. Hirscb, 
llducato di Benecento ?ino alla caduta del Berino Longobardo. Traduzioue dj 
M. Scbipa. Rama-Torino-Napoli, I89U, (0. H-g : bonne traduction d'un travail 
précieux.) —P. 164-165. L. v. LiliencroQ, Der Runenstein non Gotiorp. Kànig 
SigtrygQ» Steîn im schlesic.-hoUt. Muséum eatert, Attertb. t. filet. M. e. Anhaug, 

c, H. Hamlelmann. Kiel, 1888. |F. Aruheim.] — P. 165-16G. Rud. Kjellén. Om 
Eriksgatan. Kritiaka atudîer i yanimals i^nsk stataràtt. Upsala, 1889. (F. Arn- 
heim r garde A ses conclusions.) — P. 166. M. Pappenheim, Fin altnorwegUickes 
Schutigildeatatut. Nacli aciner Bedeutang /ûr die Geschiclitc des nordgermani- 
schen Gildeiresens erlàutert. Breslau, 1888. (F. Arnheim : liabile et intéressanl.) 
— P. 169-171. Ant. Chroust, Tagen,o, Ansbert und die Mistorîa Peregrinoium. 
Drci kritiachc UtUersuchungen lur Cesehiclite des Kremtuga Friedric/i's I. Graz, 
1893. (llgen : des résultats problâmatiqaes et douteux.)— P. 171-172. R, Rôbrichl. 
Studicn lur GcsclUchlB des filn/ïen Kreasiugs. Innsbruck, 1880. (Ilgon ; de grande 
valeur.) — P. 172-173. Konst A. Christomanos, AOendlândiac/ie Geschlechter im 
Orient. Im Auschlusac an Du Cange'n FamiUea d!Ouîrù-Mer. 1 Urg. Wien, 1889- 
Meisncr : des tables, malbeoreu sèment sans indiquer ses sources.) — P. 173-174. 
Hcbràisf.tiE Barir.hte iiber die Jade/iaerjblgimgen icUkrend der fCreuiillgc. Hersg. 
V. A. Nnubauer und M. Stern. ûbs. v. S. Bàr. Berlin. 1892 (=Quellen zur Gc- 
schirhte der Juden in Deutscfiland II .) (llgen : sans grande valeur pour l'histoire 
des croisades, plus appréciable pour l'bistoire de la civilisation et de l'économie 
politique du moyen Sge.) — P. 175-177. Wend. BÔheim, V/a£bnkunde. Das Wat- 
/cnicescn in seiner historischen Entwickelung. Leipzig, 1890. (^ Seemanns Kunst- 
handbncber m.) (Th. Tupetz ; traite la matière àlood, disposition et introduction 
manquées.) — P. 177-178. K. v. Amira, T/Uerstra/cn u. Thierprocesse. ïnnsbiack, 
1891. (S.-A. a. d. Mitl. d. Insi. t. œstr. Gesch. lorsch. xii.) (Arth. Schmidl; très 
intéressant.) — P. 183-184. Hon. Boonevie, Den julianake og den, gregorianske 
kalcndcr. Grundlraekk qf bcgges théorie og promis. Ciirisliaaia!, 1886. |F. Arn- 
heim : populaire, très utile.) 

Fasc. t. — P. S43-£80, G. Meyorvou Knouau, Die hUtariache Kritik UTid die 
geaehichllivben Cedàchlnistagc der achweiicrischen Eidgenossensclu^ft im Jahiv 
1891. Donne le contenu des publications parues lors du jubilô de la Confédération 
suisse en 1891 : W. Oechali, Die Anfànge der schweiterischen Eidgenoasenaelief/l. 
Zurich. 1391 (excellent). C. Hilty, Die Bundcscc'fassungcn der scluceiieriseken 
Eiilgenosseasch(\n. Bern. 1891. (De valeur, quelques parties faibles.) Denhschri/t 

d. IU»t. und antîqunr. Gescllscheffï lu Basel. Basel. 1891. (Quatre dissertations trts 
remarquables.) Wolfg. Friedr. v. Mûtineu, Berns Geschichte, 1101-1891. Fest- 
nc/ni/i. — unif Festsehrin lur IH Sahidarfcicr der Grandun-j Berna, 1191-1891. 

(I : boa. populaire, u : oxcelleal et magaifiquct et qae\ii>ii» wiVks ^M.vMiaaiA6 



1 



- 145 - 

grande valeur.) — LiteraturberichU — P. 314-315. Herm. Ludwig (v. Jan.), Deutsche 
Kaiser a. Kônige in Strassburg. Strassburg, 1889. (H. Witte : populaire, disposi- 
tion pas réussie, édition de luxe.) — P. 315-317. Rappoltsteiner Urkundenbuch, 759- 
1500, Hrsg. V. Karl Albrecht. I. Colmar, 1891. (Wînkelmann : très appliqué et 
exact, mais trop étendu.) — P. 320-323. J. Hansen, West/alen u, Rheinland im 15 
Jahrhundert. //. Die mûnstS^ischc Stiftsfehde^ Leipzig, 1890. (A. u. d. T. : Publi- 
kationen a. d. kgl. preuss. Staatsarchiyen. xlii.) (Hôhlbaum : travail de première 
valeur.) — P. 324. DleMatrikel der Uniœrsitàt Kôlrit 1389-1559. Bearb. v. Herm. 
Keussen. I. 1389-1466. Text & Register. Bonn, 1892. (A. u. d. T. : Pubiikationen d. 
Gesellsch. f. rhein. Geschichtskunde, vin.) (Wanbald : édition de grand mérite. 
Quelques erreurs sont rectifiées dans la note avec des suppléments.) — P. 325-329. 
K. Tûcking, Geschichte der StadiNeuss. Dilsseldorf und Neuss, 1891. (Liebe : dis- 
position très imparfaite.) — P. 329-330. Inoentare des Frankfurter Stadtarchios, 
III. Eingeleitet v. R. Jung. Frankfurt a/M., 1892. (Wanbald.) - P. 334-335, 
Kunstdenkmàler im Grossherzogtum Hessen... Prooinz Oberhessen, Kreis Bûdin- 
gen„ Von Helnr. Wagner. Darmstadt, 1890. (Wanbald : bon.) — P. 336-339. Kunst- 
denkmàler im Grossherzogtum Hessen.., Prooinz Starkenburg. Kreis Erbach. 
Von Geo. Schâfer. Darmstadt, 1891. (Wanbald : quelquefois des inexactitudes.) — 
P. 339-340, Familienchronick des Riiters Michel oon Ehenheim. Hrsg. v. Christ. 
Mejer. Wûrzburg, 1891. (Wegele.) — P. 340-341. C. L. Niemann, Das oldenbur- 
gische Mûnsterland in seiner geschichtlichen Entwickelung, i. ii. Oldenburg, 1889- 
1891. (P. J. Blok : trop étendu, fatigant.) - P. 341-342. G. Sello, Beitrâge zur 
Geschichte des Landes Wûrden. Oldenburg, 1891. (P. J. Blok : pas sans mérite, 
quelques conclusions problématiques.) — P. 342-343. Ad. Ulrich, Bilder \ius 
Hannocers Vergangcnheit, Hannoner-Linden, 1891. (K. Kunze : populaire, bon.) — 
P. 343-344. Frdr. Koldewey, Geschichte des Schulwescns im Herzogtum Braun 
schvoeig con den àltesten Zeiten bis zum Regierungsantritt des Herzogs 
Wilhelm im Jahre 1831. Wolfenbùttel, 1891. (P. Z. : excellent.) — P. 348. F. A. 
Wolter, Geschichte der Stadt Magdeburg oon ihrem Ursprunge bis au/ die 
Gegenwart. 2 Aufl. Magdeburg, 1890. (G. Stœckert : populaire, bon.) — P. 349- 
350. Theod. Brieger, Die tlieologischen Promotionen auj der Unieersitàt Leipzig: 
1428 bis 1539, RetoTm.'Progr. d. Univ. Leipzig. Leipzig, 1890. (H. Ermisch , 
travail de grande exactitude.) — P. 359-361. J. terGouw, Gcschiedenis ran Am- 
sterdam, i-vii. Amsterdam, 1879-1891. (P. L. M. : bon, mais trop long.) — P. 362- 
363. S. Muller, Bijdragen ooor een oorkondenbœk can het sticht Utrecht / a) 
Programma; b) Regesten van het kapittel van St. Pieter. 'sGravenhage, 1891. 
(P. J. Blok : excellent.) — P. 363-364. S. Muller, De Registers en Rekeningen 
can het bisdom Utrecht (1325-1336). 'sGravenhage, 1891. (A. u. d. T. : Werken 
van het Hist. Genootsch. te Utrecht. N. S. 54.) (P. J. Blok : édition remarquable, 
très important.) — P. 365. Ch. Dozy, De Oudste stadsrekenungen oan Dordrecht 
ri 284-1424), 'sGravenhage, 1891. (A. u. d. T. : Werken van het Hist. Genootsch. 
te Utrecht. 4. S. 2.) (P. J. Blok : édition considérable.) — P. 365-366. Jos. 
Habets, Limburgsche Wijsdommen Dorpscostumcn en gewoontcn^ bécattende 
coornamelijk banklaat en boschrcchtens . Haag, 1891. (A. u. d. T. : Vaterlandsche 
Rechtsbronnen xii.) (P. J. Blok : pas sans défauts.) — P. 366-367. J. B. Sche- 
pers, Groninpen aïs Hanzestad. Groningen, lô'àl. ^?. V*. NV. \ •^YS^^'^'^^ ^^ ^^-^^îîQct 



- 146 - 

dans quelques parties, style lourd, disposition faible.) — P. 368-369. P. Errera, 
Les MastUrs. Recherches historiques et Juridiques, i, ii. Bruxelles, 1891 (P. J. 
Blok : excellent.) — P. 375-376. Ed. Lentz, Das Vcrhâltnis Vencdigs su Byzanz 
nach dem Falldes Eaoarchats bis zum Ausgang des 9. Jahrhunderts . Berlin, 1891. 
(F. Hirsch : réfléchi.) 

Fasc. 3. — P. 385-441. P. Kehr, Die sogenannte Karolingisehe Schenkung oon 
774. Der Autor giebt zuuâcbst einea Uberblick ûber den Stand dieser hôchst contro- 
versen Frage sowie ûber die Litteratiir (388 n. 1), die seit den die Hauptansichten 
reprâsentierenden Schriften v. Sybels und Fickers darùber erschienen ist. Er will 
den VVor^^at des Schenkungsyersprechens (v. Vita Hadriani, Liber pontificalis, 
éd. Duchesne, I, 498), u. seine Deutungen einer nochmaligen Kritik unterwerfen 
(389 ff.). Resultate : i. An der Tbatsache eines feierlich beurkundeten Schenkungs- 
versprechens Karls kann nicht gezweifelt werden (397). ii. Versuch, die in der Vita 
Hadriani gegebene Grenzlinie (designatum confinium) des Schenkungsverspre- 
chens nâher zu bestimmen, wobei die Landerangaben in 3 Gruppen geschieden wer- 
den (414/15) die dann im Einzelnen untersucht werden (418 £f.) m. Wann ist die 
Inbaltsangabe entstanden? (423 ff.) Eine Fâlschung nach 774, erscheint âusserst 
unwahrscheinlich (427). Handelt es sich wirklich um eine Fâlschung, so muss sie vor 
774 angefertigt werden sein in der Absicht, dem Kônig Karl im April vorgelegt 
zu werden (428). Nachdrûcklich ist zu betonen dass es sich nur um einVcrsprechcn, 
um eine PromisftiOf nicht um eine Donatio handelt (429). Das Pipinisch-Karolin- 
gische Schenkuugsversprechen charakterisirt sich als ein Eventualversprechen, 
als ein Zusatzvertrag z. d. eigentl. Promissio Pipins (431), dessen Echtheit anschei- 
nend kaum mehr gelâûgnet werden kann (432). ZweiPhasen sind in den Verhand- 
lungen d. Papstes mit Pipin von 754 urkundiich nachweisbar (437 ff.). 774 erhielten die 
Abmachungen V. Kiersy eine aktuelle Bedeutung; dadurch dass Karl sich zum 
Kônig der Longobarden niachte, verschob sich spâter die Lage in einer in den 
Vertrâgen von 754 und 774 nicht vorhergeschenen Weise (438). — In einem Nach- 
wort (441 Anm.) pracisiert H. v. Sybel kurz seine Stellung zu der Abhandlung 
Kehrs. — P. 442-459. K. Hegel, Stâdte undGilden der germanischen Vôlker im 
Mittelalter. Eine Antikritik. Réponse à deux critiques de son ouvrage par Gierke et 
Pappeuheim. — Literaturbericht. — P. 468. Ferd. Gregorovius, Klcine Schriften 
xur Geschichte urul Kultur. m. Leipzig, 1892. (Ed. Heyck : à saluer avec recon- 
naissance.) — P. 480-484. Karl. Mûller, Kirchcngeschichte. l. Freiburgi; Br., 1892. 
(Ad. Jûlicher : traite la matière à fond, importont.) — P. 490-495. Arsak Ter 
Mikelian, Die armenische Kirchc in ihven Beziehungen zur bysantinischen (vom 
4. bis zum 13. Jahrhundert.) Leipzig, 1892. (H. Gelzer : excellent, quelques erreurs.) 
— P. 497-498. L. Pastor, Geschichte der Pâpstc seit dem Ausgang des MittelaU 
ters. I. 2. vielfach umgearb. und vermehrte Aufl. Frieburg i. Br., 1891. (G. Kawe- 
rau.) — P. 511-512. J. v. Pttugk-Harttung, Untersuchungen sur Geschichte Kaiser 
Konrads il. Stuttgart, 1890. (E. Ausfeld : de valeur seulement dans qnelques 
parties.) — P. 512*513. Jean Lulvès, Die Sumnia cancellariœ des Johann non Neu^ 
markt. Eine Handschri/tcnuntersuchung ûber die For mular bûcher aus der Kanz- 
Ici Kaiser Karls IV. Berlin, 1891. (K. Wenck : travail consciencieux.) — P. 532- 
3SS. AchjUo Luchaire, Les communes françaises d l'cpoque dos Capétiens direct.'*, 
fans. 1890. (G. v. Below : excellent, mais il ne laul pa^ owUv^it c\uc l'idée fonda- 



-147 - 

mentale de Tatitear n'est pas adoptée généralement.) — P. 535-538. Eduardo de 
Hlnojosa, Hiatoria gênerai del Derecho eapahol. Tomo I. Madrid, 1887. (H. : plein 
de mérite.) — P. 538-539. H. Simonsfeld, Eine deutsche Kolonie zu Treoiso im 
spâteren Mittelalter. Mit einem Ekurs : Freidanks Grabmal. Mûnchen, 1890. 
(S.-A. a. d. Abhandlungen d. k. bayr. Akad. d. Wiss. 3. Kl. Bd. 19. Abt. 3.) 
(K. Wenck : intéressant.) — P. 541-543. K. Krumbacher, Geschichie der byzantl- 
nischen Literatur von Justinfan bis zum Ende dos ostrômischen Reiches (527- 
1453). Mûnchen, 1891. (F. Hirsch : offre beaucoup à notre connaissance, très utile 
et important.) — P. 547. Soph. Ruge, Christoph Columbus, Dresden, 1892. 
(Hâbler : bon et habile.)— P. 553-554. Heinr. Hansjakob, Der schwarze Berthold^ 
der Erjlnder des Schiefspuloers und der Feuerwajfen, Eine kritische Untersu- 
chung. Freiburgi. Br., 1891. (J. R. Dieterich ; fantasque, sans valeur:) — P. 554- 
555. Frdr. Koldewey, Braunschweigische Schulordnungen oon den âltesten Zeiten 
bis zum Jahre 1826, ii. Berlin, 1890. (A. u. d. T. : Monum. Germ. paedag. viii.) 
(Rosemund : de première valeur.) — P. 560. K. Faulmann, Die Erfindang der 
Buchdruckerkunst nach den neue&tcn Forschungen. Wien-Pest-Lieipzig, 1891. 
(Mkgf: faible.) 

T. LXXI (N. F. 35), 1893. — Fasc. 1. Literaturbericht. — P. 78. P. Kleinert, Zur 
diristlichenKultuS'Und Kulturgeschichte. Abhandlunjgen u. Vortrâge. Berlin, 1889. 
— P. 80. Ottokar Lorenz, Gcnealogischer Hand- und Schulatlas, Berlin, 1892. 
(G. Egelhaaf : très utile, excellent.) — P. 81-86. Rioh. Weyî, Die Beziehungen dos 
Papsttums zum frànkisclien Staat-so vnd Klrchenrecht unter don Karolingern, 
RechtsgeschichtlicheStudie. Breslau,1892. (A.u.d.T.,Untcrsuchungenzurdeutschen 
Staats- u. Rechtsgeschichtc. Hrsg. v. O. Geirke. Heft 40). Kehr: travail appliqué, 
n'épuisant pas la matière, beaucoup de fautes, des erreurs.) — P. 86-^7. P. Dônitz, 
tiber Ursprung und Bcdcutung des Anspruhes der Pàpste an/ Approbation der deut, 
schen Kônigswahlen, Halle. Inaug.- Diss. Halle, 1891. (Kehr : pas de nouveau, 
faible, des fautes.) — P. 87-90. Nikolaja Bubnova, Sbornik pisem Gerberta kak 
istorices kij istocnik (983-997), Kriticeskaja monographija. (Die Sammlung der 
BriefeGerberts als eineGeschichtsquelie. Von Nikol. Bubnov.)i, ii. St. Petersburg. 
1888, 1889, 1890. (Kehr : très savant, malheureusemont écrit en russe.) — P. 90-91 
O.LoAï^Qn^Sklaoerei in Europa wâlirend der letzten Jahrhunderte des Mittelalter s 
Leipzig, 1891. (R. ; épuisant la matière.) — P. 91-93. Ant. Chroust, Beitràge zur 
Geschichte Ludwigs dos Baiers u. seinor Zeit. I. Die Romfahrt 1327-1329. Gotha, 
1887.. (J. Heidemann : travail très remarquable, traite la matière à fond avec cri- 
tique.) — P. 93-94. H. Simonsfeld, Analekten zur Papst- und Konziliengeschichte 
im XIV a. XV Jahrhundert. Mùuchen, 1891. (A. d. Abhandlungen d. Kgl. bayer. 
Akad. d. Wiss. 3. Kl. 20. Bd. Abt. 1.) (Karl Wenck). - P. 114. Joh. Sass, 
Deutsches Leben zur Zeit der sâchsischen Kaiser. Ein Beitrag zu den deutschen 
PrieatcUtertilmcrn, Berlin, 1892. (Kehr: épuisant la matière, bon.) — P. 119-120. 
Wurtemberg ischc Kirckengeschichte. Hrsg. vom Calwer Verlagsverein . Stuttgart 
& Calw, 1893. (N. : plein de mérite.) — P. 123. O. Kaemmel, Grundzûge der 
sâchsischen Geschichte fur Lchrcr und Schiller hôhercr Schulen. Dresden, 1892. 
(Th. Flatbe : disposition bonne, utile.) — P. 123-124. O. Sperling, Herzog Albrecht. 
der Beherzte oonSachscnals Gubernator con Friesland, Lav^z\%^ \^%. V^sMîsa.\sà5s»:»?5^ 
Jahresber. d. Kgl Gyma. z. Leipzig.) (Th. Flalbe . ^«iu ^^YvouNÇi^xiA^^^'î^^'^^'^^'^ 



— H8 — 

— P. 1E6. 1. E. HaydeDreiofa & P. Kaaatb, Die Betiekangen des Hamea V/^tin 

lur BerghauplBtadt Freibcrg. Freiberg, 1889. —3. E. Heydeareioh, Geschichte a. 
Poeaie des Freiberger Berg- u. Hùitenwesene. Freibei^, 1892. (Th. Flathe : 1, 
remarquable; a, populaire, bon.) — P. 127-128. Fcl. Priebalscb, Die deutschen 
Stddte im Kamp/e mit der Fûrstengeuiait. UntersuchuQgan zur Geacbichte dep 
EntwickeluDg der fûrstlicben Lan desb obéit, i. Die Hobeazollern u. die Stàdle der 
Mark im XV Jahrhundert. Berlio, 1892. (J. Heidemann : iotèressant, enquête 
savante, beaucoup de dociiments nouveaux.)— P. 128-129. G. .Selto, Die Branden- 
barger Bisthumschronik . Nebsteinem Aobauge, eolballeud; Fragmenta cbronioie 
epiacoporum Brandenburgensium, Brandenburga/H. 1888. (S. -A. a. d. 20. Jabcesber. 
d. hislor. Vereins x. Brandeaburg). |J. Heidemaon : édition consoiencieuso.) — 
P. 129. Wilh. & Berth. Freier, Urkiindlicbe Geschichte des Landes Sternberg 
23-28. (ScblosB-l Ue(. Zielenzig, 1892. [J. Heidemaon : (aible.) - P. 129-132. 
Ludw =ichm dt Die Konîge non Preusaen sind Ho/ieniollern, nicht Abenberger. 
Widerlejung de S h fï Christ. Meyer's iiber die Ahnkerren, desdeutschenKaiser- 
hauaes Berl n 1892 (E. Berner : convaiDcant.)-P. 144-151, Fustel de Coulanges, 
Hislo re des nsl lut ons poUliques de l'ancienne France. Les transformations de 
a royauté pendant l époque carolingienne. Ouvrage revu et compléW pat Cam, 
Jullian Pars 1892 (Ketar : à saluer avec reconnaissance, intéressant, beaucoup de 
conclusions contestables.) — P. 151-155. De recuperatione Terre aancte. Traité de 
politique généraiepar Pierre Dubois, aoocat des eauaes ecclésiastiques aabailtiage 
de Coatances sous Philippe le Bel, Publié d'aprfia le manuscrit du Vatican parCh.- 
V. Langlois. Paris, 1891. (A. u. d. T. : Colleotioa de textes pour servir à l'étude et 
& l'enseignement de l'histoire.) (K. Wenck ; édition eicellente, introduction ins- 
tructive, oUre beaucoup à noire connaissance.) — P. 157-161. Ludo Mor. Hartmann, 
Urkunde einer rômisr,hen Gârtnergenossensckaft corn Jahre 1030. M. Einleilung 
u. Erlâuteningen berausgegebcn. Freiburgi/Br., 1892. (Kehr : intéressant, prendre 
garde à ses conclusions.) ~ P. 163 fl. Notiien and Nachrirhten. (P. 171-174. 
Rëmiscb-germanische Zeit und erste HSltte des Mitielalters.— P. 17G-177. Spâiteres 
Miitetaltet 1250-1500.) 

Fasc. 2. Literaturbericbt.— P. 316-319. Wilb. Gundlacb, Der Streit der Biatùmer 
Arles und Vienne um den Primatus Galliarum. Ein philol(^.-diplomal.-hiatop. 
Beilrag zum Kirchenreobl. Hannover, 1890. (Erweiterter S.A. a. d. N. Aroh. d. 
Ges. t. ait. dtsch Gesch.-Kunde). (K. Meazel: travail remarquable.) — P. 319-322. 
Monumenta Germaniae hislorûia. Libellide lite imperatorumetponliJlcumsaecuUs 
XI et XII conscripti Tom. 1 . Hannoveras, 1891 . (C. Mirct : édition précieuse, quel- 
ques annotations.) — P. 328-334. Carlo Cipolla, Di Roione œseoeo di Asti e di 
aleuni dorumenîi inediti che lo riguardano. Torino, 1891. |S.-A. a. d. Memorie 
délia R. Accademia délia scienze di Torino. Ser. u, Tom. 42). (Kehr : très inté- 
ressant, peu d'erreurs, donne les documents trop en délai). ) — P. 335-338. Alph. 
Bellesheim, Geschichte der kathoUscIten Kirche in Irland ron der Ein/afirung des 
Christentums bis aufdie Cegeninart. Mainz.1890. Bd. 1. 432-1509. (F. Uebermann : 
travail appliqué, mais sans crilique.) — 338-3Ï9- Karl Vilh. Vikt. Key-Aberg, Om 
kommga-och tronjoljarecal ur srensk historisk-oeh statsràttsUg synpunkt 
Upsa}a. laaa. if. Arnheim : de valeur.) — P. 346-348. Henry Harisse, Chrittnph 
Coioatô deoamt fhiatoire. Paris, 1892. (H&blet -. a.^ec toaawm^ de critiqne.l — 



- 149 - 

P. 348-349 1. Herb. B. Adams & Henry Wbod, Columbua & hia diseooery of 
America. Baltimore, 1892. 2. Walt. B. Scalfe, America ita geographical hiatory. 
1492-1892, Baltimore, 1892. (A. u. d. T. : John Hopkins'University Studies. Ser. X. 
N. X, XI. Extravolume XIII.) (Hâbler 1. Populaire. 2. Quelque chose de 
nouveau.) — P. 357 fif. Notizen und Nachrichten. (P. 368-374. Rômiach-germa- 
niache Période u. erate Hàifte dea MUtelaltera. — P. 374-376. Spâteres Mittelalter 
1250-1500.) 

Fasc. 3. Uteraturberlcht. -^ P. 465-498. K. Lamprecht, Deutache Geachichte. 
i-iii. Berlin, 1891-1893. (G. v. Below.) — P. 498. Th. Hodgkin, Theodoric the 
Goth, New York & London 1891. (Fr*, Vogel : bon, populaire.) — P. 498-500. H. 
N. Wîtte, />eatec/ie und Keltoromanen in Lothringen nach der Vôlkerioanderung . 
Die Entatehung dea deutachen Sprachgehletea, Strassburg, 1891. (A. u, d. T. : 
Beitrâge zur Landes- u. Volkskunde von Elsass- Lothringen. H. 15). (Ferd. 
Wrede : des conclusions contestables.) — P. 501. Alfr. Schrôder, Entwickelung 
dea Archidiakonata bia zum XI Jahrhundert, Regensburg, 1890. (Lôning ; 
dissertation consciencieuse.)— P. 501-502. G. Jacob, Welche Handelaartikel bezogen 
die Araber dea Mittelaltera aua den nordiach- baltiaçhen Lândern, 2 Aufl. 
Berlin, 1891. — P. 502-503. Bald. Labanca, Carlom^gno nelV arte criatiana. 
Roma, 1891. (Herm. Ehrenberg : sans critique, faible.) — P. 503. Die Jahr bûcher 
von Fulda u. Xanten. Uebera, (2 AuÛ. ) v. W. Wattenbach. Leipzig, 1889. 
(= Geschichtschreiber d. deutsch Vorzei.t2. Ges-Ausg. xxiii). (E. Ausfeld : 
bon^ et soigneux.) — P. 504-505. P. Albert, Matthiaa Dôring^ ein deutacker 
Minorit dea XV, Jahrhunderta. Stuttgart, 1892. (Br. Gebhardt: très peu de nouveau.) 
— P. 541-542. Conde de Torreanaz, Loa conaejoa del rey durante la édad média. 
Tom. I -II. Madrid, 1884-1892. (Hâbler). — P. 543 ff. Notizen und Nachrichten. 
(P. 552-560. Rômisch-germanische Zeit u. erste Hâlfte des Mittelalters. — 
P. 560-564. Spâteres Mittelalter 1250-1500.) 

Neues Archiv der Gesellschaft fur œltere deutache Geschichts- 
kunde. — T. XVIIL, fasc. 2-3. — P. 365-409. E. Seckel, Zu den Acten der Tri 
burer Synode 895. Eine Handschrift der Stadtbibliothek zu Châlons-sur-Marne 
(Cod nr. 32, vom Verfasser a)*^ 'ollectio Catalaunensis bezeichnet) ist neben einer- 
andern, aber erst in 2. Lim<; stehenden, Sammlung die sehr reichlich Ûiessende 
Quelle Reginos in dessen bekannter Canonensammlung. Eine dritte Quelle Regi- 
nosgiebtes nicht(374). Ausser Regiuo dessen Zuverlâssigkeit sich glâuzend heraus- 
stellt gehôrt auch Burchard von Worms zu déni direcien selbstândigen Benutzern 
der Coll. Cat. (380). Ihr Verfasser dûrfte mit Hattb identisch sein (389). Die Zeit der 
Abfassung fâllt zwischen das Ende der Synode des Jahres 895 und die Benutzung 
durch Regino (c. 906). Der Ort der Entstehung ist vermutungsweise Mainz. 
Quelle der Coll. ist ausser der Vulgata in erheblichem Umfange die gleichzeitige 
amtliche Niederschrift eines einzelnen bischôflichen Teilnehmers der Synode. Sie 
stellt sich dar als selbstândiges u. vollstândiges Ganze mit eigner wenig systema- 
tischer Ordnung-Vorrede (388). Die Sprache ist relativ rein, der Stil wirkungsvoll 
kurz, Eleganz der Fassung, technisches Geschick (389). Beilage I : Beschreibung 
der Handschrift. Beilage II : Canonum Triburiensium CollecUo C9.^\A.>yc^^^*s^& ^ 
Beilage JU : Triburer Canonen einer MûncViiiei VV^.'oâk&OQsSSX. "i '^'îJferà^^^^ — 
F s 411-427. V. Krause, Die Triburer Acten df^r CKAlons*cr HaivâlacKrVJX * '^'^sfiss*^ 



— 150 - 

bei, dass ia der Collectio Catalaanensis die eine Quelle sowohl fûi Regiso als anob 
teilweise fflr Burchard gelonden ist. Dagegen scheint ihm der Werl der Sammlniig 
ûberichâtet und die Charakteristik derselben verfehlt (413j. Sie kaQQ nicht amtlichen 
Urspruog seia (414), Regino bat seiae Vorlage teils formell, teils iahaltlich umgear- 
beiteluDddurcb eigeneZusaLzevermëhrt bez. eine bereitsicterpciierleuaddeniDacIl 
verdachtige Quelle vor sich gebabl (418-91 . Dann wird das VerbàlLniss der Coll. Cal. 
zu dea aadora SammlaDgen uotersncht (419 C(), ilir Wert uad ilire Glaubwiirdjgkeit. 
Sieist eioe zu praklischen Zwecken angefertigle Privatarbeit (434), kann kaum nom 
heutlgen Standpun/cteauaeiiieFâlschunggeiiaDiitwerden (425). Ort der Eolstebung 
viellejcbt Trier (4S6|. Burchard eQtDabm eioige Capitel direct ausder Coll. Cat., die 
ùbrlgea aus Régine mit Hiazuftigung der Capiteizableu seiues Codex (427). — 
P. 429-446. Saitb. Bauraer, Der Micrologus sin Werk Bernolds non Konatam.U 
est impossible qu'Yves de Cbartres en soit fauteur (437) ; saos doute l'auteur est Ber- 
nold (44a), le Microloge est 6cril en 1089 1446). - P. 447-489, J. Dieterich, Ober 
PauUnteller Urkunden und Sigebotoa Vita Paatirue. Die Bulle Hooorius II fût 
Pauliozelle isl eiae plumpe FaUcbuag Paulliais (45S{i Eine ganze Menge der ia 
den Aanaies CsUœ Pautinas ealbalteoeu Urkuudon sind weitere PâlschtiDgen 
desselbeu Maaacs (461), dessen Arbeitsweise eiagebend dargelegt wird. Oem ersten 
Herausgeber der Vila Pauliaas, Mitzschke, wird eine lauge Reiche voq Fehlern 
und Versehen naobgewiesen. — P. 491-526. W. Wattenbacb, Besckreibung einer 
Handschri/i [1043-743] der Stadtbibliothek 3a Roims. Communique des parties de 
ce manuscril. — P, 527-547, R. Bretholz, Die Unterschriften in den galtiachcn 
ConciUen des VI und Vl/ Jahrhunderts. — P. 549-649. Br. Kmsch, Reisc naeh 
Frankreich ira Frûhjahr und Sommer 1892. De grande importance pour la 
moyen âge. Dans l'appendice 1. la Vila Prieiecti est imprimée. — Miscellen. — 
P. 653-663. W. Gundlach, Uber die rermeintliche UnechOieit einiger Stûcke der 
Epiatolw Longobardicœ collecUe des xereeîien A nhang» im III. EpittoUs-Bande der 
Mon. Germ. hisC. — P. 664-655. L. Traube, Zu Walak/rid Strabo's De imagine 
Fetrici. — P. 666-673. E. Sacknr, Die Brie/i GoUfried» eon Vendôme im Cad. Vat. 
reg. t. 59. — P. 674-679. Willib. Hauthaler, Woloe Seecooicnsea, — P 679-680. 
E. SteindorB. Eine unedierte Urkunde SarU IV. Nùrniaei^, 1361, MSrz 3. — 
P. 681-688. los. Seemûller, AasifemStj-ein'acften Naeklass. —P. 689-692. W. All- 
mann, Z« Eberhart -Windecke. — V. 692-693. P. Joachinosobu. Spoliœrse tmm 
Bagler Conril. 

T. XIX, rase, 1. — P. U-i5. Br. Krusch, Reiae nack Frankreich im Frahjahr 
um^ Sommer 1892 (s. o.) (ForlseUung u. Scbluss). Appendices : n. Ein Zusatz za 
der Pa-ssio S. Afrae. m. Aufzeichungen des Abies Lamlred von Mozac ùber Kônig 
Fipins Beziebungen zu seinemKloster iv. Ober die bandscbrihliche Gruudlage von 
Grpgors Miracula — P. 47-83. Adalb. Ebner, Der Liber cites und die ffekrologien 
eon Remiremont in der Bibllothera Angctiea tu Rom. — P. 85-139. V. Krause, 
Die Manchner Handschriften 3851-3853 mit einer Compilation ron 181 Wormser 
SchlOsaen. Description des deux manuscrits, 3 appendices. ~ P. 141-213. O. Hol- 
der-Egger, Studien lu Lambert ton Hen/eld I. I. Die Uberlieferuug der Annalen 
Lamberls. II. DerName des Autors. UI. Die Parteistellung des Klosiers HersFeld 
und Lamberts in den Sach.senkriegen und im Kirchenacbisma. —Miscellen.— 
/^ £17-2^. o. Seebass, Uber iicû Furiner HaruUchrytea des Capi.1,ukir6 tnoiuu- 



- 161 - 

ticum. -^ P. 221, 6. Schepss, '^ûrzhurger Handschrifl gu Theoderieh oon Hers- 
feld. ^ P. 222-227. E. Dûmmler, Zu Udalrick oon Bahenherg, — P. 228-231. 
H. Fitting, Zum Streit um die Grafschaft Prooence im XlIJahrhundert. — P. 232- 
235. R. Dayidsobn, Process œegen F&lschung einer pâpstUchin Bulle, 1216, — 
P. 236^240. Gerh. Seeliger, A us RuprecMs Registern. Publication de cinq docu- 
ments. — P. 241-246. W. Wattenbach, Erwerbungen der Nationalbibliothek in 
Paris oon 1875-1891. Série de manuscrits et de documents relatifs au moyen âge. 

Zeitschriit fur Deutsche Kulturgeachichte. — Neue Folge, t. III (1393). 
— Fasc. 1. — P. 1-127. Cbrist Meyer, Studien sur Geachichte der modernen 
Gfe6e/^Aq/](. I, Die Ëntwicklung des modernen Stâdtebûrgerthums. ii, Zur Ge- 
schichte des deutscben Arbeiterstandes. m, Zur Geschichte des deutschen Bàu- 
ernstandes. — Bûcherbesprechungen.— P. 136. Frz. y.Lôher, Archiolehre Grundzûge 
der Geschichte^ Au/gaben und Einrichtungen unserer Archioe, Paderborn, 1890 
(sans valeur, très faible). — P. 137. Das Rothe Buch oon Weimar, Zum erstenmai 
herausg. und erlâut. v. Otto Francke. Gotha, 1891. (A. u. d. T. Thûringisch- 
sftchsische Geschichtsbibliothek y. P. Mitzschke. Bd. II.) (Très intéressant, travail 
solide.) 

Fasc. S. — P. 145-176. Christ. Meyer, Studien zur Geschichte der modernen Gesell^ 
schaft. IV Zur Geschichte des deutchen Adels. — P. 177-193. Al. John, Zur 
Kulturgesc?iichte des westlichen Bôhmens, I. Humanismus undReformation. — 
P. 194-227. Willi Varges, Die Polizeigesetzgebung der Stadt Braunschweig im 
Mtitelalter. — Literaturbericht. — P. 235. Ad. Ulrich, Bilder ans Hannooers Ver- 
gangenheit Hannooer-Linden^ 1891, (Intéressant.) — P. 236. G. H. Gengler, 
Beitrâge sur Rechtsgeschichte Bayerns. 3 Heft : Die Queilen dés Stadtrechts von 
Regensburg aus dem XIII, XIV et XV. Jahrhundert Erlangen u.. Leipzig, 1S!91 (à 
saluer avec reconnais- sance). 

Fasc. 3. P. 241-272. Christ. Meyer, Studien zur Geschichte der modernen Gesell- 
schafï, IV. Zur Geschichte des deutschen Adels (Schluss). — P. 273-288. Al. Jphn, 
Zur Kulturgeschichte des westlichen Bôhmens, i. Humanismus und Reformation 
(ëchluss).P. 289-302. Alex. Kaufmann, Thomas oon Chantimpré ûber das Bûrgeru 
Bauernleben seiner Zeit. — Literaturbericht. — P. 308-310. Uebersicht ûber die 
Ostern 1892 erschienenen wissenscha/tlichen Beilagen der Schulprogramme. 
(Mittelalter.) — P. 311-312. Frz. v. Lbher^ Kulturgeschichte der Deutschen im 
Mittelalter. Bd. i. Germanenzeit und Wanderzeit. Mûnchen, 1891 (populaire, 
habile). — P. 312. Eberh. Gothein, Wirtschajïsgeschichte des Schwarzœaldes und 
der angrenzenden Landschqften. Lief . 1-9. Strassburg, 1890-1892 (offre beaucoup 
à notre connaissance, de première valeur). —P. 512-513. Joh. Dierauer, Geschichte 
der Scheizerischen Eldgenossenschaft. Bd. II. Golha 1892 (excellent). 

Fasc. 4. — Kleinere Mitleilungen. — P. 387-389. Chr. Meyer, Die mittelalterlichen 
Lôschanstalten der Stadt Augsburg. - Litteraturbericht. — P. 391. C. Kôhne, Das 
Hansgra/enamtf Berlin (travail soigneux) P. 393-427. K. Biedermann, Geschichte 
des deutschen Einheitsgedankens, 1 Art. Divisions suivantes, quant au moyeu 
âge : I. Einleitung. IL Vorberrschen des Sondergeistes in der Urzeit. III, Hervor- 
treten eines einheitlichen Zuges in der Vôlkerwanderung und Verstârkung dessel- 
ben im Frankenreiche. IV. Neue Sonderbildunç^ew \ Aw\ilto^<^ ^«s» '^^\iAaJS.-^^«!t 
Lehnswesens. V, K&rls des Grossen Bestrebungeii 1\vt Vwt^VNÀ%\i\i^^ 



- la - 

gewalt nnd Niederti^tang des arislotraipcb-panikiri»iiiaichm MuM—t t, VI. Die 
GrôDdang eiaer nmen Art roo MmuTcliie : du Erb-WaU^ôaJgtnm in dea mh e n 
Reicbe. VII. Die natôrlicbea Gegner der EinheibEgewa]!. Vm. Die iulienisclw 
Polilik der d^oucbeo Kôoige mitschaldig ui dpr Scbwichiing der deatscbea Ein- 
heiisgewaJl. \X, Vergleichnng der Zusâiide DenischUods itn XII. Jshrtiiuidert mil 
deaeo Fraakreichs and EngUnds 2U derselben Zeit. X. Du Kànigtom der reioen 
Wahl, 

Z«dt8chrin tôr Kiroheageschiclit«. T. XIV. (1893). 

Fasc. 1. — P. 1-13. K. HanpL Deutteh-bôhmistJit WaJdenser um 1340. — Trois 
snppljmeots. — Auslektea. — P. 7E-92. O. Seebaxs, Ordo saneti CoUimbani 
abbatia de eita et aetione monackorum — F. 63-97. O. Seebass. Ûber dea 
Ver/asBer einea Cod. Paris. 16361. aufge/andenen Bri^tt Obtr die ehrisliiehin 
Feate. — F. 97-118. Reinh. Rôhricht, Srû/e des Jacobus de Vt<ria<w|12I&-l22l).— 
I. Oetob. 1216. II. 5ab Boem manu 1217. — P. 118-124. Gust. Kaod, FùuiUnge. 

1. Za Jok. Reuchlin. IL Za Jacob Wimg/eUng. 

Fasc, 2. — Nachrichlen. — P. 241-325. Nat^richiaii. Recensionea nnd Anzeigen. 

Fasc. 3. — P. 347-403. G. Uhlborn , Der EinJluM der loirtaefi^flichtn 
Verkâltniaae au/ die Euicicklung des Mônehlums im Mittelalter. Eine Studie. — 
Analekten. — P. 430-448. Dos Peeniientiate Columbani. Hrsg. t. O. Seebass. — 
Miscelleo. — P. 4S1-453. A. BemouilU, Zwei Eatempla aua mitielalterlUe/ieit 
PredigUn.—P. 453-454. G. Liader, Zur Geachickte der Immanitât oder der geistU- 
chen Vorrechte. 

Acadâmies et Sociétés. 

Sltzangsberichte der Kgl. Prausaischen Akademie' d«r Wisoui- 
schallen zu Berlin. Jabrgang 1S93. I. HaJbbd. Jan.-mai 1893. ~ P. 395-iSO. 
W. Wailcnb.icti, Die ApoloijU dex Giudo ron Baioclies. 

Nachricbtea von der Koenigl. CresellBchaft des Wiss. < and der Geoig- 
Augaata-UntversltBBt za Gœttingen. Aus dem Jabre 1893. N" 1-14. — P. 231- 
243, O. Guntber, Zu>ci mittelallerlic/ie Declamattonen ùber Thomas Becket. 

Berlchte iiber die Verhandlangen d. Kgl. SeectiB. Gea. d, WIbs. m 
Leipslg. phil.-bisl. Cl. fld. 45 |1893|. - P. 197-209. R. WUlker. Die Entstehung 
der christlif.hen Dichtang bei den Angslaachaen. 

1. Les H Abbaodlangea s de l'Académie de Berlin pour 1893 a'oDt pas encore 

2. Les • AbhaadJungen * de l'Académie de Gcettingen pour 1893 a'oat pas 
encore paru. 

3. Les » Abhandtungen » d. Kgl. Sâchs. Ges. d. Wiss. z. Leipzig, pbil.-hist. 
Cl., pour 1893 ne contiennent rien do relatif au moyen âge. Le Preissobrift der 
Jablonowski-Gesellscban fur 1893 n'a pas encore paru. 

Lus ■ Abhandlungen n d. Kgl. Bayr. Atad. d. Wiss., hist. Cl., l. XX. Abt. 

2, 3 (1893) et Icn Silxungshericble d. philos.-philolog und bist. Cl. d. Kgl. Bayr, 
Akad. d. Wi». 1893. Fas. 1, l. ae conliennent rien de relaUf au moyen Âge. 




CKALOH-BV^a^t.^ï^ljIS^ÏS^'lÇ K °- 



LE MOYEN AGE 

BULLETIN MENSUEL D'HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE 

DIRBO'TIOM^ : 

MM. MARIGNAN, PROU ET WILMOTTE 



JUILLET 1894 



Ulysse Chevauer, correspondant de l'Institut. — Poésie liturgique 
traditionnelle de l'Eglise catholique en Occident^ ou recueil 
d'hymnes et de proses usitées au moyen âge. — Tournai, Desclée et 
Lefèvre. 1894, 1 vol. in-8s lxviii-288 p. 

Le livre de M. Chevalier fait partie d'une série de publications du 
même auteur, série intitulée Bibliothèque liturgique, M. Chevalier nous 
donne ici un texte des hymnes et des proses « usitées au n^pyen âge et 
distribuées suivant l'ordre du bréviaire et du missel». L'ordre adopté 
est simple et clair. C'est (( l'hymnaire d'un bréviaire et le prosaire d'un 
missel fondus ensemble ». L'auteur a entendu faire une anthologie « basée 
sur l'examen attentif des usages de presque toute la chrétienté». Quant 
au texte de ces hymnes et de ces proses, M. Chevalier ne s'est pas borné 
à nous donner celui des bréviaires ou missels du xvi* siècle ; il a voulu 
donner un texte critique. « La partie la plus diflScile du travail a été le 
choix des variantes; elles sont nombreuses, et encore n'ai-je donné, dit- 
il, que les principales, classées d'après l'ordre décroissant d'importance. 
Les bases d'opération de notre critique ont été : Tommasi pour les 
hymnes, et M. Misset pou-r les proses, aoec une teinte plus conservatrice 
que radicale, c*est affaire de tempérament : il est à cet égard aussi 
difficile de se perfectionner que de se pervertir ». En tête de l'hymnaire, 
M. Chevalier a inséré un «Calendrier du moyen âge», établi, nous 
assure- t-il, «par la comparaison de nombreux livres liturgiques», tels 
noms « figurant dans tous les recueils sans exception », tels autres « dans 
les trois quarts », tels autres « dans la moitié au moins ». — Nous ne dirons 
rien des principes de méthode exposés ici par l'auteur. Quoi qu'il en 
soit, et à condition de prendre cette anthologie pour un recueil de mor- 
ceaux choisis comme il en circule dans l'enseignement, on peut dire que 
le recueil de M. Chevalier est instructif, pédagogique, et qu'il constitue 
on appendice développé et utile à l'histoire d\i btfeNmt^ xotùaxû.* 



— 154 — 

L'introduction est un morceau important, où l'auteur fait Thistoire 
des hymnes dans TofiSce canonique; c'est un sujet qui a été traité plu- 
sieurs fois, tout dernièrement par un auteur que M. Chevalier n'a pas 
négligé, mais avec qui il ne s'accorde pas fréquemment. Essayons de 
passer rapidement en revue les points en litige. 

Saint Hilaire de Poitiers a écrit des hymnes métriqties, hymnorum 
carminé Jloruii primus^ et il a été le premier à en écrire, si nous en 
croyons Isidore de Séville; mais s'il est permis d'en juger par les trois 
qui nous restent et que M. Gamurrini a retrouvées naguère, leur facture 
tout à la fois savante et gauche, leur style tourmenté et obscur n'étaient 
pas propres à les rendre populaires; aussi bien ne le devinrent-elles pas, 
et rien ne prouve que leur auteur les ait écrites pour qu'elles le devinssent. 
Saint Ambroise, au contraire, a composé des hymnes populaires, et non 
des'vers de lettré comme les trochaïques et les asclépiades de saint 
Hilaire; Ambroise a écrit de bons dimètres iambiques, c'est-à-dire dans 
le mètre le plus voisin de la prose ; il a écrit des hymnes d'une inspira- 
tion toute catéchétique, et, avec cela, d'un style d'une élégante sobriété 
et d'une clarté parfaite. Les hymnes de saint Ambroise furent chantées 
dans tout Milan et bientôt dans toute l'étendue de l'Italie et de la Gaule, 
c'est Fauste de Riez qui nous l'apprend : le nom d'ambrosianus fut 
désormais donné aux cantiques en dimètres iambiques, et de toute part 
on en vit paraître sur ce modèle chrétien, créé par saint Ambroise. 
L'œuvre authentique d'Ambroise qui nous est parvenue se borne à peu 
de chose; encore n'est-il plus permis, depuis les belles recherches du 
R. P. Dreves, Aur. Ambrosius der Vater des Kirchengesanges, 1893, 
de limiter à quatre hymnes l'œuvre conservée d'Ambroise; on peut 
porter à quatorze le nombre des hymnes ambrosiennes d'une authenticité 
désormais établie ; quatre autres d'une authenticité probable élèvent à 
dix-huit hymnes le recueil de saint Ambroise. Ambrosiens réels ou 
supposés, les cantiques en dimètre iambique constituaient au vi© siècle 
une sorte de canon, — comparable à ces recueils de vieux cantiques 
populaires sur airs connus, qui font la joie des missions et des confréries, 
tels les Cantiques dits de Marseille, — et ce canon sollicita une place 
dans la liturgie de TofiSce. 

Mais quand on cherche dans les textes la trace de l'entrée des 
hymnes dans l'office, il faut se défier du sens gardé longtemps par le 
mot hymnus. Ce mot était au iv® siècle synonyme de psaume, et ce que 
nous appelons hymne s'appelait carmen. Ainsi, lorsque saint Hilaire 
écrit : 

Credens te populus rogat 
Hj/mnorum re$onans mitis ut audias 

Procès quas tihi concinit 
Aclas omnigena sancti gregis iui, 

nonrrait croire que saint Hilaire fait chanter des hymnes à son 



-155- 

peuple. Mais que l'on relise ce qui sert de pri^niière strophe à cette 
même pièce de saint llilairc, 

Félix propheta Daciti primas orf/ani 

In carne Christum ht/mnis mtin'lo nttntians, . . 

et l'on comprendra que ces hymnes sont Kis psaumes de David, l'n texte 
souvent cité de saint Jérôme ((^omm, in Kph. v, 19) exprime didactiquc- 
ment cette synonymie; un texte des Vnriœ de Cassiodore (éd. Mommsen, 
p. 71) montre qu'en 507-511 le mot hymne n'avait pas oneoi-e pris dans 
la langue romaine le sens de cannen, et eontiiiuait à désigner les 
psaumes. Autant dans hi hmgue do (îrégoii'e de Tours. Voilà pourquoi 
le canon 30 du concile d*Af<de de 50G, où \c mot hj/mnus n*«»st pas déter- 
miné, nous semble parler de psaumes et non d'hymnes, «a nous ne 
concéderions pas à M. Chevalier que ledit concile d'Agde « avait rendu 
les hymnes obligatoires à matines et à vêpres» (p. 10', puis(ju'on ne 
peut pas affirmer qu'il y soit question d'hymnes proprement dites. 

La r{*gle de saint Aurélicn, évéque d'Arles (540 551), nous montre au 
contraiit) que, au moins dans une partie des monastères d'Arles, le fait 
était accompli de l'introduction des hymnes amhrosiennes dans Toffiee. 
On possède le texte de Vordo psallencii rédigé par ses soins, et ce texte 
non seulement mentionne une hymne, hijtnnu!^, aux vigiles nocturnes, 
à laudes, à prime, à tierce, à sexto, à none, à vê])res, mais «'neore il 
donne les premiers mots de dix do ces hymnes. A <*cs dix hymnes, il 
ajoute le Te Deiim pour les laudes du samedi, h» (rloria in cjrolsis pour 
les laudes du dimanche, enfin « ad socundos noclurnos » de TofRco férial 
une hymne qu'il intitule Mar/na et mirahilia, .le crois cjue cette 
«hymne» est à identifier avec la petite? composition vn prose publiée 
par Tommasi, O/k omnia, t. II, p. 401 : « Magna (»t mirahilia opéra tua 
sunt, domine », etc. Toutefois, qu'on h» ronianiue bien: 1" ces hymnes 
métriques sont introduites dans un oflitîo qui n'est point rollice clérical, 
mais un office monastique, et 2" cet hymnaire ou essai d'hymnaire 
monastique est composé do pièces dont M. Clicvalie^r (^tinie qu'elles 
sont «étrangères à l'hymnaire bénédictin » (p. 14). Aurélicn, évoque 
d'Arles, ne parait pas, du reste, être l'auteur do colto introduction des 
hymnes dans l'office monastique; un de ses prédécesseurs sur le* siège 
d'Arles, saint Césaire, a lui aussi rédigé une règle* monastique o{ décrit 
un ordo psallendi dans cette règle; or, cet ordo comporte dc'jà des 
hymnes, six de c(»s hynmes y sont montionnéi^s par leurs premiers mots, 
et quatre de ces hymnes se retrouvent parmi l(»s dix qu'énumèro Auré- 
licn. Il est difficile de dire (|u'Aurélion no dépend pas do Césaire. Et 
Césaire lui-même dépendrait des usages pratifjués à Lérins : Ordineni 
etiam fjiiomodo pmllere debeatis e-v tnad-ima parte sccnnduni ref/ulam 
monasterii Ir/rincnaia in hoc libello indicftriinua insfrcndiun, dit le tc^xte 
de la règle de saint Césaire, publié par les Bollandist«»s (p. 11). On peut 
donc affirmer que Tintroduclion des hymnes îvu\\)to^\viv\vivi^ d-AW^ V^^ce 



— 156- 



n 



était un usage monastique reçu à LÉrins et à Arles dès la première moitié 
du vi' siècle. C'est exactement à cette môme époque que saint Benoit, 
rédigeantl'o/'tfo de l'office de sesmoiDes, y fait une place aux ambrosiani. 

L'usage de chanter des hymnes à l'office se propagea en Gaule autour 
d'Arles et de Lérins, mais combien péuiblemeni? Un concile tenu en 567 
nous montre cet usage tendant à s'implanter dans la province de Tours 
et les évêques ne s'y opposant pas : Licet hymnos ambrosianos habea- 
mua in canons. . . , et non seulement des hymnes de saint Ambroise, mais 
à'a,utTeBen.core qaidigni sunCJorma caniari. . ., les évêques les acceptent, 
cotamus Ubenler amplecli eos praelerea, à condition qu'on en connaisse 
les auteurs. Il est difficile de dire que les év&ques de ta province de 
Tours mettent un grand empressement à propager l'hymnaire. Le concile 
de Braga, de 563, le proscrit impitoyablement: ,. .extra psalmos .. . 
nihit poelice composilum in ecclesia psallaiur. 

Au vu" siècle,on constate que,si l'usage de l'hymnaire s'étend en Gaule(?) 
et en Espagne (n'oubliqns pas que l'Espagne wisigothique s'étendait jus- 
qu'au Rhône), il n'a pas vaincu toute résistance. Le treizième canon du 
quatrième concile de Tolède, en 633, menace de l'excommunication 
Il ceux qui oseront rejeter les hymnes h, en nous apprenant du même 
coup que « certains réprouvent les hymnes », même celles de saint 
Hiiaire (?} et de saint Ambroise, sous prétexte que ce sont des pièces 
fl étrangères à la sainte Ecriture et à la tradition apostolique ». Le concile 
de Tolède n'admet pas que l'on réprouve les hymnes plus que les orai- 
sons ou le Gloria in excelsis, et il conclut : SictU igitur orationea, ita 
et hymnos in laudem Dei composHoa nuilus oeatrum ulterius improbet, 
sed pari modo Gallia Hispaniaque cdebret (p. 15). On peut croire, sur 
la foi de ce concile, que la Gaule et l'Espagne sont d'accord pour mêler 
l'hymnaire à l'office, et que les réfractaires à cet usage sont rares et de 
peu d'autorité ; mais c'est là une induction qui demande à être contrôlée'. 
Le Cursus gaiUcanus, c'est-à-dire la liturgie gallicane, dans la plupart 
des Églises, ne pratiquait en réalité pas l'hymnaire. Nous citions plus 
haut le 23° canon du concile de Tours, de 567, qui concède la faculté de 
chanter les hymnes dont les auteurs sont connus ; mais il est à remarquer 
que le 18' canon du même concile, qui donne l'ordre de l'office de la 
basilique de Saint-Martin et des églises de Tours, ne mentionne point 
d'hymnes, mais seulement des antiennes et des psaumes. Il n'est pas 
davantage question d'hymnes dans le De ciirstt ateUariim de Grégoire de 
Toui-s, qui renferme un si curieux ordo psaltendi, et « bymnus» y est 
encore synonyme de psaume. De m6me dans l'œuvre de saint Germain 
de Paris. A Vienne et à Lyon, nous savons positivement qu'on les répu- 

1. Le car»U9 ScoUoram, c'csl-à-djre la Itlur^e irlandaise, si pénéU'ée qu'elle 

élail par les usages moDasliques, comportait non seulement des antiennes el des 

râpons, miils aussi lies hj'mncs; nouâ en avons pour uSmoin le cëlËbre anlipbo- 

ajt/ro de Bangor. en Irlande, aujourd'hui à la bîbliotbëque ambrosienne de Milan, 

maaascrit Écrit entre 680 et 691, dont M. Chevaticr dit cia6\es\iîn\>ifcs ■mu'il ren- 

^■M aulocbtones A l'Irlande, n'ont pénélrê dans aucune auueVvWtiiie » Vft- VIN- 



- 157 — 

diait, et je suis surpris que M. Chevalier n'en dise rien. En Espagne, au 
contraire, la discipline du concile de Tolède de 633 consacre l'usage de 
l'hymnaire : Isidore de Séville (p. 636) exprimait au moins cet usage 
espagnol, quand il disait du recueil des hymnes ambrosiennes « ...per 
totius occidentis ecclesias observaiiir^ (De off,, I, 6). Serait-ce généra- 
liser témérairement que de dire que l'office des clercs était, en pays frank, 
resté fermé aux hymnes, tandis que la Gaule du midi et l'Espagne les 
avaient accueillies à l'imitation des monastères? 

A l'époque de Charlemagne, l'introduction en France de l'office romain 
ne modifia point ce régime. M. Chevalier n'ignore certainement pas la 
lettre de l'archevêque de Lyon, Leidrade (798-814), à Charlemagne ; le 
prélat y rapporte au prince qu'il a restauré l'office divin dans l'Église de 
Lyon, in lugdunensi eeclesia est ordo psallendi instauratus ; il l'a res- 
tauré en conformité avec la liturgie du palais impérial, c'est-à-dire la 
liturgie romaine, secundum ritum sacri Palatii; il a institué des écoles 
de chantres, habeo ffcholaa cantorum ex quibus plerique ita sunt eruJiti 
ut alios etiam evudire possint (Migne, Pair, lat,, t. 99, col. 871). 
L'office restauré ainsi par Leidrade comportait-il des hymnes? Non. 
Agobard, en effet, quand il reproche à Anialaire d'avoir osé corriger le 
texte de l'office romain reçu en France, lui reproche d'y avoir introduit 
des répons et des antiennes dont la lettre n'est pas empruntée à l'Ecri- 
ture sainte : Sed et recerenda concilia Patvnni décernant nequaquam 
plebeios psalmos in ecclefiia decandantoa et nihil poetice conipofiitum in 
dicinis laudibuts usurpandum (De divina psalm., t. 104, col. 327j. 
Agobard en appelle en cela aux prescriptions du concile de Laodicéeet du 
concile de Braga. Dans son livre J)e correctione antiphonarii, il y 
revient avec plus d'insistance : N^on cuiuscunquejif//nenti.9, sed spiritiis 
sancti eloquiis maiesias divina laadanda ef<t,., (col. 330)... omnia 
humana Jîgmenta respuentes (ibid.); ,,.adinoentiones honiinum quani 
superfLuaa respuentes, verbis Doniini quae ad omnia sujfiriunt in eius 
laudibus personemus (col. 337) ...ojfficialem libelluni hnbeannis omnibus 
humanis Jifjmentis et mendaciis expurf/atum, et per totnm anni circuluni 
ex puri;sisimis sanctae script urœ cerbi s sttjfficientissim'^ ordinatum,,,^ 
juxta probatissimam fidei rcf/nlam et paternrr auctnri:atis [l'autorité 
de Leidrade] oenerabilem disciplinam,,, col. 338). Si roflice de Leidrade 
avait renfermé des hymnes, Agobard ne se serait pas exprimé avec cette 
véhémence contre les pièces non bibliques admises par AmaUiire. Nous 
savons d'ailleurs que l'oflice d'Amalaire ne renfermait point d'hymnes, 
conforme en cela à l'usage traditionnel de Lyon, à l'usage de la chapelle 
Palatine, à l'usage de l'Église romaine. 

Nous sommes loin du compte de M. Chevalier, et il nous semble bien 
difficile de lui accorder que l'hymnaire ait eu avant le ix® siècle la vogue 
qu'il lui attribue. Nous sommes, au contraire, d'accord avec lui quand 
il rappelle que, en 817, c'est-à-dire en un temps où les Églises franq^ues 
étaient toutes passées au rite romain, un condW Ôl X\^-Vi\.-C\YàJ^^^^ >^^^^- 
crit aux moines de s'en tenir au rite \)èn60L\cÛY\Vç•^^^^^*'^'^^'^^^^^ 



— 158 - 

que le rite bénédictin était demeuré fidèle à l'hymnaire (ibid)^ et que, au 
ix® siècle, l'hymnaire (au moins pour le commun du temps) était défini- 
tivement fixé (p. 20). C'est cet hymnaire bénédictin du ix* siècle qui pas- 
• sera dans l'office des églises, qui y passera tel qu'il était au ix" siècle, 
qui s'introduira dans le rite romain lui-même, j'entends le rite usuel, non 
le rite traditionnel et quasi immobile des offices pontificaux, tels que le 
décrivent les ordines romani. L'introduction de l'hymnaire dans l'office 
romain est attestée au xi* siècle par un texte d'Udalric de Cluny, que 
M. Chevalier a très heureusement mis en lumière (p. 24); elle est bien 
une caractéristique de ce modernum qfficium, combinaison de l'office 
romain du temps de Charlemagne et de l'office monastique du temps de 
la prépondérance de Cluny. 

Je m'arrête, effrayé déjà de la longueur de ce compte rendu. M. Che- 
valier a trop l'expérience de l'érudition pour ne pas y faire une part à la 
contradiction; qu'il veuille bien prendre la nôtre en bonne part, comme 
celle d'un humble critique, qui a pour l'hymnologie ecclésiastique et ses 
humanajif/menia beaucoup moins de ferveur que lui, mais qui ne vou- 
drait le céder à personne dans l'estime des éminents services que M. Che- 
valier a rendus à cette branche de l'histoire littéraire. 

P. B. 



V.-J. Vaillant. — Notes boulonnaises, n9 x. Maistre Mahieu 
(Matheolus) satirique boulonnais du XIII» siècle. Essai de 
biographie. — Boulogne. Simonnairel894, in-S^. 48 p. avec planche 
photographique (manuscrit latin 65, de la bibliothèque de l'université 
d'Utrecht). 

On connaît la récente édition des Lamentations de Matheolws que M. le 
professeur A. G. Vaiî Ilamel a donnée d'après l'unique manuscrit de ce 
livre célèbre, retrouvé par lui à Iltrecht. Cette œuvre d'un boulonnais du 
XIII® siècle ne pouvait échapper à l'attention de M. V.-J. Vaillant, l'é- 
minent érudit qui se plaît à faire revivre tour à tour, en des pages d'un 
égal intérêt, l'histoire de sa patrie depuis l'origine de la cité romaine de 
Boulogne jusqu'aux derniers jours de la province de Boulonnais. lia 
trouvé dans les vers latins de Matheolus la mention de toute une série de 
personnages qui sont pour lui de vieilles connaissances, et confrontant 
ces textes avec les cartulaires de S. Bertin et de Térouanne et autres docu- 
ments contemporains, il idontilio les personnages avec ceux dont le poète 
décrit, parfois très finement, les caractères, et ils deviennent pour nous 
des figures vivantes. lien est de monie du poète, maître Mahieu, le pauvre 
clerc qui en épousant, au mépris des canons, damoiselle Pernelle, avait 
perdu à la fois un riche prieuré et toutes ses illusions sur le sexe enchan- 
teur, mais décevant, qu'il a dépeint sans flatterie aucune. Pour compléter 
so/7 tabJeau M. V.-J, V, cueille encore dans Ve poto\^ c\v3lç\c\v3l^s amusants 



- 159 - 

détails de mœurs et emprunte quelques gracieuses physionomies aux 
pierres tombales du musée de Boulogne. 

Une seule hypothèse de Tauteur ne semble pas admissible. Il raccom- 
pagne, du reste, d*un notable point d'interrogation. Il s'agit de la possi- 
bilité de voir un nom de prieuré dans le vers : « Jamque salutabar prior 
ipse, Rabique vocabar. » Il faut, en effet, mettre une virgule avant Rabi 
et n'y voir qu'un mot hébreu emprunté aux Evangiles : (( On me saluait 
déjà des noms de prieur et de seigneur » a simplement voulu dire l'infor- 
tuné Mahieu pleurant son bénéfice et sa dignité perdus. 

Tout lecteur de cette plaquette épi:ouvera, je crois, un plaisir double et 
assez rare : celui de voir l'œuvre d'un homme d'esprit commentée par un 
homme de savoir et de non moins d'esprit. 

C. Enlart. 



Jules Andrieu. — Une province à travers les si3cl3s. Histoire dj 
l'Agenais. - Paris, Picard, et Agen Ferrau, 18.m{, ^ vol lu 8^, 
x-306p., et 346 p. 

L'histoire de l'Agenais est. très obscure jusqu'au XI P siècle. On ne sait 
presque rien sur les Nitiobriges, peuplade celte qui avait Agen pour capi- 
tale, et l'on n'a aucun renseignement sur l'Agenais sous la domination 
romaine. Le pays fut conquis par les Visigoths et partagea les vicissi- 
tudes politiques de l'Aquitaine. En 853, Agen fut complètement détruite 
par les Normands. L'Agenais fit partie de la dot d'Alienor d'Aquitaine, 
appartint successivement à Louis VII et aux Plantagenets, et fut donné 
par Richard Cœur-de-Lion au comte de Toulouse Raimond VI, quand 
celui-ci épousa la sœur du roi d'Angleterre. Les documents commencent, 
dès lors, à se faire moins rares. Ils nous montrent l'Agenais envahi 
par l'hérésie cathare, dont les prédications des Henriciens avaient préparé 
la propagation. Disputé ardemment par la maison de Saint-Gilles aux 
croisés du Nord, l'Agenais jouit enfin, sous le gouvernement d'Alfonse de 
Poitiers, d'une heureuse tranquillité ; les privilèges municipaux se 
multiplièrent et de nombreuses bastides se fondèrent. Mais dès la fin 
du XIII® siècle, les rois de France et d'Angleterre se querellaient pourla 
possession de ce malheureux pays. Puis éclata la guerre de Cent Ans : 
l'Agenais fut occupé tour à tour par les deux partis et saccagé par les 
routiers. Enfin cette province devint définitivement française, et sous 
Louis XI, Charles VIII et Louis XII, la paix y ramena la prospérité. 
L'influence de la Renaissance y fut profonde : Agen eut pour évoque, de 
1550 à 1555, l'humaniste italien Bandello. Le relâchement des mœurs du 
clergé favorisa la cause de la Réforme dans le pays, et les guerres reli- 
gieuses du XV1° et du XVII<^ siècle y furent' particulièrement âpres et 
sanglantes. Au XVII© siècle, l'Agenais perd ses États, se transforme en 
pays d'Élection, et, secoué violemmeivl p^t \fe^ Çk.^\\5S>^ç»w^ ^^\^^\^^^^^^^- 
tombe ensuite dans an calme repos. 



- 160- 

M. Andrieu remarque dans sa Préface qu'à partir du règne de 
Louis XIV rhistoire de TAgenais n'offre rien d'intéressant. Nous ne 
voyons pas dès lors pourquoi il a poursuivi cette histoire jusqu'à nos 
jours. Cen'estmalheureusementpointleseulreprochequenousayonsàfaire 
à l'auteur. Tout d'abord, les faits que nous venons de résumer devaient-ils 
faire l'objet d'une monographie ? Nous ne le pensons pas. Une histoire 
provinciale ne peut avoir d'intérêt que si le pays a eu une véritable auto- 
nomie, s'est distingué nettement des régions voisines par son évolution 
politique et ses coutumes, a été réellement une procince. Tel est le cas 
de la Normandie, de la Champagne, de la Bretagne, jusqu'à leur 
annexion au domaine royal. Tel n'est pas le cas de TAgenais, qui n'a 
jamais eu d'individualité, au moins dans les périodes bien connues de 
son histoire, et a seulement subi le contre-coup des grands événements 
qui agitaient la Guyenne et la Gascogne. Encore pouvait-on se proposer 
de décrire l'aspect du pays du Xll® au XVI P siècle; d'étudier soigneu- 
sement les institutions locales, la condition des personnes, le changement 
progressif des idées et des mœurs; de réunir en un tableau d'ensemble les 
résultats des travaux accomplis par les archéologues agenais; on aurait 
rappelé, mais très brièvement, les événements qui causèrent alternative- 
ment la prospérité et le malheur des habitants et modifièrent leur façon 
de vivre et de penser. C'est justement tout le contraire que M. Andrieu a 
fait. Il trouve à peine utile de résumer ce qu'on sait sur les communes, 
les bastides et les coutumes de TAgenais; il se décide à y « consacrer 
quelques lignes » tout à fait insuffisantes; il ne nous décrit pas la condi- 
tion des paysans ; il éparpille dans tout son ouvrage les notions relatives 
au développement des villes, et c'est dans les notes, selon les hasards du 
récit, qu'il faut chercher les descriptions archéologiques. En revanche, 
il ne nous fait point grâce d'un seul petit fait historique; comme TAgenais 
n'a eu aucune existence individuelle, M. Andrieu est obligé, selon ses 
expressions, d'établir « la relation souvent intime des faits agenais avec 
la marche des événements nationaux » ; au lieu d'établir cette relation 
par des allusions très brèves, M. Andrieu consacre une bonne partie de 
ses deux volumes à faire des exposés d'histoire générale qui n'ont aucune 
espèce d'intérêt et contribuent à rendre assez fastidieuse la lecture 
de son ouvrage; ce livre, nous dit-il, pourrait aussi bien avoir pour 
titre : L* Agenais dans r Histoire; il vaudrait encore mieux l'appeler, 
croyons-nous : L'Histoire de France eue par un Agenais. 

M. Andrieu était assurément mieux préparé que tout autre pour une 
pareille œuvre; s'il n'a pas fait de nombreuses recherches personnelles 
pour tâcher d'épuiser le sujet, s'il ne s'est pas décidé à aller chercher 
dans les archives anglaises des documents nouveaux sur l' Agenais, il 
emploie du moins les actes et les chroniques publiés et connaît très 
complètement les travaux de seconde main, dont le passé de ce pays a 
été l'objet; on sait qu'il a dressé récemment une Bibliographie générale 
^e rA^enais îoTi estimée; mais il ne suffit pas d'être érudit pour être bon 
àlstorien. U faut chercher une méthode, s' asXtemàt^ ^ \xxv^ ^^cv^V\tl^. 



- 161 - 

M. Andrieu n'examine pas avec une suffisante attention les sources qu'il 
exploite; de plus il ne nous permet pas de contrôler facilement ses 
assertions : les notes, où il nous apprend que Marguerite de Navarre a 
composé THeptaméron et que Richelieu était un grand homme, con- 
tiennent de bien rares références, qui souvent sont données au hasard. 
En veut-on un exemple ? M. Andrieu nous dit (t. I, p. 57), qu'en 1219, 
l'armée royale, après avoir repris la Rochelle aux Anglais, vint rejoindre 
Amauri de Montfort devant Mar mande, et il nous renvoie en note à la 
Chanson de la Croisade. Or, c'est à Guillaume de Puilaurent seul que 
notre auteur a pu emprunter cette assertion; emprunt que d'ailleurs il a 
eu tort de lui faire, car Guillaume de Puilaurent se trompe, et la prise de 
la Rochelle a eu lieu en réalité cinq ans après le siège de Marmande. Le 
même chapitre nous offre un spécimen du soin que met M. Andrieu à 
renseigner ses lecteurs sur la bibliographie du sujet. C'est p. 61, au 
milieu du chapitre et sans aucune raison, que M. A. placfe l'énumération 
des ouvrages à consulter sur la croisade en Albigeois. H ne dit pas un 
mot du travail capital de Schmidt, et cite en revanche Y Histoire des 
Albigeois, de Peyrat, historien épileptique, qui a vu dans l'hérésie 
cathare l'origine des idées napoléoniennes I Si j'ajoute que M. Andrieu, 
ayant adopté l'ordre chronologique, ne s'y astreint pas strictement, si 
bien qu'il faut chercher dans une note du chapitre relatif à TAgenais au 
XVI** siècle des renseignements sur rétablissement de l'Inquisition dans 
ce pays en 1238; que le style trahit une précipitation regrettable et 
qu'on trouve fréquemment des phrases comme celles-ci : « Les Albigeois 
étaient si peu exterminés qu'ils allèrent jusqu'à nommer un anti-pape » 
(tome I, p. 59); ou encore : « Le gâchis le plus extravagant s'affirmait 
dans tous les sens » (II, 149); on comprendra quelle déception procure 
la lecture de V Histoire de l'A gênais à ceux qui connaissent les travaux 
antérieurs de M. Andrieu et qui attendaient de lui un très bon livre. 

Ch. Petit-Dutaillis. 



Franz- Friedrich Leitschuh, — Greschichte der Karolingischen 
Malerei, ihr Bilderkreis und seine Quellen, 59 Abbildungen. — 
Berlin, G. Siemens, 1894, in- 8*. 

Dans cet ouvrage, composé d'abord pour un concours académique, 
puis remanié et imprimé dans d'assez défavorables conditions, M. Leit- 
schuh a cherché à coordonner les recherches antérieures sur la calligra- 
phie, la miniature et la peinture murale de l'époque carolingienne. 

Ce livre peut se diviser en trois parties. Dans la première, l'auteur 
étudie surtout les sources de la peinture carolingienne qui, selon lui, a 
subi quatre influences : celle de l'antiquité, celle de l'art anglo-saxon et 
irlandais, celle de l'art chrétien primitif etewftw V\v\^\y^\i^^'^^\'e'^^sbSft 
Cette première partie se termine par deux cYiîL\i\Xi'è^>^'>^XN^^î»x^^'^^^ ^i»s^^ 



- 162 — 

général que les précédents, sur les deux manifestations principales de la 
peinture de cette époque : la peinture murale et la miniature. 

M. Leitschuh examine ensuite, selon Tordre chronologique, les repré- 
sentations de cette époque qui nous sont parvenues, et les range sous les 
rubriques suivantes: 1** ancien Testament; 2° nouveau Testament; 3** les 
évangélistes, les saints et les Pères; 4® les empereurs et les princes; 
5** les littérateurs, et, en dernier lieu, diverses compositions symboliques. 

Enfin il passe à d*assez vagues considérations sur les écoles monas- 
tiques de Saint-Gall etdeFulda; consacre quelques pages au psautier 
d'Utrecht; revient sur le cycle de figures de Tancien et du nouveau 
Testament, sur Ticonographie de Dieu, de la Vierge et des . anges, et 
termine par l'étude des motifs habituels de la décoration carolingienne 
(vêtements, animaux, plantes, architecture, instruments de musique, 
ornementation proprement dite, etc.) 

En dépit de ses prétentions à la clarté et à la méthode, cet ouvrage est 
obscur et confus. Ce n'est qu'un livre de seconde main, fort mal composé 
et accompagné de 59 gravures seulement, presque toutes détestables, 
tandis qu'il eût fallu qu'elles fussent à la fois plus nombreuses et plus soi- 
gnées. En outre, l'auteur a bien insuffisamment mis en relief le rôle joué 
par les merveilleux calligraphes des bords de la Loire dans la Renaissance 
carolingienne. Ajoutons qu'après avoir traité toutes sortes de questions 
de détail, d'une manière d'ailleurs très inégale et très décousue, il laisse 
son livre sans conclusion. Il est à craindre que la peine que s'est donné 
M. Leitschuh ne soit presque absolument perdue. 

Léon Dorez. 



Éd. Favre. — Eudes, comte de Paris et roi de France (882-898) 
(99® fascicule de la Bibliothèque de l'École des Hautes Études). -- 
Paris, E. Bouillon, 1893, in-8o, xxv-284 p. 

Ce volume fait partie de la collection des Annales de l'Histoire de 
France à Vépoque carolingienne, publiée sous la direction de M. A. 
Giry, et qui a été si brillamment inaugurée il y a quelques mois par les 
Derniers Carolingiens de M. F. Lot. L'étude qui paraît maintenant sur 
Eudes, comte de Paris et roi de France, sans être, à mon avis, aussi bien 
présentée que celle de M. Lot, est cependant très soignée et mérite des 
éloges que je suis heureux de lui exprimer. A quelles difficultés n'a pas 
dû se heurter M. Favre ! Le sujet était des plus ingrats. L'origine de ce 
roi de France est pour ainsi dire inconnue; son père ne dut son élévation 
qu a sa valeur personnelle et, disons le mot, à ses intrigues; lui-même 
demeure à peu près ignoré jusqu'au moment où son courage s'unit à la 
vaillance de Gozelin et d'Ebles pour protéger Paris assiégé par les Nor- 
mands; de longs mois de son règne échappent aux recherches de This- 
torwn. Il faut donc savoir beaucoup de gré à M. l'. d'avoir encore pu 
i2oi/s donner tant de détiiils intéressants eld'avou l2L\\.itvbV\Nt^\^'&\t^\\&dft 



- 163 - 

ce roi, fier et énergique dans ses débuts, fatigué et épuisé à la fin de sa 
vie. L'auteur a recueilli aussi tous les renseignements utiles sur les per- 
sonnages qui se battaient aux côtés d'Eudes, qui entraient dans ses 
conseils, qui luttaient contre son pouvoir; il a en quelque sorte recons- 
titué l'état de la cour pendant les seize années dont il raconte l'histoire, 
et ce n'était pas là une mince besogne. 

Son livre est véritablement neuf par plusieurs côtés ; je veux seulement 
retenir ici les pages qu'il a consacrées à la description si minutieuse et si 
pittoresque du siège de Paris et l'appendice si curieux sur les Normands. 
M. F. a eu l'avantage de puiser aux sources danoises et il a fait un 
tableau que je crois très exact de la vie, des mœurs et des expéditions de 
ces terribles nomades. Dirais-je que certaines parties me semblent man- 
quer de pondération et que certains détails sont mis en relief autant et 
même plus que des faits de première importance? Il n'est cependant pas 
possible d'en faire un reproche à Tauteur, les documents qu'il a sont si 
peu nombreux qu'on doit encore le remercier de les avoir tirés de l'oubli, 
et le féliciter d'avoir réussi à rétablir avec autant de précision l'ordre des 
événements. Pourtant, ce que je regrette de ne pas voir bien déterminé, 
ce sont les rapports du roi Eudes avec Àrnulf de Germanie, et le caractère 
de la promisaio, qui liait le premier de ces souverains au second. Il est 
très vrai, comme le montre M. F., que le roi de Germanie hérita de l'em- 
pereur des Romains d'une sorte de suprématie sur les princes qui s'étaient 
attribué tel ou tel morceau démembré de l'empire, mais ceux-ci étaient- 
ils véritablement ses fidèles? Devaient-ils, sous peine de déchéance effec- 
tive, se rendre à toutes les convocations d' Arnulf? Il y paraît, puisque 
Arnulf se fâcha contre Charles le Simple qui lui désobéissait, et se récon- 
cilia avec Eudes, qui prit bien garde de manquer à ce devoir. Mais ces 
mêmes princes devaient-ils en tous cas reconnaître qu'ils tenaient de lui 
leur territoire? Devaient-ils enfin lui prêter le secours de leurs armes? Ce 
sont là des questions très difficiles à éclaircir sans doute, mais peut-être 
la solution eût-elle été donnée par l'étude des rapports que le roi de Ger- 
manie entretint avecles rois d'Italie, d'Arles et de Bourgogne. M. F. n'a 
pas assez cherché en dehors de son sujet et il s'est sans doute privé d'élé- 
ments de comparaison qui auraient pu lui servir. 

Autre observation. Après avoir présenté l'archevêque de Reims, Foul- 
ques, et l'avoir montré l'adversaire d'Eudes, lorsque celui-ci entreprit de 
supplanter le rejeton légitime des Carolingiens, M. F. ajoute (p 84) : 
« On peut supposer que cette antipathie avait la même origine que celle 
d'Hincmar pour Robert le Fort : Eudes, commeson père, détenait quoique 
laïque des abbayes et ne fut pas toujours, comme comte et abbé, respec- 
tueux des droits de l'Église. » Cette raison est plausible, quand il s'agit 
d'Hincmar et de Robert, maisje ne l'admets pas pour Foulques et Eudes. 
Foulques est noble, « très noble », il est très bien apparenté, il a des vues 
fort ambitieuses, il veut être le personnage le plus important, diriger lui- 
même la marche des affaires, il est jaloux de la. ^Iqviîq. o^^i, %c^\s. n^\^^^^- 
cesseur s'est acquise dans le gouveTweitLfewX ^m ^q^^nïsxi^.'^^^^'^^^'^ 



- 164 - 

qu'un « parvenu », et il a témoigné assez de valeur personnelle et assez 
d'initiative, pour se passer de l'appui de Foulques, qu'il ne demande 
même pas. Première antipathie et premier froissement. Foulques^ donnant 
carrière à son ambition, veut créer un roi à lui seul et l'imposer à tous; il 
lance Guide Spolète dans son aventureuse expédition. Celui-ci, sentant 
le terrain peu solide, et désireux d'être reconnu roi avant Eudes, se fait 
sacrer le plus tôt possible, par le premier évêque dévoué à sa cause qu'il 
rencontre. Malheureusement ce n'est pas Foulques qui le couronne, et 
l'archevêque de Reims, outré de ce manque d'égards, furieux encore de 
l'usurpation de son droit de sacre, abandonne la cause du malheureux 
duc et fait une soumission plus ou moins sincère à son rival. Mais, dès 
qu'il peut reprendre en main la cause de la légitimité, en élevant au trône 
un enfant de 13 ans, qui lui devra tout et n'agira jamais que par ses 
conseils, Foulques se déclare encore l'ennemi du roi Eudes et lui oppose 
Charles le Simple, qu'il couronne et guide dans ses entreprises. Charles 
le Simple est le roi rêvé par lui, parce que celui-ci lui doit tout et ne peut 
se passer de son appui et de son influence. L'occupation d'abbayes par un 
laïque est si peu la cause de la haine de l'archevêque pour Eudes, que 
tous ses alliés ou presque tous sont des usurpateurs violents des biens de 
l'Église. Il faut donc écarter cette raison et ne voir dans la conduite de 
Foulques que l'exaspération d'une ambition non contentée et d'une 
volonté non satisfaite. 

A plusieurs reprises, M. F. cite un certain Autran : « peut-être de 
Beauvais » (p. 19); « personnage important de Beauvais » (p. 153); « de 
Beauvais » (p. 163). Or, dans une note de la page â03, il fait justice avec 
raison d'une opinion hasardée qui veut que cet Autran ait été comte de 
Beauvais, parce qu'il s'est retiré dans cette ville après le siège de Pon- 
toise par les Normands. 11 aurait pu tout aussi bien omettre de lui donner 
Beauvais comme lieu d'origine ou de résidence, puisque aucun document 
n'autorise pareille hypothèse. 

Mais c*est assez épiloguer sur de minces détails à propos d'un livre 
excellent, qui est digne, je le répète, de beaucoup d'éloges. Si j'ai fait 
ici quelques observations d'une très faible portée, c'est que l'ouvrnge ne 
donne pas prise à des critiques sérieuses. Il nie suffit donc de le louer «à 
peu près sans réserves, en ne cessant de faire remarquer la difficulté ti*ès 
grande de l'entreprise et l'intérêt que l'auteur a su tirer des trop rares 
documents qu'il lui était possible de connaître. 

L.-II. Labande. 

M. C. GiJiGUE. Gartulaire lyonnais. — Documents inédits pour servir 
à l'histoire des anciennes provinces de Lyonnais, Forez, Beaujolais, 
Dombos, Bresse et Bug<}y, comprises jadis dans le Pafjus major Lugdu- 
nensifi, T. II. — Lyon, Association typographique, 1893, in-4*>, 756 p. 

Le premier roJu /ne du Cartidaive li/onnais, formé par le très regretté 
C, Gui'i^uc a paru eu 1885. Dès cette époque le secoua \o\vvaiviç\;s.\\.com- 



- 165 - 

posé. La mort prématurée de l'auteur n'a donc pas empêché l'achève- 
ment de cette œuvre considérable, publiée aux frais de l'Académie des 
sciences de Lyon. Et même nous pouvons être assurés que l'impression 
n'a pas souffert de l'absence de l'auteur, car son fils a mis à terminer 
ce monument diplomatique un soin d'autant plus grand qu'il s'agissait 
d'honorer la mémoire d'un père, de qui il a hérité la science et la critique 
qui font le véritable historien. Le premier volume contenait les documents 
compris entre le VIT® siècle et l'année 1255 ; le second volume renferme 
les documents postérieurs à 1255, jusqu'à l'année 1300. Toutes ces chartes 
sont inédites, et la plupart sont tirées des archives départementales du 
Rhône. 

Ont été éliminées les pièces qui trouveront place dans des recueils 
spéciaux tels que Les Chartes de Cluny. L'ordre suivi est l'ordre chro- 
nologique. On ne s^étonnera pas de trouver sous le n® 566 l'acte d'une 
donation faite en 1210 aux Chartreux par Etienne, comte de Bourgogne ; 
car il est inséré dans un vidimus de 1260 ; de même, sous le n® 753, une 
bulle d'Innocent IV, du 27 novembre 1252 est reproduite dans un vidimus 
de l'official de Lyon en date du 11 avril 1279. 

Quant à la nature des documents, ce sont surtout des ventes, des do- 
nations, des accensements, des inféodations^ des testaments, en un mot 
des actes privés. Voilà donc une source de précieux renseignements sur 
la condition des terres et des personnes, comme aussi sur l'état écono- 
mique du Lyonnais au XIII* siècle. Une table chronologique des docu- 
ments contenus dans le second volume est remarquable par la précision 
des analyses. Une table générale des noms de personnes et de lieux faci- 
lite les recherches dans les deux volumes. On n'y exprimera qu'un regret, 
c'est que les noms de lieux n'aient pas été identifiés. Mais c'est là un 
desideratum qui n'enlève rien à la valeur de ce cartulaire, qui, par son 
objet, son ampleur et l'excellence de son exécution est l'un des plus con- 
sidérables qui aient été publiés dans ce siècle. 

M. Prou. 



CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE 



Le rapport annuel sur les publications des Monumenta Germaniœ Idstorica, 
rédigé par le professeur E. Dùmmler, à la suite de l'assemblée plénière tenue à 
Berlin, du 5 au 7 avril dernier, vient de paraître. Les volumes publiés dans cette 
collection pendant l'année 1893-94, sont les suivants : 1. [Auctores antiqulssunl.) 
Cassiodorl Scnatoris Variœ, cd. Mommsen. Acoedunt: /. Kpistol^ Thcodoricianœ 
oariœ, IL Acta synodorum habitarum Roma\ 499, 501, 502. III. Cassiodori ora- 
tionuni rellquiœ, éd. Traube. — 2. (Scriptores .) LampertL Hers/cldensls opéra, 
recogn. Holder-Egger. Accediint Annal. Wcisscmburr^ Vj^vSSX Vcv-'^\. — %.\J-^^à^^- 
Ca/dtularia regum Francorum, t. 11, 2« iasc, feâi, Kt^.\ïs.^. — ^. eoxv.^Vv,\.\xX\-ç>tN.^«' ^^^ 



- 166 — 

(icta publica imperatorum et regum^ éd. Weiland, t. I. — 5. {Diplomata). Die 
Urkunden der deutschen Kônige und Kaiser, t. II, fasc. 2. Die Urkunden Otto 
des Dritten, berausg. von Sickel. — 6. Epistolœ^ t. II, fasc. 1. Gregorii I Registri 
l. VIII'IX, éd. Lud. Hartmann.— 7. XIX» vol. du Nettes Archio. 

Dans la section des A uctores antiquissimiy le second volume, qui contiendra les 
chroniques d'Isidore de Séville, est presque terminé; le troisième volume, qui 
sera consacré à Gildas, Nennius et Bède, est sous presse. Dans la section des 
Scriptores, M. Krusch continue ses travaux préparatoires à la publication des vies 
de saints. Le D' Dieterich a étudié les manuscrits de deux ouvrages d*Honoriu8 
d^Autun, qui doivent prendre place dans le troisième volume des documents rela- 
tif à la querelle des investitures. L'impression du trentième volume de la série 
in fol. a été reprise. 

Le D' Simonsfeld prépare une édition des Chroniques de Faenza, qui trouveront 
place dans le trente-unième volume des Scriptores {in-4*), consacré aux chroniques 
italiennes du xiii° siècle. Les Annales Einhardi et Laurissenses seront publiées 
par le D' Kurze dans la série in-8. Un supplément au premier volume des Chro- 
niques allemandes sera mis sous presse dans le courant de Tété. On songe aussi 
à former un recueil des pamphlets et poésies politiques en langue allemande anté- 
rieurs à 1500; ce sera Toeuvre du professeur Rôihe de Gôttingen, et du D' Heinr. 
Meyer. 

Dans la section des LegeSy paraîtront en appendice aux Capitulaires, le De 
eœordiis et incrementis rerum ecclesiasticarum^ de Walahfrid, et le De ordine 
palatii, d'Hincmar. Dans la section des Diplomata, on travaille activement à pré- 
parer la publication des actes des Carolingiens. Tandis que le professeur Mùhlbacher 
mettait en ordre, avec Taide du D' Tangl, les matériaux allemands, et préparait 
les régestes des Carolingiens italiens, son collaborateur, le D' Dopsch, se rendait 
à Paris dès le mois de décembre ; il y a entrepris le dépouillement méthodique des 
grandes collections d'actes formées du xvi* au xviii' siècle, et conservées à la 
Bibliothèque nationale, et dans lesquelles il a déjà fait d'heureuses trouvailles. Il 
a en outre visité Nancy et Chaumont. MM. Delisle, Omont et Giry ont facilité ses 
recherches de la façon la plus aimable. La question de savoir si les actes des 
Carolingiens français seront compris dans la publication, et dans quelle mesure, 
restera provisoirement réservée en attendant les recueils projetés en France. 

Dans la section des Epistolœ, le volume consacré aux auteurs contemporains 
de Charlemagne et dont les deux tiers sont occupés par Alcuin, paraîtra en 1895* 
Le troisième volume des Rcgesta Pontijicum sœculi XIII sera achevé dans quel- 
ques semaines. L'impression des Nécrologes, interrompue, sera reprise. LeD' Traubc 
et le D' Neff préparent un dernier fascicule des Poetœ Carolini, qui contiendra 
Jean Scot et Milon de Saint-Amand. 

Nous avons reçu de l'éditeur A. Colin les deux premiers fascicules de V Album 

historique, publié par M. A. Parmentier, sous la direction de M. Ernest Lavisse. 

Le titre indique assez ce que l'auteur a voulu faire : donner une série de gravures 

représentant les monuments des diverses périodes de l'histoire du moyen âge: 

costumes, bijoux, bahitaiioast sceaux, monnaies, palais, églises, etc., en somme, 

quelque chose comme i'iiidstratioo de l'Hislovre de ?ta.\icft d^ ^Qx^^t «v, Ctiartoa. 



- 18?- 

C'est une œuvre excellente de vulgarisation pour les écoles. Les objets représentés 
sont habilement choisis. Mais quand cessera-t-on, en France, de suppléer aux 
documents par des compositions d*artistesT Nous avons en effet le regret de trouver 
à la page 7 du premier fascicule, une gravure intitulée : Un repas chez les 
Gaulois. 

Notre collaborateur, M. Louis de Grandmaison, a publié le seoond volume du 
Cartulaire de Varcheoèché de Tours (Tours, Péricat, 1894, in-8', 508 p.). Il forme 
le tome xxxvin des Mémoires de la Société archéologique de Touraine, Les do- 
cuments qu'il renferme sont des xiii* et xiv« siècles. M. de G. a muni son ouvrage 
d'une excellente table alphabétique des noms propres et matières. Peut-être eùt-il 
pu y joindre une table chronologique des documents, puisqu'il a conservé l'ordre 
du manuscrit. C'est ce qu'il fera san^ doute dans le troisième volume qui contiendra 
la préface. 



PÉRIODIQUES 



ALLEMAGNE (suite et Jin) 



Revues de T Allemagne du Nord et de l'Est ^ 

Forschungen zur Brandenburgischen und Preussisohen Gesohiohte. 

T. II (1893). I" partie. — P. 1-55. E. Berner, Die Abstammung und àlteste Genea^ 
logie der Hohenzollern, L'auteur examine deux questions ; ce que nous savons : 
!• sur les ancêtres de Burcardus et Wecil de Zolorin (+ 1061) ; 2« sur la famille du 
burgrave Frédéric de Nuremberg, souche des Hohenzollern (+ vers 1200). La 
première question reste irrésolue en dépit des recherches de Schmid ; Thypothèse 
Burkardinger ne peut être considérée comme une certitude historique ; elle n'est 
pas démontrée ; cependant elle est probable et intéressante (p. 19). Au contraire, 
la question si la maison royale de Prusse et celle des princes de Hohenzollern 
sont sorties de la race des anciens comtes de ZoUern, quoique ayant donné lieu à 
de vifs débats, peut recevoir une solution certaine ; l'origine abenbergique est absolu- 
ment rejetée (p. 39). Kleine Mitteilungen.— P. 239-240. Brandenburger Weisium/ûr 
Fran/^urt '/*' com 29. Februar 1376^ ^undatierte Gerichtsordnung /tir Frank/urt 
•/" besprochen. v. G. Sello. — P. 240-241. Fel. Priebatsch» Brandënburgica aus 
dem Breslauer Stadtarchio, Nouvelles publications, entr*autres relatives au- 
moyen âge. — P. 292-293. Edw Ebers, Brandenburgisch-prcussische Geschichte 

1. Les Beitrûge zur Geschichte der Stadt Rostocky Zeitschrift dér historischen 
Gesellscha/t fur die Proci/iz Posen, Zeitschrift des Yereinsfûr Lûbcckische Gesr 
chichte und Altertumskunde, année 1893, n'ont pas encore paru. Le Jahresbericht 
der schlesischen Gesellscha/t /tir cateriândtschc CuUur, ^w\\&^ 'SS^'i: V^^,"^^^ 
para en 1893, ne contient rien de relatif au moyeu ^%«. 



— 168 - 

bis au/ die neusie Zeit, Berlin 1892. (E. Berner • populaire, récit vif). — P. 293. 
B. Rogge, Vont Kurhut zur Kaiserkrone. I. Bd. : Das Buch von den branden- 
burgischen Kurfiirsten aus dem Hause Hohenzollern. Hannover 1892. (O. Krauske : 
populaire, disposition habile, pas sans erreurs). — P. 295. K. Tùcking, Grundriss 
der brandenburgisch-preussischen Geschichte. 10. verb. Aufl. Paderborn 1892. 
(A. Brunswig . imparfait). — P. 295-296. J.-W. Otto Richter, Brandenburg-Pr eus- 
sens Vorzelt. Bilder aus der âltesten Geschichte des brandenburgisch-preus- 
sischen Staates. Hannover & Leipzig 1892. (J. Heidemann : populaire). — P. 297-298. 
Fel. Priebatsch, Die deutschcn'Stàdte im Kampfe mit der Fûrstengeœalt, Bd. I. : 
Die Hohenzollern & die Stadte der Mark im 15. Jahrhundert. Berlin 1892. (E. Lie- 
iSegang: excellent). —P. 293-300. Die Bau-u, Kunstdenkmâler der Stadt Berlin. 
Bearb. v. R. Horrmann. Berlin 1893. (Fr. Sarre : de première valeur). — 
P. 300-302. P. V. Niessen, Geschichte der Stadt Wolhenberg i, N. Stettin 1893. 
(J. Heidemann : travail solide, remarquable). — P. 302. Rud. Kckert, Geschichte 
oon Landsberg Warthe Stadt ^ Kreis. Teil I : Bis zum Beginn der Hohenzol- 
lernherrschaft in der Neumark (1455). {Fr. Holtze jem. : très appliqué, bon). — 
IP partie. — Kleine Mitteilungen. — P. 219-223. H. Bresslau, Zur Chronologie 
u, Geschichte der âlteren Bischô/e im Slaoenlande. — P. 223-229. O. Tschirch, 
Die Ûbertragung der Mark Brandenburg an WiUielm con Meissen im Jahre 1402 
nach einer neu au/ge/undenen Urkunde des Brandenburger Stadt-Archios, 
1402, Oct. 12. — P. 269 fE. Neue Erscheinungen, — P. 269. Wilh. Freier, Das Land 
Sternberg-Brandenburgische Geschichte mit besonderer Berûcksichtigung der 
Neumark. Zieleuzig 1892. (Fr. Holtze jun. : faible, beaucoup d'erreurs). — P. 270. 
Salchow, Der Ûbergang der Mark Brandenburg an das Haus Wittelsbach, 
Halle 1893. — P. 270 L. Lewinski, Die brandenburgische Kanxlei und das 
Urkundencesen voàhrend der Regierung der beiden ersten Hohenzollersdœn Mark- 
grqfcn (1411-1470). Strassburg, 1S93. — P. 275. A. Semrau, Beitrâge zu der Ge- 
schichte der Stadt Seumark. Neumark, 1892. (L. : très remarquable.) — P. 276. 
G. Liek, Die Stadt Lôbau in Westpreussen mit Berûcksichtigung des Landes 
Lôbau. Marieuwerder, 1892. (L. : très appliqué; des résultats contestables.) — 
P. 277. Altère Unicersitàts-matrikoln. II. Universitat Greifs wald. Hrsg. v. E. 
Friedlânder. 1. Bd. (1456-1645). Leipzig, 1893. (= Publ. a. d. preuss. Staats arch. 
Bd. 52.) (A. V. Petersdorff.)— P. 281. C. Hirschberg, Geschichte der Grafscha/t 
Mors. Mors, 1893. (C. Spannagel : faible). — P. 294. J. N. Pawlowski, Ges- 
cnichte der Prooinzialhauptstadt Danzig. Danzig, 1893. (L. : travail mauvais.) 

Geschichtsblœtter fur Stadt und Land Magdeburg. 28. Jahrgang (1893). 
— Litteratur, — P. 431. E. Neubauer, Goschichtliche Nachrichten con Denen oon 
Haldenslebon im Mittelalter (1180-1504). Magdeburg, 1893.— P. 431. A. Reinecke. 
Die EirtJ'ûhrung des ChriMentums im Harsgau im 8. Jahrhundert. Osterwieck, 
A. Harz, 1888. — P. 431-32. A. Reiuecke, Geschichte der/reien Reichsherrschq/t 
Schaucn, etc. Osterwieck, a Harz. 1889 (intéressant). — P. 432-33. W. Schultze, 
Die Gcschichtsqucllen der Procinz Sachsen im Mittelalter & in der Rq/brma' 
tionszeit. Halle, 1893. 

Hanmimcbe Geischiclitsblaetter. Juhrgang 1892-1893. — P. 1-57. Ludw. 
UânseJmann, Dce ûUesten Stadtrechte lirattascliiociga. V.^ \\\i^ ^Ti>i\<Mi dt<^vt 



- 169 - 

municipal de Brunswick est celui du duc Otton TEnfant, de 1227. Les circonstances 
de son établissement 8ont connues et il n'y a pas à douter de son authenticité. Le 
cartulaire de la ville de Brunswick, qui est l'œuvre du scribe Lutbert, contient 
des corrections et additions au droit ottonien. — P. 59-77. W. v. Bippen, Bremens 
Verhansung 1427. —P. 79-119. C. Wehrmann, Lûheckals Haupt der Hanse um die 
Mitte des /ûn/zehnten Jahrhunderts. Traite de la politique de Lûbeck et de ses 
relations avec l'Angleterre, les Pays-Bas, l'ordre Teutonique, le Danemark et la 
Suède. — Kleinere Mittellungen. — P. 172-176. G. v. d. Ropp, Zur Geschichte 
des Tuchgewerhes im Ausgang des 15. Jahrhunderts. — Recensionen. — P. 183-191. 
W. V. Bippen, Geschichte der Stadt Bremen Bd. L Bremen 1892. (A. Kûbtmann : 
travail excellent et épuisant.) — P. 201-205. Ricb. Dœbner, Urkundenbuch der 
Stadt Hildeshelm. Bd. 1-4. Hildesbeim 1881-1890. (W. Stieda: bon.) — P. 206-209. 
Çhr. Reuter, Dus atteste Kieler Rentebuch (1300-1487). Kiel. 1893. (P. Hasse: 
publication de grande valeur.) 

Jahrbùcher des Vereins fur xneklenburgische Geschichte und 
Alterthumskande. Jahrgang 57 (1892) ^ — P. 322-349. Brûmmer, Das Vermes- 
sungsrecht- (jus meusurationis). — P. 350-354. Brûckner, Berichtigung zur 
Bethra/rage. —Jahrgang 58 (1893)^— P. 1-22. Rudloff, Zur Topographie der Lânder 
Schwaan und Laage. — P. ;iî3-30. W. Stieda, Rostocker Tonnen-Aus/uhr-und. 
Ein/uhr- Ver bote. — P. 31-49. F. Techen, Aus dem Amtsseugebuche der Wis- 
marschen Wolleniveber.—P. 97-100. E. Koch, Ein Giebelhaus der Fràh renaissance 
in GilstroLC. — P. 126-172. E. Wunderlich, Der Munzfund con Gauslin, Dom.- 
AmtsLûbz. — P. 173-231. Rob. Beltz, Wendische Alterthumer. — P. 232-278. 
.Frdr. Stuhr, Die Becôlkerung Meklenburgs am Ausgang des Mittclalters. — 
P. 279-280. W. Stieda, Der Goldschmied zu Grabow. 

Mittheilungen des Vereins fur Ghexnniizer Geschichte. 1893 (Festschrift). 

— P. v-xii. H. Ermisch, Zur Grûndungsgeschichte. — P. xiii-xvi. O. Posse, Die 
Jubilàumsurkunde com Jahre 1143. Diplonxatisch untersucht. (Facsimile im. 
Anhang.) — P. 3-14. Mating-Sammler, Im Chemnitger Benediktinerkloster. — 
P. 74-78. F. Hempel, Die Ratslinie der Stadt Chcinnitz con 1485-1618. — P. 79- 
80. E. Kirchner, Dtc Papier fabrication in Chemnitz. 

Neue Mittheilungen aus dem Gebiet historisch-antiquarischer For- 
schungen. T. XVIII. 2, Hàlfte. Fasc. 1 (1893). - P. 1-68. F. A. Wolter. Die 
staatsrechtliche Stellung Magdeburgs und dio œJJ'entlich-recht lichen Beziehungen 
zœischen der A Itstadt, dem neuen Markte unddcn Vorstâdten, com r/nsrhirhtUchen 
Beginn der Stadt bis zu ihrem Ûbergang an das Haus HohcnsoUcrn. Vorwort. 
1. Période : 805-973. 2 Période : 973 bis Ende des 13. Jahrhunderts. 3. Période : vom 
Anfang des 14- Jahrhunderts bis 1579. 4. Période : 1579-1666. - P. 75-171. 0. Kûs- 
termann, Altgeographische Strclfzûge durch das Hochstift Merseburg. 

Neues Archiv fur Sœchsische Geschichte und Altertumskunde. 

T. XIV (1893). — P. 1-20. Br. Stùbel, Aus der Vergangenhoit der Unicersitàt. 
Leipzig, —JMeratur. — P. 163-164. Ed. Heydenreich, Geschichte und Poésie des 

1. Les relations trimestrielles de \a SocVèl^ ^ot\w^w\., ^^wsà. ^^'s» \ns55«^^^^ ^^S^ 
regardent la Société, quelques commuaicaUoiis sc\exi\N&^^^> 



- 170 - 

Freiberger Berg-und Huttenioesens. Freiberg, S. 1892. (P. Knauth : remarquable.) 

— P. 291-311. O. Meitzer, Uber die atteste Schulordnun der Kreuzschule zu 
Dresden, — P. 312-323. Herm. Knothe, DieEntstehung und Biidung bûrgerlicker 
Familiennamen in den Sechsstâtdten der Oberlausltz bis gegen Mitte des 14 
Jahrhunderts, — Kletnere MUtheilungen, —P. 324-330. P. Mitzschke, Bruchstûck 
eines alten Necrologiums des Klesters Pegau. — Litteratur. — P. 346-347. Ad. 
Bachmann, Urkundllche Nachtrâge zur œsterreichisch-deutschen Geschichte im 
Zeitalter Kaiser Friedrlchs III. Wien, 1892. (=:Fontes rer. Austr. T. 46.) 
(H. Ermisch : important.) — P. 347-348. A. Sinaon, Die Verkehrsstrassen in 
Sachsen und ihr Einfluss auf die Stàdteentœickelung bis zum Jahre 1500. 
Stuttgart, 1892. (Forschungen zur deutschen Landes-und Volkskunde VIII. 2.) 
(L. Schmidt : n'épuisant pas la matière.) — P* 348-349. H. A. Auerbach, Bibllotheca 
Ruthenea. Die Litteratur zur Landeskunde und Geschichte des Fûrstentums 
Reussj. L. Géra, 1892. (B. Schmidt : travail solide.) 

Zeitschrilt des Harz-Vereins fur Geschichte und Altertuxnskunde. — 

Jahrgang XXV (1892), XXVI (1893). —XXV (1892) (Schluss). —P. 289-331. W- 
Varges, Die Efitu^ickelung der Autonomie der Stadt Braunschweig. (Forts, z, 
XXV, 102 fif.) — P. 332-349. C. Neuburg, Zur Geschichte des Bergbaues beiGoslar. 
Goslars Berbau bis 1552. EinBeitrag zur Wirtschafts-u.-Verfassungsgeschichte des 
Mittelalters. Hannover 1892. (G. Bode : travail solide, à saluer avec reconnaissance). 

— P. 350-360. Ed. Jacobs, Neue Beitrâge zur Geschichte des Siechenhofs zu HaU 
berstadt. — P. 361-367. A. Reinecke, Ausgrabung der wilsten Kirche des 
ehemaligen Dor/es Windelberode bei Stapelburg ani Harz. — Vermischtes. — 
P. 371-374. Ed. Jacobs, Hat es zu Halberstadt einen Koncent der Beuerinnen vom 
Maria-Magdalenenorden gegebenî — P. 385-389. O. Merx, Zur Geschichte des 
ehemaligen Wall/ahrtsorts Etende bei Bleicherode. — Bûcheranzeigen. — P. 392- 
393. Th. V. Ditfurth, Geschichte des Geschlechts oon Dltfurth. I & II. TeU- 
Quedlinburg 1889, 1892. (P. Zimmermann : très appliqué, bon.) — P. 393-3%. L. 
Hânselmann, Mittelniederdeutsche Beispiele im Stadtarchio zu Braunschweig 
gesammelt. Wolfenbûttel 1892. (G. Kûntzel : intéressant.) — XXVI (1893). — 
P. 142-190, K. Mehrmann, Blschof Albrecht II. oon Halberstadt. — I. Die Terri- 
torialpolitik Albrechts II. Exkurs. — P. 207-301. H. Loreck, Bernhard /, 
der Askanier, Herzog von Sachsen (1180-1212). — P. 302-373. G. Plath, Die 
Viizenburg und ihre Beœohner. — I. Burg und Kloster 979-1125. II. Die Zeit der 
Landgrafen 1125-1325. III. Die Edlen von Querfurt 1325-1464. IV. Die Herren von 
Sc^meintz 1464-1521. y. Die Herren von Lichienstein 1521-1649. VI. Kirche und 
Pfarre. VII. Die Grundherrschaft Vitzenburg. VIII. Die Herren der Vitzenburg. — 
Heraldisches und Kunstgeschichtliches. — P. 409. Ad. M. Hildebrandt, Ein 
harzisches Wappen in Ostpreussen. — P. 409-415. G. Plath, Ein Tympanon aua 
Kloster Reinsdorf — Vermischtes. — P. 418-422. Ed. Jacobs, Uber das Alter der 
harzischen Orte^ deren Namen au/-ingerode endigen, — P. 422-423. E. Jacobs, 
Brûderschaft im Kreuzgange zu Halberstadt. — Bûcheranzeigen. — P. 448-450. 
G. Bode, Urkundenbuch der Stadt Goslar, etc. I. Teil (922-1250), Halle 1893. 
^S. J. : Iras important.) 

^èJtacItTift des hiatoriachen VereinBiiir 'NiedexBOLC'hBttii.^^t^g^^^Sfii^. 



— 171 - 

— P. 201-315. Br. Krusch, Die Entwickelung der Herzogl. Braunschœeigischen 
Centralbehôrden, Cansletj Ho/gericht und Consistoriunibis sum J. 1584. — 1. Einlei- 
tung. 2. Die ersten Canzler der Fùrstentûraer Braunschweig=:Lûneburg. 3. Raih 
und Canzlei Herz. Heinrichs des Aeltern von Braunschweig bis zum Rucktritt des 
letzten geistlichen Canziers (1503). 4. lobann Peya. der erste weltliohe Canzler 
(1503-15:23). 5. Der Peynsche Prozess (1523-1226). 6. Die BUdung eines gelehrten 
HofratscoUegiums und die Canzleiordnung von 1535. 7. Die Grûndung des Hafge- 
ricbts 1556. 8. Die Canzlei in den letzen Lebensjahren Heinrichs des Jûngern 
(1568 11/6). - P. 337-367. W. Varges, Zur Entstehungsgeschichte Bremcns! 

Zeitschrilt des Vereins fur Geschichte und Alterthuxn Schlesiens. 
T. XXVII (1893). — P. 54-116. M. Raupricb, Der Strelt um die Breshiuer Nleder- 
lage, 1490-1515. (Forts, z. : Breslaus Handelslage im Ausgange des Mittelalters, 
dies. Zeitschr. T. XXVI, 1 fif.) — 1. Auflehnung der Breslauer gegen die neuen 
polnischen Niederlagen. 2. Der Versuch Breslaus zur Wiederaufrichtung der 
eigenen Niederlage- 3. Hinderungen und Fall der Niederlage. 4. Die Auseinan- 
dersetzung mil Polen und Brandenburg. — P. 238-290. Konr. Wutke, Die Ver- 
sorgung Schlesiens mit Sais wâhrcnd des Mittelalters. — P. 310-355. M. Unter- 
lauff, Ein schlesisches Formelhuch des 14. Jahrhtinderts. Édition du codex lat. 
14660 de la bibliothèque de Munich, qui a trait à l'histoire de la Silésie. — P. 356- 
403. H. Markgraf, Die Rochnung ûher den Petersp/ennig im Archidiakonat 
Oppeln 1447. Miteinem Anhange von W. Schulte. Après une introduction, donne 
le compte- rendu de Tarchidiacre d'Oppeln Dr. Nie. Wolff. — Kleine Mittheilungen. 

— P. 405-406. A Nowack, Einigo Nachrichten ûber oberschlesische Kirchen aus 
altérer Zeit. — P. 406-408. W. Schulte, uber don Ortsnamen Zuckmnntel. — 
P. 408-409. W. Schulte, Nac.htràgliches zum Liber fundationis episcopatus 
Wratislacicnsis (Cod. dipl. Sil. XIV ) 

Allemagne du Centre^ 

Neues Lausitzisches Magazin. T. 69. Fasc. 1-2 (1893). — Fasc. 1. P. 1-48. 
P. Kûhnel, Die slacischen Orts-et Flurnamen der Oberlausitz. (Fortsetzung.) 
9. Die Herrschaft Hoyerswerda 10. Die Herrschaft Ruhland. 11. Die Herrsrhaft 
Kamenz. — P. 49-59. W. v. Bôtticher, Bautsner Marktseichen. — P. 74-80' 
H. Knothe, Uber die Bezeichuung geœisser lândlicher Grundstûcke als « Vollungey> 
oder <i Folgoy. — P. 81-85. H. Knolhe, Drei neue Urkunden ûber die Côlestiner 
auf dem Oybin. — P. 133-152. lecht, Das zœeitMtestc Stadtbuch con Gôrlitz 
1342 jr.— Fasc. 2. P. 203-214. ïi^xim^2iT\e\, Zur Geschichte der M icliaelishirchc in 
Bautzen. — P. 232-256. Rud. Schenner, Zœei Bûcher aus der GôrUtzer Mdnze. 

— P. 257-283. P. Kûhnel, Die slacischen Orts-und Flurnamen der Oberlausitz. 

(Fortsetzung.) Litterarische Anzeigen. — P. 284. Politischc Correspondenz Breslaus 

im Zeitalter des Kônigs Matthias Corcinus, 1 Abt. 1469-1479. (= Scr. rer. Siles. 

1 . N'ont pas paru encore : Mittheilungen der Geschichts-u. A Itertums/orschenden 
Gcsellscha/t d. Osterlandos (1893), Mittheilungen dos Frciberger Altertumscereins 
(1893), Mittheilungen des Vereins fût Anhaltische Geschichte ^ Altertumskunde 
(1893), Mittheilungen des Vereins fur die geschichte und Altertumskunde 
oon Erfurt (1893). Les Mittheilungen des Vereins f(lr GcscKicUtc l>re^^fcxvs>^Vi.'îi^.\X 
(1893) De contiennent rien. 



— 172 - 

XIIÏ.) Breslau, 1893 (édition soigneuse). — P. 284-E85. Fritsch, Die /rûheren 
Be/esttgungen der Stadt Gôrlltz Gôrlitz, 1893 (intéressant) . — P. 285-2Ô7. R. lecht, 
FarstUche Besuche in Gôrlitz. Festschri/t. Gôrlitz, 1893 (traite la matière à fond). 
— P. 288-293. Frdr. Wertsch, Chronik oon Spremberg in Verbinbuny miteinem 
Abriss der Geschichte der Niederlauzitz. lubilàumsschrijt. Spremberg, 1893. 
(W. Lippert : confus et sans critique, beaucoup d'erreurs et de fautes.) — P. 293-299 
Die Familie eon Wuthenau, Berlin, 1893 (v. K. : remarquable). — Miscellen. — 
P. 312-313. P. Arras, Kaiser Sigismunds Erlass gegen lan Koluch (19 Februar 
1437). — P. 313-414. R. Jecht, Intéressante Ausgrabungen in Gôrlitz. 

Zeitschrilt des Vereins fur hessische Geschichte und Landeskunde. 

N. F. XVIII (1893).— P. llâ-186. lui. Pistor, Untersuchungen uber den Chronisten 
Johannes Nuhn oon Her^eld. Après un coup d'œil sur les écrits historiques hessois 
aux XlV et XV* siècles, Tauteur traite de la biographie de Jean Nuhn von Hersfeld 
(né le 25 janvier 1442, mort après 1523), puis de son activité littéraire étendue. Les 
œuvres de ce chroniqueur sont l'objet d'études particulières et précises et de com- 
paraisons avec les autres sources contemporaines. Comme conclusion, la caracté- 
ristique de l'instruction, de la manière de penser et de travailler de Nuhn, qui 
ont donné des résultats sans grande importance. — P. 430-454. Oust. Freih, Rabe 
con Pappenheim, Beitrâge sur âlteren Geschichte Hauedas oon 1360-1577, 

Zeitschrilt des Vereins fur Thûringische Geschichte und Altertams- 
kunde. N. F. Bd. VIII (1893). — P. 233-309. C. Binder, Das ehemaligc Amt 
Lichtenberg cor der Rhôn. 1. Geschichte. — P. 417-445. L. Hertel, Der Name des 
Rennsteigs. — Liiteratur. — 463-468. W. v. Tûmpling, Geschichte des Geschlechies 
eon Tûmpling, 1. Bd. (-1551). 2. Bd. Weimar, 1888, 1892 (O. Dobenecker : bon). 

Allemagne de l'Ouest et du Sud^ 

Beitrœge zur Geschichte des Niederrheins. lahrbuch des Dûssel- 
dorfer Geschichts- Vereins. T. VII (1893). — P 67-99. H. Ferber, Die 
Gemarken im Amte Angermund, — P. 100-119. H. Ferber, Die RUtergûter im 
Amte Angermund. 'Miscellen. — P. 434-435. Acht Siegel, Aachener Schqffen des 
XIV. lahrhunderts. 

Freiburger Diocesan-Archiv. T. XXIII (1893). —P. 1-48. Od. Ringholz, Das 
Markgràjliche Haus Baden und das fûrstliche BenediktinerstiJÏ U. L. Fr. zu Ein^ 
siedeln in ihren gegcnseitigen Beziehungen. V* partie : Beziehungen mehr geschâft- 
iicber Natur vom 10. bis 15. Jahrhundert II' partie: Beziehungen freundschaftiicher 
Natur vom 15 bis 18. Jahrhundert. — P. 61-120. Kônig, Beitrâge sur Geschichte der 
Unioersitàt Freiburg. Rectorat und Protectorat. —P. 121-213. H. Ëhrensberger, Zur 
Geschichte der Beneficienin Tauberbischofsheim.l. Die Beneficien im allgemeinen. 
2. Die einzelnen Beneficien. — P. 265-286. K. Reinfried, Die àltesten Statutendes 
LandkapUels Ottcsœoier mit Zusûtzen. 1. Dieâltesten Siatuten des Landkapitels 

/ Le JaÂ/'dunh der Geaellschajt fur lothringische Geschichte ^ AltertUms- 
Ara/ii/e, année 1893. n'a pas encore paru. Les Mittciluagca des VcrciR«/ûr Kunst 
^ A/^erium in Ulm / Oberachwabcn^ iasc. 4 (ld9'i^, ne coii\ietiti^Ti\.Tvw!L. 



- 173 - 

Ottersweier (t4. Jarbruodert?) 2. Statut ûber jdie Kapltels-Ingress & Egressge- 
bûhren d. 1400, mai 14. 3. Zusâtze zu den Kapitelsstatuten (circa, 1450). — P. 267- 
328. Ben. Stengele, Zur Geschichte des Ortes und der P/arrei Denkingen, 
A. Ortsgeschichte. B. Pfarrgeschichter. C. Historische Notizea ùber die Filialen. 
Beilagenzur Pfarrgescbicbte. — Litteratur-Anzeigen. — P. 365-363. Kraus, Durin 
Wagner, Die Kunstdenkmâler des Grossherzôgthums Baden. Bd. 3. Kreis 
Waldshut. Freiburg 1892 (R.: bon). — P. 369-370. Od. Riugbolz, Der selige 
Markgraf Bernhard con Baden in seinem Lehen und seiner Verchrung. Freiburg, 
1892. (P. M. : à saluer avec reconnaissance.) 

Jahrbûcher des Vereins von Alterthumslrennden ixn Rheinlande. 

Fasc. 94 (1893). —P. 63-66. C. Mehlis, Beitràge zur mittelrheinischen Alterthums- 
kunde, 4. Burgruine Scblosseck in der Pfalz. — P. 143-150. J. A. Feith, Ein 
alaoacrum» des XII, Jahrhunderts. —Litteratur. — P. 156-160. P. Clemen, Die 
Kunstdenkmâler der Rheinprooinz. Bd. I, 3, 4. II, 1. Dûsseldorf, 1892. (A. Wiede- 
mann : très important.) — P. 166. Flor. Tourtual, Bischof Hermann oon Verden 
1149-1167, 2. Aufl. Berlin, 1892 (A. W.: à saluer avec reconnaissance)* 

Korrespondenzblatt der 'Westdentschen Zeitschrift fiir Geschichte 
andKunst. JabrgangXII (1893). N'I (janvier). — P. 7. A. Kœrnicke, Entstehung 
^ Entwickelung der Bergischon Amtsoer/assung bis zur Mitte des 14. Jahrhun- 
derts. Bonn, 1892 (Keussen : enquête soigneuse). — N« 2, 3 (février et mars). 
P. 33. Die Wappen, Helmzierden ^ Standarten der Grossen Heidelberger Lieder- 
handschri/ï (Manesse-Codex) . Herausg. v. K. Zangemeister. Heidelberg, 1892. 
(K.: excellent). — P. 33-34. H. H. Koch, Das Dominikanerkloster zu Frankfurt 
a. M. 13-16. Jahrh. Freiburg^ 1892. (Hansen : de valeur seulement dans quelques 
parties.) — P. 34. M. Mohr, Die Finanzcervoaltung der Gra/scha/t Luœemburg im 
Beginnedes 14. Jahrhunderts, léna, 1892. (Kg. : traite la matière à fond, clair.) — 
P. 35. Binlerim und Mooren, Die Erzdiôcese Kôln im Mittelalter, 2. Bearbeitung. 

1892, (-.: La littérature est trop négligée, le manque d'un registre est à regretter.) 

— P. 35-36. H. Bloch, Forschungen zur Politik Kaiser Heinrichs V/, in den Jahren 
1191-1194, Berlin, 1892. (Knipping : bon). - N« 4 (avril). P. 57. Theod. Undner, 
Veme und Inquisition,. Unicersitàtsschri/t Halle 1893. — P. 57-58. A. Doren, 
Untersuchungen zur Geschichte der Kau/mannsgilden des Misselalters. Leipzig, 

1893. (Keussen : beaucoup d'erreurs.) — N« 5 (mai), P. 109-111. L. v. Borch, 
Fremdtoorte fur Namen und Eigenschaften, — N" 6 (juin). P. 123. E. Schaumkell, 
Der Kultus der h l. Anna am Ausgange des Mittelalters. Freiburg & Leipzig, 1893. 
(intéressant.) — P. 123-124. C. Hirschberg, Geschichte der Grafschaft Mors. Mors 
1893, (Keussen : faible.) — P. 127-128. L. v. Borch, Zur Hinrichtung der Sachsen, 

— N" 7 (juillet). P. 144-145. Jul. Pistor, Untersuchungen ûber den Chronisten 
Johannes Nuhn con Hers/eld. Cassel, 1893. (Progr.) (H. Diemar : instructif et 
intéressant ) — N» 8 et 9 (août et septembre). P. 174. B. Kugler, Eine neut 
Handschri/l der Chronik Alberts con Aachen. Tûbingen, 1893 (important). — 
P. 174-177. F. V. Reber, Der Karolingische Palastban, II. Der Palast zu Aachen 
(Abhdl. d. Mùnch. Akad. hist. Cl. 20,189 fif.) (H. Kelleter : de première valeur).— 
P. 177. J. Kempf. Geschichte des deutchen ReCchcs usd^rend de% ^rç>*^«.iv \TvXft.T- 
reçnums. 12451246. WûrzhuTg,\Sd^,(Km^^\n%\Q\2:\x:,\k^^^\^^\^\^^ 



— 174 — 

— P. 209-212. 1) G. V. Below, Geschichte der direkten Staatsstenern in Jûlich 
und Derg bis zum Geldrisdien Erbfolgekriege. (Zeitschr. d. Berg. Geschichts- 
vereins. T. 26. 1 ff. 28, 1 ff.) (1890 et 92.-2.) E. Niepmann, Die ordentUchen direkten 
Stcuitsstenern in Clece und Mark bis ^um Ausgange des Mittçl^*3rs. Munster, 
1891.-3 ) H. Weis, Die ordenilichen direkten Staatsstenern con Kurtrier im 
MitUlalter. Munster, 1893. (E. Kruse : 1) de grand mérite) 2) 3) bon.) — P. 212- 
213. A. Knieke, Die Einœanderung in den œest/dlisc/ien Stûdten bis 1400, Munster, 
1893. (Kruse : prévoyant, disposition bonne, clair.) ~ P. 213-214. Mart. Meyer. 
Zur dlteren Geschichte Corceys et Hôxters 7893. (Kruse.) — P. 217-221. 
P. Richter, Aus der Geschichte der Abtei Maria-Laarh. — N* 11 (novembre). 
P. 231-232. P. Wiegand, Das Femfjericht West/àlens. 2 cerb. Aufl. 1893 (bon). — 
P. 232-233. Eberl.art Windecke, DenkϞrdigkeitcn sur Geschichte des Zeitalters 
K. Sie(jmund.<. Hrsg. v. W. Aetmanu. Berlin, 1893 (édition bonne). — P. 233- 
239. Th. llgeu, Denkrerse ûbcr die Belagerung ^ Eroberung con Broich a. d. 
Ruhr, 1443. — N« \'Z (décembre). P. 261, Mayer, Geschichte des Klosters St. 
Peter auf dein Srhœarzœald , Frieburg, 1S93. (Gothein : travail appliqué.) — 
P. 261-262. Ferd. Schmitz, Der Neusser Krieg (1474-1475). Diss. Bonn, 1893. 
(H. Diemar : pas entièrement réussi.) — P. );i6G-269. Fr. Lan, Ein neues Vcrseich- 
niss der Kôlner Mûnzerhausgenossen, 

Mitteilungen ausdem Stadtarchiv von Kœln. Bd. Vlii. Heft 23 (1893). — 
P. 187-222. Rich. Knipping, Die mittclalterlivhen Revhnungen der Stadt Kôln. — 
A. Die Einnahmen. B. Die Ausgaben. C. Die stadtische Schuld. — P. 223-282. 
Das Urkunden-Archic der Stadt Kôln. Erganzungen. Inventar. VI. 1169-1400 

Publikationen der Gesellschalt fur Rheinische Geschichtskunde. 

X. (1893). — AUtenzur Geschichte der Verfassung und Vericaltung der Stadt Kôln 
im 14. und 15. Jahrhundert. Bearb. v. W. Stein. Tome 1. 

Verhandlungen des historischen Vereins von Oberpfalz und Regens- 
burg. Tome 45 (1893). — 1*. 55-79. Joh. B. Kamann, Aus dem Brie/tcechsel der 
Nûrnberger Patri zicrfamilie Fûrer con Haiinendorf mit detn Kloster Gnadenberg 
in der Obcrpfals. 1460-1540. — P. 81-112. Th. Lauier, Nachrichten ûber die com 
Pratt^enstem (Braiteustein). — P. 113-129. Doeberl, Quellen und Erôrterungcn 
sur Geschichte des Nordgaues. — I. Âleteste, ungedruckte Waldsassener Chronik 

— P. 131-151. Frz. Ebner, Ein Regensburger kau/incinnisches Hauptbuch aus den 
Jahren 1383- 1407. 

"Westdeutsche Zeitschrilt fur Geschichte und Kunst. Jabrgang XII 
(1893). Fasc. 1. — P. 37-50. Marx, Der Biograph des Bischo/s Agritius con 
Trier. — La Vita Agritii a été écrite entre 1030 et 1045. Son auteur est certai- 
nement un membre du clergé de la cathédrale de Trêves, peut-êire Angilbod, qui 
fut écolâtre et chancelier de Tévéqne Poppon. — P. 50-90. H. Diemar, Beitrâge 
zur Wiederherstellung und Erlâuterung des Chronicon Moguntinum. — Recen- 
sioncn. — P. 91-100. Die Kunstdenkmûler der Rheinprocins. Ersier BsLud. III. IV. 
(Mors u. Kleve). hrsg. v. P. Clemen. Dùsseldorfî 1892. (P. Lehfeldt : excellent.— 
y^. 100-103. W. Manchot, Kloster Limburg an der Haardt. Mannheim 1892. 
/Z'- Clemen fwtéressaût.) - Fasc. 2 — P. 120-156. YtOlt. VLo^^i, MU Stras^aen In 



— 175 - 

Hessen. — P. 162-202, 268-307. W. Stein, Zur Vorgeschichte des Kôlner Ver- 
bundbrie/s oom 14y September 1396. Receaslonen. — P. 302-307. Urkundenbuch 
des su/tes St. Gedeon zu Kôln. hrsg. v. P. Jœrres. Bonn 1893. (H. Keussen : 
édition bonne, mais pas sans erreurs et fautes). — P. 307-310. Die Matrikel der 
Unloersitât Kôln 7389-1559. I. Ed. { 1389-1466. )'l. 2. Hàlfte Bearb. v. H. Keussen. 
Bonn 1892. (Knod : très important, édition excellente). — Fasc. 3. — P. 311-371. 
G. Liebe, Die rechtUchen und tolrtschaftUc/ten Zustûnde der luden im Erzstift 
Trier. 

'Wûrttexnbergische Vierteljahrshefte fur Landesgeschichte. Neue 
Folge. Jahrg. II (1893). — Fasc. 1-2. P. 107-115. (5. Bossert, Topographische 
Fragen. — P. 129-161. M. Bach, Die G rahdenkmale vnd Totenschilde des 
Munsters zu Ulm. — P. 162. C. A. Kornbeck, Der Grabstein der Margareta 
Appotekerin im Chor des Munster. — Fasc. 3. P. 225-259. F. v. Tbudichum, Die 
ge/àlschten Urkunden der Klôster Hirsau und Ellwangen. I.) Hirsau. 1.) Die 
Urkunde vom 9 oct. 1075. 2.) Die (undatierte) Urkunde Gregors VII. und die 
Urkunde UrbansII. vom 8. Màrz 1095. 3.) Die Fàischungen nacb dem Muster von 
Hirsau oder Cluny. II.) EUwaugeu. .— 2, Zusàtze v. Schâfer et Stâlin. — Fasc. 4. 
P. 387 ff. Wûrttembergische Geschichtslitteratur der Jahre. 1888-92. Zusammen- 
gest. V. C. Ad. Fetzer. 

Zeitschrilt des AachenerGeschichtsvereins. — Bd. XV (1893). — P. 1-17 
E. V. Oidtman, Die Burg zu Stolberg und ihre Besitser, insbesondere die. 
Edelherren con Stolberg-Frenz-Seiterich. — P. 18-25. Al. Cartellieri, Gra/ 
Pliilipp oon Flandern als augeblicher Pathe Kônig Philipps il. August oon 
Frankreich. — P. 63-96. Hugo Loersch & Marc Rosenberg, Die Aachener 
Goïdschmiede, ihre Arbeiten und ihre Merkzeichen bis zum 18. Jahrhundert. — 
P. 236-326. Theod. Oppenhofif, Die Aachener Sternzun/t. — Kleinere Mitteilungen. 
— P. 327-329. H. Loersch, Die in Basel con 1462-1491 studierenden Aachener. — 
P. 329-334. H. Keussen, Urkunden des 15. Jahrhunderts' zûr Aachener Lo- 
kalgeschichte. — P. 334-338. H. Keussen, Zur Vorgeschichte der Frankenberger 
Fehde 1441. 

Zeitschrilt des Bergischen Geschichtsvereins. T. XXIX (1893). — 
P. 1-132 & 274. G. V. Below, Urkunden und Akten zur Geschichte der Steuern in 
Jûlich und Berg. — P. 133-159. Jos. Joesten, Zur Geschichte des Schlosses Win- 
deck. — P. 160. Subcention Herzogs Gerhard von Jûlich fur seinen Astronomen 
M. Gerhard zon Sitten (1440. Nov. 6). — P. 161-170. W. Harless. Zur Grûndungs- 
sage der Abtei Altenberg. — P. 171-191. Frdr. Kùch, Fine Abtschronik oon 
Altenberg. — P. 192. Intereention Herzog Wilhelms II, oon Jâlich-Berg beim 
Rat zu Kôln wegen des Studiums der Sôhne Herzogs Johann IV, oon Sachsen- 
Lauenburg (1484. Juin 29.)— Bûcher- Anzoigen, — P. 277-279. Osnabrûcker Ge- 
schichtsquellen. Bd, I. Die Chroniken des Mittelalters, hrsg. v. F. Philippi et 
H. Forst. Osnabrûck, 1891. (K. : édition de mérite.)— P. 279-283. A. Koernicke, 
Entstehung und Entwicklung der Bergischen Amtsoerfassung bis zur Mitte des 14. 
Jahrhunderts. luaug-Diss. Bonn, 1892. (K. : enquête savante et solide.) 

Zeitschrift fur die Geschichte des Oberrheiivs. — H. ^. N\\>lv:sS^^. 
Fasc. 1. — MlsceUen. — P. 125-128. R. Fester. Zu5ci BerlcKte iXber de.i>. U^X^K^Uk^ 



- 176- 

xu Fran/^urt (1397-98).— P. 128. K. Schorbach, Nachtrag m Strassburgs Anteil 
an der Erfindung der Buchdruckerkunst— P. 129-130. Baumann, Ein Vertrag ûber 
die Erstellung eines Flûgelaltars In Lenzkirch, 1478. — Litteraturnotiaen. — 
P. 137. H. Grotefend, Zeitrechnung des deutschen Mittelalters IL 1, Hannover, 

1892. (A. Cartellieri : bon.) — P. 139-140. RapoUsteinisches Vrkundenbuch^ hrsg. 
V. K. Albrecht. Bd. II (1364-1408)! (A. S. : excellent.) — P. 140-141. A. Winkel- 
mann, Der Rontzug Ruprechts oon der P/alst. Innsbruck, 1892. (A. S. : enquête 
savante.) — P. 157-196. E. Marckwald, Elsâssische Gesckichtslitteratur d. J. 1891, 

— Fasc. 2. — P. 197-255. H. Witte, Zur Geschichte der Burgunderkriege. Dos 
Kriegsjahr, 1475. Die Reise gegen Blamont. — P. 256-288. J. May, Zur Kritik der 
Annalen oon Schuttern. — P. 373-380. G. Kùntzel, Zur Erklârung der MarkU 
prioilegien oon Radolfsell und Allensbach. — Litteraturnotizen. — P. 386-387, v. 
Mùllenheim-Hechberg, Das GeschôU der oon Mûllenlieim und Zorn, Strassbnrg, 

1893. (W. W.) — P. 387. H. Witte, Der leUte Puller con Hohenburg. Strassbarg, 
1893. ( = Beitrâge zur Landes-et Volkskunde v. Elsass-Lothringen XVI). (W. W. : 
intéressant.)— - Fasc. 3. — P. 419-435. Th. MûW&t,- Beitrâge sur Geschichte der 
Ortenau. — I. Graf Burkard v. Staufenberg und die Grafen der Ortenau. — 
P. 436-493. Fr. Baumgarten, Aus dem Gengenbacher Klosterleben (Protocollum 
Gengenbacense).— Einleitung. I. Von der Grùndung bis zum Jahre 1661. II. 1661- 
1679. — P. 494-516 Al. Scbulte, Das Geschôlle der Zorn und Mûlnheim, 1332 

— Litteraturnotizen. — P. 527-528. Frdr. Carstanjen, Ulrich oon Ensingen. Mûn- 
chen, 1893. (Scbulte : travail solide.) — P. 546-564. P. Albert, Badische Ces- 
chichtslitteratw d. J. 1892. — Fasc. 4. — P. 606-615. R. Fester, Das âltesU 
Urbar der Markgra/scha/ï Baden. Von 1404. — P. 616-625. E. Waldner, Ein 
Konflikt zuHschen-demRate und der Bàckerzunft zu Colmar, — P. 626-632. Kolm. 
Scbaube, Noch eintnal das Radol/seller Marktprioileg. — P. 633-639. Max. 
Hufifscbmid, Zur Geschichte des Klosters Lorsch. — P. 640-645. Gust. Bossert, 
Der Besitz des Klosters Lorsch Im Elsass. — P. 646-657. H. W^tte, Zur Geschichte 
des burgundischen Landoogts Peter con Hagenbach. — Miscellen. — P. 703-706. 
Fr. Jac. Schmitt. Die Mdnsterldrche su ViWngen.— P. 706-709. R. Wackemagelt 
Zwei Kônigsurkunden. — 1231. Oct. 23. 1297. Sept. 3. — P. 709-710. Scbulte, 
Albrecht o. Bonstetten und Gallus 0/ieni. — Litteraturnotizen. — P. 714-715. 
Matrikeln d. Unioersiiât Heidelbcrg o. 13861662. Bd. III. Heidelberg, 1893. 
(Winckelmann : excellent.) — P. 715-716. A. Bûchi, Briefe und ausgewdhlie 
Schriften Albrechts c. Bonstetten. Basel, 1893. (Scbulte : publication du plus 
grand mérite.) — - P. 717-718. Jul. Mayer, Die Geschichte der Benediktinêrabtei 
St. Peter au/ dem Schvoarzœald. Freiburg, 1893. (Scbulte : très appliqué, récit 
vif.) — P. 718-720. Frdr. Pfaff, Festschrift zum 400 jàhrigcn Gedàchtniss des 
ersten Freiburger Buchdruchs 1493. Freiburg, 1893. (—H. : à saluer avec recon- 
naissance.) — P. m. 1-128. Mittcilungcn der badischcn historischen Kommission* 
No. 15. — P m. 28ff. Verzeichnisse von Arcbivalien aus Orten der Amtsbezirke : 
Breisacb, Ûbcrlingen, Lôrracb, Mûllheim, Stockacb, Konstanz, Messklrch, Lahr, 
Rastatt, Sinsbeim. D' Trbpftz. 



Le Gérant : V»* E. Bouillon. 



CHALON-SUH'SAÔNBt LMP. PRANÇA18B RT OHIENTALE DE L. MARCBA.U. — 17348 



LE MOYEN AGE 

BULLETIN MENSUEL D'HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE 

MM. MARIGNAN. PROU ET WILMOTTE 



AOUT-SEPTEMBRE 1894 



Samuel Berger. — Histoire de la Vulgate pendant les premiers 
siècles du moyen âge. — Paris, flaclielte, 1803, in-S*^, xxiv-443 p. 

Les reclierches critiques sur le texte de la Bible ont été à peu près 
abandonnées chez nous depuis les temps déjà éloignés de Richard Simon 
et de doni Pierre Sabatier, et aux beaux travaux de Tiscliendorf et de 
Vercellone nous n'avions rien à opposer; mais nous n'apprendrons à per- 
sonne que, de nos jours, ces études sont représentées en 1^'rance par 
M. S. Berger avec la même autorité que par M. Wordsworth en Angle- 
terre ou M. Corssen en Allemagne. Son Hiaioirc de La Vulfjate est certai- 
nement l'ouvrage le plus neuf et leplusimportiint qui ait été écrit sur cette 
matière ardue; il fallait, pour traiter avec succès un pareil sujet, outre 
une rare patience dans la recherche, une critique rigoureuse, une méthode 
sûre d'elle-même, une érudition très étendue : rien de tout cela n'a man- 
qué à M. Berger. 

La principale difficulté de ce sujet (^st sa complexité (extrême; non 
seulement les manuscrits de la Vulgate. fort nombreux, se prêtent mal 
au classement, mais, dans un même manuscrit, co qui est vrai du 
Nouveau Testam(Mii ne l'est pas nécessairement, il s'en faut d(î beaucoup, 
de l'Ancien, etles conclusions auxquelles arrivela critique pour leskois, 
par exemple, ou les Évangiles, peuvent étr(^ complètement inexactes 
appliquées au livre de Job ou aux Kpîtres de saint Paul. 

(Je qu'il fallait, avant tout, c'est un point de départ bien déterminé. 
M. B. Ta trouvé dans ce qu'il aj)pelle « Tordre géoj^raphique » des 
t(^xtes. ( -hercher les textes les plus originaux dans les pays qui sont restés 
l(î plus longtemps fermés aux influences du dehors, voilà l'idée maltresse 
qui l'a sans cesse dirigé et qui devait le conduire aux résultats les plus 
importants, (^es pays, ce sont l'Kspagne et les llcs-Britaimiques. Tandis 
que la Seplimanie et la vallée du Rhône sont la grande route d'invasion 
des tcwtes espagnols, les textes irlandais et anglo saxons pénètrent par le 



- 178 — 

Nord jusqu'à la Loire; c'est au cœur de la France que nous trouvons les 
deux courants réunis et confondus. De cette fusion naissent les « textes 
naturalisés » ou « textes de pénétration » ; du texte septimanien, fondu 
avec un texte franco-irlandais, est issu le texte de Théodulfe; d'un autre 
côté l'influence anglo-saxonne est prédominante dans tous les textes 
dérivés du texte al cuinien. 

L'histoire des origines mêmes de la Vulgate est des plus obscures ; le 
peu que l'on sait de l'introduction de la Vulgate en France n'est pas moins 
incertain; et sans s'attarder aux conjectures que l'on peut tirer à ce sujet 
des œuvres de saint Avit et de Grégoire de Tours, M. B. aborde l'examen 
des plus anciennes bibles espagnoles, qu'il répartit, après de minutieuses 
descriptions et d'intéressants rapprochemenis, en deux groupes distinctes, 
dont le plus important a eu son centre dans l'ancien royaume de Léon. 
Puis, il passe en revue les anciens textes irlandais et anglo-saxons, 
parmi lesquels figure en première ligne celui du célèbre Codex Amiatinus 
de Florence. Les textes irlandais ont eu sur le continent une fortune 
singulière; nous les. retrouvons non seulement dans l'ancienne Neustrie 
et dans l'ancienne Austrasie, mais jusqu'en pleine Alémanie, jusqu'au 
ddà des Alpes, jusqu'à Bobbio. 

Nous ne suivrons pas M. B. dans les mille détails de l'étude compliquée 
des anciens textes français ; toute leur histoire se résume en ces quelques 
mots : combinaison des textes étrangers venus du Midi et des textes venus 
du Nord; pénétration de la France par les textes espagnols d'une part, 
par les textes anglo-saxons et irlandais d'autre part. C'est seulement avec 
l'histoire de la révision carolingienne, et des tentatives l'une toute 
personnelle de Théodulfe, l'autre d'un caractère demi-officiel d'Alcuin, 
pour ramener le texte de la Vulgate à une plus grande pureté, que nous 
entrons véritablement dans le cœur du sujet; aussi bien est-ce là, à notre 
avis du moins, la partie la plus intéressante de l'ouvrage. 

Contrairement à l'opinion généralement reçue, M. B. croit pouvoir 
affirmer que Théodulfe est né non au sud, mais au nord des Pyrénées, 
dans l'ancienne Septimanie; ce qui d'ailleurs ne fait de doute ni pour lui 
ni pour personne, c'est que Théodulfe était Wisigoth, c'est-à-dire Espa- 
gnol. Né dans un pays goth, Goth il est resté au milieu des Francs; et si 
par là l'on peut mieux comprendre qu'il n'ait pas été « dans les traditions 
de là cour » de Charlemagne, cela explique aussi, — et ce point de vue 
est celui qui nous touche le plus, — en quelle manière la Bible de Théo- 
dulfe diffère de la Bible d'Alcuin : tandis que celle ci est une « création de 
récole réformatrice de Charlemagne », la première est « un retour à la 
vieille érudition espagnole ». 

Il n'est pas de manuscrit qui ait été étudié par M. B. avec plus de soin, 
— dirons-nous avec plus d'amour? — que la fameuse Bible de Théodulfe, 
appelée Bible de Mesmes(B.N.,lat.9380), Bible dont M. L. Delisle signa- 
lait pour la première fois, il y a une quinzaine d'années, les particularités 
si remarquables et la quasi- identité avec celle, également célèbre, du 
J^i/j". //en examine tour à tour et minulieuserae.vi\. Ves dWetaes parties ; et 



— 179 - 

cet examen le conduit pour chacune d'(^lles à des conclusions tellement 
différentes, qu'il parait impossible d'admettre que la iîiblc de Tliéodulfe 
dérive d'un seul et unique original. Kn effet, si les Rois, les Epitres de 
saint Paul, his Actes et les Kpitres catholiques offrent un texte espagnol 
(ou plutôt pyrénéen), le texte des Évangiles est irlandais ou plutôt anglo- 
saxon, et celui de certaines autres parties, comme le Pentateuque, est 
incolore ou franchement mauvais. Le texte de la Bible de Tliéodulfe est 
donc, dans son ensemble, très mêlé; cela n'empêche pas que cette Bible, 
dans sa disposition extérieure, soit nettement espagnole. 

Mais ce ([ui, dans la Bible de Théodulfe, mérite de fixer Tatlention, ce 
n'est pas seulement le texte proprement dit ou lexie primitif, ce sont 
aussi, M. B. dirait presque surtout, les variantes, correclions, annotations 
qui raccompagnent, et qui constituent précisément, outre la disposition 
générale du manuscrit, l'œuvre de Tévêque d'Orléans, en lant qu'éditeur 
de la Bible. L'examen de ces corrections, loiu de modifier les conclusions 
de M. B., ne fait que les confirmer et les préciser: les sources auxquelles 
Tliéodulfe a puisé dans son travail de révision sont toutes ou presc^ue 
toutes espagnoles, ou tout au moins méridionales. 

Ces résultats acquis, reste à savoir (juel est, du manuscrit de Mesmes 
ou de celui du Puy, tous deux identiques, comme l'on sait, pour l'exté- 
rieur, mais assez dissemblables pour le texte, celui qui a servi de modèle 
à l'autre et qui peut être considéré comme l'original. A cette question, 
M. B., arrivant à des conclusions analogues à celles qui ont été jadis 
formulées par M. Delisle, répond sans hésiter quela Bible du l^uyest une 
copie, — et une copie souvent bien maladroite, — de la Bible de Mesmes. 
Celle ci, selon toute apparence, « est l'original établi sous les yeux de 
Théodulfe et conformément à ses directions ». 

L'œuvre dcThéoilulfe ne devait pas lui survivre; ses efforts restèrent 
infructueux. Il aurait considéré comme de véritables trahisons les copies 
qui furent faites de sa Bible; ces copies sont d'ailleurs assez rares; c'est 
tout au plus si M. B. a rencontré um» quinzaine d'exemplaires de la Bible 
ou de parties de la Bible issus plus ou moins directement de celle de 
Théodulfe. 

Tout autres furent les destinées de la Bible d'Alcuin, dont l'histoire, 
dit M. B., « est une histoire sans fin, qui se déroule jusqu'à nos jours. 
C'est au fond l'histoire de l'altération incessante d'un bon texte sous l'in- 
iluence de mauvais textes ». 

Nous sommes assez bien renseignés sur l'ccuvre biblique d'Alcuin, 
enti-epiise sous l'inspiration de Charlemagne; nous savons (|u'elle est 
dans un rapport étroit avec la réforme liturgicjue ordoiuiée par le grand 
empereur; nous savons aussi, par les j)oèmes même d'Alcuin, <iue quatre 
Bibles au moins ont été off(îrles par lui à diffénîuts personnages entre les 
années 7\)\) et 801, c'est-ù dire précisément à l'époque où l'abbé de Saint- 
Martin de Tours travaillait à la corretîtion du texte bibli(iu(^ Malheu- 
reusement, il n'existe aucun mauuscril dov\\. o\\ x^m^^^^si <^\xv- »^NViv:.N:^ 
moimiiv carUtudc qu'il ait (Hé écrit sous \a v\\vv>vV\<>\\ \w\\\\v>^voA.^ vS: K^^xjLxsv, 



- 180 — 

et représente exactement son œuvre. Tout ce que Ton peut dire, c'est que 
le précieux Codex Vallicellianus de Rome a été vraisemblablement copié, 
en certaines parties du moins, sur Tun des exemplaires alcuiniens, sur 
celui qui a été présenté de la part d'Alcuin à Charlemagne le jour de 
Noël 801, à Aix-la-Chapelle. Ce Codex Va//ice//tanas offre pour plusieurs 
portions de laBible un texte tout à fait remarquable, qui tient à la fois du 
texte du nord de la France, et, surtout en ce qui concerne les Évan- 
giles, du texte anglo-saxon. Il n'y a en cela rien qui puisse surprendre, 
Alcuin, abbé de Saint-Martin de Tours, étant Anglo-Saxon d'origine et 
d'éducation, et ayant eu pour maître l'archevêque d'York Albert, qui lui 
légua, comme l'on sait, sa riche bibliothèque. 

A côté du Codex Vallicellianus vient se placer le groupe, si remar- 
quable au point de vue paléographique, des Bibles tourangelles. Le classe- 
ment en est des plus difficiles; tenté une première fois par M. Corssen, 
il a été entrepris de nouveau par M. B. ; les résultats qu'il a obtenus, au 
prix d'innombrables collations, sont, sur beaucoup de points, conformes 
aux conclusions de son devancier: sur quelques autres ils en diffèrent; la 
filiation de ces textes ne pourra sans doute jamais être établie avec une 
précision bien rigoureuse. Ce qui toutefois semble hors de doute, et ce 
qu'il importe, après tout, le plus de savoir, c'est que, de proche en proche, 
le texte alcuinien primitif, relativement pur, est devenu, entre les mains 
des copistes et des correcteurs de Tours, un texte des plus insignifiants ; 
il est allé sans cesse en se dégradant, au point d'être finalement mécon- 
naissable. Il se passera plus de trois siècles avant que nous n'assistions, 
grâce aux efforts de l'Université de Paris et des Dominicains, à un 
nouvel essai de revision du texte de la Bible. 

Telle est, dans ses grandes lignes, l'histoire de la Vulgate, principale- 
ment au viu" et au ix« siècle. Si M. B. est parvenu à la reconstituer, ce 
nest qu'après une enquête longue, méthodique et minutieuse, qui a porté 
sur 250 manuscrits environ, répartis dans les principales bibliothèques 
de l'Espagne, de la Grande-Bretagne, de la France et de la Suisse. En 
certaines parties, cette histoire reste encore incertaine et flottante; quel- 
ques-unes de ses conclusions, M. B. ne les donne guère qu'à titre provi- 
soire; ce n'en est pas moins un singulier mérite que d'avoir réussi à 
débrouiller, dans son ensemble, une matière aussi confuse. 

On se tromperait beaucoup, si l'on croyait ne trouver dans cet excellent 
livre que l'histoire pure et simple d'un texte. L'histoire de la Vulgate, 
dit très justement M. B., « se confond avec l'histoire de la paléographie, 
en même temps qu'elle est un des plus beaux chapitres de l'histoire de 
l'art chrétien )). Cela est si vrai, que telle page, tel chapitre même du 
livre de M. B. ne paraîtraient nullement déplacés dans une histoire 
de l'écriture ou de la miniature. Parmi les manuscrits qu'il passe 
en revue, il en est que l'on tient à juste titre pour les monuments les plus 
curieuxou les plus beaux de l'art du calligraphe au vni® et au ix® siècle. 
Sur certains d'entre eux, étudiés cependant tant de fois déjà, il a des 
j'dêes nouvelles et originales. Ainsi du fameux Pentateuque de Tours: ce 



- 181 - 

manuscrit, unique en son genre, avait été attribué, sans preuve, à l'Italie 
du Nord. M. B., tirant de l'examen des peintures dont il est orné, des 
arguments qui nous paraissent très forts, n'hésite pas à lui assigner 
comme patrie un pays méridional en relations avec l'Afrique, autrement 
dit l'Espagne. Les pages consacrées à l'école de Saint-Gall, et aux manus- 
crits des copistes Winitharius et Hartmut \ dont les collections sont 
restées presque intactes, comptent parmi les plus intéressantes du vo- 
lume. 

Mais le chapitre qui, peut-être, paï sa nouveauté, se recommande le 
plus à l'attention des paléographes, est celui où M. B. traite des manus- 
crits en lettres d'or et de l'école qui les a produits. M. B., après une étude 
approfondie d'un certain nombre de manuscrits des Évangiles, tous 
exemplaires de grand luxe, sortis de cette école, croit pouvoir faire 
remonter l'exécution de la plupart de ces précieux volumes à la première 
moitié du règne de Charlemagne, c'est-à-dire avant Tan 800. Mais quelle 
est lapatrie commune de ces manuscrits chrysographiques? M. Janitschek, 
qui a collaboré à la récente publication de l'un des plus célèbres d'entre 
eux, du Codex Adœ ou Codex aureus de Trèves,attribueà ces manuscrits 
une origine messine. M. B. s'inscrit en faux contre cette opinion. Pour 
lui, les manuscrits en lettres d'or sont l'œuvre non d'une prétendue école 
de Metz, dont l'existence est des plus problématiques, non de l'école de 
Tours, postérieure aux plus anciens de ces manuscrits, mais bien de 
l'école palatine elle-même, dirigée dès 782 par Alcuin. 

Les derniers chapitres ont pour objet les (( parties accessoires de la 
Bible»: ordre des livres de la Bible; chapitres et sommaires des livres de 
la Bible; stichométrie (à l'origine tarif de librairie ayant pour base le 
nombre des lignes d'un manuscrit, et par la suite véritable ponctuation). 
Ce sont là, pour la critique, autant d'éléments d'informations fort précieux, 
et pour le classement des manuscrits il est nécessaire d'y avoir constam- 
ment recours. 

Le volume se termine par une série d'appendices et de tables, fruit 
d'un travail considérable, et qu'apprécieront surtoutles spécialistes. Nous 
devons une mention spéciale à l'index bibliographique des manuscrits 
étudiés dans le corps de l'ouvrage *, index qui, à lui seul, n'occupe pas 
beaucoup moins de cinqxiante pages. Les volumes qui s'y trouvent 
sommairement décrits appartiennent à plus de soixante dépôts différents ; 

1. Il semble qu'en quelques endroits, et principalement dans ce chapitre, la 
rédaction, un peu hâtive, pourrait être avantageusement modifiée. Nous lisons, 
p. 126 : « Comme on le voit, il nous reste quatre manuscrits signés de Hartmut. » 
Cela ne ressort nullement de ce qui précède, mais d'une note de cette même 
p. 126, par-dessus laquelle beaucoup de lecteurs passeront. 

2. Quelques-uns des volumes examinés dans l'ouvrage ne figurent pas, peut-être 
à dessein, dans cet index : tels le ms. 9 du fonds de la reine Christine au Vatican 
(voy. p. 85) et le ms. 652 de Vienne (p. 276). — Il est regrettable que, dans cet 
index, M. B. n*ait pas indiqué, par un artifice typogra^\i\<\vxçi» \^ ^^^^■^'5^ ^>ù. \s:^^^> 
le locus classicus, où il est parlé de chacun de ces xxia.xiwsc.T\\& ^>vûfe Tùa.\àfet^ '^^^ 
particulière. 



- 182 - 

il n'y a pas dix de ces manuscrits que M. B. n'ait examinés par lui-même. 
C'est dire quelle a été l'étendue de ses recherches. 

(( Ce n'est pas, je lespère, avec ces lignes, dit M. B. en finissant, que 
je me séparerai de l'histoire de la Bible au moyen âge. » Cette espérance, 
que tout le monde partagera, nous voulons la considérer comme la 
promesse de nouveaux travaux, qui ne manqueront pas, assurément, 
d'être accueillis avec la môme faveur que les précédents. 

L. AUVRAY. 



L. TiERENTEYN. — Les Gomtes Francs depuis Glovis jusqu'au 
traité de Verdun. — Gand, Vuylsteke; Paris, A. Picard. 1893, 
1 vol. in-8°, loi p. 

Ce mémoire, couronné en 1892 par l'Académie royale de Belgique, 
n'apprendra rien de nouveau aux spécialistes. Il est consciencieux et a 
coûté un réel travail à son auteur, mais il manque d'originalité, les 
idées sont souvent flottantes et le style n'a pas de fermeté. Il n'est pour- 
tant point inutile, car il permet d'embrasser d'une manière commode 
l'histoire des comtes francs pendant environ quatre siècles. Seulement, 
l'auteur aurait dû distinguer avec beaucoup plus de soin qu'il n'a fait les 
textes des périodes mérovingiennes et carolingiennes trop souvent cités 
pêle-mêle. 

Je ne ferai que quelques remarques : l'auteur adopte les théories habi- 
tuelles sur la centaine et le thunginus, qui paraissent dénuées de toute 
preuve sérieuse. Il n'y ajoute du reste aucun argument solide. P. 18, 
« un Germain, son nom Adalric prouve son origine ». Rien de moins 
« probant » à cette date (693). Les textes cités p. 53 et suiv. pour montrer 
que les rachimbourgs sont de vrais juges ne comportent point une signi- 
fication si précise. Tous peuvent s'interpréter comme fixant le tarif de 
composition. A coup sûr, dans la formule citée p. 54, note 4, les « boni 
homines » sont de simples arbitres. — P. 60, 64, imprimer francia et 
non Francis. La majuscule ici est un non-sens. — P. 100, « lorsqu'il s'agis- 
sait de milices exclusivement franques, une dénomination expresse et 
spéciale leur était attribuée. Il était rare que le roi mit un chef franc à 
la tète des hommes dont le comte était romain ». Rien de ceci n'est dans 
les textes. Grégoire de Tours auquel on renvoie ne dit rien de pareil 
(liv. X, ch.27). — L'affirmation (p. 141-142^ que l'ancien caractère 
national des Germains sut restreindre le pouvoir des comtes qui s'exerça 
d'une im^oii despotique sur les seules populations gallo-romaines, est 
dénuée de toute espèce de preuve. (J'est même une erreur formelle. — 
Enfin, je trouve dans la préface une phrase sinji:ulière (p. 4) : «(.'harles le 
Chauve, en consacrant implicitement par Tédit de Kiersy riicrédité des 
comtes, signa l'abdication de la royauté en faveur de ces fonctionnaires. » 
M. T. ignore visiblement le travail de M. Bourgeois sur le Capitulaire 
de Kiersy, J) n\'i point ronim davantage celui de M. Froidevaux sur la 
Loj dite des Francs C/jamaves, ni un bonmèmovïG de MV. Vi.t2îvx%Ki «àxw \^^ 



- 183 - 

miasi qui a paru dans le tome XI des Mittheilungen filr œsterreich, 
Geschichtsforschung. F. Lot. 



Lavisse et Rambaud. — Histoire générale du IV^ siècle à nos 
jours. — T. III : Formation des grands États. — Paris, Colin, 
1894, gr. in-8o . 

Voici le tome HT qui paraît, suivant de près le second. Il traite de la 
formation des grands Etats de 1270 à 1492. C'est la liquidation du 
moyen âge par la disparition des pouvoirs universels. Nous avions déjà 
assisté à la* ruine de l'Empire par la papauté. M. Em. Chénon, dont 
nous retrouvons ici la science précise et moins touffue, nous montre la 
papauté amoindrie à son tour par la captivité de Babylone, par le grand 
schisme d'Occident, par les conciles décentralisateurs de Bâle et de Pise, 
et limitée par les concordats allemands et les pragmatiques sanctions 
imposées par les rois. Il est à regretter que M. Chénon n'ait pas cru 
devoir signaler la préface magistrale mise par M. Hanoteaux en tête du 
Recueil des instructions aux ambassadeurs de France à Rome; les idées 
générales de la politique gallicane et les négociations relatives aux con- 
cordats y sont lumineusement exposées. Certains articles de Scherer, 
si pénétrants, auraient dû également prendre place dans cette bibliogra- 
phie bien établie, mais où on aimerait à voir apprécier comme ailleurs 
la valeur de chaque œuvre. 

Désormais il n'y a plus en Europe d'action commune, même contre le 
Turc, dont M. Rambaud retrace les progrès avec une compétence et un 
intérêt que l'on croyait réservés à la seule Russie. La France et l'Angle- 
terre achèvent de prendre conscience d'elles-mêmes dans leur duel de 
cent ans. C'est M. Coville qui s'est chargé de cette grosse partie où l'on 
retrouve les qualités qui ont rendu célèbres ses études sur les États géné- 
raux de Normandie au xiv® siècle et sur l'ordonnance cabochienne. 
MM. Pingaud et Bémont ont achevé de montrer l'apparition dans ces 
deux pays des idées et des sentiments nouveaux qui vont y produire le 
despotisme des rois. A signaler dans l'étude de M. Pingaud un remar- 
quable portrait de Louis XL 

L'Espagne n'est pas encore unifiée et M. Desdevises du Dézert nous 
conduit à travers cette histoire pittoresque et éparpillée; peut-être lui 
reprochera-ton le même goût pour les petits faits sans contre-coup impor- 
tant qui dépare sa thèse sur don Carlos. La même tendance vers l'orga- 
nisation apparaît aux Pays-Bas sous les ducs de Bourgogne. L'étude de 
M. Pirenne, professeur à l'Université de Gand, légitime de tout point 
l'appel qui a été fait à des maîtres étrangers ; elle est la plus intéressante 
du volume par la méthode, la précision sobre des détails, l'intérêt cons- 
tant de l'exposition. Elle fait mentir l'axiome de Fénelon que l'historien 
ne doit être d'aucun pays. Les mêmes qualités, mais sans la chaleur de 
rhomme qui aime à parler de choses qu'il (ioii\ia.\\. \rv^\i, 's^^^^'^^^^^^^ç;^ 
dans les études dues aussi à un maître éttangeT. "NI, 0^i\, ^^Q,\fô%'5»<5N«. ^c^ 



— 184 - 

lycée Fescarini de Venise, nous montre cette liquidation du moyen âge 
se poursuivant en Italie. La papauté et l'Empire, jadis si puissants, 
cèdent la place aux républiques et aux tyrannies, comme en Allemagne. 
M. Blondel décrit les différentes maisons préoccupées autrefois de rêves 
grandioses, se rabaissant à la tâche inférieure, mais plus pratique, de se 
créer des patrimoines. Nous retrouvons dans les études de MM. Denis 
et Haumant, sur la Bohême, la Hongrie, la Pologne, la Russie et 
les États Scandinaves, les qualités de compétence, d'intérêt, de sympa- 
thie éclairée qui ont fait le succès de la « guerre des Hussites » et de la 
« fin de Tindépendance de la Bohême ». M. Xénopol, de l'Académie 
roumaine, professeur à l'Université de Jassy pour la Roumanie, et 
MM. Novakovitch, de l'Académie royale de Serbie, et Malet pour la 
Serbie, nous retracent rapidement, mais d'une façon intéressante, les 
préludes de ces questions des Balkans, étouffées si brusquement par 
l'invasion des Ottomans et si âprement réveillées en ce siècle. 

Dpux chapitres généraux ont été réservés, l'un à la civilisation 
française au xiv® et au xv* siècle, l'autre à la Renaissance en Italie 
jusqu'à la fin du xv' siècle. Les noms de MM. Petit de Julleville pour 
les lettres, de M. Mûntz et Lavoix pour les arts, de M. Tannery pour les 
sciences, sont de sûrs garants du soin qui a été apporté à ces études. Celle 
de M. Levasseur, sur l'agriculture, l'industrie et le commerce, nous a un 
peu désappointés, comparée surtout à celle de M. Pirenne pour les Pays- 
Bas. On sent que nous avons de plus en plus besoin de créer en France 
un enseignement scientifique des questions sociales, qui partout ailleurs 
sont l'objet d'études sérieuses et suivies. 

Quant à l'étude de M. Berthelot, elle ne brille point par Jes idées géné- 
rales ; c'est plutôt un consciencieux catalogue, surtout dans les parties qui 
traitent de l'architecture, de la sculpture et de la peinture. On aimerait 
à trouver moins de noms et plus de rapprochements, de comparaisons, de 
synthèses qui ont l'avantage d'éclairer les choses et de les fixer dans 
l'esprit que fatigue une longue nomenclature. 

Donc de très bonnes études, dont quelques-unes dues à des professeurs 
étrangers ; des parties médiocres sans relief ni vie ; cependant plus de 
cohésion que dans le deuxième volume. C'est une période compliquée, 
parce que la vie moderne commence. Mais partout on a eu soin de 
mettre en lumière la marche générale des choses. 

P. WmiATH. 



Franz-Xaver Krau.s. — Die Ghristlichen Inschriften der Rhein- 
lande. H' partie (du milieu du viii*' siècle jusqu'au milieu du 
xiii« siècle). — Fribourg-en-Brisgiiu et Leipzig, Mohr et Siebeck, 1894, 
in-4*', p. 161 à 378 et pi. xxiii à xxxi. 

Ainsi que l'auteur nous l'explique, la préface devait être très étendue 
et donner en quelque sorte ia doctrine du recueil, mais ^L Kraus, après 
^v-o/r consacré trente années à son œuvre, s'e?»\. \w xxv'a\\i<evit^>\^cwvec^^ 



— 185 - 

atteint d'une longue et cruelle maladie. Tel qu'il est, le recueil des ins- 
criptions chrétiennes du Rhin forme une digne suite au Corpus de 
Brambach et rendra de grands services. 

Voici les divisions du livre : Archevêché de Trêves ; Archevêché de 
Cologne; Inscriptions étrangères apportées dans le pays Rhénan; Ins- 
criptions fausses ; Additions et corrections aux deux parties ; Tables. 

L'épigraphiste et l'historien ne seront pas les seuls à apprécier le 
Corpus de M. Kraus, et Tarchéologue y trouvera réunis de nombreux 
monuments d'une importance capitale. 

Je citerai le reliquaire de Mettlach; les deux têtes de lion en bronze du 
portail sud-ouest de la cathédrale de Trêves, portant les noms des artistes, 
Nicolas et Jean de Bingen; Tautel portatif de Saint-Willibrord, couvert 
d'inscriptions grecques et latines; la fontaine en bronze de l'abbé Folcard, 
conservée autrefois à Saint-Maximin de Trêves; le reliquaire en plomb de 
la cathédrale de Limbourg-sur-Lahn ; un couteau de chasse avec marque 
de fabricant, au trésor de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle; la chaire de 
l'empereur Henri II et la couronne de lumière de Frédéric Barberousse, 
au même endroit; le tombeau de Charlemagne; l'autel portatif de Saint- 
Maurice, du xi® siècle, à Siegbourg; la châsse des saints Maurice et 
Innocent, riche spécimen d'orfèvrerie et d'émaillerie du Rhin, à Sieg- 
bourg ; la châsse de saint Héribert, magnifique produit de l'émaillerie 
rhénane du milieu du xii« siècle, à Deutz; la châsse des rois Mages, 
grand et superbe monument de l'art rhénan du xii® siècle, à la cathé- 
drale de Cologne ; les châsses de saint Albin et de saint Matirin,.à Sainte-^ 
Marie de Cologne; la croix de l'abbesse Mathilde, à Essen, etc. Parmi 
les monuments importés, la plupart sont byzantins et portent par consé- 
quent des inscriptions grecques. Il faut citer aussi le morceau d'étoffe qui 
a fait partie d'un étendard militaire ou vexillum; cette rarissime relique 
trouvée en 1864, dans le tombeau des rois Mages à Cologne, est attribuée 
au x® ou au xi© siècle. 

Je pourrais énumérer bien d'autres inscriptions sur pierres tombales 
reliquaires, etc., mais je conseillerai de se reporter au Corpus de 
M. Kraus dont les planches reproduisent beaucoup de ces monuments. 
Son ouvrage est de ceux qu'il est difficile de critiquer, inais qu'il est 
louable de recommander'. J.- Adrien Blanchet. 

L. Cloquet. — Notes sur les anciens ateliers de sculpture de 
Tournai et l'étendue de leur débouché. — Tournai, Casterman, 
1894, in-8o, 16 p. (extrait du tome XXV des Bulletins de la Société 
historique et littéraire de Tournai), 

Dans ce mémoire, M. L. Cloquet ajoute quelques détails intéressants à 
ceux que fournissent les remarquables Etudes sur l'art à Tournai 
publiées par lui en collaboration avec M. de la Grange ^ 

M. C. signale Texistence de plusieurs très belles tombes en pierre de 

1. La Grange et Cloquet, Vart à rottrriat,Toutxia:v,C;i."&Vetm"a.\is\^'^^'^"^'^'^^^- 



1 




Tournai, datant du xiv» au xyi^ siècle : à Utrecht, dans l'église Saint- 
Martin et au musée; à Breda, dans l'église Saint-Jean, et au musée 
d'Amsterdam, etc. Il rapproche ces monuments des tombes en pierre de 
Tournai du xiv« et du xV siècle, qui ont existé à Anvers, dans le 
Brabant, à Valenciennes, à Laoo, aux environs d'Abbeville, à Amiens, 
et jusqu'à Maubuisaoo', Les tombes du xii= siècle qui existentà Eslaîres, 
en Artois, à Nesles et à Saint-Josse-au-Bois, en Picardie; une tombe de 
1176 à Sebourg et la tombe de Mathieu d'Alsace, comte de Boulogne, 
mort en 1 173, prouvent combien l'industrie des tombiers était florissante 
à Tournai dès le xii« siècle. 

Après avoir reproduit une lettre très intéressante de M. V.-J. Vaillant 
signalant cinq tombes en pierre de Tournai des xii«, xiii", xvn« et 
xvii[= siècles qui se trouvent dans les collections lapidaires du musée et 
de la cathédrale de Boulogne, M. C. rappelle que les ateliers de Tournai 
ont fourni durant les xi'' el xn*^ siècles un grand nombre de fonts bap- 
tismaux à l'Artois et à la Picardie', et qu'en Angleterre, ceu\ de Win- 
chester, Lincoln et Eeast-Meon semblent avoir la même provenance. 

A ces exemples, M. Cloquet aurait pu ajouter pour la France la cuve 
baptismale du Tréport, publiée par le docteur Coutan', celle de Ber- 
lancourt (Oise) et peut-être certains fonts baptismaux de Suède et de 
Norwège, car les musées de Bergen et de Stockholm' contiennent des 
cuves baptismales romanes en pierre bleue- Mais, comme le tait très 
judicieusement observer l'auteur, il importerait de distinguer la produc- 
tion des ateliers toumaisiens de celle des ateliers des Ardennes où la 
même pierre s'exploite. J'ajoute qu'il peut exister des gisements de cette 
pierre en Scandinavie et ailleurs. Une double étude géologique et archéo- 
logique faite à ce sujet aurait le plus grand intérêt pour l'histoire de 
l'exportation si étendue des œuvres d'art au moyen âge. 

M. Cloquet termine son remarquable article par de curieux détails sur 
l'hôpital aujourd'hui démoli de Notre-Dame à Tournai, et par un appel 
à ses concitoyens pour la conservation des œuvres de dinanderie, autre 
production locale dont un des plus beaux spécimens vient d'enrichir le 
musée de Cluny. C. Enlart. 

E. RouocANACHi. — Les Corporations ouvrières à Rome depuis la 
chute de TEnapire romain. — Paris, Picard, 1894, 2 vol. in^», 
cx-478-470 p. 
Parmi les travaux, assez nombreux, dont les Métiers de Rome ont été 

l'objet en ces dernières années, aucun n'a l'ampleur du magnifique 

1. Les ari'oadissemeuts d'Arras, BËttauDe, Peroaue. Sni ni Quentin et Noyoii,reQ- 
terment un trâs graad nsmtjre de ces tombes en i>ierre bleue du xiv* et du xv siè- 
cle. Beaoi exemples du xi V à Quesny el Ponl-rÉvèque (Oise), et à Fay (Somme). 

2. M. Cloquet NFute ici tcés justement un reproche immérité que je lui ai adressa 
par erreur dada mes Note» sur quelques fonts baptixmaux du nord de la France. 
^BuU. du Comité des trao. hUt„ lâSU.). Je le remercie de cette rectificalioti . 

Coaiaa. L'ancienne Cuoe ba/iliamalt do, Triiport. Eitraitdu Bulletin de ta 
eies aniiguité» de la Seine-lT\féritxi,n. ^SSli. 






- 187 - 

ouvrage, si solidement et abondamment documenté, que M. E. Rodoca- 
nachi vient de consacrer à Thistoire générale et particulière des corpora- 
tions ouvrières romaines depuis la chute de l'Empire romain jusqu'aux 
temps modernes. Dans son introduction l'auteur, après avoir résumé ce 
que nous savons des corporations de Tantique Rome, retrace à grands 
traits, mais cependant avec toute la précision qu'exige la critique moderne, 
les phases successives de l'organisation du travail à Rome pendant le 
moyen âge. Rome n'a jamais été une ville d'industrie ni de commerce. 
Cependant les corporations s'y sont très anciennement constituées, et elles 
y ont été très nombreuses ; on n'en comptait pas moins de cent cinq à la 
fin du xviii^ siècle. Bien entendu, le lien entre les corporations du moyen 
âge et celles de l'antiquité, s'il existe, est insaisissable. Ce qui est certain 
c'est que l'esprit corporatif, s'il s'est affaibli pendant la période barbare, 
n'a pas dû complètement disparaître; car dès que nous arrivons à l'époque 
où les documents écrits sont moins rares, nous rencontrons diverses men- 
tions de compagnies d'artisans et de marchands. Ainsi, au xi© siècle 
paraît une schola de bateliers; en 1029, une schola de marchands d'huile. 
Un pacte conclu en 1030 entre les ortulani et leur prieur nous a été con- 
servé ; qu'étaient ces ortulani? C'est là une question qui n'est pas encore 
nettement résolue. Dans un document du xii® siècle il est question d'un 
judex mercatorum et de son conseiller. Au xni® siècle les divers groupes 
d'artisans se fondirent en une vaste association, la Mercanzia, qui com- 
prenait la plupart des artisans et marchands de la ville. Ses chefs for- 
maient un conseil à côté du conseil de la commune ou Sénat; on le con- 
sultait pour modifier les statuts municipaux; il intervenait dans les con- 
ventions commerciales conclues avec d'autres villes; on le voit même 
s'aboucher directement avec les chefs des Républiques voisines. Cette 
association de marchands tenait donc dans la constitution romaine une 
place analogue a celle qu'occupaient les ghildesdans les villes flamandes. 
Dès 1255 les marchands de Rome procédèrent à la rédaction de statuts, 
qui furent sans cesse modifiés et complétés jusqu'à ce qu'on procédât en 
1421 à une refonte complète. La plus ancienne rédaction qui nous soit 
parvenue porte la date de 1317. Le texte en a été publié par M. Gatti. 
Mais dès le xiv® siècle, plusieurs arts se séparèrent de l'association 
générale et formèrent des ' corporations particulières : les merciers, les 
changeurs, les agriculteurs. Les corporations particulières allèrenttoujours 
se multipliant. M. Rodocanàchi a étudié les relations de ces sociétés avec 
le gouvernement municipal d'une part, avec le gouvernement pontifical 
d'autre part. Il a montré comment les papes avaient retiré peu à peu aux 
Romains leurs franchises municipales, comment il s'étaient saisis de la 
policedes métiers. Nous signalerons aussi tout particulièrement le chapitre 
consacré au régime fiscal, qui renferme une étude sur les impositions 
indirectes, sur les taxes auxquelles les marchandises étaient soumises à 
leur entrée et à leur sortie, avec des vues originales et intéressantes sur 
la façon dont le moyen âge a compris et çral\c\]a^ \^ ^^o\fc^\ÀsyKc^^\sNfc. Vfc 
chapitre dans lequel M. Rodocanàchi a teltacfe V^i \.aXAfca.>aL ^^ \ o^^îjsSïiNas^- 



- 188 - 

tion corporative à Rome est nettement composé; car l'écueil de ces 
études d'ensemble est la confusion; peut-être reprochera-t-on cepen- 
dant à l'auteur de n'avoir pas eu un souci assez grand de la chronologie; 
ce n'est pas qu'il n'ait pris soin de distinguer les prescriptions des statuts 
les plus anciens de celles des plus récents; mais je crois que la vérité 
historique eût gagné à ce que son étude d'ensemble fût répartie en des 
tableaux correspondant aux diverses périodes de l'histoire des métiers; 
par exemple, décrire dans un premier chapitre l'organisation des corpo- 
rations antérieurement au xvi® siècle, puis dans un second chapitre, l'or- 
ganisation des corporations aux temps modernes eût suffi à rendre son 
étude synoptique plus maniable aux historiens. 

Elle nous permet toutefois d'esquisser facilement la constitution des 
corporations romaines au moyen âge. Ces corporations étaient désignées 
parles noms d'ArSy Uhioersitas, Societas ou par les noms italiens qui 
en sont la traduction. 

Avant le xv© siècle ces corporations étaient largeipent ouvertes. Tous 
ceux qui exerçaient un métier devaient se faire recevoir dans la corpo- 
ration correspondante, qu'ils fussent ouvriers ou patrons. Aucune épreuve 
n'était imposée aux candidats; il suffisait qu'ils payassent un droit 
d'entrée et qu'ils prêtassent serment aux magistrats. Les femmes étaient 
admises dans quelques corporations. Les juifs étaient tolérés, mais 
seulement dans les métiers dont ils avaient en quelque sorte le monopole. 
Les étrangers n'étaient pas exclus; mais pour eux la taxe était plus 
élevée. Il y eut toujours à Rome un grand nombre d'artisans étrangers. 
Il n'est pas sans intérêt pour la paléographie de relever ce fait que la 
corporation des écrivains comptait tant de Français qu'on leur interdit 
l'accès des charges honorifiques. Les chefs de la corporation étaient à 
l'origine peu nombreux. Ainsi les ortulani n'avaient à leur tète qu'un 
prieur, qui concentrait les pouvoirs judiciaires et disciplinaires. Dans la 
compagnie des mercanti, qui, nous l'avons dit, englobait originairement 
la plupart des marchands romains, il y avait dès 1317, des consuls, des 
camerlingues, des conseillers, des taxateurs, des juges, des reviseurs des 
statuts. Ce grand nombre d'officiers avait sa raison d'être dans l'extension 
de la compagnie. Mais à la même date la corporation plus modeste des 
merciers était dirigée par deux consuls et un camerlingue; en 1397, les 
maçons avaient deux consuls, un camerlingue et douze conseillers ; les 
changeurs, en 1400, quatre consuls et un camerlingue. Ce n'est qu'au 
xvi« siècle que le nombre des officiers s'augmenta dans toutes les corpo- 
rations; ils se partageaient les attributions et exerçaient une surveillance 
les uns sur les autres. Ces officiers étaient élus par la corporation 
suivant des modes divers. Ils juraient de respecter et de faire respecter 
les statuts. Avant le xv^ siècle la durée des fonctions était de six mois. 
Les chefs de la corporation remplissaient, en outre de leurs fonctions 
administratives, des fonctions protectrices et judiciaires. Ainsi, dans la 
corporation des marchands, les consuls devaient prêter leur concours 
si/jc membres pour le règlement de leurs afiaxtes peT^o\vevç\\\i%,Vss» ^«crûvci- 



— 189 - 

pagner devant le sénateur pour appuyer leurs suppliques, s'employer à 
leur faire restituer les sommes qu'ils auraient indûment payées. Les 
consuls avaient un tribunal devant lequel étaient tenus de comparaître à 
toute citation, non seulement les membres de la corporation, mais même 
les étrangers, même les nobles, s'ils avaient fait acte de commerçants. 
Enfin, ce tribunal exerçait une juridiction gracieuse, l'arbitrage. Cepen- 
dant, la juridiction des tribunaux consulaires était limitée par les statuts 
de la ville aux affaires civiles concernant les membres de la corporation 
dans lesquelles les sommes en litige n'excédaient pas un cerUiin chiffre. 
Chaque corporation ayant sa chapelle ou son église, des officiers spéciaux 
étaient préposés à son entretien. Les officiers recevaient un salaire prélevé 
sur les ressources delà corporation. Les membres payaient une cotisa- 
tion ; de plus on frappait de taxes leurs transactions. Les corporations 
tenaient à certaines dates, le plus souvent dans leur église, des assem- 
blées générales. Quant aux devoirs des membres des corporations, devoirs 
réciproques, devoirs vis-à vis du public, devoirs religieux, ils étaient les 
mêmes qu'on retrouve dans toutes les corporations du moyen âge; les 
corporations romaines ne nous paraissent avoir eu sous ce rapport aucun 
trait distinctif. A la suite de l'étude d'ensemble viennent une série 
d'études particulières dont chacune est consacrée à une corporation. Les 
corporations sont réparties en divers groupes : groupe de l'agriculture, 
groupe de l'alimentation, groupe de l'industrie, du bâtiment, etc. Chaque 
groupe est précédé d'un historique; et ces notices diverses constituent 
une véritable histoire de l'industrie et du commerce à Rome. De même 
chaque corporation donne lieu à une notice précédée des indications 
suivantes : patron de la corporation, église, dates de rédactions des 
statuts, bibliographie comprenant les manuscrits des statuts et les 
ouvrages imprimés. Les statuts ne sont pas publiés, mais analysés, les 
articles étant répartis sous les rubriques suivantes : admission, adminis- 
tration, devoirs des membres, modifications aux statuts. Les corporations 
dont l'existence est constatée antérieurement au xvi^ siècle, abstraction 
faite de la Compagnie des marchands, sont celles des : agriculteurs, 
meuniers, pêcheurs, poissonniers, bouchers, barilliers, tavcrniers, 
maçons, sculpteurs et tailleurs de pierres, briquetiers, ferrons, chan- 
geurs, bateliers, merciers, lainiers et drapiers, tanncîurs, orfèvres et 
argentiers, barbiers, selliers, peintres et sculpteurs, médecins, pharma- 
ciens. Le livre de M. Rodocanachi se termine par des tables de toutes 
sortes qui en facilitent l'usage. Ce n'est pas seulement, en effet, un 
ouvrage d'une lecture agréable, c'est aussi, et quoique les documents n'y 
soient pas publiés, mais simplement analysés (et je crois que la plupart 
des statuts ne mériteraient pas une reproduction intégrale) un véritable 
répertoire de tout ce qui concerne l'organisation du travail à Rome. Ce 
que nous en avons dit suffit d'ailleurs à montrer toute l'importance de cet 
ouvrage, le sens critique et historique qui a présidé à sa composition, et 
aussi combien il contribuera à augmcnlct Ve'à c.ciî\\voÂ^'à^\\^vi^ vi^^^sR^N^s. 
pouvions avoir sur J'histoire économique d\x rcioyew •à^'i. ^* V^^v^ * 



— 190 - 

Darmesieter (A.). — Traité de la formation des mots composés 
dans la langue française, comparée aux autres langues romanes et 
au latin. — Deuxième édition, revue, corrigée et en partie refondue, 
avec une préface par Gaston Paris. — Paris, E. Bouillon, 1894, 
in-8% xvi-364 p. 

Il y a longtemps déjà qu'était épuisée la première édition de ce livre. 
Arsène Darmesteter se disposait à le rééditer, quand la mort est venue l'ar- 
racher à ses travaux. Mais il laissait un exemplaire de son livre couvert de 
notes, d'additions, de corrections. La première partie du livre a été com- 
plètement remaniée : Tordre et le contenu des sections ont été profondé- 
ment modifiés; des pages entières ont été ajoutées, supprimées. Dans le 
reste du volume, quoique le remaniement n'ait pas été aussi radical, se 
trouvent cependant d'importantes corrections et des additions (par 
exemple le long passage sur les composés de mon, ma, mes, avec sieur, 
dame, etc.). 

C'est en s'aidant de ces matériaux laissés par l'auteur que M. Gaston 
Paris nous donne aujourd'hui une nouvelle édition du Traité de la for- 
mation des mots composés dans la langue française. Sa tâche n'a pas été 
sans d'assez grandes difficultés, et il y a tout lieu de le remercier d'avoir 
su la mener à bonne fin. Il a tenu le livre au courant des progrès de la 
science, il a écarté, en particulier, beaucoup d'étymologies admises 
il y a vingt ans, aujourd'hui contestées ou rejetées définitivement; il a de 
même supprimé quelques explications ou quelques hypothèses secon- 
daires que Darmesteter aurait certainement abandonnées lui-même. Il a 
enfin ajouté quelques exemples. (( Je crois, dit M. Paris, pouvoir affirmer 
que Darmesteter ne désavouerait sur aucun point la forme nouvelle sous 
laquelle reparaît son ouvrage. » Enfin à cette nouvelle édition sont 
jointes des tables très développées et très complètes qui sont l'œuvre de 
Mrao Arsène Darmesteter. 

Je n'ai à faire ici ni l'analyse ni l'éloge de ce beau livre, depuis long- 
temps devenu classique, et qui le restera. Qu'il me suffise de rapporter 
ces quelques mots où M. Gaston Paris rend hommage à l'œuvre de 
Darmesteter : « Le succès qu'a obtenu la première édition atteste l'estime 
justifiée que lui a dès son apparition accordée le public savant. Arsène 
Darmesteter, tout jeune encore quand il écrivit ce livre (le manuscrit 
était terminé en octobre 1872), y avait déjà montré toutes les qualités qui 
devaient constituer sa rare personnalité scientifique; un esprit vraiment 
philosophique, une pénétration et une finesse singulières, le goût et le 
sentiment de la vie et de la spontanéité du langage, en même temps que 
l'investigation minutieuse et méthodique de ses éléments microscopiques 
et de ses lois formelles, le tout joint à une exposition élégante et toujours 
animée. )) 

Gaston Rousselle. 



— 191 - 

Gust. Rydberg. — Le Développement de « faoere » dans les 
langues romanes. Thèse pour le doctorat. — Paris, Noblet, 1893. iv- 
256 p. 

Si, dans tous les travaux empreints d'un caractère vraiment scienti- 
fique qui ont été consacrés jusqu'à ce jour à la linguistique des langues 
romanes, la comparaison joue un rôle plus ou moins important, il en est 
peu, — on pourrait presque dire qu'il n'en est point, — dans lesquels la 
comparaison forme le point de départ et, pour ainsi dire, l'âme même 
de toute investigation. Le livre de M. Rydberg peut donc être considéré 
comme une véritable innovation, et cette innovation est d'autant plus 
remarquable qu'elle est l'œuvre d'un étudiant. 

Muni de connaissances très étendues et en possession d'une méthode 
excellente, M. Rydberg s'est proposé dans sa thèse de retracer dans tous 
ses détails le développement parallèle du verbe facere sur tous les points 
du domaine roman. Le premier chapitre^ qui sert d'introduction à 
l'ouvrage, s'occupe de la forme pré-romane du verbe /acere et de ses 
rapports avec les langues indo-européennes. Dans le deuxième, l'auteur 
présente quelques indications sommaires sur le thème de facere et 
notamment sur le c qui termine ce thème ; puis, dans treize chapitres de 
longueur et d'importance inégales, il passe à l'examen détaillé des diffé- 
rents temps et des différentes formes de ce verbe. Un précieux tableau, 
très complet et exécuté avec le plus grand soin, résume les principaux 
résultats et donne ainsi en peu de pages l'histoire synoptique du verbe 
facere. Le volume se termine par la nomenclature des textes romans 
auxquels sont empruntées les formes étudiées par l'auteur, et par une 
bibliographie des ouvrages de linguistique consultés. Bien entendu, 
M. Rydberg n'a pas eu la prétention de donner partout du nouveau ; sur 
beaucoup de points il n'avait qu'à résumer les travaux de ses devanciers 
ou à en confronter les résultats, et Ton peut dire qu'il s'est acquitté de sa 
tâche de la façon la plus satisfaisante. Souvent il ne s'est pas contenté de 
résumer, mais il a aussi discuté et critiqué; enfin, dans beaucoup de cas, 
il a présenté des idées originales dont quelques-unes seront certainement 
contestées par la critique, mais dont le plus grand nombre nous semblent 
être justes et définitivement acquises à la science. 

Nous ne pouvons que féliciter le jeune philologue suédois de son 
admirable début, et nous espérons qu'il ne tardera pas à nous donner de 
nouvelles preuves de son savoir et de son intelligence. 

C. BOSER. 

Jean van Malderghem.— Les Fleurs de lys de l'ancienne Monarchie 
française, leur origine, leur nature, leur symbolisme. — 

Bruxelles, Mamertin; Paris, Picard, 1894, broch. 37 p. in-8<>. 

L'on doit avant tout féliciter M. van M. d'^NoVc^d^^w's» ^^ ^wix\R.^ ^c^^ns. 
substantielle brochare, apporté la lumière da.ii^ uTi^ Q^\5Lfe^>j^wv ^»si^^^ ^^^- 



— 192 — 

troversée que celle de l'origine des fleurs de lys. Examinant les diffé- 
rentes solutions proposées jusqu'à ce jour et les réfutant suceessivemeqt, 
M. van M. étudie la question au point de vue historique, d'après les 
témoignages littéraires et les monuments figurés, et arrive à ces conclu- 
sions : 

1^ Que la fleur de lys héraldique est d'origine occidentale et que 
son emploi comme ornement du sceptre remonte au IX® siècle; 2° que 
cette fleur représente le lys blanc des jardins; 3^ qu'elle symbolise le pou- 
voir royal ; 4'' que dans les armes de l'ancienne Monarchie française elle 
unissait l'idée du souverain pouvoir à celle de la suprématie particulière 
-dont les rois de France jouissaient depuis le règne de Louis le Jeune. 

Ces conclusions sont fort exactes. Un point seul reste à éclairoir, celui 
de l'origine même de ces fleurs de lys. Qu'à une certaine époque elles 
aient servi à symboliser le pouvoir royal et plus particulièrement le pou- 
voir royal en France, cela est incontestable. Mais d'où provient cette 
spécialisation? Faut-il croire que la fleur de lys héraldique ait été simul- 
tanément et toujours représentée telle que nous la voyons, ou bien ne 
peut-on pas admettre qu'à l'origine ce ne fut qu'un simple fleuron très 
communément employé, que, sous l'influence de l'idée chrétienne et du 
culte très développé de la Vierge, on se plut à rapprocher la forme de 
ce fleuron de celle du lys blanc des jardins, — et que de là résulta la figure 
héraldique si connue? Ceci n'est qu'une simple remarque, mais l'opuscule 
de M. van M. aurait pu, étant donnée la grande compétence de l'auteur, 
être heureusement complété sur ce dernier point. 

Léon MiROT. 



Ulysse Chevalier. — Répertoire des Sources historiques du 
moyen âge. II. Topo-Bibliographie, le'fasc. A-B. — Montbéliard, 
P. Hoffmann, 1894, 528 col., gr. in-8o. 

Après une interruption de quelques années, M. Ul. Chevalier nous 
donne la suite de son Répertoire : après la Bio-Bibliographie, la Topo- 
BihliorjrapJde, Ce titre ne nous satisfait guère, mais l'on aurait mauvaise 
grdcc à clierclier querelle sur ce point à l'éminent bibliographe, alors 
que lui-même reconnaît dans TA vertissement qu'il n'a donné ce titre que 
faute d'un meilleur. 

Il ost inutile clo vanter Tutilit^^ de cette entreprise colossale et le mérite 
de son autour: tous les érudits, qui ont eu à se servir du premier volume 
auront a se servir de celui-ci, peut-être même plus souvent encore. Par 
contre, un rcpertoirc des sujets était bien plus difficile à former qu'une 
hio-bihiiof/rfrphie, d'autant plus que dans un répertoire de ce genre 
doivent entrer non seulement les indications bibliographiques, mais 
aussi, autant que possible, des renseignements concernant les documents 
inédits relatifs à tcUe famille, à telle ville, à telle province. 
Étant donnée lu coiuplexité du sujet, \es \a.ci\3LTv^^ ^\a]\^Tv\. '\wfes\\sîLhles 



- 193 - 

comme aussi les confusions; mais les quelques imperfections que nous 
allons signaler n'enlèvent rien à Tutilité et à la valeur incontestables de 
l'ouvrage. 

Nous ferons remarquer tout d'abord à M. l'abbé Ch. qu'il a donné 
dans ce fascicule une très grande importance relative à l'étranger; nous 
trouvons en foule des notices consacrées à des familles obscures alle- 
mandes, bavaroises et hongroises, à de petites bourgades espagnoles, 
portugaises, écossaises; mais nous aurions mauvaise grâce à reprocher à 
M. Ch. d'avoir tenté de faire une encyclopédie universelle. Il nous sera 
permis toutefois de trouver quelques détails inutiles ou déplacés dans un 
recueil exclusivement relatif au moyen âge : ainsi nous ne voyons pas 
pourquoi M. Ch. cite le Catalogue raisonné de manuscrits éthiopiens 
appartenant à Antoine d' Abhadie (Paris, 1859); \q c\\xh Ahhodford iovi&è 
à Edimbourg en 1835; VAmi de la religion et du roi , journal ecclésias- 
tique, etc. (Paris, 1814-1859); VAndover Review de Boston; au vaoi An- 
drade, le Catalogue de la riche bibliothèque de l'empereur Maximilien; 
VArundel Society (fondée en 1848), et bien d'autres clubs ou revues, 
dont le choix est arbitraire, puisque nous trouvons ÏAthenœum anglais, 
quand VAcademy n'est pas mentionnée. Quelques articles sont hors du 
sujet, utiles toutefois (bibliothèque de V Arsenal, bibliothèque de lord 
Ashburnham, Bricish Muséum, etc.), mais quelques-uns ne s'expliquent 
guère: ainsi le mot Ana, recueil de pensées détachées. Les ana étaient- 
ils connus au moyen âge? C'est assez peu probable. De même, M. Ch. 
cite (au mot Boulak) un Catalogue général des licres arabes, etc., impri- 
més à Boulak, paru dans la Bévue asiatique, 1843, II, 24-61. Si nos 
souvenirs sont exacts, ce catalogue n'a aucun droit à figurer dans un 
répertoire des sources historiques du moyen àge\ 

En revanche, nous avons relevé dans ce fascicule quelques omissions 
bibliographiques*, omissions inévitables, mais qui pourtant eussent pu 
être moins nombreuses. Nous nous sommes efforcé de les combler en partie, 
nous y avonts joint de§ indications de documents inédits de la Bibliothèque 
Nationale, des Archives et de diverses bibliothèques, partie de l'ouvrage 
sur laquelle M. Ch. s'est le moins étendu, bien que ce ne soit pas la 
moins intéressante : 

Abbaye. — Viollet-le-Duc, Z)ic^ioyi/i. rfe /'arcA., I, 241-312, v® Archi- 
tect, monastique. 

Abréviations. — M. Ch. ne cite pas le Dictionnaire des abréviations 
qui forme la seconde partie du Manuel de paléographie à^M., Prou (Paris, 
1892, in-8o, 2« édition). 

1. Nous ne mentionnerons que pour mémoire Tomission de la date ou du format 
pour un certain nombre d'ouvrages. Ainsi, l'Histoire des classes arjriroles de 
M. Dareste de la Chavanne, Paris, 18.. — {sic) a paru en 1854, dans le 
format in-S". 

2. Viollet-Ie-Duc n'est cité nulle pan. pas même a.w vtioV. \rcKVlectvx.r«i . 



— 194 — 

Abside. — Viollet-le-Duc, I, 4-9 (avec bibliographie). — Dafourcet et 
Taillebois, Les Absides romanes des églises des Landes (xi* s.), dans 
Bull, de la Soc. de Borda, 1889, p. 6-7. 

Affranchissements. — Cabinet histor., XII (1866), 2« partie, 
p. 80-84. 

Agen. — Hébrard,. Encore un eoèque d^Agen inconnu jusqu à nos 
jours (vue s.), dans Rec. des Trav. de la Soc, d'Agricult. d'Agen, 
2e sér., XII, l'e part., 1891, p. 97-132. 

Agnus Dei. — Laborde, Glossaire /rs, du M.- A. (Paris, Labitte, 
1872, in-8o), p. 122, où se trouvent indiqués des documents de 1372 à 1386. 

Agricoles (classes). — L'ouvrage si connu de M. Léopold Delisle sur 
la Condition des classes agricoles en Normandie (Évreux, Hérissey, 
1851, in-8<*), que nous trouverons probablement au mot Normandie, n'est 
pas indiqué. 

Aigueperse. — État du monastère de r étroite observance de VAtot 
Maria de sainte Claire d' Aigueperse (1422), dans Bull. hist. et scient, de 
VAuv., IV (1884), p. 122 et suiv., Ordonnances, XV, 511. —Doc, A, IV, 
p. 1359, 1364, 1376, 1386, 1-2, F. 89037. 

Alaon (Charte fausse d'). — Fauriel, Hist. de la Gaule mérid., lll 
(1836), app. II, article d'autant plus intéressant qu'il défend l'authenticité 
de cette charte contre Guérard. — De Bourroux de LaflEore, La Charte 
d^ Alaon est-elle un document faux ou digne de foi ? dans Rec, des Trao. 
de la Soc. d'Agriculture d^Agen, 2® série, XI, p. 5-159, V^ partie. 

Alanche (Cantal). — M. Ch. ne mentionne pas ce nom. Il existe 
cependant dans les Tablettes hist, deVAuv., t. III (1842), qu'il a dépouil- 
lées (v. Aurillac), une Lettre de Charles VU à l'éoéque d^Albi autorisant 
les fortifications d' Alanche, en 1444 (p. 100). 

Albigeois. — Molinier, Actes de Simon de Montfort, dans Biblio- 
thèque Éc. des Ch., XXXI V. -— Documents : B. N., lat. 11847 (indiqué 
par M. Ch. sous le titre de S^-Germ., lat. 395), 11848 (Actes de d'Inqui- 
sition de Toulouse de 1S07 à 1323), 12856 (St-Germ., lat. 396). — 
Fds. Doat, vol. 21-36, cf. Cab. hist., III, 2« part., p. 28. 

Alençon. — Arsenal, ms. 3895 (Rec. de copies de doc. relat. à la 
Normandie, Rouen, Caen, Alençon, de 1204 à 1595). — A. N., P. 862 
(hommages), P. 866 867 (aveux). 

Alger. — De Voulx, Les Archives du consulat général de France à 
Alger sont exclusivement modernes. Cf. Langlois et Stein, p. 841. 

Allier. — M. Fr. Pérot continue, depuis 1883, à publier les inven- 
taires des découvertes archéologiques faites dans le déparlement. — 
Depuis 1892, le Bulletin de la Société d'émulation a fait place à un 
Bulletin-Revue de la Société d'émulation et des beaux-arts du Bour- 
ào/inais. 



— 195 — 

Almanach. — Spire Blondel, Les Almanachs, dans Mosaïque^ I, 
1873, p. 308, 311 et 314. 

Aloigny (fam. de Poitou). — Doc. : B. N., Pièces orig.,YoL 42, 
dossier 910. — Au f° 106, Généalogie imprimée extraite du t. XI du 
Nobiliaire de Saint-Allais (Paris, 1817, in-12, 48 p.). — Carrés de 
Dhozier, vol. 18, f<* 80, documents de 1319 à 1515 (se continuant jus- 
qu'en 1757). 

Alorge (fam. de Normandie). — B. N., P. orig., 43, dossier 917, 
documents depuis 1372. 

Algue (fam. du Poitou. — B. N., Carrés de Dhozier, 18 (documents 
de 1315 à 1478). Nombreuses montres d'armes. 

Ambert. — B. N., fr. 11987 (indiqué par M. Ch. sous la cote Suppl. 
fr. 2396). 

Ambli (fam. de Champagne). — B. N., Carrés de Dhozier, 19, f®» 83 
et suiv. (depuis 1287). 

Amboise. — Documents: A. N., P. S2b-32S, Aveux de la baronnie 
d'Amboise (1460-1530). — B. N. : Nouv. acq.fr. 3553, 43 documents, 
de 1362-1501. — Famille d' Amboise, B. N., Carrés de Dhozier, 19, 
fos 146-160 (1373-1508). 

Amiens. -— Guerlin, Notices historiques tirées des comptes commu- 
naux de la cille d* Amiens (1415-1416), dans Bulletin de la Soc. acad. 
de Boidog ne-sur- Mer, 1885-1890. — Sur la cathédrale : VioUet-le-Duc, 
Dict. de VArch., I, p. 109-110 (architecte); II, 51-53 (maître autel); II, 
323-333 (cathédrale); IX, 290-296 (nef et triforium). — Documents : B. 
N. : Moreau, vol. 1044; — Sur Saint-Acheul : Bibl. d* Amiens ;ms. 863, 
fos 387-8, deux doc. de 1248; ms. 564, P 30 : Note critique sur les 
chartes de Thibaut, écéque d'Amiens, qui sont dans le cartulaire de 
Vabb. de S^-A.— B. N., Coll. Picardie (d'après Cab. hist., VIII, 2® p.); 
vol. 78, f«s 64-85 (Pouillé de Vévèché, 1301), et vol. 90, p. 39-47 (subsides 
de 1449-51), p. 48-56 (notes hist. de 1407 à 1447) et p. 240, vol. 92, 97, 
(Extraits de cartul.); 100 (doc. de 1347-1598); 159.— Dom Villevieille, 
3, fos 26-34 v° (1069-1457). 

Amplepuis (Rhône).— a. N., Titres de Bourbon, p. 1374* et P. 1387. 

Ampoule. — Laborde, Glossaire français du M. A,, P. 129-130 (doc. 
de 1145-1417). 

Anagni. — Waal, Die Crypta des Dômes von Anagni (XI® s.), dans 
Rômische Quartalschrift , 1891, p. 336-339. 

Andelot (Traité d'). — Grégoire de Tours, Hist. Franc, IX, 20; 
Baluze, Capitul., éd. 1780, I, col. 11-16. 

Andigné (fam. Anjou). — B. N., Dom Villevieille, 3, f<>» 47-55 v» 
(1020-1508). 

Andorre. —J.-A. Brutails, Étude critique sur le% oTl^l^v-e^ ^e. \^ 



- 196 — 

question d'Andorre (Toulouse, 1891, in-8o), [Extr. Rev. des Pyrénées], 
et Ch. Baudon de Mony, La Vallée d'A. et leséoèquesd'UrgelauM. A.; 
réponse à M. Brutails (Toulouse, 1892, in-8<*). 

ANDRAULT(fam. du Bourbonnais). -B. N., Pièces orig., 58, dossier 
1250, documents depuis 1354. — Au n^ 121 : Généalogie de la famille 
Andrault de Langeron, 

Angers. — Numismatique. E. Farge, Différend d'un maître parti- 
culier de la monnaie d* Angers sous Charles VIT, dans Bulletin de 
numismatique, I, 1892, p. 175-6. — Sources, B. N., nour, acq. fr. 
1092 (doc. de 1474), et fr. 20776 (Extr. relat. à Angers). Baluze,'^, - 
L'ancienne collection Gaignièros renferme de nombreux dessins de 
tombeaux d'Angers. (B. N., lat. 17030). — Invent, dans H. Bouchot, 
Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières (Paris, Pion, 
1891, 2 vol. in-8o), t. II, p. 346 348. 

Angleterre. — Aucune mention ni du rapport de M. Ch.-V. Langlois, 
Les Archioes de la France en Angleterre, dans Archives des Missions, 
1889 (et tirage à part), ni de l'ouvrage de S.-R. Scargill Bird, A Guide 
to te principal classes of documents preseroed in the P. R, O. (^Londr^s, 
1891, in-8o). 

Angoulême. — Sources: A. N., K. 176; P. 721 [inventorié dans Cab. 
hist., XII, p. 37-41]. (Hommages du comté del22f>k\21h)\Y', 1153-1165 
(Inventaire desTitres, 1534); P. 1403-1410 (Titres et Comptes du duché 
d'Angoulème du XV^ au XVII^ s.)\ J. 270 (In vent, dans Cab. hist., 
XII, 2e p., p. 33-37. 

Anjou. — Sources : A. N. (Chambre des comptes. Cf. Tableau métho- 
dique des fonds, p. 339. — B. N. : Clair,, 1021; Pièces orig., vol. 74, 
dossier 1442 (documents orig. depuis 1434; — en copies depuis 1093). 

Anlezy (fam. nivern.). — Sources : B. N, P. orig., 74, dossier 1446 
(doc. depuis 1336). 

Apciiier (fam. du Languedoc). — Sources : B. N., P. orig., 78, dos- 
sier 1588 (doc. dep. 1424). — Nombreuses généalogies imprimées. — 
Chérin, 7; Carrés de Dhozier, 29. 

Apchon (fam. d'Auvergne). — N'est pas mentionnée par M. Chevalier, 
B. N., Pirccs orig., vol. 79, dossier 1590 (doc. dep. 1424). Chérin, 7; 
Carrés de Dhozier, 29. 

Arabes. — Sédillot, Histoire des Arabes. 

AriAGON. — II. Courteanlr, Lrf< Archives dWrngon ci de Xararre au 
XV^ .S'., dans h'ernrdcs lUhlioth. unes, J (1891), p.' 129-l.-,8. 

AiiCHEKS. — Viollet-le-l)ue, />/>•/. de l'Arch., I, 403-404, et note 1. 
Architecti:. — Laborde, loc. cit., p. 133-135. 

Arles. — Nunusinntiquo. J.-A. Blanchet, Monnaie anoni/me d'un 
arrhecrr/ue dWrlcs, dans Reruo. numismatique, 1891, p. 233-4. — 



— 197 - 

Caron, Denier inédit d'un archevêque d'Arles, dans Ann. de la Soc. 
fr. de Numism,, 1891, p. 220. 

Armagnac— Sources : A. ^..Titres de Bourbon, P. 1363*, P. 1379*. 
B. N., Dom Villevieille, VII, fo» 29 et suiv. (de 1369 à 1390). 

Armoiries. — VioUet-le-Duc, Dict. de VArch., I, 470-501. 

Arras. — Sources : B. N., fr. 8539 (Répertoire de ce qui est contenu 
dans le registre mémorial de 1392 à 1397); —ir. 8540 (Comptes des 
recettes et dépenses pour 1438); — fr. 8541 [Bég. delà confrérie N-D, 
des Jongleurs et Bourgeois, dep. 1194) ; — fr. 11618 {Comptes de 1455) ; 
— fr. 8533 (Compte des recettes et dép. de l'hôpital St-Jean pour 1307, 
1310, 1320); — fr. 8537-8538 (Extr. des registres des contr. et autres 
actes de la ville, dep. 1354). — Bibl. d'Amiens, ms. ^2, Chroniques 
diverses (1435 à 1502) ' . 

Artillerie. — Privilèges des artilleurs de Paris en 1442, dans Revue 
des Documents historiques, VI (2® sér., I), 1879, p. 33. 

Artois. — Titres : A. N., K. 1145 (doc. XlIIe-XIV s.). 

Artonne (Puy-de-Dôme). — Doc. : A. N., Titres de Bourbon, P. 1364\ 

Aubazine ou Obazine (Corrèze). — Viollet-le-Duc, Dict. d'Arch., IX, 
p. 225-226 (Transsept de Tégl. d'A.). Sources : L. Guibert, Notice sur 
le cartulairede Vabb. cistercienne d Obazine (B. N.,nouv. acq. lat. 1560) 
dans Bulletin de la Soc. des Lettres de la Corrèze, 1889 (p. 435-459); 
1890 (p. 57-74 et 137-156). 
' AuBiGNÉ (fam. d'Anjou). - B. N., Dom Villev., VII, fos38 vo-43 (doc. 
de 1200 à 1499). 

AuBRiCHcouRT (fam. du Bourbonnais). — N'est pas mentionnée par 
M. Ch., quoiqu'elle se trouve dans les Noms féodaux de dom Betten- 
court. Sources : A. N., Titres de Bourbon, P. 1378'. 

AuRiLLAC. — Le t. II des Tabl. histor. de l'Auvergne est de 1841. — 
Documents: Tabl. hist., III (1842), p. 252-290 (de 1463 à 1516); - 
Diplôme de 899 pour Vabbai/e d*A., dans même rec, VI (184ô), p. 99. — 
Sources : B. N., lat. 12661 (Monasticon bened.) et fr. 20438 (St-Germ.. 
lat. 577). 

AuRORA. — 3 fiches, mais le poème de Pierre Riga(?). 

Autel. — V.-le-D., Dict. de VArch., II (p. 15-56), et Laborde, loc. 
cit., p. 145. 

Autographes. — Revue des Documents historiques, publ. par 
E. Charavay, 1873-1881, 8 vol. in-8o (avec fac-sim.). -^ La Revue des 
Autographes y chez Eug. Charavay. — Catalogue Benjamin Fillon, 
Catalogue Bovet, etc., etc., sans parler des nombreux catalogues de 
vente publiés par les Charavay, et dont M. Ch. aurait pu, tout au moins, 
citer les principaux. 

1. M. C h. ne pouvait connaître ce ms., le cala\o^w^ V^»-^^^ '^'^ Cat.aVi«S»« 
des ms.) n'ayant paru qu'en 1893. 



— 198 - 

Auvergne. — L'ouvrage de M. G. Vitoux, L'Auvergne artistique et 
littéraire (Paris, 1888, in-8°), est exclusivement consacré aux artistes 
(peintres et sculpteurs), contemporains, nés en Auvergne; il ne méritait 
doncàaacan titre de figurer dans un Répertoire des sources historiques 
du Moyen Age, - Par contre, M. Ch. aurait pu citer : État des comtés et 
vigueries existant en Auvergne et des lieux compris dans ces vigueries, 
duIX^auXIII^ siècle, dams Tablettes histor., 11(1841), p. 402-416; 
baron Delzons, U Auvergne sous les Carlovingiens , dans Tablettes 
histor.,y (1844), p. 345-412; E. Teilhard, Étude sur les démembrements 
du comté d* Auvergne depuis la fin du XI I^ siècle jusqu'en 1230, dans 
Positions des Thèses École des Chartes, 1870-1872, p. 41-43. — Sources: 
1® Impr.: A. Thomas, Etats provinciaux de la France centrale 
(Paris, 1879, 2 vol. in-8°), surtout t. U; Catalogue des archives dû 
baron de Joursanvault, II, 96 ssq. (repr. dans Tablettes historiques 
de V Auvergne, I (1840), p. 345-356). 2"" Mss. : A. N., Titres de Bourbon, 
P. 1361% 1364% 1372^-% 1376^; J. 271-274 (1236-1416); J. 1054- 
1145 {Archives de Mercurol, du xii® au xviii® siècle); K. 184; 
KK. 503-506. Dépenses des comtes d'Auvergne (1246 à 1384). — B. N., 
Clair., 563 et 723, fr. 22295 (doc. du XI V^ siècle); 22296 (Impositions 
accordées au roi de 1438 à 1463). 

AuxERRE. — Titres: Bibliothèque Arsenal, manuscrit 1009 (i)ocameyi^« 
sur le diocèse et les évèques), p. 249-310,366-371,381-449 (Recueil de 
Dom Estiennot, t. XVII). Manuscrit 3910, Recueil de pièces (orig. et 
cop. de 842 à 1680) ; manuscrit 6830 (documents du xui* au xvui® siècle). 
— A. N., J. 260 (1204-1404).— B. N., Baluze, 143. 

Avignon. — Archéologie, Note sur des fresques du palais des papes à 
Avignon, dans Art en province, I (1835), p. 39. — V.-le-Duc, Diction- 
naire de VArch., 1, 390-392 (murs d' Avignon)-, IX, 101-103 (tour de 
V enceinte), 192 (façade du palais des papes), — Université: M. Four- 
nier, Les Bibliothèques de l' Université et des collèges d'Avignon pour 
les étudiants en droit au XV^ siècle, dans Nouvelle Revue historique de 
droit Jrançais et étranger, 1891, p. 76-113. 

Barbe-Bleue. — Il aurait été préférable de citer au lieu du Larousse 
le Procès de Gilles de Rais par MM. Bossard et de Maulde (Paris, 
Champion, in-8o), ou l'étude si curieuse du docteur J. Hébert dans le 
Bulletin de la Société Acad. de Brest, 1892-1893, p. 183-305. 

Barbezieux (Charente). — F. Lièvre, Le Château et la Chàtellenie de 
Barbezieux en 1496, d'après les comptes du receveur, dans Bulletin de 
la Société archéol. et histor. de la Charente, 1889, p. 269-295. 

Bardi (Société de marchands en Sicile). — M. C. Piton a consacré à 
cette famille une note assez importante dans ses Lombards en France et 
à Paris (Paris, Champion, 1892, in-8°). 

Basoche. — A. Fabre, Etudes historiques sur les clercs de la Ba- 
soeAe, suivies de pièces justificatives ^Paris, \^56,\w-8o\. V. Fournel, 
^^^ J?ues é/u vieux Paris (Paris, 1879, in-So^, ç. 'i»^ ^^c^. 



- 199 - 

Bastille. — M. Ch. cite Maquet (1) et Constantin de Renneville 
Renneville ayant été prisonnier au commencement du xviii« siècle, 
pourquoi ne pas indiquer aussi le Catalogue des archives de la Bastille 
de M. Funck Brentano? 

Beaufort (famille). — B. N., Collection Baluze^ vol. 21-23 (Inven- 
taire^ dans Cabinet historique^ VIII, p. 136-141 et 146-150). 

Beaujolais.— Titres (outre A. N., P. 1388-1398, indiqués par M. Ch.): 
A.N., Titres de Bourbon, P. 1361% 1366^-S 1368^-% 1371*; P. 485-489 
{Aveux des XIV^-XV^ siècles) ; P. 1128 (Inventaire des terriers, 1470). 

Beaulieu (Corrèze). — A. Hugues, Coutumes et Franchises de Beau- 
lieu, dans Bulletin de la Société des lettres^.., de la Corrèze, 1891, 
p. 258-267 et 412-428. — Document : B. N., Baluze, 20, p. 1-23. Inven- 
taire des archives de Beaulieu (XIV^-XV^ siècles). 

iBeaune. — J. Bard, Le Beffroi de Beaune, dans Art en province, I, 
(1835), p. 35-38 ; et Notre-Dame de Beaune, dans recueil cité, p. 158-160. 
L'ouvrage du même auteur cité par M.Ch., Archéologie de VégLise collé- 
giale et du beffroi, etc. (Beaune, 1836, in-4o), en est peut-être le tirage 
à part. 

Beauvais. — Archéologie : V.-le-Duc, Dictionnaire de C Arch,, II, 
334-338 (v° Cathédrale), — Titres : B. N., nouvelles acquisitions latines, 
1656 (fragment d'un cartulaire du chapitre de Beauvais). Nouvelles 
acquisitions latines,2309 (Collection de chartes sur la Picardie, Beauvais, 
Laony S oissons, du xii^B.u xiii® siècle). — Nouvelles acquisitions latines, 
2315 (22 chartes originales, xii®-xviii® siècles, analysées par M. L. 
Delisle dans Inventaire des manuscrits ajoutés au fonds des nouvelles 
acquisitions (l, p. 46). — Collection de Picardie, vol. 111, (p 1-23), 
{Documents de 936 à 1269), A. N. J., 167. (Documents de 1224 à 1267). 
— Titres scellés de Clair,, vol. 12, fo744 v^ (depuis 1369). — De nom- 
breux dessins de pierres tombales provenant des Jacobins^ de Saint- 
Étienne et de Saint-Pierre de Beauvais ont été dessinés par les collabo- 
rateurs de Gaignières, et se trouvent au cabinet des estampes de la 
Bibliothèque Nationale; cf. H. Bouchot, Inventaire déjà cité, 11, 14-16, 
349-351. 

Bègues (Allier). — Localité non signalée par M. Chevalier. L'on trouve 
cependant des documents sur elle dans les litres de Bourbon (A. N., 
P. 1369^). — M. le D"* Vannairelui a consacré vers 1869 une notice qui 
a paru dans le Journal de Gannat, Tirage à part non mis dans le 
commerce. 

Belloc (diocèse de Rodez). -- Titres, Arsenal, manuscrit 6470, f® 1, 
Don par Raimond Calvet de tous ses biens à Vabbaye de Belloc (1156). 

BÉNÉDICTINS. — Que vient faire (colonne 366), Januschek, Scriptores 
ordinis S. Ben. qui 1750-1880 fuerunt in imperio austriaco-hungaricof 

Berry. — Eugène Hubert, Recueil des chartes fvanf^Qx%^% d\x. XllV' 's.» 
conservées aux archives de C Indre, pour seroir à U etu.de du laTv^a^<i\>.^>X* 



- 200 — 

en Berry au Moyen Age (Paris, Picard, 1885, in-S®). — Du même auteur, 
Etudes sur le Bas- Berry au Moyen Age (Les Charles du prieuré de 
Crozon. Paris, 1889, iii-8<»). - Titres : A. N., K. 176. 

Besançon. — Numismatique: Casiain, Concession monétaire de Charles 
le Chauve à C église métropolitaine de Besançon (1^^ novembre 871), 
dans Reoue numismatique, 1891, 1*^ trimestre- — Titres: B. N., Moreau 
(Collection Droz sur la Franche- Comté) y 862-864 ( 7Y/r6« de l^archeoèché, 
XI I^ XVI 11^ siècles), 868 (Archives de l'abbaye de Saint-Paul à partir 
du XI I^ siècle), 886 (Copies de chartes du XlIPauXVII^ siècle), 887 et 
972. — Bibliothèque Arsenal, manuscrit 3602, documents de 1435-1584. 

Bessay ou Beçay (Allier). - Archives historiques du Bourbonnais, 
II, 1891, p. 200-205, Franchises de Bessay (1261). Pièce inédite rela- 
tive aux reliques de Beçay (1486), dans Quinzaine bourbonnaise, 
30 février 1893. — Titres: A. N., P. 1355\— II existe dans le volume 
Clair, 640 (à la Bibliothèque Nationale) des dessins pour Gaignières, 
des tombeaux de l'église de Bessay. Cf. H. Bouchot, 11,417, n<» 7198-7200. 

Béthune. — Prix de la houille à Béthune au X V« siècle (d'après des 
documents des archives communales), dans Intermédiaire^ I, 1864, 
p. 374. 

BiBLiA Pauperum. — Claudin, Note sur La Bible des pauvres y dans 
la Mosaïque, XI (1883), p. 375-6. 

Bibliothèques. - Bévue des Bibliothèques, sous la direction de M. E. 
Châtelain, Paris, Bouillon, 1891-1893, 3 vol. in-8°. — Centralblatt far 
bibliothekswesen, depuis 1884. — Franklin, Les anciennes Bibliothèques 
de Paris, 3 volumes mA9 ( Collection des documents pour l'histoire de 
Paris) . 

BiLLY (Allier), -y G. Grassoreille, Le (château de Billy, dans Reoue 
Bourb., I (1884), p. 219 sqq. — Documents : A. N., Titres de 
Bourbon, P. 1373\ 

Blain (Loire-Inférieure). — Titres: Bibliothèque de Nantes, manuscrit 
1684 (documents 1371-1399) et 1700 (1393-1547). 

Bombarde.- Cabinet historique, Y \ll (1862), l^^«part., p. 168. — 
Document de 1418. 

ê 

Boncompagni (famille italienne). Cf. C. Piton, loc. cit. 

Bordeaux. — Titres : A. N., J. 292 (1250-1462). — Bibl. Nat., 
nouvelles acquisitions françaises, 3550. 

Bourbon-l'Archambault. — Abbé Clément, Inventaire archéolo- 
gique et bibliographique de B.-VA. dans Annales Bourbonnaises^ IV, 
(1890), pas«im. — Les vitraux de la Sainte Chapelle de B. l'A. ont été 
dessinés pour Gaignières (B. N., Clair., 640). — Cf. Bouchot, loc. cit., 
11,414-415, no« 7162 7170. 

BoLRBON (fam.) — Titres, A. N., Tiivt^ de Bourôon, P. 1358» et 
JSe4r — A . N., J. 275 276 (1249 1537); 3 . ^7ft \>^\A-\A^^^.^.^., Px^cet^ 



- 201 - 

orig,, 456-460. — Titres scellés de Clair., vol. 122. — Sigillogr, : 
J. Gautier, Un Sceau inédit du connétable de Bourbon (1523), dans 
Mém, de VAc. des Se. y etc., de Besançon, 1889-1890. — A. Darcel, Sur 
un Compte de V argenterie du duc de Bourbon, dans Bull, arch, du Com., 
1891, p. 50-53. — Vayssière, Fragment d'un compte de Gilles le Tail- 
leur, même vol., p. 54-76. 

Bourbon-Lancy. — A. N., Titres de Bourbon, P. 1358' (1378-1511) 
1378MXVes.). 

Bourbonnais. — Distribution intérieure d'un château du Bourbon- 
nais au Xfi s., dans Magasin pittoresque, IV (1836), p. 206. — Cha- 
zaud. Les Villes franches du Bourbonnais (XI®-XV* s.), dans les 
Archive» hist. du Bourb., I (1890), passim. — Fanjoux, Documents 
relatifs au Bourbon, [Rapports avec Florence, 1428-1435), dans Art en 
province, IX (1849), p. 81, 157, 177. — A. Vayssière, Ordre de Malte 
en Bourbonnais, dans Arch, hist. duBourb., I (1890), passim. 

Numismatique : D' Vànnaire, Essai sur le monnayage des prieurs de 
Souoigny et des ducs de Bourbon, dans Archiv. hist, du Bourb., II, 
(1891), passim. Il en existe un tirage à part (Moulins, 1891, in-8o, 32 p. 
— Cf. A. de Barthélémy, BibL Éc. Ch., 1892, p. 638.- Titres: A. N., 
P. 452-473 (Aveux), P. 1125-1127 {Inventaires d'aveux, XVI^ s.). 

Bourges. — i4 rc A^oZ.,Viollet-le-Duc, Dict. de r Arch., Il, p. 294-298 
(yo Cathédrale), IX, p. 423 {vitrail représentant le martyre de saint 
Etienne). — Titres: A. N., K. IIQ (Université, Église, Hôtel-Dieu, etc.). 

Bourgogne. — E. Bonin : L* Alleu de Bourgogne (Pos. Thés. Êc.Ch., 
1888, p. 1-4). — Picard : Des délits et des peines en matière forestière 
au M. A. dans le duché de Bourgogne, dans Mém. de la Soc. Éduenne, 
1891, p. 333-366. — - Titres : B. N., Coll. Joursanvault, 212 vol. Inv., 
dans L. Delisle, Invent, des ms. ajoutés aux nouv. acq., p. 697-704. — 
B. N., nouv. acq. lat., 2283 (46 chartes sur la Bourg. del200àl621). — 
Moreau, 802 : (Fevret de Fontette, 36), Bec. sur Vhist. de Bourg., I 
(1364-1562). Cf. H. Omont : Invent, des ms. de la coll. Moreau (Paris, 
1891, in-8o), p. 52. — Bibl. de Dijon, mss. 1183-1187 (Doc. relat. à la 
Bourg, du XIV« au XIX® s.). 

Bretagne. — L.-M. ChauflSer : Essai sur le commerce extérieur de 
la Bretagne au M. A. (Pos. Th. Éc. Ch., 1867, p. 23-26). — TOres : 
B.N., lat., 6093-94 (XI II«-XVI le s.). Baluze, vol. 41. — Bibl. Arsenal, 
ms. 912 (1297-1474) 

Brouette. — J^ai été très étonné de ne pas trouver de fiche à ce mot 
Sur la brouettesLXi moyen âge, cf. Intermédiaire, I, 211, 255, 327; II, 44, 
111. — Magasin pittoresque, 1836 (p. 200); 1834 (p. 449), Sculptures des 
miséricordes de Saint-Spire de Corbeil; 1846 (p. 335), 1847. 

Bulle. — Ch.-V. Langlois, Sur quelques Bulles en plomba dAOA 
Bibliothèque de l'École des Chartes , Ll \,1&%^ , \> . "^^A^ . 




CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE 



M. Lecoy de la Marche vi 
UQ boQ livre de Tulgarisati 
Hardi (Paris, May et Moi 
cette époque est 
ioatilutions et 6 
montra dans cet ouvrage d'une 
inévitables dans un ouvrage de 
dans bien d'autres; que l'ï 




de publier dans la BibUothèque d'Histoire illustréa 

: La France sous saint Louis et soaa Philippe te 

oz. in-8', 250 p. et 100 illustrations). La France ft 

décrite au point de vue des événemenis, des 

L l'on ajoute que M. I^ecoy de la Marche s'est 

complète impartialité; que les erreurs de détail, 

ce geore, sont beaucoup moins fréquentes que 

[aire de nombreux emprunts ! 



auteurs contemporains, particulièrement auï Anecdotes historiques d'Élienno de 
Bourbon et aui Sermons du temps, ce qui donne à son récit beaucoup de vie et 
de couleur locale, on aura suffisamment montré que la nouvelle publication répond 
complètement au but que se proposent les auteurs de la collection. 11 est superflu 
de (aire remarquer que ce hvre, comme les précédents, est d'une exécution 
typographique remarquable et que les illustrations ont 6tè soigneusement faites 
d'après les documents originaux. 

On avait cru et répété jusqu'à ce jour que les Coutumus de la Réole étaient 
du X* siècle, et par conséquent le plus ancien monument qui nous restât des 
chartes de ville et de l'ancien droit français. C'est ainsi que Marca l'avait signalé 
dans son Histoire du Béarn, que le P. Labbe, en 16J7, dans la BîbHolheca noea, 
Giraud, en 1846, dans son Histoire du droit français au moyen dge (t. II, 
p. 510). où il l'attribue à977, l'avaient publie intégralement . Depuis. MM. Lafer- 
rière, Glasson, Flach et tous les autres historiens du droit avaient admis sans 
discussion la date de. cette cbarte importante, et en avaient mâme tiré d'ingénieuses 
conclusions sur les origines du régime féodal, du retrait lîgnager. des devoirs des 
vassaux. Et voici que, de même que les Coutumes de Strasbourg, datées longtemps, 
elles aussi, de la fin du x* siècle, les Coutumes de la Réole se trouvent reportées 
au III'. Ce sont en effet les conclusions de rinléressante étude que vient de faire 
paraitre M. Irabart de la Tour dans les Annales de la Faculté des Lettres {p. 821- 
263, tirage à part); M. Imbart de la Tour démontre que « les Coutumes de la 
Réole ne sool ni un privilège du x' siècle, émané de Combaud ou de Guillaume 
Sanche, en faveur du monastère, ni une charte de Coutumes, maïs une compilation 
fabriquée avec des documents d'ailleurs authentiques, à la fin du xir* siècle, vers 
1187 ou 1188. dans l'intôrÈt des droits seigneuriaux du couvent ». Il en résulte de 
plus que la date de fondation du monastère de la Réole, l'existence de Vepisoopatus 
premier évéquc Gombaud sont incertaines, el enfin que toutes 
Coutume pour l'étude de la terminologie féodale 
XI' siècles doivent ètie absolument rejetéea. 



VasconicB 

les indications basées 

et du droit 



Une oauvre importante A plus d'un titre pour les archéologues 
est celle que MM. de Champeaui et Gauchery ont publiée s< 
Tyaaau^ d'art exéctilêa pour Jean de France, duc de Berry, avec 



s historiens 



- 203 — 

graphique sur les artistes employés par ce prince (Paris, Champion, 1894, in-4» 
avec nombreuses planches en héliogravure) . Cette intéressante monographie, tirée 
seulement à 200 exemplaires, a été faite d*après les documents d'archives, les 
monuments, les miniatures ; on y trouvera la reconstitution des splendides rési- 
dences que le duc de Berry, ce prince artiste, s'était fait construire à Nonette, 
Bicétre, Bourges, Riom, Poitiers, Lusignan et Vincennes. 

On annonce la prochaine apparition chez le même éditeur, de deux rééditions 
posthumes, auxquelles ta compétence de leurs nouveaux éditeurs et l'importance 
des additions donneront Tintérèt d'une édition originale : La Jacquerie, de feu 
M. Siméon Luce, considérablement augmentée de pièces et de documents inédits 
par M. Léopold Delisle. — Les Fées au moyen âge et les Légendes pieuses de feu 
M. A. Maury, édition revue et augmentée par MM. Longnon et Bonnet-Maury, 
et avec une introduction de M. Bréal. Ces deux ouvrages, publiés en souvenir des 
deux historiens, seront accompagnés de leurs portraits en héliogravure. 

Signalons aussi la troisième édition des Œucres poétiques d'Adam de Saint- 
Victor, de M. Léon Gautier (Paris, Picard, 1894, in-18, xxii-338 p.)- La deuxième 
édition (1881) n'avait été tirée qu'à un nombre très restreint d'exemplaires; aussi 
devons-nous féliciter M . Gautier d'avoir donné cette réédition commode et peu 
coûteuse de celui que dom Guéranger a pu appeler le plus grand poète liturgique 
du moyen âge; félicitons-le aussi de l'avoir enrichie d'une Histoire des Proses, 
résumé succinct de tous les travaux antérieurs. 

La deuxième édition de la Grammuire raisonnée de la langue française, par 
Léon Clédat (Paris, Le Soudier, in-18, vi-240 p.), précédée d'une préface de Gas- 
ton Paris. 

Enfin devant bientôt paraître, l'ouvrage important de Germain Lefèvre-Pontalis, 
L'Architecture religieuse dans Vancien diocèse de Soissons, au À7« et au Xll" siè- 
cle (Paris, Pion et Nourrit, in-4» colombier, avec de nombreuses planches). Le 
second fascicule est en préparation. 

En Allemagne, la publication par M. H. Varnhagen du poème italien de 
La Biancha e la Bruna (Erlangen, Fr. Junge, 1894, gr. in-4° de 13 p.), avec le 
commentaire de quelques recueils populaires italiens conservés dans les biblio- 
thèques de Berlin et de Munich. M. H. V. poursuit ainsi avec succès le cours 
de ses publications de légendes et poésies populaires, brillamment inaugurées il y a 
deux ans par ses travaux sur les poèmes relatifs à la légende de Catherine 
d'Alexandrie (Erlangen, Junge, 1891 et 1892), dont nous avons déjà parié. 

M. C. Wotke a réuni dans le 31* tome du Corpus Scriptorum ecclesiasticorum 
latinorum de l'Académie de Vienne ( Leipzig, Freytag, 1894, gr. in-8», xxv-199 p.) 
les œuvres de saint Enchère de Lyon. La première partie parue renferme les 
formules d'intelligence spirituelle, deux livres d'instructions, la Passio Agaunen- 
sium martyrum, enfin les lettres adressées à saint Euchère par saint Salvien, 
saint Hilaire et saint Rustique. 

En Belgique, non seulement les Bénédictins de Maredsous ont entrepris la publi- 
cation d'un Monasticum belge, dont la deuxième livraison est annoncée, mais 
encore Tua d'eux, le R. P. dom Ursmer Berlière, commence une série de Ooc 



- 204 

menta inédits pour aeroir à Vhistoire ecclésiastique de la Belgique (Abbaye de 
Saint- Benoît à Maredsous, t. P% gr. in-3*, yi-326p.). Ce tome renferme des chro- 
niques des XIV* et xy< siècles et des chartes du xii* au xv*, concernant les 
abbayes du pays liégeois. On y trouve le compte rendu de chapitres tenus du 
xiii* au xV siècle, à Saint-Quentin, à Reims, à Compiègne, à Saint-Germain-des- 
Prés. On sait que les monastères des Pays-Bas ressortissaient aux obédiences de 
Reims et de Sens. En outre, dom B. a donné en appendice le nécrologe de la 
célèbre abbaye de Saint-Martin de Tournai, et il prépare la publication d'un 
certain nombre de ces obituaires, source excellente d'informations biographiques 
pour tous les fondateurs ou bienfaiteurs des monastères qui les ont conservés. 

Citons aussi Y Histoire de Vahhaye de Malonne par le chanoine V. Barbier 
(Namur, Delvaux, in-8% 483 p. et 6 planches), l'auteur des savantes monographies 
des anciens couvents et abbayes de Namur et de ses environs; Malonne, fondée 
au vu* siècle par un évêque anglais, saint Bertuin, dont la vie ne nous est connue 
que par une poétique légende, passa aux mains de chanoines séculiers, puis de 
chanoines réguliers de Saint- Augustin. L'étude de M. Tabbé B. est fouillée et 
enrichie de nombreuses pièces justificatives inédites. 



PÉRIODIQUES 



FRANCE 



Revues générales. 

Annuaire-bulletin de la Société de rhistoire de France, 1893, p. 209- 
223. Noël Valois : Le projet de mariage entre Louis de France et Catherine de 
Hongrie, et le voyage de l'empereur Charles IV à Paris [ janvier 1378), 

Bibliothèque de l'École des Chartes, 1893, t. LIV, janvier-avril. — P. 5-44. 
Élie Berger : Les préparatifs d'une invasion anglaise et la descente de Henri III 
en Bretagne (1229-1230). — P. 45-74. L.-H. Labande : Le Cérémonial romain de 
Jacques Cajétan. Les données historiques qu'il renferme. (Lems. 1706 d'Avignon 
représente une copie du 1" état de la rédaction de Jacques Cajétan, faite de 1304 à 
1328. L'édition de Mabillon représente une refonte faite vers la fin du xv* siècle. 
M. L. publie des extraits du ms. d'Avignon, concernant : 1* les émoluments perçus 
par le personnel de la maison du pape, lors de la consécration des prélats; 2* la 
oanonisation de saint Thomas de Canteloup; 3" celle de saint Pierre-Célestin ; 
4" le cérémonial du couronnement de Charles II de Sicile.) — P. 75-85. Ch. de Grand- 
maison : Résultat des fouilles de Saint-Martin de Tours, en 1886. (Détruit l'argu- 
mentation par laquelle Mgr C. Chevalier attribue au v« siècle la chapelle de 
Saint- Perpet.) — P. 97-100. A. Morel Fatio : La Chronique de San Juan de la 
f^na. (Sur le ms. nouv. acq. lat. 1684 de la Bibl. Nat., qui est l'exemplaire dont 



- 205 - 

se sont servis Zurita et Blancas.) — P. 122-127. J. Lemoine : Un mandement de 
Jean V, duc de Bretagne, en faoeur de Robert Blondel et Robert Regnault, — 
P. 204-206. E. Paulas : Les noms des éoêques de Metz recelés par un ange. (C'est à 
cette traditioD, relatée par le biographe de Tévêque Thierry !•% que se rapportent 
les initiales qui, dans plusieurs manuscrits, terminent les anciens catalogues des 
évoques de Metz.) — P. 206-207. Charte de fondation du prieuré de Brouzils, 
(Elle est fausse.) — P. 208. Un corsaire picard. (En 1346-1347. Il s'appelait 
Jean Marans. Publie deux documents sur lui.) — Mai-août. — P. 209-224. 
Abbé Duchesne : La Vie de sainte Geneoièoe. (Elle n'est pas du viii* siècle, comme 
le prétend M. Krusch, mais bien d'un contemporain de la sainte.) — P. 225-250. 
Ch.-V. Langlois : Mattre Bernard. (Bernard Silvester est bien l'auteur de VArs 
dictaminis attribuée parfois à Bernard de Meung; Bernard Silvester et Bernard 
de Chartres ne forment qu'un seul personnage.) — P. 251-326. Paul Durrieu : 
Manuscrits d Espagne remarquables principalement par leurs peintures et par la 
beauté de leur eœécution. — P. 327-333. H. Omont : Catalogue de la bibliothèque 
de Bernard II, archecèque de Saint-Jacques de ComposteUe (1226). -— P. 334-343. 
H. -François Delaborde: Un frère de Joinoille au seroice de l* Angleterre. Geoffroy ^ 
sire de Vaucouleurs. — P. 344-357. H. Moranvillé : Un incident de frontière dans 
le Verdunois, 1387-1389. (La saisie par le bailli de Vitry de deux forteresses de TEm- 
pire, Wadon ville et Baleicourt.) — P. 406-411. L. Delisle : La source des cha- 
pitres C-CXXV du Liore I du Trésor de Brunetto Latini. (C'est un Traité des 
quatre éléments contenus au ms. lat. 6556 de la Bibliothèque Nationale.) — P. 411- 
413. Lettres relatives à Philippe- Auguste et à saint Louis. (Une lettre de Manassès, 
évêque d'Orléans, prescrivant vers 1221 des prières pour la guérison de Philippe- 
Auguste, et la lettre de félicitation adressée par Urbain IV à saint Louis, le 
14 mai 1264, pour avoir procuré le rétablissement de la paix entre le roi et les 
barons d'Angleterre.) — P. 413-417. L. Delisle : Lettres soustraites au trésor des 
chartes des ducs de Bretagne. — P. 417-419. J. Havet : La date du Bréoiaire 
imprimé à Salins. (Établit ingénieusement que c*est 1490.) — Septembre-octobre. — 
P. 429-456. A. Prudhomme : De V origine et du sens des mots lidauphin» et mdau- 
phiné yy et de leurs rapports avec V emblème du dauphin en Dauphiné,en Auoergne 
et en Forez. (Dauphin n'est que le prénom Delphinus, emprunté au saint évêque 
de Bordeaux du iv siècle et à un évêque de Lyon du viii"; il devient tour 
à tour un nom patronymique et, à la fin du xiii* siècle, un titre de dignité. L'em- 
blème du dauphin apparaît dans les sceaux au xii» siècle.) — P. 457-467. L. Delisle : 
Visites pastorales de mattre Henri de Vezelai, archidiacre d'Hiémois en 1267 et 
1268. — P. 468-474. C. Couderc : Note sur une compilation inédite de Hugues de 
Sainte-Marie et sa Vie de saint Sacerdos, éoôque de Limoges. (Publie le prologue 
de cette compilation qui sert de pièces justificatives à la Vie de saint Sacerdos.) — 
P. 475-521. Germain Lefèvre-Pontalis : La guerre entre partisans dans la Haute- 
Normandie [1424-1429). — P. 588-589. M. Prou : Un diplôme faux de Thierri ///. 
(Concession d'immunité à l'abbaye de Saint-Bertin du 23 octobre 682.) — P. 589- 
593. Chartes françaises conservées à Leicester. (15 actes de 1304 à 1431). — P. 593- 
595. E. Jarry : Le retour de la croisade de Barbarie (1390). (Rectifie les assertions 
de M. Delaville de Roulxdans La France en Orient au XIV* siècle.) —Novembre- 
décembre.— P. 597-692. Julien Havet: Questions mérovingiennes. VIL Les actes des 
éoêques du Mans. (Les Gesta Aldrici sont antérieurs aux Actus pontiflcum; '" 



-206 - 

rédaction originale des Gesta s*arrête au chapitre 44 ; les chapitres suivants sont des 
additions. Les Gesta ont été rédigés entre le 21 février et le 8 juillet 840; ils ont 
pour auteur Aldric lui-même; tous les actes qui y sont rapportés sont authen- 
tiques. Les Actus sont l'œuvre d'un faussaire, et ce faussaire n'est autre que David, 
le chorévêque d' Aldric. ) — P. 693-717, L. Batiffol : VOrigine italienne des Juoénal 
des Ursins. (Combat la thèse de Durrieu.) — P. 718-720. H. Moranvillé : Une 
course de Bar-sur- Seine à Paris, en 1390. (Entre Charles VI et son frère le duc 
d'Orléans.) — P. 721-724. E. G. Ledos : Lettre inédite de Cristo/oro Landino à 
Bemardo Bembo. (Au sujet de la restauration du tombeau de Dante.) — P. 785- 
786. L. Delisle : Hugues du Puisèt, chancelier de Philippe- Auguste, (Les dix actes 
cités dans le Catalogue des actes de Philippe- Auguste j comme contenant la mention 
d'un chancelier nommé Hugo Secundus, contiennent bien cette mention, quoi 
qu'en pense M. Cartellieri.) — P. 789-790. A. Pianchenault: Le chartrier dti château 
de Durtal, — P. 791. L. de Mas-Latrie : Inscription française trouvée dans Vile 
de Chypre (de 1351). — P. 792-795. B. Hauréau et Ch.-V. Langlois : Mattre Ber- 
nard, Discussion au sujet de l'article de M. Langlois.) 

Bulletin historique et philologique du Comité des travaux histo- 
riques, 1893, n» 1. — P. 63-77. Abbé Albanès : Rectification de la liste des 
éoêques de Gap à la fin du XII' siècle. Nouveaux noms d'écêques. — P. 78-84. 
Chanoine Pigeon : Nomination de Jean Bouvard, confesseur du roi Louis XI, à 
Véoêché d'Aoranches, en 1453 (10 mars). — P. 90-91. A. Soucaiile : Bulle du pape 
Honorius contenant protection et confirmation des biens et possessions de Véoêque 
d*Agde Thédèse, et entre autres des droits donnés par le comte Bernard A ton des 
églises unies de Saint-Secer, de Marseillan^ de Loupian et de la dime du sel et 
des poissons de tout le diocèse (21 juillet 1218). — P. 91-94. Brossard : Traité passé 
le 3 Juin 1490 entre le recteur de la maladrerie de Bourg et le ladre Antoine 
Burtin, — P. 94-95. Alfred Leroux : Lettre de participation aux oraisons et pieux 
exercices de la Grande-Chartreuse octroyée à M. Des Cars Van 145 1 (24 mai). — 
P. 95-97. Michel Hardy : Philippe de Valois et la formule : « Car tel est notre 
plaisir, » (Philippe de Valois employait cette formule dès 1341.) -- N» 2. —P. 166-175. 
Abbé Galabert : Désastres causés par la guerre de Cent- Ans au pays de Verdun- 
sur-Garonne à la fin du XI V" siècle, — P. 175-178. Mireur: Procession d'action 
de grâces à Brignoles ( Var) en Vhonneur de la délierance d'Orléans par Jeanne 
dArc (1429), — P. 178-18L Dubois : Les noms de baptême à Amiens. — P. 181-226. 
La Grasserie : De la strophe et du poème dans la cersification française, spécia- 
lement en deux français. — P. 239-244. Guesnon : Restitution et interprétation 
d'un texte lapidaire du XIII* siècle relatif à la bataille de Bouoines, — N" 3-4. — 
P. 269-272. Abbé Breuils : Notes sur un Bréciaire du XIV' siècle ayant appartenu â 
Vabbaye de Sainte-Croix de Bordeaux, — P. 276-277. Favier : Echange de deux 
femmes contracté entre Robert de Joinoille et l'abbé de Saint-Mihiel en 1265. — 
P. 279-281. Abbé Morel : Ordonnance de Charles VIII pour la répression des 
brigandages commis par les gens de guerre et les vagabonds, (Du 20 mars 14%.) 
— P. 282-377. Léon G, Pélissier : Documents sur les relations de Louis XII, de 
Ludovic Sforza et du marquis de Mantoue de 1498 â 1500, — P. 377-379. Ch. 
Pélicier: C/iarte en langue vulgaire, (Pièce champenoise de 1287.) — P. 402-404. 
£ugèae Tboisoa : Trois c/tartes inédites de PhiUpf>c-Auyuste W 'i^ WSft v^\a\\n^ 



- 207 - 

à THÔtel-Dieu de Nemours; 2* de 1190 en faveur de Téglise Saint- Jean-Baptiste de 
Nemours; 3» de 1221 pour l'Hôtel-Dieu de Melun). — P. 405-492. E. Petit : Séjours 
de Charles VI (1380-1400). — P. 493-494. Pélicier : Charte en langue oulgaire 
(champenoise d'avril 1253). — P. 494-495. Pélicier : Charte de Jean, sire de Joinollle 
(en faveur de Téglise Saint-Étienne de Châlons, du 22 novembre 1309). — P. 511-521. 
Abbé Pillet : Libertés de Chdteauneuf-durRhône et de Montpensier (de 1297 et 
1476). — P. 522-547. Mazon : Charte des libertés et franchises de Prioas [1281). 
Confirmation de ces libertés [1309), 

Études religieuses philosophiques, historiques et littéraires. — 

T. LIX, 1893, juin, p. 169-215. — A. Lapôtre : Études d'histoire pontificale. Le 
pape Jean VIII [872-882). (Fait connaître par quelles intrigues et par quelle falsifi- 
cation des lettres de Jean VIII la liturgie slave fut détruite dans les États moraves 
de Swatopluk au profit de Tinfluence .germanique.) 

Journal des Savants. — 1893. Janvier. — P. 54-60. Berthelot : Sur le m Liber 
sacerdotum » contenu dans le manuscrit latin 6514 de la Bibliothèque Nationale de 
Paris. (Collection de recettes relatives aux préparations de chimie minérale, à la 
transmutation des métaux et à la fabrication des couleurs et des pierres précieuses.) 

Février. — P. 93-111. Léopold Delisle : Thomas Basin. (A propos du manuscrit 
original découvert par M. W. Meyer à Gœttingue.) — P. 123-127. B. Hauréau : 
UHeœaméron d'A ndré.fils de Simon. (Composition sans art ni talent, du xiv siècle.) 
— Mars. — P. 179-186. Berthelot : Le Liore des Soisoante-Dix. (Traité alchimique 
traduit du véritable Geber arabe.) — Avril. — P. 245-250. Berthelot : Sur le traité de 
Bubacar. (Traité scientifique, appelé en latin Liber secretorum, et dont Tauteur, sans 
doute le célèbre Razès, fait preuve de connaissances scientifiques positives.) — Mai. — 
P. 284-299. Gaston Paris : La légende de Saladth. (Les récits des chrétiens, sauf 
les plus anciens, comme le Carnten inédit de Saladino, sont en général favorables au 
prince musulman.) — Juin. — P. 317-332. L. Delisle : Histoire de VOrdre hospitalier 
du Saint-Esprit, (Établit Tinauthenticité de quelques -uns des actes sur lesquel 
Tabbé Brune a fondé son histoire.) — P. 354-365. G. Paris : La légende de Saladin, 
(Analyse de quelques légendes françaises.) — P. 365-374. B. Hauréau : Guyard de 
Laon, éoêque de Cambrai. — Juillet — P. 419-428. R. Dareste : Enquêtes et procès. 
(D'après l'ouvrage de M. Guilhiermoz.) — P. 428-438. G. Paris : La légende de 
Saladin, (Analyse les légendes relatives aux voyages de Saladin en Occident et à 
ses amours.) — Août. — P. 486-498. G. Paris : La légende de Saladin. (Touchant 
les légendes relatives aux guerres de Saladin.) 

NouveUe Revue. — 1893. T. LXXXII. 1«' mai. - P. 147-152. Hippolyte 
Fournier : La peinture murale en France du XI* au XVI* siècle. (D'après 
M. Lafflllèe.) — 15 juin. — P. 735-752. Durand-Fardel : Dante Alighieri, — 
T. LXXXV. V novembre. — P. 116-124. Fernand Engerand : Des amusements 
des cilles deauœ au moyen âge. 

Revue d'histoire diplomatique. — 1893. — P. 247. R. de Maulde : Les 
dépenses d^une ambassade au XIV* siècle. (Il s'agit d'une ambassade française à 
Avignon du 1-' au 9 décembre 1340. M. de M. publie le compte des dài^^'ûSAR. 
d'après Bibl. Nat.,ms. fr. 20978, fol. U8 v\) 



— 208 — 

Rerue des Deux-Mondes. — 1893. T. CXY, V janiier. — P. 99-130. 
G. d'Avenel : La propriété foncière de Philippe- Auffusie à Napoléon, /. La terre 
au paysan, mobilisation ancienne du sol. — P. 170-291. Ch.-V. Luiglois: L'élo- 
quence sacrée au moyen âge. — 15 féTrier.— P. 789-7^. G. d'Avenel: La propriété 
foncière de Phiiippe-A uguste à Napoléon. II. Droits des mattres primitijà et 
fermages modernes. — T. CXVl, 15 avriL — P. 789-814. G. d'ATenel: La propriété 
foncière de Philippe-Auguste à Napoléon. III. Transformation du sol rural — 
P. 815-854. J.-J. Jusserand : La eie et les oeueres de Geoffroy Chaucer. - 
T. CXVIII. 15 août. —P. 842-899. G. d'êLwenél: La propriété foncière de Philippe- 
Auguste à Napoléon. IV. Valeur et retenus des terres, — T. CXIX. 
1*' septembre. — P. 189-213. P. Branetière : Les FabUauxdu moyen dge et Vorigine 
des contes (d*après Bédier). — 1" octobre. — P. 545-563. Berthelot : La Chimie dans 
V antiquité et au moyen âge, IL Les Arabes. — T. CXX. 15 décembre. — P. 834- 
861. J.-J. Jusserand. Les Anglais au moyen âge. Le théâtre. 

Revue des daestlons historiques. — 1893. T. LUI, Janvier. — P. 5-26. 
Godefroid Kurth : L'épopée et l'histoire. (Introduction de VHistoire poétique des 
Mérovingiens; Taotenr y retrace le tableaa des tentatives faites jusqu'ici pour 
démêler iliistoire de la légende dans le domaine mérovingien.) — > P. 27-55. Armand 
d*Herbomez : Un épisode du règne de Philippe le Bel : l'anneœion de Mortagne à 
la France en 1314. (La situation de Mortagne au confluent de l'Escaut et de ht 
Scarpe, la position de sa seigneurie à cheval sur FEmpire et la France, en rendaient 
la possession un objet d'envie. Aussi Philippe le Bel, poursuivant son dessein de 
pousser les limites de la France jusqu'à l'Escaut, employa-t-il pour se saisir de ht 
seigneurie de Mortagne tous les moyens licites ou non, dont on trouve ici le récit) 
— P. 185-200. Abbé E. Vacandard : L Eglise et les ordalies au XII* siècle. (Les 
ordalies, auxquelles étaient en général favorables les églises particulières, ne furent 
prohibées par les papes que pour les tribunaux ecclésiastiques ; le duel judiciaire, 
d'abord mal accueilli par l'Église, a fini par être toléré au xii* siècle.) — Avril. — 
P. 372-411. Siméon Luce : DuguescUn en Normandie, le siège et la prise de 
Valognes, (S'e£Eorce d'établir, contre le récit de Cuvelier, généralement admis par 
les historiens modernes, que le siège de Valognes n'eut lieu qu'après la prise de 
Carentan, et donne de cette campagne un récit fort complet et fort solide.) — 
P. 519-527. Paul Fabre et Pierre Batiffol : Les fausses décrétâtes de Catanaaro. 
(m. p. F. prétend contre M. R. B. que les actes pontificaux du XII* siècle dési- 
gnent bien par Très Tabernœ Taberna en Calabre, et que les quatre actes argués de 
faux ne le sont pas. M. P. B. apporte à l'appui de sa thèse de nouveaux arguments 
historiques et diplomatiques.) — P. 520-532. Marius Sepet: L'histoire et l'histoire 
littéraire. L'histoire poétique des Mérovingiens^ par Godefroid Kurtti. (Compte 
rendu très favorable.) — P. 532-544. Henry Cochin : Le pétrarquisme moderne d 
propos d'un Ucre récent. (A propos de la thèse de M. de Nolhac.) — P. 545-550. 
Robiou : Une question de critique hagiographique. (Discute la thèse de dom Plaine 
relativement à la valeur de la seconde Vie syriaque de saint Alexis; dont il établit 
les erreurs.) — T. LIV, juillet. — P. 49-85. Hippolyte Delehaye : La Vie de 
saint Paul le Jeune et la Chronologie de Métaphraste. (La biographie de 
saint Paul a été écrite par un moine du Latros, environ 20 ans après sa mort 
vers 975, ei non pas, comme on l'a dit, par Siméon le Métaphraste, qui cependant 



— 209 - 

a dû vivre, eo dépit de la chronologie généralement adoptée, dans la 2* moitié du 
X» siècle. )— P. 216-226. Ch. de Smedt : L Ordre hospitalier du Saint-Esprit. (D'après 
le travail de Tabbé P. Brune, « véritable révélation historique ».) — Octobre. — 
P. 556-568. Paul Fournier : Les origines de l'ancienne France, d'après un liere 
récent, (Celui de M. Flach.) — P. 568. Ed. Beaudouin : La procédure du Parle- 
ment au X/V* siècle. (D'après l'ouvrage de M. P. Guilhiermoz». — P. 589-595. 
E. Allain : Une monographie municipale. (Celle de Bordeaux, publiée par les 
soins de la ville.) — P. 596-599. Paul Fabre et P. BatiflEol : Correspondance. (Au 
sujet des fausses décrétales de Catanzaro) 

Revue du Monde catholique, 1803, 5« série, t. VI. - P. 237-242. Dom 
Fr. Plaine : Les origines de la foi dans les Gaules. (Contre Técole «critique et his- 
torique. ») 

Revue historique, 1893^, t. LI. — Janvier- février. ~ P. 101-125. Aug. Molinier : 
France. Publications relatices à l'histoire du moyen âge. — T. LU. Mai-juin. — 
P. 125-155. A. Molinier et G. Monod : France. Publications relatices à l'histoire 
du moyen âge. — Juillet-août. — P. 241-258. Al. Cartellieri : L'aecnement de 
Philippe-Auguste (1179-1J80). — P. 298-315. Ch.-V. Langlois : Les Anglais du 
moyen âge d'après les sources françaises. (Recueille quelques opinions d'écrivains 
français tant populaires que savants sur nos voisins d'Outre-Mancho.) — P. 358- 
381. C. CipoUa : Italie. Publications relatices à V histoire du moyen âge. — T. LIV, 
septembre-octobre. — P. 52-83. H. Pirenne: L'origine des constitutions urbaines au 
moyen âge. (Exposé des théories présent(^es jusqu'ici sur le sujet.) — P. 106-118. 
H. Isenbart : Allemagne. Publications rolatires à l'histoire du moyen âge. — 
Novembre-décembre. — P. 225-260. Gaston Paris : Jaufré Rudel. (L'histoire de ses 
amours avec la princesse de Tripoli n'ost qu'une légende.) — P. 261-279. 
Al. Cartellieri : L'acènement de Phili/ipe- Auguste {1170-1180). (Suite.) 

Le Spectateur militaire, 1803, t. X, 1" janvier. — P. 33-49 et numéros 
suivants. J. de la Chauvelays : La tactique dans les guerres du moyen âge. 

E.-G. Ledos. 

Revues de Province 

AIN. — Annales de la Soc. d'émul de l'Ain. T. XXVI, 1893. - P. 5-44. 
Brossard, L'incasion de la Dresse et de la Dombes (en 1468, par Louis XI). — 
P. 246-266. Brossard, Glossaire des mots de la basse latinité employas dans les 
titres de la Dresse et du Dugey au moyen âge. (A suivre.) 

AISNE. — Bull, de la Soc. académ. de Laon. T. XXVIIJ (1888 1891) 
(paru eu 1893). — P. 196-221. Marquis de la Tour-du-Pin, Pierre de Laon, 
checalier du roi .^arnt Louis, et sa descendance au pays faonnois. (Notice 
accompagnée d'un tableau généalogique et de la reproduction d'une pierro tombale 
de Tcglise de Moutenault.) — P. 237-240. De Florival, Charte do Jeanne, comtesse 
de Flandre et de Hainaut (charte de 1226, portant confirmation de la vente de la 

1. Nous adressons ici nos remerciements a MM. Chambon et Villepelet, dont le 
concours nous a été utile pour les revues des départements suivis de leurs initiales. 



- 210 - 

dîme de Kalkines par Gilbert de Sotenghem aux moines de Saint-Nicolas-aax- 
Bois). 

— Bull, de la Soc. archéol., hist. et scient, de Soissons, 1891 (1893). — 
Plusieurs notices intéressantes de quelques lignes. — P. 155-182. Note sur huit 
bulles appartenant à la Sori,été arrhéologique de l'Orléanais^ et concernant l'abbaye 
de Saint'Jean-dcs-Vignes de Soi^sons. 

ALLIER. — Quinzaine bourbonnaise. II, 1893. — P. 24. Diminution de 
tailles par le duc Louis II (1398). — P. 46. Noie sur le nom de lieu Ewiranda 
(d'après M. Longnon. Cf. l'article de M. A. Thomas dans le Moyen Age d'août 
1893). — P. 95. — Pièce relatice aux reliques de Becay (1496). — P. 117. 
Lettres de rémission pour Jean et Jacques de Montai gu (1452;. — P. 143. 
Reconnaissance du curé de Saint-Bonnct-de-Roche/ort (1405). — P. 144. Note 
sur Ygrande. — P. 151 et 173. F. Chambon, Note sur les archires communales 
de Gannat antérieures à 1790. (Documents à partir de 1347). — P. 264. Lettres 
du duc Louis II à Jean Chauneaul (1390). — P. 287. F. Chambon. Note sur la 
succession de la duchesse de Bourbon (1383-1386). — P. 341 et 448. F. Chambon, 
A tracers les autographes (Joursanvault, 1105-1815). — P. 528. A. Bertrand, 
Note sur les tombeaux de Soucigny. — Note sur la Bible de Soucigny (XII* siècle). 

F. Ch. 

ALPES (HAUTES-). — Bull, de la Soc. d'études des H.-A., 1893. - 
P. 26-33. J. Roman, Porche de la cathédrale d*Embrun. (Œuvre italienne du 
commencement du xiii* siècle et non du xvi*.) — P. 203-225 et 269-291. L'abbé 
Allemand, Topographie et archéologie du canton de Veynes. — P. 313-315. 
J. Roman, Ferry, écêque de Gap {1188-1198). 

ARIÈGE. — Bull, périod. de la Soc. ariégeoise des sciences, lettres 
et arts, 1893. — P. 253-263. F. Pasquier, Coutumes municipales de Seiœ en 
Conserans confirmées par Philippe le Hardi. (Texte en langue romane, publié 
d'après une copie existant aux archives du Parlement de Toulouse.) 

AUBE. — Mém. de la Soc. académ. d'agriculture, se, arts et b.-l. 
du dép. de l'Aube. - T. LVI, 1892 (1893). - P. 5-103. Louis Le Clert. Musée de 
Troyes : Carrelages cernissés, incrustés, historiés et faïences. (Catalogue con- 
tenant la description, l'histoire et le dessin de diverses pièces du moyen âge 
conservées au musée de Troyes.) — P. 103-117. L'abbé Pétel, La Crehue et le 
Droit de crehue en matière de ferme ou amodiation au XIV* siècle. — P. 131-187. 
A. Garuier, Étude d'onomastique sur les noms des premiers apôtres de la procince 
de Sens et sur ceux des Gallo-Romains mentionnés dans leurs actes. 

AUDE. — Bull, de la Gomm. archéol. de Narbonne, 1893. -^ P. 388-413. 
F. -P. Thiers, Note sur les sarcophages chrétiens de Véglise et du cimetière de 
Saint-Paul. — P. 446-493. C. Douais, Valbigéisme et les Frères Prêcheurs à 
Nar bonne au XIII* siècle. — P. 519-548. J. Guiraud, DocumoiUs commentés sur 
l'histoire du Languedoc au XV* siècle (1432-1445 : Le cardin^^l François Condul- 
merio, archev. de Narbonne; Jean d'Etampes, évèque de Carcassonne) . 

BuU. de la Soc. d'ét. scient, de l'Aude, 1893. - P. 241-250. L. Gary, 
Quelques pages d'histoire ancienne découvertes à Tournissan (cimetière wisigo- 
thigue). 



- 211 - 

AVETRON. — Mém. de la Soc. des lettres, sciences et arts de 
l'Aveyron. T. XIV (1887-1893). — l\ 100-105. L'abbé Vialettes, Snn'n/,hafjes 
chrétiens trouccs à Rodes dans l'anninn rîmetièrn de Saint- Amans. — P. 105-113. 
C. Couderc, Note sur des ralqucs de tfessins de lioaumcni re/ircscntant don aar- 
cophatjes trourès à Rotiez. — V, 331-447. Maison:ibc, Ruthrnn i'.liri.<tiana, sire 
séries et historia opisroporum Ruthcncnsinin, attribuée d Sifard (JV\7/* sièclr). 

BOUGHES-DU-RHONE. - Mém. deFAcad. des se. etc., d'Aix. T. XV, 

(1893). — 29-64. X.. Inrentaire du raid net do Jeu M. l'atdfc tir hourriii/ d'Ai-r en 
Proeenre, consistant en médailles, monnoif-es, rases, etc. — W 175-!î45. K. Bclin 
Histoire de l'ancienne Unicersité de I*rncenre on Histoire rie la /'unit'ii^io IJnirersitè 
dWiao (depuis sa fondation (14U0-14UÎ>; jusqu'en 1793, d'après les manuscrits 
originaux). 

— Mém. de TAcad. des sciences, b.-l. et arts de Marseille, 1888-1 ^i02 
(1893). — P. 39-48. L. Blancard, Xonreau rlassenient fies mnnnairs ijretnnnes 
(x'-xiir .siècle). — P. 49-54. L. Blancard, rnritjine riu ///rt/v. — 1MM)1.>3. L. RIancard. 
Noureau classement des monnaies laiiffuedooiennes (ix'-xnr siècle). — ;;il)r)-:)05. 
L. Blancard, La première lèpende ffieeque des monnaies .inj^anlines date de 
Justin II. — P. 353-365. Ch. Vincens, De l*iconnf/ra/t/iic de sainte Anne et de la 
Vier</c Marie (à propos d'une statue du xv sii-cle). — P. .%5-383. L. Blancard, 
Sur les marcs de Grenolde et de la cour romaine dWriijnqn. — P. 517-552. 
L. Blancard, La reforme monétaire de saint Louis. — Sur In taHlc et le ftoids 
du denier de la monnaie bounjeoise. — Sur les deniers d'or à la Reine et au 
Mantelet. — Sur la traduction française dti Traité des monnaies dX>rcsme. 
(Nicolîis Oresme professait la th('ol<»p:ie au collôgo de Navnrre, entre 1356 et 1361.) 

CALVADOS. — Mém. de la Soc. des se, etc., de Bayeux. 1S!}3. — 
P. 7-15. P. de Farcy, Les Baron, sires du Mullai/ [W-wv siôcle). — I*. S6-bl). 
A. Le Lièvre, Les défenseurs du Mont-Suint-Mirhel en N^^.'i. — P. 1)0-105. A. Le 
Lièvnî, Incendies de la cathédrale dii.Baijeu.ç. 

CHARENTE. — Bull, et Mém. de la Soc. archéol. et hist. de la 
Charente, Ib^Ji (1803). — P. \-\VJ\ Abbé J. Nanglanl, rouillé historique du 
diocèse d*An*/oulrme. (Divisé en neuf litres : Diocèse et êvècliè, chapitre cadrèdral, 
chapitres collégiaux, abbav es, prieurés ci couimaiulerios, paroisses et chapellcnies, 
couvents, séminaires et collèg;es, aumôneries et hôpitaux. — Les trois premiers 
seuls ont paru.) 

CHARENTE-INFÉRIEURE. - Revue de Saintonge et d*Aunis; 
bulletin de la Soc. des Arch. histor.. 115!):;. T. XJJl. - P. Vii\-i:ti. L. A., L'n 
roi de Snrdniqnc en l'*l'^. — P. )tM-it'.V.). Louis Audiat. La dnte des rem/nuls de 
Saintes. (Attribution à l'époque gallo-romaine, (in du iir sièric.) — P;niir. bil)lio- 
grapliique inter(>>sanic. 

CHER. — Mém. de la Soc. des Antiquaires du Centre. ]8',);;2-1.V.t3. 
T. IX. — P. î)7-l»0. Comie de 'J'oui.iroët-Ti canna, X(ttire sur la l'ami Ile de Ruilffj 
et ht cha/iellenie de Sainte-Catherine de yicr:on (xiv-xv* siècles). — P. Ic>l-1ÎK). 
Chr. de Bois-Marmiu, Dissertation pour établir la date de t'arrirée de Jeanne 
(PArc à f'hinnn. 

— Mém. de la Soc. hist.. littér., artist. et scient, du Cher, 1893. — 



- 212 - 

P. 1-94. Marcel Fournier, Lanclenne Unioersité de Bourges (première période, 
XV* siècle; documents inédits de 1463 à 1498). 

GORRËZiB. — Bull, de la Soc. des lettres, sciences et arts delà 
Gorrèze, 1893. — F. 154-163, 313-326, 461-477, 643-661. J. Charapeval, Càrtulaire 
d'Uzerchc (suite). — P. 164-165. J.-B. Poulbrière, Fragment d'enquête constatant 
une saisie royale du château de la Rorhe-Canillac. (Première moitié du XI V" siè- 
cle). — P. 327-342, 478-500. J.-B. Poulbriève, Copie de Vinoentalre des titres qui se 
sont trouoès dans le Trésor du château de Pompadour, au mois d'avril 1765. 
(Mention et analyse d'un certain nombre de documents antérieurs au xvi< siècle.) 

— P. 553-596. L. Guibert, Les premiers imprimeurs de Limoges. — P. 607-61A. 
Mgr Barbier de Montault, Les bras-reliquaires exposés â Tulle en 1887. 

— Bull, de la Soc. scient., histor. et archéol. de la Gorrèze, 1893, t. XV. 

— P. 29-39. Abbé Albauès, Six bulles d'Urbain V enfaceur de Jean d' Aigre- 
feuille. — P. 41-76 et 222-252. G. Clément-Simon, Fouillé de Nadaud, archiprêtrés 
de Lubr.rsac^ de Saint-Exupéry, de Vigeois. — P. 77-83. Louis de Veyrières, 
Encore l'cpée de Roland â Roc-Amadour. — P. 171-176, 319-333. 493-512, 653-668. 
J.-A. Champeval, Càrtulaire de Tulle . —P. 253-272. J.-B. Champeval, Cornil. 

— P. 299-337. G. Clément-Simon, Les Sermons de Pierre de Limoges, — P. 451- 
467. J.-B. Champeval, CasteUNocel. — P. 177-198. E. Rupin, L'enceinte oitrijiéê 
de Sermus. — P. 211-212. R. Serrure, Méreau de Gode/roid de Pompadour. — 
P. 393-397. Ph. Lalande, La Motte du Pigeon. — P. 477-491. Mgr Barbier de 
Montault, L'œucre de Limoges à Catane (Sicile).— P, 567-572. E. Rupin, Tympan 
de Véglise de Martel. R. V. 

GOTE-D'OR. — Bull, d'hist. et d'archéol. reUg. du dioc. de Dijon, 1893, 
T. XI.— P. 33-44, 81-96. Abbé Bourlier, Glossaire étymologique des noms de lieux 
du département de la Côte-d'Or (suite : Bard-les-Époisses-Bissey). — P. 65-73. E. 
Remy, Recherches historiques et critiques sur la légende de Philippe Pot. 

— Mém. de la Soc. d'hist. et d'archéol. de Beaune, 1892 (1893). 
T. XVII. — P. 189-232. L. Cyrot, Cours d'eau et usines à Beaune au moyen âge. 
(Étude intéressante sur les moulins.)— - P. 233-303. Ch. Bigame, Notice histori- 
que et descriptioe sur le oillage de Cqmbertaut. (Analyse d'actes du xi' au.xvi*, 
siècle, provenant des archives de la Côte-d'Or, dont un certain nombre donnés in- 
extenso.) 

— Mém. de la Soc. bourguignonne de Géographie et d'histoire, 18U3. 
T. IX. — P. 1-121. A Berlet, Charles le Téméraire et René de Lorraine (suite). 

— P. 339-397. H. Chabeuf, Deux portraits bourguignons du XV' siècle. 

GOTES-DU-NORD. — Bull, archéol. de l'Association bretonne. 1893. 
T. XI. (Congrus tenu à Vannes du 12 au 17 sept. 1892.)— P. 38-50. J. Loth, Le 
dialecte de Vannes cis-à-eis des autres dialectes bretons. (Différence qui les sépa- 
rent; leur origine.) — P. 50-58. C. de Keranflec'h-Kernezne, Défaite de Chramne 
à Carnac par Clotairc /«' en 560. — P. 73-92. V^* de la Villemarquô, Chants 
populaires du Vannetais breton, — P. 115-131. L'abbé Guillotin de Corson, La 
Commanderie hospitalière du Saint-Esprit d'Auray, (Fondée vers 1220 par les 
ducs de Bretagne.) 

— Bull, de la Soc. d émul. des G.-du-N., 1892. (paru 1893). — Rien. 



— 213 - 

CREUSE. — Mém. de la Soc. des sciences natur. et archéoL 1893, 
T. VIII. — P. 21-47. C. Pératbon, Les Anglais dans la Marche. — P. 47-128. 
G. Martin, La Haute^Marche au XII* siècle. Les moioes cisterciens et ragricul- 
ture.) — P. 128-139. F. Autorde, Les feux de la Saint-Jean. —P. 170-172. 
A. Thomas, Les Routiers dans la Marche sous Chnrles VI. 

DORDOGNE. — Bulletin de la Société historique et archéologique 
du Périgord. T. XX, 1893. — P. 64-78. A. de Roumejouz, Saint-Germain-du- 
Salembre. Roussille. — P. 137-142. M" de Fayole, Table de communion car- 
looingienne au Musée de Périgueux. — P. 142-146. Louis Sauro-DesversanDes, 
Liste des prieurs de Bussière-Badil. — P. 215-223. Ph. de Bosredon, Compte de 
dépenses de Véoêque d*A miens ^ enooyé par le roy en Périgort et Quercy pour la 
réformation du pays. (Mission de Robert de Fouilloy, délégué par Louis X le 
Hutin en 1315.) — P. 226-228. A. de Roumejoux, Simeyrols. — P. 430-454. G. 
Bussière, Recherches inédites d'art et d'histoire sur l'abbaye de Brantôme. (Suite.) 

— La seigneurie de Bourdeilie et l'abbaye de Brantôme. R. V. 

DOUBS. — Acad. des sciences, b.-l. et arts de Besançon, 1892 (p. 1893). 

— P. 184-204. Chanoine de Beauséjour, Les moines de Luxeuil et les forêts des 
Vosges (vu* siècle). 

— Mém. de la Soc. d'émul. de Montbéliard, 1892 (1893). T. XXIII. — 
P. 249-261. Ch. Lalance, Mise à découvert d^ un columbarium gallo-romain. — 
P. 305-450. Colonel Beurnier, Notice historique sur Montbéliard, 

— Mém. de la Soc. d'émul. du Doubs, 1892 (1893). — P. 160-171. 
Ed. Besson, La Franche-Comté et le royaume d'Arles (d'après l'ouvrage de 
M. Fournier). — P. 177-257. Ch. Beauquier, Chansons populaires recueillies en 
Franche-Comté, (Suite.) 

DROME. — Bull de la Société départ, d'archéol. et de statist dé la 
Drôme, 1893. T. XX VII. — P. 134-149,270-282, 328-353. L'abbé Jules Chevalier, 
Mémoires pour, seroir à V histoire des comtés de Valentinoi» et de Diois. 

■ - Bull, d'hist. écoles, et d'archéol. relig. des diocèses de Valence, 
Gap, Grenoble et Viviers. — P. 5, 45, 98, 126, 161, 217. A. Mazon, Chronique 
religieuse du oieil Aubenas. — P. 4J, 81, 121, 201. Labbé Perrin, Histoire du 
Pont-de-Beaucoisin. (Suite.) — 88' livraison (suppjémentaire). — P. 97-139. 
Ulysse Chevalier, Vie et Miracles de la bienheureuse Philippe de Chantemilan. 
(Document du xv* siècle publié d'après le ms. de M. Chape r, suite et fin.) 

EURE. — Recueil des trav. de la Soc. libre d'agric, sciences, arts 
et b.-l. de l'Eure, 1891 (1893). T. IX. —P. 39-188. E. VeucUn, Documents 
concernant les confréries de charité normande (1257, 1407, etc.). — P. 305, 413. 
E. Féray, Contribution à l'histoire d'Éoreuw. (S'étend surtout sur Tépoque romaine.) 

— P. 437-442. A. Réautey, Une excursion archéologique au château du Bec- A lis 
(xi«-xiv« siècle). — 1892 (1393). T. X. — P. 172-184. L*abbô Guéry, DécQueerte 
de trois sépultures dans la cathédrale d'Écreux. {Èvèqxits des xiii» et xiv« siècles.) 

EURE-ET-LOIR. — Bull.' de la Soc. dunoise, 1893. — P. 340-344. 
L*abbé Porée, Le Trésor de l'abbaye de Saint-Nicolas de Verneuil. — P. .381- 
424. L'abbé Métais, Sceaux des oicomtes de ChAteaudun. (xi«-xiv» siècle. Publi- 
cation intégrale de plusieurs pièces inédites de 1163 à 1367. Armoiries des vicomtes 



- 214 - 

de CbâteaadaD. Notices sar d'aatres seigneurs da pays dunois et sur les sceaux 
doDt ils usaient Chartes inédites de Marmoutier pour le Danois.) 

FINISTÈRE. - BoU. de la Soc. acad. de Brest. 1892-1893, 2- série- 
T. XVIIl. — P iS3-305. D' J. Hébert, GUle!< du Rays, une cause célèbre au 
XV* siècle. (Ray s et non Retz, d'après la signature même d*un document de 1429. 
Étude très intéressante, complète et documentée. ) 

— Bull, de la Soc. archéol.. 1892 (1893). T. XIX. — P. 42-55. De la 
Villemarqué, Les Joculatores bretons : Roland et les gestews gallo-bretons (texte 
d'Éginbard. — P. 103-118. V2kbbè AbgraW, Da quelques particularités dans les 
églises bretonnes. (Cbambres surmontant les porcbes, fenêtres fleurdelisées, foyers 
aux fonts baptismaux.) -r P. 119-131. Trévedy, Portraits d^ Alain Forgent et 
d'Ermengarde (xv* siècle). — P. 169-179. L'abbé Abgrall, Sfatwteçot; monumentale 
du Finistère. 

GARD. — Mém. de TAcad. de Nîmes. 1892 (1893). T. XV.- P. 15-24. Lom- 
bard-Dumas, Sépultures gallo-romaines et wisigothiques de Saint-Clément (Gard). 

— P. 25-107. A. Bardon, Listes chronologiques pour sercir à l'histoire de la cille 
d'Alais. (Suite, textes depuis 1220 : montre la royauté en lutte contre Tesprit 
municipal et contre les barons.) — P. 117-131. J. Simon, L'éducation chez les 
Juifs et particulièrement ches les Juifs de France au moyea âge. 

GARONNE (HAUTE-). — Annales du Midi. Cinquième année, 1893. — P. 1- 
33. L. Ducbesne, La légende de sainte Marie- Madeleine. (Avant le xi* siècle pas 
de trace de la légende d'après laquelle les saints de Bôthanie seraient venus en 
Provence. Vers le milieu du xr siècle, apparaît à Vézelay le culte de sainte 
Madeleine; c'est alors qu'on imagine le voyage de Madeleine et de Maximin, et 
qu'on identifie leurs tombeau.^ avec les sarcopbages de Saint-Maximin. Ce n'est 
qu'au xiii* siècle que se répandit en Provence la croyance que Lazare était venu 
en Provence avec ses deux sœurs.) — P. 34-70. J. Tardif, Une eersion procençale 
d'une Somme du Code. — P. 10311S. A. Thomas, Notes de lexicographie proven- 
çale. — P. 116-120. A. Thomas, Notice sur une charte fausse d'Alfonse Jourdain, 
comte de Toulouse (fac-similé). — P. 124-128. J. Brissaud, La charte de coutumes 
d'Escazeaux. — P. 219-231. C. Barrière- Fia vy, Les coutumes de Molandier (1246). 

— P. 232-235. A. Thomas, Le nom de lieu Igoranda ou Eœiranda. — P. 229- 
314. Ch. Bémont, La campagne de Poitou (1242-7243). Taillebourg et Saintes. — 
P. 315-332. A. Piaget, La chanson piteuse et les autres poésies françaises 
attribués à Olicier Maillard. — P. 374-385. A. Thomas, I. L'identité du 
troubadour Pons de Chapteuil. II. Le jurisconsulte Hugo de Carrollis ou Carroliis. 
111. Un exploit inconnu de Mérigot Marchés. — P. 417-469. J. Bladé, Géographie 
politique du sud-ouest de la Gaule pendant la domination romaine. — P. 470- 
486. L.-G. Pélissier, L'Ambassade d'Accurse Maynier à Venise (1499). — P. 487- 
494, C. Douais, Une charte originale de Conques des premières années du onzième 
siècle. — P. 494-498. A. Thomas. Note sur un fragment du Breciari d'Amor. — 
P. 498-510. A. Thomas, Notes de lexicographie procençale (2« série). 

GERB. — Revue de Gascogne, 1893. T. XXXIV. — P. 197-208, 485-503. C. U 
^J^ne-Barris, Anecdoctes sur Vic-Fesensac au XV» siècle. — V . "iAV^^^, \Q^-4U. 
Lauzuu, C/idteauw gascons du XIII* siècle: Massencôme. — V. 'iWîk^, VlV 



— 215 - 

475. A. Thomas, La forme primitioe du nom de sainte Qultterle, — P. 434-447. Ed. 
Cabié, Lettre de Bernard de Grassoles au comte d'Armagnac (1402), — P. 512- 
518. J. Dufresae. Henri de Tranetamare à Br nères (traduit du marquis de 
Molins). 

GIRONDE. — Archives hist. du départ, de la Gironde . — P . 1-550. 
Publication des pièces concernant Vabbaye de Sainte Croias. (Deux cartulaires 
conservés aux archives de la Gironde. Documents du xi« au xviii» siècle, spécia- 
lement des xii* et xiii') 

HÉRAULT. — Bull, de la Soc. archôol. de Bôziers. 1893, 2* série, t. XVI. 

— Rien. 

ILLE-ET- VILAINE. — Bull, et Môm. de la Soc. archéol. d'IUe-et- 
Vilaine. 1893. T. XXIl. - P. 3-31. L'abbé Ch. Robert, La grande oerrière du 
Xllt siècle et autres oitraux anciens de la cathédrale de Dol de Bretagne, — 
P. 181-287. A. de la Borderie, Nouoeau recueil d'actes inédits des ducs de Bretagne 
et de leur gouoernement (xiir et xiv siècles) . 

INDRE-ET-LOIRE. — Môm. de la Soc. archôol. de Touraine. 1892-1894. 
T. XXXVII et XXXVIII. — L. de Grandmaison, Cartulaire de Varchecôché de 
Tours {Liber bonarum gentium. 2 vol. 304 et 504 p. Chartes du xi' au xv« siècle). 

ISÈRE. — Bull, de TAcad. delphinale. 1893. —P. 451-481. D' Prompt, Les 
ceuores latines apocryphes du Dante. — P. 503-545. A. Prudhomme, Études his- 
toriques sur Vassistance publique à Grenoble aoant la Réoolution. 

JURA. — Môm. de la Soc. d'émul. du Jura. 5« série, 3* vol., 1892 (1893). 

— P. 255-285. L'abbé Guichard, Un manuscrit sur Vabbaye de Château-Ghalon 
(vi«-xviii; siècles). —P. 351-381. L'abbé P. Brunes L* architecture religieuse dans 
le Jura, — P. 381-397. L'abbe Guichard, Grozon monumental. (Le temple de 
Mars? et l'église mérovingienne de Saint-Maurice.) — P. 419-437.B. Prosl,Lflf to- 
pisserie de Saint- Anatoile de Salins (fin xv* ou commencement xvi« siècle). 

LANDES. — Soc. de Borda (Dax). 1S93. T. XVIII. — P. 51-88. 143170. 
L'abbé Cazauran, Offices antiques d'Aire et deDaœ. (Légende de sainte Quitterie.) 

— P. 301-306. L'abbé Besselière, Notes sur les sculptures des chapiteaux de 
l'époque romane de transition conseroés dans nocre diocèse. — A part : V Aqui- 
taine historique et monumentale^ avec planches. — P. 1-44. J.-E. D.^ Saint Vincent 
de Saintes^ premier écéque de Dax. (Son église, inscriptions, etc.) — P. 45-74. J-E. 
D., C. C, La cille et l'abbaje deSorde, 

LOIR-ET-CHER.— Bull, delà Soc archôol, scientif. et littôr. du 
Vendômois, 1893. —T. XXXIl. P. 22-36. G. Bj&n2L\i\U Rapport sur les/ouilles de 
la Trinité. (Tombeaux du xii" siècle.) - P. 37-53. L. Froget, Notes sur le prieuré 
de la Hubaudière. (Chartes du XIII« siècle.) — P. 54-59. L'abbé Métais, Trois char- 
tes du XIII" siècle se rapportant au même prieuré, — P. 60-72. H. Froidevaux, Les 
métiers de Blois, — P. 213-216. A. de Trémault, Note sur la coutume d* Anjou qui 
régissait le Vendômois. 

LOIRE — BuUetin de la Diana. 1893. T. VU. — P. 5-20. De Fréminville, Les 
comptes du maître des étangs de Forez de 7 100 d 1430. — V , ^iX-^^.V^. ^^a^s^s^xi., 
Origines de la paroisse des HaUes-de-Feaoyl. V^^^^^^^^'^^^^^'^^'^'^'^'^^'^^^^'^ ^'^ 



— 216 - 

Haute-Riyoire, à la fin du xv* siècle.) —P. 109-135. V. Durand, Les anciennes 
paroisses du Fores supprimées . 

LOIRE-INFÉRIEURE. — BuU. de la Soc. archôol. de Nantes et du 
département de la Loire-Inférieure, 1893. T. XXXII. — P. 87-102. S. de la 
N'icolliérQ-Tei^eÏTO, Anciens sires de Rezay. (Simples notes historiques et généalo- 
giques du XII* au xvi« siècle.) —P. 105-106. L. de la Nicollière-Teijeiro, Une pierre 
tombale des Chasteigners à Aspremont (Vendée), (Attribuée à la fin du xiii» siècle.) 

LOIRET. — Mémoires de la Soc. archéol. et histor. de l'Orléanais^ 

1892. — T. XXIV. — P. 1-352. C. Cuissard, Études historiques sur les œucres 
de Théndul/e ou l'église d'Orléans au IX* siècle. (Important ouvrage, avec des 
longueurs et certains défauts de méthode, mais chapitres utiles et intére.ssaDts, par 
exemple: P. 7, un essai de topographie du diocèse d'Orléans; — p. 41, l'éducation 
de Théodulfe et son érudition, d'après les citations qu'il fait de la Bible et des 
poètes latins profanes ou chrétiens; — P. 134, une dissertation sur Tauteur de 
Thymne Gloria laus et honor, qui doit être Théodulfe ; — enfin, la publication en 
appendice de plusieurs œuvres inédites de Tévêque d'Orléans, ses premiers vers, 
ses commentaires du symbole Quicamque. — P. 353-437. J. Doinel, Jeanne d*Arc 
telle qu'elle est. (Mémoire agréable à lire, il ne faudrait pas s'attendre toutefois à y 
trouver des faits inconnus ou des idées nouvelles.) Ces deux ouvrages ont été 
couronnés au concours de 1890. 

LOT. - Bull, de la Soc. des études du Lot, 1893. T. XVIII. — P. 40- 
56, 85-101, 177-187, 209-228. F. de Laroussilhe, Ordre de Malte. (Suite et fin. 
Commanderie de la Tronquière-en-Quercy et fief de Pratoucy.) — P. 56-63. 
B. Taillefer, Les éoêques de Cahors et le droit d'à nnates (xiii« et xiv* siècles). — 
P. 63-70, 194-201. L'abbé Gary, Recueil de cantiques populaires en dialecte du 
Quercy, 

LOT-ET-GARONNE. — Recueil des trav. de la Soc. d'agric, sciences 
et arts. — 1891-93, 2' série. T. XII. l" partie. — P. 1-97. F. Bladé. Les Vascons 
depuis les dernières années du IV* siècle Jusqu'à l'origine du royaume de Navarre, 

— P. 97-169. P. Hébrard, Encore un écêque d'Agen inconnu jusqu'à nos Jours. 
(Asodoaldus, connu seulement par sa souscription au premier concile de Clichy. — 
Notice historique sur ce concile, tenu en 628 par ordre de Clotaire, et qu'on ne 
trouve mentionné dans aucune des grandes collections, ni dans Labbe, ni dans 
Hardouin, ni dans Mansi.) — P. 169-235. A. Ducom, Essai sur l'histoire et 
l'organisation de kl commune d'Agen^ Jusqu'au traité de Brétigny (1360). (Suite.) 

— Revue de l'Agenais, 1893. — P. 230-238. J. Tholin, Le liore de raison de 
Bernard Gros (commandeur du temple de Breuil-en-Agenais sous l^ouis XI et 
Charles VIII). 

MAINE-ET-LOIRE.— Mém. delà Soc. d'agric, se. et arts d'Angers. 

— P. 159-199. J. Denais, Le tombeau du roi René à la cathédrale d'Angers, (Exé- 
cuté de 1460 à 1480. Détruit par les huguenots*. Projet de restitution.) 

G. COLLON. 



Le Gérant : V^e E. Bouillon. 



CHALON'SUR'BAÔNK, IMP. FRANÇAISE RT OK\B»TX\A l>li \.. VLKKCtKXi 



LE MOYEN AGE 

BULLETIN MENSUEL D'HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE 

oiRBcrrioiv 

MM. MARIGNAN, PROU ET WILMOTTE 



OCTOBRE 1894 



L. Tanon.— Histoire des tribunaux de PInquisition en France. 

— Paris, Larose et Forcel, 1893, gr. in-S^, vi-568 p. 

L'histoire de Tlnquisition médiévale a été renouvelée de fond en com- 
ble, dans les dix dernières années, par Julien Havet, le chanoine C. 
Douais et surtout Ch. Molinier en France, par J. Ficker, H. Haupt, 
Wattenbach, R. Wilmans, Reuss, etc., en Allemagne, et par H. Ch. 
Lea aux États-Unis. Récemment deux juristes éminents sont venus pro 
jeter des lumières nouvelles sur ce grand problème historique: M, Ca- 
mille Henner, professeur de droit à l'Université tchèque de Prague 
(Beilràge zur Organisation und Competenz der pàpailichen Ketzerge- 
richte; xii-382 p. ; Leipzig, Duncker et Humblot, 1890), et M. L. Tanon, 
président à la Cour de cassation de France. 

L'excellent livre de M. le professeur Henner, que M. Tanon a connu 
du reste, mais qu'il cite peut-être trop rarement \ est assez laconique 
dans son texte, quoique fort méthodique. Il faut le lire surtout dans ses 
notes si copieuses, comme c'est le cas pour beaucoup de livres se ratta- 
chant à la méthode allemande. 

Le bel ouvrage de M. Tanon est plus vivant, plus étoffé, plus émouvant 
sans auciine partialité ni ombre de déclamation. Il fait le plus grand 
honneur à la science française et sera sans nul doute très remarqué en 
Allemagne; car c'est une œuvre d'une solidité, d'une érudition et d'une 
clarté irréprochables. 

Dans la première partie (la répression de l'hérésie en France depuis le 
haut moyen âge jusqu'à la Réforme) l'auteur n'ajoute pas grand'chose à 
ce qu'on savait par Schmidt, Molinier et Douais et surtout par l'admira- 
ble tableau d'ensemble de Lea. Sa principale innovation consiste à imagi- 

1. Il est d'ailleurs probable que le livre de M. Taunn é(ail d4\^ q^vûs^'^ ^!^ 
graade p2LTtïe, lorsque parut celui de M. Heûuet ^\i \%^. 



— 218 — 

ner le terme assez inexact d'inquisition monastique, pour désigner l'in- 
quisition /?apaZe, créée par le Saint-Siège au xiii® siècle à côté et au-dessus 
de l'ancienne inquisition épiscopale. 

Mais cette première partie n'est qu'une sorte d'introduction historique 
relativement courte (cent pages environ). C'est dans la seconde partie 
(organisation, compétence, procédure, pénalités des tribunaux de l'In- 
quisition en France) que M. Tanon montre toute sa maîtrise. 

Parmi les pages qui nous ont paru les plus neuves et les plus impor- 
tantes, notons l'excellent chapitre sur les sources (spécialement sur une 
partie de la Practica de Bernard Gui), le tableau des ruses réciproques 
de l'inquisiteur et de l'accusé durant les interrogatoires (p, 854-358 et 
393-395), la description sobre et poignante des misères endurées dans les 
prisons de l'Inquisition (p. 359-362), le chapitre sur la torture (p. 362- 
384) où M. Tanon discute et réfute Biener et Fournier, et le chapitre sur 
l'origine de la peine de mort dans les tribunaux de l'Inquisition (p. 442- 
463) où il s'efforce de réfuter Ficker et Havet. Ce point capitiil est traité 
par M. Tanon d'une manière approfondie et ingénieuse à la fois, à l'aide 
de documents en partie inédits. La conclusion me semble forcée. 

M. Tanon refuse avec raison de voir dans les lois de Frédéric II au 
Xiii® siècle le point de départ de l'application de la peine de mort à la ré- 
pression de l'hérésie, et il rapporte tout à la persistance du droit romain 
qu'il établit victorieusement, semble-t-il. Mais n'est-ce pas l'Église, 
c'est-à-dire la Papauté qui a remis en évidence ces statuts surannés des 
anciens empereurs romains? N'est-ce pas le pape Léon I^' le Grand qui, 
dès 447, les a solennellement vivifiés en les invoquant pour approuver la 
peine capitale appliquée en 385 aux Priscillianistes à Trêves? Et les 
princes de l'Église n'ont-ils pas suivi son exemple à travers les siècles, 
sauf quelques rares protestations, impuissantes et presque platoniques, 
telles que celles du noble Wazon, évèque de Liège, au milieu du xi** siè- 
cle? En résumé, il ressort des documents, me semble-t-il, que ce sont 
moins les légistes et le droit romain que l'Église elle-même qu'il faut 
rendre responsables de cette rénovation de la peine de mort en matière 
d'hérésie. Peut-être me sera-t-il permis de renvoyer l'auteur aux deux 
derniers chapitres d'un livre récent qu'il n*a pas connu et où ce point est 
examiné avec assez de détails ' . 

Le livre de M. Tanon est plein d'idées générales et de vues d'ensemble 
étayées sur les preuves les plus minutieuses. C'est une œuvre de grande 
envergure et qui paraît devoir décourager pendant longtemps ceux qui 
seraient tentés de reprendre à neuf le sujet. Il contient aussi nombre de 
rectifications et de réfutations de détail, qui seront précieuses pour les 
spécialistes, même s'ils ne se rendent pas toujours à l'argumentation de 
l'auteur. 

M. Tanon a étudié d'une manière admirable tous les documents impri 

2. Voir mon ouviage: Gesr/ifedenis der Inyuif*itie in de Nederlanden (Histoire de 
J'/ngujsjtjoa aux Pays-Bas), tome 1«'. Uaad ei \a Vlaye,\%^2.. 



— 219 - 

mes et tous les documents inédits actuellement connus relatifs au Midi 
de la France. 11 a contribué lui-même à élargir le cadre des recherches 
scientifiques par des découvertes de valeur. M. Tanon est le digne rival 
de MM. Molinier et Douais dans ce domaine. 

Il faut cependant reconnaître qu'il s'est un peu trop cantonné dans la 
France méridionale. Certes, les sources y sont incomparablement plus 
nombreuses et plus riches que dans la France du Nord, où Thérésie n'a 
jamais eu ce caractère de violence et de généralité épidémiques qu'elle 
revêt en Provence et en Languedoc; mais on peut croire que les docu- 
ments du Nord, même si l'on se borne à ceux qui sont déjà publiés, au- 
raient parfois pu compléter et même reeiifier certaines affirmations de 
M. Tanon. Son précurseur en la matière, M. Henner, a été moins exclu- 
sif que lui et s'en est souvent bien trouvé. 

On dirait aussi que M. Tanon éprouve des scrupules à dépasser au 
Nord les limites de la France actuelle ; mais au moyen âge et jusqu'aux 
traités arrachés par Charles-Quirit à François l^»*, la France, le regnum 
Franciœ, dont parlent si souvent les actes du Saint-Siège et des inquisi- 
teurs, comprenait une partie notable des anciens Pays-Bas et s'étendait 
sur toute la contrée comprise entre la mer du Nord et le cours de l'Es- 
caut, depuis sa source au sud de Cambrai jusqu'à son embouchure dans 
le delta formé par les îles de la Zélande. On peut donc hardiment utiliser 
les documents de cette vaste région et puisera pleines mains dans les ar- 
chives des anciens comtés d'Artois et de Flandre et dans le dépôt si 
riche de Tournai, qui n'ont pas encore été explorés systéipatiquement 
pour ce qui concerne le fonctionnement de l'Inquisition. 

Mais je ne veux pas m'arrêter plus longtemps- à des critiques qui 
n'ôtent rien au mérite vraiment supérieur du livre de M. Tanon. 

Plus complet et plus largement conçu que celui de M. Henner, l'ou- 
vrage de M. Tànon charme par une conception plus humaine du sujet. 
Toujours M. Henner me fait Tefïet de vouloir rester d'une impassibilité 
glaciale; il écrit son ouvrage sur l'Inquisition comme s'il traitait des vi- 
ces rédhibitoij'es des bêtes à cornes ou de tout autre sujet étranger aux 
luttes tragiques qui ont déchiré l'Occident au moyen âge: on dirait qu'il 
comprime les battements de son cœur et que, lorsqu'il va éclater, il les 
refoule prudemment dans -les notes. M. Tanon ne perd jamais la sérénité 
du juge qui sied à l'histoire en toute matière, mais il laisse à l'occasion 
vibrer avec discrétion la note humaine. Là où M, Henner reste sec et 
froid, M. Tanon a introduit une chaleur vivifiante qui jamais ne com- 
promet rien. 

Il a su aussi animer son sujet assez aride en semanl çà et là des détails 
pittoresques qui reposent ou des remarques curieuses qui frappent. C'est 
ainsi qu'il signale soigneusement les survivances des pratiques du tri- 
bunal de l'Inquisition jusqu'à notre époque: telles que l'épreuve de l'eau 
dont on a signalé des exemples dans la Prusse polonaise en 183G et au 
Monténégro en 1857, la peine de la destruction ^ovvv Vîv. N\V\fc ^^^^nc^^^'^ 
reprise par la Convention en 1793 pout feXte aç^Vvo^^^'^V.^^^^'^^^^^'^^'^'^ 



— 220 — 

la destruction de la maison de l'hérétique appliquée en 1871 par la Com- 
mune de Paris à l'immeuble habile par M. Thiers, Ailleurs, c'est une 
simple enluminure d'un manuscrit qui lui sert à illustrer ses conclu- 
sions scientifîques; par exemple à la p. 466: « Une petite miniature 
d'un manuscrit du Décret de la Bibliothèque Mazarine figure d'une ma- 
nière expressive cet abandon, par l'Église, de l'hérétique au bras sécu- 
lier, et la mort qui en était la conséquence nécessaire. On y voitun prélat 
à cheval, trois femmes et deux hommes d'armes. Une des femmes vient 
d'être mise à mort et gU à terre ; les deux autres sont maintenues par les 
deux hommes d'armes, le glaive levé sur elles. Le prélat désigne l'une 
d'elles, le bras tendu, tandis que l'homme d'armes s'apprête à la frapper. » 
Plus le lecteur connaîtra le sujet et ses énormes difficultés, plus il ap- 
préciera la hauteur de vues, l'érudition, la perspicacité, la clarté, la belle 
ordonnance et le charme du livre de M. Tanon. 

Paul Fredericq. 



A. PiRBNNE. — Bil)1îographie de l'histoire de Belgique; catalogue 

méthodique et chronologique des sources et des ouvrages principaux 
relatifs à l'histoire de tous les Paya-Bas jusqu'en 7598 et à 
Chistoire de Belgique jusqu'en 1830. — Gand, H. Engelcke, 1893; 
in-8% xvi-230 p. 

Après les travaux entrepris par Dahlmann en Allemagne, par G. 
Monoden France, il y avait place pour une bibliogiaphie du même' 
genre sur l'histoire de Belgique. L ecueil inévitable était la difficulté de 
définir exactement le mot « Belgique a et d'en limiter historiquement la 
portée: M. Pirenne l'a résolue dans le sens le plus large, empiéiaat 
jusqu'à la fin du moyen Age sur les Pays-Bas tout entiers, et se créant 
ainsi une peine beaucoup plus grande dont les Hollandais ne seront pas 
les derniers ii profiler. Conçu sur le même plan que les manuels de 
bibliographie déjà cités, le nouvel ouvrage estcomme eux destiné surtout 
aux étudiants, et n'a pas les prétentions bibliographiques qu'on pourrait 
exiger d'un catalogue méthodique consacré à un point de détail; lorsqu'on 
veut rester dans les généralités, il faut avant tout éviter la minutie : à ce 
point de vue le volume de M. Pirenne rendra les services qu'on en peut 
attendre. En tète de chaque chapitre un renvoi très net au chapitre 
correspondant qui existe dans les volumes de Dahlmann (1883) et de 
Monod (1888) permet de s'orienter très facilement pour peu que l'on ait 
pratiqué l'une ou l'autre fois ces répertoires devenus indispensables. 

Et le répertoire que M. Pirenne vient de nous offrir deviendra indis- 
pensable comme les autres, parce qu'il est le premier travail de ce genre, 
parce qu'il est compris avec intelligence, clair et suffisamment complet. 
Les recherches y sont faciles et rapides. 

Assurément, si l'on voulait critiquer quand même, on trouverait bien 
ces 230 pages quelques petites observations à faire: un ouvra 



^^^UM c 



- 221 — 

bibliographie n'est jamais parfait; mais en bonne conscience les erreurs 
y sont rares et les lacunes y sont de peu d'importance : la plus étrange est 
certainement l'omission de V Atlas des villes de Belgique, cette publi- 
cation considérable 'et de luxe dont la rédaction avait été confiée à 
Ch. Ruelens et qui comprend déjà un nombre respectable de fascicules. 
M. Ruelens est aussi l'éditeur des Chants historicités classés comme 
anonymes, au n" 419. La liste des travaux de Henri Hymans n'est pas 
longue: il y a pourtant des livres de lui qui marquent dans l'histoire de 
l'art. J'ai vainement cherché la Bibliographie de la numismatique 
française j par A. Engel et R. Serrure, plus complète (pour la Flandre) 
que celle de Cu mont, déjà un peu ancienne; et la grande publication 
illustrée d'A. Pinchart sur les Tajnsseries flamandes (Histoire générale 
de la tapisserie, par Miintz, Pinchart et Guiffrey). Il existe de L. 
Devillers un supplément, d'ailleurs rare en tirage à part, à la Biblio- 
graphie de Vhistoire du Hainaut de Delecourt. De môme les biblio- 
graphies de Cambrai et de Lille ont été omises. Il existe une table pour 
les vingt premiers volumes (V^ série) des Souvenirs de la Flandre 
wallonne. Le livre de E. Bonvalot sur la loi de Beaumont eût été bien 
placé auprès des brochures de G. Kurth et de N. Van Werveke sur le 
même sujet. J'aurais voulu voir mentionnée la brochurede F. Drassartsur 
VOriginedu Comté de Flandre (Don^i, 1878, in-S**), les travaux de A. Ilarou 
sur diverses communes et sur la géographie du Hainaut (Bul. Soc. Géogr. 
Bruxelles), et ses communications fréquentes à la Revue des traditions 
populaires sur la même province, et aussi les travaux de Carlier et de 
Saupique sur « Ypres et Saint-Dizier » dans les Annales du Comité 
flamand de France (1856 et 1877). Les indications relatives à l'histoire 
de l'imprimerie (no« 1024-1026 et 18'.)7) auraient pu être singulièrement 
développées, et, sur Érasme, M. P. aurait pu se contenter, ne pouvant 
multiplier ses renvois bibliographiques, de citer le livre classique de 
Drummond. 

Les fautes typographiques, soit dans le corps du volume, soit dans la 
table, sont assez rares; j'ai cependant relevé, comme suppléments à 
l'errata, Carvois au lieu de Cavrois, M»** Delaborde au lieu de M»» de 
Laborde, Broux (n® 1667) au lieu de Brou. Diebold Schilling est, dans 
la table, classé à son prénom; le Dictionnaire de Bcrnier (n" 138) est de 
1879 et non de 1892. Le volume consacré à l'Exposition belge (n'^ %0) est 
deC. de Roddaz, et le travail de Levac (u® 1963) est un extraitdu Trésor 
national. Enfin, puisque l'auteur a eu le soin de faire suivre des initiales 
p. j. les ouvrages locaux dont l'intérêt étiiit augmenta par la présence de 
pièces justificatives, il aurait pu en honorer les Recherches historiques 
sur la ville de Grammont, de A. de Portemont (n^ i96). 

Mais ce sont là simples vétilles qui n'enlèvent à la Bibliograplne de 
Vhistoire de Belgique rien de sa valeur intrinsèque et qui ne l'empêche- 
ront pas d'être très fréquemment et très utilement consultée; il faut 
féliciter l'auteur de Tavoir entreprise et menée à bonne fin. 

Henri Stein. 



— 222 — 

L. Batiffol. — Jean Jouvenel, prévôt des marchands de la ville 
de Paris (1360-1431). — Thèse de doctorat. — H. Champion, 1894. 
in-8o, viii-332 p. 

Un livre d'histoire peut valoir de plusieurs façons. Il peut valoir par 
Tenquête minutieuse sur les faits et les hommes, raccumulation des 
preuves d'après la vérification des textes, en un mot, par la méthode 
critique. 

Il peut valoir aussi par la méthode d'exposition, la manière dont l'auteur 
a su disposer les éléments de son sujet, les enchaîner logiquement, et 
par la série de ses conclusions particulières, préparer sa conclusion 
générale. 

Enfin, si faible soit-il deces deuxcôtés. il peut encore valoir par son mérite 
littéraire, par ragrément des descriptions et des narrations; bref, par ses 
qualités de style. 

Que resterait-il à un ouvrage totalement dénué de ces trois sortes de 
mérite? C'est la question que Ton se pose devant celui de M. BatifTol. 
A quoi bon, dira-t-on alors, en parler? Parce que l'appareil scientifique 
avec lequel il se présente pourrait tromper les historiens et le public qui 
jugeraient d'après lui, et qu'il est bon d'être en garde contre les illusions 
et les méprises. 

I. — J'ai dit que ce livre manquait de critique. En voici les preuves : 

1® Le sujet est la vie de Jean Jouvenel, conseiller au Châtelet, garde 
de la prévôté de Paris, avocat du roi au Parlement, chancelier du duc de 
Guyenne, président au Parlement de Poitiers. (Je n'insiste pas sur 
l'inexactitude du titre: prévôt des marchands). 11 s'agit de préciser les 
événements de sa vie privée et de déterminer dans la vie publique l'im- 
portance de son rôle. C^'est toujours chose délicate que de mesurer, de 
doser pour ainsi dire, la part d'inlluence d'un homme politique, surtout 
de second ordre. Il y faut chez l'historien beaucoup de pénétration et dans 
les textes beaucoup de sûreté. ( )r, en admettant que M. B. soit doué de la 
première, ses textes sont assurément dépourvus de la seconde. Les seuls (j ni 
soient incontestables sont des pièces comptables, et il serait intéressant, au 
point de vue de la méthode, de discuter le parti qu'on en doit tirer. Mais, en 
dehors d eux, la source fondamentale, unique, à dire vrai, c'est la chro- 
nique de Charles VI, de Juvénal des Ursins, archevêque de Reims, le fils 
de Jean Jouvenel, et dont la vanité nourrie par l'esprit de famille n'est pas 
un sérieux garant de la véracité. Si jamais critique a été nécessaire, c'est 
bien dans le cas d'une chronique où le fils raconte la vie du père. M. B. 
ne l'a pas faite, il ne nous a point, dans un chapitre préliminaire, dit ce 
qu'il fallait penser de la chronique de Juvénal ni quel éléments de contrôle 
nous avions sur elle. Il ne le pouvait, dira-t-il, car nul autre n'a raconté 
ces mêmes événements. Eh bien, il ne fallait pas écrire un livre où Ton 
affirme, sur la foi d'un document qu<» l'on peut nier. La nomination de 
venel à la garde de la prévôté, et son administration (p. 91-98) son 



— 223 — 

rôle après la folie du roi comme adversaire du duc de Bourgogne, Fappui 
prêté à Jean le Mercier, Taffection toute particulière du roi pour lui 
(ch. V, /)as«i/n), son intervention lors de la rentrée du duc de Lorraine 
(p. 184), son rôle dans rémeiUe cabochienne (ch. vm), son rôle comme 
chancelier du duc de Guyenne (ch. ix), sa conduite envers le duc de 
Bourgogne après Azincourt(p. 237), etc. : tous ces événements, d'impor- 
tance capitale dans la vie de Jouvenel, n'ont d'autre source que Ju vénal. 

La croyance en la bonne foi du chronii|ueur remplace alors pour nous 
la certitude dans la vérité du texte. N'est-ce pas là un premier vice 
radical? 

2^ Le plus fâcheux, c'est que M. B. s'est aperçu de temps en temps 
que ses textes manquaient un peu de solidité. Il avoue dans son avant- 
propos que « Juvénal des Ursins, en effet, qui est la principale source de 
l'histoire de son père, ne dit assurément rj ne des choses arrivées, mais 
on le devine trop fier de Jouvenel pour ne pas redouter qu'il n'ait en 
plus d'un point, non pas précisément altéré la véritr, mais grossi un 
incident et forcé les traits )). Quel sera alors le critérium ? 

M. B. en a deux. Le premier nous est révélé à propos d'une his- 
toire fantastique que je demande la permission de résumer. Le duc de 
Bourgogne voulait perdre Jouvenel, alors garde de la prévôté; on fit une 
information secrète, on soudoya trente témoins; à la place du procureur 
du roi qui refusait, on trouva un avocat pour soutenir Taccusation. 

Il arriva que les deux commissaires du Chatelet qui avaient rédigé 
l'acte, l'oublièrent après boire à Tauberge, dans la propre chambre de 
l'hôtelier. Un chien « rôdait par aventure. N'ayant sans doute rien de 
mieux à faire », il joua avec la cédule qui finit par tomber dans la ruelle 
du lit, elle fut trouvée le soir par la femme de l'aubergiste, laquelle se hâta 
de la porter à Jouvenel; celui-ci confisqua l'acte d'accusation, et au jour 
du procès, présidé par hasard par Charles VI, put confondre ses enne- 
mis. Il faudrait citer in-extenso la narration de M. B. qui a une 
saveur toute particulière. Cette histoire fourmille d'invraisemblances, 
M. B. l'a senti : « L'aventure en paraîtra romanesque etpeut-ôtre sujette 
à caution. Afais comme elle nous est rapportée par deux textes différents, 
il n^yapas lieu d'en soupçonner l'authenticité, » Voilà une règle de 
méthode que nous ne soupçonnions guère non plus; M. B. ignore que 
ce n*est pas le nombre, mais la qualité du document qui vaut et que vingt 
affirmeraient contre un qui nierait, ce dernier pourrait encore être le seul 
digne de foi. Le plus joli d'ailleurs en la circonstance, c'est que des deux 
textes invoqués, l'un est imprimé, c'est la chronique de Charles VI, 
l'autre manuscrit,c'estle discours du Chancelier. (Bibl. Nat., nis. fr. 2701, 
f« 46.) Tous deux sont du même auteur, de Juvénal des Ursins. 

Le deuxième critérium n'est pas moins caractéristique : c'est le senti- 
ment personnel, un flair particulier pour sentir la vérité. M. B. croit 
ou ne croit pas. De là d'innombrables affirmations où le mot ye />e/i6-e 
tient lieu de document et oîi le mot deroir remplace le renseignement 
précis. Voir des exemples p. 59, 60, 61, 62, 69, etc. 



— 224 — 

M. B. pousse le mépris du texte à un degré incroyable. Il raconte 
les débuts de Jouvenel à Paris dans un procès entre Févèque de Paris et 
les habitants d*Issy. 

Le fait est important, puisque l'auteur conclut. « C'est après ce 
triomphe^ qui Vaoait mis brusquement en vue dans le monde du parlement, 
que Jouvenel se maria. » Or, nous voyons en note au bas de la page : 
(( Cf. Georges Juv. des Ursins dans Ann. de l'Aube. 1860, p. 68. Nous 
n avons pu retrouver la source où cet auteur a puisé cette histoire ; aussi 
ne donnons-nous celle-ci que sous toutes réserves, quoique les détails en 
soient vraisemblables. » Comment écrire alors que ce triomphe le mit en 
vue dans le monde parlementaire? Remarquez le raisonnement. M. B. 
n'est pas sûr du fait, il ne l'affirme pas; mais il affirme une conséquence, 
selon lui, nécessaire de ce fait, sans produire un texte nouveau, qui 
renonce : d'où deux erreurs de critique. 

Et combien d'autres ne pourrait-on pas relever ! Je ne puis surcharger 
ces pafi;es de l'amas des fautes de ce genre et je renvoie au livre les 
lecteurs curieux. 

30 L'absence d'esprit critique se marque encore par un autre trait. 
M. B prend les faits comme les textes pour ce qu'ils ont l'air d'être. 
Jouvenel lui apparaît comme un homme politique parce qu'il a exercé 
des fonctions politiques. Il réquisitionne en qualité d*avocat contre 
le pape d'Avignon, Benoît XIII, — il prononce un discours pour la 
paix au nom du duc de Guyenne: actes politiques. Mais c'est comme agent 
commandé qu'il parle ; il a pu jouer en d'autres circonstances un rôle 
vraiment personnel ; ici ce n'est qu'un fonctionnaire et un fonctionnaire 
et un homme d'Etat, cela fait deux. D'autres faits sont qualifiés de 
politiques qui n'en ont même pas l'apparence, tels que d'être choisi 
comme exécuteur testamentaire par le connétable Louis de Sancerre ou 
de prêter le serment exigé par Charles VI. 

40 Ce qui précède se rapporte au seul personnage de Jouvenel. Mais 
l'auteur n'a pas voulu ne faire qu'une monographie. Son but est aussi de 
« décrire de près les troubles politiques d'une partie du règne de Charles VI 
et, chemin faisant, de nous initier, avec quelque précision, à bon nombre 
d'institutions de cett(î époque ». C'est annoncer du nouveau, de Tinédit, 
puisqu'il s'agit de nous initier. Or, savez-vous à quelle lumière est éclairée,- 
par exemple, l'histoire du grand schisme : la chronique de Saint-Denis. 
De même, pour les autres grands événements de cette période, tels que 
la querelle des Armagnacs et des Bourguignons, Tafîairedes Cabochiens. 
ils sont racontés avec les chroniques, ou plutôt avec une chronique, 
celle de Juvénal, ou du religieux de Saint-Denis. 

M. B. a systématiquement laissé de côté les ouvrages déjà parus sur 
cette période. Pas une seule fois, il n*a voulu se servir des livres de 
MM. Coville, Luce, Jarry, de Beaucourt, Cosneau,etc., et de tant d'autres 
Français Ou étrangers qui ont apporté à cette étude une contribution 
rien moins que modeste. I/cruvre de ses devanciers ne compte pas pour 
M, Batjffol; il a presque raison, tant le chem\ïic\\i'\VotvX^\3Âv\ est différent 



— 226 — 

du sien. Et cependant, fort heureusement pour nous, il s'est départi de 
cette règle pour Tétude des institutions auxquelles il nous initie par 
l'intermédiaire d'auteurs connus, M. Noël Valois et autres. 

La plus grave, c'est qu'en ces sources premières de l'érudition où a 
voulu remonter M. B., il a puisé d'étranges et innombrables erreurs. Je 
ne relève pas les fautes d'appréciation générale qui tiennent à une con- 
naissance insuffisante des idées et des choses du temps (p. 28, M. B. 
s'étonne qu'on ait fait mourir P. Jouvenel en Afrique, (( but incompré- 
hensible et étrange )), alors que l'imagination des contemporains est 
hantée par l'idée de croisade en Afrique, que le duc de Bourbon y va 
en 1390, et que de son temps même, la légende yeut qu'il y soit allé une 
seconde fois; — p. 73, sur le caractère religieux de Jouvenel, etc.). Il y a 
mieux. A la p. 47, M. B. parle de la Jacquerie comme si elle avait été 
un mouvement général et de longue durée, alors que MM. Luce et 
Flammermont ont prouvé qu'elle se localise dans l'Ile de France et se 
limite à un mois. Tout le monde sait que le mouvement des Maillotins 
a son origine dans le soulèvement des villes de Flandre et que sa 
répression à Paris et à Rouen a été la conséquence de la défaite des 
Flamands à Rosebecque en 1382. Cela n'empêche pas M. B. de placer 
Rosebecque en 1384 et de parler antérieurement de l'ordonnance de 1383 
qui supprime le prévôt des marchands de Paris, ce qui place avant son 
départ pour la Flandre les exécutions faites par le roi à son retour. Et ce 
n'est pas une simple négligence; car, après avoir raconté la ruine des 
libertés communales à Paris, M. B. continue : « Le départ du duc 
d'Anjou pour l'Italie, la coûteuse campagne de Rosebecque en 1384, 
la dilapidation croissante des finances, etc., achevèrent de convaincre 
le roi... (de la nécessité de se débarrasser de ses oncles). 

P. 80. M. B. parle de la détestable administration du duc d* Anjou en 
Aquitaine : l'Aquitaine aux Français en 1389, voilà qui est nouveau. 
M. B. a voulu dire le duc de Berry en Languedoc. L'erreur était possible 
à éviter cependant, môme avec Ju vénal des Ursins. 

Tout ce qui est raconté, toujours d'après les sources, sur la querelle des 
Armagnacs et des Bourguignons est confus et erroné (voir p. 177 et 178). 
Quant au schisme, si M. B. s'était servi des ouvrages de Pastor et de 
Schmidt, il n'aurait pas oublié de mentionner les réformes d'Urbain VI, 
ce qui rend absolument incompréhensible son récit des origines (p. 155), 
et l'étude de M. Jarry sur Louis d'Orléans lui aurait fourni, sur le rôle de 
ce dernier dans cette question, des notions autrement sûres que celles qu'il 
nous donne d'après le religieux de Saint-Denis. 

En voilà plus qu'il n'en faut, n'est-ce pas, pour justifier notre affirmation 
que cette thèse est de nulle valeur critique. M. B. manque de cette 
vertu essentielle de Thistorien qui. est le doute : la confiance lui en 
tient lieu. 

II. — Nous voudrions trouver au moins dans cet ouvrage un mérite 
décomposition; si le scrupule de l'information estlamaro^vi^ ^^t^.v^\i5>x^^'«^ 
de l'historien, la rigueur de méthode esX VmâLVG^ ^^^xi^T'di ^«^X^ nt^^sos. ^^ 

•1 



— 226 — 

Tesprit. Un livre doit être une démonstration logiquement conduite 
jusqu'à la conclusion dernière; une même idée doit se développer d'an 
chapitre à l'autre et en former l'unité. L'ouvrage de M. B. se dîstingue à 
ce point de vue par trois défauts : 

lo Le premier est l'absence de tout ordre logique dans la composition da 
livre en général et de chaque chapitre en particulier; l'ordre chronolo- 
gique domine partout. Tous les faits, quels qu'ils soient, y sont exposés à 
leur date d'apparition, les uns à côté des autres, sans qu*aucun lien 
les rattache, exactement comme dans un journal ou une chronique. Les 
événements de la vie privée: mariages, naissances, procès de famille, etc., 
s'amalgament dans un même chapitre avec les actes d'administration et 
les affaires politiques. Le chapitre vi est particulièrement remairquable à 
cet égard. De là des répétitions fastidieuses et un manque d'unité. 

2^ C'est assurément ce défaut qui est responsable du second, à savoir 
l'absence complète de conclusion. Comment faire le total d*éléments 
aussi hétérogènes? Aussi aucun chapitre n'a-t-ilde conclusion. 

Bien plus^ en vain en chercherait-on une au livre lui-même; il se ter- 
mine par une phrase quelconque sur les portraits de Jouvenel; de résumé 
sur le caractère de l'homme, sur la nature de son rôle, sur les fonctions 
qu'il a remplie et les événements au milieu desquels il a vécu, pas la 
moindre trace. M. B. n'a pas senti le besoin de condenser pour nous- 
mêmes ses idées afin de laisser dans notre esprit une impression durable 
par la netteté et la précision de l'image. Il a jugé que le point final 
sufSsait. 

3<> Enfin, sous le prétexte de situer son personnage, M. B. pousse un 
peu loin la liberté des digressions. A propos de la jeunesse de Jouvenel à 
Troyes, nous exposer par le menu l'histoire du commerce du drap, la 
discipline des écoles, les expéditions militaires ; à propos de son séjour à 
Orléans, l'organisation de l'Université et les mœurs des étudiants, c'est 
trop. D'autant que cela est très inutile, puisqu'on ne sait rien sur son 
enfance : il est né en 1360, il est resté à Troyes jusque vers 15 ans, il y a 
fait ses premières études qui durent être bonnes, et il dut éprouver des 
émotions fortes au spectacle des expéditions militaires auxquelles son pèrea 
dû prendre part: c'est tout ce qu'il est permis d'affirmer. De sorte que le 
reste est du remplissage. Il est vrai que, par là, M. B. veut expliquer le 
caractère de son héros, et c'est là une bien étrange application de la 
théorie des milieux. Uniquement d'après l'analyse du statut des écoles, 
M. B. ose écrire: « Cette éducation a marqué Jouvenel d'une très forte 
empreinte. Le caractère qu'il montrera plus tard a été déterminé autant 
par les enseignements qu'il a reçus aux grandes écoles que par les 
habitudes qu'il a pu contracter dans sa famille. L'austérité de ses 
mœurs, la rectitude de sa vie, sa foi d'homme pieux, etc., lui ont 
été certainement inspirées par la forte éducation qu'il a reçue. On ne 
saurait dire peut-être que tous les enfants qui ont passé par les mêmes 
établissements ont dû comme lui devenir des hommes aussi honorables. 
L'action de ses maîtres s'exerçait sur un esprit préparé par sa famille. 



— 227 — 

On ne peut nier toutefois la sagesse et refficacité relative de procédés 
pédagogiques qui étaient bons pour le temps... » Fonder la psychologie 
d'un enfant sur un règlement d'études ! N'est-ce pas comme si Ton con- 
cluait des programmes de nos lycées au caractère de leurs élèves ? Sans 
doute s'étonnera-t-on moins en songeant que parmi les exercices scolaires 
propres à habituer les enfants à réfléchir et leur faire avoir des idées 
personnelles {\)^ M. B. cite les discussions organisées entre eux sur les 
points principaux ou les plus difficiles de la grammaire. 

Et de même ailleurs. Jouvenel retoarne à Troyes avec le Parlement 
pour les Grands Jours, digression sur les Grands Jours, bien que Jouvenel 
n'y remplisse qu'un rôle absolument secondaire. Quanta l'histoire du 
schisme, de la querelle des Armagnacs et des Bourguignons, delà guerre 
contre les Anglais, être plus bref, c'eût été d*abord être plus exact, et 
ensuite mieux dans les proportions du sujet. Jouvenel tient en somme 
trop peu de place dans l'histoire générale pour qu'il soit permis de la 
raconter à son propos, de sorte qu'il apparaît dans ce livre planté dans les 
événements comme un bâton dans un champ; les racines manquent pour 
le mêler et l'incorporer au terrain. Est-ce faute d art chez l'auteur, ou 
s'est-il rendu compte de la maigreur de son sujet et a-t-il voulu l'étoffer? 
Je ne sais pourquoi, mais il me semble que la seconde impression domine. 

Après tant de critiques sur le fond, nous aurions mauvaise grâce 
à insister sur l'incorrection de la forme. D'autant que c'est là matière 
à appréciation personnelle, non à discussion scientifique. Le mieux est 
d'en laisser juge le goût du lecteur. 

III. — Que nous a donc fait connaître ce livre? La personne et le rôle 
de Jouvenel? M. B. a rassemblé des faits, dont quelques-uns sont 
nouveaux, sans les discuter ni en tirer de conclusions. Les institutions 
et les événements politiques? Il s'agissait, chemin faisant, de les décrire ; 
nous avons eu le regret de montrer que si l'on en prenait idée d'après ce 
livre, on courrait bien souvent le risque de l'avoir fausse. Il reste donc 
des détails de généalogie, de menus faits de biographie, ce qui est peu 
pour une thèse. La faute en est-elle à l'auteur ou au sujet? Ce dernier, 
nous l'avons dit, paraît bien pauvre et bien stérile, mais l'étrange 
méthode qui a présidé à son étude n'était pas faite pour en relever l'intérêt 
et l'importance. 

En résumé, avec la médiocrité de la critique, l'absence d'une idée 
générale, dominant le livre et le concluant, tel est, à notre avis, son défaut 
capital. Peut-être n'en est-ce pas un pour M. Batiffol. 11 a écrit en 
effet dans sa préface que V impersonnalité est la condition essentielle du 
progrès de la vérité historique. S'il a voulu par là s'interdire de penser 
personnellement ; si pour lui la vertu première de l'historien est de se 
faire violence pour n'avoir pas d'idées, il faut avouer qu'en ce point sa 
volonté n'a pas été faible, ni son effort impuissant. 

L. FOUBERT. 



— 228 — 

Brunot (Ferdinand). — Précis de Grammaire historique de la lan- 
gue française avec une introduction sur les origines et le 
développement de cette langue.— 3® éd., Paris, G. Masson, 1894, 
in-8SLV-698p. 

Nous nous bornerons à annoncer la 3® édition de ce manuel indispensa- 
ble, attendu qu'il est, à peu de chose près, la réimpression des précédentes. 
On pourra regretter que l'auteur ne Tait pas soumis sur certains points à 
une revision plus sévère. Les étymologies celtiques de la p. 2 n'auraient 
point dû y figurer. P. 11 (en note) « il existe à ce moment-là (ix* siècle) 
en Gaule quatre langues distinctes : le latin, le germanique, le celtiqiie(l) 
enfin le roman. » L'énumération des emprunts germaniques (p. 185 et 
suiv.) est confuse et prêterait à plus d'une critique. Les reproductions du 
texte des Serments de Strasbourg (p. 562) sont défectueuses. On pourrait, 
en épluchant le volume, signaler bien d'autres taches, mais il n'en est 
pas moins le meilleur ouvrage d'ensemble et le plus au courant que nous 
possédions sur l'histoire de la langue française, surtout au point de vue 
de la syntaxe. 

L'innovation de cette édition est une bibliographie raisonnée en tète du 
volume. Elle est suflSsamment copieuse sans l'être trop et je serais tenté 
de dire qu'elle rendra de grands services aux étudiants français si je ne 
connaissais pas leur peu d'originalité et leur incuriosité scientifique. 

F. Lot. 



P. BoissoNNADE. — Quomodo comités Engolismenses erga reges 
Anglise et Franciœ se gesserint et comitatus Engolismœ 
atque Marchiœ regno Francorum adjuncti fuerint (1152-1328). 
— Engolismse, G. Chasseignac, 1893,in-8o, i-vii et 1-132 p. 

Le comté d'Angoulème se forma dès le temps de Charles le Chauve. Il 
devait à la fertilité de ses terres et surtout à sa situation géographique 
une importance exceptionnelle. Aussi la dynastie des Taillefer eut-elle à 
soutenir pour son indépendance des luttes acharnées ; aux xi® et xii* siècles 
elle réussit à se défendre contre les comtes de Poitou et les ducs d'Aqui- 
taine; mais le péril devint bien plus grave lorsque, en 1152, l'Aquitaine, 
le Poitou, l'Anjou, la Touraine et la Saintonge tombèrent aux mains des 
Plantagenets. Malgré l'appui des Capétiens, Guillaume IV et ses suc- 
cesseurs ne purent maintenir contre Henri II et Richard Cœur de Lion 
l'intégrité de leurs possessions. Enfin Jean Sans Terre, par son mariage 
avec Isabelle Taillefer, annexa pour quelques années au domaine anglais 
le comté d'Angoulème. Après la mort de Jean en 1216, sa veuve ne put 
résister seule aux entreprises de la féodalité poitevine, si remuante? ei si 
redoutable, et, n'obtenant aucun secours du gouvernement anglais, elle 
épousa le baron le plus puissant du pays, Hugue de Lusignan; le comté 
d'Angoulème se trouva ainsi réuni au comté de la Marche. Les Lusignan 



— 229 — 

essayèrent de profiter de la rivalité des Capétiens et des Plantagenets 
pour constituer à leur profit un État indépendant en Poitou. De 1220 à 
1242, ils vendirent tour à tour leur alliance au plus offrant. Définitive- 
ment vaincus par saint Louis, ils continuèrent cependant à intriguer 
avec l'Angleterre et à exciter les soupçons des rois de France. Enfin, 
après la mort du dernier comte, Guiard, en 1308, Philippe le Bel saisit 
le comté et commença à désintéresser les ayants droit; l'affaire ne fut 
terminée qu'en 1328, à la mort de Béatrix, veuve du comte Hugue XIII. 
Pendant deux siècles encore la Marche servit d'apanage, et le comté 
d'Angoulême fut pour la même raison séparé plusieurs fois du domaine 
royal; mais l'époque de l'indépendance s'était close pour ces pays dès le 
début du xiv* siècle, et les bornes chronologiques que M. Boissonnade 
a assignées à son travail ont été bien choisies. 

L'ouvrage de M. Boissonnade ne se lit pas très aisément. La faute en 
est surtout à la longueur excessive des paragraphes et à la sécheresse du 
récit, que l'auteur aurait pu rendre plus attrayant en essayant de décrire 
les personnages dont il raconte les gestes. Il n'est pas impossible d'ima- 
giner ce qu'était Isabelle Taillefer ou bien Hugue X de Lusignan ; les 
documents anglais nous le permettent. Les Royal Letters publiés par 
Shirley montrent nettement quelle était la brutalité, la mauvaise foi, 
Tégoïsme souvent aveugle de cette féodalité poitevine. Bien d'autres do- 
cuments du même genre doivent exister slu Record-Office; dès le règne 
de Henri III, les pièces inédites importantes se présentent en abondance 
aux chercheurs. Il est vrai que M. Boissonnade n'a point fait le voyage 
d'Angleterre, et c'est le plus grave reproche qu'on lui puisse adresser. 
Sans parler des innombrables parchemins de la Chancellerie dont on a 
entrepris le classement, les fonds parfaitement ordonnés comme ceux des 
Lettres closes (publiées seulement jusqu'en 1227) et des Lettres patentes 
(publiées seulement jusqu'en 1216) lui auraient fourni une foule de ren- 
seignements. 11 faut décidément renoncer à se contenter des copies de 
Bréquigny. Pour citer un exemple précis, nous avons vu dans le Patent 
roll VIII Henry IIL une lettre adressée par le roi d'Angleterre à Hu- 
gue de Lusignan le 15 janvier 1224, que M. B. n'a point connue, et qui 
lui aurait été utile. Puisque M. Boissonnade semble devoir se consacrer 
à étudier l'histoire du Sud-Ouest, il est nécessaire qu'il ne néglige plus 
désormais des sources de premier ordre pour cette histoire. Cet effort 
nouveau ne saurait lui coûter, car sa conscience, son zèle et son savoir 
se sont clairement manifestés dans l'ouvrage que nous venons d'ana- 
lyser. Nous ne croyons pas qu'on puisse y relever de nombreuses inexac- 
titudes. Signalons-en une qui a peut-être passé inaperçue; M. B. parle 
(p. 33) d'une trêve conclue en 1225 entre les rois de France et d'An- 
gleterre. Cette erreur, qu'on trouve dans beaucoup d'ouvrages de seconde 
main, est due sans doute à une méprise de du Tillet,qui,dans son Recueil 
des Traités, date de 1225 la trêve de juin 1228. La bibliographie du 
sujet a été dressée avec soin par M. B. ; nous regrettons qu'il n'ait pas 
cité l'intéressante brochure de M. Bardonnet sur Niort et la Rochelle^ 



— 230 — 

où, à côté d'assertions bizarres, on trouve sur l'histoire des seigneuries 

poitevines et particulièrement du comté de la Marche des vues originales 

et justes. 

Ch. Petit- DuTAiLLis. 



Cari Kraus. — Deutsche Gedichte des zwœlften Jahrhunderts. 

— Halle, Niemeyer, 1894. 

Voici les titres des pièces publiées dans cet important ouvrage: I. Von 
Christi Geburt. II. Rheinauer Paulus. III. Baumgartenberger Joliannes 
Baptista. IV. Adelbrechts Johannes Baptista. V. S. Veit. VI.Makkabàer. 
VII. Patricius. VIII. Von der Zukunftnach dem Tode. IX. S. Paulus. 
X. Albanus. XI. Tundalus. XII. Christus und Pilatus. XIII. Andréas. 
M. Kraus n'a pas eu la prétention de donner une édition complète de 
tous les textes allemands de poésie religieuse du xii® siècle, il n'a voulu 
en donner qu'un choix, et il proteste d'avance contre les objections que 
les critiques pourraient être tentés de lui faire à ce sujet. Aussi bien 
rimportance de cette publication n'est pas dans l'édition proprement 
dite; d'une part chacune des pièces qu'elle comprend a déjà été publiée 
isolément une ou plusieurs fois; d'autre part la façon dont l'auteur a 
reproduit ses textes est assez singulière : il n'a pas voulu nous donner 
une reproduction exacte des manuscrits, ce que l'on appelle, une repro- 
duction diplomatique, puisqu'il corrige quelquefois et introduit ses 
corrections dans le texte même; il n'a pas voulu non plus nous donner 
une édition au sens ordinaire dû mot, puisque dans la plupart des cas il 
reproduit exactement le manuscrit et en conserve jusqu'aux moindres 
abréviations. La véritable importance du livre de M. Kraus réside dans 
les notices sur chacun des textes publiés, ainsi que dans les notes qui 
occupent presque les trois quarts du volume et représentent un labeur 
immense. A remarquer surtout parmi ces notes celles qui ont trait à la 
syntaxe et au style des poèmes publiés et qui en même temps que les 
innombrables rapprochements avec d'autres textes du xu® siècle donnent 
à la publication de M. Kraus une valeur très considérable. 

C. B. 



CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE 



Par les soins généreux d'un bibliophile béarnais, il vient de paraître à Pau une 
réimpression de la célèbre Histoire de Béarn de Pierre de Marca. (Pau, Hibaut 
et Lafont). Tous ceux qui se sont occupés d'histoire méridionale connaissent la 
valeur de cette œuvre considérable, qui, fondée sur les documents les plus authen- 
tiques et inspirée des meilleures sources, n'a encore vieilli que sur quelques points. 
' l'édition de 1640, — la seule qui ait jamais paru, — était devenue fort rare et 



— 231 — 

atteignait dans les ventes des prix très élevés (150 ou 300 fr.). La nouvelle édition, 
qui sera composée de deux forts volumes in-4» (dont le premier a paru et le 
second est sous presse) rendra Tacquisition de l'ouvrage accessible à toutes les 
bourses (trente fr. les deux volumes). Éditée à grands frais et d'une exécution 
typographique irréprochable qui fait le plus grand honneur aux presses de Timpri- 
merie Garet, la réimpression de V Histoire de Béarn constitue en même temps un 
progrès sur l'ancienne édition : on y trouvera en tête (sans compter- un superbe 
portrait de Marca) une très intéressante étude de plus de 200 pages sur le célèbre 
historien, due à la plume compétente de M. l'abbé V. Dubarat, aumônier du lycée 
de Pau, et accompagnée d'un choix de pièces justificatives. Le second volume, 
qui comprendra la fin du texte, sera précédé d'une généalogie complète de la 
famille de Pierre de Marca. 

Ont paru dernièrement : 

Dans la collection des grands écrivains français (Hachette), Id^ Biographie de 
Froissart^ par Mary Darmesteter. L'auteur a misa profit les recherches successives 
de Kervyn de Lettenhove, de Paulin Paris, de Paul Meyer et surtout de Siméon 
Luce; mais de plus, elle a pu se servir de documents encore inédits : le roman de 
Mé/tarfor, découvert par M. Longnon il y a quelques mois à peine, et diverses 
pièces ayant trait aux rapports entre Froissart et l'un de ses principaux protecteurs, 
Guy de Blois, communiquées à M"» Darmesteter par le comte de Circourt. 

La première partie du tome II des Acta Sanctoruni, novembre, t. II, première 
partie, contenant le 3 (fin) et le 4 novembre (Bruxelles, Société belge de librairie). 

Le régime des terres du fisc au Bas-Empire, par René Wjart, docteur en droit 
(Paris, Larose), in-8», où Ton trouvera une étude juridique du régime de l^precaria 
intéressante, bien que discutable par certains côtés. 

Henderson (E. F.), A history o/Germany in the middle âges. Londres, Bell & 
Sons. 

Sont en préparation : Loui.^ VIII, roi de France, par Ch. Petit-Dutaillis; Phi- 
lippe le Bel et ses relations acec la Flandre, par M. Fr. Funck-Brentano, thèses 
de doctorat qui seront prochainement soutenues devant la Faculté des Lettres de 
Paris. 



PÉRIODIQUES 



FRANGE 



Revues de Province (Suite.) 

MANCHE. — Bull, de la Soc. d'archéol., etc., d'Avrànches et de 
Mortain, ou Revue de l'Avranchin, 1893. T. VI. — P. 272-318. H. Fiswick, 
F. S. A., Tirepied. (Des origines à nos jours : I. Antiquité de la paroisse ; église 



- 232 — 

primitive, ôtymologie. II. Tirepied après l'invasion des Normands; construction 
des châteaux forts; reconstruction de l'église. III. Seigneurie du Val de Sée. 
IV. Seigneurie de Cruz.) 

— Mém. de la Soc. académ. du Gotentin, 1893. T. IX. — P. 89-157. 
Chanoine E.-Â. Pigeon, Les actes des saints du diocèse de Coutances et Aoranchest 
saint Gatid (suite et fin) et saint Seoer. (Martyrologes, vie du saint; abbaye de 
Saint-Sever, reliques.) — P. 161-165. Chan. E. A. Pigeon, Déconcertes faties dans 
l'église de Saoigny près Coutances. (Fresques du xiv* siècle.) 

MARNE. — Mém. de la Soc. d'agriculture, sciences et arts du dép. 
de la Marne, 1892 (1893). — P. 103-123. L'abbé J. Puiseux, L Église Notre-Dame 
de Lépine. (Commencement du xv» siècle.) — P. 123-129 P. P., Deuœ lettres 
de 1255, relatiees à V interoention de saint Louis dans les démêlés de Vécêque 
aoec les bourgeois de Chàlons. 

— Travaux de l'Acad. nationale de Reims, 1891-1892 T. I (1893). — 
P. 195-201. L. Demaison, Une église champenoise en Bas-Poitou au Xf siècle, 
(Compte rendu d'un mémoire présenta à l'Académie par M. T. Berthelé, 2« partie.) 

— P. 1-158. H; Jadart, Étude sur dom Guillaume Afarlot, historien de Reims. 

MAYENNE. — Bull, de la Gomm. histor. et archéol. de la Mayenne. 

— 1893. T. VI. — P. 93-118. L'abbé Ch. Pointeau, Noii*ie sur les seigneurs de 
Vautorte. (Suite et fin : xv* siècle.) - P. 118-165, 220-293. Bertrand de Broussillon 
et Paul de Farcy, Sigillographie des seigneurs de Craon. (Suite : xiv* et 
XV' siècles.) — P. 195-214. A. Faucon, RecJierches sur Saint-Denis de Gastines. 

1893. T. VII. - P. 113-159 — Bertrand de Broussillon et Paul de Farcy, 
Sigillographie des seigneurs de Craon. (Suite : Rameau de la Ferté-Bernard, 
Pierre de Craon, 1345-1409; Pierre de Beauveau, Antoine de Beauverger, 1400- 
1415, etc. Sceaux du cartulaire de Craon du xiii« et xiv* siècle.) 

MEURTHE-EX-MOSELLE. — Journal de la Soc. d'archéol. lorraine 
et du Musée historique lorrain. 1893. T. XLII. - P. 6-11. Paul Marichal. 
A propos de Johannes Lud. (Date de rédaction du Dialogue de Joh. Lud : vers 1500; 
texte de 1461.) — P. 56-58. R. Parisot, Une interpolation dans le diplôme de Charles 
le Simple pour Salone (896). — P. 58. P. Marichal, Note sur René II et le titre de 
roi de Sicile, (Titre pris par lui le 6 janvier 1492.) — P. 114-118. P. Marichalt 
Note sur Claude de Beauzeniont au sujet de la mort de Charles le Téméraire. — 
Pj 231-238. G. Save, Les Sar mates dans les Vosges. (Réponse à M. Zangemeister : 
Via Salinatorum pris pour ma Sarmatorum.) 

— Mémoires de la Soc. d'archéol. lorraine, etc., 1893. T. XLIII. — 
P. 113-216. M. Hermerel, Recherches sur les monnaies des comtes de Vaudémont, 
(1071 — 2 août 1473. Maison de Vaudémont, 1071-1347; de Joinville- Vaudémont, 
1347-1393; de Lorraine Vaudémont, 1393-1473. Avec deux planches et un tableau 
généalogique.) — P. 217-311. Ch. Guyot, L'Hôpital de Mirecourt. (Origines au 
xv« siècle : donations de 1423 et 1455.) 

— Mémoires de TAcad. de Stanislas, 1893, 143* année, 5* série, t. X. — 
P. 253-313. L'abbé Hanauèr, Coutumes matrimoniales au moyen âge. (Conteste 
""^ le droit du seigneur ait été autre chose qu'un droit pécuniaire.) 



— 233 — 

— Mém. de TAcad. de Metz, 1890-91 (1893). — E. Huber, Description ds neuf 
tumulus découœrts à Cadenborn et d Rouhling (époque gallo-romaine, neuf 
planches). 

MEUSE. — Mém. de la Soc. des lettres, sciences et arts de Bar-le- 
Duc, X893, 3» sèr. T. II. — P. 243-251. L. Maxe-Werly, Étude sur un grafflU 
chrétien du IV* siècle. (Fragment d*un tombeau gallo-romain conservé au Musée 
de Bar-le-Duc. Représentation de l'I^^î^Ç allégorique. ) 

MORBIHAN. ~ Bull, de la Soc. pol3rmathique du Morbihan. — P. 3-6. 
D' de Closmadeuc, Découocrte à Erdecen d'un casé en bronze gallo-romain 
contenant enoiron 1500 médailles. ~ P. 7-30. L'abbé Chauffier, Recherches sur 
les monnaies troueées à Erdecen. — P. 121-134. Marquis de l'Estourbeillon, Les 
reoenus de la forêt de Broceliande auœ XV* et XVI* siècles. 

NIÈVRE. — Bull, de la Soc. nivernaise des lettres, sciences et arts, 
1893. T. XV. — P. 65- ?1. Ad. de Villenaut, Origines des usages de bois. (Réponse 
à un anicle de Cyprien Gueneau, paru dans le même bulletin, où l'auteur pré- 
tendait que les droits usagers n'étaient pas antérieurs au xvi" siècle pour Brinon-les- 
Allemands.) — P. 170-185. A. Gonat, Chantenay considéré comme emplacement 
probable de la Gorgobina Boiorum. — P. 186-192. G. Gauthier, Notice sur le 
château de Dompicrre-sur-Niècre. — P. 498-568. H. de Lespinasse, Actes du 
Parlement de Paris concernant les procès criminels en Nicernais. (Quelques-uns 
seulement des xiv» et xv* siècles.) 

NORD. — Mém. de la Soc. d'émi;^laUon de Cambrai, 1893. T. XLVIII. - 
P. 27-59. D' H. Coulon, Le cimetière mérooingien de Chérisy (Pas-de-Calais). 

— Mém. de la Soc. d'émul. de Roubaix, 1891-1892 (1893). 2- série, T. VII. — 
P. 75-283. Th. Leuridan, Les cieilles seigneuries, les cieilles censés et les oieilles 
familles de Roubaix. —Table des tomes 1 à XIV des deux premières séries (1868- 
1893). 

OISE. — Comité archéol. de Noyon, (Comptes rendus et Mémoires, 1893. 
T. X. — P. 1-121. Publication du Liore rouge ou Cartulaire de Noyon. (Cecartu- 
laire« qui existe aux archives de Noyon sous la cote AAI a été transcrit à la fin 
du xiY* siècle et au commencement du xv« par plusieurs scribes, dont trois connu?; 
il renferme quarante-cinq pièces, en latin, en français et en picard, datées de 
1140 à 1410, émanant pour la plupart des rois de France, de Tévêque de Noyon et 
du bailli de Vermandois; on y trouve en particulier plusieurs textes de lâchante de 
commune de Noyon : Lettres de Louis VII de 1140; charte de Philippe-Auguste 
de 1181: la charte de la cille et commune de Noyon translatée en rommant du 
24 septembre 1327.) — P. 123-136. J. Poissonnier, Quelques chartes anciennes de la 
la pille do Chauny. (Analyse de chartes de 1167 à 1181, sans grand intérêt.) —P. 137- 
205. L'abbé Tassus, L'abbaye Saint-É loi de Noyon. (Fondée en 645 à l'est delà 
ville par saint Éloi et Clovis II sous l'invocation de saint-Loup, évêque de Troyes; 
en 660, après la mort de saint Éloi, prit son nom. Saccagée en 860 et S61 par les 
Normands, elle fut restaurée vers 982 par Lindulphe, fils de Herbert II, comte de 
Vermandois, neveu du roi Lothaire, et évêque de Noyon, et enrichie depuis par de 
nombreux bienfaiteurs ; liste des abbés avec détails biographiques et historiques 



— 234 — 

sur chacun d'eux.) — P. 207-414. M. Mazière, L'organisation administratiœ de 
Noyon. (Etendue de la commune, son gouvernement et son administration; attri- 
butions des magistriats municipaux : maire, lieutenant du maire, jurés et échevins; 
listes des maires depuis 1116.) 

— Comité archéol. de Senlis. Comptes rendus et mémoires, 1892 (1893), 
3« série. T. VII. ~ P. 16-24. De Caix de Saint-Aymour, Le beffroi de Senlis. — P. 48- 
59. Anthyme Saint- Paul, Discussion archéologique sur les dates de V église de 
Moriensal. (M. A. S*-P. attribue la nef à la période comprise entre 1020-1040, ei 
les tours à la seconde moitié du xi* siècle; il hésite à dater le chœur d'un 
millésime antérieur à 1140). — P. 96-99. L'abbé Eug. MûUer, Signes lapidaires 
découoerts à Notre-Dame de Senlis. (Planche: signes lapidaires de la fin du 
XII" siècle). 

— Mém. de la Soc. acad. d'archéol. se., et arts du départ, de l'Oise. 
1893. T. XV, 2« partie. — P. 289-367, Renet, Milly, ses Institutions. (Suite.) 

— Soc. histor. de Gompiègne, 1893 . Procès-verbaux. — P. 143-150. L'abbé 
Morel, Deux épisodes de la Jacquerie. (D'après des lettres de rémission.) 

ORNE. — Bull, de la Soc. histor. et archéol. de TOme, 1893. T. XII. 

— P. 7-21. Marquis de la Jonquière, Les Anglais dans le duché dAlençon. 

— P. 129-132. A. Dallet, LÉglise de Saint-Laurent du Tencement (Eure). (Quelques 
parties du xi« siècle, d'après l'auteur.) - P. 192-219, 281-325, 515-580, Vicomte de 
Mothey, Une paroisse rurale au duché d*Alençon. (Saint-Germain de Clairefeuille, 
des origines à 1790. Etude documentée sur la première maison de Nouant, éteinte 
au XIII' siècle.) — P. 220-243, 343-352. L'abbé Gourdel, Saint-Hilaire de Driouze. 
(I. Histoire religieuse de la paroisse. Très peu de chose sur l'histoire de cette 
paroisse avant le xvii* siècle). 

PAS-DE-CALAIS. — Bull, histor. de la Soc. des antiq. de la 
Morinie. 1893. T. IX. — P. 183-194. J. de Pas, Inventaire des reliques, 
ustensiles et liores de la chapelle de N.-D. des Miracles à Saint-Omer en 1346.-^ 
P. 194-201. Comte A . Alenche de Loisne, Une bulle inédite du pape Eugène III. 
(Confirmation des droits et privilèges de l'église collégiale Saint-Barthélémy de 
Béthune, datée du 22 décembre 1152.) 

~ Bull, de la Commission départem. des monuments histor. du Pas- 
de-Calais. — P. 279-295. Mélanges d* archéologie et de sigillographie. (Ch&ipiXeaLiw 
du xuv siècle à Térouanne, inscriptions romanes à Saint-Nicolas d'Arras, scel 
aux causes de la ville d'Arras au xiv« siècle, sceau de la corporation des 
bouchers d'Arras, blasons de l'abbaye du Mont-Sainl-Eloi, etc.) 

PYRÉNÉES (BASSES ). — Bull, de la Soc. des sciences et arts de 
Bàyonne. 1892. - P. 96-161, 257-320, 417-485, 513-539. E. Ducéré, Histoire de la 
marine militaire de Bagonne. (Des origines au xv* siècle; étude intéressante sur 
la rivalité et les luttes de la marine basque contre la marine anglo-normande.) ~ 
P.. 17D-225, etc. E. Ducéré, Souccnirs d'Espagne. (Etudes archéologiques.) 

— Bull, de la Soc. des sciences, lettres et arts de Pau. 1892-1893. — 
2« série, t. XXÏI. - P. 10-25. L. Batcave, Les Archives munici/niles d'Orthes. 
(Historique des archives; rectifications à de pseudo lacunes; classement actuel.) 

PYRÉNÉES-ORIENTALES. - Bull, de la Soc. agricole, scient, et 



— 235 — 

littér. des Psrrénées -Orientales. 1893, t. XXXIV. — P. 434-522. E. Desplanques, 
Les Infâmes dans Vancien droit rousslllonnais. {Usuriers, tenanciers de maisons 
de jeu, bourreau, prostituées.) 

RHIN (HAUT-). — Bull, de la Soc. Belfortaine d'émulation. 1893, 
t. XII. — P. 131-142. D. R. et K., Les deux châteaux d'Essert et de BactlUers. 

RHONE. — Mém. de TAcad. de Lyon. -P. 61-244. Âbbè U. Chevalier, La 
poésie liturgique du moyen âge, 

SAONE-ET-LOIRE. - Mém. de la Soc. Eduenne. 1893, t. XXI. - P. 29- 

37. A. de Charmasse, Note sur V exercice du droit de gite en 1382, 1385 et 1407. 
(Commet l'erreur de croire que le gîte du suzerain laïque chez son vassal ne fut 
jamais acensé, et qu'il dépendit toujours de la présence réelle et corporelte du 
suzerain chez son vassal et suppose que cette obligation fut cause .que le droit de 
gîte, rarement exercé, tomba en désuétude.) 

SAONE (HAUTE-). —Bull, de la Soc. d'agric, sciences et arts du 
départ, de la Haute-Saône. 1893, 3« série, t. XXIV. - P. 47-109. D' Guil- 
laume, Le passé pestilentiel de Vesoul. Histoire et médecine. (Le mal des ardents 
aux XI*, xii« et xiii^ siècles ; la peste noire au xiv«.) 

SARTHE. — Bull, de la Soc. d'agric, sciences et arts de la Sarthe. 

1893-1894. 2« série, t. XXVI. — P. 20-22. M. Guignard, Découoertes de sarcophages 
chrétiens sur la place de May et. — P. 195-214. F. Legeay, Note sur la paroisse 
de Saint'Benott du Mans. 

— Revue historique et archéol. du Maine. 1893, t. XXXIII. — P. 25-30. 
Abbé E. Dubois, La Derrière de Sainte- A nne et de la Vierge à la cathédrale du 
Mans (2« moitié du xv« siècle.) — P. 55, 167, 307. Comte de Beauchesne, Le château 
de la Roche-TalOot et ses seigneurs. (Suite.) — P. 241-281. D*^ Candé, Uancienne 
/orteresse du Lude. (D'après un plan inédit. Prise d'assaut sur les Anglais 
d'octobre 1427 par Ambroise de Loré. ) 

T. XXXIV. — P. 45-92. Comte de Beauchesne, Le château de la Roche-Talbot. 
(Suil« et fin). — P. 166-180. L'abbé Angot, Deux Vies rythmées de saint Melaine^ à 
l'usage de Véglise de Lacal. — P. 206-231. P. Moulart, Incentairo des titres de la 
chastellenie de Boisbrault {Mayenne). (xii»-xv» siècles.) — P. 251-314. L'abbé Louis 
Froger, Uahbaye de l'EpauduXIH* au XV" s/èc^e. ( Description de pierres tombales 
de divers abbés.) — P. 314-323. J. Chappie, Los armoiries de la cille du Mans. 
(Seulement à partir du xv siècle). 

SAVOIE. — Méni. de TAcad. des sciences, belles-lettres et arts de 
Savoie. 1893, 4' série, t. IV. — P. 37-209. L. Morand, Les anciennes corporation.'^ 
d'arts et métiers de la cille do Chambéry. — P. 491-507. J.-J. Vernier. Traités 
entre le comte de Sacoie Amédce VI et la maison de Bourgogne en 1369 et 1379. 

— Mém. et Documents publiés par la Soc. savoisienne d'hist. et de 
géographie. 1893, t. XXVII. — Travaux de la Société. —P. vii-xii.Fr. Mugnier, 
Un licre de recettes médicales. (Manuscrit italien du xv* siècle.) — P. xx-xxiv. 
Fr. Mugnier, Hommage-lige pour Guigon de Racoyrc, seigneur de la Croix. {A 
Louis, duc de Savoie, eu date du 20 janvier 1441.) — P. liv-liv. Fr. Mugnier, 



- 236 — 

DetuD chartes dlnoestiture de biens (De 1278 et 1295.)— P. lix-lxiii. Fr. Mngnier, 
Indication d'une charte de Béatrix de Sacoie^ mère du comte Thomas /•'" (19 juillet 
121 î); — quittance de 1362; — Indulgences de Véoêque Aymon de Gerbaix 
(27 novenoibre 1424.) — P. lxxxtiii-xcviii. Fr. M., Note sur le mariage du comte 
deSaooie Amédée IV. (En 1244, avec Cécile de Baux. — Reproductioa de deux 
chartes relatives à ce mariage, tirées des layettes du Trésor des Chartes.) 

Mémoires — P. 1-23. Fr. Mugnier, Les rois des métiers. (Patentes d'artisans 
en Savoie.) — P. 23-81. Fr. Mugnier, Nicod de Menton et l'expédition enooyée à 
Constantinople par le concile do Bâle en 1437. — P. 117-177. Fr. Rabut, Liste des 
châtelains de Bresse Bugey^ Valromey et Gex^ sous la maison de Saooie, (Du 
XIII* au xvi^ siècle, par ordre alphabétique des chàtellenies.) — P. 241-464. 
Fr. Mugnier, Généalogies de la famille de Montfort (en Genevois et en Franche- 
Comté) et de la famille de Conzié. (Avec documents inédits et notices historiques 
sur plusieurs membres de ces familles.) 

SAVOIE (HAUTE). — Mém. et Documents de l'Acad. Ghablaisienne. 

1892 (1893), t. VI. — P. 245-277. L'abbé Piccard, Deux chartes inédites sur le 
prieuré de Belleoaax en Chablais. (Du 12 juin 1377 et 15 juin 1434, concernant le 
droit de haute justice du prieur de Bellevaux.) 

— Mém. et Documents de l'Acad. Salésienne. 1893, t. XVI.— P. 1-267. 
L'abbé J.-M. Lavauchy, Monographie de la paroisse de Saint-Jorioz^ sur les 
bords du lac d'Annecy. (La Chapelle-Vieille; origines du prieuré au xi* siècle ; vie 
civile de la paroisse de Saint-Jorioz; le château de Villard-Chabot aux seigneurs 
du Cengle et aux Asinari, de 1339 à 1454; aux de Beaufort de 1454 à 1626.) 

— Revue Savoisienne (Bull, périod. de la Soc. Florimontane), 1893, 
t. XXXI V. — p. 36-37. J.-F. G., Note sur Guillaume Flchet. (Son séjour à Rome 
en 1472, sa nomination le 21 avril 1477 à la cure d'Essert en Salève.) — P. 38-39. 
C.-A. Ducis, Epoque de la mort d'Humbert III, comte de Saooie (4 mars 1188 ou 
1189?). — P. 41-54, 115-126, J.-F. Gonthier. Notice sur Vahbayede Filly. (Pièces 
justificatives : huit ctfartes inédites du xi» auxiv» siècle.) — P. 91, 180, 239, 302. 
Fenouillet, Origines des noms de famille en Saooie. — P. 109-114, 177-180. E. Pas- 
calein, La comtesse de Saooie, Bonne de Bourbon, a-t-elle empoisonné sonjils 
Amédée V//Î (Amédée VU, surnommé le Comte Rouge, mourut le 1" novem- 
bre 1391, des suites d'une chute de cheval.) — P. 205-212. J.-F. Gonthier, EbouU- 
ments historiques dans les montagnes delà Haute- Saooie . — P. 259-263. J.-F. 
Gonthier, Date de Vérection de la Saooie en duché, (Le 19 février 1416 et non 1417 à 
Chaml)éry, et non àMontluel.)— P. 263-267. E. Pascalein, Quel château d'Entre- 
mont fut pris, en 1306, par Amédée V. (Ce château ne saurait être attribué au 
diocèse de Genève, et par suite être l'Entremont de la Borne, afiEluent de TArve.) 
—P. 334-S62. E. Pascalein, De la majorité des princes régnants dans la Maison de 
Saooie. 

SEINE. — BuU. de la Soo. de l'hist. de Paris et de rile-de-France, 
1893, t. XXX. — P. 112-140. Etat par séries des incentaires sommaires des 
Archices départementales antérieures à 1190. — P. 209-224. Noël Valois, Le projet 
de mariage entre Louis de France et Catherine de Hongrie et le ooyage de V em- 
pereur Charles IV à Paris (janvier 1378). 



— 287 — 

— Mém. de la Soo. de l'hist. de Paris et de l'Ile-de-Franoe, 1893, 
t. XX. — P. 1-33. M. Brenet, Jean de Ockeghem, mattre de la chapelle des rota 
CharlêsVII et Louiê XI. (Etude bio-bibliographique d'après des documents inédits.) 

— P. 295-357. L. Le Grand, Lc« Béguines de Paris. (Avec, en appendice, la publi- 
cation des Statuts du béguinage de Paris (1341), et de ceux des Haudriettes (1388- 
1395). 

— Revue Encyclopédique, 111, 1893.— 1* La Revue.— Col. 31. Les médecins 
jui/s au moyen âge. {Extrait du C hamber s' s Journal.) — Col. 184. Analyse de: 
Ch.-V. Langlois, Les Sermons en latin macaronique. (Publié dans la Reoue des 
Deuof'Mondes.)— col. 550-556. Quellien, Perrinaïc^ la compagne de Jeanne d'Arc, 

— 2* L'Encyclopédie. — Col. 865-874. A. Tausserai, La paléographie d'après un 
ouorage récent. (Manuel de M. Prou.) — Col, 896-910. L. Magne, Uart byzantin, 
son influence sur les arts en Occident. (Fig. empruntées aux églises d'Aunay, Autun, 
Saint- Vital de Ilayenne, et au musée du Puy.) 

— Revue politique et littéraire. Reoue BleueAdQ2,t, I. —P. 201-204. Siméon 
Luce, Deuw documents inédits de la Bibliothèque impériale de Vienne relatifs à frère 
Richard et à Jeanne d*Arc. (Extrait d'un registre aujourd'hui perdu du Parlement 
de Paris relatif à frère Richard, cordelier, 1431; — Copie d'une lettre adressée par 
Jacques de Bourbon, comte de la Marche, roi de Naples, à l'évéque de Clermont, 
24 juillet 1429.) — T. II. p. 473-474. Siméon Luce, Une pièce de oers sur le siège 
d'Orléans [WC : Saleberi, prince d'orgueuil....) ^ P. 807-813. Ch.-V. Langlois, 
La littérature goliardique. (Primat, Walter Map, Serlon de Wilton, Philippe de 
Grève, xii-xiii* s.) 

— 1893. I.— P. 174-180. Ch.-V. Langlois, La littérature goliardique (fin). (Débat 
de Ganymède et d'Hélène. — Débat de Phyllis et de Flore. — La Cène de Cyprien. 

— Aiissa potatorum. — Eoangelium secundum Marcam argenti. — Dialogue du 
prêtre et du logicien.) 

— T. II. — Rien, 

— Revue internationale de l'enseignement, xxiii, 1892. — P. 97-112, etc. 
Marcel Fourniér, L'organisation de l'enseignement du droit dans VUnioersité de 
Montpellier au moyen âge (1200-1500). — P. 126-137. J. Parmentier, Les Écoles en 
Angleterre depuis les Normands jusqu'à la Renaissance. --— P. 560-572. Ch.-V. 
Langlois, Complainte en oers rythmiques d'un écolier picard de VUnioersité de 
Paris, oers 1280. — P. 96-130. Ch. Diehl, Les découoertes de l'archéologie française 
en Algérie et en Tunisie. 

— 1893. — P. 21-50. C. Jullian, Les premières Unioer sites françaises (l'École de 
Bordeaux au iv siècle). — P. 333-361. F. Picavet, La Scolastique. — P. 418«440. 
A. Molinier, Les sources de l'histoire de France. (Introduction au cours de l'École 
des Chartes.) 

SEINE-ET-MARNE. — Annales de la Soc. hist. et archéol. du 
Gfttinais, 1892 (1893). T. X. — P. 97-185. L'abbé E. Jarossay^ Histoire de l'abbaye 
de Fontaine-Jean, de l'ordre de Ctteauœ. (Suite.) — P. 191-221. H. Stein, Un 
épisode de la guerre de Cent- Ans en Gdtinais; l'affaire de Villemaréchal (1360). 
(Reproduction des sceaux des défenseurs de la place.) — P. 241-261. J. Devaux, 
Origines gâtinaisea. 

SEINE-ET-OISE. — Commission des antiquités et des arts de S.-et-O., 



1 



— 238 — 

1893. T. XIII. — P. 70-83. J. Depoin, Les capitaines de Pantoise (xi*-xvii* siècles). 
-— P. 120-l:;î2. L. Plancouard, Notice sur un Christ de V église de Guiry (xiii* siècle). 

— Mém. de la Soc. des sciences morales des lettres et des arts de 
Seine-et-Oise, 1893. T. XVII. — P. 163-255. Ad. Naquet, Histoire de Saint-Nom 
la Bretèche, (Origines; la Tour de bois de la Bretesche ; l'église de Saint-Nom; les 
hommes de la Bretesche aux temps féodaux; justice et droits de cette seigneurie.) 

SEINE-INFÉRIEURE. — BuU. de la Ck>mm. des antiquités de la 
Seine-Inférieure, 1893. T. IX, 2' livraison. — Quelques courtes monographies, 
d'archéologie principalement, intercalées dans les rapports. 

— Recueil des publications de la Soc. havraise d'études diverses, 

1893. T. LX. — P. 393-401. L. Braquehais, Notice biographique et bibliographique 
sur M. l'abbé Saueage^ historien et archéologue (1841-1893). 

— Travaux de TAcad. de Rouen (1891-1892), 1893. — P. 281-298. L'abbé 
Sauvage, Un plan d'éducation au XIV* siècle. — P. 299-321. Ch. de Beaùrepaire, 
Un procès criminel à la Haute-Justice de l'abbaye de Montioilliers, en 1493. 

SOMME. -- Mém. de TAcad. des sciences, des lettres et des arts 
d'Amiens, 1893. T. XL. — Rien. 

— Mém. de la Soc. d'émul. d'Abbeville, 1893. T. XVIII [A* série, t. II, 
2" partie). — P. 1-78. L'abbé J. Gosselin, Notice historique sur trois oillages de 
l'ancien bailliage de Royc. (Marquivillers, Grivillers et Armancourt.) — P. 79-213. 
P. Tierny, Le traité de Brétigny, raisons pour le procureur du Roi de France 
contre le procureur du Roi d'A ngleterre. 

TARN. — Revue hist., scient, et litt. du dép. du Tarn, 1893. T. X. — 
P. 218-236. E. Jolibois, Ch. Portai et M. Gaïda, La crosse d'un écêque d*Albi, 
trouoce dans la cathédrale. (Datée des environs de 1200.) — P. 253-262. E. Jolibois, 
Etude sur l'état social de l'Albigeois au XIII* siècle. — P. 296-303. E. Portai, 
L'église N.-D, de la Vaisse, à Cordes (avec planche). 

TARN-ET-6ARONNE. - Bull, de la Soc. archéol. deT.-et-G. — P. 43- 

52. L'abbé E.-J. Bacalerie, Les monuinents du berceau et de la tombe de saint 
Exu/fère dWrreau en Coinminges. — P. 107-119. J. Momméja, Les sarcophages 
chrétiens de Perges. 

— Recueil de l'Acad. des sciences, belles-lettres et arts du dép. du 
Tarn. 1893, 2« série, t. IX. — P. 48-63. Ed. Forestié, Le costume féminin au 
XI V" siècle. ~ P. 05-86. L'abbé A. Contenson, Etude historique sur les origines 
du chant religieux en général, et sur la constitution du citant ecclésiastique ou 
plain-chant. (Rien de nouveau.) 

VAUGLUSE. - Mém. de TAcad. de Vaucluse. 1893, t. XII. - P. 134-172. 
L. Gap, Acte d'habitation de la terre de Vitrolles les Luberon (Vaucluse). (Acte 
du 20 mars 1504, d'après une traduction frant^aise du XVIP siècle. Quelques 
détails rétrospectifs dans l'introduction et les notes.) — P. 179-230. L'abbé .\lbert 
Durand, Etudes historiques sur Saint- Laurent des A rbres en Languedoc. (1" partie. 
Saint-Laurent pendant la guerre de Cent-Âns; les grandes compagnies et les 
> en Languedoc). 



— 239 — 

VIENNE. —Archives historiques du Poitou. 1893. T. XXIII (xvii* siècle). 
— T. XXIV (t. VI du Trésor des Chartes). — P. 1-470. Recueil des documents 
concernant le Poitou contenus dans les registres de la Chancellerie de France. 
(Chartes de mai 1390 à 1403; rintroduction (p. i-xxxv) de M. Paul Guérin 
renferme une intéressante étude sur les lettres de rémission dont ce volume est 
presque exclusivement composé. Cf. l'introduction du t. V, t. XXÏ de la col- 
lection, paru en 1891.) 

— Bull, de la Soc. des Antiquaires de TOuest. 1S93. — P. 219-221. £. 
Ginot, Calixte II en Poitou^ en 1096 et 1119. (Note sur deux ouvrages de 
M; Ulysse Robert.) — P. 247-281. Paulze d'Ivoy, Le château et la terre de la 
Mothe-sur-Croutelle. — P. 282-285. A. Barbier, Le logi» de Charles Bonnaudt 
maire de Poitiers en 1495. — P. 298-303. L. Desa.iYre, Le fronton sculpté d'Ardin 
(Deuœ-Sècres). (Détails sur divers fragments d'archéologie gallo-franque.) 

— Mém. de la Soc. des Antiquaires de l'Ouest. 1892, 2* série, t. XV. — 
P. 617-640. Mgr Barbier de Montault, Le carrelage de Véglise abbatiale des 
Chatelliers (Deuw-Sèores) au moyen âge et à la Renaissance. {xiii« et xvi« siècles ; 
plusieurs planches en couleurs.) 

— 1893, t. XVI. — P. 33-113. E. de Fouchier. La châtellenie de Chouppes en 
Mirebalais. (Presque rien sur l'époque antérieure au xvi* siècle.) — P. 239-435. 
Alf. Barbier, Etudes sur le Châtelleraudais. (i. Le Cbâtelleraudais et ses vigueries: 
Ingrande, Châtellerault, Colombiers, Brave, Vicaria Nieerniacensis. ii. Consti- 
tution féodale de la ville et de la vicomte de Châtellerault au xv* siècle : armes 
antiques de la prévôté; droits de prévôtés; aveux et dénombrements inédits 
publiés in-extenso; textes du livre Noir.) — P. 469-478. A. F. Lièvre, Les chemins 
gaulois et romains entre la Loire et la Gironde (Cf. Moyen Age, 1892). 

VIENNE (HAUTE). — Bull, de la Soc. archéol. et histor. du Limousin, 

t. XL, 2* livraison, 1893. — P. 389-476. Camille Jouhanneaud, Excursion archéo- 
logique à ta Souterraine et dans ses encirons. — P. 476-515. Abbé A. Lecler, 
Monograpliic dç la commune de Thouron. — P. 515-545. Abbé Arbellot, Étude 
biographique sur Guillaume Lamy, patriam/ie de Jérusalem. — P. 545-562. Louis 
Bourdery, Un triptyque en émail peint en grisaille, par Martin Didier, au Musée 
cicique de Bologne. — P. 562-644. A. Leroux, Chronologie de Vhistoire de Saint- 
Yrieix'la-Perche. — P. 769-793. Paul Ducourtieiix , Cimetière gallo-romain^ 
mérocingien et carolingien de la Courtine à Limoges, — P. 793-799. Paul Ducour- 
tieux. Boite en oerre dans une sépulture gallo-romaine troueée à Limoges, — 
P. 799-804. Abbé Arbellot, Saint Pierre Damien à Limoges. — P. 804-820. 
P. Cousseyroux, Documents inédits sur Peyrat- le -Château. — P. 820-821. 
Mgr Barbier de Mortault, Le collège de Grégoire XI à Bologne. — P. 832-834. — 
Abbé A. Lecler, Pricilègo d'Eugène III pour l'abbaye de Solignac, sa date, — 
P. 836-837. Louis Bourdery, Addition au Mémoire : Un triptyque en émail peint 
en grisaille, par Martin Didier, au Musée cicique de Bologne. {R. V.) 

VOSGES. — Annales de la Soc. d'émul. des Vosges, 1893, 69*' année. — 
P. 25-184. A. Fournier, Tojtographie ancienne du département des Vosges. — 
Mentions diverses dans le rapport de la commission d'histoire et d'archéologie, 

p. XXXV-XLIII). 



— 240 — 

— Bull, de la Soc. philomathique vosgienne, 189t-93, 18* année. ~ 
P. 61-97. A. Benoît, Les anciennes inscriptions des abbayes de VOrdre de 
Prémontré situées dans le département des Vosges. --P. 97-118. L*abbé Ch. Cha- 
pelier, Inventaires ecclésiastiques. (Trésors de la chapelle de Saint-Dié et des 
chapitres nobles des Vosges.) — P. 119-130. L'abbé Hingre, La Passion du doux 
Jésus. (Version vosgienne des paroles et du chant d*un poème remontant proba- 
blement au XII» siècle.) — P. 131-280. Louis Géhin, Gérardmer à traoers les Ages. 
(Histoire complète de Gérardmer depuis ses origines historiques au xiii* siècle, 
d'après des documents inédits tirés des archives communales et départementales. 
P* partie : du xiii* au xviii» siècle.) 

TONNE. ~ BuU. delà Soc. des sciences hlstor. et natur. de rTonne, 

1893. T. XL VII. — P. 33-51. Ch. Moiset, Essai sur Vorigine des noms et prénoms 
$n France et particulièrement dans la région de V Yonne. — P. 245-246. E. Petit, 
Mort de Louis II de Chalon, comte de Tonnerre. (Mort ayant le 6 mars 1423, et 
non à la bataille de Verneuil en 1424, comme le porte VArt de cérijler les dates. 
Voir Arch. nat., registres du Parlement de Paris, xld 9190, !• 216 v«.) — P. 271- 
287. L'abbé H. Bouvier, Réponse à M, l'abbé Duchesne touchant la date de 
composition des Actes de saint Saoinien. (La Grande Passion n'est pas, comme le 
prétend Tabbé D., du milieu du xi* siècle, mais elle doit être attribuée aux religieux 
de Saint-Pierre-le-Vif, soit dans le cours du yiii* siècle, soit au commencement 
du IX* (?) ; l'auteur a joint à cette note quelques mots sur Tapostolicité des églises 
des Gaules, où il défend, sans preuves bien fortes du reste, l'hypothèse de Tévan- 
gélisation de la Gaule au i*' siècle.) — P. 309-339. L'abbé Horson, Notice historique 
sur Cheny. — P. 500-541. Alph. Roserot, Diplômes carolingiens originaux des 
archioes de la Haute-Marne. (18 chartes datées de 814 à %7.) — P. 576-593. E. Petit, 
Saint Louis en Bourgogne et principalement dans les contrées de l'Yonne. 

ALGÉRIE. — Revue africaine (Bull, de la Soc. histor. algérienne), 1893. 
T. XXXVII. — P. 22. E. Fagnan, Lhistoire des Almohades d'après 'Abd-eU 
Wâh'id Merrâ/iechi. (Suite et fin.) —P. 52. S. Gsell, Chronique archéologique. 

— Recueil des notices et mém. de la Soc. archéol. de Gonstantlne, 
1893. T. XXVIII. — Notices diverses sur des monuments de Tépoque romaine du 
III* au VI' siècle. 

— Bull, de la Soc. géogr. et d'archéol. de la prov. d'Oran, 1893. T. XIII. » 
P. 345-369. A. Winkler, Opérations de Bélisaire pendant sa campagne d'A/rique, 
de 53Zà 534. (Bataille de Tricamara.) 

G. COLLON. 



Le Gérant : V*e E. Bouillon. 



CHALON-SUR-SAÔNK, IMP. PRANÇAI8B BT ORIENTALE DE L. MARCEAU. 



LE MOYEN AGE 

BULLETIN MENSUEL D'HISTOIRE ET DE PHILOLOOIE 

MM. MARIGNAN, PROU ET WILMOTTE 



NOVEMBRE 1894 



LA SCIENCE EXPÉRIMENTALE AU XIIP SIÈCLE 

EN OCCIDENT 

M. Berthelot a employé plusieurs années à montrer, avec les œuvres 
des alchimistes qu'il a publiées, traduites et commentées \ comment la 
plus positive des sciences, la chimie, mêlée d'abord à la théologie et à 
la métaphysique, s'est constituée à travers les siècles. De son œuvre on 
pourrait extraire des renseignements précieux pour Thistoire des philo- 
sophies et des religions en Grèce, à Alexandrie, à Byzance et à Rome ; 
pour celle de la peinture dans l'antiquité et de l'art byzantin, arabe 
ou persan; pour la numismatique et pour le développement de la 
médecine, de la magie ou de l'astrologie ; même pour la philologie et 
l'intelligence de la littérature, depuis Héliodore et Hiérothée jusqu'à Rcmi 
Belleau et Bonaventure des Perriers, La Fontaine et Gœthe, Lamartine, 
Alfred de Vigny et Leconte de Lisle. Nous nous bornerons à indiquer 
brièvement ce qu'on en peut tirer pour les parties les moins connues de 
rhistoire des idées au xiii« siècle. 

Rappelons d'abord ce que les Grecs ont fait de l'alchimie. Les artisans 
d'Egypte s'efforçaient de faire accepter aux acheteurs, comme de Tor, 

1^ Les Origines de Valchimie. Paris, Steinheil, 1885, in-8». — Science et Philo- 
sophie. Paris, Lévy, 1886, ia-8*. — Intro' faction à Vêtucle de la chimie des anciens 
et du moyen âge. Paris, Steinheil, 1889, ia-8». —Collection des anciens Alchimistes 
grecs, publiée sous les auspices du Ministère de rinstruction publique, par 
M. Berthelot, avec la collaboration de Ch. Em. Ruelle. Paris, Steinheil, 1887-88, 
4 vol. in-4**. — Histoire des sciences. La Chiniie au moyen dge^ ouvrage publié sous les 
auspices du Ministère de l'Instruction publique, par M. Berthelot. 1. Es«ai sur la 
transmission de la science antique au moyen âge. II. L'alchimie syriaque.... avec 
la collaboration de M. Kubens Duval. III. L'alchimie arabe..., avec la collaboration 
de M. Houdas. Paris, Impr. nat., 1893, 3 vol. in-4». 



— 242 — 

des alliages qui parfois n'en contenaient pas la moindre parcelle, et 
finissaient par être eux-mêmes persuadés qu'ils pouvaient opérer la 
transmutation des métaux. De ces procédés, qui constituent « des fraudes 
professionnelles », les Grecs faillirent faire sortir une science, en les 
expliquant par la théorie atomique de Démocrite et de Leucippe. Puis ils 
y superposèrent des doctrines, surtout néoplatoniciennes, où ils synthé- 
tisaient tous les systèmes et des conceptions religieuses qui réunissaient 
toutes les divinités de l'Orient. Art divin et sacré, l'alchimie enrichit ses 
adeptes par la pierre philosophale, les maintient en santé par l'élixir de 
vie, leur procure un éternel bonheur en les unissant à l'esprit universel. 



Les successeurs de l'antiquité avaient à prendre possession de l'héri- 
tage et à en examiner la valeur pour n'en conserver que ce qui pouvait 
être de quelque utilité. Byzance perfectionna les procédés techniques et 
créa une peinture, une sculpture et une architecture nouvelles, des armes 
inconnues avec lesquelles elle se maintint au milieu des flots sans cesse 
renaissants des Barbares. Elle vit qu'une science y était impliquée, mais 
ne sut l'en dégager, tout occupée qu'elle était de néoplatonisme et de 
mysticisme. 

Les Syriens, instruits par les Byzantins, instruisirent d'abord les Per- 
sans. Deux manuscrits syriaques du British Muséum fournisi:^nt une 
compilation des procédés et des recettes techniques, traduites du gr^-* au 
VII®, au VIII® et au ix® siècle, avec des additions du temps des Abbassides. 
Un autre, à Cambridge, joint à des recettes et à des procédés de falsifica- 
tion pour tous les arts, des doctrines mystiques qui dominent de plus en 
plus les idées scientifiques. Ainsi les deux métaux qui constituent le 
miroir d'électrum, sont assimilés au Verbe fils de Dieu et à l'Esprit- Saint. 
Ce miroir est placé au-dessus des sept portes, répondant aux sept cieux, 
dans la riégion des douze maisons célestes et des Pléiades, au-dessous 
de l'œil divin. Avec ce métal, Alexandre a fabriqué des monnaies qu'il a 
semées en terre : ce sont des talismans institués par Aristote, dont la 
grande intelligence est limitée, en ce qu'il ne possède pas l'inspiration 
divine, nécessaire pour atteindre au plus haut degré de connaissance. 
C'est avec ce miroir, c'est-à-dire à la lumière du Verbe et de l' Esprit- 
Saint, en présence de la Trinité, que l'on doit regarder son âme pour 
se connaître soi-même. Puis, après une mention des sept talismans^ tirés 
de la géhenne et en forme de bouteilles dans lesquelles on peut empri- 
sonner les démons, il est montré combien ont grandi encore les espé- 
rances des alchimistes : a Nous pouvons faire qu'un végétal devienne 
animal..., que des cheveux vivants, en se pourrissant, forment un serpent 
vivant, que la chair de bœuf se change en abeilles et en frelons, que 



— 243 — 

Tœuf devienne dragon, que le corbeau engendre les mouches, qu'en 
pourrissant, les plantes engendrent des animaux, le basilic, des scorpions 
venimeux. » 

Depuis que les Arabes ont été, par les Syriens, initiés à l'alchimie, ils 
n'ont pas cessé d'écrire sur ce sujet : encore aujourd'hui il existe, au 
Maroc et dans les pays musulmans, des manuscrits alchimiques. Avec 
les procédés techniques, ils ont créé, eh peu de temps, un art ori- 
ginal. Par eux l'Occident a connu les alchimistes comme les savants 
et les philosophes grecs. Quant aux œuvres de Djaber, le Géber 
latin et le plus célèbre des alchimistes arabes, M. Berthelot a montré 
que les traductions latines, où se trouvent des découvertes à noter pour 
l'histoire de la science, sont des œuvres originales qui n'ont rien à voir 
avec les ouvrages publiés par lui et traduits par M. Iloudas. On trouve, 
dans ceux-ci, des invocations et des professions de foi musulmane, des 
théories métaphysiques, notamment sur les qualités occultes. Dans 
d'autres œuvres figurent, avec des questions puériles, des histoires qui 
rappellent les Mille et une N^uits et la légende dont Gerbert devint le 
héros au xi« et au xii® siècle. D'une façon générale, les Arabes font une 
place plus grande au merveilleux et n'entrent que comme des agents de 
transmission dans le développement de la science. 



II 



L'Occident latin fut moins favorisé tout d'abord. Du Corpus constitué 
à Alexandrie et à Byzance, il ne connut rien. Les procédés techniques et, 
dans une mesure qu'il est difficile de déterminer, les idées des alchi- 
mistes étaient passées des Grecs aux Latins, dès le temps de l'Empire 
romain. Nous savons que les traditions techniques des arts et métiers se 
sont conservées, même aux époques les plus sombres. Puis, au ix« siècle, 
se produit une première renaissance \ qui indique une connaissance 
moins rudimentaire de l'antiquité, avec une tendance à en faire sortir 
d'utiles enseignements pour les contemporains. C'est de cette époque que 
date le manuscrit de Lucques, où se trouvent les Compositiones ad tin- 
genda, qu'a publiées Muratôri. C'est un cahier de recettes et documents 
rassemblés par un praticien ; le latin est barbare, avec des diversités très 
apparentes d'orthographe et de dialectes; des recettes écrites en grec et 
transcrites en lettres latines par le copiste qui ne les comprenait paâ, 
témoignent d'une origine byzantine; d'autres, par exemple, pour écrire en 
lettres d'or, sont les mêmes, sauf des variantes très légères, que celles 
du papyrus de Leyde. Ces recettes sont rangées en cinq séries : coloration 

1. Cf. Bibliothèque des Hautes-Études (section des sciences religieuses)f vol. I, 
18d9. Alcuin, fondateur de la scolastique en France et en Allemagne. 



1 



— 244 — 

et teinture du verre, teinture des peaux, drogues et minerais, dorure et 
peinture. Elles nous apprennent bien des choses qu'on ne songerait pas 
à demander à un semblable recueil. Ainsi les théories d'Aristote sur 
l'exhalaison sèche, opposée à l'exhalaison humide dans la génération des 
minéraux (Met,, III, ch. xxvii), sont invoquées à propos de la fabrica- 
tion du verre et du plomb métallique. Le nom du vitriol, qu^on ne faisait 
remonter qu'au De Mineralibus, attribué à Albert le Grand, figure dans 
la série des drogues et minerais. En6n, les recettes pour la réduction de 
l'or et de l'argent en poudre nous révèlent comment, malgré les interdic- 
tions, on faisait passer l'or et l'argent d'un pays dans un autre. 

Des Compositiones ad tingenda, il faut rapprocher la Mappœ Claoi- 
cula ou Clef de la peinture; elle se trouve dans un manuscrit de Schle 
stadt, du x® siècle, et Way l'a publiée dans VArchœologiaj d'après un 
manuscrit du xiii® siècle. Le traité d'orfèvrerie du début rappelle l'artisan 
égyptien du manuscrit de Leyde, avec les recettes pour faire accepter à 
ses clients des objets qui, d'or et d'argent, n'ont quelquefois que le nom. 
Celle qui a pour but d'augmenter la quantité d'or (aurum plurimum 
facere), se rapproche de la diplosis et d'un procédé récemment inventé 
pour donner, à un alliage de 94/100 de cuivre et de 6/100 d'antimoine, la 
plupart des propriétés apparentes de l'or. Une autre (auri plurimi con- 
fectio), qui suppose qu'un même agent, suivant le degré de cuisson, peut 
multiplier tantôt l'or et tantôt l'argent, jouera un grand rôle dans la 
recherche de la pierre philosophale. Bon nombre de ces recettes repro- 
duisent le papyrus de Leyde el prouvent qu'il y a une tradition ininter- 
rompue depuis l'Egypte des Pharaons jusqu'au moyen âge : telles sont 
celles qui parlent du verre incassable, considéré comme malléable par 
Pétrone, Pline, Isidore de Séville, Jean de Salisbury et le pseudo-Lulle, 
qui recommandent de réciter une prière, pendant la fabrication ou la 
fusion, pour que l'or soit réussi, ou qui mentionnent « les dieux noirs », 
auxquels ne peut s'être adressé qu'un écrivain païen; enfin, celles qui 
concernent la balance hydrostatique, la balistique incendiaire et la magie. 

Mais si l'Occident latin connaissait, par la tradition orale et écrite, des 
pratiques qui impliquaient la plupart des théories sur lesquelles les 
appuyaient les anciens, c'est par les Arabes qu'il connut ces théories* 
elles-mêmes. 

Robert de Castres termine le 11 février 1182 le Liber de Compositione 
alchemiœ et semble le premier qui ait fait connaître les alchimistes 
arabes : a Les Latins, dit-il, ignorent, ce qu'est l'alchimie (Quid sit 
alchymia, nondum cognovit vestra latinitas) ». Au milieu du xiii® siècle, 
Vincent de Beauvais a lu ce que les Arabes ont, sur l'alchimie, transmis 
à l'Occident. En cinquante ans, les traducteurs ont mis en latin les 
œuvres médicales, philosophiques et scientifiques. 

Les philosophes apparaissent tout différents de ce qu'ils avaient été 
chez les Grecs et de ce qu'ils sont pour nous. Ainsi les commentaires 
arabes de la Météorologie, se confondent avec le texte, et de ce chef Aris- 
tote devient un alchimiste. 111 'est encore comme inventeur du feu grégois. 



— 245 — 

Dans un voyage avec Alexandre, — ce qui semble indiquer quelque 
rapport avec le pseudo-Callisthène, ~ Aristote aurait fait une prépara- 
tion capable de produire, en un mois, ce que le soleil accomplit en un 
an; avec une autre espèce de feu, Aristote aurait incendié les maisons 
situées dans les montagnes et brûlé une montagne elle-même. De là le 
Tractatus Aristotelis alchymistœ ad Alexandrum Magnum de lapide 
philosophicoy qu'un Grec, sur Tordre du pape Honorius, aurait traduit de 
Thébreu en latin. Il y est question de la lutte d'Alexandre contre Antio- 
chus, du char d'Antiochus dont les roues sont assimilées aux quatre 
éléments, du serpent d'Hermès, etc. De là aussi le De perfecto Magisterio 
qui développe, sous le nom d'Aristote, des théories sur l'existence simul- 
tanée dans les choses, de qualités apparentes et de qualités occultes, dont 
le rôle a été grand au moyen âge et même de nos jours^ puisque Voltaire 
la proclame la plus sage qu'aient eue les scolastiques. Sans doute, elle se 
rattache aux Météorologiques, qui parlent de deux éléments actifs et de 
deux éléments passifs, existant chacun en puissance dans les autres, de 
l'exhalaison sèche qui fait minéraux et pierres, tandis que l'exhalaison 
vaporeuse engendre les métaux fusibles et ductiles. Mais la théorie- 
fondamentale de la transmutation, venue de Platon, quoique rendue 
plus précise par les Arabes, est aussi donnée sous le nom d'Aristote. 
L'or, dit le De perfecto Magisterio, est engendré par un mercure clair, 
associé avec un soufre rouge, clair et cuit pendant longtemps sous la 
terre à une douce chaleur; le fer, par un mercure trouble, mêlé avec un 
soufre citrin troublé; le plomb, par un mercure épais, mêlé avec un 
soufre blanc, épais et un peu rouge. Joignez à cela qu'on donne à Aris- 
tote des ouvrages néo -platoniciens, comme le De Causis et vous verrez 
combien parle peu clairement celui qui dit d'un homme dii xiii® siècle 
qu'il est disciple d'Aristote 1 

Il va sans dire qu'il y a un traité d'alchimie sous le nom de Platon ; il 
est en même temps astrologique et géométrique, cite VAlmageste de Pto- 
lémée, Euclide, Pythagore, Homère, les Chaldéens siégeant sur le fleuve 
Euphrate, gens habiles dans la connaissance des étoiles et de l'astrologie 
judiciaire. Mais de toutes ces traductions ou adaptations, — car il n'y a 
guère alors de traducteur fidèle, — la plus curieuse peut-être est la Turba 
Philosophorum, parce qu'elle nous présente, sur la même ligue, des cita- 
tions attribuées à des philosophes et à des alchimistes d'époques fort dif- 
férentes. L'auteur est monothéiste : Deus cum solus fuisset .... dico 
Deum ante omnia fuisse, cùm quo nihil fuit. Ce qu'il dit des choses, 
créées par Dieu d'une essence unique, qui ne meurent pas jusqu'au jour 
du jugement, ferait croire qu'il est chrétien ; mais d'autres passages : 
« n existe un Dieu un, non engendré et qui n'a pas engendré, » font plu- 
tôt songer à un Juif ou à un Musulman. Autour de la Turba, toute une 
littérature se forme: Allegoriœ Sapientium supra librumTurbœ,jEnig' 
mata, Distinctiones et Exercitationes, etc., qui rappelle les noms des 
principaux alchimistes de toutes les époques. Le pythagoricien Arisleus, 
qu'on donne pour disciple d'Hermès, réunit les philosophes : chacun d'eux 



- 246 — 

expose ses idées sur la formation du monde par les éléments, sur la pierre 
philosophale, la transmutation et les questions qui s'y rapportent. Les 
philosophes, disent les Exercitationés comme les anciens textes grecs, se 
réunissent pour discuter si le mystère s'accomplit au moyen d'une seule 
espèce ou de plusieurs. « L'œuvre, dit très bien M. Berthelot, est une 
bouillie de faits et de théories anciennes, non digérées, commentées par 
un théologien qui ne révoque jamais en doute les textes sur lesquels il 
s'appuie. Le sens expérimental des vieux écrits grecs se perd, tandis que 
grandit la partie mystique et chimérique. » 



111 



Voilà ce que le xiii*^ siècle reçut de ses prédécesseurs. Des matériaux 
de provenance grecque, latine, byzantine, arabe, il a construit une grande 
philosophie mise en accord avec une théologie qu'il avait dû pré- 
server du panthéisme des Amauriciens, des hérésies des Albigeois et de 
ceux qui voulaient substituer le troisième Évangile, celui du Saint-Esprit, 
au christianisme, comme celui-ci avait remplacé le judaïsme. On sait 
que les pratiques techniques atteignirent une grande perfection et, pour 
une large part, contribuèrent à rendre incomparable l'art qui élève les 
cathédrales et les hôtels de ville, qui sculpte tout un monde de statues, 
produit des vitraux et des tapisseries, des meubles et des miniatures, des 
autels et des châsses d'un travail merveilleux. Même on commence à 
reconnaître que Léonard de Pise, qui introduit en Occident l'arithmé- 
tique et Talgèbre des Arabes, est allé plus loin que Diophante, pour n'être 
surpassé que par Fermât et le xvii® siècle. 

Ce qu'on sait moins, c'est que le xiii* siècle marque une époque im- 
portante dans l'histoire des sciences expérimentales, que Roger Bacon 
n'est pas une apparition isolée ou une exception. D'abord il y a toute 
une école d'alchimistes qui font les expériences indiquées par les anciens 
et en imaginent de nouvelles : « J'ai répété cette opération dans le 
fourneau des fabricants de verre, dit Johannes dans le Liber Sacer- 
dotum, . . et cela s'est passé à Ferrare. » Il semble bien que cette con- 
frérie alchimiste ait eu son siège dans la Haute-Italie, d'où était originaire 
d'ailleurs le célèbre- traducteur Gérard de Crémone. Certains ouvrages, 
où ils sont mentionnés, rappellent les Mémoires ou les Traités actuels de 
chimie, qui rapportent à chaque individu sa doctrine ou son procédé : 
(( Le frère Pasinus Petit de Brcscia possède un livre d'alchimie et sait 
éteindre le mercure avec le corail. . . Je crois que c'était le frère prêcheur 
de Mantoue dont parlait Gabriel en disant: Il y a un frère mineur qui est 
dans l'erreur, comme le disait aussi Lanfranc de Verceil. . . Maître Jean 
possède, pour les opérations, le Livre des douze eaux qui occupe 2 fo- 
lios. . .Richard de Pouille (Pulia) a de même le Livre des douze eaux. . . 



— 247 — 

Cortonellus, fila de feu maître Bonaventure de Yseo, possède un livre 

d'alchimie. . . Maître Jean dit qu'on peut donner toute espèce de figure 
au fer chaud.,, Pierre Tentenus parle d'une veine de minerai blanc, 
pareille à du cristal. , , Frère Michel de Crémone, de l'ordre des Ermites, 
est alchimiste et il a dit à Ambroise de Crémone. . . Arabroîse a dit de 
même que l'on peut fabriquer de bon azur avec la terre que l'on foule 
aux pieds. , . Maître Galieo, le scribe de i'évéché, est alchimiste et sait 
blanchir le cuivre en le rendant pareil à. l'argent ordinaire. . . Renaud de 
Crémone a traduit le Livre des 70 chapitres de Jean . . . Voici le chapitre 
d'un archevêque très habile dans l'art alchimique... ; le chapitre de 
maître Marc de Seca à Naples,^ (probablement l'abréviateur de S. Tho- 
mas d'Aquin), — ... ; le chapitre du sieur Pierre, — (peut-être le mallre 
de Roger Bacon) — ... ; celui de maître Giiillaume. » 

Et comme on peut s'y attendre, quand la nature est consultée avec ar- 
deur et ténacité, les découvertes sont assez nombreuses pour qu'on rap- 
proche l'œuvre des alchimistes de celle des hommes qui ont le plus mar- 
qué en tout genre. Les Traités publiés en latin sous le nom de Géber : 
SammaPerfectiorismagisterii, De Incention»Beritatia, Liber Fornacum-, 
Testamentum Geberis regia Indiœet Alckimia Geberi, sont des œuvres 
d'un auteur de l'Occident qui, peut-être, faisait partie de cette confrérie des 
alchimistes. En particulier, la Summa est un ouvrage méthodique et fort 
bien composé. La préface donne les raisonnements de ceux qui nient 
l'alchimie et elle les réfute, à la, façon dont procèdent Alexandre de Haies 
et saint Thomas d'Aquin, Voici une objection qui est à relever, parce 
qu'elle a tué l'alchimie : ii 11 y a bien longtemps, est-il dit, que cette 
science est poursuivie par des gens instruits; s'il était possible d'en at- 
teindre le but par quelque voie, on y serait parvenu déjà dès milliers de 
fois. Nous ne trouvons pas la vérité sur ce point dans les livres des phi- 
losophes qui ont prétendu la transmettre. Bien des princes et des rois, 
ayant à leur disposition de grandes richesses et de nombreux philosophes 
ont désiré réaliser cet art, sans jamais réussir à en obtenir les fruits pré- 
cieux ; c'est donc là un art frivole, h Parmi les arguments contraires, il y 
a un principe de philosophie expérimentale : « Ce n'est pas nous qui pro- 
duisons ces effets, mais la nature; nous disposons les matériaux et les 
conditions ; elle agit par elle-même, nous sommes ses ministres. >> Le pre- 
mier livre traite des problèmes généraux de la chimie : on y trouve 
des faits, des définitions très nettes des métaux et, sauf pour la 
transmutation, une science solide et positive. La description des 
opérations chimiques, accompagnée de figures exactes, rappelle la mé- 
thode d'exposition de saint Thomas d'Aquin, Même dans le second livre, 
tout alchimique, ce qui concerne l'analyse et l'épreuve des métaux par 
coupellation, ignition, etc., dénote une science véritable qui poursuilun 
bu> effectif, par des procédés sérieux, sans mélange d'illusion mystique 
et de charlatanisme. 

C'est à ces al';himisles occidentaux que nous devons l'alcool ou l'eau- 
de-vie, qu'on '.ssimile à l'élixir et au mercure des philosophes, l'acide 



— 248 — 

nitrique, Teau régale, l'huile de vitriol, le nitrate d'argent. D'ailleurs 
ce sont des esprits parfois fort ouverts et en avance sur leur époque, 
à laquelle ils parlent de tolérance et de morale philosophique : « Jacob 
le juif, homme d'un esprit pénétrant, dit l'un d'eux, m'a aussi en- 
seigné beaucoup de choses et je vais te répéter ce qu'il m'a enseigné. 
Si tu veux être un philosophe de la nature, à quelque loi (religion) que 
tu appartiennes, écoute l'homme instruit, à quelque loi qu'il appartienne 
lui-même, parce que la loi du philosophe dit : Ne tue pas, ne vole pas, ne 
commets pas de fornication, fais aux autres ce que tu fais pour toi-même 
et ne profère pas de blasphèmes. » 

Enfin l'Occident devient à son tour une source où puise l'Orient grec. 
L'ou^ra;^ dé Théoctonicos, du xiii« siècle, est une traduction grecque 
d*un^ Traité latin attribué à Albertus Teutonicus. Peut-être est-elle l'œuvre 
d'un de ces élèves du collège constantinopolitain que Philippe-Auguste 
avait institué à Paris au début du xiii® siècle. 

En résumé, nous savons, par M. Berthelot, comment les arts ont pu at- 
teindre au XIII® siècle un si haut degré de perfection. Une fois de plus 
nous constatons que la renaissance du ix® siècle nous conduit sans inter- 
ruption, sinon par un progrès constant, jusqu'au xiii®. En outre, nous 
voyons qu'Aristote, alors même qu'il est le maître le plus vanté, n'est 
pas le seul, car sous son nom et sous bien d'autres, les alchimistes font 
vivre et développent des théories platoniciennes et surtout néoplato- 
niciennes. Enfin et surtout nous arrivons à tenir cette époque pour aussi 
importante dans l'histoire de la science que dans celle de la théologie et 
de la philosophie. Pour toutes ces raisons, M. Berthelot mérite la recon- 
naissance de ceux qui s'intéressent à la marche générale de la civilisation, 
comme de ceux qui s'attachent à l'histoire positive des sciences et de l'eç- 
prit humain. 

F. PiCAVBT. 



Samuel Berger. — Notice sur quelques Textes latins inédits de 
l'Ancien Testament. — Paris, Imprimerie nationale. 1893. In-4o de 
38 p. (Tiré des Notices et Extraits des manuscrits, etc., t. XXXIV, 
2* partie.) 

Au cours de ses recherches sur la Vulgate, M. S. Berger a rencontré 
un certain nombre de textes soit peu connus, soit complètement ignorés, 
de l'Ancien Testament; l'étude des anciennes versions de cette partie de 
la Bible n'a pas encore été poussée assez loin pour que le classement en 
puisse être tenté avec succès ; il y avait donc grand intérêt à signaler ces 
textes, à en déterminer le caractère, à les grouper: c'est ce qu'a fait 
M. B dans le Mémoire dont nous voudrions ici indiquer sommairement 
le contenu. On y trouvera : 

lo Un important fragment du Livre de Ruth, d'après la grande bible 
d'Alcalâ (Codex Complutensis), du ix" ou x® siècle; ce texte est presque 
entièrement nouveau ; 



— 249 — 

2® Un court fragment du Premier Livre des Rois, d'après le ms. 2 
d'Einsiedeln, copié en Bohême au xv® siècle ; 

3° Des fragments de la Première réoision du Livre de Job par saint 
Jérôme, d'après le ms. 11 de Saint-Gall, du viii® siècle, et de la Version 
de ce même livre diaprés les Septante, d'après le ms. 2. 2 de la biblio- 
thèque du chapitre de Tolède, du xi" siècle; 

4<> Des extraits d'un Texte ancien du livre de Job, antérieur à saint 
Jérôme, conservés dans la grande bible de San Isidro de Léon, datée 
de 960. 

50 Des extraits assez importants des Livres de Salomon, d'après 
le ms. de Saint-Gall déjà cité ; 

6' Une série d'observations sur divers livres de TAnci^n Testament, 
principalement le/V® Livre d'Esdras et le Livre d*Esther (des fragments 
d'un texte abrégé de ce dernier livre sont publiés d'après le ms. 356 de 
Lyon) ; 

7° Des fragments des Macchabées, d'après les manuscrits cités plus 
haut d'Alcalâ et de Lyon. 

On jugera aisément, d'après cette analyse, de l'importance de" ce 
travail, qui aurait pu sans difficultés être plus développé, si M. B. avait 
imprimé intégralement certains textes qu'il se borne à signaler; mais ses 
indications ne seront pas perdues pour les savants qui voudraient en 
entreprendre la publication. 

L. AUVRAY. 



Gerold Meyer von Knonau. — Jahrbûcher des deutschen Reiches 
unter Heinrich IV und Heinrich V. Zweitef Band, 1070 bis 1077. 
— Leipzig, Duncker u. Humblot, 1894, in-80, xxi-911 p. 

La collection des Jahrbûcher de l'Empire allemand, publiée par la 
Commission historique de l'Académie des sciences de Miinich, comprend 
maintenant 28 volumes, embrassant l'histoire de TEmpire franc de 714 à 
752, puis les règnes de Pépin, Charlemagne, Louis le Pieux, Louis le 
Germanique, Conrad I, Henri I, Otton le Grand, Henri II, Conrad II, 
Henri III, Henri IV (inachevé), Lothaire de Supplinburg, Conrad III, 
Henri .VI, Philippe de Souabe, Otton IV, Frédéric II (inachevé). Le 
second volume des Annales du règne de Henri IV, dû à M. Meyer von 
Knonau, s'étend de 1070 à 1077. Nous avons déjà signalé le premier 
volume de cette œuvre magistrale. Dans ce second volume sont relatés 
les débuts de la guerre contre les Saxons et les commencements de la 
querelle des Investitures. Le récit s'arrête au printemps de 1077, c'est-à- 
dire avant l'élection de l'anti-roi Rodolfe de Souabe. Les relations entre 
la France et la Germanie furent rares pendant cette période ; en aucun 
autre temps ces deux pays n'ont vécu aussi étrangers l'un à l'autre. La 
fin du xi® siècle fut d'ailleurs au plus haut degré une époque de particu- 
larisme politique. Le seul lien qui rapprochât alors les peuples de l'Oc- 



- 250 — 

cident était celui de la religion; le seul pouvoir qui dominât et maintint 
les autres, le pouvoir pontifical. Un historien qui prétendrait écrire une 
histoire générale du xi® siècle et montrer dans un tableau unique le déve- 
loppement des faits devrait établir à Rome son poste d'observation et 
faire de l'histoire pontificale le centre de son récit. A Tintérieur même 
des royaumes, les grandes seigneuries vivent isolées. Pour la France et 
pour le xi® siècle, les puissances qui relèvent théoriquement de la 
royauté ne gravitent pas autour d'elle, de sorte qu'on ne saurait choisir 
l'histoire des rois de France comme le centre d'une histoire de tout le 
royaume; l'historien en est réduit à retracer successivement les annales 
du domaine royal, du duché d'Aquitaine, du duché de Bourgogne, du 
duché de Normandie, sans pouvoir fondre en un récit unique l'histoire 
de ces grandes unités territoriales. Pour l'Allemagne, il en va un peu 
différemment. Car la lutte des souverains contre leurs feudataires, 
comme aussi la querelle des Investitures ont eu pour résultats de pro- 
voquer des alliances et de former des groupements qui permettent d'em- 
brasser l'histoire politique de l'Allemagne plus facilement qu'on ne sau- 
rait faire celle de la France. 

M. Meyer von Knonau a donc pu, tout en respectant l'ordre chrono- 
logique, présenter un récit suivi des événements survenus en Allemagne 
de 1070 à 1077. Je signalerai particulièrement aux lecteurs français 
l'étude des affaires de Flandre, c'est-à-dire de la lutte qui à la suite de la 
mort de Baudoin VI, en 1070, éclata entre Arnulf et Robert le Frison. 
L'auteur a déployé dans l'analyse et la critique des textes si peu nom- 
breux et souvent contradictoires une finesse remarquable. La guerre 
contre les Saxons a aussi été l'occasion de rapports entre le roi de Germa- 
nie, Henri IV, et le roi de France, Philippe I, du moins si Ton en croit 
le chroniqueur Brunon; car c'est là le seul témoignage qu'on puisse 
invoquer en. faveur de ces relations, qui, au jugement de M. Meyer, n'ont 
existé que dans l'imagination de l'auteur du Liber de Bello Saxonico, 
ou dans celle des Saxons ; il est possible en effet que Brunon se soit fait 
l'écho des bruits qui .couraient en Saxe. Henri IV aurait recherché 
l'alliance de tous les souverains de l'Europe; il n'aurait essuyé que des 
refus ; voilà qui était de nature à flatter l'orgueil de ses ennemis. 

M. Prou. 



C. ËKLART. ~ Origines de l'Architecture gothique en Italie, par 

CE., archiviste paléographe, ancien membre de l'École française de 
Rome. Ouvrage illustré de 34 planches hors texte et de 131 figures. -^ 
Paris, Thorin, 1894, in-8s xii-335 p. 

Aujourd'hui, que personne ne conteste plus l'origine, la nationalité 
française de l'architecture gothique, il est intéressant d'étudier par quelle 
voie cette manière de bâtir s'est répandue dans les pays étrangers, quel y 
a été son succès, comment elle s'y est comportée, jusqu'à quel point elle 



— 251 — 

s'y est acclimatée. C'est le but que M. Camille Enlart s'est proposé, 
pour l'Italie, dans un curieux et substantiel ouvrage. S'il est hors de doute 
que l'architecture gothique vient de France, il ne devient pas moins cer- 
tain, après la lecture du livre de M. Enlart, que ce sont les Cisterciens 
qui en ont été, en Italie, comme presque partout, et notamment en 
Allemagne et dans les pays Scandinaves, les premiers et les principaux 
propagateurs. Mais en Italie, comme ailleurs, ce n'est pas l'architecture 
primitive, pure et féconde, de l'Ile-de-France, que les religieux de 
Cîteaux ont apportée avec eux, mais celle de leur province d'origine, de 
la Bourgogne, et encore modifiée par les habitudes et les règles de leur 
Ordre, qui proscrivaient tout luxe de leurs édifices, même religieux. 

Au début du xiii® siècle, les maçons bourguignons s'étaient encore peu 
assimilé l'architecture gothique, et ils étaient restés fidèles à bien des 
traditions de l'art roman, qui avait été si florissant dans leur pays : de 
là leur lenteur à accepter sans réserve la croisée d'ogives, à employer le 
cintre brisé sans nécessité, à admettre l'utilité des arcs- boutants, de là 
leur attachement aux fenêtres petites et percées à travers des murs pleins, 
aux corniches à modillons, aux piliers carrés ou cunéiformes cantonnés 
de colonnes prises dans le même appareil, la rareté des triforiums, la 
grosseur des moulures, leur exclusion de certains arcs, tels que dou- 
bleaux, grandes arcades, etc. Un peu plus tard, l'architecture bourgui- 
gnonne se distinguera par « l'emploi exclusif de la voûte sur croisée 
d'ogives non bombée, à doubleaux minces, l'application de moulures à 
tous les arcs, les piliers formés de faisceaux de colonnettes souvent indé- 
pendantes, l'usage fréquent des arcs-boutants, des grandes- fenêtres, des 
meneaux, des galeries intérieures passant sur l'appui des fenêtres, et 
extérieures traversant ou surmontant la façade, des" chapiteaux octogones, 
des bases déprimées, des moulures plus menues, plus compliquées et 
beaucoup plus mouvementées, et enfin une certaine extension de l'em- 
ploi de l'arc aigu ». 

La grande et remarquable église cistercienne de Fossanova, au sud des 
marais Pontins, reconstruite de 1187 à 1208, peut passer pour la plus 
ancienne église gothique de l'Italie. Elle est naturellement construite sur 
le plan cistercien avec nef, bas-côtés et transept, sur lequel s'ouvrent un 
chœur de deux travées, à chevet plat, et quatre chapelles également 
carrées* Cette église appartient exclusivement au premier des deux 
types bourguignons, dont elle est un fort beau spécimen. Ici la croisée 
d'ogives est même presque totalement absente, sauf au carré du transept, 
où elle apparaît accompagnée de liernes, tout le reste de l'édifice étant 
voûté d'arêtes. A la même école se rattachent les églises cisterciennes de 
Casamari (province de Rome), de Santa-Maria d'Arbona (Abruzzes), de 
San-Galgano (province de Sienne), un peu postérieures en dates à Fossa- 
nova, et un grand nombre de dérivés. La seconde manière est repré- 
sentée en Italie par un beaucoup plus petit nombre de monuments, dont 
les plus remarquables sont l'église de San-Martino (province de Viterbe), 
les salles capitulaires de Casamari et de Fossanova. 



— 252 — 

D'autres facteurs sont venus, quoique à un degré beaucoup moindre, 
contribuer à l'apport du style gothique en Italie : Jes Chanoines réguliers 
et les Franciscains, d'une part, et de l'autre les princes de la maison 
d'Anjou. 

C'est encore à la Bourgogne que les premiers ont emprunté le style 
de la plupart de leurs monuments, mais dans un esprit notablement 
différent de celui des Cisterciens. On peut citer en ce genre l'église des 
chanoines réguliers du Saint- Sépulcre, à Barletta (Fouille), le plus 
ancien édifice gothique de l'Italie méridionale, et qui diffère du plan 
cistercien principalement par ses trois absides en cul de four s'ouvrant 
directement sur le transept; elle appartient certainement à la première 
période de l'école bourguignonne. A l'école fransciscaine, M. Enlart 
rattache Saint- François et Sainte-Claire d'Assise et leurs dérivés. Un seul 
édifice important révèle dans certaines de ses parties l'influence directe de 
r Ile-de-France et particulièrement des cathédrales de Paris et de Laon, 
c'est l'église Saint- André, élevée à Verceil de 1219 à 1224 par les Cha- 
noines réguliers de Saint- Victor, de Paris : piliers cylindriques, entourés 
de colonnettes, chapiteaux à crochets, chœur à chevet plat percé d'un 
triplet surmonté d'une grande rose et d'arcatures, comme à Laon, preuve 
de plus de la grande vogue dont jouit, au commencement du xiii® siècle, 
cette dernière cathédrale, dont on trouve des imitations si curieuses 
dans celles de Limbourg et de Bamberg, en Allemagne, et dont 
Villard de Honnecourt a dessiné les tours dans son Album. Saint- André 
de Verceil n'est d'ailleurs qu'une imitation souvent mal comprise, et cet 
édifice a gardé dans ses parties essentielles un caractère trop franchement 
italien pour pouvoir être attribué à un maçon français. 

Moins intéressants et beaucoup plus remaniés sont les édifices cons- 
truits par les princes de la maison d'Anjou, et qui ont, pour la plupart, 
pris leurs types dans la Provence et dans le Languedoc. 

Dans les autres édifices, l'influence française, pour être moins essen- 
tielle et moins complète, n'en est pas moins évidente. 

Il ne rentre pas dans le cadre d'un simple compte rendu bibliographique 
de suivre l'auteur à travers les nombreux monuments ou parties de monu- 
ments dont son livre contient les descriptions, monuments dont un grand 
nombre étaient restés jusqu'à présent absolument inconnus et qui consti- 
tuent pour Tauteur de véritables découvertes; ni même dans les intéres- 
sants derniers chapitres, où il indique, non de sentiment, mais avec une 
infinité d'exemples à Tappui, les différents éléments qui ont contribué à 
faire l'architecture gothique en Italie, quelques-uns purement locaux, 
les plus nombreux et les plus importants, d'origine française; ni enfin 
celui, où pour bien montrer tout ce que le gothique italien a reçu de la 
Bourgogne, M. Enlart a nettement établi les caractères généraux de 
l'architecture gothique dans cette dernière province, et qui n'est pas la 
partie la moins neuve ni la moins remarquablement traitée de son ouvrage. 
Trente-quatre planches en phototypie et un grand nombre de figures, 
photographiées ou dessinées pour la plupart par l'auteur, éclairent le 



— 253 — 

texte qui témoigne d'une exubérante érudition, et qui est rédigé avec 
toute la simplicité, toute la clarté et toute la précision qu'exige un 
travail archéologique. Jusqu'à présent on s'était peu occupé de l'archi- 
tecture gothique en Italie, probablement parce que, il faut bien en con- 
venir, il n'y a pas un seul édifice en ce genre dans toute la Péninsule qui 
puisse soutenir la comparaison avec les merveilles architecturales qui 
couvrent notre pays; louvrage de M. Enlart vient donc à point pour 
combler une lacune; disons qu'elle l'a été de main de maître. 

Georges Durand. 



Dr W. VoGE. — Die Anfange dçs Monumentalen Stiles in Mittel- 
alter: eine Untersuchung ùber die erste Blutezeit franzœsi- 
scher Plastik.— Strassburg, Heitz et Miindel (1894, xxi-376 p.). 



M. Voge, après avoir analysé les miniatures fort intéressantes d'un 
groupe de manuscrits allemands du x® et du xi'' siècle, est venu en France 
pour faire une étude sur notre statuaire au moyen âge. Ce qui l'encou- 
rageait à entreprendre ce travail, c'est que notre sculpture monumentale 
n'est pas restée sans influence sur les artistes contemporains de l'Alle- 
magne. 

Dans l'ouvrage qu'il nous donne aujourd'hui, M. V., a étudié la sta- 
tuaire au XII* siècle. Il a choisi pour point de départ les sculptures de la 
façade occidentale de la cathédrale de Chartres, ce qu'on ne saurait désap- 
prouver, car ce portail est en effet le chef-d'œuvre de la première grande 
école de la France du Nord. M. Gonse, clans son livre sur l'art ogival, 
l'a désigné avec raison comme la création la plus primitive de la sculp- 
ture gothique. 

L'auteur n'a pas, comme bien des archéologues l'auraient fait, décrit 
simplement le portail et son iconographie ; il a comparé ces sculptures 
avec les œuvres des autres écoles existant alors sur le sol de la France. 
C'est la première fois qu'on discute d'une manière sérieuse et méthodique 
ce que les écoles du midi de la France ont donné, qu'on cherche à 
analyser leurs œuvres et leur influence sur l'éclosion du groupe si impor- 
tant du Nord. C'est la première étude scientifique sur la r/enèse de la 
statuaire monumentale en France. 

Le travail de M. V. est d'un archéologue enthousiaste de son sujet, 
qui aime notre patrie, qui en comprend la haute influence pendanthi 
seconde partie du moyen âge. Sa préface même en est la preuve. L'étude 
de la nai^ance du style médiéval doit être, de son aveu, faite en France. 
C'est là qu'est son centre, et le rôle universel de la patrie des Capétiens 
aux xii»^ et xni<^ siècles a été ce que sera plus tard celui de l'Italie aux 
XV* et xvi° siècles. 

Il y a dans cette étude trois parties bien distinctes. La. première est 
consacrée à la naissance de la statuaire de Chartres ; dans la deuxième, 
l'auteur nous donne l'histoire de la grande école du Nord, enfin la 



— 254 — 

troisième comprend des observations importantes sur le style médiéval. 
Exposons la thèse de M. V., nous excusant de laisser dans l'ombre bien 
des points qui intéresseraient nos lecteurs. 

L'église de Chartres est, d'après ce qui nous reste des monuments du 
nord de la France, la première tentative de décorer la façade d'une série 
ininterrompue de statues en grandeur naturelle. Les portails à colonnes 
ne demandaient pas dans leur dessin archi tectonique, à la fois sévère et 
logique, ce large développement de la statuaire. Cette juxtaposition, ou 
pour mieux dire ce placage, est due certainement à une influence étran- 
gère. Ce motif décoratif accepté par les artistes du Nord, transformé par 
eux en un style tout particulier, caractérisera bientôt toute une époque. 
Dans quelle région ont-ils pu trouver sur les façades ou sur les piliers des 
cloîtres la conception de cette série de figures en grandeur naturelle ? En 
d'autres termes, quels sont donc les ancêtres de ces rois de Juda qui 
décorent les portails de l'église de Chartres? Pour répondre à cette ques- 
tion si importante, il était nécessaire à M. V. de parcourir les différentes 
écoles romanes qui florissaient alors en Gaule. C'est vers le Midi que le 
regard de l'auteur dut fatalement se diriger. C'est là qu'il trouva des 
ateliers déjà prospères, la continuation d'un art antique depuis peu re- 
trouvé. Dans cette partie de la France si peu germanisée, où la colonisa- 
tion wisigothique fut bien vite absorbée par les éléments indigènes, le 
sang des ancêtres coulait presque pur dans les veines de l'artiste. L'in- 
fluence des traditions antiques, l'étude attentive des monuments, soit des 
temps romains, soit de Tépoque des premiers siècles chrétiens, ont con- 
tribué à ressusciter dans ces contrées la grande sculpture, le bas-relief. 
Suivons donc M. V. à travers ses pérégrinations et nous ne tarderons 
pas à reconnaître comme lui que l'école de Provence était seule capable 
de donner aux artistes l'idée de placer de grandes statues sur les façades 
des églises. M. V. rejette avec droit l'influence de Toulouse, et l'auteur 
remarque au contraire qu'on trouve plus tard, à Moissac et à Toulouse, 
l'influence de l'atelier de Chartres qui transforme le style primitif de la 
statuaire toulousaine. 

L'analyse de l'école de Provence est du plus haut intérêt. M. V. étudie 
minutieusement les sculptures du cloître de Saint-Trophime, les travées 
ùc XII* siècle: il les juge en partie bien antérieures au porche de l'églfse 
et faites par un artiste relativement supérieur à ceux des portes. Cet art à 
la fois plus vivant et plus beau a eu, à ce que fait voir M. V., une grande 
influence en Provence. Le chapitre consacré à l'étude de l'atelier pro- 
vençal est très important; il montre la survie des traditions antiques \ 
l'influence de l'art chrétien primitif, des sarcophages que nous possédons 

1. M. V. détermine dans un ebapitre fort curieux les éléments nombreux qui 
ont contribué à la formation de l'école de Provence. La copie des marbres anti- 
ques, surtout des stôles, est incontestable. L'auteur a trouvé sur un des sarcopbages 
encore existants la pose que l'artiste a copiée. Intéressantes sont donc ces études 
minutieuses qui nous permettent à de si longues distances de voir ce qui a fait 
radmiration des artistes. 



— 255 — 

dûcore. Les stèles nombreuses ont inspiré les artiste?, laïques ou clercs. 
La résurrection de l'antique était même dans cette partie de la France 
une fatalité historique ; partout les débris y étaient nombreux, au milieu 
d'une population restée avant tout gallo-romaine. Soyons donc indulgents 
pour ces artistes qui ont retrouvé à cette époque encore grossière l'art 
ancien et qui l'ont copié dans les chapiteaux, dans les sculptures, avec une 
imitation parfois même servile. 

Toute cette première partie est à lire avec soin ; pour l'érudit, c'est 
un petit chef-d'œuvre de méthode et de critique. Tout y est vu à travers 
les yeux d'un artiste pour qui le style des sculptures parle autant qu'une 
date, qu'une chronologie bien fixée. Ce n'est pas avec légèreté que M. V. 
dit que les sculptures de Provence ont été étudiées par les artistes du 
Nord, car nous avons des deux côtés le même programme plastique, c'est- 
à-dire une série de figures en grandeur naturelle sur les porches de la 
façade, au-dessus d'eux une frise avec de petites scènes bibliques, enfin 
les mêmes motifs des tympans. Si l'on étudie plus attentivement ces 
statues et ces tympans, on est surpris des nombreuses ressemblances 
de détails; on retrouve piême presque toutes les figures de Chartres sur 
les monuments de la Provence. Ce qui est incontestable, c'est qu'il y a 
ici des relations. Cette parenté, mise en lumière par M. V. à l'aide de nom- 
breuses gravures, ne peut pas être attribuée au simple hasard. Et il ne 
s'agit pas ici d'analogies iconographiques, mais bien de relations histo- 
riques, puisque les statues de Chartres représentent les rois de Juda et 
que les grands bas-reliefs d'Arles et de Saint- Romans reproduisent les 
Apôtres. 

La généalogie de l'artdu Nord donnée par M. V. me paraît excellente; 
elle est même dans la logique des faits, car on ne peut invoquer ni 
l'école de Toulouse ni celle de Bourgogne. Ces ateliers n'ont rien à voir 
ici. L'objection même qu'on pourra soulever de la décadence rapide de 
récole d'Arles n'a point d'importance, M. V.est le premier à la proclamer. 
Toute la question revient à ceci : Les artistes du Nord, en s'inspirant de 
cette école en décadence, n'ont-ils pu en tirer un art original? Et M. V. 
nous donne lui-même l'analyse complète de cette originalité. Il peut même 
nous dire avec une clarté presque absolue, par une étude approfondie des 
modèles immédiats dont les artistes du Nord se sont inspirés, ce qu'ils y 
ont ajouté, d'après quels points de vue il les ont transformés et rajeunis. 
Et c'est justement cette étude qui fait pour ainsi dire la seconde partie de 
sa thèse. 

Le point de vue de cette seconde partie est tout à fait nouveau. Ce qui 
jusqu'ici avait peut être empêché les archéologues d'entrevoir les nom- 
breux liens qui existaient entre lés deux grandes écoles, c'étaient des diffé- 
rences de style incontestables. Mais M. V. nous montre comment le style 
de Chartres devait nécessairement se développer de lui-même. La statuaire 
du Nord est beaucoup plus intimement liée avec l'architecture. Tandis 
que sur les façades provençales, la sculpture figurale se développe 
comme sur les monuments antiques, plus librement encadrée seulement 



— 256 — 

par les membres architectoniques, sur celles du Nord la sculptiue 
monumentale est mise en contact avec la construction. De ces granà 
bas-reliefs du Midi on forme au Nord des statues à colonnes, de ces frises 
on fait des séries de chapiteaux, mis à côté l'un de l'autre. C'est ce chan- 
gement du principe de la décoration qui comportait avec lui le changement 
du style. Nous ne saurions trop insister. Ce hiératisme, cette « raideur i, 
cette grandeur excessive qui nous frappent à Chartres ne sont pas venus 
auxartistes du dehors: ce hiératisme est tout au contraire la création origi- 
naledu genre médiéval. Les quelques pages consacrées par M V.à l'ana- 
lyse de ce style sévère, à la foisplein de jeunesseetde promesses, sont peut- 
être les meilleures de cette première partie. L'auteur nous introduit dans 
l'atelier de ces artistes, il nous fait voir la logique « tout à fait française 
de leur esprit », la finesse deleurmain. Il nous dit sousquels points de vue 
ils ont étudié la nature. Le caractère éminemment français de cet art est 
ici démontré d'une manière incontestable. Et ce qui nous semble parti- 
culièrement important, c'est que les créateurs de ce mouvement artistique 
étaient déjà des artistes Idques. M. V. nous prouve dans un des cha- 
pitres de la deuxième partie, d'après tout ce qui nous reste d'inscriptions 
et de sources historiques, le bien fondé de cette affirmation. 

La thèse de M.V. fatalement vraie aurait besoin, aux yeux des archéo- 
logues fort sévères, de preuves chronologiques. Il serait nécessaire de 
nous prouver l'antériorité de la façade de Saint-Trophime. Il aurait fallu 
nous montrer que l'atelier provençal était en complète floraison et que son 
influence s'avançait vers le Nord. M. V. a établi quelques chaînons qui 
relient les deux ateliers, mais aux yeux des historiens de l'art, cela pourra 
ne pas suffire. Quand l'auteur s'est demandé si le portail d'Arles était 
antérieur, nous avouons notre illusion qu'il allait nous prouver la priorité 
des sculptures de Saint-Trophime. Vains efforts I M. V. a parcouru les 
archives du département des Bouches-du- Rhône pour chercher à dater 
la basilique et n'a pu rien trouver de positif. Comme il le déclare, du 
reste, il n'a pu arriver d'après des sources écrites à une chronologie bien 
sûre de nos deux portails. M V. ne peut donc s'appuyer sur les dates de 
la façade de Saint-Trophime pour prouver sa thèse; c'est surtout le 
premier atelier d'Arles, ce sont les artistes qui ont construit les travées 
du cloître qui fournissent une base assez sûre à sa thèse. L'auteur montre 
avec beaucoup de talent les différents fils qui unissaient cet atelier avec 
celui de Chartres, et partant sa relation directe avec les deux façades. Des 
deux côtés la source est la même. Cependant M. V. est loin de croire 
qu'un courant d'art si puissant et aussi étendu que celui de l'école de 
Chartres n'ait eu qu'une seule source. Il est sûr que ces sculpteurs ont 
emprunté un grand nombre demotifs, par exemple ceux des archivoltes et 
une partie des motifs purement décoratifs, à la peinture ornementale 
florissant depuis longtemps sur le sol même. Il y aurait une belle étude 
à faire sur les relations entre la peinture monumentale et la sculpture 
polychrome du moyen âge. M.V. montre encore dans un chapitre spécial 
qu'il y avait très probablement des influences secondaires de l'école de 



— 257 — 

Toulouse et de Moissac. Il fait même venir de Chartres celles qu'il consl 
tate à Saint-Denis, dans l'église de Suger. Dans un autre chapitre, i- 
étudie ce que l'école de Bourgogne pourrait avoir donné au Nord. 

Le chapitre le plus important de la deuxième partie est la description 
des sculptures delà façade^ La méthode employée par M. V: est encore 
nouvelle. Tous ceux qui, en France, s'étaient occupés de l'histoire de la 
sculpture avaient analysé les œuvres, sans souci des divers artistes qui 
avaient pu les créer. L'auteur cherche au contraire à distinguer les ar- 
tistes différents auxquels sont dues les œuvres du portail. Il attribue à 
plusieurs maîtres les œuvres de la façade, parmi lesquels un surtout 
domine tous les autres. C'est celui qui a sculpté le portail central et qui 
a fait la figure d'ange placée sur le clocher. Deux autres sculpteurs moins 
habiles ont travaillé aux portes des bas-côtés. L'artiste du portail degauche 
montre particulièrement des différences de style remarquables. M. V. 
nous fait voir des ouvrages du même atelier à Étampes età Châteaudun. 
Enfin un quatrième sculpteur, un des plus intéressants, nous a donné 
les scènes qui garnissent les archivoltes. Les sculptures qu'il nous donne 
prouvent un artiste plein de charme et d'élégance. Quelques parties des 
tympans latéraux sont aussi de sa main. Son activité et ses œuvres sont, 
on le voit, aussi importantes que celles du maître du portail principal. 

Ces artistes n'étaient pas contraints à rester sur les terres des évêchés 
ou des abbayes; ils étaient appelés sur d'auti-es seigneuries, recomman- 
dés par les œuvres déjà produites, par l'habileté déjà montrée. M. V. 
croit que l'artiste qui a sculpté les figures des archivoltes a travaillé à 
Paris, et il reconnaît sa main dans la Vierge de la porte Sainte-Anne de 
Notre-Dame. Ce sont les mêmes plis, les mêmes cannelures, les mêmes 
bordures aux vêtements, que chez les vieillards du portail de Chartres 
et chez la Madone. Nous devons employer ici la plus grande prudence. 
Les historiens de l'art sont entraînés à reconnaître des ressemblances ou 
des similitudes qui ne sont le plus souvent que le faire conventionnel, 
le style d'un art ou d'une époque. Ces ressemblances même sont souvent 
dues à des influences d'ateliers qui avaient un faire assez uniforme. M. V. 
consacre une longue discussion à cette sculpture. On sait que la division 
en trois parties de la façade est due au xiii« siècle et que cette porte 
Sainte-Anne appartient pour la plus grande partie au xii®. I^'auteur croit 
pouvoir affirmer contre VioUet le Duc que les sculptures de la porte 
appartiennent aux nouvelles constructions et que l'artiste de Chartres 
n'a pu y travailler qu'après 1160. 



1. Nous ne pouvons discuter ici la thèse M. V. au sujet du portrait au 
XII® siècle, qu'il nie contre Viollet le Duc. Nous croyons pourtant comme lui 
que les artistes avaient créé des types qu'ils reproduisaient. Cela est vrai aux 
époques même assez avancées. L'auteur ne peut admettre avec Viollet le Duc 
l'imitation des vêtements de l'époque : daus sa description iconographique, il 
prétend que la scène sculptée sur le portail de gauche indique l'Ascension de 
Jésus-Christ. Nous y voyous au contraire la première ébauche du Jugement der- 
nier. Les artistes ont seulement représenté une partie du cieL 



— 258 — 

Les derniers chapitresdelasecondepartie sont consacrés à la propagation 
du style de l'atelier de Chartres. M . V. réussit à nous prouver que c'est 
Chartres et non Paris ou Téglise de Suger qui était le berceau de cette 
première école de la sculpture française. Il suit alors pas à pas lesa^ 
tistes chartrains, il les retrouve à la façade sud de la cathédrale du Mans, 
il nous indique la main de ces maîtres sur les sculptures du cloître de 
Tabbaye de Saint-Denis, au portail de Saint-Germain-des-Prés, à Pro- 
vins, à Saint-Loup-de-Naud, etc. Le style s'améliore, un arrangement 
mieux étudié des sculptures dans le cadre architectural se fait voir. Cette 
amélioration réelle et manifeste se fait sentir à mesure qu'on s'avance. 
Cela devait être. Souvenons-nous que nous avons à Chartres le pre- 
mier emploi de la décoration figurée sur les façades des églises septen- 
trionales. Les artistes ne pouvaient pas du premier coup arrivera une 
entière perfection. Ces petites dissertations, savantes, documentées pour 
montrer l'extension du style chartrain forment un des chapitres les plus 
intéressants du livre. 

La troisième partie, la dernière de l'ouvrage, est aussi très originale. 
M. V. a cherché à caractériser la plastique médiévale et a établi ce qui 
la distingue de celles des temps antiques et modernes. C'est pour l'auteur 
son union très étroite avec l'architecture, sa soumission complète à cette 
branche de l'art. L'action despotique qu'elle avait sur la statuaire a 
empêché son complet développement. La sculpture est restée toujours la 
fille soumise, la cadette, et l'artiste lui-même se voit dans ses conceptions 
limité et emprisonné dans le bloc de pierre que l'architecte lui donne. 

On le voit, le livre de M. V. est un livre du plus haut intérêt ; il dé- 
crit l'histoire de la sculpture du xii« siècle en France, il recule le déve- 
loppement plastique des écoles primitives, il nous prouve l'originalité 
si profonde et si grande des œuvres du ixii®, et là où des archéologues 
n'avaient vu que hiératisme et byzantinisme, il faut aujourd'hui recon- 
naître avec lui le premier essai, superbe, magnifique, d'une école septen- 
trionale qui plus tard produira les belles œuvres du xm® siècle. 

A. Marignan. 



Adolf KolseU. — Guiraut von Bornelh, der Meister der Troba- 
dors. Erster Teil. — Berlin, C. Vogt, 1894, in-8^ 67 p. (Thèse de 
doctorat). 

La dissertation de M. Kolsen est extraite d'un travail plus étendu qui 
ne tardera pas à paraître sous le même titre, et qui formera le premier 
fascicule de la série romane des « Berliner Beilràge zur Germanischen 
und Romanischen Philologie » publiés par le docteur Emil Ebering. 
L^ouvrage complet ne consistera pas, comme le titre semble l'indiquer, 
en une étude d'ensemble sur la vie et les œuvres de Guiraut de Bornelh; 
il contiendra seulement l'examen détaillé d'une demi-douzaine des nom- 
^reuses^poésies du « maître des Troubadours » avec^le texte [critique et la 



— 259 — 

traduction allemande de ces poésies ainsi que des notes lexicographiques 
et autres. La partie imprimée comme dissertation ne comprend qu'un 
aTcrtissement (p. 5 10), une introduction (p. 10-15) etTexamen des trois 
tensons de Guirauide Bornelh (p. 15-63). C'est là un sujet fort restreint, 
mais on entrevoit d'avance que s'il est bien étudié la peine de l'auteur 
pourra n'avoir pas été inutile. 

Dans son avertissement M. Kolsen se plaint du peu d'attention qu'ont 
accordé les provençalisants modernes à celui que ses contemporains 
appelaient du nom pompeux de a maître des Troubadours », et il cons- 
tate avec amertume qu'on ne nous a pas donné encore d'édition critique 
des poésies de Guiraut de Bornelh, tandis que bien des troubadours de 
moindre importance ont déjà trouvé d'excellents éditeurs. L'auteur 
soumet ensuite à une re vision détaillée (p. 11-14) la liste des poésies de 
Guiraut donnée par Bartsch (Grundriss, tï9 242) ; de cette*liste il élimine 
quelques pièces, en ajoute d'autres, et arrive à un total de 80 poésies de 
Guiraut de Bornelb conservées jusqu'à nos jourà. Les trois poésies dont 
M. Kolsen s'occupe plus particulièrement (Bartsch, Grundriss, n^s 242, 
14; 242, 22; 242, 69) sont-elles de véritables tensons? L'auteur se pro- 
nonce pour l'affirmative après avoir discuté la question avec une insis- 
tance qui nous semble exagérée. En effet nous trouvons qu'il importe peu 
de savoir si ces poésies rentrent exactement, oui ou non, dans une dé- 
finition qui, loin d'être primitive, n'a été fixée que de nos jours et a 
posteriori; le nom, ici, ne fait pas grand'chose à l'affaire. Le minutieux 
examen auquel M. Kolsen a soumis les trois poésies en question lui a 
permis de les dater assez exactement et de mettre en relief quelques faits 
qui ne sont pas sans importance pour la biographie du poète; mais il est 
clair que, ayant resserré son sujet dans des limites aussi étroites, il ne 
pouvait pas arriver à des conclusions d'un caractère plus général. Nous 
aimons à croire que M. Kolsen ne s'arrêtera pas en si bon chemin et que, 
étendant ses études aux autres poésies de Guiraut de Bornelh, il nous 
donnera bientôt, comme il le laisse entendre à la page 8, une étude 
complète sur la vie et les œuvres du « maître des Troubadours ». 

C. BOSER. 

D^ Siegfried Rietschel. — Die Givitas auf deutschem Boden bis 
zum Ausg^ange der Karolingerzeit. - Leipzig, Veit ûndC, 1894, 
in-8^ 102 p. 

Cette dissertation n'apporte rien de bien nouveau sur l'organisation des 
villes allemandes à l'époque carolingienne. Elle a cependant un mérite, 
celui de résumer clairement les travaux antérieurs. Les trente neuf 
premières pages ne sont en quelque sorte qu'une préface consacrée à la 
cité romaine, à la cité mérovingienne et à la cité allemande avant le 
viiie siècle. Il importe aussi de remarquer que tout ce préambule n'est 
pas tant une étude juridique, comme on pourrait s'y attendre, puisque le 
présent mémoire est une di^aertation doctorale présentée à la Faculté de 



— aeo — 

droit de Leipzig, qa*une étade de lexicographie et de géographie histo- 
rique. Le but spécial de M. Rietschel, et qui constitue l'originalité de 
son travail, est d'établir (contre Hellwig et Damas qui ont transformé 
en villes toutes les localités de la région allemande, qualifiées dans les 
textes, fût-ce même dans un seul texte, cioitas ou urhs) que les seules 
villes qui aient été régulièrement et ordinairement désignées sous le 
nom de civitas ou ùrbs sont les anciennes cités romaines ou les 
castra devenus sièges épiscopaux dès l'époque mérovingienne. Regens- 
burg fait exception ; ce n'est pas une ancienne civitas, ce n'était pas 
davantage un évèché avant le vni« siècle, mais cette ville se trouvait 
dans une situation politique particalière ; elle fut la capitale de la 
Bavière sous les Agilulfingues qui y faisaient leur résidence habituelle. 
Quant aux villes où des évéchés ne furent établis que par Boniface, au 
viii« siècle, ou après lui, elles n'ont été qualifiées civitas ou urbs 
qu'exceptionnellement; elles ont gardé leurs désignations originelles de 
castrum, casiellum, villa, vicus. De plus si des castra qui n'ont jamais 
eu d'évêque sont appelés parfois civitas, c'est que ce mot avait été pris 
aussi bien que castrum, comme synonyme du mot germanique burg. 
Bedense castrum correspondait à Bitburg; mais Regina civitas et 
Augusta civitas étaient les désignations latines de Regensburg et 
Augsburg. Parmi les chapitres qui suivent et qui sont consacrés à l'or- 
ganisation administrative et juridique de la cité, nous signalerons 
spécialement celui dans lequel l'auteur combat la thèse de Nitzsch, 
reprise par Sohm, d'après laquelle les marchés furent le plus souvent 
établis à côté et en dehors des villes. 

M. Prou. 



CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE 



A signaler le premier volume du Cartulaire général des Hospitaliers de Jéru- 
salem 1100-1310), publication entreprise par M. J. Delaville Le Roulx et qui ne 
comprendra pas moins de quatre volumes grand in-folio. (Paris, 'Leroux, 100 fr. 
chaque volume.) 

Des trois périodes, — Terre-Sainte, Rhodes et Malte, - entre lesquelles se divise 
l'histoire de l'Ordre de l'Hôpital, l'auteur n'a envisagé ici que la première, et s'est 
efforcé de composer ce Cartulaire Général avec les documents recueillis dans les 
dépôts d'Archives et les Bibliothèques de toute l'Europe. La préparation de Touvrage. 
qui a coûté près de vingt ans de recherches, a porté sur plus de 200 dépôts de 
documents ; c'est dire d'un mot l'intérêt en quelque sorte universel qu'il présente. 
Si le recueil intéresse surtout l'Ordre et la Terre-Sainte, il renferme aussi nombre 
de pièces capitales pour l'histoire générale, la chronologie, la diplomatique. 
L'auteur, en effet, y a compris non seulement tous les actes émanant des digni- 
taires de l'Hôpital, mais encore tous ceux qui ont été délivrés en faveur des 

lospjtaliers par les papes, empereurs, rois, princes et personnages titrés de 



— 261 — 

l'Europe. Les bulles pontificales inédites; les chartes inconnues des empereurs 
d'Allemagne, des rois de France, d'Aragon, d'Angleterre, de Navarre, de Bohême, 
de Hongrie, etc., se chiffrent par centaines; chaque pays, chaque province sont 
largement représentés dans cette publication. L'introduction mérite une mention 
spéciale. L'auteur y a condensé, sur les Archives et Bibliothèques qu'il a visitées 
pour établir son Cartulaire Général, une foule d'indications techniques appelées à 
rendre service à tous les érudits. Si celles-ci sont, le plus souvent, spéciales aux 
Hospitaliers, M. D. Le R. signale aussi, toutes les fois que l'occasion s'en présente, 
les particularités qui peuvent fournir des éléments à l'histoire générale. Plusieurs 
dépôts même, qui ont été mis à contribution, étaient absolument inconnus jusqu'ici 
(Archives de Sigena, de S. Gervasio de Cassolas, du grand prieuré de Bohême à 
Prague). 

Le premier volume du Cartulaire Général^ qui vient de paraître, s'étend de 
1100 à 1200. L'ouvrage étant absolument terminé, les autres suivront à bref délai- 
Une table générale onomastique, — qui sera un répertoire considérable des noms 
de personnes et de lieux du moyen âge, — terminera la publication. 

Vient de paraître à la librairie Colin la sixième livraison de V Album historique 
publié par M. A. Parmentier, sous la direction de M. Ernest Lavisse. On y trouvera 
le tableau de la civilisation carolingienne, 



NUMISMATIQUE 



Annuaire de la Société française de Numismatique, 1893. — P. 5-21 . 
R. Vallentin, Delà réception des filles des compagnons à la monnaie d'Acignon, 
— P. 37-49. C. Farcinet, Les identifications géographiques des monnaies mérocin- 
giennes et le Catalogue de la Bibliothèque Nationale. — P. 58-60. Trouvailles de 
monnaies.— P. 79-114, 227-267, 277-328, 357-420. R. Serrure, Essai de numisma- 
tique luxembourgeoise. (Monographie très intéressante par le nombre considérable 
de documents d'archives publiés.) — P. 129-144. M. de Marcheville, Restitution 
auœ éoêques d*Utrecht du gros tournois à la légende Sanctus Martinus, (Article 
très important ; car l'on a vu dans cette monnaie qu'on attribuait à Saint-Martin-de- 
Toursle prototype des gros tournois d'argent, tandis que ce n'est au contraire qu'une 
copie du tournois faite dans l'atelier desévêquesd'Utrecht.) — P. 179-182. Comte 
de Castellane, Un gros tournois de Charles de Luxembourg empereur, (La 
découverte par M. de C. d'un gros tournois à la légende Kharolus imp. démontre 
que les gros tournois avec Kharolus rcx ont été justement attribués, par 
M. de Marcheville, à Charles de Luxembourg.) — P. 213-216. D^ Farge. Deniers 
de Gien au monogramme Fulco. — P. 268-273. Comte de Castellane, Les 
royaux d'or de Charles Vil d*après les documents officiels. (Documents relatifs au 
royal d'or créé en octobre 1429 et fabriqué jusqu'en octobre 1435.) — P. 274-275. 
Nécrologie. A Heiss. — P. 329-332. Comte de Castellane, Le double d'or 
au nom de Charles VI d'aprè.^ les documents officiels. — P. 341-356. Caron, 
Répertoire chronologique des principales troucailles intéressant la numisma- 



- 262 — 

tique française enfouies sous le règne des quatre premiers Capétiens. — P. 421- 
445, R. V'^aUeoUn, Lea monnaies de Louis l d^ Anjou frappées à Avignon, (Louis 
d'Anjoa obtint de Clément VU en mars 138â la fayeur de t>attre monnaie dans 
râtelier ps^pal. M. V. publie le texte de Tordonnance fixant les espèces qui seront 
frappées. Il donne la description des monnaies de Louis d*Anjou jusqu'ici retrou- 
Yée».}— F. 445-447. A. Oreschnikov, Sceau de plomb ilu XIII* siècle au nom du 
métropolitain Cyrille, — F. 451-452. Nécrologie. François Rabut. 

Bulletin de numismatique, £' vol., 1'* à 6' li\Taisons ijanvier-nov. 1893.) 
— P. 1-13. R. Serrure, Numismatique de l'ancien enmtè de Chiny. — P. 45-47. 
R. Vallentin, Signification de la légende bi-linéaire de quelques doubles deniers 
pontificauas frapfiés à Acignon (il s*agit des quatre P. gravés dans le champ et qui 
d'après M. R. signifient pa/Ki.) — P. 64-fô. R. Sernire, L'atelier cTIcoije [Cari- 
gnan) sous Wenceslas l,dunde Lweembourg. — P. 78^. R. Serrure, Jetons et 
méreaux inédits des Pays-Bas méridionaux. 

The nnmjgmatic Ghronicle. 1893. — P. 26-35. H. Montagu, On a find of 
coins at Fischenicli near Cologne. (Avec des observations sur des imitations 
flamandes des nobles anglais.) — P. 36-39. John Evans, Find of coins at Nesbo. 
Norœay. (Monnaies anglo-saxonnes des x et xi' siècles, monnaie de Jaroslaw de 
Kiev.) — P. 40-45. Lawrence, Coinage of yEthelbald. — P. 46-59. Du même, 
Silcer coins of Edward III. — P. 129-144. A. E. P., The coinage ofthe norman 
kings. — P. 220-227. John Evans, A new saxon mint, Weardbyrig. — P. 259- 
266. Howortb, Some early gold coins struck in Britain. (Triens du vu* ou 
viii« siècle.) — P. 267-272. Grantley, On a unique styca of Alchred of Northumbria 
and archbishop Ecgberht. — P. 273-281. Parkes Weber, Richard^ earl ofCornwal^ 
and his coins as king ofthe Romans (1257-1271.) 

Numismatische jZeitschrilt. XXV* vol. (1893.) — Rien pour le moyen 
âge. 

Revue belge de numismatique, 49* année. 1893. — P. 38-40 A. de Witte, 
Une monnaie belge de convention du commencement du XI* siècle. (Avec les noms 
de Godefridius et Lanhertus.) — P. 41 à 60, 134-167. Th. M. Roest, Essai de 
classification des monnaies du comtés puis duché de Gueldre (6* et 7* art.). — 
P. 61-75. C.-F. Trachsel, Philibert II, duc de Saooie (1497-1504). Liste monogra^ 
phiijue de :fes monnaies et de ses médailles. — P. 76-82. E. Vandcr Straeten, 
La maille auflenardaise . — P. 100-106. Nécrologie. Taillebois^ Dancoisne, 
Ch.'M. Maus. — P. 125-133. Vte B. de Jonghe, Un demi-gros à Vaigle frappé par 
Henri V, comU de Salm inférieur (1297-1306). — P. 222-226. Nécrologie. Jacob, 
Dirks. — P. 263-278. Ph. de Saxe-Cobourg, Curiosités orientales de mon cabinet 
numismatique. — P. 279-343, 431-458. P. Bordeaux, Les monnaies de Trèces 
pendant la période carolingienne. (Attribue à Trêves les deniers de Pépin à la 
légende Trefer. Fait remonter à Pépin l'apparition du demi -denier ou obole dans 
le monnayage français.) — P. 350-363. Ch. Cocheteux, De Vutilité de rechercher la 
contenance en argent des monnaies du moyen âge. — P. 364-373. C.-F. Trachsel, 
Étude comparatice sur la liore toulousaine et ses subdivisions aux XIII* et 
"^V* siècles. (De la pesée de divers poids du xiii* siècle, il résulte que la livre de 
iouse, eu 1239, équivalait au moins à 397 grammes; elle se divisait en 16 onces.) 



— 263 — 

— P. 423-430. G. Cumont, Monnaies découvertes dans les cimetières francs du 
Cor bois près Rochefort et Sur-le-Mont, à Epraoe. (Province de Namur.) — P. 459. 
481. F. Alvin, Étude de numismatique luxembourgeoise (Cf. Moyen Age). — 
P. 517-524. A. de Witte, Poids de marchandises des anciennes Proeinces 
Belgiques. —P. 525-529. Nécrologie. A. Heiss, l'abbé Habets, A.- A. Looijen. 

Revue numismatique. 3« sér., t. XI. 1893. — P. 78-84. O. Vauvillé, Monnaies 
de Soissons. (Tiers de sol mérovingien au nom de Téglise de Saint-Médard, 
deniers et oboles du xii« siècle.) — P. 84-110. H. de la Tour, Pietro da Milano, 
(Sculpteur et médailleur de la fin du xv« siècle; a travaillé pour le roi René.) — 
P. 111-113. Trouvailles de monnaies. — P. 117. Nécrologie. Emile Taillebois. — 
P. 190-193. M. Prou, Tiers de sou de Dunoderu. (Recherche l'ôtymologie de 
Dunoderum,) — P. 194-225. A. Richard, Obseroations sur les mines d'argent et 
l'atelier de Melle sous les Carolingiens. (Soutient la thèse suivante : 1* L'atelier 
monétaire de Melle n'existait pas sous Charle magne [ce qui est très contestable; 
car à quel atelier attribuera-t-on les deniers de Charlemagne portant le nom de 
lieu Medolus? M. R. admet lui-même l'identité de Medolum eiXMetallum\. L'argent 
provenant des mines de cette localité, qui étaient d^jà en exploitation à ce 
moment, a servi à fabriquer d*abord les pièces portant la légende Eœ métallo nooo 
et plus tard les monnaies palatines; 2" Louis le Débonnaire. a ouvert l'atelier de 
Melle qui a émis sous ce prince des pièces de monnaie de divers types avec la 
légende Metallum; 3» Charles le Chauve a commencé par suivre les errements de 
son père en frappant des pièces à là légende Metallum^ puis il a continué le type 
au monogramme imaginé par son neveu Pépin II avec la légende Metullo [c'est 
bien plutôt Pépin II qui a imité le type de Charles le Chauve] ; 4» L'émission des 
pièces au nom de Charles le Chauve à la légende Metullo a été continuée après 
sa mort par les comtes de Poitou.) — P. 290-294. Nécrologie. L. Danscoisne, Charles 
de Rosières. E. Sœtbeèr, J. Dirtks. — P. 343-352. P. Casanova, Monnaies des 
Assassins de Perse. — P. 352-357. Maxe-Werly, Monnaies mérooingiennes à la 
légende Bainission, (Il s*agit des tiers de sol frappés à Biuson ) — P. 358-384. 
M. de Vienne, Résumé historique de la monnaie espagnole. — P. 417-424. Nécro- 
logie. A. HeisSy Et. Rénamier. — P. 459-473. M. Prou, Monnaies mérooingiennes; 
recueil de dessins donné à la Bibliothèque Nationale par M. A. de Barthélémy. 
(Disserte sur la scola palatina et adopte l'opinion de M. Brunner, qui identifie la 
scola avec le corps des antrustions; montre que cependant scola est quelquefois 
synonyme de palatium. Donne la liste des diverses formefs du nom de Clovis dans 
les légendes monétaires.) — P. 474-493. M. Deloche, De la signification des mots 
pax et honor aur les monnaies béarnaises et du S barré sur des Jetons de 
soucerains du Béarn. (Honor Forças est l'afiBruiation du droit des vicomtes de 
Béarn aux fourches patibulaires. Pax indique que la paix sociale est assurée sur le 
domaine des vicomtes. Voyez une interprétation différente des mots pax et honor dans 
Le Moyen A//<?1893.) — P. 490-509. M. de Marcheville, Le denier de Sainte-Marie 
au nom du roi Robert. (Rectifie la lecture des légendes de cette monnaie; 
démontre qu'elle n'a pas été frappée au Puy; s'efforce d'identifier Sancta Maria 
avec l'atelier de Sancta Maria in Bosco près de Mâcon, aujourd'hui Le Bois- 
Sainle-Marie, atelier mentionné dans des arrêts du Parlement du xiii» siècle [mais 
desquels il semble résulter que cet atelier a été établi temporairement po**" 



— 264 — 

remplacer celui de Màcon ; mieux vaut chercher dans Sancta Maria le nom d'une 
église].) — F. 510-516. F. Casanova, Monnaie du chef des Zendj, {264 Hég. = 
877-878.) 

Revue suisse de numismatique, 1893. —P. 171-181. J. May or, Contribution 
à la sigillographie de l'ancien diocèse de Lausanne. — P. 182-193. R. Vallentin, 
Le seigneuriage auso ateliers pontiflcauœ de Sorgues, d'Aoignon et de Carpentras, 

— P. 257-284. R. Vallentin, Les manuscrits de VAoignonnais Gaucher Blégier^ 
(Notes relatives aux monnaies qui avaient cours en 1511 à Avignon.) — P. 291-339. 
D' Ladé, Le Trésor du Pas-de-V Echelle. (Deniers genevois du xi* siècle, la plupart 
au nom de l'ôvêque Frédéric.) —P. 340-344. J. May or. Contribution dla sigillo- 
graphie de l'ancien diocèse de Lausanne. — P. 359-362. W. Wavre, Trouoailles 
de monnaies d^or à Aoenches (xiv* siècle). 

RivistaitalianadinumismaUca. 1893.— P. 37-68, 137-168. F. ed E. Gnecchi, 
Monetedi M ilano inédite. — P. 69-82. A. -G. Sambon, Incisoridei conii délia moneta 
napoletana (liste de graveurs compris entre 1266 et 1600 ) — P. 85-90. B. Mor- 
solin, Medaglia di Giooanni di Girolamo in onore di Gian Bartolomeo d*A rzignano. 

— P. 169-174. N. Papadopoli, Monete italiane inédite délia raccolta PapadopoU. 
(Monnaies vénitiennes.) — P 175-185 M. Ruggero, Annotazioni numismatiche 
genocesi. (Ducats d'Agostino Adorno et du cardinal Paolo Campofregoso, gouverneur 
de Gènes; monnaies de Louis XII.) — P. 187-189. M. Mariani, Un impériale 
inedito délia zecca di Paoia. (Frappé au nom de François Sforza.) — P. 191-243, 
363-380, 443-465. Êm. Motta, Documenti Visconteo-Sforzeschi per la storia délia 
zecca di Milano. (Documents analysés ou publiés, de 1312 à 1465.) — P. 303-333. 
N. Papadopoli, Monete italiane inédite délia raccolta Papadopoli. (Monnaies des 
ateliers suivants : Castiglione délie Stiviere, Solferino, Sabbioneta, Pomponesco, 
Bozzolo, Guastalla, Novellara, Gazzoldo.) — P. 335-339. G. Castellani, Il ducato 
d*oro anconitano nel secolo XIV. - P. 341-346. A.-G. Sambon, Monete d'oro coniate 
da Carlo I d*Angid a Tunisi. — P. 347-361. A. Puschi, Il ripostiglio di Mon/alcone. 
(Trouvaille comprenant surtout des gros vénitiens, des gros de Mérano et des gros 
du Tyrol, des xiii* et xiv" siècles.) — P. 415-440. N. Papadopoli, Monete italiane 
inédite délia raccolta Papadopoli. (Monnaies des ateliers suivants : Rimini, Fano, 
Pesaro, Urbino.) 

Zeitschrilt fur Numismatik. XIX« vol. (1893), fasc. 1 et 2. — P. 1-52. 
H. Buchenau, Der Bremer Fund. (Monnaies allemandes des xiv* et xv* siècles.) 

— P. 97-102. M. Hartmann, Mittheilungen aus der Sammlung Hartmann» 
(Monnaies musulmanes )— P. 103-105. D. Si\ç\ié\.,Ueber einensehr merkwûrdigen 
Dinar des Abbasidischen Chalifen al-Watsik-billah . — P. 113-116. F. Bardt, Der 
Denar/und oon Zweineri, (Deniers des margraves de Brandebourg, fin du 
xiii« siècle.) — P. 117-127. Fr. Bardt, Ueberdas Mûnzrecht der Bischô/e oonLebus. 

M. Prou. 



Le Gérant : V»* E. Bouillon. 



CHALON-BUR-8a6NB, IMP. PKANÇAI8B KT ORIENTALB DE L. MARCBAU. 



LE MOYEN AGE 

BULLETIN MENSUEL D'HISTOIRE ET ])E PHILOLOGIE 

MM. MARIGNAN, PROU ET WILMOTTÉ 



DECEMBRE 1894 



D^ LoTHAR VON Heinemann. — Goschichte der Normannen in 
Unteritalien und Sicilien, bis zum Aussterben des normanni- 
schen Konigshauses. — T. I. Leipzig, Pfeffer, 1894, vi-404, p. in-8. 

Profitant du démembrement de TEmpire carolingien, les empereurs 
d'Orient avaient tenté au ix« siècle défaire valoir les vieux droits de souve- 
raineté auxquels ils prétendaient depuis longtemps sur la plus grande 
partie de l'Italie méridionale ; ils étaient parvenus à y percevoir des tributs, 
à y frapper des monnaies, à régler les droits de quelq ues cités : ils n'avaient 
pu y établir de gouvernement régulier. Les empereurs allemands 
avaient réclamé comme successeurs de Charlemagne, et obtenu l'hom- 
mage des princes lombards de Bénévent; et les villes de la Campanie, 
qui s'étaient érigées en républiques, avaient reconnu leur suzeraineté. Ni 
les uns ni les autres n'avaient empêché la Sicile de passer peu à peu aux 
mains des Sarrasins qui menacèrent bientôt une partie de la Péninsule. 
Au X' siècle, l'anarchie était partout, l'unité politique semblait irréali- 
sable, l'Italie méridionale se présentait comme une proie facile pour 
un peuple conquérant. Ce furent les Normands qui édifièrent une royauté 
puissante dans cette contrée morcelée, fondirent les éléments disparates, 
et donnèrent à ces peuples rivaux une vie politique et une organisation 
nouvelles. 

C'est l'histoire de cette conquête, jusqu'à la chute de la maison de 
Souabe, que M. de Heinemann a voulu retracer; le premier volume, 
qui s'arrête à la mort de Robert Guiscard, est assurément une œuvre de 
grand mérite. Au lieu de s'attarder, comme avait fait le comte de Schack, 
à l'histoire primitive des Normands, l'auteur a pensé avec raison qu'il 
valait beaucoup mieux commencer par exposer àgrands traits la situation 
de l'Italie méridionale jusqu'au commencement du xi« siècle. 11 rappelle 
en termes très précis les destinées de ce pays aux ix^et x»* siècles, montre 
les conséquences du morcellement politique, décrit les attaques des 



— 266 — 

Musulmans, les alternatives de succès et de revers des Grecs, la ruine du 
duché de Bénévent. les fautes des princes lombards et les efforts impuis- 
sants de la papauté. Les ri v^ali tés nationales, les contrastes géographiques, 
les diversités de tempérament et les dissentiments religieux nous appa- 
raissent comme trop profonds pour qu'une organisation constitutionnelle 
solide soit alors possible. Mais il eût fallu ajouter que si la domina- 
tion des Grecs était de plus en plus menacée, la faute en était un peu 
aux exactions des empereurs d'Orient, à la tyrannie et aux débauches de 
leurs officiers; il eût été bon de nous dire aussi où et comment les 
Byzantins avaient cherché des auxiliaires, et dans quelles conditions 
avait été conclu le traité de 992 avec le doge de Venise Pierre II Orseolo. 
L'intervention du pape Benoît VIII me semble du moins exactement 
caractérisée; M. de H. nous montre comment elle fut impuissante et ra- 
conte très simplement,en la dégageant des légendes qui l'ont passablement 
défigurée, l'histoire de ces premiers Normands qui au retour de la Terre- 
Sainte parvinrent malgré leur petit nombre à délivrer Salerne assiégée. 
Qu'on les ait invités à revenir ensuite en plus grand nombre pour 
débarrasser le pays des Sarrasins, je le crois volontiers ; M. de H. ne 
pense t-il pas aussi qu'ils apprirent pendant ce premier séjour à connaître 
la faiblesse des Grecs et que l'Italie méridionale leur apparut comme 
une proie facile? 

L'histoire si compliquée de la conquête de la Sicile et de l'Apulie est 
exposée clairement, mais avec une abondance de détails et de petits faits 
au milieu desquels l'attention du lecteur peut difficilement se soutenir : 
il souhaiterait un peu plus de lumière et un effort plus sérieux pour 
qu'on l'aidât à bien voir quelle était la position respective des partis en 
présence, et pourquoi la situation des Grecs devenait chaque jour pins 
difficile. On lira toutefois avec intérêt les paragraphes où l'auteur, après 
une consciencieuse étude des luttes acharnées dont la seigneurie d'A versa 
fut l'occasion, montre comment Télévation de Drogon au titre de comte 
d'Apulie ne satisfit pas tous les Normands, comment après la mort de 
Guillaume Bras-de-Fer deux partis se formèrent, comment une partie 
seulement des Normands resta fidèle aux fils de Tancrèdede Hauteville, 
et pourquoi ceux-ci finalement s'implantèrent si solidement dans 
l'Apulie. 

C'est la principauté de Salerne qui jusque vers le milieu du xi« siècle 
apparaît comme l'État le plus puissant de l'Italie méridionale, et c'est 
l'intervention de Henri III en 1045-1047 qui change la situation; il 
vend à Pandolphe IV la principauté de Capoue; il transforme les princi- 
pautés d'Apulie et d'A versa en fiefs d'Empire; il s'entend avec la cour 
de Rome à laquelle les Normands deviennent de plus en plus suspects. 
Les luttes de ces derniers avec les papes (chap. iv), nous valent un 
portrait remarquable de Robert, l'aîné des fils deTancrède, dont le nom 
est resté légendaire et qui par sa ruse et son audace surpasse tous ses 
devanciers. On comprend aisément que les regards des Italiens ihéri- 
dionaux, opprimés par de semblables libérateurs, se soient tournés vers 



— 267 — 

Rome, et surtout vers le nouveau pape qu'Henri III avait fait élire 
en 1049. Léon IX ouvre vraiment la série des grands pontifes que la 
fameuse querelle des Investitures devait bientôt rendre si célèbres. C'est 
un habile diplomate qui connaît à merveille la situation politique de la 
France et celle de T Allemagne, et on peut dire, avec M. de H., qu'il fait 
entrer la papauté dans une voie nouvelle. Je doute un peu que ce soient 
les agissements des Byzantins qui l'aient décidé à intervenir à main 
armée (p. 131), mais on peut admettre avec beaucoup de vraisemblance 
(p. 143) que les Normands exigèrent de lui qu'il renonçât à toutes ses 
prétentions sur l'Italie méridionale. L'avènement au trône pontifical 
d'Etienne IX, ce pape austère, aux tendances ascétiques, qui paraîts'être 
peu inquiété des Normands et de leurs conquêtes, ne pouvait manquer 
de modifier les rapports entre la papauté, les Normands et l'Empire. 
C'est sous Nicolas II qu'on sent grandir Tinfluence d'Hildebrand, et 
c'est grâce à lui qu'en 1059 les Normands se reconnaissent vassaux du 
Sainl-Siège. J'hésite à'^croire, en l'absence de documents, que le pape ait 
en cette circonstance fait valoir comme titre juridique la prétendue 
donation de Constantin, ou même celles des Carolingiens et d'Othon le 
Grand. Il est certain en tous cas que les chefs normands n'ont fait 
aucune difficulté pour prêter le serment d'hommage, et l'appui que leur 
donna la cour de Rome leur fut d'ailleurs fort utile pour achever la con- 
quête de la Sicile, et de la principauté de Capoue où ils se comportèrent 
avec tant de cruauté. 

Le chapitre consacré aux relations des Normands avec Grégoire VIII 
(p. 257-298) est un des plus importants. Les raisons qui devaient inévi- 
tablement mettre aux prises Robert Guiscard et Grégoire, ont été fine- 
ment démêlées. Nous voyons très bien pourquoi ce dernier ne voulait 
pas laisser grandir indéfiniment la puissance de Robert qui, de son côté, 
n'entendait se laisserimposer aucune limitation. Lapolitiqueà suivre dans 
l'Italie méridionale était étr.itement liée aux projets de la papauté sur 
rOrient. Les sollicitations de Michel VII avaient fait entrevoir la possi- 
bilité d'une réconciliation de l'Église de Byzance avec celle de Rome. 
Très pénétré de la grandeur de sa mission, Grégoire regardait comme 
son premier devoir la défense du christianisme menacé. En protégeant 
les Grecs contre les Sarrasins, ne pouvait-il espérer ramener ces 
chrétiens dissidents dans le sein de l'Église catholique ?La fourberie de 
Robert Guiscard vint entraver ces beaux projets. La rupture avec les 
Normands eut pour corollaire une rupture avec l'Empire d'Allemagne, et 
en même temps les Lombards virent s'évanouir les derniers restes de leur 
domination dans l'Italie méridionale. 

Le règne de Robert Guiscard a été traité avec un soin tout particulier. 
M. de H. a raison de croire qu'il ne faut pas regarder cet homme extraor- 
dinaire comme le produit de son époque, et se borner à dire qu'il résumait 
en lui la volonté et Taction de la race normande. Sa personnalité offre 
certainement un caractère individuel très accentué, et plus que tout autre 
il a marqué de son empreinte la politique normande et les procédés de 



— 268 — 

gouvernement qui furent en honneur. Mais on peut dire aussi qa*il appa- 
raît à travers les documents contemporains comme réunissant en lui à un 
degré exceptionnel les caractères distinctifs de ses compagnons d'armes; 
Tastuce était chez lui poussée jusqu'à la perfidie; la dureté de cœur jus- 
qu'à la cruauté. Son courage était à toute épreuve, mais son immense 
besoin d'agir était mis au service d'un égoïsme effréné et d'une rapacité 
sans mesure. Nul n'a su mieux que lui se plier aux nécessités du moment 
et tirer parti des circonstances, sans rien changer au fond à ses projets 
primitifs. Et s*il a dû beaucoup à sa vaillance et à son épée, il a dû plus 
encore à son habileté diplomatique, et à une volonté de fer servie par une 
merveilleuse perspicacité. La réconciliation des Lombards avec les Nor- 
mands^ conséquence de son mariage avec une princesse lombarde, ne fut 
pas la moindre de ses habiletés. M. de H. définit très justement le carac- 
tère de sa lutte avec la papauté et reconnaît que Robert, très attaché au 
fond à la religion catholique, ne voulait pas se révolter contre le chef de 
l'Église. Il entendait seulement refuser à la papauté tout pouvoir de do- 
mination sur l'Italie méridionale, qui eût porté ombrage à sa propre per- 
sonne. Aussi, après avoir bravé les foudres de Grégoire VII, n*hésite-t-il 
pas à fléchir le genou devant le vicaire du Christ dès que ses intérêts 
temporels ne sont plus en jeu, et necesse-t-il jamais de trouver d'ardents 
défenseurs dans les rangs de son clergé. Il convient de remarquer au sur- 
plus que les guerres de Robert contre les Sarrasins furent placées sous 
la protection de 1 Église, elles nous apparaissent par avance comme de 
véritables croisades. De même que Grégoire VII est un précurseur des 
grands papes qui allaient bientôt lancer l'Occident contre l'Orient infi- 
dèle^ de même Robert et ses compagnons sont les premiers représentants 
de cette chevalerie qu'enflammera le désir de délivrer les Lieux-Saints. 
Ces indications sommaires suffiront à donner une idée de l'intérêt que 
présente cet ouvrage pour tous ceux qui étudient l'histoire du moyen 
âge. J'ajoute qu'il est écrit dans un style limpide qui en rend la lecture 
facile. Malheureusement Texposé trop minutieux des faits éblouit plus 
qu'il n'éclaire; les observations judicieuses qu'on rencontre çà et là sont 
comme perdues au milieu des mille petits détails que l'auteur se décide 
rarement à sacrifier, et on ne voit pas toujours où il nous mène. M. de H. 
a lîj prétention d'être plus complet qu'aucun de ses devanciers ; mais il 
jie nous donne pour ainsi dire qu'une histoire externe des Normands. 
Ces conquérants, dont l'œuvre a eu un contre-coup si prolongé, nous ne 
les sentons pas vivre, nous ne voyons pas comment ils partagent et orga- 
nisent leur conquête, nous saisissons mal le caractère de leur génie posi- 
tif. Kt pourtant cette première partie de leur histoire en Italie était bien 
propre à nous montrer pourquoi nul ne les aimait, ni ne se fiait à eux, 
pourquoi eux-mêmes ne se fiaient à personne, et comment la crainte 
qu'ils inspiraient était mêlée de mépris et de dédain. Cette première 
période qui s'arrête à la mort de Robert Guiscard, semble, il est vrai, in- 
grate et confuse; elle est en réalité très féconde et profondément instruc- 
tive lorsqu'on sait distinguer, sous les bouleversements dont l'Italie mé- 



— 269 — 

ridionale fut alors le théâtre, les conditions nouvelles de vie qui prépa- 
rèrent l'organisation constitutionnelle et sociale de l'avenir. M. de H. a 
laissé complètement de côté les chartes et documents d'archives qui lui 
auraient permis de jeter sur ces questions un peu de lumière. Il a en re- 
vanche étudié avec beaucoup de soin et de patience les chroniques na- 
vales et autres récits contemporains. Si pour l'examen critique de leur 
valeur, il s'en rapporte habituellement aux travaux de ses devanciers 
(Bresslau, Giesebrecht, Hirsch, Steindorff, Wattenbach, etc.), il sait à 
Toccasion y joindre quelques observations personnelles qui attestent une 
remarquable sagacité (V. appendice, p. 344, 345, 357,383...). Mais n'eût- 
il pas été bon de nous présenter au début de l'ouvrage une vue générale 
de la bibliographie et des sources? On se contente de nous dire 
qu'il n'existait jusqu'ici aucun travail d'ensemble sur l'histoire des Nor- 
mands en Italie. Il eût été convenable de citer au moins le nom de 
ceux qui avaient tenté de l'écrire; celui de Gautier d'Arc (Histoire des 
conquêtes des Normands en Italie, en Sicile, et en Grèce, 1830), celui 
du comte de Schack (Geschichte der Normannen in Sicilien, 2 vol., 
1889), celui surtout de Huillard-Bréholles, dont le grand ouvrage : Re- 
cherches sur les monuments et Vhistoire des Normands et de la maison 
de Souabe dans V Italie méridionale, 1844, mérite de ne pas être ou- 
blié. Pourquoi donc aussi se contenter d'une table des matières tout à 
fait insuffisante ? Dans un livre si surchargé de détails, une analyse 
sommaire des chapitres était indispensable. Le lecteur s'oriente diffici- 
lement au milieu de ces longs chapitres, et l'absence de tout index dimi- 
nue encore l'utilité pratique de cet ouvrage. Ces légères critiques ne nous 
empêchent point, d'ailleurs, de rendre justice à son mérite, et nous 
pouvons attendre avec confiance le nouveau volume qu'on nous promet. 

Georges Blondel. 



The First Nine Books of the Danish history of Saxo Gramma- 
Ticus, translated by Olivier Elton, Tvith some considérations 
an Saxo's sources, historical method and folklore by Frede- 
rick York PowELL. — London, D. Nutt, 1894, in-8°, cxxvii-435 p. 

La Folk-Lore Society qui a patronné le présent volume a pensé qu'une 
traduction anglaise des neuf premiers volumes de V Histoire des Danois 
rendrait service aux curieux de Folk-Loi^e peu familiarisés avec le latin 
médiéval et particulièrement avec celui de Saxo le Grammairien. Pour- 
quoi ne pas avouer que cette traduction sera également utile aux érudits 
qui pourront se rendre compte du contenu de V Histoire des Danois d'une 
manière beaucoup plus rapide et aisée, sauf à se reporter en cas de doute 
à l'édition Holder ? La traduction a été confiée à M. Elton déjà avantageu- 
sement connu par d'autres travaux. Elle ne comprend que les neuf pre- 



— 270 — 

miers livres. Les récits légendaires des autres livres sont résumés dans 
V appendice I . 

Quel que soit le mérite du traducteur, on ne peut dissimuler que le vrai 
intérêt de cet ouvrage réside dans la copieuse préface de M. Powell. On 
y trouvera non seulement une étude sur la vie de Saxo, son origine et 
son œuvre, mais surtout un dépouillement complet et extrêmement com- 
mode de ce qu'elle renferme sur les institutions, lois, coutumes, croyances 
populaires, magie, mythologie des Scandinaves, et au point de vue plus 
particulièrement historique, des discussions intéressantes sur les généa- 
logies des princes à demi légendaires du Nord. Signalons une fâcheuse 
omission : Y appendice II consacré à THamlet de Saxo ne fait pas men- 
tion de rétude beaucoup plus complète et mieux faite de M. Alexandre 
Buchner, Hamlet le Z)a7io^ (Paris, Hachette, 1878, in-8°). 

F. L.>T. 



Barr Ferrée.— The Ghronology of cathedralchurchesof France. 

— New- York, 1894, in-8<>, 36 p. (n'a pas été mis dans le commerce). 

M. Barr Ferrée, qui est membre de la Société de V Histoire de France, 
a publié récemment dans une revue américaine, V Architectural Record, 
une série d'études historiques et artistiques sur les cathédrales françaises. 
Il a visité la plupart d'entre elles, et s'est renseigné sur les autres avec 
beaucoup de conscience. La plaquette dont il s'agit ici est l'épilogue de 
cette suite d'études qu'elle résume avec beaucoup de méthode. Dans une 
sorte de préface, l'auteur esquisse l'histoire des cathédrales françaises et 
expose l'économie de son travail, puis viennent dix-huit pages de tableaux 
synoptiques précédées de quelques explications. Ces tableaux sont divi- 
sés en dix colonnes : la première contient le nom des sièges épiscopaux 
avec le vocable et la date de fondation des cathédrales ; les neuf autres 
renferment la mention des refaçons ou démolitions exécutées du ix« au 
xix® siècle, et l'indication des parties des édifices qui en ont été l'objet. 
Enfin, la brochure se termine par une bibliographie donnant : 1® la liste 
des ouvrages anglais etfrançais relatifsaux cathédrales de France en géné- 
ral ; 2® la liste des monographies de ces monuments dont l'auteur a eu con- 
naissance. On peut regretter que les principaux articles parus dans des 
revues périodiques n'y soient pas spécifiés par des mentions individuelles. 
De plus, cette bibliographie est trop courte : il y manque par exemple la 
France artistique qui a donné les monographies de plusieurs cathé- 
drales^ ; la Picardie historique et monumentale, qui contient celle de la 
cathédrale d'Amiens magnifiquement illustrée; la iVormanrfie, publica- 

1. La cathédrale de Keims, par M. Gonse; la cathédrale de Laon, par Mgr 
DehaisiH's ; les cathédrales de Rouen et de Poitiers, par M . L. de Fourcaud Les 
deux premières notices de Reims et Rouen ont paru avant la brochure de M. Barr 
Ferrée. 



— 271 — 

tion analogue rédigée de même par une société d'antiquaires; les Monu- 
ments de quelques anciens diocènes du Bas- Languedoc^ par Renouvier 
etThomassy (Montpellier, 1835-36); deux monographies de la Cathé- 
drale d'Alby, par Crozes (1856), et par Rolland et le baron de Rivières 
(1882); une Étude sur la nef de la cathédrale du Mans, par M. Eug. 
Lefèvre-Pontalis (1889); la Cathédrale de Laon, par l'abbé Bouxin 
(1890) ; la Cathédrale de Saint- Orner, par Wallet; un article de M. Des- 
champs de Pas, sur le même monument, et le facsîmile d'une ancienne 
vue de celle de Térouane dans la Statistique monumentale du Pas-de- 
Calais, etc. 

Si l'auteur avait consulté quelques ouvrages de plus, il aurait sans 
nul doute rectifié ou complété plusieurs de ses indications : par exemple, 
pour la cathédrale de Vaison, sur laquelle il n'a eu aucun renseignement, 
il aurait trouvé toute une chronologie dans l'excellente étude sur Saint- 
Quinin et la Cathédrale de Vaison, publiée en 1889, par M. R. de Las- 
teyrie, au t. XLIX des Mémoires de la Société des Antiquaires de 
France, 

A part ces défectuosités, la brochure de M. Barr Ferrée peut être con- 
sidérée comme un instrument de travail ingénieux, précieux par les dé- 
tails nombreux et précis qu'il fournit et par l'économie de temps qu'il 
procurera à plus d'un érudit chercheur. 

C. Enlart. 



Beissel (Steph.). — Vaticanische Miniaturen, ou Miniatures 
choisies de la bibliothèque du Vatican. — Freiburgim Breisgau, 
Herder, 1893. (Le texte est traduit en français.) 

L'histoire de la peinture dans la première partie du moyen âge est en- 
core très peu connue, les différents problèmes qu'il serait intéressant de ré- 
soudre ne peuvent avoir encore une solution satisfaisante, les archéologues 
se sont trop hâtés de formuler des idées générales et des réactions puissantes 
ont fait ensuite nier l'évidence. De là les excès les plus regrettables. Ceux 
qui dès le début de ce siècle se sont occupés de l'histoire de l'art, ont 
voulu tout expliquer par l'art byzantin. Les Schnaase, les Springer ont 
cherché sinon à prouver le contraire, du moins à réduire le plus possible 
la part byzantine dans l'art occidental. Des opinions souvent contra- 
dictoires sont nées de l'ignorance des monuments de l'Occident et 
surtout des œuvres à dates incertaines de l'art byzantin. Les théories 
étaient le plus souvent basées sur un petit nombre de documents. Le 
travail doit être repris. On doit sans idée préconçue rassembler le plus 
possible les monuments épars et les comparer ensuite avec notre art 
médiéval. Nous verrons alors que la formation de l'art occidental est plus 
complexe, que les différents éléments qui ont aidé à le former sont plus 
nombreux, nous limiterons l'influence byzantine indéniable dans certaines 



- 272 — 

contrées, nulle dans d'autres même voisines, et nous admettrons aussi 
une large part d'influences septentrionales que les historiens antérieurs 
avaient complètement négligée. 

Pour cette enquête aucune branche de l'art ne doit être négligée. 
Les miniatures peuvent servir à éclairer ce problème. Les nombreuses 
retouches des peintures murales rendent souvent la tâche difficile ; les 
premières au contraire sont restées comme l'artiste les avait laissées. 
M. Beissel a compris comme nous cette information. 11 nous donne en ce 
moment les principales miniatures que possède la bibliothèque du 
Vatican pour servir comme documents à l'histoire de la peinture. L'ou- 
vrage est d'importance et le travail très méritant, vu les nombreuses 
recherches qu'il nécessite. Le livre publié par M. Beissel ne saurait 
rien prouver par lui-même; il oblige l'auteur aune série de publications 
similaires et plus tard il sera nécessaire de soumettre ces nombreuses 
planches à un examen sérieux. L'icoriographie aidera en même temps 
les récherches, elle montrera aussi si les scènes des manuscrits occiden- 
taux ne sont que la représentation fidèle de ce qui se faisait ou s*était/ait 
autre/ois à Consiantinople» Quand on parle de l'influence byzantine, 
veut-on dire que l'art occidental imite ce qui se faisait à Byzance à 
la même époque, ou indique-t-on une influence des œuvres anciennes 
comme celles des sarcophages et des mosaïques ? Il faut sur ce domaine 
la plus grande réserve : rappelons-nous que le plus souvent les 
théories ne sont que la négation de ce qui était vérité peu de temps 
auparavant. 

L'art gréco romain vécut jusqu'au règne de Théodose le Grand, le même 
partout. Il régnait sans conteste sur l'Empire. Ce n'est qu'à partir de 
Justinien que l'art de Constantinople suivit une autre voie. Différents élé- 
ments ont concouru à sa formation. A partir de cette époque, l'Occident est 
en grande décadence et ne saurait égaler l'art oriental. Les premiers siè- 
cles du moyen âge, si tourmentés et si bouleversés, le manque de sécurité 
qui s'étend partout rendaient bien difficile la floraison d'écoles antiques. On 
vécut en Occident du passé, la statuaire cessa d'être employée, la taille de 
la pierre fut quasi oubliée. Les motifs décoratifs, la grammaire ornemen- 
tale sont puisés à l'Orient. Si l'art primitif ne disparaît pas complètement, 
il apparaît ici et là sur les rares monuments contemporains. Il n'en fut 
pas de même en Orient. Constantinople hérita du long passé des villes 
anciennes. L'art antique apporté par Rome fut bientôt modifié par 
des influences orientales et syriennes, par tout ce qui s'était fait en 
Egypte et on Syrie. Les artistes d'un certain mérite vont tous à Byzance. 
Ce n'est doue pas la simple survie de l'art antique ; bien au contraire, le 
foyer artistique artificiellement créé produit un style particulier dont 
les différents éléments n'ont pas été encore analysés. Les grands pro- 
blèmes posés par l'antiquité trouvent leur solution en architecture dans 
l'église de Sainte- Sophie qui est le dernier terme de l'art gréco-romain. 
La coupole est généralement employée et les architectes créent des 
monuments vraiment originaux. 



— 273 - 

A côté de ces transformations, une révolution fort intéressante s'accom- 
plit. La peinture triomphe de la statuaire et les motifs décoratifs 
sculptés sont dus à la grammaire orientale des temps passés. Cet art 
tout particulier se développe sur tous les pays soumis à l'Empire oriental 
et son rayonnement atteint même les cités de la Gaule. 

L'art byzantin avait trouvé des centres préparés à accepter cette 
domination. Ce fut tour à tour Ra venue, Venise, ritalie méridionale et 
Rome elle-même. Des artistes, nomades connue seront plus tird les 
Comacini, fabriquaient les œuvres el; les mosaïques des églises occi- 
dentales. Les monastères grecs nombreux à Home, les papes orientaux 
des vn« et vin^ siècles appelaient des artistes de TOiient pour entre- 
prendre les travaux d'art nécessités par le culte. Assez éloigné de ces 
foyers artistiques se maintient un art occidental plus fidèle au passé, 
plus simple, plus naïf. L'art oriental resta toujours dogmatique et céré- 
monial. On peut même dire que les deux vivent l'un à côté de l'autre, et 
empêchent par cela même de ne voir en Occident qu'un seul art homo- 
gène. Le contraire est surtout vrai pour la première partie du moyen 
âge et bien des villes peu éloignées ont tour à tour un art ou byzantin 
ou occidental. Ces remarques ne peuvent permettre aucune généra- 
lisation, ce ne sera qu'après l'étude minutieuse des différents foyers 
artistiques qu'on pourra voir l'étendue et la pénétration de l'art 
oriental. 

Les remarques de M. Beissel sur chaque manuscrit constituent 
un sommaire assez complet et l'analyse de chaque miniature inté- 
ressera tous ceux qui s'occupent d'iconographie religieuse et de l'art 
médiéval. Elles sont utiles à différents points de vue. Lorsque la 
collection italienne sera terminée, nous pourrons distinguer et les 
écoles différentes et les cycles iconographiques divers. Il sera alors 
intéressant de voir si toutes ces scènes représentées n'ont pas un proto- 
type commun plus ancien, d'étudier l'extension des peintures primitives 
qui ont servi de modèles sans cesse répétés et souvent transformés, de 
constater aussi Timagination des artistes et de faire des remarques sur la 
symbolique des couleurs, sur la mimique des personnages, sur la 
technique des artistes du moyen âge. 

Ce n'est pas encore la seule utilité de ces grands recueils. Il nous 
faut aussi étudier avec soin les diverses compositions des manuscrits de 
la première partie du moyen âge pour pouvoir connaître, imparfaitement 
sans doute, la décoration des églises de ces époques. L(?s sujets qu'ils 
nous donnent, les moi:?, les signes du Zodiaque* devaient être représentés 
aussi sur les murs des basiliques. Au xi»^ siècle, une révolution radicale 
se produisit. La décoration se transporta de plus en plus sur la 
façade, et les motifs de l'abside, les représentations saerées vinrent 
d'eux-mêmes se placer sur le portail des églises. Que de sujets dont nous 
ne pouvons préciser la naissance ont une telle origine! Les saints 
mêmes sous les dais de pierre ne sont-ils pas Li reproduction sculpturale 
des anciennes peintures? 



— 274 — 

Pendant un long séjour à Florence, nous avons pu voir les différents 
manuscrits grecs et latins de la bibliothèque Laurentienne. Il y en a 
d'un intérêt capital pour Thistoire de Tart chrétien, et nous souhaitons 
que M. Beissel nous donne les principales représentations de minia- 
tures de ces manuscrits. On pourra voir avec quelle rapidité Part 
oriental, la Syr*ie, TÉgypte même avaient développé l'iconographie 
chrétienne, l'histoire de la vie de Jésus. Nous ne croyons pas cependant 
qu'ils apportent un jour nouveau sur les relations des deux mondes. 
Les représentations sont sans cesse répétées avec de légères variantes 
et n'offrent qu'un intérêt purement technique. Nous désirons à 
M. Beissel un succès complet dans son entreprise et nous adressons 
aussi nos félicitations bien méritcîes à M. Ilerder, de Fri bourg, qui a 
édité avec luxe ces miniatures. C'est une œuvre tout à fait louable et 
désintéressée. 

Â. Marignan. 



Georges Bricard. — Un serviteur et compère de Louis XI. Jean 
Bourré, seigneur du Plessis, 1424-1506. — Paris, A. Picard 
et fils, 1893, in-8. 

L'ouvrage de M. Bricard vient encore augmenter la liste des person- 
nages du règne de Louis XI qui ont servi de sujets de thèse depuis deux 
ans. Si l'auteur de la bibliographie de Bourré n'ajoute guère à l'histoire 
générale, ni même à l'histoire des règnes de Louis XI et de Charles VIII, 
et telle ne pouvait être son intention, étant donné le sujet qu'il a choisi, 
du moins a-t-il le mérite d'avoir mis en relief un homme peu connu 
jusqu'ici, que les contemporains ont à peine mentionné dans leurs 
chroniques et dont l'importance fut pourtant très grande, si l'on en juge 
par le nombre de documents qui émanent de lui ou qui lui sont relatifs. 
Seuls parmi les historiens, MM. Vaesen^ et Marchegay* avaient consa- 
cré quelques pages à Bourré, mais l'un et l'autre s'étaient attachés à un 
point de vue spécial, le premier nous le montrant dans ses rapports avec 
Louis XI, le second comme gouverneur du dauphin. M. B. élargissant 
le plan que s'était proposé M. Vaesen a retracé la vie complète de ce per- 
sonnage. 

Les chapitres qu'il consacre au Bourré intime, à son goût pour les 
arts, goût que ce dernier avait contracté durant son séjour à la cour de 
Bourgogne, ne sont ni les moins intéressants ni les moins originaux. 
L'auteur nous montre avant tout dans Bourré un financier qui après 
avoir fait son apprentissage en qualité de clerc secrétaire en la Chambre 
des Comptes du Dauphiné devint successivement contrôleur général de 
la recette des financesde Normandie, trésorier de l'Ordre de Saint Michel, 

1. Notice biographique sur Jean Bourré (BiOl. de l'Écola des Chartes, 1882-1885). 
S. Bourré, gouverneur du Dauphiuè [Société industrielle d* Angers, XX VII). 



- 875 - 

premier trésorier de France et enfin, sous Charles VIII, premier prési- 
dent de la Chambre des Comptes. M. B. définit avec beaucoup de préci- 
sion le rôle de Bourré en cette matière ; il nous tait voir en lui non pas 
un ministre des finances, non pas un réformateur ni un ianovateur, 
autant de rûles impossibles sous un monarque aussi absolu que Louis XI, 
mais un excellentadministrateur, intègre, économe, parvenant à force 
d'ordre à faire face aux dépenses qui augmentaient sans cesse. Bourré 
aurait élé « l'homme d'affaires » du prince ; c'est lui qui était chargé de 
payer les officiers, d'exécuter les libéralités de son maître, de trouver les 
sommes d'argent nécessaires à la solde des troupes, de leur fournir des 
subsistances, toutes missions des plus imporlante^s sous un roi qui faisait 
de l'argent le principal ressort de sa politique. 

Bourré fut en même temps un conseiller qu'on tenait au courant de 
toutes les affaires importantes et dont les avis furent maintes fois 
demandés par trois de nos rois. 11 fut ausïii chargé de missions délicates, 
et s'en acquitta toujours avec succès. Il réussit notamment à hâter en 1470 
le départ de Warwick qui s'était réfugié en France malgré les protesta- 
tions de Charles le Téméraire, etàretarder en 1477 la marche des députés 
flamands, permettant ainsi à Louis XI de gagner du temps, lors de l'ou- 
verture de la succession de Bourgogne. Citons encore comme mission 
délicate celle qui consista en la garde, pendant cinq ans, du dauphin 
Charles à Amboisc; c'est peut-être là en effet la plus grande preuve de 
confiance que piit donner à son serviteur le soupçonneux monarque. 
Bourré fut capitaine de Montaigu et d'Angers, mais ses fonctions se 
bornèrent à fortifier le pays; il n'eut jamais à combattre. Nous savons 
d'ailleurs par plusieurs anecdotes que le courage à la guerre ne figurait 
pas parmi ses nombreuses qualités. 

M. B, expose avec beaucoup de justesse les raisons pour lesquelles 
Bourré fut un des rares familiers de Louis XI qui n'eurent pas à souffrir 
de la réaction violente qui suivit la mort de ce prince. Il avait toujours 
été plutôt le dispensateur des libéralités du roi que l'exécuteur de sa 
justice; il avait reçu souvent des sommes d'argent, mais jamais de terres 
confisquées', ses fonctions n'étaient pas do nature à lui attirer des inimitiés ; 
il s'était fait le hienfaiteur de certaines villes, comme Lyon, en obtenant 
une diminution de leurs subsides: il comptai! bon nombre de grands sei- 
gneurs parmi ses amis, car sa fortune l'avait mis souvent à même de leur 
rendre service, enfin il s'était acquis l'affection de Charles VIII, alors que 
celui-ci n'était encore que dauphm. 

Bourré montra à Louis XI et à Charles VIII une fidélité et un dévoue- 
ment qui ne se relâchèrent jamais, il en fut largement récompensé, mais 
il fil bon emploi de ses richesses. 

Toutes ces appréciations de M. Bricard sont fort justes, et nous ne pou- 
vons de même qu'approuver les passages où il réfute certains historiens, 
notamment M, Dupuy, qui ont attribué à Bourré, par suite d'une 
confusion avec un autre seigneur du Plessis, des missions qu'il n'a jamais 
remplies. 



— 276 — 

Nous signalerons seulement dans l'ouvrage de M. Bricard quelques 
erreurs de détails, peu importantes en elles-mêmes. C'est ainsi que dans 
la note 2, p. 88, il écrit: « Bertrand de Beauvais » pour B. de Beau- 
veau », et que, page 204, il écrit « la reine de Savoie « pour « la reine 
Charlotte de Savoie ». Quelques renvois, en petit nombre comme ceux 
des pp. 159, 161, 218, Bibi. Nat,, Mss. fr., Archives de Maine-et- 
Loire, sont bien insuffisants. Somme toute, à part ces légères inexac- 
titudes, le livre de M. Bricard est un bon livre, d'une lecture agréable, 
d'un style clairet châtié, et l'on peut dire qu'il est définitif sur le sujet 
qu'il traite. 

G. Anchier. 



HiNCMARUs. — De ordine Palatii. Edidit Victor Krause (Fondes Juris 
Germanici antiqui in usum sc?iolarum). — Hanovre et Leipzig, 
Hahn, 1894, in-8% 31 p. 

On ne saurait trop encourager la publication dans des volumes acces- 
sibles à tous par la modicité de leur prix, des documents les plus impor- 
tants de l'histoire du moyen âge, à condition toutefois que le bon marché 
ne nuise pas à la qualité. La Société des Monumenta Germaniœ a de- 
puis longtemps compris et l'utilité d'une pareille entreprise et la méthode 
suivant laquelle elle devait être exécutée. La collection des Scriptores in 
usum Scholarum, qui ne comprend pas seulement des textes empruntés 
à la série in-folio, mais dans laquelle on a introduit récemment des édi- 
tions améliorées d'auteurs antérieurement publiés, compte déjà un assez 
grand nombre de volumes. Une nouvelle collection à l'usage de l'ensei- 
gnement a été naguère ouverte pour recevoir les textes législatifs, Fontes 
Juris germanici antiqui. Le premier volume est intitulé : Edictus cete- 
rœque Langohardorumleges (edidit F. Bluhme) ; le second, Zea? Rihua- 
ria et lex Francorum Chamavorum (edidit Rud. Sohm) ; le troisième 
renferme le De ordine Palatii d'IIincmar, qui doit figurer à la suite des 
Capitulaires dans l'édition de Boretius continuée par Victor Krause. 

L'édition du De ordine Palatii de M. Krause ne peut pas différer 
beaucoup des éditions antérieurement données, puisque de cette lettre 
d'Hincmar il ne nous est parvenu aucun manuscrit et que nous n'en 
avons d'autre texte que celui qu'a publié Jean Buys, en 1602, d'après un 
manuscrit de Spire, non encore retrouvé. On peut toutefois proposer 
quelques corrections exigées par la syntaxe et par le sens. On l'a déjà 
fait dans une édition élaborée à l'École des Hautes Études, sur les con- 
seils et sous la direction immédiate de M. Monod, et dont aucune ligne 
n'a échappé à l'examen et souvent à la correction de ce maître, de sorte 
que si l'ouvrage a quelque valeur c'est parce qu'il y a mis de son esprit 
critique si pénétrant et de sa science si complète des institutions carolin- 
giennes ; c'est à la part considérable que M. Monod a prise à sa rédac- 
♦'on que ce volume doit d'avoir été accueilli avec quelque faveur par les 



- 277 — 

érudits. M. Krause a signalé les corrections proposées dans l'édition de 
l'École des Hautes Études et il en a admis le plus grand nombre. Cepen- 
dant au chap. 11, il ne croit pas qu'il soit nécessaire dans la phrase 
(( ex catholicorum secundum sanctarum scripturarum tramitem promul- 
gationibus », de remplacer catholicorum par conciliorum. En tête du 
chap. 20, la correction « de canonicse vel monasticse altercatione » en 
(( de canonicdB vel monasticse [religionisj altercatione )) est plausible. 
M. Krause admet avec l'éditeur français que la phrase Sensus autem, 
etc., doit être détachée du chap. 24 et reportée au commencement du 
chap. 25. Au chap. 26, je crois que la leçon « certissimam fideliter ser- 
viendi fidem » est préférable à « certissimam fideliter servandi fidem ». 
Aux notes qui ont trait à l'établissement du texte, M. Krause a joint une 
série de références aux commentateurs d'Hincmaret principalement à 
Waitz et à Brunner. 

M. Prou. 



CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE 



Sous la forme d*un Fcstchrifï zum deiistchen Historikertage in Leipzig 
(Pâques. 1394), les dozenten de la Hodischule ont publié divers travaux historiques : 
Kleinere Beitrâge zur Geschichte (Leipzig, Duncker et Humblot, 1ô94, in-8», 
253 p. ). Quatre seulement de ces travaux intéressent le moyen âige. M. Wilhelto 
Pùckert a consacré une étude intéressante aux Cloîtres, et chapitres de chanoines 
d^ns l'acte de démembrement de Meraen (pp. 91-105). Nous n'avons pas la compé- 
tence nécessaire pour juger de la valeur de la notice un peu spéciale de M. Albert 
Hanck (zur Erklàrung non Ekkekart, cas. S. Galli, c. 87), mais elle nous semble 
faite avec.soin (pp. 107-113). M. August Sehmarsovv a étudié les Sculptures de la 
Misnie depuis la fin du XIII* siècle (pp. 115-122) avec concision, mais sans rien 
omettre d'essentiel. Enfin, le travail le plus considérable et le plus important est 
certainement celui de M. Karl Bûcher sur Deuas Règlements pour les tailles du 
moyen âge (pp. 123-163), terminé par d'utiles pièces justificatives (1381-1384) 
empruntées aux archives de la ville de Francfort-sur-le-Mein. 

Vient de paraître: La Cathédrale de Reims, par Alph. Gossbt, histoire et mono- 
graphie de cette cathédrale prôcôdées d'un aperçu sur la formation et le dévelop- 
pement du style ogival, sa sculpture et ses vitraux. (Paris, May et Motteroz, petit 
in-folio avec 36 planches gravées sur acier et 19 figures vignettes dans le texte. 
N'a été tiré qu'à 200 exemplai-es.) 



— 278 — 



ERRATA 



P. 3, ligne 23: Le chiffre 3 a été omis après les mots feuille numérotée. 
P. 28, ligne 5: Au lieu de XII* siècle^ lire VII* siècle. 



PÉRIODIQUES 



FRANCE 



Bulletin du Comité des travaux historiques et scientifiques. Section 
des sciences économiques et sociales. — P. 177-253. De la Grasserie. Long mémoire 
sur la réseroe et la quotité disponible où figurent quelques notes sur la légitime 
dans notre ancien droit. — P. 271-275. Analyse d'une intéressante étude de M. Ch, 
Guyot, sur la Communauté des Enfants-Prêtres de Mirecourt et l'inventaire des 
donations. On y trouvera rapportés quelques curieux détails sur la vie des anciennes 
paroisses et la singulière institution des Enfants- Prêtres. — P. 294-300. Analyse par 
M. Ch. Tranchant d'une étude de Henry Babeau sur les Assemblées générales de 
communautés d'habitants en France du xiii* siècle à la Révolution. (Paris, 1893.) 

Journal des Économistes. T. XVI. — H. 430436. Ë. Castelot, Intelligente et 
consciencieuse analyse du livre de M. W. J. Ashley, An introduction to English 
économie History and Theory, Part 11, The end of the Middle Age. Sur bien 
des points les conclusions de M. A. sont en opposition avec celles de Thorold 
Rogers; et Tétude de la doctrine de l'Église sur le prêt à intérêt au M. A., entre 
autres, offre le plus vif intérêt. 

Revue générale d'administration. Octobre. — P. 151-163. Les budgets de 
la ville de Bordeaux aux xv«, xvi», xvii% xviii» et xix» siècles. Notes et tableaux 
qui ont leur intérêt, détachés du grand ouvrage qu'a fait publier la municipalité 
bordelaise : Bordeaux : Aperçu historique; sol; population; industrie; commerce: 
administration. 

Revue générale du droit, de la législation et de la jurisprudence en 
France et à l'étranger. — P. 60-66; 197-212; 317-327. J. Trévedy, Des gens 
infâmes selon la très ancienne Coutume de Bretagne. Suite d'une étude dont la 
première partie a paru même Reoue, t. XVI (1892), p. 222 et 481. — P. 74-80; 133- 
135. Jules Nicole, Le Liore du Préfet. Êdit de Léon VI le Sage sur les corps de 
métiers de Constantinople. — Notice de M. J . Nicole sur Timportant manuscrit 
découvert et publié par lui avec une étude que reproduit en substance la présente 
notice. Le Licre du Préfet est une sérié d'ordonnances émanées de l'Empereur et 
relatives au corps de métiers de Constantinople. 11 se compose de 114 articles dont 13 
seulement étaient connus jusqu'à ce jour. Ces 114 articles sont divisés en 22 cha- 
pitres, dont 20 correspondent à un métier différent. 11 parait probable que l'édit 
comptait à l'origine un beaucoup plus grand nombre de chapitres; mais déjà au 
XIV* siècle le texte en était renfermé dans les limites actuelles. Tel quel, le Licre 
du Préfet est un document d'importance unique, et on ne saurait être trop recon- 
laissant à M. Nicole de sa belle découverte. 



— 279 — 

Nouvelle Revue historique de droit français et étranger. — P. 45-145: 
L. Stouff, Le régime colonger dans la Haute- Alsace et les pays ooislns, à propos 
d'un rôle colonger inédit du XV* siècle. Bon article qu'on lira avec plaisir et 
profit. L'auteur publie le rôle inédit des colonges de Chevenez (Suisse, canton de 
Berne, district de Porreniruy), p. 117-127; et nous donne à ce propos une étude 
sur le régime colonger dans la Haute-Alsace et les pays voisins. 11 nous entretient 
tour à tour de la constitution du domaine de Chevenez; de la condition des hommes 
du domaine et des droits seigneuriaux ; du gouvernement intérieur du domaine ; 
du domaine de l'Église; enfin, de l'antiquité de la coutume. Sans ajouter sensi- 
blement à ce qu'on savait déjà sur la matière, M. Stouff a le mérite d'avoir dépeint 
l'institution en traits nets et fidèles, en utilisant des documents du plus haut intérêt. 
Enfin, il a joint à son exposé des indications précieuses. Je citerai, parmi les 
chapitres les plus intéressants, le § iv: les Plaids dp curé, et le § v consacré à 
r «antiquité de la coutume ». — P. 192-257; 376-38 . J. Trévedy, Organisation 
judiciaire de la Bretagne avant 1790. L'auteur fait remonter son étude jusqu*au 
XII* siècle et la première partie peut être consultée avec fruit par les médiévistes. 
— P. 281-302. Ferdinand Lot, La oicàrïa et le cicariim. Trop courte note sur un 
sujet aussi difficile qu'intéressant. On y trouvera rassemblés un certain nombre de 
textes curieux qu'on ne devra pas négliger dans une étude approfondie de la 
question. L'auteur conclut : 1" La vicaria du x" au xiii* siècle, c'est la justice dans 
toute sa plénitude, la haute justice ; 2** la ooierie, surtout depuis le xiii^ siècle, 
désigne le plus souvent le territoire sur lequel un seigneur exerce ses droits de 
justice haute aussi bien que basse; 3" il n'y a aucun rappoi^ de filiation entre le vica- 
rius fonctionnaire royal du ix* siècle et le personnage qu'on rencontre dans les chartes 
depuis le x* siècle sous le nom de oicariust veier, veguer^ voyer, etc-. . . — P. 302- 
320. G. Appert, Un Code Japonais au VII l* siècle. A consulter pour les médié- 
vistes, amateurs de droit comparé. — P. 489-502; 529-554 V. Bogisig, Le statut 
de Raguse; codification inédite du XIII* siècle. M. B., qui n est pas un inconnu pour 
la science française, nous donne une courte notice sur les diverses rédactions du 
statut de Raguse, une des rares villes dalmates dont le statut, pourtant le plus impor 
tant de tous, n'a pas encore été publié; et en publie une codification inédite du 
xiu* siècle, due àMarcoGiustinianide Venise, le cornes de Raguse à cette époque. 
Ce statut du xiii* siècle est le produit d'une codification véritable. Elle est l'unique, 
car la masse des lois qui lui so.:t postérieures ne constitue guère autre chose que 
des recueils chronologiques. Le st'itut est divisé en huit livres» L*auteur n'a pas de 
peine à aous convaincre combien peuvent être intéressantes pour nous les lois 
d'un pays situé aux confins du monde latin et du monde slave et qui, en dépi 
de Texiguïté de son territoire, « sut sauvegarder sa liberté pendant un millier 
d'années, s'agrandir et se répandre au dehors par des colonies, s<( créer une flotte 
marchande considérable, atteindre un haut degré de prospérité et de culture ». — 
P. 555-556. A. Esmein, Un chapitre de l'histoire des contrats en droit anglais; 
à propos du livre de M . Edwards Jenks ; The history of doctrine of considération 
in English law (1891). Courte et substantielle note où l'auteur montre 
comment par l'effet d'une procédure ingénieuse et subtile, avec très sensiblement 
les mêmes éléments, le droit anglais a produit des catégories juridiques très 
différentes des nôtres. La notion, qui lui sert de moyen de démonstration, est la très 



— 280 -- 

délicate notion de annidération oo de cause, dont il exqoisse finement le rôle 
dans les différents contrats. Impossible d'analvser ces considérations formant un 
tissu serré t Le mieux ef^t de renvoyer aux pages mêmes de l'auteur. — 
P. 70l-70ci. Paul Fabre. Une hypothèse sur les Tertiatores de la terre de Labour. 
On connaissait depuis longemps l'existence de terres publiques indivises entre 
le comté de Capoueet le duché de Naples (communes partes Longobardornm et 
Neapolitanorum) et cultivées par une population de colons, attachés à la glèbe, 
retenant par devers eux les 2/3 des fruits et remettant l'autre tiers à ses deux 
maîtres. M. F. se demande, après beaucoup d'autres, ce que sont ces terres 
communes et cette population. On a cru retrouver dans ces tertiatores ces pos- 
sessores romains dont parle Paul Diacre réduits par les Lombards à la condition 
de tributaires et qui durent payer à leurs vainqueurs une redevance égale au tiers 
du revenu de leurs terres. Pour M . Fabre il y a eu en Liburie, avant l'arrivée des 
Lombards, de vastes domaines tombés peu à peu dans les mains du Qsc. Beaucoup 
de cités ont disparu dont les biens sont dévolus au fisc avec leurs colons hérédi- 
taires. Les Lombards et les Napolitains se les sont disputés longtemps, puis 
ont fini par s'en reconnaître réciproquement la proj>riété indivise. La condition 
des anciens colons, attachés au sol, n'a naturellement pas changé. — N'est-ce donc 
pas là qu'était l'ancien ager publicus Campanus dont il est plusieurs fois question 
dans les textes? — P. 703-746. Louis Theureau, Notice historique sur le prêt à 
intérêt. Courte notice embrassant l'antiquité et le çionde moderne, et où le 
médiéviste pourra tt^uver à glaner quelques chiffres et quelques indications. 

Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques 

Comptes rendus. T. CXXXIX,— P. 201-233. E. Glasson, Les douze pairs du roi au 
moyen âge. Courte note sur l'origine des douze pairs, leurs fonctions et leur rôle 
sous le règne de Louis XV. — P. 201-233 et 329-371. Henri Baudrillart, Rapport 
sur les populations agricoles de VArdèche (Vivarais). — P. 489-540. H. Baudrillart, 
Rapport sur les populations agricoles de la Haute-Loire. Continuation des 
intéressantes études de l'auteur sur les diverses provinces de la France, que con- 
sultera avec fruit l'historien. — P. 805-334. Prince Georges Bibesco, Question des 
Saints ^ ieux. Les biens conoentueU ou couoents dédiés. On ne laissera pas passer 
inaperçue cette note destinée à jeter la lumière, pour les byzantinisants, sur la 
difficile question des biens des monastères au moyen âge. Les questions se posent 
sensiblement de la même manière aujourd'hui et alors, et les considérations de 
notre substantiel article valent pour la solution des difficultés soumises à la décision 
des Basileis du x* et xi* siècle. 

T. CXL — P. 45-92. E. Glasson, Le Chdtelet de Paris et les abus de sa procédure 
au XIV' et XV* siècle d'après les documents récemment publiés. L'auteur 
esquisse le tableau de l'influence du Chàteletsur le développement de l'organisation 
judiciaire en France, jusque dans notre Code de procédure civile. — P. 303-323, 
A. Geffroy, Le Liber censuum d* après le licre de A/. Fabre : Étude sur le Liber 
censuum de V Église romaine. M. G., en quelques pages intéressantes, analyse 
l'œuvre de M. Fabre et nous en fait toucher du doigt la haute importance. Bonne 
préparation à l'étude directe du Liber censuum. 

G. Platon. 



TABLE DES MATIÈRES 



I. Variétés. 

Pages 

Casanova (P.). — Le titre de Khalil-Emir el Moumenin, donné à el Malek 

el Adel 126 

Lefèvre-Pontalis (Germain). — La panique anglaise en mai 1429 81 

Picavet (F.). ~ La science expérimentale au xiii* siècle en Occident, d'après 

les ouvrages de M. Berthelot ! .'. 241 



II. Comptes rendus. 

Acbelis (H.).— -Acta SS. Nerei et Achillei. (Text und Uniersuchung.) 

(Ch. Guignbbbrt) 8 

Andrieu(J.). — Une province à travers les siècles. Histoire de l'Agenais 

(Ch. Pbtit-Dutaillis) • . 159 

Barr Ferrée. —The Chronology of the Cathedral churches of France (C.Enlart) 270 

Batiffol (L.). — Jean Jouvenel, prévôt des marchands de la ville de Paris 

(1360-1431). (L. FouBERT) 222 

Baye (Baron J. de). — Le cimetière wisigothique d'Herpès. — Souvenirs du 
Congrès international d'anthropologie et d'archéologie préhistoriques. — 
L'Art barbare en Hongrie (A. Marignan) 115 

Bédier (J.). — Les Fabliaux ; études de littérature populaire et d'histoire 

littéraire du. moyen âge (M. Wilmotte) 6 

— — De Nicolao Muselo (Gallice: Colin Muset). (G. Roussblle).. 61 

Beissel (S.). — Vaticanische Mihiaturen, ou Miniatures choisies de la biblio- 
thèque du Vatican (A . Marignan) 271 

Berger (Samuel). — Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du 

moyen âge (L. Auvray) 177 

— — Notice sur quelques textes latins inédits de l'Ancien 
Testament (L. Auvray) ', 248 

— — Quam notitiam linguae hebraicae habuerint Christiani 
medii aevi temporibus in Gallia (M. Schwab) 100 

Berthelot. — Ouvrages sur l'Alchimie (Variété F. Picavbt) 411 

Boissonnade (P.). — Quomodo comités Engolismenses erga reges Angliae 
et Franciae se gesserint et comitatus Engolismse atque Marchiae regno 
Francorum adjuncti fuerint (1152-1328). (Ch. Pbtit-Dutaillis) 228 



— 282 — 

Pages 

Bricard (G.).— Un serviteur et compère de Louis XI, Jean Bourré, seigneur 

du Plessis (1424-1506). (C. Anchier) 274 

Brunot (Ferd.). — Préc;^? de Grammaire historique de la langue française, 

3« édition (F. Le o 228 

Chevalier (L'abbé Ul.). — Poésie liturgique traditionnelle de l'Église catho- 
lique en Occident ( P. B. ) 153 

— — Répertoire des sources historiques du moyen âge. 

II. Topo- bibliographie (F. Chambon) 192 

Cloquet (L.). — Note sur les anciens ateliers de sculpture de Tournai et 

rétendue de leur débouché (C. Enlart) 185 

Darmesteter (A). — Traité de la formation des . mots composés dans la 

langue française (F. Lot) 190 

Devaux (L'abbé). — Essai sur la langue vulgaire du Dauphiné septentrional 

au moyen âge (J. Simon) 102 

Enlart (C). — Origines de rarchitecture gothique en Italie (G. Durand).... 250 

Eiton (Oliv.). — Voyez Saxo Grammaticus 269 

Favre (Ed.).— Eudes, comte de Paris et roi de France (882-898). (li.-H. Labandb). 162 

Giry (A.). — Manuel de diplomatique (M. Prou) 97 

Guigue (M. -C.) — Cartulaire lyonnais (M. Prou) 164 

Guillaume (L'abbé P.). — Chartes de Durbon, quatrième monastère de 

l'ordre des Chartreux, diocèse de Gap (M. Prou) 137 

Hartmann (L.-M.). — Gregorii Magni papae registrum epistolarum (Mon. 

Germ. Hist.). (C. Guignebert) 133 

Heinemann (L. von).— Geschichte der Normannen in Unter-Italien und Sici- 
lien, bis zum Aussterben des normanischen Kônigshauses (G. Blondel). 265 
Hincmar. — De ordine Palatii, éd. V. Krause (Fontes juris germanici in 

usum schoiarum) ( M. Prou) 276 

Kolsen (Ad.).— Guiraut von Bornelh, der Meister der Trobadors (C. Boser). 258 

Kraus (Cari). — Deutsche Gedichte des zwôiften Jahrhunderts (C. B.) 230 

Kraus (Fr.-X.). — Dîe christlicheu Inschriften der Rheinlande (J.-A. Blan- 

chbt) 184 

Krause (V.). — Voyez Hincmar. 

Lavisse et Rambaud. — Histoire générale du vi* siècle à nos jours, t. ii: 

L'Europe féodale, les Croisades (P. Wiriath) 107 

— — T. m. Formation des grands États (P. Wiriath)... 183 
Lecoy de la Marche (A ). — La fondation de la France du iv« au \i* siècle. 

(M. Prou) 130 

Leitschuh (Fr.-Fr.) — Geschichte der karolingischen Malerei; ihr Bilderkreis 

und seine Quellen ( L. Dorez) 161 

Liebermann (F.). — Consiliatio Cnuti, eine Uebertragung angelsàchsischer 
Gesetze aus dena zwôiften Jahrhundert ; — Ueber die Leges Anglorum 
sa^culo xiii ineunte Londoniis collectai. — Literatur von etwa 1890-1892, 

zur Geschichte Englands 1272-1485 (P. ) 136 

Luce (S.). — La France pendant la guerre de Cent-Ans (R. Villepelet) — 135 
Malderghem (J. van).— Les fleurs de lys de l'ancienne monarchie fran- 
çaise (Léon Mirot) 191 



- 283 — 

Pages 
"Merlo (J.-J.). — Kôlnische Kùnstler in alter und neuer Zeit. (C. Enlart). 134 

Mestica (E.). — La psicologia nella Divina Commedia (L Auvray) 32 

Meyer von Knonau (G ). — Jahrbùcher des deutschen Reiches unter Hein- 

rich IV uiid Heinrich V (M. Frou). 249 

Monumenta Germanise hislorica. — Voy. Hartmann et Hincmar. 

Nennius vindicatus. — Voy . Zimmer 1, 25 

Nordfelt (A.) —Les couplets similaires dans la vieille épopée française (A. 

Doutrepont) 9 

Paolucci (G.). — L'origine dei comuni di Milano e di Roma, secolo XI e 

XII (L.-H. LABANDli) 36 

Perrault- Dabot (A.). — L'Art en Bourgogne (C. Enlart) 57 

Pirenne (A.)— Bibliographie de Thisioire de Belgique (de tous les Pays-Bas 

jusqu'en 1598.) (H. Stein) 20 

Powell(F.-Y.). — Voy. Saxo Grammaticus 269 

Rambaud. — Voy. Lavisse.. 107, 183 

Rietschel (S.).— Die Civitas auf deutschem Boden bis zum Ausgange der 

Karolingerzeit (M . Prou) 259 

Rocquain (F.).— La Cour de Rome et Tesprit de réforme avant Luther. I. La 

Théocratie, apogée du pouvoir pontifical (H. Gaillard) 105 

Rodocanacchi (E.) — Les Corporations ouvrières à Rome depuis la chute de 

l'Empire romain (M. Prou) 186 

Rôhricht. — Regesta regni Hierosolymitani (1097-1291). (M. Prou) 60 

Rydberg (Gust.).— Le développement de « facere » dans les langues romanes 

(C. BOSER) 191 

Sabatier (P ). — Vie de saint François d'Assise (Ch. Guignebert.).. 4 

Saxo Grammaticus —The First Nine Books of the Danish history oî Saxo 

Grammaticus, translated by 01. Eiion, wiih some considérations an 

Saxo's sources, historical meihod and folk-lore,by F. Y. PoweU(F.LoT). 269 

Sudre (L.). — Les sources du Roman de Renart (J. Simon) 32 

— — Publii Ovidii Nasonis Metamorphoseon libres quomodo 

nostrates medii a3vi poetae imitati interpretatique sint (G Rousselle). 34 

Tanon (L.). — Histoire des tribunaux de l'inquisition en France (P. 

Fredkricq) 217 

Thibault (Ad.). — Glossaire du pays blaisois (G. Collon) 113 

Thompson (M.). — Handbook of greek and latin Palaeography (M. Prou). 10 

Tiërenteyn (L.).— Les Comtes francs depuis Clovis jusqu'au traité de Verdun 

(F.Lot) 183 

Vaillant (V.-J.). —Notes boulonnaises : Maisire Mahieu (Matheolus), sati- 
rique boulonnais du xiii* siècle (C. Enlart) i 158 

Villaret (A. de).— Campagnes des Anglais dans l'Orléanais, la Beauce char- 

traine et le Gâtinais (1421-1428), et campagnes de Jeanne d'Arc sur la 

Loire postérieures au siège d'Orléans (G. Collon) 66 

Voge (W.). — Die Anfange des Monumentalôn Stiles in Mittelalter; eine 

Untersuchung ùber die erste Bluiezeit franzôsischer Plastik (A. 

Marignan) 253 

Zimmer (H.). — Nennius vindicatus (F. Lot)) ly 2b 



-284 — 



m. Chroniques bibUog^phiqaes. 

Pages 

AlTin (F.). — Étade de namismatique luxembourgeoise 115 

Barbier (Chaa. V.) — Histoire de l'abbaye de Klaionoe 204 

Baye (Baroa de). — Une cbâsse de la cathédrale d'Astorga 39 

Berlière(R. P. dom Ursmer). — Documents inédits pour servir à l'histoire 

ecclésiastique de la Belgique 203 

Bôhme (O.). — Zur Kenntniss des oberfrankischen im 13, 14, uod 15 

Jahrhundert (L. Duval) • 105 

Champeaux et Gauchery.— Les travaux d'art exécutés pour Jean de France, 

duc de Berry S02 

Correspondance historique et archéologique. ■ 66 

Darmesteter (Mary).. - Biographie de Froissart 231 

Delaville Le Boulx. — Cartulaire général des Hospitaliers' de Jérusalem, 

V vol. (1100-1310) , 260 

Dôberl (M.). — Voy. Monumenta Germ. selecta * 138 

Dubarat (l'abbé V.). — V. Marca 238 

Dûmmler (E.). — Voy. Monumenta Germ. historica 165 

Ecole des Chartes (Thèses de 1') 38 

Fouéré-Macé (l'abbé). — Le prieuré royal de Saint-Magloire de Lehon 12 

Gautier ( L. ) • — Œu vres poétiques d'Adam de Saint- Victor (3* édition) 203 

Gerson. — Essai sur les juifs de la Bourgogne au moyen âge et jusqu'à ce 

jour 138 

Grandmaison (L. de). — Cartulaire de l'archevêché de Tours 167 

Havet (Réimpression des œuvres de J.) 104 

imbart de la Tour. — Coutumes de la Réole 202 

Jacob ( J . ) . -^ The Jews of Angevin England (J . Lemoinb) 114 

Lecoy de la Marche. — La France sous Saint- Louis et sous Philippe le 

Hardi.. 20 

Lohmeyer. - L'Aida 21 

Manuscrit (Le) 662 

Marcal Réimpression par l'abbé Dubarat de l'histoire de Béarn de P. de).... 230 

Maredsous (Bénédictins de) . — Voy. Berlière 203 

Monumenta Germanise historica. — Rapport annuel de M. Dùmmler 165 

Monumenta Germaniae historica in usum scholarum 104 

Monumenta Germaniae selecta, abanno7&S usque ad. a 1250 (M. Dôberl).. 138 

Neumann (F,). — La filologia romauza 114 

Parmentier (A.) . — Album historique 166, 261 

Quesvers (P.).— Note sur les Cornu, seigneurs de Villeneuve-le-Cornu et 

Fontenailles-en-Brie 138 

Rassegna critica degli studi danteschi 65 

Hauschmaier (A.).— Ueberden flgùrlichen Gebrauch derzahlen in Altfranzô- 

sischen (J. Simon) 103 

^vue d'histoire littéraire 139 



- 285- 

Revue hispanique ♦ • • • ^^9 

Revue néo-scolastique ^ 

Schiber (A.)- — Die frânkischen und alemannischea Siedlungen in Gallieu, 

besonders in Elsass und Lothringen (L. Duvau) 103 

Varnbagen (H . )• — La Hiancha e la Bruua 203 



IV. Périodiques. 

ALLEMAGNE 

Abhandlungen der Kônig. Gesellschaft der Wiss. zu Gôttingen 152 

— — hist. Classe der Kgl. Bayr. Ak. der Wiss 152 

Archiv fur das Studium der neueren Sprachen und Litteraturen 67 

— — lateiniscbe Lexikographie und Grammatik 67 

Archiv fur Literatur und Kirchengescbicbte des Mittelalters 139 

Beitrâge zur Geschichte des Niederrheins Jahrbuch des Dùsseldorfer Ge- 

schichts Vereins 172 

Deutsche Zeitschrift fur Geschichtwissenschaft 139 

Forschungen zur Braudeuburgischen und Preussischen Geschichte 167 

Freiburger Diocesan-Archiv 172 

Geschichtsblàtter fur Stadt u. Land Magdeburg 168 

Gôttingische gelehrte Anzeigen 67 

Hansische Geschichtsblàtter 168 

Historisches Jabrbuch der Gôrres-Gesellschaft 142 

Historische Zeitschrift 143 

Jahrbùcher des Vereins von Alterthumsfreunden in Rheinlande 173 

— — — fur mekleuburgische Geschichte 169 

Korrespondenzblatt der Wesldeutscheu zeitschrift fur Geschichte und Kunst. . 173 

Literatur blatt fur germanische und romanische Philologie 6S 

Mittheilungen des Vereins fiir Chcmnitzer Geschichte 169 

— aus dem Sladtarchiv von Kôln., 174 

Nachrichten von der Kgl Gesellschaft zu Gôttingen 152 

Neue Mittheilungen ans dem Gebiet histor. aniiquarischer Forschungen 169 

Neues Archiv der Gesellschaft fur iiltere deuische Geschichtskunde 149 

— — fur Sàchsische Geschichte und Alierthumskunde 169 

Neues Lausitzisches Magazin 17 

Publikationen der Gesellschaft fur Hheinische Geschichtskunde 17 

Romanisch(i Forschu ngeu 67 

Sitzungsberichte der Kgl. Preuss. Ak. der Wiss. zu Berlin 15ri 

— — — Baier. Ak. der Wiss. zu Mùnchen 152 

Verhandiungeu des historischen Vereins von Oberpfalz und Rjgensburg 174 

Westdeutsche Zeitschrift fur Geschicjhte und Kunst 174 

Wûrtembcrgische Vicuteljahrshef te fur Laudesgeschichte 175 

Zeitschrift des Aachener Geschichtsvercins 175 

— — Bergischon Geschichtsvereins 175 



— 286 — 

Pagas 

Zeitschrift des Harz-Vereins fur G^schichte u. Altertbumskunde 170 

__ _ histor. Vereins fur Niedersachsen 170 

_ _ Vereins fur Geschichte u. Alterthum Schlesiens i/l 

— _____ Hessiscbe Geschichte 172 

— _ ._ _ Thùringische Geschichte 172 

— fur deutsche Kulturgeschichte 151 

— — die Geschichte des Oberrheins 175 

— — franzôsische Sprache und Utteratur 77 

— — Kirchcugeschichte 152 

— — Nûmisraatik 264 

— — romanische Philologie 78 

ANGLETERRE 

The numismatic Chronicle 262 

AUTRICHE 

Archiv fur ôsterreichische Geschichte 39 

Berichte mid Mittheilungen des Altenhum- Vereines zu Wien 39 

Blâtt<er des^ Sereins fur I^ndeskunde von Niederôsterreich 39 

Jahrbuch der\.-k. Heraldischen Gesellschàft Adler 40 

Jahrbucb der kunsthisturischen Sammlungen des allerhôcbsten Kaiserhauses 41 
Mittheilungen der k.-k. Central-Connnaission zur Erforschung und Erbaltung 

der Kunts und historischen Denkmale 41 

Mittheilungen des Institutis fur ôsterreichische Geschichtsforschung 43 

— des Vereines fur Geschichte der Deutschen in Bôhmen 46 

— des historischen Vereines fur Steiermark 46 

Sitzungsbericbte der philos, histor. Classe der kaiserlichen Akademie der 

Wissenschafteu 47 

Zeitschrift des Ferdinaudeums fur Tirol und Vorarlberg 48 

BELGIQUE 

Analectes pour servir à Thistoire générale de la Belgique 115 

Annales de 1* Académie d'Archéologie de Belgique 116 

Annales de la Soc. d'émul. pour l étude de l'histoire et des antiquités de la 

Flandre 127 

Annales du Cercle archéolog. de Mons 127 

— — — — du pays de Waas 127 

Bulletin de l'Académie d'Archéologie de Belgique 116 

— — — royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de 
Belgique 116 

Bulletin de la Société royale belge de géographie 118 

— des Commissions royales d'Art et d'Archéologie 118 



— 287 — 

Pages 

Comptes rendus des séances de la Commission royale d*bistoire 119 

Dietscbe Warande 125 

HetBelfort .. 123 

Messager des sciences historiques de Belgique 121 

Museon (Le) 122 

Revue belge de numismatique 262 

— de Belgique , ... 122 

— de l'instruction publique eu Belgique 122 

— générale 12.3 

Verslagenen Mededeelingen der koninglijke Vlaamscbe Akademie 216 

FRANCE^ 

Annuaire-Bulletin de la Soc. de l'Histoire de France 204 

Académie des sciences morales et politiques (Séances et Travaux de 1') 2S0 

Annuaire de la Société française de numismatique 261 

Bibliothèque de TÉcole des Chartes 204 

Bulletin de numismatique 262 

— du Comité des travaux historiques et scientifiques (droit) 278 

— histor. et pbilol. du Comité des travaux historiques L'06 

Études religieuses, philosophiques, historiques et littéraires 207 

Journal des Économistes % 278 

Journal des Savants 207 

Nouvelle Revue 207 

Nouvelle Revue historique de droit français et étranj^cr 279 

Revue d'économie politique — 96 

— des Deux-Mondes 20i 

— des études grecques 21.î 

— des questions historiques 208 

— d'histoire iliplomatique 207 

— du Monde catholique 209 

— générale d'administration 278 

— générale du droit, de la législation et de la jurisprudence 278 

— historique 209 

— numismatique 2Gi 

Remania ' .• 71 

Spectateur militaire 209 

ITALIE 

Aliglneri ( L') .;.... 13 

Arcadia (L') 14 

Archivio glottologico iUiliano 14 

1. Les revues locales étant données dans l'ordre alpiiabiHique des iléparteraents (p. 209-!21G et !231-â40), 
nous pensons superflu de reproduire leur liste fort longue. 



— 288 — 

Pigei 

Archivio délia r. Società romana dl storia patria. . * • 15 

— storico Italiano 15 

— — per le provincie Napoletane 15 

— — Siciliano 15 

Ateneo Veoeto 15 

Atti dalla Accademia dei Lincei 16 

Atti del R. Istituto Veneto di scienze, lettere ed arti 17 

Biblioteca délie Scuole Italiaue 17 

Bolletino délia Società Dantesca 18 

La Cultupa * 19 

Giornale ligustico di Archeologia, Storia e Letteratura 20 

Giornale storico délia Letteratura italiana 22 

Istituto R. Lombardo di scienze e lettere , . . . . 22 

Miscellanea France scana distoria, di lettere, ed arti 22 

Nuova Antologia 22 

Propugnatore (11) 23 

Rassegna Nazionale 24 

Rivista délie Biblioteche .^ 24 

Elivista italiana di numismatica 264 

SUISSE 

Revue suisse de numismatique 264 



Le Gérant : V^e E. Bouillon. 



*PB-»42620-SB 
5-22 

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B/T 



CHALON-SUR-SAÔNli, IMP. FRANÇAISE ET ORIENTALE DE L. MAKCBAU 



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Stanford University Libraries 
Stanford, Califomia 

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